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Full text of "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques"

IV. OF 
NTD 



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BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 

DO 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



iim 



MINISTÈRE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 

BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU ^'^f''.^f,\S^^ 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 

ANNÉE 1916 







PARIS 
IMPRIMERIE NATIONALE 

ERJiEST LEROUX, ÉDITEUR, RUE BONAPARTE, 28 
MDCCCCXVl 



De 
^ 



BULLETIIS 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES. 

LISTE 

DES MEMBRES DE LA SECTION D'ARCHEOLOGIE , 

DE? MEMBRES HONORAIRES, 

DES MEMBRES NON Re'sIDANTS, 

DES CORRESPONDANTS ET DES CORRESPONDANTS HONORAIRES 

DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



MEMBRES DE LA SECTION DARCHEOLOGIE. 

Président: 

M. Héron de Villefosse (Antoine), membre de Tlnstilut, conser- 
vateur au Musée du Louvre, directeur d'e'tudes à TÉcoie pratique 
des Hautes Etudes, rue Washington, 16, viii". 

Vice-Président : 

M. Babelon (Ernest), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, conservateur à la Bibliothèque nationale, rue de 
Verneuil, 3o. vu'. 

Secrétaire : 

M. Prou (Maurice), membre de llnstitut, directeur de TÉcole 
nationale des Chartes, rue Madame, 76, vl^ 



Membres : 
MM. 
Blangiiet (Adrien), bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque 
nationale, boulevard Émile-Augier, lo, xvI^ 

Gagnât (René), secrétaire perpétuel de rAcadémie des Inscriptions 
et Belles-Lettres, professeur au Collège de France, boulevard 
du Montparnasse, 96, xiv'. 

Capitàn (Le docteur L.), membre de l'Académie de Médecine, 
chargé de cours au Collège de France, professeur à TÉcole 
d'anthropologie, rue des Ursulines, 5, v^. 

DuRRiED (Paul), membre de l'Institut, conservateur honoraire au 
Musée du Louvre, avenue de Malakoff, 7/i, xvi°. 

EspÉBANDiEU (Emile), correspondant de l'Institut, avenue Victor- 
Hugo, 208, à Clamart (Seine). 

Grandjean (Charles), contrôleur des Monuments historiques, boule- 
vard Saint-Germain, 119, vi". 

GuiFFREY (Jules), membre de l'Institut, directeur honoraire de la 
Manufacture des Gobelins, boulevard Bonne-Nouvelle, 3/i,x". 

HoMOLLE (J.-Th.), membre de l'Institut, administrateur de la Biblio- 
thèque nationale, rue des Petits-Champs, 8, 11". 

JuLLiAN (Camille), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, rue du Luxembourg, 3o, vl^ 

Lasteyrie (Robert de), membre de l'Institut, professeur honoraire 
h l'École nationale des Chartes , rue du Pré-aux-Clercs , 1 bis , vu". 

Lefèvre-Pontalis (Eugène), professeur à l'École nationale des 
Chartes, directeur de la Socie'te' française d'archéologie, rue de 
Phalsbourg, i3, xvii*. 

MicHON (Etienne), conservateur adjoint au Musée du Louvre, rue 
Barbet-de-Jouy, 26, VII^ 

Prinet (Max) , directeur adjoint à l'École pratique des Hautes Études , 
rue d'Anjou, 10, à Versailles. 



MM. 

Reinach (Saloinon), membre de Tlnstitut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, avenue 
Victor-Hugo, 16, à Boulogne-sur-Seine. 

ScHLUMBERGER (Gustavc), membre de Tlnstitut, avenue Montaigne , 

29, VIII". 

Stein (Henri), conservateur aux Archives nationales, rue Gay- 
Lussac, 38, v'. 

TnÉDENAT (L'abbé Henry), membre de l'Institut, rue Campagne 
Première, 7, xiv'. 

TouTAiN (Jules), directeur adjoint à l'Ecole pratique des Hautes 
Études, rue du Four, 2a, vi'. 



COMMISSION DE PUBUCATION 
DES DOCUMENTS ARCHEOLOGIQUES DE L'AFRIQUE DU NORD. 

Président : 

M. Héron de Villefossk, membre de l'Institut, conservateur au 
Muse'e du Louvre directeur d'e'tudes à l'Ecole pratique des 
Hautes Etudes, rue Washington, 16, viii'. 

Secrétaire : 

M. Gagnât (René), secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, professeur au Gollège de France, boule- 
vard du Montparnasse, 96, xiv°. 

Membres : 
MM. 
Babelon (Ernest), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, conservateur à la Bibliothèque nationale, rue de 
Verneuil, 3o, vif. 

Ballu (Albert), architecte en chef des Monuments historiques de 
l'Algérie, rue Blanche, 80, ix*. 



MM. 

BœswiLWALD (Paul), inspecteur ge'néral des Monuments historiques, 
boulevard Saint-Michel, 6, vi®. 

Bourgeois (Le général), directeur du Service géographique de 
l'armée , rue de Grenelle, i ^o, vu*. 

Carcopino, chargé de coursa la Faculté des lettres d'Alger. 

DiEHL (Charles), membre de l'Institut , professeur à la Faculté' des 
lettres de l'Université de Paris, avenue Wagram, 79, xvii*. 

DyssAUD, conservateur adjoint au Musée du Louvre, rue Boccador, 
3, viii*. 

Grandjean (Charles), contrôleur des Monuments historiques, bou- 
levard Saint-Germain, 119, vi*. 

GsELL (Stéphane), correspondant de l'Institut, professeur au Col- 
lège de France, rue de la Tour, 92, xvi*. 

HouDAS (Octave), inspecteur général des Médersas, professeur 
honoraire à l'Ecole spéciale des langues orientales vivantes, 
avenue de Versailles, 11, xvi\ 

Lasteyrie (Robert de), membre de l'Institut, professeur honoraire 
à l'École nationale des Chartes, rue du Pré-aux-Clercs , 10 bis, 
vu®. 

Merlin (A.), directeur du Service des antiquités et des arts de la 
Régence, à Tunis. 

Monceaux (Paul), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France , rue de Tournon ,12, vi*. 

Reinach (Saloraon), membre de l'Institut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint- Germain- en-Laye, avenue 
Victor-Hugo, 16, à Boulogne-sur-Seine. 

Salabin, architecte diplômé du Gouvernement, boulevard de Cour- 
celles, G^ bis, viu*. 

TouTAiN (Jules), directeur adjoint à l'École pratique des Hautes 
Études, rue du Four, 25, vi*. 



— yii — 

COMMISSION 
DE PUBLICATION DES INVENTAIRES. 

Président : 

M. Héron de Villefosse ( Antoine), membre de Tlnstitut, président 
de la Section d'arche'ologie du Comité, rue Washington, 16, 

Vlll*. 

Membres : 
MM. 
Babelon (Ernest), membre de l'Institut, vice-président de la 
Section d'archéologie du Comité, rue de Verneuil, 3o,vii". 

GuiFFREY (Jules), membre de l'Institut, membre de la Section 
d'archéologie du Comité, boulevard Bonne-Nouvelle, 3/i, x*. 

Lasteyrib (Robert de), membre de l'Institut, membre de la Section 
d'archéologie du Comité, rue du Pré-aux- Clercs, 10 bis, vu*. 

Omont (Henry), membre de l'Institut, vice-président de la Sec- 
tion de philologie et d'histoire (jusqu'à 171 5) du Comité, rue 
Raynouard, 17, xvi*. 

Proo (Maurice), membre de l'Institut, secrétaire de la Section 
d'archéologie du Comité, rue Madame, 76, vi*. 

Sertois (Gustave), membre de la Section de philologie et d'his- 
toire (jusqu'à 1716) du Comité, boulevard Malesherbes, 101, 



MEMBRES HONORAIRES DU COMITE. 

MM. 

Charmes (Xavier), membre de l'Institut, directeur honoraire au 
Ministère de l'Instruction publique et des Boaux-Arts, rue Bona- 
parte, 17, VI'. 

CoLLiN (Victor), ministre plénipotentiaire de France, avenue de 
Suffren, 160, xv*. 

Derréoagaix (Le ge'néral), ancien directeur du Service géogra- 
phique de l'armée, rue du Regard, 5, vi". 

Harmand (Le docteur), ambassadeur de France honoraire, rue du 
Faubourg-Sain t-Honoré, 226, viii% 

Heuzey (Léon), membre de l'Institut, directeur honoraire des Mu- 
sées nationaux, boulevard Exelmans, 90, xvi". 

La Martimère (H. db), ministre plénipotentiaire de France, rue 
de La Rochefoucauld, 3o, ix". 

Lavisse (Ernest), de l'Académie française, directeur de l'Ecole nor- 
male supérieure, rue de Médicis, 5, \f. 

Leroy-Beaulieu (Paul), membre de l'Institut, avenue Henri-Marlin, 
92, xvi'. 

RicHET (Charles), membre de l'Académie de Médecine, professeur 
à la Faculté de médecine de l'Université de Paris, rue de l'Uni- 
versité, i5, VII^ 

Rochas d'Aiglun (Le colonel de), à l'Agnelas, près Voiron (Isère). 

Roule, professeur au Muséum d'histoire naturelle. 

SoucHON, archiviste honoraire du département de l'Aisne, boule- 
vard Bourdon, 11, Iv^ 

Steenackers (Francis), sous-directeur des Affaires consulaires au 
Ministère des Affaires étrangères. 

WoLF, membre de l'Institut, professeur honoraire à la Faculté des 
sciences de l'Université de Paris , avenue de l'Observatoire ,36, XIV^ 



— IX 



MEMBRES NON RESIDANTS DU COMITE. 

MM. 

Ardaillon (Edouard), recteur de rAcadémie d'Alger. 

AcDOLLENT, doyeu de la Faculté' des lettres de TUniversité de Cler- 
mont-Ferrand (Puy-de-Dôme). 

Basset (René), correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté 
des lettres d'Alger. 

Baye (Joseph de), membre résidant de la Société nationale des 
Antiquaires de France, à Baye, par Montmort (Marne). 

Beaupré (Jules), archéologue, rue de Serre, 18, à Nancy (Meurthe- 
et-Moselle). 

Be>zacar, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Bor- 
deaux (Gironde). 

Bkrthelé (Joseph), archiviste du département de l'Hérault, à Mont- 
pellier. 

BizoT, conservateur du Musée de Vienne (Isère). 

BoissoxxADE, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculli^ 
des lettres de l'Université de Poitiers, rue de l'Ouest, 20, à 
Poitiers (Vienne). 

BoYÉ (Pierre), membre de l'Académie de Stanislas, à Nancy 
(Meurthe-et-Moselle). 

Brccdet (Max), archiviste du département du Nord, à Lille. 

Brutails, correspondant de l'Institut, archiviste du département de 
la Gironde, à Bordeaux. 

BoREAu (Le docteur Louis), directeur du Muséum d'histoire natu- 
relle de Nantes (Loire-Inférieure). 

Cartailhag, correspondant de l'Institut, rue de la Chaîne, 5, à Tou- 
louse (Haute-Garonne). 

Carto' (Le docteur), correspondant de l'Institut, villa Stella, à 
Khéreddine (Tunisie). 



MM. 

Gazàlis de Fondouge, secrétaire général de rAcadémie des sciences 
et lettres de Montpellier (Hérault). 

Chantre (Ernest), sous-directeur honoraire du Muséum des sciences 
naturelles de Lyon (Rhône). 

Chabléty, directeur général de l'Enseignement de la Régence, à 
Tunis. 

CuAuvET, archéologue, rue du Jardin-des-Plantes , 3o, à Poitiers. 

Chauvigné (Auguste), président honoraire de la Société de géogra- 
phie de Tours, à la Mésangerie, par Saint-Avertin (Indre-et- 
Loire). 

Chevalier (Le chanoine Ulysse), membre de Tlnstitut, à Romans 
(Drôme). 

Claudon, archiviste du département de la Côte-dlOr, à Dijon. 

Clerc (Michel), correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté 
des lettres de l'Université d'Aix- Marseille, conservateur du 
Musée Borély, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 

CoLLiGNON (Le docteur), médecin-major au 26° régiment d'infan- 
terie, rue de la Marine, à Cherbourg (Manche). 

CoQUELLE (Pierre), membre de la Société des études historiques de 
Paris, à Meulan (Seine-et-Oise). 

Couard, archiviste départemental honoraire, rue Carnot, h, à Ver- 
sailles (Seine-et-Oise). 

Delàttre (Le R. P.), correspondant de l'Institut, à Carthage (Tu- 
nisie). 

DEMAIS0^, correspondant de l'Institut, archiviste honoraire de la 
ville de Reims (Marne). 

Dumas (F.), doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Tou- 
louse (Haute-Garonne). 

Durand (Georges), correspondant de l'Institut, archiviste du dépar- 
tement de la Somme, à Amiens (Somme). 

Duval (Louis), archiviste départemental honoraire, rue de Ca- 
zauit, /ly, à Alençon (Orne). 



MM. 

DuvERNOY, archiviste du département de Meurthe-et-Moselle, à 
Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Fage (René), avocat, à Verneuil-sur-Vienne (Haute-Vienne), et rue 
Lauriston, 80, Paris, xvi% 

Fayolle (Le marquis de), conservateur du Musée scientiBque el 
archéologique de Périgueux , au château de Fayolle , par Tocane- 
Saint-Apre (Dordogne). 

Flahault (Charles), correspondant de l'Institut, professeur à la 
Faculté des sciences de l'Université de Montpellier (Hérault). 

FoDRNiÊR (Joseph), archiviste départemental honoraire, rue Barba- 
roux, i3, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 

Gautier (Emile), professeur à la Faculté des lettres de l'Université 
d'Alger. 

Germain (Léon), secrétaire perpétuel de la Société d'archéologie 
lorraine et du Musée historique lorrain, à Nancy (Meurthe-et- 
Moselle). 

GuiGDE (Georges), archiviste du département du Rhône, à Lyon. 

GuYOT, directeur de l'Ecole nationale des eaux et. forêts de Nancy, 
président de la Société d'archéologie lorraine et du Musée his- 
torique lorrain, rue de Lorraine, i3, Nancy (Meurthe-et-Mo- 
selle). 

Hautreux, ancien directeur des Mouvements du port, à Bor- 
deaux (Gironde). 

Hérelle, professeur honoraire au lycée de Bayonne, rue Vieille- 
Boucherie, a3, à Bayonne (Basses-Pyrénées). 

Jadart, secrétaire général de l'Académie nationale de Reims 
(Marne). 

JoLY (Charles), conservateur du Musée de Guelma (Gonstantine). 

KiLiAN, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des 
sciences de l'Université de Grenoble (Isère). 

KussTLER (J.), professeur à la Faculté des sciences de l'Université 
de Bordeaux. 



MM. 

Labande, correspondant de l'Institut, conservateur des Archives et 
de la Bibliothèque du Palais, rue du Tribunal, lo, à Monaco. 

Laurent (P.), archiviste du département des Ardennes, à Mé- 
zières. 

Le Clert (Louis), conservateur du Musée archéologique de Troyes. 

Leroux, archiviste départemental honoraire, rue Dulong, la, à 
Bordeaux. 

Lesort (André), archiviste du département de Seine-et-Oise, à 
Versailles. 

Lex, archiviste du département de Saône-et-Loire , à Mâcon. 

LoiSNE (Menche de), membre re'sidant de la Société nationale des 
antiquaires de France, au château de Beaulieu, par Saint-Venant 
(Pas-de-Calais), et rue de Varennes, 5i, à Paris. 

Lumière (Auguste), cours Gambetta, 262, h Lyon. 

Lumière (Louis), rue Saint- Victor-Monplaisir, 21, à Lyon. 

Maguelonne, président de la Société archéologique de Constantine. 

Maître (Léon), archiviste départcraenlal honoraire, rue de Stras- 
bourg, 2, à Nantes. 

Marçais (William), directeur de rEnseignemont indigène, à Alger. 

Merlin (A.), correspondant de llnstilut, directeur du Service des 
antiquités et des arts de la Régence, à Tunis. 

MiREUR (F.), archiviste du département du Var, à Toulon. 

Morgan (De), ancien délégué ge'néral à la Direction des fouilles 
archéologiques en Perse, rue des Ursulines, 5, à Paris. 

Œhlert, correspondant de Tlnstilut, rue de Bretagne, 29, à 
Laval. 

PARIS (Pierre), correspondant de l'Institut, directeur de l'Kcole 
municipale des beaux-arts, à Bordeaux. 

Pasquier (Félix), archiviste du département de la Haule-Garonne, 
à Toulouse. 



Petit (Ernest), ancien président de la Société des sciences hislo- 
.riques et naturelles de l'Yonne, à Vausse, près Cliàtel-Gérard 
(Yonne). 

PiLLOY (Jules), ancien agent voyer d'arrondissement, à Saint- 
Quentin (Aisne). 

PoRTAL (Charles), archiviste du déparlement du Tarn, à Albi. 

PoTTiER (Le chanoine), président de la Société archéologique de 
Tarn-et-Garonne , à Montauhan. 

PoupÉ (Edmond), professeur au collège de Draguignan. 

Prudhomme, correspondant de l'Institut, archiviste du déparlement 
de risère, secrétaire perpétuel de l'Académie delphinale, à Gre- 
noble. 

RoHAiïi (Joseph), correspondant de l'Institut, au château de Pi- 
comtal, par Embrun (Hautes-Alpes), et à Paris, rue Bonaparte , 
n° 18. 

RoucHON (Gilbert), archiviste du département du Puy-de-Dôme, à 
Clermont-Ferrand . 

RouviBR (Le docteur), professeur à la Faculté mixte de médecine et 
de pharmacie de TUniversité d'Alger. 

Roy, minisire plénipotentiaire, secrétaire général du Gouverne- 
ment tunisien, à Tunis. 

Sabarthès (Le chanoine A.) , rue Jeanne-d'Arc prolongée, 166, Paris. 

Sabatier (Paul) , correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté 
des sciences de l'Université de Toulouse. 

Saint-Vesant (De), inspecteur des eaux et forêts honoraire, à 
Bourges (Cher). 

Salefbanqoe (Léon), directeur de l'Enregistrement, des Domaines 
et du Timbre du département de la Haute-Garonne, rue Romi- 
guières, 7, à Toulouse. 

Sauvage (Le docteur), conservateur du Musée et secrétaire perpé- 
tuel de la Société académique de Boulogne-sur-Mer (Pas-de- 
Calais). 

Sée (Henri), professeur à la Faculté des lettres de PUniversité de 
Rennes. 



MM. 

Thiollier, membre de la Société historique et archéologique du 
Forez la Diana, à Saint-Etienne. 

Thoulet, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Nancy. 

Vernier, archiviste du département de la Seine -Inférieure, à 
Rouen. 

Vbsly (Léon de), directeur du Musée des antiquités de la Seine- 
Inférieure et du Musée céramique de Rouen, rue des Arsins, i, 
à Rouen. 

ViLLEPELBT (Ferdinand), archiviste départemental honoraire, bou- 
levard Lakanal , 9 1 , à Périgueux. 

Villby-Desmeserets, membre de l'Institut, doyen de la Faculté de 
droit de l'Université de Caen. 



CORRESPO.XDANTS HONORAIRES DU MINISTERE. 

MM. 

Anchel, archiviste aux Archives nationales, à Paris. 

André (Edouard), archiviste honoraire, rue Bossuet, 69, à Dijon. 

AuTORDE, archiviste du département de ia Creuse, à Guéret. 

Bardey (Alfred), à La Lambertière, par Saint-Geoire (Isère). 

Barry (Georges), inspecteur des Fouilles de Timgad (Constantine). 

Ben Attar (César), avocat, à Tunis. 

Bernard (Fernand), archéologue, à Saigon (Indo-Chine). 

Bled (L'abbé), président de la Société des antiquaires de la Mori- 
nie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 

BoRDiER (Le commandant), contrôleur civil en retraite, à Hamma- 
met (Tunisie). 

Boucher (L'abbé H.), à Tokio (Japon). 

BouLARD (Gustave), directeur des contributions directes en retiaite, 
rue de la Bienfaisance, li, à Paris, viii*. 

Brelil (L'abbé), professeur à l'Institut de paléontologie humaine, 
rue Demours , 1 1 o , à Paris. 

Brocard (Le lieutenant-colonel H.), du Génie territorial, rue des 
Ducs, 76, à Bar-le-Duc. 

Brodilhet, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Lyon. 

Brune (L'abbé), curé de Mont-sous-Vaudrey (Jura). 

Bry (Georges), doyen de la Faculté de droit de l'Université d'Aix- 
Marseilie, à Aix. 

Gabdaillac (Ds), juge au tribunal de première instance de la 
Seine. 



MM. 

Charrier , membre de la Société archéologique du de'parlement de 
Constantine, rue Lavigerie, à Saint-Eugène (Alger). 

Chénon, membre résidant de la Socie'té nationale des Antiquaires 
de France, professeur à la Faculté de droit de TUnivcrsité de 
Paris, rue des Ecoles, 3o, à Paris, v^ 

Clerval (Le chanoine), docteur es lettres, à Paris. 

Closmadeuc (Le docteur de), ancien président de la Société poly- 
mathique du Morbihan , à Vannes. 

Colin (Le docteur Gabriel), professeur à la Faculté des lettres 
de l'Université d'Alger. 

CoiMbarieu, ancien archiviste départemental, à Cahors. 

Courant (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres 
de l'Université de Lyon, chemin du Chancelier, 3, à ÉcuUy 
(Rhône). 

Deglatigny, vice-consul de Russie, à Rouen. 

Denis (Charles), villa du Lycée, U, à Vanves (Seine). 

Desdevises du Dézert, doyen de la Faculté des lettres de l'Univer- 
sité de Clermont-Ferrand, avenue de Royat, 5, à Chamalières 
(Puy-de-Dôme). 

Dissard, conservateur des Musées de la ville de Lyon. 

DoRTEL (Alcide-E tienne), avocat, conseiller général de la Loire- 
Inférieure, à Nantes. 

Duhamel, archiviste du département de Vaucluse, à Avignon. 

Fabre, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de Tou- 
louse. 

Farges (Le commandant), ancien chef de service aux Affaires indi- 
gènes, à Amplepuy (Rhône). 

Favier, conservateur de la Ribliothèque de la ville de Nancy. 

FiNOT (Louis), directeur adjoint à l'École pratique des Hautes 
Etudes, rue Poussin, ii, à Paris, xvi®. 



MM. 

Flbury (Paul de), ancien archiviste de la Charente, rue du Pi- 
lori, 7, à Poitiers (Vienne). 

FoL'CDER (Le colonel), commandant supérieur du territoire mili- 
taire du Sud Tunisien, à Médenine (Tunisie). 

Fréminville-Nugue (Joseph de La Poix de), archiviste honoraire 
du département de la Loire, à Saint-Etienne. 

Garrigou (Le docteur), président de TAssocialion pyrénéenne, à 
Toulouse. 

GiRAULT (Arthur), professeur à la Faculté de droit de l'Université 
de Poitiers. 

GoNNARD, ingénieur des'Arts et manufactures, à Lyon, # 

Grand (Roger), uucien archiviste départemental, à Kerverho-en- 
Arradon (Morbihan). 

Gubnot, secrétaire ge'ne'ral de la Socie'té de géographie de Toulouse. 

Guesnon, professeur honoraire de l'Université, rue Vaneau, 56, à 
Paris, vu'. 

Habasque, président honoraire à la Cour d'appel, rue du Jardin- 
Public, 5, à Bordeaux. 

Hubert (Eugène), archiviste du déparlement de Tlndre, à Chàteau- 



Hugces, archiviste du département de Seine-et-Marne, à Melun. 

Julien, contrôleur civil suppléant, en disponibilité, aux Mées 
(Basses-Alpes). 

Laigue (De), ministre plénipotentiaire honoraire, rue de la Pompe, 
76, à Paris, xvi". 

Lebla?(c, ancien conservateur du Muse'ede Vienne, à Saint-Laurent- 
de-Chamousset (Uhône). 

Le BœuF (Le chef de bataillon), commandant du 3" bataillon de 
zouaves, à Gonstantine. 

AnCHÉOLOGIE. X" 1, B 



MM. 

Le Breton (Gaston), correspondant de Tlnstitut, directeur général 
honoraire des Musées de la Seine-Inférieure et- de la ville de 
Rouen, rue Thiers, 25 bis, à Rouen. 

L'Espinasse-Langeac (De), rue Fabert, 5o, à Paris, vu". 

Letteron (L'abbé), professeur au lycée de Bastia (Corse). 

LiRois, archiviste du département du Jura, à Lons-le-Saunier. 

LisLK DU Dreneuc (Pitre de), conservateur-directeur du Muse'e 
archéologique de Nantes. 

LoTii, correspondant de l'Institut, professeur au Collège de France, 
rue du Sommerard, 17, à Paris, v*. 

LuRET, adjoint au délégué des porteurs de titres de la Dette maro- 
caine, à Tanger. 

Maignien , bibliothécaire de la ville de Grenoble. 

Malavialle, député, secrétaire général de la Société languedo- 
cienne de géographie de Montpellier, rue Duguay-Trouin, i5, 
à Paris, vi% 

Martonne (Emmanuel de), chargé de cours à la Faculté des lettres 
de l'Université de Paris, boulevard Raspail, 268. 

Maury (Lucien), secrétaire de la rédaction de la Revue Bleue, avenue 
de Ségur, 53, à Paris, vif. 

Mély (F. de), membre résidant de la Société nationale des Anti- 
quaires de France et du Comité des Sociétés des Beaux-Arts des 
départements, au château du Mesnil- Germain, par Fervacques 
(Calvados). 

MoNLEZUN, colonel en retraite, boulevard de Vaugirard, 102, à 
Paris, Vf. 

MoNTÉGUT (De), ancien magistrat, à La Rochefoucauld (Charente). 

M0RI8, archiviste du département des Alpes-Maritimes, à Nice. 

NovAK (Dominique), archéologue, à Sfax. 

Ogereau (François), censeur du lycée Charlemagne, à Paris. 

Ottavi, consul de France, à Zanzibar. 



MM. 
Pagart d'Hermansart, secrétaire de ia Sociëtë des Antiquaires de la 

Morinie, à Sain t-Omer (Pas-de-Calais). 
Patry, archiviste aux Archives nationales, boulevard de la Bastille, 

4o, à Paris, xn*. 

Paul, professeur au lycée d'Alais (Gard). 

Pawlowski (Auguste), membre de la Socie'té de géographie, d'agri- 
culture, lettres, sciences et arts de Rochefort, avenue Emile- 
Zola, 91, à Paris, xv*. 

Pelliot (Paul), professeur au Collège de France, boulevard Edgar- 
Quinet, 62, à Paris, XIV^ 

Privât (Le ge'ne'ral), à Hyères (Var). 

Raffrat, consul gënérul de France en retraite, Piazza Madama, 6, 

à Rome. 
Rkbillet, lieutenant-colonel en retraite, à Mateur (Tunisie). 

Requin (L'abbé), correspondant de l'Institut, rue Velouterie, 16, à 
Avignon. 

Revoîc (Michel), chargé d'un cours complémentaire à la Faculté 
des lettres de TUniversité de Paris. 

RocBER, consul général de France en retraite, rue Pasteur, 1, à 
Montpellier. 

RosEROT ( Alphonse) , ancien archiviste départemental , rue du Rendez- 
Vous, 6, à Paris, xii*. 

Sabatier (Camille), inspecteur général des Services administratifs 
au Ministère de l'Intérieur, en retraite, port Saint-Sauveur, 12, 
à Toulouse. 

Schirmer, maître de conférences à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Paris. 

ScHMiDT (Charles), archiviste aux Archives nationales, rue de l'Es- 
trapade, 7, à Paris, v*. 

S0UCAILLE (Antonio), secrétaire de la Société archéologique de 
Béziers (Hérault). 

SouLicE, conservateur honoraire de la Bibliothèque de la ville de 
Pau (Basses-Pyrénées). 



MM. 

Teulet, archiviste du déparlcmeul des Landes, à Monl-de-Maisan. 

Tholin, archiviste de'partemental honoraire, à Saint-Sever (Landes). 

Thomas (Antoine), membre de l'Institut, professeur à la Faculté 
des lettres de l'Université de Paris, avenue Victor-Hugo, 82, à 
Bourg-la-Reine (Seine). 

Truiidez (Le chanoine), ancien aumônier du lycée, à Reims 
(Marne). 

Vallée (Georges), ancien député du Pas-de-Calais. 

Vaschalde (Henry), à Vals-les-Bains (Ardèche). 

Vidal , bibliothécaire de la ville de Perpignan. 

ViGNAT (Gaston), ancien président de la Socie'té archéologique et 
historique de l'Orléanais, à Orléans. 

ViLBERT, secrétaire général des Phares de l'Empire ottoman, à 
Constanlinople (Turquie d'Europe). 

Villeneuve (L'abbé Léonce de), archéologue, au palais de Monaco. 

VissiÈRE, professeur à l'Ecole spéciale des langues orientales vivantes, 
rue du Ranelagh, lik,h Paris, xvi*. 



CORRESPONDANTS DU MINISTERE. 

MM. 

Anthiaumb (L'abbé), aumônier du lycée du Havre (Seine-Inférieure). 

Arbois de Jubàinville (Paul d'), archiviste du département de la 
Meuse, à Bar-le-Duc. 

Arnaud d'âgnel (L'abbé G.), aumônier du lycée, rue Monlaux, lo, 
à Marseille. 

AuERBACu (Bertrand), doyen de la Faculté des lettres de TUniver- 
silé de Nancy. 

AvENEAu DE La Grancière, président de la Société polymathique du 
Morbihan, au château de Beaulieu, par Bignan (Morbihan). 

AzAM (Joseph), membre de la Société d'éludés de Draguignan (Var). 

Balencie, archiviste du département, à Tarbes (Hautes-Pyrénées). 

Bardey (Pierre), négociant, à Aden (Arabie). 

Bardy, président de la Société philomathique vosgienne, à Saint-Dié 
(Vosges). 

Barré, bibliothécaire de la ville de Marseille. 

Barrey, archiviste de la ville du Havre. 

Barrière-Flavy, membre de la Société archéologique du Midi de 
la France, à Puydaniel (Haute-Garonne). 

Bartuès (Le docteur), inspecteur honoraire de l'Assistance pu- 
blique, avenue de Montgaugy, à Foix (Ariège). 

Bataillon, doyen de la Faculté des sciences de l'Université de 
Dijon. 

Baudet (Pol), archéologue, à Crécy-sur-Serre (Aisne). 

Baudouin (Le docteur), secrétaire général de la Société préhisto- 
rique, à La Roche-sur- Yon (Vendée). 

Bazeille, instituteur public, à Bures (Orne). 



MM. 

Beaurepaire (Georges de Robillard de), ancien président de TAca- 
démie de Rouen. 

Beauvais (Joseph), consul de France, à Canton (Chine). 

Bel (Alfred), directeur de la Médersa, à Tlemcen (Oran). 

Benoît, professeur à la Faculté' des lettres de TUniversite' de 
Lille. 

Berland, archiviste du département de la Marne, à Châlons-sur- 
Marne. 

Bernard, capitaine au 3" régiment de chasseurs d'Afrique, à 
Méhédya (Maroc). 

Bertaux, conservateur du Musée Jacquemart- André, à Paris. 

Bertrand (Charles), correspondant de l'Institut, professeur à la 
Faculté des sciences de TUniversité de Lille. 

Besnier (Georges), archiviste du département du Calvados, à Caen. 

Besnier (Maurice), professeur à la Faculté des lettres de l'Univer- 
sité de Caen. 

Beylié (De), membre de l'Académie delphinoise et de la Société 
de statistique, des sciences naturelles et des arts industriels de 
l'Isère, à Grenoble. 

Bézier, conservateur du Muse'e d'histoire naturelle de Rennes. 

Bigot, doyen de la Faculté des sciences de l'Université de Caen. 

BiNET, capitaine au 70' régiment d'infanterie, boulevard de Laval, 
i/i, à Vitré (llle-et-Vilaine). 

Blanquart (L'abbé), curé de La Saussaye (Eure). 

Blossier, professeur au lycée de Rouen (Seine-Inférieure). 

Bobeau, à Cormery (Indre-et-Loire). 

Bondurand (Bligny-), archiviste du département du Gard, à Nîmes. 

Bonnat, archiviste du département de Lot-et-Garonne, à Agen. 

B0NNEF0Y, conseiller de préfecture, rue du Docteur-Guisard, 5, à 
Guéret (Creuse). 



MM. 

Bonnet, archéologue, rue du Faubourg-Saint-Jauines, ii, à Mont- 
pellier. 
BoNNO (Le chanoine), à Meaux (Seine-et-Marne). 

Bosco (Joseph), membre de la Société archéologique, avenue du 
Bardo, 20, à Constantine. 

Boulanger (C), conservateur honoraire du Musée de Pe'ronne 
(Somme). 

BouTiLLiER DU Rétail , archiviste du département de l'Aube, à 

Troyes. 
B0DVIK6, professeur à la Faculté de droit de TUniversité de Lyon. 
Broche, archiviste du département de TAisne, à Laon. 
Brunkl, archiviste du département de la Vienne, à Poitiers. 
BRUNeEs(Jean), professeur au Collège de France, à Paris. 
Bcffaolt, inspecteur des Eaux et Forêts, à PérigueUx. 

Bosquet, archiviste du département des Bouches -du -Khône, à 
Marseille. 

Cabanes, secrétaire général de la Société d'horticulture du Gard, 
à Nîmes. 

Calmette (J.), professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Toulouse. 

Caména d'Almeida (P.), professeur à la Faculté des lettres de TUni- 
versité de Bordeaux. 

Canal, archiviste du département des Deux-Sèvres, à Niort. 

Caraman, professeur au lycée de Bordeaux. 

Carrière (Gabriel), président de la Société d'étude des sciences 
naturelles de Nîmes. 

Cbaillan (L'abbé), curé de Septèmes (Bouches-du-Rhône). 

Chanel (Emile), professeur au lycée Lalande, à Bourg. 

Chaussepied, architecte du Gouvernement, à Quimper (Finistère). 

Cheylud (Emile), pharmacien, à La Roche-Chalais (Dordogne). 



XXIV 

Gligny, directeur de la Station aquicole de Boulogne-sur-Mer (Pas- 
de-Calais). 

CoLLARD (G.), arche'ologue, rue Bayard, 8, à Auch. 

CoMMONT, directeur de l'École annexe de l'Ecole normale d'institu- 
teurs, à Saint-Acheul (Somme). 

CoRBiNEAu, directeur d'école, rue Nuyens, à Bordeaux. 

Cotte (Charles), notaire, à Pertuis (Vaucluse). 

CoDRMONTAGNE, inspecteur des Fouilles de Timgad (Constantine). 

GouRTEAULT, professeur à la Faculté des lettres de Bordeaux. 

Coutil (Léon), ancien président de la Société normande d'études 
préhistoriques, à Saint-Pierre-du-Vauvray (Eure). 

GozETTE (Paul), membre du Comité historique et archéologique de 
Noyon (Oise). 

CuÉNOT, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Dangibeaud (Charles), conservateur des Musées de Saintes (Cha- 
rente-Inférieure). 

Darboux, professeur à la Faculté des sciences de l'Université d'Aix- 
Marseille. 

Débraye, secrétaire général adjoint et archiviste de la ville, à Gre- 
noble (Isère). 

Debruge (A.), commis principal des Postes et Télégraphes, à Con- 
stantine (Algérie). 

Delmas, archiviste du département, du Cantal, à Aurillac. 

Delpech (J.), professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Dijon (Côte-d'Or). 

Delvincourt, archéologue, à Crécy-sur-Serre (Aisne). 

Denisart (Raoul), vice-président de la Société archéologique d'Eure- 
et-Loir, cloître Notre-Dame, à Chartres. 

Depkret, membre de l'Institut, doyen de la Faculté des sciences 
de rUniversité de Lyon. 



MM. 
Déprez , professeur à la Faculté des lettres de TUniversité de Rennes. 

Désages, archiviste du département des Côtes-du-Nord, à Saint- 
Brieuc. 

Deslàsdks (Le chanoine), archiviste adjoint, à Bayeux. 

Destandad, pasteur de l'Eglise réformée, à Mouriès (Bouches-du- 
Rhône). 

Destray, archiviste du département de la Nièvre, à Nevers. 

Deydier, notaire, à Cucuron (Yaucluse). 

DoNAu (Le commandant), chef de bataillon au i/i8* régiment 
d'infanterie, à Givet (Ardennes). 

Dodblet (G.), professeur au lycée de Nice. 

DoLTTÉ (Edmond), chargé de cours à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité d'Alger. 

Drappier (Louis), secrétaire de la Direction des antiquités et des 
arts de la Régence, à Tunis. 

Driodx , avocat général près la Cour d'Orléans. 

Drouault (Roger), receveur de l'Enregistrement, à Aubusson 

(Creuse). 

DuBARAT (L'abbé), curé de Saint-Martin, à Pau. 

Duriez, contrôleur des Domaines, à Kairouan (Tunisie). 

DuBosc, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Montpellier. 

Dujarric-Descombes (A.), vice -président de la Société historique 
et archéologique du Périgord, au Maine, par Montagrier (Dor- 
dogne). 

DupRAT (Eugène), professeur au lycée de Marseille. 

Duprat (Léonce), professeur au lycée d'Aix (Bouches-du-Rhône). 

DuRviLLE (Le chanoine), rue Saint-Clément, 76, à Nantes. 

EcK (Théophile), conservateur du Musée de Saint-Quentin 
(Aisne). 



MM. 
EcKBL, archiviste du département de la Haule-Saône, à Vesôul. 

Epery (Le docteur), à Âlise-Sainte-Reine (Côle-d'Or). 

Fabre (L.-A.), inspecteur des Eaux et Forêts, rue Berbisey, 17, à 
Dijon. 

Fàure (Claude), archiviste du Gouvernement général de l'Afrique 
Occidentale française, à Dakar (Sénégal). 

Fazy, archiviste du département de l'Allier, à Moulins. 

Féaux, conservateur adjoint du Musée de Périgueux. 

Ferrand (Gabriel), consul général de France, à la Nouvelle-Orléans 
(Etats-Unis d'Amérique). 

Ferrand (Henri), ancien président de la Société de statistique, 
coUrs Berriat, 2, à Grenoble. 

FiLLiozAT, percepteur, à Vendôme (Loir-et-Cher). 

Flamand, professeur à la Faculté dés sciences de l'Université' d'Alger. 

Flament, archiviste du département du Pas-de-Calais, à Arras. 

Fleury (Gabriel), membre de la Société historique et archéo- 
logique du Maine, à Mamers (Sarthe). 

Floquet (Gaston), doyen de la Faculté des sciences de l'Université 
de Nancy. 

FoROT (Victor), président du Comité départemental des documents 
économiques de la Révolution, à Tulle. 

FoRTiER, contrôleur civil, à Triaga (Tunisie). 

Froc (Le R. P.), directeur de l'Observatoire de Zi-ka-wei, près 
Shang-haï (Chine). 

Gabory, archiviste du département de la Loire-Inférieure, à Nantes. 

Gachon, doyen honoraire de la Faculté dés lettres de l'Université 
de Montpellier. 

Gadeau de Kerville, rue du Pont, 7, à Rouen. 

Galabert, archiviste de la ville et des hospices, à Toulouse. 



MM. 

Gandilhon, archiviste du département du Cher, à Bourges. 

Gassies (Georges), professeur au collège de Meaux (Seine-et- 
Marne). 

Gadchery, architecte, membre de la Société des Antiquaires du 
Centre, à Vierzon (Cher). 

Gautier (Pierre), archiviste du département de la Haute-Marne, 
à Chaumont. 

Gazier.( Georges), conservateur de la Bibliothèque municipale, à 
Besançon. 

George (Auguste), président de la Société nationale des profes- 
seurs français en Amérique, Saint Nicholas Avenue, loo, à 
New-York (États-Unis). 

Gérardis, membre de la Société mathématique de France et de 
TAssociatioû française pour l'avancement des sciences, quai 
Claude-le-Lorrain , Sa, à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 

Géri.v-Ricard (Henry de), président de la Société de statistique de 
Marseille, rue Wulfran-Puget, 33, à Marseille (Bouches-du- 
Rhône). 

Germaix-Martix, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Dijon. 

Girard, conservateur du Musée Calvet, à Avignon (Vaucluse). 

GiRARDifî, professeur de géographie à l'Université de Fribourg 

(Suisse). 

Glangeaud, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Clermont. 

GoDiN (Le docteur Paul), médecin-major des hôpitaux, en retraite, 
à Saint-Raphaël (Var). 

GouvET (E.), conservateur du Musée archéologique de Sousse 
(Tunisie). 

Graxdmaisgn (Louis Loizeau de), ancien archiviste du département 
d'Indre-et-Loire, rue Emile-Zola, i3, à Tours. 

Gross (Le docteur Frédéric), doyen de la Faculté de médecine 
de rUniversité de Nancy. 



MM. 

GuÉNiN, professeur au lycée de Brest. 

GuÉNiN (Le chef de bataillon), commandant supérieur du cercle 
de Lalla-Marnia (Oran). 

GuiTEL, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Rennes. 

Raillant, secrétaire perpétuel de la Société d'émulation des Vosges, 
place de l'Atre, 21, à Epinal. 

Hannezo (Le lieutenant-colonel), à Saint-Clément-Mâcon (Saône- 
et-Loire). 

Heckel, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des 
sciences de l'Université d'Aix-Marseille. 

Hénault, sous-bibliothécaire de la ville de Valencieimes (Nord). 

HiLAiRE (Jean), chef de bataillon au 5* bataillon sénégalais, à 
Abécher. 

HiNGLAis, conservateur du Musée de Constanline. 

HouLBERT, professeur à l'Ecole de médecine, directeur de la Station 
enlomologique près la Faculté des sciences de l'Université de 
Rennes. 

Huguenot (Le R. P.), de la Société des missionnaires d'Afrique, à 
Ouargla (Alger). 

Imbert, archiviste du département delà Charente, à Angoulême. 

IsNARD, archiviste du département des Basses-Alpes, à Digne. 

Jacotin, archiviste du département de la Haute-Loire, au Puy. 

Jacquetton, administrateur de la commune mixte de Michelet 
(Alger). 

JoLY (Alexandre), professeur à la chaire d'arabe de ConstanKne 
(Algérie). 

JovY (Ernest), professeur au collège de Vitry-lc-François (Marne). 
JussELiN, archiviste du département d'Eure-et-Loir, à Chartres. 



I 



MM. 

Kleinglausz, professeur à la Faculté des lettres de TUniversité 
de Lyon. 

KoEHLER, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Lyon. 

Labat (Gustave), ancien président de la Société des archives his- 
toriques de la Gironde, à Bordeaux. 

Lanco (Pascal), archiviste du département de la Vendée, à La 
Roche-sur-Yon. 

LaRogerie (Bourde de), archiviste du département d'IUe-et-Vilaine, 
à Rennes. 

Latouche, archiviste du département de Tarn-et-Garonne, à Mont- 
auban. 

Lauby (Ant.), docteur es sciences, à Saint-Flour (Cantal). 

Lalrain, archiviste du département de la Mayenne, à Laval. 

Ladzun (Philippe), président de la Société archéologique du Gers, 
à Valence-sur-Baïse (Gers). 

Lavergne, archiviste du déparlement de la Dordogne, à PeVigueux. 

Lebeuf, directeur de l'Observatoire astronomique, météorologique 
et chronométrique de Besançon. 

Lebloxd (Le docteur), président de la Société historique et archéo- 
logique, à Beauvais. 

Le Cacheux, archiviste du département de la Manche, à Saint-Lô. 

Lechevalier (A.), instituteur public , à Cuverville-en-Caux (Seine- 
Inférieure). 

Leclbrc (René), délégué général du Comité du Maroc, à Tanger. 

Léger, professeur à la Faculté des sciences de PUniversité de Gre- 
noble. 

Legras (Jules), doyen honoraire de la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Dijon. 

Lbmpereur, archiviste du département dePAveyron, à Rodez. 



XXX 

MM. 

Lesueur (Le docteur), vice-président de la Socic'té des sciences el 
lettres de Loir-et-Cher, à Vendôme. 

Letainturibr (Gabriel), préfet de l'Yonne. 

Le Tonnelier, archiviste du département de la Haute-Savoie, à 
Annecy. 

Levé, président de la Commission historique du Nord, à Lille. 

Leynaud (Le chanoine), curé de Sousse (Tunisie). 

LiGNiER, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de Caen. 

LoRBER, archiviste du déparlement des Passes-Pyrénées, à Pau. 

LoRiMY, conservateur du Musée archéologique de Châtillon-sur- 
Seine (Côte-d'Or). 

LoRiN, avoué, à Rambouillet (Seine-et-Oise). 

LoRiN (Henri), professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Bordeaux. 

Macon, conservateur adjoint du Musée Condé, à Chantilly (Oise). 

Mairet (Le docteur Albert), doyen de la Faculté de médecine de 
rUniversi té de Montpellier. 

Maître (Claudius-E.), directeur à TÉcole française d'Extrême- 
Orient, à Hanoï. 

Mallard, archéologue, à Saint-Amand-Montrond (Cher). 

Mansuy (Abel), lecteur de français à l'Université de Varsovie, rue 
Koszykowa, n° ih-'j, à Varsovie, Pologne (Russie). 

Marsan (L'abbé), curé de Guchen (Hautes-Pyrénées). 

Martinière (Machet de La), archiviste du département du Mor- 
bihan, à Vannes. 

Masson (P.), professeur à la Faculté des lettres de l'Université d'Aix- 
Marseille, cours Puget, 3, à Marseille. 

Mathias, doyen de la Faculté des sciences, directeur de l'Observa- 
toire du Puy de Dôme, à Clermont-Ferrand. 

Mathieu, archiviste du département do la Gorrèze, à Tulle. 



MM. 

Mazauric, conservateur du Musée archéologique de Nîmes. 

iMercier (Gustave) , secrétaire de la Société archéologique du dépar- 
tement de Constantine (Algérie). 

Merlet (René), ancien archiviste du département d'Eure-et-Loir, 
à Chartres. 

Mettrier (H.), à Langres (Haute-Marne). 

MixûiJFLET, instituteur public en retraite, à Romeny (Aisne), 

MoNGHicooRT, Contrôleur civil, à Kairouan (Tunisie). 

MoHMÉiÂ, conservateur du Musée d'Agen (Lot-et-Garonne). 

MoREAu, doyen de la Faculté des sciences de TUniversilé de Rennes. 

MoRiN (Louis), employé à la Bibliothèque municipale, rive droite 
du Canai, -jh, àTroyes. 

Moulin, conservateur adjoint aux Archives départementales, à Aix 
( Bouches-du-Rhône ). 

MouRLOT (Félix), ancien inspecteur d'Académie de l'Oise. 

MouRRAL, conseiller à la Cour d'appel, à Rouen. 

Musset (Georges), bibliothécaire de la ville de La Rochelle. 

NicoLAÏ (Alexandre), avocat à la Cour d'appel, rue Beaubadat, 
à Bordeaux. 

NoDKT (Victor), docteur en médecine, à Bourg (Ain), 

Ordiom (Le chef de bataillon), à Auxerre (Yonne). 

OuRSEL, bibliothécaire de la ville, à Dijon (Côte-d'Or). 

Pachtere (de), professeur au lycée d'Alger. 

Pallary (Paul), instituteur public, à Eckmûhl, près Oran (Algé- 
rie). 

Parât (L'abbé), à Avallon (Yonne). 

Parisot (Le docteur Pierre), professeur à la Faculté de médecine 
de rUniversilé de Nancy. 

Parisot (Robert), professeur à la Faculté des lettres de i'Université 
de Nancv. 



MM. 

Parrès, conservateur du Musée d'Aumale (Algérie). 

Pélissier, archiviste du département de i'Ariège, à Foix. 

Perdrizet, professeur à la Faculté des lettres de TUniversilé de 
Nancy. 

Pérouse, archiviste du département de la Savoie, à Ghambe'ry. 

Perreau-Pradier , de'pute' de l'Yonne. 

Petit, archiviste du département de la Haute-Vienne, à Limoges. 

Peyrony, instituteur public, aux Eyzies-de-Tayac (Dordogne). 

Pézières (Angély), instituteur public, à Ferrières-de-Claret (Hé- 
rault). 

Philippe (André), archiviste du département des Vosges, à Epinal. 

PicART (Luc), directeur de l'Observatoire de Bordeaux. 

Pigallet, archiviste du département du Doubs, à Besançon. 

Plancouard, membre de la Commission départementale des anti- 
quités et des arts de Seine-et-Oise, à Cléry-en-Vcxin, par 
Magny (Seine-et-Oise). 

Plessier, ancien président de la Société historique, rue de Lancry, 

9, à Compiègne (Oise). 
PoiKSSOT (Louis), inspecteur du Service des antiquités et des arts 

de la Régence, à Tunis. 

PoiROT (Jean), lecteur de français à l'Université de Helsingfors, 
Finlande (Russie). 

Poitevin de Maureillan (Le colonel de), conservateur des Musées 
d'Hyères (Var). 

Pontbriand (Le lieutenant de), chef du bureau des Affaires indi- 
gènes, à Zarzis (Tunisie). 

PoRÉE (Charles), archiviste du département de l'Yonne, à Auxerre. 
Porée (Le chanoine), curé de Bournainville , par Thiberville 

(Eure). 
PouLAiNE (L'abbé Fr.), curé de Voutenay (Yonne). 
Poux (Joseph), archiviste du département de l'Aude, à Carcas- 



MM. 
Pradère (Bertrand), conservateur du Musée du Bardo, à Tunis. 

Prkntout, prolQgseur à ia Faculté des lettres de l'Université de 
Gaen. 

PuToif, procureur de la République, à Remiremont (Vosges). 

QuENEDEY (Le capitaine), membre de la Société des Amis des mo- 
numents rouennais, rue de la Chaîne, 22, à Rouen. 

QuiGSON (G.-Hector), professeur au lycée de Beau vais. 

Rachou (Henri), conservateur du Musée archéologique de Toulouse. 

Raspail (Xavier), à Gouvieux (Oise). 

Régné, architecte du département de l'Ardèche, à Privas. 

Régnier (J.), sous-préfet de Beaune (Côle-d'Or). 

Régmer (Louis), membre de la Société libre de l'Eure, rue du 
Meilet, 9, à Evreux. 

Renault (Henri -Eugène), officier d'administration du Génie, à 
Tunis. 

Renault (Jules), architecte à la Direction des travaux publics, 
à Tunis. 

Richard, directeur du Musée de Tlnstilut océanographique, à Mo- 
naco. 

Robert, administrateur de la commune mixte des Maâdid, à Bordj- 
bou-Arreridj (Constantine). 

IRoBi.x, archiviste du département des Pyrénées-Orientales, à Per- 
pignan. 
R0MIEUX, colonel en retraite, à Libos (Lot-et-Garonne). 
i 



I 



RoDCHON (Ulysse), secrétaire ge'néral de la Société agricole et 
scientifique de la Haute-Loire, au Puy. 

RouQDETTE, médecin-major, place de la Liberté', k, à Nice. 

Roussel, archiviste du département de l'Oise, à Beauvais. 

RouxEL, membre de la Société des sciences naturelles, quai 
Alexandre-Trois , 58, à Cherbourg. 

Abcbéologik. — N" I. c 



MM. 
RouzAUD, percepteur, à Narbonrre (Aude). 

Sacbé (Marc), archiviste du de'partement de Maine-et-Loire, à 
Angers. 

Sainson (Camiiie), vice-consul de France en disponibilité, rue 
Kléber, 12, à Châteauroux. 

Saint-Léger (De), professeur à la Faculté' des lettres de TUni- 
versité de Lille. 

Saint-Saud (De), au château de la Valouze, par la Roche-Chalais 
(Dordogne). 

Sarran d'Allard (Louis de), membre de la Société des lettres, 
sciences et arts tfla Haute-Auvergne», à Saint- Jean-de- Va léri scie 
(Gard). 

Sauvage (René), bibliothécaire de la ville, à Caen (Calvados). 

ScHEURER (Ferdinand), archéologue, à Belfort. 

Signorel, substitut du procureur de la République, allée Saint- 
Michel, 3, à Toulouse. 

Smet (L'abbé de), chaussée de Bruxelles, 21 5, à Forest-les- 
Bruxelles (Belgique). 

SoYER (Jacques), archiviste du département du Loiret, à Orléans. 

ÏOUZE, conservateur du Musée de Lambëse (Algérie). 

Tribalet (Le capitaine), détaché au Service des affaires indigènes, 
à Tunis (Tunisie). 

Triger (Robert), président de la Société historique et archéo- 
logique du Maine, au Mans. 

Trouillard (Guy), archiviste du département de Loir-et-Cher, 

à Blois. 
Urseau , chanoine titulaire de la cathédrale d'Angers. 

Vacher, chargé de cours à la Faculté des lettres de l'Université de 
Lille. 

Vahn (Lucien), avoué, rue de Fontenelle, 38, à Rouen. 
Valran (Gaston), professeur au lycée d'Aix. 
Vassel (Eusèbe), à Rades (Tunisie). 



MM. 

Vasseur, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté' des 
sciences de TUniversité d'Aix-Marseille. 

Vérax (Auguste), architecte des Monuments historiques, à Arles 
(Bouches-du-Rhône). 

Verschaffel (L'abbé), correspondant de Hnstitut, directeur de 
l'Observatoire d'x^bbadia, par Hendaye (Basses-Pyrénées). 

Vidal (Auguste), chef de bureau à la préfecture du Tarn. 

ViGiÉ, doyen honoraire de la Faculté' de droit de l'Université de 
Montpellier. 

Ville-d'Avray (Le lieutenant-colonel de), conservateur des Musées 
de Cannes (Alpes-Maritimes). 

Welsch, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Poitiers. 



PROCES-VERBAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

ET 

DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DC NORD 



PROCÈS-VERBAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

ET 

DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

10 JANVIER 1916. 
SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte hî'U lieures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est iu et adopté. 

A propos du procès-verbal, M. Jules Toltais fait remarquer que 
les tiges de fer communiquées par M. Plancouard, et dans les- 
quelles M. le D"" Capitan a parfaitement reconnu les restes d'une 
armature de bouclier, sont semblables à celles qui se trouvaieut 
sous Vumbo d'un bouclier franc trouvé à Londinières par l'abbé 
Cochet et dont M. Maurice Prou a donné l'image dans La Gaule 
mérovingienne, fig. 28, d'après La Normandie souterraine. 

M. le D"" Capitan ajoute que le nouvel examen qu'il a fait des 
crânes découverts par M. Plancouard en même temps que les 



débris de bouclier confirme rattribution de ce bouclier à l'époque 
franque; car ces crânes présentent des détails de forme caracté- 
ristiques que l'on rencontre souvent sur ceux que fournissent les 
sépultures de cette époque. 

M. le commandant Espérandieu s'excuse par lettre de ne pouvoir 
assister à la séaace. 

M. Héron de Villefosse dépose sur le bureau huit brochures 
offertes à la Section d'archéologie par M. Cli. Boyard, instituteur 
public à Nan-sous-Thil , par Précy-sous-Thil (Côte-d'Or) : 

1. La ferrure h clous des chevaux dans V antiquité, par Ch. Boyard 
et Henry Barbe. Extr. des Comptes rendus de T Association française 
■pour V avancement des sciences. Congrès du Havre, iQià; 

2. Les stations moustériennes en plein air dans la région de l'Auxois, 
par Gh. Boyard. Dijon, igiA; 

3. Stations néolithiques de Sidi-Mabrouk {hauts plateaux tunisiens) 
et de Nan-sous-Thil [Côte-d'Or). Affinité des industries lithiques, par 
Ch. Boyard. Extr. des Comptes rendus de l'Association française pour 
l'avancement des sciences. Congrès de Tunis, igi5; 

à. Voie romaine d' Alise à Saulieu dans la traversée des vallées de l'Ar- 
mançon et du Serain, du plateau de Sainte-Colomhe à Chausseroze, par 
Ch. Boyard. Extr. des Comptes rendus de l'Association française pour 
l'avancement des sciences. Congrès de Dijon , igi i ; 

5. Stations préhistoriques des grottes et abris sous roche de la Cote- 
d'Or, par Ch. Boyard; 

6. L'abri sous roche du «Poron des Cuèchesv, par Ch. Boyard. 
Extr. des Comptes i-endus de V Asoociation française pour l'avancement 
des sciences. Congrès de Dijon , iQi i ; 

7. L'abri sous roche du Poron des Cuèches. La couche magdalénienne , 
par Ch. Boyard. Extr. des Comptes rendus de l'Association française 
pour T avancement des sciences. Congrès de Nîmes , igis; 

8. Contribution à l'étude des industries de la pierre dans la région 
des hauts plateaux tunisiens. Station de Sidi Mabrouk près Thala, par 
Ch. Boyard. Extr. du Sixième Congrès préhistorique de France. Session 
de Tours, igio. 



Ces brochures avaient été envoyées par erreur à rAcadémie des 
Inscriptions; le pre'sident, M. Ed. Chavannes, les a remises à 
M. Héron de Viliefosse, car les dédicaces qu'elles portent ne laissent 
aucun doute sur leur destination. Elles sont d'ailleurs accompa- 
gnées dune lettre de M. Boyard, en date du 19 décembre 191 5, 
adressée au président de la Section d'archéologie, dans laquelle 
M. Boyard sollicite une subvention qui lui permettrait de continuer 
ses fouilles archéologiques dans la région du Poron des Cuèches 
où il a déjà découvert un vaste ensemble d'habitats et de stations, 
— Renvoi à M. le D"^ Capitan. 

M. le D' Capitan lit le rapport suivant sur une note de M. Com- 
mont, directeur de l'École annexe de l'Ecole normale de Sainl- 
Acheul (Somme), correspondant du Ministère, sur des fouilles 
récemment faites à Amiens : 

tfLa note de M. Comment étant des plus intéressantes, je 
demande au Comité de l'insérer in extenso dans le Bulletin archéo- 
logique, et de reproduire la coupe des travaux et, au moins, une 
des photographies envoyées par l'auteur. 

ff Ayant pu visiter ces fouilles avec .M. Commont, je me permet- 
trai de donner pour le procès-verbal le court résumé suivant : 

rAfin d'occuper les ouvriers sans travail d'Amiens, le maire, 
M. Fiquet, sénateur, fit acheter par la ville de grands terrains en 
plein champ au nord et à l'est de la ville pour y établir de larges 
boulevards qui, plus tard, entoureront la ville lorsqu'elle aura pris 
de l'accroissement. 

wDans le cours de ces grands travaux de terrassement, sur les 
collines au nord-est de la ville, à une altitude de 60 mètres, aux 
environs de la route d'Amiens à Abbeville, M. Commont, qui sui- 
vait les travaux avec le soin, l'exactitude et la compétence qu'il met 
dans toutes ses recherches, découvrit de petites fosses, des tran- 
chées avec sépultures, et enfin une grande excavation remplie de 
dépôts archéologiques. 

«Le plan à grande échelle qu'a bien voulu me confier M. Com- 
mont, et que je vous présente, permet de constater les particularités 
suivantes : 

«Deux longues tranchées parallèles, longues de ho mètres envi- 
ron, distantes de 4 mètres l'une de l'autre, lai-ges de 1 à 2 mètres. 



profondes de i m. 5o,de coupe triangulaire, ont e'ié rencontrées 
dans l'axe du boulevard. Au sud de ces deux tranchées, une aulre 
transversale, puis une quatrième parallèle aux deux premières, à 
10 mètres à l'Est, et de 3o mètres environ de longueur, se termi-^ 
nant au Sud par une cinquième à peu près perpendiculaire. 

ffCes tranchées sont remplies d'une terre noire renfermant des 
débris gallo-romains divers : tessons de poterie noire et grise du 
11° au m* siècle (que je présente), clous, fragments de charbon, 
ossements d'animaux domestiques (âne, cheval, bœuf, cochon, 
chien). 

ff Quatre squelettes humains ont été rencontrés dans ces tran- 
chées. Aux pieds de l'un d'eux on avait déposé des fruits (noyaux 
de prunes, de pêches, cerises, noisettes). Auprès d'un autre sque- 
lette on a ti'ouvé une pièce d'argent à l'effigie d'Hadrien. Entre ces 
tranchées, et disposées du Nord au Sud, dix petites fosses carrées 
de 1 mètre à i m. 2 5 de côté avaient été creusées dans la craie à 
des profondeurs variant de o m. 3o à o m. 5o. Elles sont recou- 
vertes d'une couche de terre végétale de o m. 5o à o m. 6o d'épais- 
seur. Leur mobilier se compose de tessons de poteries brunâtres 
à l'extérieur, lustrées, à pâte grossière grise, non faite au tour, 
avec ornementation triangulaire très primitive faite à l'aide d'un 
ébauchoir à base carrée. Ces poteries sont certainement de La 
Tène 11 ou 111. Avec ces fragments de poteries, il y avait des osse- 
ments d'animaux domestiques, des silex taillés et deux couteaux ou 
serpettes de fer, puis constamment des cendres et du charbon de bois. 

«fLe fond d'une de ces fosses, mesurant i m. 70 sur 1 m. ho, 
était tapissé de fragments d'argile cuite à empreintes végétales, 
provenant du clayonnage enduit d'argile ayant formé parois ou toit 
d'une petite cabane. 

rAu nord de cet ensemble déjà fort curieux, M. Commonl re- 
connut ce qu'il crut d'abord être un grand fond de cabane, mesu- 
rant 8 m. 5o de diamètre et rempli de terre noire, d'ossements et 
de fragments de poteries. 

rf Grâce au concours du maire, des fouilles y furent pratiquées 
et poursuivies jusqu'à la fin, et ainsi on arriva à vider une énorme 
excavation tronconique, à base supérieure creusée dans la craie et 
mesurant 8 m. 5o de diamètre sur 7 mètres de profondeur. Sur la 
paroi sud de cette grande chambre, à 3 m. 5o de la surface, on 
reconnut une entaille rectangulaire qui, en arrivant au fond de la 



chambre, continuait à descendre., se pre'sentant alors sous la forme 
d'un puits carré de i m. lo décote. Comme la chambre, le puits 
fut fouillé systématiquement jusqu'à une profondeur de 36 m. 70, 
o\i il se termine par une cuvette. 

»La chambre, depuis la surface jusqu'à 2 mètres de profondeur, 
avait été remplie d'une couche de terre noire. Au-dessous immé- 
diatement : deux urnes de terre noire, gallo-romaines, qui avaient 
été déposées entières, puis une fibule romaine primitive, de bronze, 
à are simple, et une autre de fer, des percuteurs et broyeurs de silex . 
du charbon de bois, etc. 

rA U mètres, lit d'ossements de bœuf et de chien; à k m. 80, 
une urne renfermant les ossements de deux petits chiens; et à 
6 m. 80 , un quatrième vase entier et le squelette d'un jeune cheval. 

f A divers niveaux, charbon de bois et tessons gallo-romains du 
II* au m'' siècle, par exemple un fragment de jatte grise à panse 
renflée et à bord renversé. 

tfDans le fond de cette grande excavation, du côté opposé au 
puits, une saillie de 20 mètres carrés de superficie et de m. io 
de hauteur, entaillée dans la craie, forme comme une sorte d'autel. 

tfLe puits a été rempli de couches de terre noire, associée à des 
pierrailles et renfermant des ossements d'animaux domestiques, du 
charbon de bois, des percuteurs en pierre, des clous, des tessons 
de poterie gallo-romaine. Presque du fond vient ce fragment de fin 
petit vase de terre grise très bien tourné, à large goulot, avec cou- 
verte noire bien lustrée du 11'' au m*" siècle, que je vous présente. 

tf Entre chacun de ces lits de terre noire, une couche de gros 
moellons de craie stériles. 

ffA 18 m. 80, on a rencontré six squelettes de chevaux, un sque- 
lette humain et un petit chien, puis une fibule de fer; à 82 mètres, 
les ossements de trente-deux agueaux; à 34 mètres, deux moitiés 
intactes de vases gaulois avec dépôt intérieur comme s'ils avaient 
contenu un produit résineux, la diaphyse d'un fémur humain, 
des débris osseux de bœuf et porc calcinés, du charbon de bois , des 
débris de deux seaux en chêne; au fond débris végétaux : bruyères, 
mousses, graminées. 

wLes parois montrent les tiaix^- de coups de pic, sauf de 34 mè- 
tres à 36 m. 70 où les blocs de craie sont usés, indiquant la pré- 
sence ancienne de l'eau dans le fond du puits sur cette hauteur de 
2 m. 70. 



ffTels sont les faits très intéressants et très bien observés par 
M. Commont. 

« Reste l'interprétation. Il faut avouer qu'elle est fort embarrassante. 

«Il paraît évident d'abord qu'il s'aj^it de sépultures gauloises 
assez singulières dans ces curieuses trancbées, ou encore de sépul- 
tures par incinération dans les petites fosses de même époque. On 
pourrait peut-être aussi rapprocher ces fosses des petites cabanes, 
guère plus étendues comme surface, que l'on trouve dans certains 
camps et oppidade La Tèneet dont la signification n'est pas encore 
bien établie. 

ffDans ce lieu de sépulture, les Gaulois auraient creuse une 
grotte artificielle à destination sacrée. Sur ce plateau aride, ils 
n'ont pas hésité à faire ce considérable travail de creusement d'un 
puits à eau, l'eau étant indispensable à toute fondation sacrée. 
Qu'était ce sanctuaire? A qui était-il consacré? Etait-ce en effet un 
autel qui avait été aménagé dans le fond? Mystère. En tout cas, le 
sanctuaire existait avec un puits ne servant qu'à fournir l'eau, puis- 
qu'on n'y a pas rencontré un seul tesson gaulois. 

ff Au ïf ou m" siècle, les rites changent : le puits se tarit peut- 
être; en tout cas, il commence à recevoir des offrandes. Elles sem- 
blent d'abord avoir été déposées soigneusement dans le fond : 
tels ces deux vases gisant à 34 mètres et ayant renfermé du vin 
résineux, et à côté un fémur humain à extrémités calcinées. 

ff Au-dessus, à 82 mètres de profondeur, c'est une hécatombe 
d'agneaux dont les cadavres ont été projetés dans le puits. Plus haut 
encore, à 18 m. 80, c'est un squelette humain au milieu de six 
squelettes de chevaux; à 6 m. 80, un vase entier et le squelette 
d'un jeune cheval; à /i m. 80 une singulière offrande : une urne 
renfermant les ossements de deux petits chiens; enfin, tout à fait 
en haut, à 2 mètres de profondeur, deux urnes funéraires. 

cfOn le voit, la variété du contenu de ce puits est extrême, et, 
si l'on peut admettre qu'il s'agit là d'offrandes, il paraît impossible 
d'attribuer à ce puits l'épithète de puits funéraire. 

tf Puits sacré, puits rituel, ayant plus tard servi de puits à 
offrandes et accidentellement de lieu de sépulture, c'est bien ce qui 
paraît devoir se déduire rationnellement de l'étude si bien faite par 
M. Commont. 

tfD'ailleurs il est peut-être bon de faire remarquer que presque 
tous les puits funéraires jusqu'ici décrits, — sinon tous, — se 



présentent à peu près de même, et que par suite on est en droit, 
lorsque ie remplissage en est irrégulier, de les considérer comme 
de purs et simples dépotoirs, et, au contraire, de les faire rentrer 
dans la catégorie des puits rituels à remplissage systématique du 
fait de certaines pratiques religieuses, lorsque le remplissage semble 
avoir été fait soigneusement. Parfois, enfin, ce pourrait être de véri- 
tables cachettes d'objets sacrés par eux-mêmes ou par destination, 
comme c'est le cas pour nombre de favissae. 

ffOn pourrait expliquer assez simplement la stratigraphie régu- 
lière de couches séparées par des amas de blocs de craie, en ob- 
servant qu'une telle quantité de matières animales en décompo- 
sition devait être recouverte d'une couche de pierres, pour ne pas 
exhaler une puanteur très forte. 

ffQuoi qu'il en soit, le puits et le sanctuaire devaient être néan- 
moins isolés, loin des habitations. 

cfEn tout cas, il s'agit là d'une découverte fort curieuse. M. le 
maire d'Amiens m'a dit être tout disposé à conserver la chambre 
souterraine et le puits. En attendant, le tout a été entouré de forts 
grillages et le puits fermé par des planches. 

trJe propose donc au Comité, ainsi que je le disais au début, de 
publier m extenso ie mémoire de M. Commonl ' ; de lui adresser les 
félicitations du Comité pour ces recherches qui, ainsi que j'ai pu 
le constater, ont été excessivement pénibles, longues et délicates, 
et enfin d'adresser les remerciements du Comité à M. Piquet, maire 
d'Amiens, qui a bien voulu faire exécuter toutes ces recherches très 
dispendieuses aux frais de la ville et qui désire assurer la conser- 
vation de tout ce qui a été découvert. i? — Adopté. 

MM. Jlllian et Babelon signalent un certain nombre de puits 
pouvant être comparés à celui d'Amiens. 

«rM. J. ToLTAL\ Ht uu rapport sur les fouilles de M. P. Clément, 
à Artins (Loir-et-Cher) : 

«M. P. Clément, instituteur à Artins (Loir-et-Cher), dont les 
premières fouilles au lieu dit «le Vieil Artins» ont été l'objet d'un 

(•' ^oir plus loin, page 39, le texte in extenso de la communicatioii de 
M. Commoot. 



rapport de noire confrère M. A. Bianchet, dans la séance du 8 dé- 
cembre 1918, et qui a reçu du Ministère, en juin 191/1, une sub- 
vention, a pu, malgré la difficulté de trouver des ouvriers , procéder 
en septembre 1916 à quelques recherches sur l'emplacement de 
rétablissement gallo-romain retrouvé par lui il y a deux ans. 11 y a 
découvert : 

K 1° L'angle d'une construction qui paraît être du haut empire, 
si l'on en juge par la solidité des murs en moellons, dont les 
assises étaient reliées par un mortier de chaux et de sable; 

tf2° Deux cercueils de pierre, l'un de forme normale, l'autre 
ayant la partie antérieure disposée en pans coupés à droite et à 
gauche de la tête; en outre, diverses sépultures en pleine terre; 

tfS" Comme objets mobiliers : 

«a. Une fibule de bronze de La Tène II; une fusaïole eu terre 
cuite rouge; 

ff/3. Deux monnaies romaines de bronze, dont l'une paraît être 
à Tefligie d'Hadrien ; l'autre est un petit bronze de Tetricus; plu- 
sieurs fragments de poterie sigillée avec signatures de potiers, déjà 
connues; 

(fy. Une boucle de ceinturon de fer, de l'époque mérovin- 
gienne. 

wM. P. Clément se propose de réunir en une étude d'ensemble 
l'exposé des découvertes qu'il a déjà faites depuis 1918. Dès main- 
tenant il est intéressant de noter que, sur une faible superficie, il 
a recueilli des objets d'âge préromaiu (la fibule et, sans doute aussi , 
la fusaïole); — d'âge romain (les deux monnaies et les fragments 
de poterie sigillée); — d'âge mérovingien ou, du moins, médiéval 
(les cercueils de pierre et la boucle de ceinturon), w 

M. DuRRiEu lit une étude sur une miniature représentant sainte 
Catherine, communiquée par M. Félix Pasquier, membre non 
résidant du Comité, au Congrès des Sociétés savantes de 191^. 
M. Durriçu confirme, par des comparaisons avec d'autres minia- 
tures, la date proposée par M. Pasquier et la provenance touran- 
gelle reconnue par M. Henri Stein. 

J^e mémoire de M. Durrieu sera imprimé dans le Bulletin archéo- 



(') Voir plus loin , p. 3 , le texte in extenso de l'étude de M. Durrieu. 



XI.T1I 

M. Héron de Villefosse signale des fragments non encore inven- 
loriés de la mosaïque romaine de Bazoches (Aisne) : 

tf Une mosaïque aujourd'hui détruite, et dont il n'existe plus que 
des fragments épars, a été découverte en 1869 à Bazoches, canton 
de Braisne (Aisne), au cours des travaux du chemin de fer de Sois- 
sons à Reims, au lieu dit aujourd'hui «•la Mosaïque??. Elle a été 
inventoriée par M. Blanchet'''. 

«Sans doute, la fouille u'avait 6lé faite que superficiellement, 
ce qui est très regrettable, car il paraît que les cultivateurs, chaque 
année en labourant, mettent encore au jour des cubes de mosaïque. 
Je tiens ces détails de M. Ph. Lauer. mon confrère à la Société 
des Antiquaires de France, actuellement mobilisé. M. Blanchet a 
signalé des fragments de ce pavage conservés au Musée de Laon. 
M. Ph. Lauer m'a dit qu'il s'en trouvait encore deux autres assez 
importants dans le village. L'un a été placé dans l'église de Bazoches, 
à l'autel de saint Rufin, patron de la localité; l'autre est au pres- 
bytère, encastré devant une cheminée.» 

M. flÉRo>j DE Villefosse lit une notice '2' sur un groupe de pierre 
représentant deux divinités gallo-romaines, trouvé à Nevers lors de 
la démolition de Ihôtel de la marquise de Remigny et actuellement 
conservé à JuUy (Saône-et-Loire), dans la propriété de M. Cor- 
nudet , qui en a obligeamment donné les photographies à M. Héron 
de Villefosse. 



La séance est levée à 5 heures. 



Le Secrélaire de la Section d'archéologie, 

Maui'ice Pbou, 

Membre du Comité. 



<•) Inventaires des mosaïques de la Gaule, II. Lugdunaite , Belgique et Germanie, 
n* 1130. 

^*î Voir plus loin, p. 16, le texte in extenso de ia notice de M. Héron de 
Villefosse. 



là FÉVRIER 1916. 



SEANCE DE Li SECTION D'ARCHEOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. BABELON. 

La séance est ouverte à k heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. LE Président lit une lettre de M. Héron de Viliefosse, président 
de la Section, retenu chez lui par une indisposition, cr Au regret que 
M. Héron de Viliefosse éprouve de ne pouvoir assister à la séance 
se mêle celui de ne pas avoir la joie de complimenter lui-même 
aujourd'hui, au nom du Comité d'archéologie, notre cher et dévoué 
secrétaire, M. Maurice Prou. Le Gouvernement vient de lui donner 
une haute marque d'estime en lui confiant la direction de l'Ecole des 
chartes. Son érudition profonde, l'indépendance de sa pensée, la 
sûreté de son jugement, aussi hien que son talent clair et généreux , 
le désignaient naturellement pour occuper ce poste de confiance 
auquel l'appelaient les vœux et la sympathie de tous les hommes 
compe'tents. 

tf Ses confrères, ses collègues et ses amis applaudissent sans 
re'serve au choix du Ministre, -n 

M. G. DE Bar, secrétaire du Comité des travaux historiques et 
scientifiques, prend ensuite la parole en ces termes : 

ff La Section voudra bien , je l'espère, me permettre — et cela non 
seulement comme Secrétaire du Comité, mais encore en mon nom 



personnel — d'exprimer à M. Maurice Prou tout le plaisir profond 
et réel que rAdministralion prend à ces hautes paroles que lui a 
adressées notre Président. Je serais désireux aussi de lui faire con- 
naître combien il nous est agréable d'associer — en ce qu'elles ont 
d'exact, de justifié et, nous lavons tous compris, de sincère — 
nos félicitations à celles que lui vaut un choix qui ne manquera 
pas d'être fructueux pour l'établissement scientifique dont il vient 
d'être appelé à prendre la direction.» 

M. LE Président s'associe aux félicitations que M. Héron de 
Villefosse et M. de Bar ont adressées à M. Prou, et propose de les 
consigner au procès-verbal. — Adopté. 

M. Maurice Prod remercie M. Héron de Villefosse, M. de Bar et 
tous ses collègues du Comité de leurs témoignages de sympathie, 
auxquels il attache un prix tout particulier et qui sont et resteront 
pour lui un encouragement dans laccomplissement des devoirs que 
lui imposent ses nouvelles fonctions. 

M. ie commandant Espéràndieu, appelé à Bourges par ses devoirs 
militaires, s'excuse par lettre de ne pouvoir assister à la séance. 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

xM. Plancouard, correspondant du Ministère, envoie une note sur 
une monnaie grecque. — Renvoi à M. Babelon. 

Le même correspondant adresse au Comité le dessin d"un mo- 
nument mégalithique de'couvert à la base de la colline de Cléry. 
— Renvoi à M. le D' Capitan. 

M. Léon de Vesly, membre non résidant du Comité., envoie un 
rapport sur les fouilles exécutées dans le théâtre romain de Lille- 
bonne au cours des années 191 A et 1915. — Renvoi à M. Babelon. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Notice sur le comte Louis-Eugène de Fleury, 1 8â y-igog , par M. Gus- 
tave Chauvet, membre non résidant du Comité (1910); 

Archéologie. — N" 1. „ ■ 



Noliee sur G.-E. Papillmid, [)ar le même (kjio) ; 

Notice sur le P. Camille de La ùvix, par le même (1911); 

Publications de M. G. Chauvet jusquen igio; 

^Qtic€ «wr le marquis AmHole de Brémond d'Ars-Migré, par M. Gus- 
tave Chauvet (4911); 

Petites notes d'airhéologie churent aise , n° IV : a. Cimetiereis barbares 
de lîonsenac; h. Mousléiien supérieur et Aurignacien, par le même 
(1912); 

La Préhistoire en Charente, par le même (1 9 1 a ) ; 

Préhistoire charentaise, par le même (1 91 2) ; 

Hypothèse sur les cendres de NalUers (^Vendée), par le même ; 

Antiquités préromaines au Musée des Grandes Ecoles [Poitiers), par 
le même ; 

Trésor de Vétang de Nesmy [Vendée), par le même (1916); 

Petites notes d'archéologie charentaise, n° V. Au Musée archéologique 
d'Angoulême, par le même (1915); 

Epigraphie historique, héraldique et campanaire de Seine -et -Oise, 
awondissement de Pontoise : II. Canton de Ponloise, 3" fascicule. Com- 
mune de Boissy-l' Ailler ie, par M. Léon Plancouard, correspondant 
(lu Comité. 

M. J. Toulain offre au Comité le u" 2-3 (i5 novembre 191 4 - 
i5 février 191 5) de la nouvelle série de la revue Pro Alesia. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés à MM. Gustave Cbauvet, Léon Plan- 
couard et J. Toutain. 

L'ordre du jour appelle le rapport de M. le D"" Capitan sur une 
demande de subvention formée par M. Ch. Boyard, instituteur 
public à Nan-sous-Tbil (Côle-d'Qr), afin de poursuivre les fouilles 
dans la région du Poron des Cuècbes. 



M lo D"" Capitan, n'ayant pas encore reçu les renseignements qui 
lui sont nécessaires pour rédiger son rapport, en demande le renvoi 
à la prochaine séance. — Adopté. 

La séance est levée à U heures et demie. 



Le Secrétaire de ta Section d'archéologie , 

Maurice Prou, 

Membre du Comité. 



13 MARS 1916. 



SEAISCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. lîABELON. 

La séance esl ouverte à li heures. 

Le procès-verbal de la dernière se'ance est lu el adopté. 

M. LE Président présente les excuses de M. Héron de Villefosse. 

M. LE Président informe le Comité de la morl glorieuse de l'un 
de ses plus zélés correspondants, M. Robert Roger ('', tombé au 
champ d'honneur. 

M. Robert Roger, né à Lille le 28 juin 1871, après avoir été 
élève de l'Ecole des beaux-arts de cette ville, vint achever ses études 
artistiques à l'Ecole des beaux-arts de Paris, où il obtint les deux 
diplômes de dessin en 1891 et en 1899. Nommé professeur au 
lycée de Foix le 28 septembre 1 898, il consacra ses loisirs à l'étude 
des monuments du département de l'Ariège. Mobilisé le 1" mars 
1915, il partit pour le front en avril. Il a été tué en Alsace le 
3i décembre 1916. 

Depuis 1906, M. Roger n'a cessé de correspondre avec nous et 
de prendre part aux congrès des Sociétés savantes. La plupart des 

^') M. Félix Pasquier nous fait savoir que l'orlhograj)hc légale du nom est 
liogé; nous conservons au nom de notre correspondant la forme qu'il lui donnait 
constamment dans la signature de ses lettres et notices. 



mémoires qu'il nous a envoyés ont élé insérés dans le BuUet 
archéologique. Ce sont : L'orfèvrerie religieuse dons h c<tmté de Foix et le 
Couserans (1907), Le cimelière barbare de Tabariane (Ariège) [1 908 ], 
La peinture au moi/en âge dans le pays de Foix et le Couserans (1 909), 
Le clocher de l'église Saint-Michel de Tarascon [Ariège) [1919J, Croix 
du pays de Foix et du Couserans (1916). Toutes ces notices sont faites 
avec le plus grand soin, précises et éle'gantes. En outre, M. Robert 
Roger avait commencé la publication d'un livre sur les églises 
romanes du pays de Foix et du Couserans. La Société de l'Ariège 
avait reçu, à cet effet, une subvention de M. le Ministre de l'In- 
struction publique, à la suite d'un rapport présenté à notre Comité 
par M. de Lasteyrie. On doit soubaiter que la Société de l'Ariège 
assure l'achèvement de cet ouvrage. 

M. Robert Roger avait dressé les plans des monuments les plus 
remarquables de la région; son talent de dessinateur lui avait per- 
mis d'en fixer l'image; il avait pratiqué dos fouilles; il se préoc- 
cupait aussi de faire classer les édifices dignes d'être conservés. Nul 
plus que lui, en ces dernières années, n'a contribué à sauver et à 
faire connaître les antiquités de l'Ariège. Nous attendions encore 
beaucoup de son activité scientifique. 

L'estime que nous avions pour son talent et le prix que nous 
attachions à sa collaboration nous font un devoir de rendre à sa 
mémoire un hommage que nous prions sa veuve d'agréer comme 
l'expression de nos sentiments de condoléance. 

M. Babelon lit un rapport sur une monnaie communiquée par 
M. Léon Plancouard, correspondant du Ministère : 

«M. Léon Plancouard nous a envoyé le frottis à la mine de plomb 
d'une pièce de bronze, réputée antique, portant l'effigie et le nom 
d'Alexandre le Grand. 

ff Cette pièce, d'un module de 3o millimètres environ et d'un 
poids de i3 grammes, a été trouvée, paraît-il, à Calais. Au droit, 
on a l'eflUgie d'Alexandre à droite. 

rRevers, AAEZANAPOY. 11 est impossible de reconnaître le type 
sur le frottis, très imparfait, envoyé par M. Plancouard. 

ffSi celte pièce est authentique, ce qui est fort douteux, elle ne 
saurait être classée parmi les monnaies d'Alexandre. Il faudrait 
la mettre au nombre des médailles talismaniques ou des tessères 



qu'on a fabriquées en grand nombre à Teffifiie d'Alexandre, dans 
les derniers siècles de l'empire romain. Les plus connues de ces 
pièces sont les médaillons contorniales. 

ffPour pouvoir se prononcer sur cette pièce, il faudrait la voir 
en original ou en posséder un bon moulage. Mais il y a de grandes 
chances pour qu'on ait affaire à un faux moderne, et je crois qu'il 
est inutile de pousser plus loin l'enquête, n 

La note de M. Plancouard sera déposée aux Archives du Comité. 

M. Babelon lit un autre rapport sur les fouilles de M. Léon 
de Vesly, membre non résidant, dans le théâtre romain de Lille- 
bonne : 

tf M. de Vesly s'est, depuis plusieurs années, attaché à reprendre 
les fouillcM du théâtre de Lillebonnc, interrompues depuis long- 
temps. Il y a consacré, avec un soin scrupuleux et une bonne mé- 
thode, les subventions que le Comité lui a accordées, en particulier 
en igi'i et igiB. 

wLe rapport qu'il nous envoie sur ses deux dernières campagnes 
de fouilles mérite d'être inséré dans le Bulletin archéologique, illustré 
des quelques dessins ou photographies qui l'accompagnent'^lw — 
Adopté. 

M. le D"" Capitan lit le rapport suivant sur le monument méga- 
lithique de'^Cléry-en-Vexin (Seine-et-Oise), gignalé par M. Léon 
Plancouard /correspondant du Ministère : 

ffM. Plancouard, actuellement secrétaire d'état-major à Cléry- 
en-Vexin, envoie une très courte note avec un croquis assez rudi- 
mentaire se rapportant à la découverte des ruines d'un mégalithe à 
la base de la butte de Cléry-en-Yexin. 

crCe mégalithe serait actuellement fouillé. 

«Ce croquis montre deux dalles latérales pouvant correspondre 
aux parois du vestibule d'une allée couverte et mesurant i m. A5 
et 1 m. 60 de hëUleur; entre les deux et pefpettdlcalaifettient, une 
autre dall percée d'uil Irou ovale. C'est un dispositif plusieurs fois 

''' Voir plus loin, {). 35, le toîle in extsnso du rapport de M. de Vesly. 



rencontré dans les mégalithes de la région de Paris (à Gonflans, 
par exemple, à Try-le-Chàteau, etc.) et correspolidant à l'entrée de 
l'allée couveHo dans le fond du vestibule. Mais ce qu'il y a de par- 
ticulier et de nouveau, c'est qu'on a trouvé à côté un bouchon d'Une 
forme spéciale qui obturait cet orifice d'entrée dans l'allée cou- 
verte et qui mesurerait o m. 66 sur o m. 70 de diamètre avec une 
épaisseur de m. 2 5. Evidé à sa partie inférieure, il s'élargit à sa 
partie supéiieure et présente une sorte d'étranglement saillant for- 
mant poignée. 

ff L'intérêt de cette observation réside dànâ la forme de ce bou- 
chon. J'ai écrit à ce sujet à M. PlancoUard, mais je li'ai pas eticôPe 
reçu de réponse. Je propose de le remercier de cette intéressante 
observation. 'î — Adopté. 

M. le D"" Capitvn lit un second rapport sur une demande de sub- 
vention formée par M. Boyard, instituteur public à NaU-sous-Thil 
(Côte-d'Or), à l'effet de continuer les fouilles qu'il a commencées 
dans l'abri sous roche du rPorOtt des Cuèches?? : 

ffM. Boyard, pour bien prouver au Comité son activité d'archéo- 
logue chercheur et fouilleur, lui a adressé plusieurs petits mémoires 
parus dans diverses revues. 

ff H en est un qui se rapporte à des recherches faites pour suivre 
et jalonner le tracé d'un tronçon de la route romaine d'Alise à Sau- 
lieu. 11 y a là toute une série d'indications déduites de successifs 
sondages systématiques réellement intéressantes, ainsi que la dé- 
couverte de lieux d'habitats gallo-romains. 

trDans une autre note, il s'agit de la découverte, précisémëUt 
dans les parties superficielles de l'abri sous roche du Pordn des 
Cuèches, en plein milieu hallstattien, d'un fer à cheval de forme 
très ancienne avec clou à section rectangulaire, 

«f A ce propos, avec son collaborateur feu Barbe, lauteur décrit 
les deux découvertes similaires assez récentes : le fer d'Hallslatt 
même, puis celui qu'a découvert le comte Beaupré dans les envi- 
rons de Nancy, enfin quelques autres trouvailles moins précise^ 
faites aux environs de Trêves et sur la commune de Saint-Thibault 
(Côte-d'Or). 

(rOû peut y ajouter la découverte identique du marquis de Ger- 
ralbo, il y a trois ans, dans ses remarquables fouilles aux environs 



de Santa -Maria -de- H uorte (au nord de Madrid), dans un milieu 
liallslattien également. 

wll y a donc là d'intéressants renseignements et des faits nou- 
veaux touchant un sujet encore très discute', mais dont la proba- 
bilité devient de plus en plus grande. 

wMais ce sont surtout des recherches préhistoriques auxquelles 
s'est livré M. Boyard. Il a étudié des stations néolithiques des Hauts 
Plateaux tunisiens, à Sidi-Mabrouk, dont il a décrit une nombreuse 
série de silex taillés. 

«Il a publié également une note sur les grottes et abris préhis- 
toriques de la Gôte-d'Or, sur les stations moustériennes en plein 
air dans la région de TAuxois. 

(f Enfin deux mémoires sont consacrés à l'élude de l'abri sous 
roche du Poron des Cuèches, situé presque au sommet de la mon- 
tagne de Nan-sous-Thil (Gôte-d'Or). Le gisement se trouve dans 
une sorte de couloir de lo mètres de largeur, bordé de rochers et 
situé à /t67 mètres d'altitude. 

ffLes fouilles exécutées en ce point par M. Boyard ou sous sa 
surveillance immédiate, très soigneusement, lui ont permis de 
reconnaître l'existence de haut en bas des couches suivantes : 

« i° Terre végétale et débris : tessons de céramique romaine vers 
la partie supérieure et de poterie gauloise vers la base; puis 
2" couche hallstattienne (c'est là qu'a été trouvé le fer à cheval dont 
il est parlé ci-dessus); 3" couche robenhausienne ; h° couche sté- 
rile; 5° couche à industrie tardenoisienne; 6° couche stérile; 7° sa- 
bleuse à ossements de petits rongeurs; 8" brèche osseuse; 9° couche 
magdalénienne ; le tout avec une profondeur de 7 m. 80, et l'auteur 
n'est pas encore arrivé au fond. 

tf J'ai pensé qu'il serait intéressant de me mettre en rapports avec 
M. Boyard. Il m'a donné des renseignements complémentaires et 
m'a envoyé quelques échantillons provenant de la couche magda- 
lélienne que je soumettrai au Comité. 

tf II s'agit là , en somme , d'une stratigraphie dont nous n'avons que 
peu d'exemples en Gaule. On peut y observer le passage du paléo- 
lithique au néolithique, ce qui constitue une rare bonne fortune 
comme l'ont eue plusieurs fois nos confrères de Belgique. La 
couche 5 de M. Boyard mérite donc une étude fort sérieuse. Il pos- 
sède déjà une bonne série de pièces, qu'en raison de l'état de guerre 
il n'n pu nous communiquer. En tout cas, il serait fort intéressant 



qu il pût en recueillir de nouveaux spécimens en nombre permet- 
tant une étude synthétique. D'après ses observations, il s'agirait 
d'une industrie microlithique rappelant le magdalénien, mais avec 
formes dégénérées et apparition de pointes de flèches finement 
retouchées. La question des industries de début du néolitliique est 
encore très mal connue, et il y a, certes, intérêt à encourager les 
recherches portant sur ce point. 

ff D'autre part, au-dessous, M. Boyard signale la petite couche 
sableuse (couche 7) à os de petits rongeurs, qui pourrait bien cor- 
respondre à un régime de toundras en cette région, comme la chose 
a d'ailleurs été signalée ailleurs, par exemple en Allemagne et en 
Suisse. 

wEnfin la couche magdalénienne, d'un accès difficile et que dé- 
sirerait fouiller à fond l'auteur, renferme, ainsi que vous pouvez le 
voir, une industrie pauvre, celle d'une population peu habile à tailler 
le silex, qui devait être rare aux environs, et ignorant fart de fabri- 
quer avec l'os tout un bel outillage comme faisaient les magdalé- 
niens. Ces populations se sont contentées de façonner quelques 
silex suivant les types connus, mais très imparfaitement, et d'uti- 
liser comme pointes des esquilles osseuses employées telles quelles 
ou façonnées par un travail rudimentaire; à ce point de vue, ces 
pièces sont curieuses. L'une est un retouchoir grossier pour façon- 
ner les pièces de silex. A ce point de vue encore, une fouille un peu 
plus étendue donnerait d'intéressants résultats. 

tfDans ces conditions, je crois que le Comité peut accorder à 
M. Boyard une subvention, étant entendu — ce à quoi il souscrit 
absolument — qu'il remettra au Musée de Saint-Germain de bonnes 
séries systématiques des objets recueillis dans ces fouilles, n — 
Adopté. 

M. le commandant Espéramdieu lit un rapport sur un mémoire 
de M. de Laigue, correspondant honoraire du Ministère, intitulé : 
«f Nantes à l'époque gallo-romaine :?. Ce mémoire, très intéressant, 
tendant à démontrer que l'ancienne ville de Nantes répond au viais 
Portensis, ne se rattache qu'indirectement aux travaux de la Section 
d'archéologie. C'est un mémoire de géographie historique. L'auteur 
ayant l'intention de le publier dans la Revue de Bretagne, la Section 
d'archéologie ne peut que le remercier vivement de le lui avoir 
d'abord communiqué. 




M. lo commandant Espérandieu lit ensuite un mémoire sur tiu 
autel romain remarque par Al. le D' Nourry, aide-major, dans le 
vestibule du château de Commetreuil, commune de Bouhy (Marne). 
Le mémoire de M. le commandant Espérandieu sera imprimé dans 
le Bulletin archéologique. 

M. DuRRiEu fait part au Comité de l'heureuse initiative qu'a 
prise M. le comte Maxime de Germiny, ancien élève de l'École des 
Chartes, actuellement prisonnier de guerre, de faire des confé- 
rences d'archéologie à ses compagnons de captivité. 

La séance est levée à 5 heures. 



Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

Maurice Prou, 

Membre du Comité. 



10 AVRIL 1916. 



SKAiSCE DE LA SECTION D'ARCHEOLOGIE. 



PRESIDENCE DE M. HEROX DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. Gagnât fait observer que, dans la première livraison du Bul- 
letin archéologique de igiS, ia planche XI n"a pas été tirée d"une 
façon satisfaisante. M. Prou et lui en avaient demandé un nouveau 
tirage. Mais ce nouveau tirage n'a pas donne' un meilleur résultat. 

La Section décide que l'expression de son mécontentement sera 
consignée au procès-verbal de la séance. 

M. LE Président annonce la mort de M. Jules d'Arbaumont, cor- 
respondant honoraire du Comité à Dijon : 

ffLe nonï'àe M. Jules d'Arbaumont restera cher aux amis du 
passé de la Bouigogne. En étudiant l'histoire de cette belle pro- 
vince, il a su la servir et l'honorer. Ses travaux sont nombreux et no 
)as oubliés. V Armoriai de la Cour des Comptes de Dijon, paru 
i, compte parmi les meilleurs et les plus appréciés. Mais ce 
Comité d'archéologie devra conserver le souvenir, ce sont 
les services qu'il rendit en qualité de membre, et aussi de prési- 
dent, de la Commission des antiquités de la Côte-d'Or. Son activité, 
sa compétence et son zèle ont laissé de nombreuses traces dans les 
publicalions de cette Commission. En tête du précieux Catalogue du 
Musée de lu Commission des antiquités de la Côte-d'Or, paru en i8g^, 



catalogue dont il fut Tinspirateur et probablement aussi l'auteur 
pour une bonne part, son nom figure modestement au bas d'une 
préface qui, sous le titre trop bumble d' tf Avertissements, renferme 
un exposé complet de l'histoire, du développement, du rôle très ulile 
et des travaux de cette importante institution. Il en a été jusqu'à 
ses derniers jours l'un des collaborateurs les plus fidèles et les plus 
dévoués. Après une longue vie de travail, après une existence pleine 
de dignité, il vient de s'éteindre, fidèle aux convictions de sa 
famille, emportant l'estime et les regrets de tous ceux qui ont eu 
l'honneur de le connaître, n 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. de Laigue, correspondant honoraire du Ministère, écrit pour 
demander que l'on assure la conservation du mur gallo-romain 
découvert près de la porte Saint-Pierre, à Nantes. 

Le Comité, qui s'est intéressé à cette découverte signalée et étu- 
diée par son correspondant M. le chanoine DurvilleC^, décide de 
transmettre à la Commission des monuments historiques, avec un 
avis favorable, la lettre de M. de Laigue. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Bulletin périodique de la Société ariégeoise des sciences, lettres et arts 
et de la Société des études du Couserans, ik^ vol., n° 6; 

Sol et luna. Notes d'iconographie religieuse, par M. Gustave Chauve t, 
membre non résidant du Comité. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés à M. Chauvet et à la Société arié- 
geoise. 

M. Babelon donne la description d'une monnaie frappée en 1797 
dans l'atelier de Civita Vecchia, communiquée par M. Léon Plar.- 
couard. 



<'î G. Durviite , Les fouilles de Vévèché de Nantes enigio-igii, dans h Bulletin 
archéologique, 1912, p. 222 et suiv. — Cf. Rapport de M. E. Lefèvre-Pontalis, 
Bulletin archéologique, 1911, p. cxxu, et rapport de M. Prou, ibid., p. cxliii. 



I 



Cette pièce ne présente aucun intérêt archéologique, et sort du 
cadre des éludes du Comité. 

M. Héron de Villefosse fait une communication sur deux in- 
scriptions romaines que le Corpus des inscriptions latines indique 
comme trouvées à Berre (Bouches-du-Rhône) et dont Tune provient 
probablement de Capdeuil, près de Berre, et l'autre vient certaine- 
ment de Saint-Maximin (Var). 

11 rappelle que le Comité d'archéologie avait autrefois pour habi- 
tude d'enregistrer les faits nouveaux constatés par les Bulletins des 
Sociétés savantes et de signaler les travaux de ces mêmes sociétés 
qui pouvaient apporter une contribution intéressante à l'étude de 
nos antiquités nationales. Il regrette que cette tradition ait été 
interrompue, et croit qu'il serait opportun de la reprendre aujour- 
d'hui , au moment où les événements tragiques que nous traversons 
ont ralenti les envois de nos correspondants. 

«C'est dans cet esprit qu'il appelle l'attention du Comité sur 
certains monuments antiques déplacés et transportés, avant d'avoir 
été mis en lumière, dans des localités qui ne sont pas celles où ils 
ont été réellement découverts. Ces monuments acquièrent ainsi une 
fausse origine qui peut donner lieu à des erreurs regrettables. 

ffLes auteurs de la Statistique des Bouches-du-Rhône ont placé sur 
la petite falaise de Capdeuil (ou Cap d'oeil), commune de Berre 
(Bouches-du-Rhône), près de l'ancien moulin de Merveille, le siège 
d'une ville antique. Ce point est aujourd'hui inhabité. Près d'une 
source d'eau douce, on y voit les restes de murs en petit appareil, 
et chaque année la charrue exhume des champs voisins des objets 
antiques et des monnaies. Au dire des gens du pays, les fermes 
et les hameaux les plus riches, notamment ceux de Mauran et 
de Saint-Estève, ont été bâtis avec des pierres apportées de Cap- 
deuil. 

tfDans le Bulletin de la Société archéologique de Provence (t. III), 
1916, n° 21, récemment distribué, M. J.-B. Berniolle, professeur 
honoraire au lycée de Marseille, rendant compte d'une excursion 
archéologique organisée le 29 mars 191^ sur les bords de l'étang 
de Berre, rappelle, sans le discuter, le problème de géographie 
historique qui a été posé à propos de Capdeuil, et décrit sommaire- 
ment les restes de l'antique établissement. 

«Après avoir visité ce point, les excursionnistes se rendent au 




hameau de Mauran où on leur fait voir de nombreuses pierres et 
des fûts de colonnes provenant de Capdeuil, encastrés dans les 
murs des maisons ou dressés au coin des rues. Les renseignements 
sur la provenance de ces débris antiques leur sont fournis par 
MM. Estienne frères, habitants de la localité, fort au courant des 
antiquito's locales. 

tfDe Mauran ils atteignent en quelques minutes Saint-Estève, oh 
ils retrouvent une inscription, Tépitaphe de Valeria Hellenis^'^, que 
Peiresc signalait comme se trouvant de son temps dans la chapelle 
du pays. Peiresc ajoutait : outre laquelle inscription il y a d'autres dans 
le corps de la muraille maîtresse de ladite chapelle qui ne se peuvent 
arracher. Aujourd'hui la chapelle n'existe plus, et la grande stèle 
de Valeria Hellenis, couverte de mousse, git à terre devant la mai- 
son de M'"^ Savournin. A l'intérieur de cette même maison Savour- 
nin, M. Berniolle se livre à quelques recherches : il découvre dans 
le corridor d'une lapinière une seconde épitaphe, utilisée dans une 
cloison, et qui vraisemblablement provient aussi de la chapelle 
démolie. Elle est inédite, mais elle paraît incomplète. On lit encore 
sur la pierre : 



VIBVLLIO 
V E R O 

ffLe prénom a été enlevé par une cassure; le surnom peut être 
Vorus ou [Sejverus?, la pierre étant écornée à gauche. Dans Tépi- 
graphie de la Narbonnaise, on n'a pas d'autre exemple du rare 
gentilice Vibullius qui était celui de la mère d'Hérode Atticus, 
Vibullia Alcia(2). 

w Enfin, sur un cippe en pierre friable, devant la remise de 
M. Perrin, on relève un troisième texte que M. Berniolle propose 
de lire : 

iVLIA-S 



APHo 



W Corp. insci'. lat., t. XII, n* 65 o. 

'^^ Cette inscription et la suivanle , dessinées par M. Cresp , sont reproduites 
dans le Bulletin, p. 67, fig. 6 et 7. 



I 



ff Après avoir lait une enquête dans le hameau, M. BernioUe 
n'hésite pas à considérer les trois inscriptions de Saint-Estève 
comme apportées de Capdeuil. Il estatïîrraatif sur ce point. D'après 
lui, non seulement ces inscriptions, mais aussi les pierres appareil- 
lées qui abondent dans les murs des habitations, semblent bien 
correspondre aux traditions des indigènes qui présentent tous ces 
matériaux comme tires des ruines de Capdeuil. 

cfAu Corpus latin figure aussi, comme provenant originairement 
de Saint-Eslève, sur le territoire de Berre, l'inscription qui sur- 
monte la curieuse image de la Vierge enfant, servante du temple 
de Jérusalem : 

Maria virga 

mimster de 
tenipulo Gerosale'-^K 

rrOn sait que cette image, qui reproduit un trait des évangiles 
apocryphes, fait partie d'un précieux ensemble de quatre dalles 
gravées, remontant à la fin du v® siècle et conservé dans la crypte 
de Saint-Maximin (Var). Sur la foi d'un renseignement inexact 
donné par Spon, dans une note de son carnet de voyage, Le Blant 
l'appelle l'inscription ttde Berre u^^^ commune à laquelle appar- 
tient le hameau de Saint-Estève. On sait maintenant que Spon 
avait été trompé par un correspondant, et qu'il ne faut teoir aucun 
compte de son témoignage, car Peiresc qui lui est antérieur men- 
tionne déjà l'existence de la dalle dans la crypte de l'église de 
de Saint-Maximin où elle se trouve encore aujourd'hui''). 

«Des deux inscriplions latines que la table du Corpus latin, 
vol. Xll, indique comme venant de tfBerrc^, l'une (le n" 65o) 
provient donc, selon toutes probabilités, de Capdeuil, et l'autre (le 
n° 6/19) appartient en réalité à Saint-Maximin (Var). La question 
de la Colonia Maritima exige que l'on examine avec une attention 



'1) Cm-p. inscr. lat., t. XII, n° 6/19 : «in ecdesia S. Stephani in territorio 
-Berrensin. 

('' Insa-iptions chrétiennes de la Gaule, t. II, n° 543 A. 

") Dans une de ses dernières publications, Les sarcophages chrétiens de la 
Gaule, p. 1^8, note 4, Edmond Le Blant a eu la satisfaction de pouvoir lui- 
mèAW Mgnciler cette ei-reqr. Mais, comme cette rectification se trouve presque 
cachée dans une note, il me paraît utile de la rappeler. 



LXIV 

particulière les antiquités signalées sur les bords de Tétang de 
Berre. v 

M. Héron de Villefosse lit ensuite un rapport sur une inscrip- 
tion romaine trouvée à Narbonne et dont M. H. Rouzaud, corres- 
pondant du Ministère, lui a envoyé la pholographie. C'est un texte 
fune'raire mutilé. On en doit la conservation à M. Armand Bories, 
dans la collection de qui se trouve un fragment d'inscription men- 
tionnant le théâtre de Narbonne. M.He'ron de Villefosse rend hom- 
mage au zèle avec lequel M. Bories recueille les documents épi- 
graphiques intéressant l'histoire de Narbonne. 

Le rapport de M. Héron de Villefosse sera inse'ré dans le Bulletin 
archéologique '^^K 

M. Héron de Villefosse lit un mémoire sur un groupe de deux 
divinite's assises, trouvé à Nevers lors de la démolition de l'hôtel de 
la marquise de Remigny, et dont il doit la connaissance à M. Cor- 
nudet. Il le rapproche des autres groupes semblables trouvés dans 
l'ancien pays des Éduens et sur les territoires limitrophes. La con- 
servation exceptionnelle du groupe de Nevers lui donne un intérêt 
particulier. En outre, il offre une parenté absolument frappante 
avec un groupe analogue découvert en i834 sur le Mont-Auxois. 
C'est un document nouveau pour l'élude d'une importante question 
de mythologie gauloise. 

Le Comité décide que le mémoire de M. Héron de Villefosse sera 
inséré dans le Bulletin archéologique avec la reproduction de la photo- 
graphie envoyée par M. Gornudet^^'. 



La séance est levée à 5 heures. 



Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

Maurice Prou, 
Membre du Comité. 



''^ Voir plus loin, p. lo, le texte in extenso du rap[)ort de M. Héron de 
Villefosse. 

(*) Voir plus loin, p. 18, le texte in extenso du mémoire de M. Héron de 
Villefosse. 



8 MAI 19 10. 



SKA>CE DE LA SECTION D'ARCHEOLOGIE. 



PRESIDENCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 



La séance est ouverte à 4 ^heures. 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Aristide Estienne. de Landreville (Aube), envoie rempreinle 
et la notice d'un sceau de cuivre trouvé à Landreville. — Renvoi à 
M. Max Prinet. 

M. Georges Poulain, de Saint-Pierre-trAutils (Eure), adresse 
{Ui Comité une note sur des ossemenis huuiains trouvés dans une 
jjrotle naturelle à Saint-Pierre-d'Autils. — Renvoi à M. le D' Ca- 
pitan. 

M. Luc de Saint-Ours, de Périgueu.v, envoie une note sur le bas- 
relief d'un chapiteau de l'église Sainte-Marie de Sarlat (Dordogne). 
— Renvoi à M. Eugène Lefèvre-Pontalis. 

M. le chanoine^ Lrseau, correspondant du Ministère, envoie un 
me'moire sur la tapisserie de la Passion d'Angers et la tenture bro- 
dée de Saint-Bernard de Romans. — Renvoi à M. Jules Guiffrev. 

AncriKOLOGiE. — N" '2. k 



— liXyi — 

M. Léon de Vesly, membre non résidant du Comité, envoie une 
note sur un instrument aratoire de l'époque néolithique trouvé à 
Belbœuf (Seine-Inférieure). — Renvoi à M. Salomon Reinach. 

Le même envoie une autre note sur un broc de terre cuite, de 
l'époque romane, trouvé à Rouen. — Renvoi à M. Babelon. 

M. Auguste Winkler, de Limoges, adresse au Comité un mé- 
moire sur Voppidum de Saint-Gence (Haute-Vienne). — Renvoi à' 
M. JuUian. 

4- 

M. le chanoine Chartraire, président de la Société archéologique 
de Sens, envoie un mémoire sur le sépulcre de l'église Saint-Jean de 
Joigny (\onnc). — Renvoi à M. Jules Guiflrey. 

M. Léon Plancouard, correspondant du Ministère, écrit pour 
signaler la découverte d'un polissoir à IVIaatee (S^ine-etrOtije). 

M. LE Phksidkm'. (|iii. (I.iiis hi tlcniirrc séa»«e, avait sigwal'é un 
article de M. Beiiiiolle paru dans le Bulletin de la Société archéo- 
logique de Provence et, à cette occasion, exprimé le regret qu« le 
Comité eut renoncé à l'habitude (pi'il avait jadis de rendre conq>te 
des travaux des sociétés savantes des départements ,. propose à la 
Section sinon d'analyser tous les mém.oii:es publiés par ces sociétés, 
de mettre en lumière, au moins, les mémoires les plus importants 
et de porter à la connaissance des archéologues, par la voie du 
Bîdletin archéologique, les observations nouvelles faites par les savants 
dans les diverses régions d* la Fran,ce. A cet efllet, les volumes pu- 
bliés par les sociétés savantes et envoyés au Ministère sera^ieut 
répartis entre les membres de la Section qui présenteraient ud. 
rapport sur les travaux de leur compétence. 

Après un échange de vues entre les membres de la Section 
et particulièrement entre MM. Reinach, Gagnât, Rabeloa, de Bar et 
Prou, la proposition de M. Héron de Villefosse est adpptsée. 



M. Héron de Villrfosse informe le Comité que M. Rouzaud, cor- 
respondant du Ministère àN<^^bonne, lui a dit? avoir recueilli les 
fragments d'un vase d'Arez/o orné du même sujet (jne le vase trouvé 



I 



à Vertawlt et réfemnirul p»l»lié par M. \e «"ommandant Espéran- 
4i«ii dans te Bulletin areké^l^fiqm^i. Noire corres|M>ndant noos 
enverra prochainement une note sur ies fragments qu'il possède. 

M. Héro de Villefosse lit ensuite une note sur les fragments 
d'une inscription funéraire du moyen âge provenant de la Comman- 
defïie de Chevru (Seine-et-Marne) : 

ffLe 6 août 1906, »«» &fe aine passant en bicyeiette devant la 
Commanderie de Chevru , commune de Chevru , canton de la Ferté- 
Gaucher, arrondissement de Coulommîers (Seine-et-Marne), eut 
l'occasion de voir dans la cour d'une des fermes qui constituent ce 
hameau Tes fragments d*une daïle funérarire en pierre hianche très 
dure, portant des lettres gothiques dont il prit copie. Trors jours 
après, le 9 août, je me rendis au même endroit afin de voir aussi 
ff* m&reffimi et k* cepwr h hm* tour. 

trLes débris en question se t#ëtiT*ie»t à k petite ferme ée la 
Commanderie, chez M. Blonde! , (jui voulut bien me donner les ren- 
seignements qui suivent sur leur provenance. Une ancienne cha- 
pelle, de'diée à saint Jean-Baptiste, qui faisait autrefois partie de 
la Commanderie ('-\ se trouve aujourrfliui comprise (fans Tes bâti- 
ments d'exploitation de la petiM lej^nic (A elle sert de grange; elle 
occupe tout un côté de la cour à gauche en entrant. Sa construction 
remonte au wii'' siècle. Comme beaucoup de petites églises rurales 
de cette région, elle a une forme rectangulaire avec chevet plat percé 
de trois fenêtres, celle du milieu plus élevée que les deux autres. 
xM. Blondel ayant ttMfai ftiire creuser i» pui^ en dehors de cette 
chapelle, à l'Ouest, près d'une petite tourelle qui conduit dans les 
combles par un escalier de pierre, vis-à-vis d'une porte aujourd'hui 
murée, on rencontra sur ce point, entre un gros pilier buttant et 
la tourelle , une sépulture en«©re infcrete, recouverte d'une dalle qui 
fut brisée en morceaux par l'ouvrier chargé du travail. Ces morceaux 
étaient déposés dans un coin de la cour de la ferme. En essayant de 



'•*) Bulletin archéologique du Comité, igiô, p. 83', pi. IX. 

t*) Cf. E. Mannier, Les comtnanderiet du Grand Prieuré de France, p. a 08. 
— L.a cliapelle se trouvait près de la maison d'habitation du Commandeur qui 
existe encore aujourd'hui ; avant ta Révofution . on y disait ia messe trois fois par 




les réunir, il me parut certain que plusieurs petits fragments avaient 
déjà disparu, soit qu'ils aient été réduits en miettes, soit qu'on ait 
négligé de les recueillir. 

ff Les copies que j'ai prises se rapportent à une douzaine de frag- 
ments : 

K 1 . Fragment de l'angle supérieur de gauche d'une dalle funé- 
raire portant en bordure le commencement de la ligne du haut, 
c'est-à-dire les premières lettres de l'épitaphe : 

*:iaiei.... 

et la fin de la ligne de gauche, c'est-à-dire les derniers mots de 
l'épitaphe (voir le n" lo). 

ff2. Fragment de l'angle supérieur de droite, présentant les 
dernières lettres de la ligne du haut : 

....OISiBG 

et le commencement de la ligne de droite : 
lOIl: PRi... 



cf 3 à 6. Quatre fragments dont le rapprochement fournit le texte 
qui suit, paraissant appartenir à la ligne de droite : 

iR6S : ©eCIieVRV : aVIÇRSPA.... 



w7. Fragment de la ligne du bas (?) : 

leiS-POVRL... 

(rS. Fragment de la ligne du has(?) : 

...meDeLi • ave ... 

«9. Fragment de la ligne de gauche; le bas des lettres est brisé : 
THF A... 



ff 10. Fragment de la ligne de gauche, fin de i'épitaphe : 

ceiAimeni 

ff 1 1 . Fragment dont je n'ai pas trouvé le placement : 
uReS:60.... 

wl2. Fragment d'un grand morceau de dalle entièrement unie. 
Quelques lettres sur la bordure avec la fin d'une date; appartient 
peul-ètre à la ligne de droite (?) : 

rill : ROVmC . . . . 



fPour la transcription de cette épitaphe, je crois pouvoir pro- 
poser : 

r Ligne du haut : 

* Ici ffi^st Franr]ois Dr 

"Ligue de droite : 

Im pr[esyres de Chevnt qui tr\e\gpa[ssa] .... 

«'Ligne du bas : 

[ /V]t«.î pour r\a \nw de li. Que 

ff Ligne de gauche : 



[De 



fj /// 



ex niera] itjace. Amen. 

rLe texte paraît être du xiii* siècle. Il était gravé sur une plate- 
hande entre deux traits autour de la dalle dont la partie centrale 
ne semble avoir reçu aucune ornementation. La largeur de la dalle 
était vraisemblablement de o m. 85. 

wLe nom de famille Delon n'est pas inconnu dans le diocèse de 
Sens. Eu 1G57, Delon, sieur de la Molhe-Bèze, était bailli de la ville 
de Joigny; Guillaume Delon, curé de Recloses, mort en 1729, 
appartenait à une famille très connue à iNemours^'^ 

^'^ Ouesvers el Stdii . hixniptittitit de l'ancien diocèse de .Srjis , l. il . n"' 43^. 438 ; 
t. IV, II" 1117. 



ffLa forniilie : Que Pe-v hom nterci li faca. Amen, S)B retwuve 
dans une inscription d'Obsonvillft, doyenné de MiHy, dalée de Tan- 
née 1958 ('). 

ffChevru appartenait au diocèse de Sens, doyenné de Provins. 
C'était la dernière paroisse de ce diocèse du côté du diocèse de 
Meaux. w 

M. le commandant Espéraîsdi*;u dépose sur le l>ureau le tome VI 
du Ikaml général des bas^eîiffs, statues et bustes de la Gaule romaine. 

M. LE Président, au nom du Comité, féli^îile M. le commandant 
Espérandieu de la diligence avec laquelle il poursuit, malgré les 
difficultés de l'heure présente, l'œuvre considérable qu'il a entre- 
prise et qui fait le plus grand honneur à la science française. 

La séance est levée à h heures trois quarts. 

Le Secrétaire de la S«cUon d'arehéolngie , 
Maurice Prou, 
Menibro dn Comité. 

(') Quesvers ol Stnn, ouvt: nié, t. IV, n" uno. 



19 JUIN 1916. 



SÉANCE m LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. HÉRON DE VILLEFOSSE. 



La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière se'ance est lu et adopté. 

M. le D' Capitan et M. Henri Stoin sexcusent par lettre de ne 
pouvoir assister à la séance. 

M. LB Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Guillon, professeur adjoint à TÉcole primaire supérieure de 
Gannat, envoie une nouvelle étude sur les fouilles de la muraille 
calcino-vitritiée de Bègues ( Allier) (*), accompagnée de reproduc- 
tions photographiques, et demande une nouvelle subvention afin 
de continuer ses fouilles dans Voppidtnn de Bègues. — Renvoi à 
M. le D' Capitan. 

M"*" Augusta Hure, de la Société des Sciences de r\onue, 
envoie une note sur un fragment de sculpture romaine trouvé à 
Sens et converti en bénitier. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 



Voir BtdhttH arck^oloffitfue , igi5, p. lx. 



M. Prou donne lecture de la note suivante envoyée par le lieu- 
tenant Pierre Gautier, correspondant du Ministère, sur une sépul- 
ture de l'âge du fer, découverte au cours du creusement d'une 
tranchée militaire : 

Une sépulture de l'âge du fer a été récemment découverte dans le secteur 
de mon régiment ; voici les renseignements que j'ai pu recueillir sur cette 
intéressante trouvaille. 

A peu de distance à l'est du chemin de terre qui va de Cauroy-lès-Her- 
monvilleà Corraicy (Marne), à hauteur d'un boyau dit Boyau d'Esternay, 
une corvée était occupée à la construction d'une tranchée destinée à la pose 
d'un fd téléphonique. C'était au milieu de la nuit, lorsque, à une profon- 
deur de 1 m. 20 environ, les travailleurs mirent à découvert des ossements 
humains et quelques fragments de poterie. A la lueur d'une lampe élec- 
trique, l'officier qui commandait la section, le sous-lieutenant de Traverse, 
lit alors pratiquer une fouille sommaire qui lui permit de recueillir un 
certain nombre d'objets et de constater la présence de deux squelettes, 
assez bien conservés, allongés l'un contre l'autre, peut-être même l'un sur 
l'autre, dans la direction Nord -Sud, la tête au Nord. Pas de pierre autour 
des squelettes, mais alx-dessus d'eux une épaisseur de terre d'un mètre 
environ, presque noire, tranchant nettement sur le terrain avoisinant et 
semblant, au dire des travailleurs, être de la cendre. Les objets de bronze 
et les fragments de poterie furent trouvés ensemble à gauche des sque- 
lettes, et, à ce qu'il semble, à hauteur du sternum. Ils furent recueillis 
avec soin par le sous-lieutenant de Traverse et le commandant de la com- 
pagnie, heutenant Garandeau; mais la proximité de l'ennemi, rendant 
tout travail de jour impossible, ne permit pas de pousser les recherches 
plus avant. 

Mobilier. — Deux grands vases de terre, des fragments de deux autres, 
un torques et un petit bracelet de i)ronze ont été trouvés dans cette sépul- 
ture. En voici la description sommaire, complétée par des dessins dus 
au crayon du caporal Ozenfant, élève de l'Ecole des Beaux-Arts. 

r Un vase de terre noire (fig. i), légèrement vernissée, cuite au feu: 
haut de o m. 1 7 et, dans sa partie la plus large, d'un diamètre de o m. 20. 
L'épaisseur de la pâte est de o m. oo5 environ. La partie inférieure de la 
panse est couverte d'ornements répartis en trois registres séparés par des 
bandes lustrées et d'un noir brillant, manifestement tracées au tour et 
larges de o m. 002 environ ; les dessins sont en creitx et semblent obtenus 
à laide d'un instrument lisse qui a lustré la pâte; ce sont : une sorte de 
grecque dans le registre central, et de larges dentelures dans les denx 
autres registres. Le vase est élégant et d'un travail soigné; 

2' Une coupe (tig. 2), d'une terre noire très légèrement vernissée fl 



analogue à la pi-écédente. EUe a o m. lo de haut et o m. at de diamèti-e; 
l'épaisseur de la pâte est de o m. oo35 ; 




Kig. 1. — Enire Cauroy-lès-HermonviHe et Gormicy (Marne). 
Vase de terre trouvé dans une sépulture de l'âge du fer 




Fig. 9. — Entre Cauroy-lès-Hermonviile et Gormicy (Marnt 
Vase de terre trouvé dans une sépulture de l'âge du fer. 



3° ]je pied d'un vase de terre noire, élégamment tourné, creux en 
dessous. Largeur du pied, o m. i-j : épaisseur de la pâte, o m. oo3. 

k" Des fragments d'un grand vase de terre plus commune et de couleur 
gris noirâtre, d'environ om. i4 de diamètre: l'épaisseur des parois psl 
de o m. 009 , celle du pied , de o m. o 1 3. 



LXXIV 

5° Un twqnes de bronze (fig. îJ), dit à tampoils, de o m. i6 ttnviron 
fie diamètre, la tige lisse, les tampons wnés de traits en ci-mix; il fsl 
revêtu d'une belle patine verte; 




Fig. 3. — Entre Cauroy-lès-Hermonville et Gormicy (Marne). 
Torquet de bronze trouvé dans une sépulture de l'âge du fer. 



6° Un bracelet (fig. 3), (également de bronze, recouvert d'une patine 
verte: il mesure o m. o88 dans sa plus grande dimension, et o m. oo dans 
la plus petite, avec une ouverture en fente sur ce dernier côl6. Il se pré- 
sente sous la forme d'une tige côtelée. 

Le Comité remercie M. Pierre Gautier du soin qu'il a pris de 
l'informer de cette intéressante découverte, répondant ainsi au vœu 
émis dans la séance du i8 janvier 1916. 



M. Jules TouTAiN olïre au Comité, de la part de M. Louis Ma- 
truchot, une brochure où le savant a réuni les NoIps sur AUsp et afs 



envirom, fuWif^s pai* M. V. Pemet tjaas I4 pi'ftfliif'pe ^érie de la 
revue Pro Aleêia. 

Des remercieiaents «oot adres^ à M, Matjrucbot 

M. Toutain offre en outre un voittme intitulé : Les opératiotu de 
César et de Vercingétorix avant le blocus d'Alise, par M. le lieutenant- 
colonel J. Colin , qui forme le 6' fascicule de la Bibliothèque Pro 
Aïesia, annexe de la revue de même nom. 

M, Léon Plancouard a adressé au Comité un nouveau fascicule 
de son Epigiaphie de Seine-et-Oise . consacré au canton de Limeurs. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciemente sont adresses aux auteurs. 

La Section d'arciiéologie , conformément à la résolution prise à la 
séance du 8 mai dernier, pi-ocède à la répartition entre ses membies 
de plusieurs bulletins de sociétés savantes récemment reçus par 
le Ministère . et dont le compte rendu sera fait dans une prochaine 
séance. 

M. Max Prihbt lit un mémoire sur Les a nnoiries familiales dans la 
décoration des sceaux des émpies français au xiii* siècle. 

Ce mémoire sera imprin)é dans le Bulletin archéologique ^^K 

M. Babelon lit un rapport sur une note de M. Léon de Vesly, 
membre non résidant , concernant un broc de terre cuite trouvé 
en 1 9 1 4 , rue du Donjon , à Rouen : 

«Notre zélé collègue M. Léon de Vesly nous communique le 
beau dessin exécuté par M. Edouard Letevre, sculpteur rouennais, 
(*t la reconstitution en aquarelle d'un intéressant vase de terre 
cuite trouvé récemment à Rouen, sur remplacement du château 
élevé en 120/1 par Philippe Auguste, dans le voisinage de la tour 
où Jeanne dArc fut plus tard prisonnière des Anglais. Ce vase a la 
forme dune cruche ou aiguière, en céramique à parois très épaisses, 
d'un rouge brique. Le pied est élargi comme la base d'un cône, 
la panse est ornée de colonnettes et d'arcatures en relief sur tout 

i') Voir plus loin , p. 1 1 0, le texte in ertemo de ee mémoire. 



son pourtour; par endroits il reste des traces de dorure, ce qui 
indique un vase de luxe. L'anse et la partie inférieure du vaisseau 
manquent; le style roman des arcatures et des colonnettes indique, 
suivant M. de Vesly, environ le xi* siècle. Hauteur totale du vase 
reconstitué, o m. 190; diamètre de la base, o m. iio.r» 

M. LE Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. Jules Guiffrey 
sur un mémoire de M. le chanoine Urseau, correspondant du 
Ministère à Angers, concernant la tapisserie do la Passion d'An- 
gers, et la tenture brodée de l'e'glise Saint-Barnard de Romans 
(Drôme) : 

ffDans ce travail, accompagné de dix photographies, l'auteur 
rapproche certaines tapisseries représentant des scènes de la 
Passion, exposées dans la cathédrale d'Angers, d'une série de 
broderies conserve'es dans l'église Saint-Barnard, à Romans. La 
comparaison de certaines scènes, du Portement de Croix et du 
Crucifiement en particulier, malgré l'imperfection des clichés exé- 
cutés d'après les broderies, permet d'affirmer que broderies et 
tapisseries sont la reproduction du même modèle dont l'auteur 
aurait inscrit son nom sur les tuniques des personnages de la 
tenture d'Angers. Cet artiste s'appelait Jean Yan Roome ou Jean 
Van Brussel. M. Alphonse Wauters a signalé une tenture dessinée 
par lui dans son ouvrage sur les tapisseries bruxelloises. A côlé 
du maître peintre, le tapissier a voulu, lui aussi, écrire son nom. 
Pierre van Aelst a tissé de nombreuses tentures de 1^95 à 1620. 
Il serait l'auteur de la Passion du Christ conservée à Angers. 
Cette suite ne compte plus aujourd'hui que quatre panneaux. Or, 
en la comparant aux pièces conservées à Romans et qui repro- 
duisent les mêmes compositions, elle a dû comprendre autrefois 
neuf sujets. 11 est douteux qu'on retrouve désormais ceux qui 
manquent à la collection ; mais les broderies permettent de recon- 
stituer la liste complète des compositions exécutées par Jean van 
Roome. M. le chanoine Urseau l'établit ainsi : 1" le Jardin des 
Oliviers; 2° le Christ devant Pilate et devant Hérode; 3" la Fla- 
gellation; li" le Couronnement d'épines et l'Ecce Homo; 5° le Christ 
et Barrabas; 6° Pilate se lavant les mains; 7° le Portement de 
croix; 8" le Crucifiement; 9" la Résurrection. Seuls les n*" 9, 7, 
8 et 9 existent actuellement en tapisserie. Ces ouvrages sont 



— Lxxvn — 

d'ailleurs tenus [)OUi' des spécimens fort remarquables de l'art 
textile flamand au début du xvi* siècle. M. de Farcy en a donné 
la description détaillée dans son livre sur les tapisseries de la 
cathédrale d'Angei*s. 

ffL'inlérèl capital de la communication du chanoine Urseau 
consiste donc dans le rapprochement d'une série de tentures tissées 
au métier et de broderies exécutées à l'aiguille d'après un modèle 
commun. Pourrait-on signaler d'autres exemples de cette identité 
d'origine pour des travaux si différents? Gela nous paraît assez 
douteux. Je serais fort embarrassé, pour mon compte, d'en signaler 
un autre. 

«fU nous parait donc que le mémoire de notre correspondant a 
sa place tout indiquée dans le Bulletin du Comité ' . 11 est regrettable 
que M. le chanoine L'rseau n'ait pu se procurer, des broderies de 
Romans, que des reproductions photographiques de trop petites 
dimensions. 75 — Adopté. 

M. LE Secrétaire lit un autre rapport de M. Jules Guifkrey sur 
un mémoire de M. le chanoine Chartraire. président de la Société 
archéologique de Sens, consacré à l'étude comparative du Sépulcre 
de l'église Saint-Jean de Joigny (Yonne) et du tombeau de Raoul de 
Lannov dans l'église de Folleville (Somme) : 

wLe Sépulcre de l'église de Joigny se distingue des nombreux 
monuments de même nature qui existent encore en France par 
des caractères très particuliers. Les figures qui le composent sont 
de marbre, ce qui est une rareté, et certains ornements qui le 
décorent accusent une influence italienne très sensible. Aussi lui 
a-t-on parfois assigné une origine italienne, sans pouvoir appuyer 
celte opinion sur aucune preuve. 

fM. Paul Vitrv avait déjà signalé les analogies frappantes entre 
le sarcophage sur lequel repose le Christ de Joigny et le soubasse- 
ment du tombeau de Raoul de Lannoy, seigneur de Folleville en 
Picardie, et de sa femme Jeanne de Poix, tombeau encore existant 
dans l'église de Folleville. 

w C'est là le point de départ du mémoire de M. l'abbë Chartraire. 

''J Le mémoire de M. le chanoine l rseaii sera imprimé flans te volume du 
Rulletin archéologique de 1917. 



Le siewr dkLAEnoy avait coiiunandé, lorsqu'il était go«ver»<>iir (J« 
ia vilie de Gênes en 1.^07 ou i5o8, à un de* meilleurs sc«lpt«^Hrs 
êe la Chartreuse de Pavie, Antoine Taniagnino, le tombeau qui 
occupe dans Téglise de Folieville le chœur érigé potir le recevoir. 
Sar ce toB»beau sont étendues les figures gisontes âe Raoul de 
L»&n0y et de sa femme, véritables chefs-d'œuvre de l'art italte» à 
sa pius belle épotfue. 

«Le fils de Raoul, François de Folieville, tonna le projet de s« 
faire construire un tcmabeau dans la même ehapelle où se liromrait 
déjà un sépulcre sous orne arcature gothique oceupaat Je fond dte 
l'abside. Ce sépulcre, visiblement inspiré de l'œuvre »t»ti«iMic 
de Tamagftino, aiwait été transféré en 4 634 {>ar Pierre de Giondi, 
comte de .ïoigny, quand il vendit le château de Folieville, dev«i¥n 
sa propriété, dans l'église de J^igny. 

«■A l'appui de cette opinio», M. ïakèté Cbartraère' a ré«Bi mte 
série d'arguments décisifs. En premier lieu, le Sépulcre d« fci^*y 
est visiblement inspiré, dans son ordonnance générale et les détails 
de la sculpture, par le tombeau du sieur de Lannoy; de plus, ses 
dinaensions s'adaptent exactemeat à celles de Tédicule gothi(juc 
pratiqué au fond de la chapelle de Folieville; eafin trois petits 
aoges , dont on n'a pas trouvé l'emploi dans la nou^velle installation, 
et qui ont été relégués dans un g;renier, portent des armoiries 
appartenant à des familles picardes alliées aux Lannoy. 

wLa puovenance du S^'puJcre de Joign.y ne saurait d©a« être mise 
eu doute. Le mémoire de M. l'abbé Chartraire nous semble catégo- 
rique;, la comparaison des photographies j|Oi a les au texte coniirm'e 
la pa*-eiité des deux ouvrages. Il sera donc indispensable de joindre 
au travail de notre correspoodant uji certain uonabre d* repsod-utî- 
tious représentant ces œuv,l•es^ d'art fort remûrffuables ïuae et l'autre 
et dont l'intérêt se trouve singulièrement accru par la cireonstao«e 
que la sculpture italienoe a servi de guide et de modèle au sculp- 
teur français Mathieu Laigael d'Ajnien&, déjà connu comme auteur 
du monument funèbre du cardinal Héniard de Denoaville, pkcé 
dfto» k> cathédrale d'Amiens. Est4l besoin d'ajjouier q;Ue le Sépulcre 
de Joigny est d'une exécution bien inférieure à celle du tombeau die 
Folieville? 11 suffit de regacder les repeoduetioûs des deiEt monu- 
ments pour juger de la distance qui les sépare, w — Adopté ^'l 

'1) Voir plus ioin, p. i5i, le texte in extenso de cette communicatJon» 



M. JviLiAîi lit UB rapport sur Voffpùlum de Sainl-(ienee (Haute- 
Vienne), dont M. Auguste Winkler^ de Linaoges, a envoyé uae 
notice 9u Comité : 

ff\t. Wiukler nous adresse un croquis do Yoppidum de Saint- 
Gence et quelques renseignements sur son mode de construction : 
pierres et terres rapportées, pas de fossé, porte centrale, etc. DVi 
il résulte, à mon sens, que Voppidum est bien celtique, contempo- 
rain des soi-disant «camps de (iésar» de la vallée de la Somme. 
Je propose au Comité de remercier M. ^^ inkler de ses renseigne- 
ments et de les imprimer avec le dessin ^' .» — Adopté. 



M. Max Prinet lit un rapport sur une empreinte de sceau com- 
muniquée par M. A. Estienne, de Landreville (Aube) : 

kM. a. Estienne a envoyé au Comité l'empreinte sur cire d'Es- 
pagne d'une matrice de sceau découverte à Landreville (Aube), 
au lieu dit Pré-Cuisiu, dans un canton de vignes m l'on a déjà 
recueilli quelques objets de l'époque préhistorique et de l'époque 
romaine. 

«•La matrice est de cuivre; elle mesure i y millimètres de dia- 
uiètre et est pourvue d'un très petit appendice de préhension. La 
l'ace du sceau porte une légende en caj-aclères minuscules gothiques, 
grossièrement gravés, où je crois lire : II' COCtttQ ct [N. Coenin 
clerc) y suiveat un rinceau et un |>oint. Le type est formé d'ime 
quitttefeuille. 

«Les caractères de Tioscripliou me portent à croire que ce sceau 
a étégfavé au xv"' siècle ou à la fin du uv^. 11 a dû être fait à 
l'usa^ di'ua clerc dont le nom de familEe, Coenin. paraît être une 
variaate jj^aphique du nom Cuenin , asse» réj^andu dans l'est de la 
Fraa«e. 

ffie propose d'adresser des remerciements à \l. Estienne. -5 — 
Adopté. 



M. Salbmott II"eiî*a«h lit ho- rapport sur un silex taillé trouvé 
'* Vort* phiR loin-, p. ivia, letextfrm e-jctmw> de eeUe coauntujiaaUou. 



près de Belbeuf (Seiiie-Iiil'érieuie) el communiqué par M. Léon 
de Vesly, membre non résidant. 

tM. de Vesly, conservateur du Musée archéologique de Rouen, 
adresse au Comilé les photographies (face et revers) d'un grand 
instrument de silex, d'une forme peu commune, découvert par 
M. Edouard Lefèvre, sculpteur rouennais, sur l'ancien chemin dit 
ffVoie à potiers -0, conduisant du hameau de Normare à Belbeuf et 
près du calvaire du château (plaleau de Boos, Seine-Inférieure). 
ff C'est, écrit M. de Vesly, un silex provenant du terrain sénonien, 
de forme cylindrique et comme tordue. L'oulil mesure o m. a/i de 
long, o m. 08 de diamètre et pèse 1 kilogr. 2/i5. 11 présente, à une 
des extrémités, de larges entailles qui ont donné une forme aiguë 
à cette partie du silex, tandis qu'à l'opposé un seul clivage a permis 
d'obtenir un plan oblique, faisant un angle d'environ 80 degrés 
avec l'horizon. La fixation d'un manche ou morceau de bois était 
ainsi obtenue et assurée par une ligature passant sur la partie 
supérieure de l'outil oii un éclat enlevé dans la gangue en marque 
la place. fl 

tfM. de Vesly fait observer encore que la forme contournée du 
silex présente une surface courbe analogue à celle du versoir de 
la charrue; il serait donc tenté de reconnaître dans cet objet le soc 
d'une charrue campinienne. c'est-à-dire du début des temps néo- 
lithiques. Déchelette [Manuel, t. I, p. 3/i6) s'est contenté de dire 
que certains objets de pierre, décrits sous le nom de pics, peuvent 
aussi appartenir au matériel aratoire. M. de Vesly cite lui-même 
cette phrase, qui est un rappel à la prudence. 11 me semble que l'on 
ne peut aller aussi loin que lui, en l'absence de tout objet ana- 
logue en pierre dont la destination soit assurée, et (jue le nom 
d'instrument aratoire ne peut pas être proposé, même dubita- 
tivement, pour l'intéressant outil en silex trouvé près de Belbeuf. 
J'ajoute que le Musée de Saint-Germain, grâce à la bienveillante 
entremise de M. de Vesly et à la libéralité du possesseur de l'objet, 
a pu en prendre un moulage peint qui figurera dans nos séries 
néolithiques. 17 

Le mémoire de M. de Vesly sera déposé dans la bibliothèque du 
Musée des Anti([uilés nationales, à Saint-Germain-en-Laye. 

M. Hkron dk ViLLBFossE lit uu mémoire sur un vase romain avec 



— LXMI — 

inscription trouvé en 1687 à Beauvais, et dont la description se 
trouve dans les papiers du chanoine Foy de Saint-Hilaire, autre- 
ibis conservés dans la bibliothèque du comte de Troussures, et 
naguère acquis par M. le docteur Leblond. M. Héron de Nillefossc 
rectifie la lecture et rinterprélatlon de Tinscription donnée par le 
chanoine et , après lui , par d'autres érudits. 

Le Comité décide que le mémoire de M. Héron de Villefosse sera 
imprimé dans le Bulletin archéologique ^•■. 

M. Héro> de Villefosse expose ensuite au Comité les dangers 
qui menacent en ce moment un site célèbre, une colline aux nobles 
lignes, que son isolement au milieu de la plaine forézienne rend 
visible de tous les points du pays et qui a déjà fourni une si inté- 
ressante contribution à notre archéologie nationale. Le Mont d'Lzore, 
le Soracte de la plaine du Forez, situé au centre des paysages de 
TAstrée, l'endroit où Honoré d'Urfé place le palais de la nymphe 
Galatée, est menacé d'une mutilation irrémédiable : c'est une 
butte volcanique où le basalte se rencontre en masse compacte. 
Un entrepreneur, qui, dit-on, a déjà passé un gros marché avec 
l'aulorité militaire, prépare en ce moment une puissante installa- 
tion pour exploiter, comme ferrage de route, la couche de basalte 
qui couronne le sommet. 

La Société archéologique du Forez s'est émue de ce choix regret- 
table et s inquiète avec raison des conséquences funestes qui peu- 
vent en résulter. A diverses reprises, le Bulletin de cette Société a 
appelé l'allentiou sur les découvertes faites sur le Mont d'Uzore et 
dans les localités qui en dépendent. Grâce aux libéralités dé la 
famille de Saint-Pulgent, le Musée de la Diana s'est enrichi d'objets 
romains provenant de ce point, notamment de plusieurs statuettes 
de bronze et d'une tète de marbre. M. de Saint-Pulgent y a pour- 
suivi des fouilles qui ont amené la découverte, dans l'église de 
Saint-Paul-d'Uzore, de substructions importantes où Ton croit re- 
connaître des restes de bains publics. Un sieur Charles a recueilli 
à Chalain-d'Uzore des lampes, des poteries, une statuette de terre 
cuite; il a relevé à cet endroit les substructions d'un petit temple. 
Le même cultivateur a trouvé à Chalain-d'Uzore un trésor gallo- 
romain comprenant : vingt et une bagues, neuf bracelets, deux 
colliers d'or, un pendant d'oreille, douze cuillers d'argent, une 

Voir plus loin, p. i/î6, le texte i/j exlPn$o de co mémoire. 

AnCDKOLOGIK. — N" 2. K 



quantité de vaisselle de bronze argenté, trois cent quatre-vingt- 
quinze monnaies d'argent et mille quatre-vingt* de bronze, etc. Ce 
sont là des l'aij,s positifs qui ne laissent aucun doute sur l'intérêt 
arcbéologique de cette colline; ils font présager de nouvelles dé- 
couvertes. 

Il est malbeureusement presque certain que l'entrepreneur con- 
cessionnaire de Texploitation poursuivra son travail sans s'inquiéter 
des découvertes utiles à la science, et qu'il n'en tiendra aucun 
compte s'il n'y est pas obligé par une clause spéciale du caliier des 
charges et par une surveillance sérieuse. M. Héron de Villefosse 
prie donc le Comité de demander à M. le Ministre de l'Instruction 
publique de vouloir bien attirer sur cette affaire la bienveillante atten- 
tion de M. le Préfet de la Loire et d'obtenir de ce haut fonctionnaire 
des éclaircissements sur les mesures de protection qui pourraient 
être prises à cette occasion. 

Le Comité s'associe au vœu de M. Héron de Villefosse, qui sera 
transmis à M. le Ministre de l'Instruction publique. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 



Le Sccrélaire de la Section d'archéologie , 

Maurice Prou, 
Membre du Comité. 



-=" htTflii — ' 



10 JUILLET 1916. 



SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRESIDENCE 1)E M. HKRON DE VILLEFOSSE. 



La sëafrice est' miverte à IC heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopte'. 

MM. Espérandieu, Jifiliaii, Stein et Tootain s'excusent par lettre 
de ne pouvoir assister à la séance. 



M. LE Président prend la parole en ces termes : 

vLe 3o juin dernier, la séance dé rAcadèinlè des inscriptions et 
belles-lettres touchait à son terme, quand notre collègue Gaston 
Maspéro se sentit défaillir. Avec la politesse exquise qui le carac- 
térisait, il s'en e:xcusa et perdit aussitôt connaissance. Quelques 
secondes plus tAifd. il avait cessé de vivre! Ceux qui ont assisté 
comme moi a cette fin tragique et poignante en ont conservé la 
plus douloureuse impression. Et cependant nous pouvons dire que 
ce grand savant est mort en accomplissant son devoir; ainsi que le 
charmant fils dont irpleuraitla perte récente , il est tombé glorieu- 
sement cbmme un soldat sur son champ de bataille. 

w'Ndmmé métnb're du Comité d'archéologie en mars 1 81^3', iT'nôùs' 
envoyait de Boùlaq, quelques semaines plus lard, restimpagé d*uA" 



• — LXXXlV 

document de la plus haute importance pour l'histoire du commerce 
dans l'antiquité', celui de la célèbre inscription de Coptos, qu'il 
venait de découvrir. C'était une manière délicate de te'moigner au 
Comité d'archéologie la volonté qu'il avait de le servir et de parti- 
ciper à ses travaux. Ces sentiments ne se sont jamais démentis. 

ff Avant que l'Egypte l'ait réclamé, il prit une part très utile à 
notre labeur et, malgré ses nombreuses occupations, sut trouver le 
temps d'assister à toutes nos réunions. Nous lui réservions ce qui 
se rapportait aux éludes orientales : il nous en parlait sur un ton 
aimable, avec cette belle aisance, avec cette limpidité de langage 
qui captivaient ses auditeurs. Qui pouvait nous entretenir avec plus 
d'autorité des sarcophages phéniciens de Sidon, des fouilles de la 
nécropole de Cadix ou des monuments de Samarkande? Qui pou- 
vait, mieux que lui, nous exposer l'intérêt d'une petite collection 
égyptienne comme celle du Muse'e d'Orléans, ou nous expliquer ces 
stèles, égarées à Reims, dont l'abbé Trihidez eut un jour la bonne 
idée de nous envoyer les estampages ? Ce fut pour Maspéro l'occa- 
sion d'insister sur l'utilité de rassembler les documents égyptiens 
épars dans les collections provinciales de France. Ses rapports 
écrits sur les, missions ou sur les demandes de souscriptions 
n'étaient pas moins appréciés par le Comité que ses communica- 
tions orales. Sa grande expérience, l'étendue de ses connaissances, 
la sûreté de son jugement nous faisaient sentir l'inestimable prix 
de sa collaboration. 

«•En 1899, il nous quitta pour aller en Egypte prendre la direc- 
tion du Service des antiquités et imprimer une impulsion vigou- 
reuse aux recherches archéologiques. Nous le vîmes s'éloigner avec 
un certain regret : nous savions cependant qu'il partait avec la 
volonté de bien servir la France, et, au fond de nos cœurs, nous 
caressions l'espoir secret que le savant pourrait peut-être, par son 
tact et sa courtoisie, par son labeur assidu, par son dévouement de 
tous les instants, reconquérir une part de Tinlluence que la poli- 
tique nous avait fait perdre au pays des Pharaons. Nos espérances 
n'étaient pas vaines. Pendant quinze ans, Maspéro soutint avec 
fermeté les intérêts français, il les fit triompher en face de toutes 
les compétitions ; son clair esprit représenta dignement la science 
française; tous les étrangers de distinction qui visitaient l'Egypte 
s'inclinèrent devant son talent et admirèrent son œuvre magni- 
fique. Cette œuvre si féconde, il l'accomplissait en souriant, avec 



bonne grâce, avec une aimable activité mêlée de patience et de 
souplesse. 

«f Au moment où H croyait pouvoir jouir du repos que lui avaient 
mérité ses efforts, Maspero rentra en France dans les circonstances 
les plus graves et les plus inquiétantes; cette guerre cruelle l'at- 
teignit dans ses plus chères affections. Et lui-même nous fut enlevé 
d'une manière soudaine et imprévue.' Nous le perdons quand nous 
avions le droit d'attendre encore beaucoup de cette noble intel- 
ligence. Eminent archéologue, historien pénétrant, écrivain d'une 
rare maîtrise, professeur incomparable, administrateur habile et 
prudent, il possédait les qualités les plus belles et les plus diverses. 
L'Europe savante le considérait comme le maître incontesté des 
études égyptologiques : il disparait après les avoir fait progresser 
pendant près d'un demi-siècle avec un succès qui ne s'est jamais 
démenti. 

wLe Comité d'archéologie conservera la mémoire de celui qui 
mit au service de la science des dons si précieux et une ardeur si 
généreuse. Et s'il m'était permis d'ajouter un mol personnel, je 
dirais avec une tristesse profonde que je perds en Maspero un 
ami fidèle, et qu'il était impossible de le connaître sans l'aimer. -^ 

tf M. Paul Thiers, membre non résidant du Comité, conservateur 
du Musée archéologique de Xai'bonne, s'est éteint dans celte ville 
le 2 4 juin, après une courte maladie. C'était un archéologue avisé, 
très au courant de ce qui pouvait intéresser l'iiisloire de la domi- 
nation romaine en Narbonnaise. Epigraphiste prudent, il a su dans 
d'utiles travaux mettre en lumière certains textes dont son esprit 
subtil avait reconnu l'importance. On doit notamment à sa clair- 
voyance le rapprochement de quatre fragments que personne n'avait 
songé à faire, et grâce auquel nous connaissons les premières 
lettres d'un surnom de la colonie de Digne et l'inscription de ses 
habitants dans la tribu Voltinia. Ses collègues de la Commission 
archéologique de .Narbonne ne manqueront pas de parler éloquem- 
ment de son labeur, de son zèle et de ses publications. 

rLe commandant Espérandieu pourrait mieux que moi vous dire 
({iiel secours il reçut de lui pour son Recueil des has-reliej's de la Gaule, 
avec quel entrain joyeux M. Paul Thiers se mit à son service. Je veux 
seulement rappeler aujourd'hui que deux grandes entreprises en par- 
ticulier lui ont mérité notre reconnaissance : l'organisation et l'instal- 



LXXXVI 

i^tion ^»& Jan^ienoie église de La Mourguier d-e l'importani-e col- 
lection lapidaire de Narbonne et les fouilles si fructueuses de jCasteJ- 
Roussillon qui pous ont révélé ra»tique Iluscino. Ou se souvient 
d<îs diffîcullés et des obstacles qu'il eut à suimonter pour faire 
aboutir la première, comment sa ténacité et son dévouement en 
triomphèrent. A Castel-Roussiilon, sa tâcb.e fut heureusement plus 
facile grâce aux généreuses subventions du Ministère et au secours 
précieux qu'il rencontra dans la personne du propriétaire du ter- 
rain, M. Henry Aragon, qui devint promptement son fidèle collabo- 
rateur et son ami. En 19 j 2 , sur la proposition du Comité, il avait 
été nommé chevalier de la Légion d'honneur. 

rNous perdons en lui un des collaborateurs les plus distingués, 
un correspondant d'une compétence rare et éprouvée, dont la mort 
pous cause un profond regret. » 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Lcdeuil d'Enquin, membre de la Société de sociologie de 
Paris, envoie une communication intitulée : ffUne station romaine 
des primitifs; la préhistoire de Semur-en-Auxois, capitale des 
Mandubiens, après le sac d'Àlcsiar). — Renvoi à M. Salomon 
Reinach. 

M. Luc de Saint-Ours adresse au Comité une note sur diverses 
antiquités romaines. — Renvoi à M. JuUian, 



M. Héron de Villefosse présenle au Comité, de la part de 
M. Henry Aragon, propriétaire des terrains où sont situées les ruines 
de l'antique Ruscino, les fascicules 3 et k de la revue trimestrielle 
liuscino, h' année, 191A, contenant une étude de M. Aragon: 
Les vestiges de Ruscino (p. 929 à 296), accompagnée de plusieurs 
planches représentant des objets trouvés dans les fouilles. Le même 
auteur offre au Comité un article intitulé : Le hochet prchistoritjiie. 
de Rmcino, exti-ait de V Homme pn'historiijue. 



M. Héron de Villefosse informe en même temps le Comité que 
M. Aragon lui a fait parvenir des notes sur les poteries découvertes 



a» cotirs des foiiiitès de M. Thf^rs, et qtnl en rendra compte à la 
prochaine séance. 

M. le D" CAPiTA>f lit nn rapport sur une commnnfcaiion de 
M. Geoi^es Poulain : 

kM. Georges Poulain a adressé au Comité tin« note intituîe'e : 
tfSur des ossements humains trouvés dans une grotte naturelle, à 
ffSaint-Pierré-d'Autils (Eure)?». L'auteur s'exprime ainsi : 

Un moi-ceau de côte humaine , trouvé dans des terres ramenées par les 
renards de ranfractuosité d'un rocher dans lequel ils avaient établi leur 
gîte , me donna l'idée d'y praticjuer une fouille. 

Ce rocher est situé au flanc d'un coteau de la rive gauche de la Seine , 
dans les bois du hameau de Mestreville , commune de Saint -Pierre - 
d'Autils; il a é(é dénommé par moi frAbri du mammouth» aj>rès la décou- 
verte que je fis, sous un sm-plomb qui en occupe une extrémité, d'an tibia 
de ce proboscidien en 1908 '^ 

C'est à l'exlrémilé sud- est de cet abri qu'est l'excavalion que j'ai 
explorée le mois dernier (mars 1916) et dont voici la figure schématique : 
l'entrée, large de 1 mètre sur une hauteur de 1 m. 90 environ, se [wursuit 
en dimftuiant de hauteur sur une longueur de 8 mètres et se termine en 
deux boyaux de o to. 5o de hauteur sur autant de largeur, formant uii V; 
ce qui fait qu'avec les quelques mètres précédant ce V, — que j'appellerai 
le vestibule , — le plan de la grotte offre la foraie d'un Y. 

Remplie de débris de calcaire friable mélangé à de l'ai-gile, le tout 
formant un magma très dense, je la vidai complètement et découvris à 
lintei-seclion des deux boyaux susdits quelques ossements humains ayant 
appartenu à un individu jeune . n'ayant pas dépassé la vingtième année. 
Ce sont : ci-âne, une partie dufronlal; humérus, partie olécranienne avec 
trou non perforé ; une vertèbre dorsale ; un fragment de tibia ; une dizaine 
de fragments de côtes. 

Un fragment de poterie non faite au toiir, de couleur rougeâtre, gros- 
sière et mal cuite , se trouvait près des ossements. 

Je me suis rapidement rendu compte que le reste des os dé l'individu 
inhumé là avaient été dispei-sés par les animaux fouisseurs, blaireaux ou 

''' Ces fouilles furent publiées dans : le Bulletin de la Société normande d'études 
préhistonques , t. XI, XII, XIII et XIX, années 1908, igo4, 1906 et 1912; 
le Compte vendu du Congi-h d'anthropologie de Monaco, t. I, 1906; ["Anthropo- 
logie, t. XVI, p. 392, aniiée 1900; Y Hotnme jn-éhistoi'ique , n° 1, année 1905, 
p. 87. 



renards. Néanmoins , celle découverle m a permis de fixer cette sëpuiture à 
l'époque néolithique , d'après le fragment de poterie et quelques éclats de 
silex, déchets de taille, qui se trouvaient mélangés avec les déblais encom- 
brant la grotte. 

Je me permets de rappeler que plusieurs sépultures de celte époque 
ont été mises au jour dans d'autres abris conligus , lors de mes grandes 
fouilles de 1 908-1 goA. Une de celles-ci, avec squelette complet, est recon- 
stituée actuellement au Musée des antiquités de Rouen. 

«Je propose d'enregistrer cette nouvelle trouvaille de M. Georges 
Poulain et d'adresser des remerciements à l'auteur pour celte con- 
tribution aux travaux du Comité en une époque où les travaux 
scientifiques sont rares et d'ailleurs bien difficiles à exécuter, w — 
Adopté. 



M. le D"" Capitan lit un autre rapport sur les dernières fouilles 
de M. G. Guillon, professeur adjoint à l'École primaire supérieure de 
Gannat (Allier), dans Voppidumk muraille calcino-vitrifiée de Bègues 
(Allier) : 

kM. Guillon a adressé à M. le Ministre de l'Instruction publique 
une nouvelle demande de subvention pour continuer ses fouilles 
dans Voppidum à parois calcino-vitrifiées de Bègues (Allier). 

wA la suite d'une demande de subvention adressée par M. Guil- 
lon avec l'exposé de ses premiers travaux, le Comité lui avait ac- 
cordé une petite somme qui lui a servi à exécuter des fouilles. 
Le mémoire qu'adresse aujourd'hui M. Guillon expose le résultat 
de ces fouilles. J'en donnerai ici un résumé en le complétant par 
quelques observations que j'ai pu faire tout récemment sur place 
en examinant sous sa conduite les fouilles exécutées par lui. 

((L'oppidum de Bègues occupe un saillant de la montagne formée 
de schistes cristallins qui borde la profonde vallée de la Sioule, 
au nord du village de Bègues, à 7 kilomètres à l'ouest de Gannat. 
A première vue, lorsqu'on descend du village de Bègues pour 
atteindre la partie supérieure un peu vallonnée de Voppidum, on 
constate qu'il existe une dépression naturelle au point d'union de 
Voppidum et de la montagne de Bègues, la face opposée étant au 
contraire constituée par des abrupts dominant la vallée. 

ff C'était donc tout naturellement le long de cette dépression, 



LXXXLt 



I 



accusée aujourd'liui par un chemin assez large et qui donne l'im- 
pression d'un ancien vallum , qu'il y avait lieu de rechercher la na- 
ture de travaux de défense probables exécutés par les occupants du 
camp. Ces travaux devaient, en effet, être constitués par un voUum 
surmonté apparemment d'une muraille vraisemblablement impor- 
tante et toute spéciale, puisqu'il suffît de parcourir les champs 
placés sur la pente aboutissant à remplacement probable du mur 
pour y constater l'existence d'énormes murgers. Or ceux-ci renfer- 
ment des matériaux variés, en blocs parfois assez volumineux for- 
més de micaschistes du sous-sol, puis de granit, de granulite et 
de calcaires, tous matériaux importés, sauf les micaschistes. 

ff D'autre part, l'étude de ces matériaux montre l'existence d'alté- 
rations profondes de beaucoup d'entre eux , altérations dues au feu , 
et à un feu violent. C'est ainsi que les schistes sont souvent for- 
tement rougis, parfois transformés en masses pulvérulentes, les 
quartz changés en masses granuleuses fragiles, les calcaires rougis 
souvent effrités et. par places, ayant sur des cassures un aspect 
pulvérulent. 

r Quant aux spécimens de granit et de granulite, ils présentent 
tous les degrés depuis de légères altérations de texture jusqu'à une 
fusion complète, et une transformation en véritables scories. Cette 
fusion a formé par places une sorte de mortier soudant d'une façon 
intime les divers matériaux les uns avec les autres. Sur certains 
spécimens, on peut constater l'empreinte parfaitement visible, dans 
cette pâte, de fragments de bois. 

«•Les blocs ainsi constitués varient de la dimension des deux 
poings à celle de masses pesant une trentaine de kilogrammes et 
longues de o m. 70 sur o m. 4 o de large. Sur ma demande, et grâce 
à l'amabilité de M. Guiilon , j'ai pu en rapporter un curieux spé- 
cimen de cette dimension qu'il m'a prié d'offrir en son nom au 
Musée de Saint-Germain. 

tfJ'ai recueilli également toute une série des variétés divei-ses de 
ces matériaux que je compte étudier sous peu avec mon collègue 
M. Cayeux, professeur de géologie au Collège de France. Il y a là, en 
effet, un problème intéressant à élucider et qui se pose pour tous 
les camps à parois vitrifiées. S'agit-il d'incendies accidentels ou ré- 
sultant de combats ou d'attaques, ayant formé de vraies fournaises 
ayant pu fondre une partie de la muraille en y déterminant une tem- 
pérature de 1.000 à 1,200 degrés? ou bien s*agit-il de pratiques 



L 



s|>édales ayant ou pour but de mire volontairement les parois des 
(fpidd pour les rendre plus résistantes ^'' ? 

-rOn comprend donc tout rintérêt qu'une fouille bien faite 
avait pour étudier en place la composition de ces murs afin de pou- 
voir la cofflparer à celle des murs analogues d'autres régions du 
Centre (par exemple, ceux de la Loire, bien étudiés il y a six ans 
par M. Boutet); ceux de Bretagne (camp de Péran, par exemple); 
ceux d'Ecosse (près d'Oban), etc. 

ffTel a été' le programme des rechercbes exécutées par M. Gûillon 
avec ses propres ressources d'abord, ensuite avec la subvention que 
le Comité lui a accordée. 11 a essayé d'attaquer le mur d'enceinte 
s«r le tracé hypothéti<jue indiqué ci-dessus en un point vers le Nord , 
là où les travaux pouvaient être exécutés, car il n'y a en ce point 
qu'un petit bois dont le propriétaire accorde toute autorisation de 
fouilles. 

«Ces premières fouilles ont d'abord recoupé une boursouflure 
assez visible sur le terrain et parallèle au chemin susindiqué. Sa 
largeur était de 9 mètres environ; sa constitution, qu'il est actuel- 
lement encore très facile de voir dans la fouille, est la suivante : au 
centre à jjeu près , une sorte de noyau de 3 mètres environ de dia- 
mètre, allant en s'amincissant de chaque côté, constitué à la base 
par une couche de cendres avise, par places, des débris de charbon 
reposant sur les micaschistes du sous-sol fortement rubéfiés. Au-des- 
sus, une forte couche de schistes complètement cuits, rouges et par 
place formant une sorte de sable rouge; en certains points, surtout 
du côté interne, ces schistes mélangés de morceaux de granulite 
sont fondus et forment des masses à aspect de scories volcaniques. 
Du côté interne on trouve, isolés dans les schistes, des blocs ainsi 
formés, soit petits, soit mesurant jusqu'à o m. 70 de long sur o m. ko 
de large. Ils présentent souvent à leur surface, sur les parties fon- 
dues, des empreintes de pièces de bois dont on trouve parfois des 
fragments à l'ordinaire très brûlés. Ce dispositif se voit également 
19 mètres plus au Sud dans une tranchée parallèle à la première, 
exécutée également par M. Guillon, mais le noyau des schistes brû- 
lés paraît moins épais. 



f'' Je laisse ici complètement de côté riiypothèse de M. Auihorde, qui voit 
là des matériaux provenant de fours djant servi à traiter des minorais oU à cliire 
do la poterie. L'élude iii situ no pef-mfet pas de Tadopter. 



«r€"est fiMrloul à l'exU'éraité interne (par rapport à l oppidum) 
du noyau qu'on trouve les Uoos vitrifiés isolés dans les cendres et 
les schistes pulvérulents. Au-dessus, et délwrdaut notablement vers 
l'extérieur, on constate une masse énorme de mœiions de toutes 
dimensions, irrégulièrement disposés. Ainsi constitué, le mur devait 
mesurer environ 5 mètres d'é|>aisseur. 

wSur la face du mur tournée vers l'extérieur, les dernières fouilles 
de M. Guillon lui ont permis de découvrir vers sa base plusieurs 
rangs de gros blocs placés assez régulièrement et formant une sorte 
de parement grossier. II a pu le suivre, par une tranchée cette fois 
parallèle à la partie extérieure du mur, pendant 12 mètres, et 
réunissant ainsi les deux tranchées recoupant le mur. Mais là. le 
parement ne peut être suivi que pendant 6 mètres (il est formé de 

I 9 grosses pierres); il disparaît alors, transformé dans les deux tiers 
supérieurs de sa hauteur en une masse pulvérulente semblant être 
de la chaux et de la silice, indice là encore d'un feu violent mais 
ayant porté sur des calc<iire6 et des quartz, et non sur des roches 
éruptives complexes. 

frCes diverses particularités toujours parfaitement visibles ne 
permettent guère d'admettre l'hypothèse d'une fusion volontaire du 
mur. Il paraît plus vraisemblable d'imaginer plusieurs grands in- 
cendies, peut-être dus à des attaques, qui successivement détrui- 
sirent le mur d'enceinte et les palissades qui les couronnaient. Le 
mur aurait été réparé à diverses reprises entre chaque incendie, et 
ce que nous constatons aujourd'hui serait formé des restes succes- 
sifs plus ou moins altérés des matériaux divers qui constituaient 
les moyens de défense en ce point, carbonisés, fondus ou détruits 
par le feu et ensuite éboulés sauf en quelques points où le mur 
révèle encore sa construction primitive. 

- Il va de soi que c'est là une simple interprétation que m'a sug- 
gérée l'étude sur place de ce dilFicile problème. C'est aussi l'opinion 
de M. Guillon; c'était, paraît-il, celle de Déchelette, mais bien des 
faits sont encore obscurs. Il est nécessaire de faire une étude pétro- 
graphique des matériaux et de compléter en bien des points les 
travaux déjà anciens de Daubrée à ce sujet. De ceci je me char- 
gerai avec mon collègue Cayeux, ainsi que je l'ai dit plus haut. 

ff D'autre part, les murs doivent être examinés en d'autres places. 

II parait nécessaire aussi de pratiquer des fouilles à la fois dans le 
vallum , le long du mur, et dans le centre de Voppidum, tous points 



que j'ai indiqués à M. GuiHon. Il y a, en effet, un intérêt archéo- 
logique à faire ces recherches : jusqu'ici, les seuls vestiges pou- 
vant dater ce camp, et que M. Guillon a recueillis, sont un fond de 
vase rouge avec la marque de Lezoux bien connue OF ACVTI, et, 
d'autre part, un fragment céramique que je présente de la part de 
M. Guillon , reproduction grossière d'une tête d'animal et qui paraît 
bien «tre une extrémité de chenet en terre cuite gaulois. 

«D'ailleurs, erratiquement, dans le camp et aux alentours, le long, 
par exemple, du chemin qui de Bègues descend au camp, M. Guil- 
lon a recueilli une série de tessons de poteries que je présente 
également, les uns de terre assez grossière et épaisse à couverte 
noire lustrée, les autres noir mat, parfois avec lignes ondulées ou 
avec impressions, d'autres à engobe blanche avec bande rouge. Ils 
semblent indiquer nettement des produits céramiques de laTènelI 
et de l'époque gallo-romaine. 

ffOn voit donc le très réel intérêt des recherches si bien com- 
mencées par M. Guillon avec une méthode que j'ai pu apprécier 
in situ. Il y a donc lieu de l'aider à les continuer. 

«■Je propose au Comité : i° de remercier M. Guillon de l'envoi de 
son nouveau mémoire qui contient nombre d'indications de détail 
sur ses fouilles et des photographies de blocs vitrifiés; 2° de lui 
accorder une nouvelle subvention qui lui permettrait de faire de 
nouvelles et intéressantes observations, -n — Adopté. 

M. le D"" Capitan présente au Comité une clef de bronze trouvée 
par M. Boyard, de Nan-sous-Thil, dans l'abri sous roche dit «le 
Poron des Cuèchesr), situé sur le flanc méridional de la montagne 
de Nan-sous-Thil, canton de Précy-sous-Thil (Gôte-d'Or). 

Elle se trouvait à la partie supérieure de la première couche 
couronnant un ensemble straligraphique remarquable allant de 
l'époque romaine au magdalénien. 

Lecture est donnée de deux rapports de M. Jullian, l'un sur le 
Bulleti?î de la Société archéologique de Provence (t. III , 1 9 1 4 , n" 91), 
l'autre sur le tome XXX du Bulletin de la Société d'études scienti- 
fiques et archéologiques de Draguignan (191/1-1915) : 

«Je n'insiste pas sur \e Bulletin de la Société archéologique de Pro- 



vetice, M. Héron de Villefosse ayant, dans l'avant-dernière séance 
du Comité, signalé quelques découvertes intéressantes dues à cette 
Société et relatives à la région de Bene (Mauran, Capdeuil, Sainl- 
Estève, question deMaritima). Pour le reste, il faut rappeler que le 
Bulletin renferme une notice posthume du regretté M. \asseur sur 
Voppidum de Saint-Pierre-de-Vence (c'est le mont Menu, près d'Ey- 
guières) et sur celui de Vitrolles, avec détails complémentaires à 
Voppidum reconnu par M. Tabbé Chaillan, près de Saint-Antoine 
de Marseille (Castel Jussiou), d'autres sur ïoppidum de Chàtelard 




Nan-sous-Tbil (Côte-d'Or). 
Clef de bronze romaine. 



de Lardiers par M. de Gérin- Ricard, etc. Tous ces oppida ap- 
partiennent à la même famille salyenne ou celto-ligure. Et la 
Société archéologique de Provence a grandement eu raison d'en 
pousser à fond l'exploration. Ajoutons quelques renseignements 
de M. de Poitevin de Maureillan sur des ruines de La Manarre 
(l'ancienne Hyères); ici nous sommes en pleine époque romaine : 
signalons dans ces ruines la présence d'albàlre zonaire d'Egypte, 
ce qui est une indication utile pour l'histoire du commerce de la 
Gaule, fl 

ffLe Bullettn de la Société d'études scientifiques et archéologiques de 
Draguignan comprend deux parties : les comptes rendus, où l'on 
ne peut glaner que quelques découvertes insignifiantes (urne gallo- 
romaine avec la marque H, notes sur le folk-lore du dragon, etc.), 
et les mémoires, surtout relatifs à l'histoire moderne, sauf deux; 
l'un de M. Mireur : Les statuts de la confrérie des (ailleurs d'habits 



de Dragttignan en lùjj (à rattacher a\i mouvement corporatif 
sous Louis XI), et l'autre, de M. A. Bonnet, Un primiâf a Dragui- 
gnan. 

«Toutefois, au milieu des comptes rendus, je trouve intercalé 
un mémoire de M. Z. d'Agnel d'Acigné sur des antiquités gallo- 
romaines conservées au quartier du Verignasc, près du Muy, datts 
le petit musée de M. Melchior d'Agay. Il y a là un fragment d'in- 
scription : 

IMP CAE mm 

FLA'VAL 

qui paraît appartenir à une borne milliaire de la via Aurélia (Con- 
stantin), et une autre inscription, qui serait très intéressante si 
l'on pouvait en avoir le texte exact. L'auteur du mémoire lit : 

PAVV-ALB- 
MARTINENC 
C.R 

V IMPENS 
C T I ) I 

M. LE PiiésiDiEM émet des doutes sur l'antiquité de cette inscrip- 
tioo. 



M.DuRRiEU, qui, à la demande de M. Jullian, a bien vouUi lire 
l'étude de M. Bonnet insérée dans le volume de la Société d'études 
de Draguignan, fait le rapport suivant : 

wLe tome XXX du Bulletin de la Société d'études scientijiques et 
archéologiques de Draguignan (191 4-191 5) contient, pages 81-96, 
une étude de M. A. Bonnet sur un tableau représentant la Vierge 
du Rosaire^ conservé dans la chapelle de IVotre-Dame du Peuple, à 
Draguignan. 

wGe tableau rentre, par le sujet, dans la classe générale des 



I 



((Vierges (Jje Miséricordes, ea se Fattacbant à la oat^orie pius 
spéciale de ces représen talion s que l'on nomme la Matet- omnium. 
Dans son livre d'ensemble sur La Vierge de Miséricorde, paru ea 
1908, M. Paul Perdrizet avait mentionné l'œuvre d'art conservée 
à Draguignan, mais seulement dune manière extrêmement som- 
maire, sans l'avoir vue, et en se bornant à lindiquer comme «tri- 
ptyque en bois, des environs de laDuée lâoor {op. cit., p. 176, 
n° 66). L'élude de M. A. Bonnet apporte, de la manière la plus- 
heureuse, les renseignements que Ion pouvait souhaiter sur ce 
morceau, qui n'est pas un «"triptyque en bois-, mais une peinture 
à sujet unique, exécutée sur un «^ grand panneau formé de trois 
lames de chêne solidement assemblées, apprêtées au plâtre selon 
la méthode du xv"" siècle'?. 

îfM. A. Bonnet suppose que jadis il devait exister autour de ce 
panneau, qui montre la Vierge du Bosaire protégeant tous les fidèles- 
de la chrétienté, un encadrement très important, avec panneaux 
latéraux, prédelle et fronton ornés de peintures; en un 'mot, que 
le tableau est le seul débris actuellement connu d'un retable de 
grandes dimensions. Le rapprochement que M. Bonnet établit avec 
divers rétables de la même région de France parvenus jusqu'à 
nous, plus ou moins dans leur intégrité, tels, par exemple, que 
celui de l'église paroissiale de Biot, paraît en effet pouvoir auto- 
riser cette hypothèse. 

w Comme dans les peintures similaires, la Vierge abrite sous 
son manteau des {jersonnages agenouillés personnifiant les dif- 
férentes classes de la société ecclésiastique et civile, à commencer 
d'une part par le pape, les cardinaux, les évêques, d'autre part, 
par l'empereur, le roi, la reine, etc. Il serait dangereux, dans la 
grande majorité des cas, de se laisser trop aller à la tendance de 
rechercher de vrais portraits dans ces figures qui ne sont géné- 
ralement, comme l'a bien observé M. Perdrizet, que ffdes figures 
T stéréotypées r. Cependant M. A. Bonnet remarque que, dans la 
Vierge du. Rosaire de Draguignan, il n'y pas seulement rie cardinal n 
comme type pris en soi, mais trois images de cardinaux, aux 
expressions variées, et cette multiplicité des images l'encourage- à 
proposer des noms pour certains des personnages représentés sur 
le panneau. 

«D'après les identifications mises en avant par lui, i\L A. Bonnet 
arrive à cette conclusion que «le rétable de Draguignan aurait été 



r probablement établie entre i53o et ib'iU. Le style de l'œuvre 
conviendrait à cette époque pour sa date approximative d'exécu- 
tion. 

w Resterait à rechercher quel peut être l'auteur de la peinture. 
A cet égard, M. A. Bonnet, tout en étant bien au fait de l'histoire 
de l'art en la région, se renferme dans les limites d'une fort 
louable prudence. Tout au plus se hasarde-t-il à suggérer, ce qui 
serait en effet vraisemblable, que l'on pourrait penser à l'école du 
peintre Louis Brea, de Nice. 

ff L'étude de M. A. Bonnet, très attachante en elle-même, a pu, 
grâce au généreux concours financier d'un membre correspondant 
de la Société de Draguignan, M. J.-B, Troin, être complétée par une 
planche tire'e en couleurs, reproduisant le tableau. Mieux qu'une 
simple gravure en noir, une telle planche se prête à donner 
une idée approximative de cette peinture du premier fiers du 
xvi" siècle, si peu connue et cependant très digne d'être mise en 
lumière, parvenue jusqu'à nous avec ses ors et ses tons brillants 
auxquels «le temps, comme le dit M. Bonnet, a donné l'aspect 
cf d'un gigantesque émail aux paillons cbatoyantsn. 

M. DuRRiEU lit un autre rapport sur le tome XXXI du Bullelia 
de la Commission historique et archéologique de la Mayenne (Laval, 

KjiB): 

ffSans parler de quatre articles de caractère historique, ce 
volume apporte, au point de vue archéologique, une très intéres- 
sante contribution à l'étude de l'art français vers l'extrême fin du 
moyen âge, avec un travail de M. Lucien Lécureux sur Les peintures 
murales du logis abbatial de Clermont (Mayenne). 

ffLe logis abbatial, construit par le dernier abbé régulier de 
Clermont, Yves Tronsson (i^65-i5o6), existait, il y a peu d'années 
encore, près de Laval, non loin de la ligne du chemin de fer de 
Paris-Brest. Depuis, il a disparu sous les coups des démolisseurs. 
Avant sa destruction, M. Lucien Lécureux y avait découvert, en 
signalant le fait à la LXXVIP session du Congrès archéologique 
de France tenu en 1910 a Angers et à Saumur, les restes de très 
curieuses peintures exécutées sur diverses couches d'enduits, par- 
fois superposées les unes aux autres, et appartenant au moins à deux 
époques différentes. Les plus anciennes remontaient au temps de 



I 



XCVII 

i'abbé Yves Tronsson, dont le blason apparaissait en deux endroits 
de cette décoration picturale. D'autres, d'après les particularités du 
costume des personuajfes, devaient dater du règne de I^uis XH. 
Leur ensemble était d'autant plus intéressant à étudier, que la 
plupart d'entre elles représentaient des sujets profanes, empruntés 
généralement à la littérature du moyen âge français. 

wM. Lécureux s'est attaché à faire connaître ce qu'étaient ces 
peintures, par des descriptions accompagnées de gravures repro- 
duisant des calques et des relevés pris sur place, et à déterminer 
le sens des sujets, tels qu'on pouvait encore les distinguer. Il a 
déployé dans cette élude, rendue délicate par l'état de détério- 
ration des originaux, beaucoup d'ingéniosité et de sens critique. 
Dans une des peintures, par exemple, il a très justement reconnu 
une fable souvent traitée par les moralistes du moyen âge, — -la 
fable de Falcidique et Véridique. Auprès d'une autre composition 
se lisaient quelques mots espacés, seuls subsistants d'une assez 
longue inscription presque entièrement détruite. Ces quelques mots 
cependant ont suffi à M. Lécureux pour lui permettre de restituer 
sûrement la totalité de l'inscription, grâce à une réplique du mèmiB 
texte qu'il a su retrouver dans un manuscrit de la Bibliothèque 
natiouale de Paris. 

ffLa destruction récente de ce logis abbatial de Clermont, si 
curieusement orné de peintures murales, est très regrettable. Il faut 
d'autant plus se féliciter que M. Lécureux ait eu l'heureuse pensée 
de conserver au moins le souvenir de l'ensemble constitué par ces 
intéressants vestiges de l'art français et qu'il soit arrivé à pouvoir 
les commenter avec tant d'érudite sagacité. - 

M. Salomon Reixach lit un rapport sur les Fonwdnnen mcddel- 
anden fran K. Vitterhets historié och antihuitels Ahademien, 1910: 

s Parmi les travaux publiés dans les Fomvànnen de 1910, j'ai 
remarqué un mémoire illustré de M. Andréas Lindblom, relatif à 
des broderies anglaises du xiv-^ siècle, appartenant à la précieuse 
variété dite opus anglicanum . retrouvées récemment dans l'église de 
vSkà, en Uppland; ce sont trois bandes d'une chape, plus lard fixées 
à un antependium qui a passé, en 1915, au Musée historiqu«:de 
Stockholm. Neuf scènes des Evangiles y sont figurées. M, Lindblom 
pense que ces broderies ont été exécutées à Londres même Mitre 
Archf.ologif.. — N" 2. 



iSaB et i35a. Il est revenu sur la question de Vopus anglîcanum et 
Jes spécimens de Skâ dans un article du Burlington Mngazine (février 
1916), sans connaître, semble-t-il, le chapitre que M. Migeon a 
consacré à cette technique dans son utile manuel : Les aris Au tissu 
(i909,p. i3o-i/n). Sur un point important, les deux archéologues 
sont d'accord, à savoir l'influence des miniatures des manuscrits 
anglo-saxons sur les brodeurs, fril y aurait là, écrivait M. Migeon 
«(p, i3â), les éléments d'une étude très neuve et très intéressante 
«à faire sur les rapports très étroits des deux arts, étude pour la- 
ce quelle il faudrait tout d'abord posséder admirablement la ques- 
wtion des miniatures des manuscrits anglo-saxons. 15 M. Lindblom, 
de son côté, s'exprime ainsi : ff Je suis tout à fait convaincu que les 
(f manuscrits à miniatures jouèrent un rôle très important dans les 
«ateliers de brodeure et que des recherches ultérieures ajouteront 
!fdes détails intéressants à nos connaissances sur ce sujet, w L'au- 
teur français cite des spécimens d'obus anglicanum qu'ignore l'auteur 
suédois, et réciproquement M. Lindblom a fait effort pour insti- 
tuer un classement des ateliers, et c'est là même ce qu'il y a de 
plus nouveau dans son travail. A un premier groupe appartien- 
draient les chapes du Musée Victoria et Albert, de Sion et de Daroca. 
Un second atelier, contemporain du premier, aurait produit une 
des chapes de Saint-Berlrand-de-Gomminges, donnée en 1809 par 
le pape Clément V, la chape de Vich, celle de la collection Butler- 
Bowdon et les broderies de Skâ. La chape de Saint-Jean-de-Latran, 
apparentée à celle de Saint-Bertrand-de-Gornminges, serait un peu 
pltts tardive; mais les scènes brodées sur la chape du Latran déri- 
veraient de dessins du même maîti*e que ceux qu'a suivis le brodeur 
de la pièce de Skâ. La date approximative des chapes de Skâ et du 
Latran (i325-i35o) résulte du rapprochement de ces œuvres avec 
cinq coussins de Calvvorth, au Musée Victoria et Albert, qui portent 
les armes de William de Clinton et de Juliana de Leyhurne, mariés 
en 1829; William mourut en i354. M. Lindblom a aussi allégué 
un argument pour attribuer Torigino de cette technique à un atelier 
de Londres. Sur quatre spécimens est figuré Kdouard le Confesseur; 
sur trois, le saint porte le modèle d'une église, ce qui paraît indi- 
quer une fabrique voisine de l'abbaye de Westminster, fondée par 
saint Edouard. 

«Comment une chape d'opm ungUcanum est-elle parvenue à la 
petite église paroissiale de Skâ? Au début du xiv" siècle, il y avait 



XCIX 

des relations actives entre l'Anglelerre et les pays str^ndinaTes. 
Des manuscrits anglais orn^ de minialui-es ont été importés en 

Suède à cette époque; c'est aussi de miniatures anglaises que pa- 
raissent inspirées les peintures murales des églises de BjôrsHter et 
dEdshult. L'église de Skâ est voisine du château royal de Svartsjô 
où résida parfois le roi de Suède, Magnus Eriksson (i 3 19-1 363), 
avec son épouse, Blanche de Namur. Ce serait aux relations de ce 
roi avec TAngleterrc et à sa piété que l'église de Skà aurait dû le 
beau tissu qui, oublié depuis longtemps, y a été découvert en 191Û 
et doit faire Tobjet dune publication de luxe que pre'pare le Musée 
historique de Stockholm. - 

M. Salomon Rïinaoh lit un autre rapport sur le tome XLII (191&) 
du BniUtin de la Société archèoh(pqnc du Finisse : 

trDans ce volume. M, le chanoine Abgrall a publié un très inté- 
ressant article sur douze mottes féodales des pays de Cornouaille 
et de Léon ; M. Louis Le Guennec y a ajouté la description de vingt 
mottes étudiées dans le pays de Morlaix (p. 5/i-io5). Au premier 
abord, fa motte peut être prise pour un tumulus antérieur a Tère 
chrétienne, et des confusions de ce genre ont souvent été commises; 
toutefois l'aspect ménïe des mottes présente des caractères parti- 
culiers, que M. Abgrall indique comme il suit : r Elles sont généra- 
ff lement placées sur la déclivité d'une colline, ou sur un promontoire 
(fs'avanoant en éperon dans une vallée, de manière à n'être facile- 
ff nient accessibles que d'un seul côté; de plus, elles ont leurs parois 
w beaucoup plus abruptes et sont entourées de douves larges et pro- 
ff fondes qui en rendent l'accès plus diflScile et l'assaut malaisé.» 
L'époque à laquelle appartiennent ces fortins ou refuges est difficile 
à définir, les fouilles qu'on y a faites n'ayant pas donné d'objets 
datés. M. Abgrall ne les croit ni ceitiques, ni romains; il les attri- 
bue, comme Arcisse de Caumont et VioUel-le-Duc, au x*^ et au 
XI'' siède. sans pourtant nier qu'il en puisse exister de plus an- 
ciens. On trouvera dans son mémoire le plan et la coupe de la 
motte de Coal Morvan, ainsi qu'une vue cavalière de la restitution 
qu'il suggère; daulres gravures donnent les plans des mottes de 
Castel-Coz, de Stang-Hohan, de Le Dréau. Un article subséquent 
do ménw vdnme, dà à M. Conen de Saint-Luc, déciit en détail les 
cdifires de la paroisse de Mahalon et insiste sur le donjon de Coat 



Morvan, antérieur à la fin du xi" siècle; cette date maxima est d'ac- 
cord avec celle qui a été adoptée par M. le chanoine Abgrall.n 

M. Héron de Villefosse entretient le Comité d'une communi- 
cation de M"" Augusla Hure, membre de la Société des sciences 
de l'Yonne, domiciliée à Sens. 11 s'agit d'un bénitier provenant de 
l'église Saint-Didier de Sens, actuellement connue sous le nom 
d'église Sainte-Matbie. M"^ Hure pense que ce bénitier a été taillé 
dans un fragment romain et, à l'appui de son opinion, envoie la 
photographie du molif ornemental qui en décore le pied. Le rap- 
porteur regrette de ne pouvoir se prononcer sur l'antiquité du frag- 
ment en question sans l'avoir examiné; il propose" de remettre la 
note de M"" Hure, et la photographie jointe, à M. Prou qui doit 
se rendre cet été à Sens; notre Secrétaire aura sans doute l'obli- 
geance de voir ce bénitier et de faire connaître au Comité son avis. 

M. Héron de Villefosse informe le Comité que sa communica- 
tion à la séance du mois d'avril dernier, au sujet des inscriptions 
romaines de Saint-Estève, lui a valu une lettre de M. Berniolle, 
professeur honoraire au lycée de Marseille et secrétaire de la Société 
d'archéologie de Provence. M. Berniolle estime qu'il faudrait joindre 
deux autres textes au groupe des inscriptions de Saint-Estève : 

1" Sur une pierre à sommet arrondi, trouve'e en 1888 près du 
château de Calissane, c'est-à-dire à trois ou quatre kilomètres au 
nord-est de Saint-Estève. La pierre a été réglée par le lapicide; les 
caractères sont mauvais : 

LONGINA-TIGORN 
NI-F 

(H. de Gérin-Ricard et Arnaud d'Agnel, Antiquités de la vallée de 
VArc en Provence, p. 187.) 

Cette pierre existe encore à Calissane, dans la cour du château 
oij elle est déposée avec d'autres restes antiques. 

2'' Sur une pierre à sommet arrondi qui se trouvait, en 1902, 
en dehors et à droite de la remise de M. Perrin^ au nord du hameau 



de Saint-Estève , avec d'autres pierres apporte'es, dit-on, de Cap- 
deuil : 

ALBANA 

«S.TVED1 

(H. de Gérin-Ricard et Arnaud d'Agnei, op. cit., p. 188, avec 
un dessin; Bulletin de la Société archéologique de Provence, n° XX, 
p. 817, note.) 

Cette pierre parait perdue; elie n'est probablement qu'égarée. 
Le groupe des inscriptions de Saint-Estève venant de Capdeuii, 
selon la tradition locale, se compose donc enre'alité de cinq textes. 

La séance est levée à 5 heures et quart. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

Maurice Prou, 
Membre du Coniilé. 



cil 



13 NOVEMBRE 1916. 



SÉANCE DE LA SECTION P'ARCHÉOLQGIE, 



PnÉSIDENCE DR M. HÉRON DE VILLETOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est iu et adopté. 

A propos de ce procès-verbal , M. Jullian fait part d'une note que 
lui a adressée M. de Gérin-Ricard sur les antiquités de Saint-Estève, 
près de Rognac (Bouches-du-Rhône), dont M. le Président a entre- 
tenu le Comité en ses séances d'avril et de juillet derniers. 

Notre correspondant a pu notamment constater qu'à Saint- 
Estève se trouvait un gué sur la rivière, et que là, par conséquent, 
devait passer une vieille route que M. Jullian croit être la route 
primitive du commerce marseillais dans la direction d'Arles, anté- 
rieure à l'époque romaine. 

M. Hkron de Villefosse annonce ensuite qu'il a reçu de son côté 
une lettre de M. de Gérin-Ricard, datée du 96 octobre dernier, 
par laquelle notre correspondant lui apprend qu'en passant par 
Calissane il a revu, sur sa demande, une inscription funéraire pro- 
venant de Saint-Estève et dont le texte avait été reproduit dans le 
procès-verbal de la séance du 10 juillet dernier. Comme l'avait 
pressenti notre Président, il faut lire Tigo7ii[i]ni et non Tigornni. 
M. de Gérin-Ricard a en effet constaté qu'il existe à la fin de la 
première ligne une cassure de la pierre qui a dû faire disparaître 
une lettre. Le texte doit être ainsi rétabli : 

LONGINA • T • F • TIGOElNi 
NI-F 
Il remercie M. de Gérin-Ricard de son empressement. 



I 



Aï. LR Prksidknt rend hommage à la mémoire du R, P. Thédenat, 
membre du Comité, dans les termes suivants ; 

Messieurs, 

«f J'ai à remplir un devoir douloureux. Il faut que je vous entre- 
tienne d'un collègue qui e'tait pour moi le meilleur des amis. 
Notre intimité remontait à notre jeunesse, à ces années lointaines 
qu'on n'oublie jamais et que nous avions passées côte à côte sur 
les bancs du collège : depuis soixante ans mon affection pour lui 
li'avait lait que grandir. C'est le temps, ce sont les épreuves de ia 
vie qui font apprécier les bienfaits d'une solide amitié. 

r Henri Thédenat était entré au Comité d'archéologie en 1898 : 
par sa droiture, sa probité intellectuelle, le charme de ses relations 
et de son esprit, par la bienveillance et la bonté qui rayonnaient 
de toute sa personne, il avait conquis tout de suite vos sympathies. 
De fréquents voyages en France au cours desquels son attention 
s'était portée de préférence vers les champs de fouille», vers les 
musées locaux et les collections particulières, plusieurs séjours pro- 
longés en Italie, à Rome, à Napïes, à Pompéi, où il aimait à se 
faire le compagnon d'études et souvent aussi le guide des jeunes 
membres de notre École française, avaient fait de lui un archéo- 
logue accompli. Latiniste excellent, il était depuis longtemps pré- 
paré à venir prendre place au milieu de nous. La sûreté de son 
jugement, le soin qu'il apportait à la rédaction de ses rapports 
ont contribué à nous rendre précieuse une collaboration qui a duré 
pendant dix-huit ans. Avec lui on n'avait pas à redouter la moindre 
blessure d'amour-propre chez nos correspondants; sa plume alerte 
savait envelopper ses critiques de compliments qui en adoucissaient 
la rigueur et les transformaient presque en louanges. Il connaissait 
à merveille les antiquités romaines de la Gaule; celles du midi 
lui étaient très familières : à diverses reprises il nous a entretenus 
des découvertes d'Arles, d'Aix, de Fréjus, de Cadenet, de Lectoure 
ou de celles qui nous étaient signalées sur le parcours de la 
grande voie Aurélienne dont il avait autrefois relevé les milliaires. 

tfAvec sa haute stature, sa figure distinguée, ses longs cheveux 
blancs, son regard ombragé d'épais sourcils noirs, il avait l'allure 
d'un de ces nobles abbés du xvii* siècle dont les images ont pour 
nous tant d'atiraits. L'esprit qui fait aimer la lutte et rechercher 
la bataille n'était pas le sien; la paix lui semblait infiniment 




préférable. Cependant ses ide'es lui étaient chères; il savait les 
défendre habilement, avec une opiniâtreté douce qui désarmait 
parfois ses contradicteurs. Sa simplicité et son enjouement dans 
la vie privée rappelaient les qualités souvent admirées du Père 
Malebranche, le grand Oratorien, si vivant encore par le souvenir 
sous les beaux ombrages de Juilly, et dont Tabbé Thédenat se plai- 
sait, quand il fut supe'rieur de cette maison célèbre, à louer lui- 
même la science et les vertus. 

ff Je n'ai pas à vous entretenir de ses publications qui vous sont 
connues et qui feront vivre sa mémoire. Aujourd'hui, j'ai voulu 
simplement rendre hommage à ses qualités morales, à la dignité 
de sa vie et marquer le concours qu'il a prêté à nos travaux. Au 
moment où la mort nous enlève ce collègue qui nous fut cher, nous 
ne pouvons pas oublier que son âme inébranlable demeura supé- 
rieure à la mauvaise fortune. Je suis certain d'être l'interprète de 
vos sentiments en exprimant ici le respect et l'affection qu'il nous 
inspirait, w 

Le Comité remercie M. le Président de s'êlre si éloquemmenl 
fait l'interprète des profonds regrets qu'il éprouve de la mort du 
R. P. Thédenat. 



MM. Schlumberger et Espérandieu s'excusent par lettre de ne 
pouvoir assister à la séance. 

M. Cagnat remet au Comité une communication de M. le colonel 
Hannezo sur une plaque de cheminée conservée dans un village 
de la Woëvre. ■ — Renvoi à M. Prinet. 

M. Cagnat dépose une autre notice du même correspondant sur 
une sépulture antique découverte sur le territoire de la commune 
de Sarry, près de Châlons-sur-]\larne. — Renvoi à M. Salomon 
Reinach. 



M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

; M* Plancouard , correspondant du Ministère, envoie deux notes : 
l'une sur la découverte d'un dolmen aux environs d'Epône (Seine- 



et-Oise), Tautre sur une hache de Tépoque néolithique, provenant 
du Soissonnais. — Renvoi à M. le D"^ Capitan. 

M. Luc de Saint-Ours adresse au Comité des notes sur la Lan- 
terne des morts de Sarlat (Dordogne). — Renvoi à M. Eugène 
Lefevre-Ponlalis. 

Le même correspondant envoie une autre note sur la grotte des 
Eyzies, près de Tayac (Dordogne). — Renvoi à M. Jullian. 

M. Sibillot envoie une note intitulée : «A propos du nom de Ver- 
cingétorix.^ — Renvoi à M. Babelon. 

Le Comité a reçu en don le dernier fascicule de archeologo 
Portuguès, publié par le Musée ethnologique portugais. 

M, Salomon Reinach est chargé d'un rapport sur cette publi- 
cation. 

M. Héron de Villefosse offre au Comité, de la part de M. Henri 
Aragon, un volume intitulé : Castell-Rossello au nmjen-âge. Ij antique 
Busciiio. Castel-PtoussiHon . Papier terrier de Castell Rossello, ^ota de 
Caphreu del Terme de Castell Ptossello {i âSi-iâôO). Documents inédits. 
Toulouse. Privât, 1916-, in-8" de 920 pages. 

L'auteur v publie le wCapbreu de Castell Roussillon», conservé 
aux Archives des Pyrénées-Orientales, instrument précieux pour 
faire connaître la valeur des terres à Castel-Roussillon, leur cul- 
ture, les chemins et les voies publiques qui sillonnaient les diverees 
propriétés au milieu du xv* siècle. Les noms propres, les noms de 
métiers, les noms de lieux que Ton rencontre dans les actes con- 
stituant ce terrier, méritent toute Taltention des érudits. 

Des remerciements sont adressés à M. Henri Aragon. 

M. Toutain offre au Comité le numéro d'aoùt-novembre 191 5 
de la revue Pro Alesia, dont il est le directeur. 

Des remerciements sont adressés à M. Toutain pour l'hommage 
d'une revue où il est rendu compte des fouilles d^Alesia auxquelles 
la Section d'archéologie s'intéresse particulièrement. 

M. Eugène Lefèvre-Poxtalis lit un rapport sur une commu- 
nication de M. Luc de Saint-Ours, concernant un chapiteau de 



l'église de Sarlat (Dordogne) qui représenterait Taventure de 
Joseph et de la femme de Putiphar. Cette note sera déposée aux 
Archives du Comité. 

M. Salomon Reinach rend compte d'un mémoire de M. Ledeuii 
d'Enquin, intitulé: ffLa Préhistoire à Semur-en-Auxoi8, capitale 
des Mandubiens, après le sac d'Alesiav. En i838, puis en i8/i3, 
des découvertes ont été faites au sommet du plateau de Semur; 
L. Nodot, directeur du Musée d'histoire naturelle de Dijon, a laissé 
quelques notes à ce sujet, que M. Ledeuil a reproduites. Elles 
signalent, sur plus de deux mètres de profondeur, une terre meuble 
où étaient entassés des ossements d'hommes et d'animaux, avec des 
cornes de cerfs entières et bien conservées ; la plupart des os d'ani- 
maux étaient des os de chien. «Sur la fin de iSh^ et au commen- 
cement de iSUli, au nord-est des premiers travaux, on creusa le 
sol (de l'hospice) pour construire une salle pour les vieillards, et 
l'on mit à découvert du terrain de transport sous lequel on trouva 
du crassier d'orfèvre et des fils d'or pur arrondis au marteau et 
non passés à la filière ; on trouva ensuite la terre meuble à osse- 
ments, comme dans les fouilles précédentes, et les fondations furent 
continuées jusqu'à la roche solide; cette roche était parsemée, çà 
et là, de petits puits ronds de 3o à /lo centimètres de diamètre, 
creusés de main d'homme, dans lesquels il y avait des ossements et 
des poteries gauloises. . . Sur deux fragments (de vases) sont des- 
sinées des frises en creux; les autres ne présentent que des lignes 
longitudinales ou des virgules faites par incision, et tous pré- 
sentent des lignes circulaires qui restent empreintes dans la pâte. . . 
La couleur de ces vases est noirâtre ; ils sont peu homogènes et con- 
tiennent tous une multitude de paillettes de mica et de grains de 
quartz et de feldspath . . . Ces poteries sont d'ailleurs informes et 
grossières; elles sont déposées au Musée de Semur. On a trouvé 
aussi dans les fouilles un scarabée ou bousier sacré des Égyptiens, 
sculpté en relief dans l'ophite dur. , .; cet ophite ne se rencontre 
pas dans notre arrondissement. . . Ces poteries, ces puits et ces 
ossements prouvent que cette partie du château était, du temps des 
Gaules, une place consacrée ayant à la fois le caractère funéraire 
et religieux.» Ces indications, confirmées par M. J. CoUenot en 
1873 [Description géologique de VAuxois, p. 489) sont malheureuse- 
ment trop vagues pour autoriser des conclusions. Le Rapporteur 



tlemande !« dép«H du mémoire de M, Ledeuil d'Enquin au Musée 
de Saint-Germain. — Adopté. 

M. Hérox de Villefosse communique, de la part de M. H. Rou- 
zaud, correspondant du Comité, une note relative à un fragment de 
vase d'Arezijo tiouvë à Xarbonne. et qui appartient à une réplique 
du vase de Verlault, publié dans le Bulletin de 1910 par le com- 
mandant Espérandieu'''. Le fragment de Narbonne représente la 
partie centrale du chariot avec son chargement ; certains détails 
semblent plus nets que sur l'exemplaire de Vertault. Il propose 
l'insertion au Bulktin de la note de M. Rouzaud, avec une repro- 
duction du moulage dont elle est accompagnée '-'. — - Adopté. 

M. Prou lit un rapport sur un fragment de sculpture, converti en 
bénitier, provenant de l'église Saint-Didier à Sens et signalé par 
M'*' Augusta Hure, membre de la Société géologique de France et 
de la Société des sciences de l'Yonne : 

«M"' Augusta Hure nous a envoyé, en juin dernier, la photo- 
graphie et la notice d'une pierre sculptée faisant partie de sa 
collection et provenant de l'église Saint-Didier de Sens, vulgaire- 
ment connue soua le nom d'église Sainte-Malhie. A la séance du 
(îomité du 10 juillet dernier, notre Président M. Héron de Ville- 
fosse nous a entretenus de celte communication. A sa demande, la 
Section d'archéologie sachant que je devais me rendre à Sens au 
cours de Tété , m'a donné mission d'examiner ce monument. 

wll s'agit d'une pierre que les grands-parents de M"* Hure lui 
ont dit être le bénitier de l'église Sainte-Mathie. et qu'ils avaient 
acquise il y a environ cinquante ans de l'entrepreneur chargé de 
travaux de restauration à ladite église. 

-C'est une pierre de calcaire jurassique tendre, de forme ronde, 
mesurant 2 m. 56 de circonférence et o m. 17 d'épaisseur. L'une 
des faces a été creusée en forme de cuvette peu profonde. L'autre 
face, c'est-à-dire le dessous du bénitier, est ornée d'un bas-relief 
ornemental consistant en un cercle central d'où s'échappent des 
rayons en forme de lame d'épée alternant avec des rayons ondulés, 
ou. pour mieux dire, flamboyants. 

(') Espérandieu, Noie sttr un fragment de vase d'Arezzo trouvé à Verlault, 
dans te Bulletin archéologique , iQiâ, p. 83, pt. ix. 

'*' I^ ComraunicatioQ de M. Rouiaud sera imprimée dans le volume du Bulle- 
tin archéologique de 1917. 



ffll est visible tout d'abord que la pierre a ëté remployée, comme 
Ta très bien remarqué M"* Hure. En effet, la forme circulaire n est 
pas parfaite; elle est même interrompue par un méplat, sans doute 
destiné à permettre d'appuyer la tranche de la pierre contre un 
mur, comme il convient à un bénitier, de telle sorte qu'en cet 
endroit les extrémités de trois rayons ont été tranchées ; d'autres 
rayons ont été également rognés; le motif central n'est plus exacte- 
ment au centre de la pierre. Enfin le centre a été bûché, comme 
aussi les rayons de part et d'autre suivant un des diamètres. Et ce 
bûchage résulte sans doute de la nécessité d'établir un support 
sous la pierre. M"" Hure, qui a fait ces observations, en conclut 
justement que la sculpture est antérieure à la transformation de 
la pierre en un bénitier par le creusement de la face lisse. 
D'ailleurs la pierre n'étant pas convexe, cette transformation une 
fois faite, la décoration du dessous n'était pas visible. 

tfMais, d'après M"* Hure, cette sculpture serait de l'époque 
romaine; nous serions en présence d'un de ces bas-reliefs retirés 
d'un ancien nmr, et peut-être même du mur d'enceinte dont les 
assises inférieures ont fourni les éléments d'un des musées gallo- 
romains les plus riches de France. Elle voit dans ce cercle entouré 
de rais un emblème solaire. Mais nous ne croyons pas que jamais 
les artistes de l'antiquité aient donné aux rayons solaires une 
forme flamboyante. Un grand nombre de monuments romains, 
bas-reliefs, statues, médailles, représentent le soleil sous la forme 
d'un jeune homme dont la tête est entourée de rayons; mais ces 
rayons sont toujours en forme de lame d'épée. Sans sortir de Sens, 
nous en trouvons un exemple dans un bas-relief du musée lapi- 
daire représentant un buste du Soleil, de superbe allure, à la tête 
radiée ('l 

ff Au contraire, les rayons en forme de flamme apparaissent fré- 
([uemment dans l'art religieux à partir du dernier quart du xv* siècle 
et pendant le xvi* siècle. A cette époque, les artistes commencèrent 
d'employer comme molifd'ornement un nimbe, ou, comme on dit, 
une gloire de rayons flamboyants, ou de rayons flamboyants alter- 
nant avec des rayons rigides, 

ffOn en orna les ostensoirs, de façon que l'hostie se trouvait au 



('' Mtisée gallo-1-omain de Sens , pi. IV, n" i ; Espérandieu , Recueil général des 
bas-reliefs, , , de la Gaule romaine, n° a 8 58. 



milieu de la {{loiro. On appliqua cet ornement à la coupe et au pied 
des calices. Cette gloire est aussi sculptée sur les murs des églises, 
et en ce cas elle encadre souvent le monogramme du Christ. La 
ressemblance entre le motif ornemental de la pierre de M"* Hure 
et celui qui fut employé' depuis les dernières années du w" siècle 
el surtout au xvi^ siècle dans l'orfèvrerie religieuse est frappante. 
On n"a (jue l'embarras du choix pour citer des pièces d'orfèvrerie 
ornées de la gloire rayonnante; Par exemple, nous rappellerons 
la moustrance dite de Charles-Quint, dont le centre est orné 
de rais droits et flamboyants alternants -•'. Un calice d'argent 
doré du xvi* siècle, de la cathédrale de Tours, montre la même 
alternance sous la coupe et sur le pied^'^'. Dans le département de 
l'Yonne, on conserve à l'église de Chitry un calice dont le pied et la 
patène sont ornés de la même façon. Et enûn, à Sens même, l'église 
Saint-Pierre possède aujourd'hui un calice offert vers iù8o à la 
cathédrale par l'archidiacre Louis de Mclun, dont la coupe et le 
pied sont ornés de rais tous flamboyants; un autre calice du même 
genre, mais postérieur d'environ soixante ans, celui du cardinal 
de Bourbon, se trouve maintenant à Ihôlel-Dieu de la même ville. 
Pour ce qui regarde 1» sculpture sur pierre, il me souvient d'une 
gloire à rais flamboyants au-dessus de la porte de clôture d'une 
chapelle du xvi^ siècle dans l'église de Semur. 

ffSi donc on ne connaît pas de rayons flamboyants, ni surtout 
cette alternance de rayons droits el de rayons flamboyants, sur des 
monuments antiques, et si d'autre part les auréoles composées de 
rayons flamboyants et particulièrement de tels rayons alternant 
avec des rayons rigides, comme sur la pierre de M"' Hure, sont 
fréquentes dans lart religieux à partir de la fin du xv^ siècle, 
n'esl-il pas logiquement vraisemblable que cette pierre a été sculp- 
tée au plus tôt à la fin du xv* siècle, et que, retirée d'un mur 
d'église, peut-être une façade, elle a été convertie en bénitier, 
d'autant plus volontiers qu'on pouvait trouver séant d'appliquer 
au-dessous d'un bénitier la même décoration qu'à la coupe d'un 
calice?-^ 

La note de M"' Hure sera déposée aux archives du Comité. 

' Mélanges d'archéologie du P. Cahier, t. I. p. 112, pi. XVHI , el Matiet , 
Cour» élémenlaire d'archéologie religieuse, t. II, p. aia-a/iS, fig. 101. 

-"' Exposition universelle de igoo. Catalogue officiel de l'Exposition rétrospective 
de fart français , p. 191. 



La Section d'arcliëologie la lemercie de lui avoir communi(|iië un 
monument intéressant cl dont Tàge pouvait donner lieu à une dis- 
cussion. 

M. Eugène Lepèvrb^Pontalis. cliaijjé d'un rapport sur le Recueil 
lie la C(»nmmion des nrls et monuments historiques de h Charente-Infé- 
rieure, f. XIX, 5* livraison (1915-1916), n'a trouvé mention dans 
ce volume (jue d'une seule découverte arehéologique : colle d'une 
cinquantaine de pierres triangulaires percées de trois trous, que les 
pécheurs de La Cotinière ont ramenées au jour depuis quelque» 
années. 

M. Paul Énard suppose que des bâtons fixés dans les deux trous 
inférieurs et une corde passée dans le trou supérieur |>erj)jeltaient 
d'utiliser ces pierres, du poids moyen de vingt kilogrammes, comme 
des ancres, à l'époque où la côte plus éloignée offrait un meilleur 
mouillage qu'aujourd'hui. 

M. Eugène Lefbtre-Portalis présente un autre rapport sur les 
Bulletins et Mémoires de la Société historique et archéologique de h Cha- 
rente, 1913 : 

ffPai relevé dans ce volume la découverte faite par M. Dela- 
main d'une défense d'éléphant dans la ballastière de Mainxe et la 
transcription par M. Moucier de quatre inscriptions des cloches 
d'Angeac-Charenle (1 798), de Saint-Amant de Graves (i6o5), de 
Graves (i5oo),d(' Saint-Même (1776), de Foussignac (1737), qui 
mentionnent le nom des fondeurs Barau et Le Brun. MM. George 
et Guérin-Boutaud décrivent avec soin les restes de ramphithéàtrc 
romain de (Ihassenon, qui comprennent dix piliers reliés sans 
doute par une voiHe en berceau annulaire dont on voit encore les 
arrachements. •>? 

M. J. TouTAiiN lit un rapport sur les lascicules 3 et /» du tome XX 
du Bulletin trimestriel de la Société archéologique de Touraine (S*^ et 
k^ trimestres 1916): 

«La majeure partie de ce double fascicule est occupée par des 
études d'histoire locale. 

'f Au point de vue ai-chéologique , le seul article qui doive attii-er 
notre attention est consacré par M. le comte Charles de Beatmiont 



I 



CXI 

au Trésorde Sauna If (Tndre-et-Loire). Ce trésor, forme de 9o3 mon- 
naies romaines, presque toutes de bronze, a été découvert en 1912 
dans le cimetière actuel de Saunay, l'ancien vicits Solonacensis du 
vi"" siècle, situé à la limite de la Touraine et du Vendômois, dans 
le canton de Chàteaurenault. Les 9o3 pièces appartiennent toutes 
à la période de vingt-trois années qui s'étend depuis Tavènement 
de Volusien en 261 jusqu'à la mort d'Aurélien en 276. Les plus 
nombreuses de beaucoup, près des trois cinquièmes do l'ensemble, 
119, sont à l'effigie de Gallien. Viennent ensuite, au nombre de 
48, les monnaies frappées sous Claude le Gothique; puis, fort loin 
en arrière, ik monnaies de Victorin le Père. 

ff A peine découvert, le trésor fut dispersé. M. le comte de Beau- 
mont ne nous dit pas comment : heureusement M. Descroix, de 
Chàteaurenault, membre de la Société archéologique de Touraine, 
garda cinquante-cinq pièces dont la description détaillée est donnée 
par M. de Beaumont : 2 de Volusien, 90 de Gallien, 1 de Salonine, 
9 de Postumus, 1 de Laelien, k de Victorin 'le Père, 1 de Marins, 
2 de Telricus le Père, 1 de Tétricus le Fils, i5 de Claude le 
Gothique, 3 de Quintillus, 3 d'Aurélien. Ce sont toutes de petits 
bronzes, sauf deux d'argent, l'une de Salonine, l'autre de Postumus. 
ff L'absence de toute monnaie de Probus, fait justement remarquer 
«M. de Beaumont, et la bonne conservation de celles d'Aurélien 
ff donnent à penser que ce petit dépôt fut confié à la terre vers 
ffl'an 275 après J.-C.w, Le trésor de Saunay était contenu, d'après 
les renseignements recueillis sur place par M. de Beaumont, dans 
une sorte de buire en terre, renfermée elle-même dans un coilVet 
de bois. Le dessin de la serrure en bronze de ce collret est joint 
au texte de la note. L'ou>erlure de la serrul^' est en forme d'équerre 
coudée à droite. ^ 

La séance est levée à 5 heures un quart. 

Le Secrétaire de la S«eiion d'archéologie, 

Maurice Pnou, 
Membre du Comité. 



11 DECEMBRE 1916. 



SEAJNCE DE LA SECTION D'ARCHEOLOGll 



PRESIDENCE DE M. HERON DE VILLEI'OSSE. 

La séance est ouverte à l\ heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu cl adopte'. 

M. E. Babelon et M. le commandant Espérandieu s'excusent par 
lettre de ne pouvoir assister à la séance. 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

La Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville de 
Draguignan demande une subvention en vue de publier un ouvrage 
de M. Z. d'Agnel d'Acigné sur la voie Aurélienne et les voies ro- 
maines secondaires de la Provence orientale. — Renvoi à M. Jullian. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
])ar l'auteur : 

La couronne du duc IJopold, par M. Léon Germain de Maidy, se- 
crétaire perpétuel de la Société d'archéologie lorraine, membre non 
résidant du Comité; 

Prétendues dtitcs du moyen âge en chiffres arabes sur des monuments 
de la Lorraine, par le même; 

Sur les K petits chevaux-n de Lorraine, par le mênie; 



CXIII 

Essai de restihition de qiiehiiies imcriptions versifiées, par le même; 

Vh vitrail de la collection Douglas vers ton 5 symbolisanl l'Immaculée 
Conception, par le même: 

/>«• monument funéraire de François Jacquet, curé de Véel, f i5yj, 
par le même. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés à M. Léon Germain de Maidy. 

M. le D' Capitan lit le rapport suivant sur deux envois de 
M. Plancouard, correspondant du Ministère : 

rM. Plancouard annonce qu'il a été' découvert récemment un 
nouveau dolmen aux environs d'Kpône (Seine-el-Oise). Il se trouve 
non loin de rhypogée d'Hébé et du menhir qu il a signalés, il y a 
(juelquc temps, au Comité. Mais il ne peut indiquer exactement 
encore l'endroit où il se trouve pns de La Villeneuve. A ce pro- 
pos, M. Plancouard affirme qu'en Seine-et-Oise il existe 5o dolmens 
et près de 60 menhirs. 

ffll annonce l'envoi d'un travail complet rendant compte de ses 
fouilles dans l'allée couverte de la bulle de Cléry, près de Magny- 
en-\exin, dont il a rJcemmont signalé au Comité l'intéressant 
mode de fermeture au moyen d'une véritable bonde de pierre d'assez 
grande dimension, obturant un orifice circulaire creuse' dans une 
dalle fermant l'allée couverte. 

«M. Plancouard envoie, en outre, le dessin d'une pierre qu'il 
dit être taillée et avoir été trouvée en février 1916 avec quelques 
autres aux environs de Chassenay dans le Soissonnais. Elles auraient 
été mises au jour dans un trou d'obus et recueillies par le caporal 
Pécheux avec quelques grattoirs. D'après notre correspondant, il 
s'agit d'une hache néolithique. Le dessin très rudimentaire (ju'il 
adresse parait bien plutôt figurer une hache acheuléenne gros- 
sière. V 

M. LE Secrétairk donne lecture d'une note de M. le commandant 
EspÉRANDiEL sur Une entrave à cadenas trouvée au Mont Auxois : 

ffJ'ai l'honneur de communiquer à la Section d'archéologie un 
objet découvert en 1916, au lieu dit la Fandrolle, sur le Mont 
Arcbkologib. — N" 2. „ 



Auxois, dans une couche de décombres gallo-romains, d'où pro- 
viennonl aussi des monnaies du i*' siècle. 11 s'agit d'une eniravc 
à cadenas. 

ffDans le Dictiofinairc des antiquités grecques et romaines, ï'enirave 
antique est ainsi décrite : 

«• Compes, TséS-n, entrave qu'on mettait aux pieds des prisonniers 
«•et des esclaves soit pour les punir, soit pour les empêcher de 
tfs'échapper. Ordinairement deux anneaux fixés aux chevilles (oj/h- 
vpedis orbes, Tsé^wv xp/xovs) sont réunis par des chaînons ou des 
tf cordes à un troisième anneau placé entre les jambes, lequel est 
(f relié à la ceinture par une autre attache. D'autres fois, la chaîne 
ffqui réunit la ceinture aux entraves des pieds descend le long 
ff d'une des jambes. ^^ 

ff L'auteur de l'article, M. Saglio, pensait que le même nom 
s'appliquait aussi «a tout lien, quelle qu'en fût la matière et la 
ff disposition , qui tenaient les pieds enchaînés; à ceux qui, placés 
tra l'extrémité d'une chaîne, attachaient un prisonnier à un mur 
ffou à un poteau, aussi bien qu'à ceux qui laissaient une certaine 
ffliberté de mouvements, et même aux ceps qui rapprochaient les 
ffdeux pieds d'un condamné, de manière à le réduire à l'immo- 
ffbilité.w 

«M. Saglio cite un exemple de compes de cette dernière sorte, 
constitué par deux colliers que réunissait une serrure. Il ne paraît 
pas avoir connu d'autres modèles pouvant être utilisés différem- 
ment. Déchelette a rencontré de ces modèles. Dans le troisième 
volume de son Manuel, on trouve une description sommaire de trois 
entraves à cadenas provenant de la station du Petit-deusol, à 
Chalon-sur-Saône. L'une est intacte. Les diverses parties de l'autre 
sont agglutinées à une pointe de lance et à une clef en S du type 
de Stradonitz. La troisième fait partie d'un autre conglomérat 
d'objets de fer où elle se trouve placée entre une hache et un frag- 
ment d'épée de la Tène IL Mais, comme M. Saglio, Déchelette 
suppose qu'il s'agit d'objets ayant servi pour des prisonniers ou des 
esclaves. Pour ma part, je serais assez porté à leur attribuer un 
autre usage. Les pièces décrites par Déchelette, de même que celle 
découverte depuis. peu au Mont Auxois, sont, je crois, des entraves 
de chevaux. 

cfL'cnlrave, de o m. /i6 de long, que je possède se composait, 
comme on le voit par la figure, de doux parties constituées 



cbacuae par un collier ouvert, pourvu de deux anneaux dont l'un 
était lUwe et Faulre relié à la languette ou à la serrure proprement 
dite dun cadenas prismatique. Jesupiwse que, pour entraver le cheval 
par devant , on passait la languette ou la serrure dans l'anneau libre, 
en formant comme une sorte de nœud coulant autour de chaque 
paturon. On eût ensuite introduit la languette dans la serrure, 
mis une clavetl* (qui est encore visible et réunissait les deux élé- 
ments du cadenas), puis donné un tour de d^qui empêchait de 
retirer la clavette. 




Entrave de fer 
trouvée au Mont Atuois. 



f L'entrave de Fer sans cadenas est employée dans le Midi de 
la France. Les deux colliers, réunis par une chaîne, s'ouvrent vers 
Vextérieur et sont fermés par un anneau mobile. Le système est 
extrêmement simple. Si les paysans des époques gauloise et gallo- 
romaine ont fait usage d'un mode d'entrave plus compliqué, on en 
conçoit aisément la raison. Ils se prémunissaient de la sorte contre 
le vol de leurs animaux, bien plus à craindre que de nos jours, par 
suite de Tinsécurilé générale et de la difficulté des communica- 
tions. -^ 



M. JiLLu.N lit un rapport sur deux notes de M. Luc de Saint- 
Ours, l'une sur la construction de l'amphithéâtre dit Palais de Gai- 
lien, à Bordeaux, l'autre sur les signes hie'roglyphiques à la Grotte 
des Eyzies. Il propose de déposer ces notes aux archives du Comité 
et d'adresser des j^merçiements à l'auteur. — Adopté. 



M. Max Prinet lit un rapport sur une plaque de cheminée, donl 
M. le lieutenant-colonel Hannezo, correspondant du Ministère, a 
envoyé le dessin au Comité : 

ffM. le lieutenant-colonel G. Hannezo a envoyé au Comité le 
dessin d'un contre-cœur ('' qu'il a trouvé à Broussey en Woëvre 
(Meuse). C'est une plaque de fonte, mesurant i m. 07 de largeur 
et m. 97 de hauteur, qui présente un fronton chantourné, sou- 
tenu par deux consoles renversées, ornées de têtes de lion saillantes. 
Le décor est formé d'un écu à trois fleurs de Us, inscrit dans un 
cartouche, entouré des colliers de Saint-Michel et du Saint-Esprit, 
timbré d'une couronne fermée, fleurdelisée, et supporté par deux 
hommes barbus assis (sans doute des Hercule). L'ensemble du 
motif armoriai est placé sur un manteau doublé d'hermine. 

ff Ce blason est celui du roi de France. La seule particularité qui 
le difïe'rencie des représentations habituelles des armoiries royales 
consiste en ce que les supports sont des hommes barbus, et non pas 
des anges. 

ffLe style de la décoration paraît indiquer que cette plaque 
a été exécutée au xviii" siècle. On sait que la fonte des contre- 
cœurs était pratiquée, à cette époque, dans de nombreuses usines 
champenoises et lorraines. Il est inutile, je pense, défaire observer 
que les armes de France constituent un décor banal, qu'on les 
trouve souvent dans des maisons particulières, sur des conlre- 
cœurs qui ne paraissent pas provenir de maisons royales. 

ffJe pioposc au Comité d'adresser des remerciements à M. le 
lieutenant-colonel Hannezo. w 

M. Salomon Hkinach présente un rapport sur des armes trouvées 
dans une sépulture à Sarry (Marne). Il reviendra sur ces intéres- 
sants objets quand il aura reçu de M. le lieutenant-colonel Hannezo, 
qui en a envoyé les dessins au Comité, quelques renseignements 
complémentaires. 

M. Héron de Villefosse développe quelques remarques à propos du 
vase d'Arezzo trouvé à Vertault, et publié par M. Espérandieu dans 

(') Contre-cœur : «plaque de fer qu'on attache contre le milieu du mur de la 
cheminée pour ie conserver et pour renvoyer la chaleur. » Dict. Acad. franc. 



I 



— cmi — 

le Bulletin archéologique ^^\ et du fragment d'un autre exemplaire du 
même vase trouvé à Narbonne, et signale' par M. Rouzaud^^'. Il re- 
connaît une outre dans l'objet posé sur le chariot qui forme le motif 
principal de la décoration du vase. Il traite du transport du vin 
dans des outres à l'époque romaine. La note de M. Hëron de Ville- 
fosse sera imprimée dans le Bulletin archéologique'^'. 

M. Héro> de Villefosse lit ensuite un rapport complémentaire 
sur les fouilles du regretté M. Thiers à Castel-Roussillon , l'antique 
Bmnno. Il présente la synthèse des découvertes de notre confrère, 
et il drosse l'inventaire des menus objets trouvés au cours des 
fouilles, particulièrement des poteries inscrites, poteries grecques 
et ilaliotes. Le rapport de M. Héron de Villefosse sera imprimé 
daus le Bulletin archéologique'^^' . 



M. JiLLux communique au Comité une lettre de M. l'abbé 
Chaiilan, correspondant du Ministère, sur une inscription romaine 
de La BasIide-des-Jourdans (Vaucluse, canton de Perluis) : 

ffEn 1866, écrit M. l'abbé Chaiilan, Garcin d'Apt signalait, sur le 
territoire de La Bastide-des-Jourdans, une énorme pierre en forme 
de fût de colonne : «La longue inscription dont on voit les traces 
ra tellement été altérée par les injures du temps et des hommes 
fque l'on ne distingue plus que trois lettres de la dernière ligne, 
''RES,qui peuvent s'appliquer au mot RESTITVIT(^). 

«M. Hirschfeld a reproduit ce texte dans le Corpus inscriptionum 
latinarum. t. \Il, n" 5696. et M. Clerc l'a copié aussi dans son 
Aquae Sextiae, p. 53/i, et appendice, p. 62 1. 

«La photographie que je vous envoie vous convaincra que, dans 
les deux dernières lignes restantes, il y a autre chose que RES. Je 
suis allé à la recherche de ç?tte colonne. Elle est à La Bastide-des- 



'"' liullelin nichèiAnipque , \Q^\'), p. 83, pi. IX. 

'*' Voir plus liaut, p. »;?ii, séance du i3 novembir tijiO, p. ti. 

'* Le rapport de M. Héron de Villefosse sera imprimé dans le volume du 
liullelin airhéolugifjtie de 1917. 

*' Ce rapport sera imprimé dans le volume du Bulletin archéologique de 1917. 

*' Garcin, Aimnles de la Société littéraire, sàetUifique et arlutique dAfl, 
i8(îG, p. «)G. 



Jotirdans, au quartier dil du Plan, à t,5oo mètres environ h Touest 
du viHage, sur le vieux chemin d'Apt à Vitroles, par la liaule mon- 
tagne du Luberon. La colonne a été coupée. Klle mesure aujour- 
d'hui 1 m. 10 de haut Sur o m. 65 de diamètre. La nature de la 
pierre est étrangère à la localité; le grain très fin et la couleur 
blanche peuvent lui faire attribuer Apt pour origine, car il y a 
à Apt des carrières fournissant dos pierres de celte sorte. En haut 
et en bas de la colonne, il y a un trou; peut-être a-t-elle servi de 
support à une croix; peut-être et plutôt a-t-èlle servi de rouleau 
pour le dépiquage du blé, car c'est l'usage eh Provence d'égrener 
le blé eti le foulant à l'aide dé rouleaux de pierre traîfte's par dés 
chevaux. A noter que !a colonne se trouve près d'une source, sur le 
chemin en face de la propriété Ribe, remplie de débris romains. 
Il y avait là, sùren'ient, une villti; des substructions, des briques, 
des piédestaux , des amphores en témoignent. 

frj'ai eu beaucoup de mal à faire ressortir les lettres couvertes de 
mousse. H m'a semblé que les lettres E B de la dernière ligne étaient 
plus fraîches; peut-être a-l-ou essayé de les refaire, il y a peu de 
temps, w 

M. JuLLiAN propose de cette inscription la lecture suivante : 

C T V M R V S 
y 
EBRVLLI -F 



et, en s'aidant des répertoires onomastiques , 

[Ve]ctmnarus 
[R]ebrulli fiiUus). 



Lecture est donnée d'un rapport de M. ÎÎabklon sur une commu- 
nication de M. Ch. Sibillot concernant le nom de Vercingétorix. 

Le Comité décide de déposer la note de M. Sibillot aux archives 
du Comité. 

U. DuRÎiiEi! lit le rapport suivant sur le BulMn de la Commis- 



I 



sim hûttmffue et arrkéolofritptt île hi Matfenne, 9* série. I. WMI 
(.9.G): 

wCe fascicule ne renferme, en fait d'élu Jes se rapporlaul à 
Tarchéologie, que le début d'un travail de M. Guy Ramard, sur h 
Château des Vaux en Champcon, manoir dont la partie la plus an- 
cienne paraît remonter au xv* siècle, et qui se tiouve «à une di- 
ffzaine de kilomètres de Mayenne, sur le territoire de la commune 
«de Champéon, et légèrement à droite de la route nationale qui 
r gagne Alençoni}. 

trCe travail, étant seulement en cours de publication, ne se 
prête pas encore à un jugement d'ensemble. Mais ce que l'on peut 
dire dès maintenant, c'est que, accompagné de plans, de reproduc- 
tions de photographies et de dessins, il est fait avec soin et dénote 
un très louable souci de relever les moindres détails susceptibles 
d'offrir de l'intérêt. 75 

M. LE Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. le comman^ 
dant EspÉRA>DiEU sur le Bulletin de la Société scientifique et littéraire de 
Béziers : 

«•La 2" livraison du tome X (3"' série) du Bulletin de la Société 
scientifique el littéimre de Béziers est remplie en grande partie par 
un mémoire de 70 pages ayant pour litre : Le temple de Vénus, près 
de Vendres, el son emporium phocéen de Villelongue; les Latoniens de 
Longos ou I^ngostalètes ; premier essai sur tws oingines. 

«L'auteur de ce mémoire est M. Félix Mouret, déjà connu des 
archéologues par une importante étude, un peu hasardeuse toute-- 
lois, sur Sulpice Sévère à Primuliac. Après avoir obtenu la permission 
de faire des fouilles dans la partie de l'étang de Vendres qui 
contient les ruines d'un édifice décrites en 1628 par Anne de 
Ruhuan, M. Félix Mouret s'est rendu acquéreur de remplacement. 
Il a pu l'étudier à loisir et fiiire procéder à des recherches qui lui 
ont permis, dit-il, de (t reconstituer le plan à peu près complet du 
ffmonumentî5. Les chapitres 11 et m du travail sont exclusivement 
consacrés à ces recherches. M. Mouret décrit parfaitement ce qu'il 
a fait, et le plan qu'il publie permet bien de se rendre compte de 
la forme des substruclions, qui ne sont pas nécessairement celles 
d'un temple, contrairement à l'opinion courante. Mais, en vou- 
lant tout expliquer. AI. Mouret risque fort d'avoir commis des 



erreurs. A Ten croire, une des pièces serait le logement de la Pythie 
et des Vestales, une autre aurait servi de corps de garde, une 
troisième était la chambre des offrandes. Une simple niche, à 
l'angle d'un mur, est considérée comme l'emplacement de la statue 
vénérée, etc. Il y a véritablement en tout cela une part Irop grande 
d'imagination, qui gâte un peu l'ensemble du mémoire. 

ff Après avoir exposé les résultats de ses recherches sur le ter- 
rain, M. Mouret, dans d'autres chapitres, s'efforce d'établir que 
les Longostalètes r étaient les Latoniens (c'est-à-dire les fervents 
de Diane) de Longos, ou de Ville-Longue, emporium phocéen de 
Vendresw, Son hypothèse est, en grande partie, fonde'e d'abord 
sur l'attribution à Vendres d'une catégorie de monnaies bien 
connues, ensuite sur une 'tradition locale wd'après laquelle les 
ffVendrois ont toujours cru que leur village avait eu pour berceau 
ffune bourgade oubliée portant le nom de Ville-Longue». Mais 
l'accord sur la provenance et l'interprétation des monnaies dites des 
Longostalètes n'est pas établi , et la tradition orale des Vendrois est 
un te'moignage bien fragile. Le mémoire de M. Mouret n'en de- 
meure pas moins insiruclif. Il est d'ailleurs accompagné de quinze 
planches reproduisant la totalité des découvertes. On observe que 
la décoration de l'édifice se composait, par endroits, de coquil- 
lages incrustés. Celte particularité a déjà été signalée en d'autres 
lieux, notamment à Billion, dans les Côtes-du-Nord. 

ffLe reste de la livraison que vient de faire paraître la Société 
scientifique et littéraire de Béziers n'intéresse pas l'archéologie. 
Mais l'ensemble de cette livraison témoigne d'une activité qui mé- 
rite de grands éloges. ^î 

M. le commandant Espérandieu a envoyé un autre rapport sur 
les 3", U^ et 5" livraisons du tome XLIII du Bulletin de la Société 
historique et archéologique du Périgord : 

«Malgré les préoccupations de l'heure actuelle, la Société histo- 
rique et archéologique du Périgord, présidée par M. le marquis 
de Fayolle, poursuit inlassablement ses travaux. Ses bulletins 
paraissent avec une régularité remarquable. Celui des mois de 
juillet-août 1916 a vu le jour. Comme les précédents, depuis le 
1*" janvier derniei-, il ne contient aucune étude qui se rapporte 
à l'archéologie. Mais les érudils ne peuvent manquer de trouver, 



CXXl — 

dans chacun de ces bulletins, des renseignements surtout histo- 
riques de beaucoup d'intérêt. r> 

M. JoLLiA.x, chargé d'un rapport sur le Bulletin de la Société 
Ramond de Tannée 191 4, a constaté que ce volume ne contient 
aucune étude archéologique. 





Fig. I et 9. — Statues de pierre trouvées en Portugal, 
d'après YArcheologo Portug^uès. 



M. Salomon Reinach rend compte du volume XX (191 5) de la 
revue archeologo Porhtgiiès. publiée par les soins du Musée ethno- 
logique de Lisbonne : 



«La province espagnole de Galice et la province portugaise de 
Tras-os-Monles ont donné un petit nombre de statues de pierre, 
représentant des guerriers aimés, dont l'intérêt pour l'archéologie 



lushaiïienne a déjà éié plus duno fols signalé ^'). Le J}" L. de 
Figueiredo da Gueira en a découvert deux nouveaux exen)j)kipes 
qu'il a publiés à Viaua en 1911, et qu'a réédités avec un long 
commentaire M. F. Alves Pereira, dans VArcheologo Porluguès de 
1915 (p. 1 à 16). Ces deux statues (fig. 1 et 9), l'une et l'autre 
sans tête ni pieds, sont particulièrement curieuses à cause des 
ornements en creux dessinés sur le costume et sur l'armure (spi- 
rales, imbrications, étoile j\ rayons incurvés). Le large poignard 
qu'un des guerriers tient de la main droite ressemble à des types 
du premier âge du fer (Hallstatt II). Alois qu'on était autrefois tenté 
d'assigner ces grossières figures aux environs de l'ère chrétienne, il 
paraît aujourd'hui qu'elles sont notablement antérieures, bien qu'on 
puisse admettre, dans ces provinces un peu isolées, une longue sur- 
vivance des types sculpturaux et décoratifs, w 

M. Héron de Villefosse rend compte du Bulletin de la Société 
d'archéologie et de statistique de la Drame, année 191C, 196® livrai- 
son : 

ffCe fascicule renferme deux articles rentrant dans le cadre de 
nos études. Le premier, dû à M. G. Faurc-Biguet , a pour titre : 
Encore Vilinéraire d'Annihal dans les Alpes (p. 180 à 201). C'est 
une question qui a été bien souvent débattue et qui fait encore 
l'objet de discussions passionnées. Tout le monde s'accorde à placer 
le passage du Rhône aux environs d'Orange. L'auteur suppose 
qu'après avoir franchi le Rhône, Annibal se dirigea vers l'Est pour 
gagner la bonne route, puis tourtia à gaucbe chez les Tricastins; 
il aurait ensuite continué sa marche dans la vallée du Rhône en 
suivant la frontière ouest des Voconces, parallèle au fleuve, jusqu'à 
la rencontre de l'Isère dont il remonta le cours en longeant la fron- 
tière nord des Voconces jusqu'aux environs de Saint-Pierre-d'Albi- 
gny. L'armée carthaginoise aurait franchi les Alpes au col de 
Clapier. Dans une étude très détaillée, publiée en 191/i, M. Henry 
Ferrand s'est également déclaré partisan du passage d'Annihal par 
le col de Clapier. L'armée serait descendue en Italie par la vallée 
de la Doire ripuaire, pour atteindre la plaine du Pô. 

«Le second article est un fragment dune étude sur Valence 

'" Voir surtout P. Paris, Bulklin hispanique, t. XIII, p. 197 et suiv. 



01X111 

antique, par M. ^falills Villaicl (|». tîo-^ à -n-?.). On y trouvera un 
plan (If toile ville ;i ré[)0(Hie anti(jue et une leoonslilution imagi- 
naire de ses nionuinenls, due à un iirlisie de Valenee, \\. Louis 
Ageron. - 

La séance est levée à 5 heures un quart. 



f.p Serrptairfi dt> la !>fii'tion d'archéologie, 

Maurice l'Hur. 
MiMiilue dii (iotnité. 



11 JANVTim 1916. 



SE4NCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 



PRKSIDKNCE DE M. HKRON DK VH-LEFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. Merlin, membre de la Commission, fait hommage de la 
seconde édition du duide du Musée Alaoui qui vient de paraître. 

Le R. P. Delattre offre une brochure intitulée : Un fragmonl de 
Ininpe chrétienne et une lampe entière. 

Ces brochures seront déposées à la Bibliothèque nationale et des 
remerciements sont adressés aux auteurs. 

M. Merlin a envoyé un rapport où il fait connaître un certain 
nombre de découvertes archéologiques récemment survenues en 
Tunisie : 

1° MM. Bourgey et Grenier-Laforet ont offert, en mai 191^, au 
Musée du Bardo, -- outre quelques pièces de céramique que j'ai 
précédemment signalées'*' et des monnaies d'argent du roi Juba II 

'•) Bull, archéol. du Comité, 191 5. p. CLxni-ci.xiv, cxci-cxcn (Commission de 
l'Afrique du Nord, 1916, procès-verbaux d'avril, p. xvu-xvui; de juin, p. xin-xiv). 



Bnixnm ABcaioLoeiQUB, 1916. 



PI. XXVUI, p. CHT. 



■wm- 



™j 




EL-AOUJA (Tunisie). 

VASE DE TERRE ROUG: 
SATYRE ET PANTHÈRE. 



1 



provenant de la trouvaille faite au iMaroc en 1907, — un certain 
nombre «le jolis vases en terre rouge le'gère et fine, ornés, sauf un 
(notre n" 6), de reliefs d'applique. La plupart d'entre eux, onze 
sur douze, ont été recueillis dans la ne'cropole romaine d'EI-Aouja, 
où ils ne constituent d'ailleurs pas une nouveauté <•); le douzième 
(notre n" û ) a été exhumé à El-Djem, où des vases de ce genre ont 
également été récoltés à plusieurs reprises t^). Grâce à ce don im- 
portant, notre série des poteries de fabrication locale, rappelant les 
produits des officines d'Arezzo. a reçu une extension particulière- 
ment notable; par le nombre de spécimens comme par la variété 
de ses formes et de ses reliefs, elle constitue aujourd'hui un en- 
semble de premier ordre pour l'étude des aleliers africains sous 
l'Empire. 

Voici la description des douze vases que nous devons à la géné- 
rosité de MM. Bourgey et Grenier-Laforet : 

i" Petite œnochoé ressemblant à un alabastre : panse tron- 
conique renflée, large près de la base, étroite à l'ouverture qui est 
entourée d'une collerette plate (hauteur, o m. i65); pied circu- 
laire peu élevé. Dans les intervalles déterminés par trois colonnes 
de style fantaisiste, dont les chapiteaux comportent deux séries de 
volutes ioniques superposées et dont le fût est à la fois cannelé et 
torse, on rencontre successivement au-dessous d'une guirlande un 
personnage à tète de Satyre et un singe : a. celui-là (pi. X.X.ViIÏ), 
barbu, deux grandes cornes lui émergeant du front, n'a qu'une 
ceinlvire autour du ventre, s'avance à grands pas vers la droite et 
tient par la laisse une panthère qui se dresse contre lui et dont il 
caresse le dos de la main droite tout en la regardant (^J; b. le singe 
est assis de profil à droite, sur le sommet d'une colonne dont le 
.-bapiteau est à deux séries de volutes ioniques superposées et dont 

(') Vases analogues découverts à El-Aouja, dans le Bull. archéoL du Comité, 
1914, p. CU.IX et cxcix; 1915, p. clxxtii (Commission de l'Afrique du Nord, 
procès-verbaux de mai, p. xix). 

W Bull, archéol. du Comité, 1910. p. ccx-ccxi; p. ccxli; 191a, p. ccxv-ccxn; 

191/i, p. CLII. 

^ ('^ Ce relief a déjà été relevé sur un vase analogue (La Blanchère et Gauckler, 
Cat. du Musée Alaoui, p. 986, n" 909 et pi. XLII), mais il a été décrit à tort 
ime représentant Actéon attaqué par un de ses chiens. (Cf. Déchelelte, Vaset 
mimiques orné» de la Gaule romaine, t. II, p. 1175-176, c). 



le iiil, 1res court, est à la fois cannelé et torse; Tanimal a devaut 
lui une sorte de boule sur laquelle il pose la main droite; sur sa 
tête et sur son dos se déploie une ëfoffe ou plutôt une j)eau de bêle. 
Le troisième compartiment, comme à l'ordinaire moins large quêtes 
deux autres, était occupé par Tanse qui manque totalement aujoui- 
d'bui. Autour de rorifice règne une bande large de o m. 029 à un 
niveau 1res légèrement en contre-bas, sur laquelle se détachent 
trois coquilles Saint-Jacques, situées à peu près exactement au- 
dessus de chacune des colonnes. 

9° Petite œnochoé à panse tronconique, analogue à la précé- 
dente, mais plus effilée à la partie supérieure et moins ventrue; 
le pied est un peu plus élevé. Tout le haut du vase a disparu (hau- 
teur actuelle, o m. i3). Dans les intervalles détermine's par des 
lignes de rinceaux dressées verticalement, on voit : a. une cou- 
ronne à lemnisque; b. un pugiliste (pi. XXIX) dans l'attitude du 
combat; il se tient en garde à gauche, h; corps l'ortenient musclé 
complètement nu, les poings fermés, le droit avancé, le gauche 
retiré en arrière, la tête renversée, les cheveux semblant réunis 
en toupet sur le sommet du crâne. Dans le troisième panneau est 
fixée l'anse décorée d'une palmette. 

3° Petite œnochoé, de même forme que notre n° 2, également 
décapitée (hauteur actuelle, o m. io5). Même division en trois 
compartiments séparés par des palmes verticales. Dans deux d'entre 
eux, un lion, ici bondissant à droite, là fonçant à gauche, la tête 
tournée de face; l'anse est cassée. 

h" Petite œnochoé à panse rebondie de forme tronconique, à 
large ouverture munie d'un rebord plat (hauteur, o m. i4), montée 
sur un pied circulaire assez élevé. Le parti de la décoration est le 
même que dans les n°' 1 à 3. Trois palmes verticales délimitent 
autant de panneaux dont deux contiennent des reliefs, dont le troi- 
sième recevait les points d'attache de l'anse, maintenant brisée au 
ras de la panse. Les deux sujets, disposés chacun au-dessous d'une 
guirlande, sont : a. une Bacchante, vêtue d'une tunique courte, les 
pieds chaussés, qui s'avance à grands pas vers la droite, portant 
le thyrse dans la main gauche élevée, tenant de l'autre raaiin 
abaissée le bout d'une draperie qui lui flotte au-dessus de la tête; 



Bulletin AHCHéoL<»8iQBi,''igi6. 



PI XXIX, p. «xTi. 




EL-AOUJA TUNISIE] 



VASE DE TERRE ROUGE. 
PUGILISTE. 



Bdlletim archéologique, 1916. 



PI. XXX, p. CXXTII. 




VASE DE TERRE ROUGE. 
AMOUR SUR UNE AMPHORE ET TENANT UNE VOILE. 



b. UB Amour, de pioliljj droite, debout sur une graade amijhore 
courhée, tenant devantlui à bout de bras une étoffe que gonfle le veol 
et qu'il paraît maintenir au bas du pied gaucbe avancé (pi. XXX). 
Cm vase provient d'EI-Djem. 

5° CEnochoé à long col pourvu à peu près aux deux tiei-s de sa 
liauteur d'un bourrelet saillant (hauteur, o m. 18); l'anse arrondie 
est rehaussée d'une pal mette entre les folioles 
de laquelle s'alignent des globules. Sur la 
panse, trois palmes verticales dont deux sont 
mal venues, entre lesquelles on trouve : a. un 
chien courant à gauche ; b. un homme court 
vêtu, s'avançant à grands pas vers la gauche, 
la main droite levée en l'air, la gauche abais- 
sée : c'est un chasseur dont un relief déjà 
publié ^'K et produit d'ailleurs par une autre 
matrice que le nôtre '^s donne une image plus 
complète et qui devrait traîner par les pattes 
de derrière la dépouille d'un animal qui a été 
assez gauchement supprimé ici. Entre les deux 
autres palmes vient aboutir le pied de l'anse. 
Deux filets en creux sur l'épaule du vase. 

6° OEnochoé à panse sphérique (fig. 1) 
supportée par un petit pied et surmontée d'un „. 

long col (3) (hauteur, om. 19); l'anse, grande El-Aouja (Tunisie^ 
et incurvée, est agrémentée sur le dessus (Enochoé 

d'une palmette. Ce vase, dun galbe extrême- ^' ^^'"'^ '^"S"' 

ment élégant, ne présente aucun relief d'applique. Il otTre deux 
particularités curieuses : en haut, le goulot est presque entièrement 
obturé par une calotte bombée, forée en son centre d'un orifice 
rond assez étroit; le fond du vase, dautre part, est percé de neuf 
petits trous, un au milieu, huit au pourtour. 

C' Bull, archéol. du Comité, igtS, p. clutiii-clxiix (Commission de l'Afrique 
(lu Nord , 1910, procès-verbaux de mai , p. xx-iti ). 

'*' Notre personnage est plus petit que l'autre, mais a exactement la même 
attitude que lui. » 

''' Une partie du col en haut e*t cassée, mais l'éclat, qui se raccorde exacte- 
ment, a été recollé, et l'objet est complet. 




7° Amphoro à pied élevé et à large col, qui est accoste' de 
deux anses incurvées, décorées d'une palraett<! entre les folioles de 
laquelle s'alignent des globules. Le haut du col et une des anses 
font défaut (hauteur, o m. i55). Sur la panse, deux palmes verti- 
cales flauquent le pied de chaque anse; sur chaque face, un lièvre 
lance' à fond de train à droite, l'un avec les oreilles dressées, l'autre 
avec les oreilles rabattues'''. Deux sillons en bas du col. 

8° Amphore du même modèle que la précédente. Le col presque; 
entier et une des anses ont disparu (hauteur, o m. ii5). Même 
ornementation des anses et de la panse; au lieu de lièvres, on 
rencontre ici des sangliers galopant à gauche. 

9° Amphore du même modèle que les précédentes. Le haut du 
col et les deux anses manquent (hauteur, o m. i/i5). Sur la panse, 
entre deux palmes verticales, d'un côté Hercule marchant à droite 
et portant sur l'épaule gauche le taureau de Crète égorgé; de 
l'autre, un Amour en Mercure, tenant d'une main un caducée, 
de l'autre une bourse; derrière lui, une draperie qui pend à droite 
et repose à gauche sur son avant-bras; il semble avoir des brace- 
lets aux pieds et court à gauche en retournant la tête'^l 

10° Amphore dont le goulot, qui monte d'abord en s'évasant, 
est coiffé ensuite d'un tronc de cône qui va se rétrécissant vers l'em- 
bouchure; la partie supérieure du col est du reste mutilée; le pied 
est bas (hauteur, o m. 1 6). Les deux anses sont détruites. Entre 
deux palmes verticales, sur une des faces de la panse, un masque 
barbu tri/rons, et au-dessous de lui un lion se précipitant au galop 
vers la droite; sur l'autre, un gladiateur combattant à gauche; il 
est armé d'un grand bouclier ovale qu'il tient de la main droite, et 
d'un glaive qu'il brandit de la main gauche ramenée en arrière; il 
est vêtu d'une tunique très courte, qui est serrée à la taille par une 
large ceinture (pi. XXXI). Double filet à la base du col. 

Il" Coupe profonde (hauteur, o m. o3) en forme de tronc de 
cône renversé (diamètre en haut bord compris, o m. iU), avec un 



(') Cf. Bull, archéol. du Comité, i-tjii, p. cxlix, n" i. 

(^' Ce sujet se retrouve sur une assiette de même origine que notre ainpiiore 
{Compte» rendus de l'Acad. de* înscr., 1918, p. AAa , lig. 9, en haut). 



Bulletin archéologique, 1916 



PI. XXXI, p. cmiii. 




f 



EL-AOUJA (TUNISIE). 

VASE DE TERRE ROUGE. 
GLADIATEUR. 



large relwrd piaf (largeur, o m. o'i ) qu'un léger sillon entoure 
vers rexlérieur et sur lequel sont dispose'es à intervalles réguliei-s 
quatre corbeilles chargées de grappes de raisin. 

19° Coupe du même modèle que la précédente (haut., om.o35; 
diam., o m. laS). Sur le bord, large de o m. 018, sont répartis 
quatre motifs, pareils deux à deux, qui alternent : un chapiteau 
qui montre deux étages de volutes ioniques et dont l'abaque est 
formé d'une ligne de perles; un chien, sorte de molosse, courant 
à droite '■^'. Dans le fond, un cercle en creux. 

II. J'ai eu connaissance de cinq nouveaux carreaux chrétiens en 
terre cuite, appartenant à la trouvaille faite dans la région d'EI- 
Djem, dont j'ai entretenu la Commission de l'Afrique en avril 
dernier. 

(t. Cerf s'avançant à gauche. Même type que les deux exem- 
plaires décrits en avril sous le n" 5 •'■^'. 

b. \ictoire(?). Même type que l'exemplaire décrit pre'cédem- 
ment sous le n° 6. Le carreau est complet; le cadre et le sujet 
sont coloriés en rouge; la peinture a bavé par endroits. 

Les trois autres sujets sont inédits; je les ai fait entrer au Musée 
du Bardo, ainsi que b. 

r. Oiseau picorant à droite (per-drix ou caille); devant lui, une 
piaule. Médaillon circulaire enfermé dans iiii cadre carré, une barre 
verticale de chaque côté. L'angle inférieur gauche du carreau manque , 
mais le sujet est complet. 

d. Personnage monté sur un animal d'aspect fantastique, au long 
cou mince et flexible; le céramiste a sans doute voulu représenter 
un chameau. L'homme est assis à califourchon sur le dos de la bétc 
qui est en marche vers la gauche et qu'il dirige à l'aide d'une rêne 
et d'un bâton. Cadre irrégulier, accosté de deux barres verticales et 
rehaussé de peinture rouge. Taches rondes de peinture rouge par- 
semées dans le champ. 

'■' L'un des molosses est mal veau et à peine distinct. 

*' Au mois d'avril, en parlant d'autres carreaux de celte même Irouvaille 
(type n" h : deux cerfs affrontés), j'ai omis de dire le nombre des exemplaire» 
que j'avais pu examiner et qui est de cinq. 

Archbolocie. — N" 2. , 



e. Rosace à huit branches dans un cadre carré. Le carreau est 
brisé en deux morceaux se raccordant. 

III. M, Barue', contrôleur civil de Thala, a recueilli dans les 
ruines de Thelepte, au printemps dernier, quelques fragments qu'il 
a bien voulu remettre au Musée du Bardo. 

(I. Non loin, à Touest de la citadelle, un morceau de tèle 
d'homme en marbre, très mutilée et d'assez médiocre facture 
(haut., o m. 28). Il manque toute la partie postérieure et le côté 
gauche du visage. 

Le masque, tel qu'il subsiste, est brisé en deux suivant une 
ligne horizontale à hauteur des yeux; le nez est enlevé, la bouche 
et le front sont endommagés. 

Les cheveux et la barbe, coupés court, étaient sommairement 
indiqués par des stries. 

h. A 5oo mètres au sud-est des rquatre colonnes t>, deux débris 
de carreaux chrétiens en terie cuite, cassés sur toutes leurs faces. 
Ces carreaux étaient identiques à certains de ceux que M. Carou- 
geau a récoltés en 1908 à Thelepte '•' et représentaient une tête 
masculine de face, à la barbe pointue, entourée d'une sorte d'au- 
réole circulaire qui est chargée de globules. 

Les fragments rapportés par M. Barué proviennent d'un eadroit 
différent de celui où M. Carougeau avait ramassé les siens, et qui 
était situé au nord des «quatre colonnes t). 

IV. Deux poids de bronze, découverts à Carlhago, ont pris place 
en 1 <j 1 5 dans nos collections : 

1. Lamelle carrée (long, et larg. , om.oi5; épaiss., om.ooa), 
portant incrustées d'argent les lettres suivantes : 

SOL 

I 

Dessous, encoche sur la diagonale tenant à peu près toute la 
longueur. — Poids, h gr. 5. 

(•) Bull. archéoL du Comité, 1910, p. ccxix-ccx\. 



On a déjà publié de nombreux exemplaires auaiogueB Irousésen 
Afrique, notamment à Carthage'''. 

3. L'autre poids (Hg. a) est bien plus intéressant. Carré lui aussi, 
il mesure o m. o53 de côté et o m. oi 4 d'épaisseur. La face montre, 
gravés au Irait, les lettres et dessins que voici : 




Fig. 9. 
Poids de bronze trouvé à Cartilage. 

Au pourtour, une couronne de feuillage formée de deux guir- 
landes se développant en sens contraire Tune de l'autre et indi- 
quées par un simple pointillé. 

Les angle? du carré ayant été abattus sur une hauteur de 
o m. 009, le dessus du poids, autour de la couronne, se présente 
comme un octogone ayant quatre grands côtés et quatre petit*; 
chaque angle de cet octogone est occupé par une sorte de losange 
entre deux traits concaves vers rextérieur; les triangles situés à un 
niveau un peu inférieur, dans les angles du carré, sont ornés de 
trois losanges, celui du milieu plus grand que les deux latéraux, 
tous trois assez jrre'guliers. 

Ce poids, d'après rinscription SOL LXXII, correspondait à 

^'' Cm'p. tHifii-, loi., t. VIII, n" aa655, 17; Delatlre, Cat. du Musée Lavigerie, 
i. m, p. 60, n" 10; p. 61, n° i5 et pi. Xlll, n" i3 et lO; Revue TunUtenne^ 
1900, p. 619, n" 96: p. liai, n" 34; p. Ziaa, a" 87 et 38; Moaceauï, BtUl. 
deë Antufttairet de Franw, j^oS, p. a 98; L. Poinssot, Revue Tunùtnme, 1919, 
p. 591, n» 1119, 



72 sous d'or : c'était donc une livre ('). Il doit dater du iv'= siècle 
et pèse actuellement 33 1 grammes (^*. 

Les lettres de la première ligne sont de sens obscur; sans doute 
laut-il voir, comme M. Babelon a bien voulu nous le sugge'rer, 
dans la première lettre, l'initiale dep(ondo), et dans A le numéro i. 

VI. En terminant, je donnerai deux indications relatives à des 
textes déjà publiés : 

a. Sur un tesson de poterie de KsarKoutine qui a été inséré au 
Bulletin archéologique du Comité, 1913, p. ccxxxii, à la ligne 3, le 
mol incomplet entre de et vestro est pitaào, que suggère le sens et 
qu'on distingue en effet très suffisamment sur l'original; on a donc : 

de pitacio vestro erogaslis ^^\ 

b. Sur la base en l'honneur de G. Arrius Longinus, trouvée à 
Thuburho Majus en 191 i, et qui figure aux procès-verbaux de la 
Commission de l'Afrique de mars 1916, page xiii, à la dernière 
ligne ce ne sont pas quatre D, mais, comme je m'en suis assure' 
récemment : 

LD-D-D- 

c'est-à-dire l(octis) d{alus) d{ecrelo) d(ecurionum). 

M. Babklon présente au sujet de l'identification du personnage 
figure sur le premier de ces vases une observation. Il serait disposé 
à y voir non un Satyre, mais un bestiaire, portant une coiffure de 
Satyre et luttant avec un fauve. Les autres représentations de la 
même série ont toutes trait aux jeux du cirque et de l'amphithéâtre. 

M. Gagnât lit le rapport suivant : 

ffM. Ballu, au cours de la dernière séance, a déposé, pour être 

(') Babelon, Traité des monnaies grecques et romaines, t. I, col. 53a et suiv., 
et dans Daremberg et Saglio, Dict. des antiquités, t. IV, p. 1890. 

'-^ Autre poids avec S LXXII à Carthage, pesant seulement 290 grammes : 
Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 92655,8; Delattre, Cat. du Musée Lavigerie, t. III, 
p. 58 et pi. XIII, n" 1 ; Revue Tunisienne, 1 900, p. 4ia , n° 1 ; Monceaux, Bull, 
den Antiquaires de France, 1908, p. 228. 

(■^' Pour le mot jiitacium, cf. en dernier lieu Bull, archéol. du Comité, igiô, 
p. cxciii (Commission de l'Afrique du Nord, 191 5, procès-verbaux de juin, p. xt). 



examinées par nous, les copies d'un certain nombre d'inscriptions 
découvertes cette année à Lambèse, qui lui ont été communiquées 
par M. Decori, directeur de la Maison centrale, chargé de la di- 
rection des fouilles. Ces copies, qu'on a voulu faire soignées et où 
l'on s'est efforcé de rendre la forme des lettres et la disposition 
des lignes, sont en réalité assez fautives. Malgré tout, on peut dès 
maintenant, et sans attendre des estampages qui ont été réclamés, 
publier ces pseudo fac-similés, les erreurs se corrigeant aisément. 
Les pierres ont été trouvées dans les fouilles exécutées sur les deux 
places voisines du Capilole. 

ri. Hauteur de la pierre, o m. Ba; largeur, i mètre : 

-wmmmmmmmmxnvxcw^ avgg 

EX CORNICVLARIO PRAEFF 
IVMHN MAIESTATO EORNM 



«w«s imp{eratoribus) invictts Aug(ustis) ex cornicutario 

praef[ectorum) numini majestaiique eorum. 



ff Dédicace à des empereurs dont les noms sont sans doute mar- 
telés par un ancien corniculaire des préfets (du prétoire). 

fril convient de rapprocher de ce texte deux autres, dont l'un a 
été découvert à El-Madher, l'autre à Djemila. 

fSur le premier^", assez mal conservé, on lit : 



ImjK ._. ._. |_. .^. ._. I . . . ^.J /. pot. I imp. COS. pro | Partico m. . . o\ [Ma\xi- 

iiio Pio Felici\ inutclo Auff\ Flauius Flauiaiius\ u. p. p. p. N e\x] 

cor\nic[ul]ano prnef \ pmett.ee . mm . m . \ dicatissimus | numtni ma\ieslatique 



miano 
cor\ni 
eorum 



Corp. iii»c. ht., t. VIII, n" ^SaS. 



GXXXIV 

ffLfi second, récemment trouvé, porte : 

DO |M_I T O R 1[ H O S 
T_i y M_ y I Ç J 0_R_I OS I S 
S mO_ P R IN Cj PI N q S_T R 
AV R E L yA._L E R 1 0_ M A XJ 
MI A NO Ay_G _F L _ F_L_A 
VIANVS V P P P NVMe' 
EX CORNICVL PRAEFF 
PRAETT EE MM VV DE 
VOTVS NVMINI 
EIVS 

Ihniilori liosiium virtnrinsis\sinio juiiiripi iiaslro j Aurdijo) Valeiio Ma- 
xi'.muuio Aui>. FI. Fl(i\uiamis v(ir) p[ei/eeliii8iiuiiii) p^rneses) p(rovmciae) 
Nmn{i(liae) | cr coriiirtil })mef[eclormn) | prael{orio) e(miiieiitissimormn) v(tro- 
rmii) (hi\m)tm immim | ejus. 

rLe martelage des cinq premières lignes n'empêche pas de lire 
les caractères. 

«Il semble bien que. dans le nouveau texte de Lambèse, il soit 
question du même ex-corniculaire, ultérieurement praeses de la 
Numidie. On restituera donc : 

d. d. n. n. magnis etfortissl MIS I M P P c. mit diocktiano 
et m. aur. nalerio maximiano INVICTIS AVGG 
fî.flauianus u. p. p. p. n. EX CORNICVLARIO PRAEFF 
praetl. ee. mm. m. deuotus NVMINI MAIESTATIQ^EORVM 

«Sur le personnage et la date où il vécut, ou peut consulter les 
Fastes de M. Pallu de Lessert ^^K 

^'' Fastes de la province d'Afrique, II, p. Soi. 



— CIXXV 

«f2. Hauteur de la pierre, o m, 99: larfreur, o m. 72. 

« I C T /■ I A E 
A V G S A C R 
M • V I R R. I V S 
DIADVMENVS 
CVRIAI HADRIANAE 
LHICIVETRANIEG III A^G 
OB HONOR I lAM PERPET 
OVOD IN SE ABSENIIM 
CONTVLERVNT S • P • I 
IDEMQ_ DEDIC 

ffLà aussi, il y a Heu de faire un rapprochement entre cette 
dédicace à la Victoire et deux autres inscriptions de Lambèse. 
L'une (*>, trouvée également dans le voisinage du Capitole, sur 
la place, est dédiée à la Fortune Auguste. 

w On y lit , aux lignes U et suivantes : C. Antonius Cf. Col Ahxander 
Antiochia CVRIAE HADRIANAE FELICI VETERANORVM LEG. III 
AVG. OB HOXOREM FLAMINAT. PERPET QVOD IN SE ABSEN- 
TEM CONTVLER... 

ff L'autre, consacrée à Minerve Auguste, a été élevée par un 
nommé Q. Julius Martialis de Cirla atriae Hadrianae FeJici, etc., 
pour une raison identique. 

tfLes formules sont les mêmes sur les deux bases déjà connues 
et sur la nouvelle; elles faisaient partie assurément du même en- 
semble et figuraient, suivant toute vraisemblance, dans l'édifice ou 
dans la partie du forum réservée à la curie Hadrienne. 

«Il est probable que, dans le texte trouvé par M. Decori, le nom 
de la légion était, comme dans les deux autres, restitué après mar- 
telage, suivant l'usage bien connu. 

€urp. in$c. lai., t. VIII, n" 1821 4. - 



GXXXVl — 

ff3. La troisième inscription est, dans l'état actuel, moins inté- 
ressante; elle était gravée sur deux colonnes au moins. Hauteur, 
o m. ^8; largeur, i m. o3. 

IMP CAES DIVHRAIAN FPARIHICI F IN 
DIVI NERVAP NEPOIHRAIANO 
HADRIANO A^G PONI MAX IRIB POIXX DI 
IMP n • COS ÏTÏ PP I 

I 

lmp(eratori) Caes(ari) Divi Trajani Parthici f{ilio) Divi Nervae nepoti 
Trajano Hadriano Aug pont{ifct) max[imo) trib(unicia) pot{estate) XX m- 
p(eratori) ii, co{n)s{ult) m p[atn) p[atnae\. 

ff4. A ces trois inscriptions de Lambèse, M. Ballu a joint la 
copie d'une autre, provenant de Mdaourouch, on elle vient d'être 
découverte dans les fouilles dirigées par M. Joly, .\ côté des grands 
thermes. Cette fois encore, le texte n'est pas bien relevé, mais les 
erreurs se corrigent aisément. 

PRO SALVTE 
IMPERATORVM CAES 
L- SEPTIMI SEVERI Pli 
PERTINACIS AVG P P 
ET M- AVRELI ANTONI 5 
NI- AVG et l. septimi 
getae caes ET I V L I A E 
AVGVStae mATRIS AVG 
MATRIS CASTRORVM 
Q_ MATTIVS RVSTICVS lo 
F L AuiaN V S STATVAM 
QVrtm prO HoNORE AEDL 
AMlLiVS A^^EGITOIAM 
proMISERAT INLAIa pri 
VS HONORARIA FEClt et i5 
GYMNfASIO DATO DEDICa 
VIT 



ffA la ligne i3, il y a certainement sur la pierre AMPLI V S 
AD LEGITIMAm'. r, 

M. Monceaux rend compte d'une note de M. J. Renault, corres- 
pondant du Ministère à Tunis, sur des découvertes récentes faites 
au Khanguet-el-Hadjaj , et conclut à l'impression au Bulletin ^^K — 
Adopté. 

M. J. Tout AIN lit la note suivante • ffLa marque de potier que 
M. J. Renault, notre zélé correspondant, a signalée à la Com- 
mission en décembre 191 5, est déjà connue par plusieurs exem- 
plaires, dont les uns ont été publiés par M. Merlin ('^^, et dont un 
autre se trouve au Musée de Sfax. Ces divers exemplaires de la 
même signature se trouvent au revers de lampes qui représentent 
toutes Sérapis et Isis affrontés. Par leur comparaison, le texte exact 
de la marque est ainsi établi avec certitude. 

EX OFICI 

NA C-VS- 

AB AQVAS 

R E G I A S 

Les lampes signalées par M. Merlin en 1911 ont été trouvées à 
El-Djem; il est probable que la lampe du Musée de Sfax provient 
de la nécropole de Thaenae. M. J. Renault ne nous dit pas où a été 
découverte la lampe dont il nous a transmis Tinscription,?» 

La séance est levée à 5 heures un quart. 

Le Secrétaire de la Commistion , 

R. Cagnat, 

Membre du Comité. 

'') Voir plus loin, p. 58, le texte in extenso de cette communication. 
(') Bulletin archéol. du Comité, 1911, p. ccxu. 



15 FEVRIER 1916. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 



PRÉSIDENCE DE M. RABELON. 

La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance. 

Sont offerts à la Commission les ouvrages suivants : 

M. Merlin, Les statues du CapUole de Thuburbo Majus; 

L.-P. Delaltre, Inscriptions de Damous-el-Knrlta (nouv. série). 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés aux auteurs. 

M. Ballu dépose la photographie d'une tête d'Afrique découverte 
à Cherchel dans les fouilles du théâtre. — Renvoi à M. Gsell. 

M. L. Châtelain, ancien membre de l'École française de Rome, 
actuellement lieutenant détaché au Maroc, a envoyé un rapport sur 
des fouilles exécutées à Volubilis sous sa surveillance et sous la 
direction de M. le lieutenant-colonel Bouin. Les inscriptions décou- 
vertes au cours de ces recherches nous ont déjà été signalées par 
lui dans notre réunion d'octobre dernier. Cette fois, M. Châtelain 



décrit les dilTorenls monumonfs mis au jour : d'abord l'arc de 
triomphe de Caracalia, puis la basilique qui borde le forum, et 
une partie du forum, avec une piate-forme qui! pense être la tri- 
bune aux harangues. Derrière, on a déblayé une piscine et d'autres 
pièces non encore identifiées. Les travaux continuent. 

M. Châtelain signale, en outre, une maison avec pressoir décou- 
verte en traçant une route entre le plateau oii sélèvent les ruines 
et la piste voisine. 

M. Merlin communique l'estampage d'un cippe funéraire, trouvé 
à Hadjeb-el-Aioun . dont M. Gauckler a parlé dans les Nouvelles 
Archives des Missions scientifiques, t. XV, p. 55 1, n. 5 : 

ff Des deux inscriptions que ce monument porte sur deux faces 
opposées, une seule a été publiée, d'après une copie d'ailleurs 
incorrecte ; l'autre, qui est la plus longue, a été simplement signa- 
lée et est demeurée inédite. 

w Le cippe, dit notre collègue, mesure : haut., i m. 59; larg. , 
o m. 3-2 ; épaiss., o m. 35 ; les lettres ont o m. o33 à om. 35 sur la 
face A, om. oA à o m. o3 sur la face B. Les deux objets qui sont 
figurés sur les faces latérales ne sont ni un miroir, ni un fil à 
plomb, comme l'a supposé Gauckler, mais des symboles prophy- 
lactiques d'un type assez fréquent, ainsi que je l'ai indiqué inci- 
demment à la Commission de l'Afrique du Nord en mai dernier, n 
— Renvoi à M. Toutain. 

M. Parrès, correspondant du Ministère, et M. Labadie-Lagrave, 
publiciste à Alger, actuellement mobilisés à Barika, envoient la 
copie d'un certain nombre d'inscriptions relevées par eux dans 
la région. — Renvoi à ^L Gsell. 

M. J. Renault, correspondant du Ministère, a fait parvenir par 
linlermédiaire de M. Merlin les notes suivantes : 

1° Note sur un tesson de brasero trouvé à Carthage. — Renvoi 
à M. Babelon; 

9" Note sur un exaginm en bronze provenant de Carthage. — 
Renvoi au même. 

3" Note sur cinq intailles carthaginoises. — Renvoi au même. 



M. Merlin a adressé le rapport suivant : 

w La majeure partie de la subvention que le Ministère a mise à 
ma disposition en igiô a été' dépensée dans les ruines de Thuburho 
Majus. 

ffLes circonstances s'opposaient à la multiplication des chan- 
tiers; d'un autre côté, l'intérêt des travaux entrepris et la série des 
découvertes opérées à Thuburbo en 191/1 (^' rendaient éminemment 
désirable la continuation des déblaiements en cours. La campagne 
de 1916, à laquelle s'est associé le Gouvernement tunisien, s'est 
prolongée d'une façon pres([ue ininterrompue durant toute l'année; 
elle a été surtout active du 1*' mars au 26 octobre, période pen- 
dant laquelle un détachement d'une centaine de prisonniers alle- 
mands a été mis à notre disposition et employé, suivant les capacités 
des hommes, soit à l'enlèvement des décombres, soit à la mise en 
état des monuments remis à jour. 

ff Nous avons d'abord poursuivi et achevé le dégagement des ther- 
mne aestivales ; l'édiûce, qui couvre environ 2,800 mètres carrés, est 
dans son ensemble bien conservé; les murs se dressent encore à une 
assez grande hauteur, les mosaïques sont à peu près intactes et on 
peut facilement reconnaître la destination des diverses salles. Comme 
dans un des bains de Madaure'^^, les latrines ont la forme d'un 
vaste hémicycle coupé en deux par une colonnade demi-circulaire 
et dont une partie formait une cour à ciel ouvert, particularité rare. 
Les fouilles récentes ont confirmé ce que nous savions de la richesse 
de la décoralion. Aux nombreuses statues énumérées dans le pré- 
cédent rapport annuel ^^' sont venues s'ajouter : une Cérès assise; 
une déesse drapée, debout, tenant une corne d'abondance; une 
tête de Bacchus couronné de pampres; un torse de Vénus pudique; 
un enfant nu avec une urne sur l'épaule ; la partie supérieure d'une 
image plus grande que nature de .Jupiter Sérapis : toutes effigies 
en marbre, et une statuette de Vénus châtiant un Amour, en terre 
cuite. Dans la série épigraphique, je citerai un texte en l'honneur 
de Sévère-Alexandre, un fragment d'ex-voto offert au Génie du 

(') Merlin, Btitl. archeol. du Comité, 191 5 , \>. cxxx el suiv., p. clii et suiv. 
(procès-verbaux delà Commission de l'Afrique du Nord, mars el avril); Revue 
Tunisienne, 19 1-5, p. 357 et suiv. 

'*' Bailu, Bull, archéol. du Comité, 1907, p. 345 et suiv.; 1908, p. 382, 
Tpian dans VArchaeologischei' Anzeiger, 1911, col. 375-376. 

W Merlin, loc. cit. 



Sénat, et surtout un pilier de cancel. remployé comme seuil de 
porte, sur lequel était gravée une très curieuse énumération des 
prescriptions imposées à ceux qui de'siraient gravir les degrés el 
franchir les balustrades d'une chapelle réservée à Esculape. 

ffEn même temps, nous menions aussi à bonne fin le déblaie- 
ment de la place rectangulaire, entourée d'un portique, qui conéne 
aux thenmie aestivales du côté nord-est et qui mesure en moyenne 
3i mètres sur 97. De nouveaux blocs de la frise portant l'inscrip- 
tion dédicatoire ont é.té découveris. et l'abondance des éléments 
architecturaux a été assez grande pour nous permettre de relever 
une des longues travées de la colonnade presque tout entière, 
jusques et y compris la corniche (pi. WX!!). Une base dédiée à 
Mercure y a été recueillie; un jeu des trente- six lettres est gravé à 
l'angle sud , dans le premier entrecolonnement de la petite travée 
de la galerie. 

ff Au sud-est de ce portique, qui était peut-être une dépendance 
des thermes et que nous pouvons appeler, du nom de ses fonda- 
teurs, portique des Petronii . nous avons entamé la fouille d'un 
vaste enclos, qui a vté remanié à diverses époques et dans lequel, 
en dernier lieu , paraît avoir été installée une église. A en juger 
par le nombre de dédicaces à Caelestis qui ont été récoltées en 1 9 1 4 
dans les thermes tout proches et exhumées en 1915 sur l'emplace- 
ment et aux abords immédiats de cette église, il serait tentant de 
supposer que celle-ci s'était superposée à un sanctuaire de Cae- 
lestis, comme la basilique que nous avons déjà exhumée à ThAurho 
MaJH'i et qui s'était établie dans un temple de style oriental pro- 
bablement sous linvocation de Baal et de Tanit romanisés'^ . Parmi 
les ex-voto ayant appartenu au sanctuaire de Caelestis, on doit 
signaler entre autres une statuette en marbre de la déesse avec 
un lion à ses pieds, des textes en l'honneur de Juno Caelestis et 
Fplusieurs monuments ayant la forme de façades de petits temples 
avec colonnes, entablement présentant une inscription et fronton : 
lous avons des restes plus ou moins considérables de quatre de 
îs édicules dont l'un est consacré à Saturne, parèdre de Caelestis, 
ît dont un autre avait son tympan décoré d'une fine mosaïque. 
(^ Cette fouille a été également fructueuse pour notre connaissance 

*'^ Meriia, Comptes rendus de fAcad. des Inscr., 191a, p. 3'i8 et suiv. ; BuU. 
héol. du Comité, igia, p. ccLXxr et suiv.: 1918, p. clxi. 



^r- CXUI 

des institutions municipales de la ville; c'est là qu'ont été trouvés 
les textes, l'un notamment dédie' au Génie du municipe, qui n'est 
autre que Gaelestis, le second à Liber, que M. L. Poinssot a commu- 
niqués avec commentaire à l'Académie des Inscriptions le lo sep- 
tembre dernier et de la teneur desquels ressort l'existence à Tlm- 
burbo Majus au ii" siècle d'un municipe ayant succédé sous Hadrien 
à une civiUis indigène et juxtaposé à la colonie julienne dont parle 
Pline l'Ancien; cette notion nouvelle est d'une valeur générale de 
premier ordre pour l'histoire des cités africaines sous l'Empire 
et nous ouvre des aperçus insoupçonnés sur la destinée de Thu- 
burbo aux premiers siècles de notre ère. Un piédestal de statue 
célèbre xmjlamen divi Tiii c. /.A., mcerdos Aesculapii bis. En outre, 
les débris de sculpture ont été assez abondants : homme nu, 
femme drapée, Bacchus (à rapprocher de l'inscription à Liber), 
petite Vénus avec un dauphin, bas d'homme nu flanqué d'un 
monstre mario, petite tête de Jupiter, tête de Lucius Verus (?) 
aHsez abîmée. 

ffA une soixantaine de mètres au Nord-Est, on a amorcé le 
déblaiement d'un nouvel établissement balnéaire, sans doute les 
iheitnae hiemaks auxquels fait allusion l'inscription de Salvianus'*'. 
On en a déjà retiré des fragments de statues : Dioscure et Bac- 
chus. 

«A une centaine de mèlre« au sud^est des thermes d'été, un 
petit édifice à trjfolhun, pavé de mosaïque, dont le dégagement est 
en train de s'effectuer, a fourni une statue d'homme en marbre, 
de type municipal. 

«De plus, le nettoyage minutieux de certains monuments a 
amené quelques découvertes qui sont à noter : dans le temple de 
Baal-Tanit converti en église et exploré en 1912, on a constaté la 
présence d'un baptistère cruciforme au milieu de la cella, et extrait 
d'un mur de basse époque une dédicace à Diane pour le salut 
d'Hadrien; au forum, la place a été complètement débarrassée de 
la terre qui l'obstruait encore et soigneusement nivelée ainsi que 
les portiques qui la bordent; ces travaux ont procuré des morceaux 
d'inscriptions déjà partiellement connues; dans cette région, les 
restaurations ont porté principalement sur le Gapitole, dont le 
stylobate a été relevé en de nombreux points et dont trois des 

C' Merlin, Bm//. aixhéol. du Cotnite, 1914, p. clixxi. 



«olonnes, hautes de 7 mètres, écroulées au pied de l'édifice, 
avaient été remontées sur la façade à la lin de décembre dernier. 

wDe tout ce (jue nous venons de résumer sommairement, il résulte 
qu'en i()i5 les fouilles de Thuhurho Mojus n'ont pas déçu, bien 
loin de là, les espérances qu'avait fait naître la campagne excej)- 
tionnellement heureuse de 19 1 4, et que celte ruine, par le caractère 
imposant de ses monuments, l'importance des textes épigraphiques 
quelle a livrés, l'intérêt des œuvres de sculpture qui en sont 
sorties, a justifié, l'an dernier aussi amplement que par le passé, 
les efforts employés à la mettre en valeur. 

rEn terminant, je mentionnerai quelques recherches accomplies 
dans la région d'El-Djem et de Kairouan. qui ont enrichi le Musée 
du Bardo de vases à reliefs d'applique et d'un trésor de monnaies 
de bronze, contenues dans une petite œnochoé de terre cuite, en- 
fouie au IV* siècle après J.-C; à Carthage, nous avons ouvert une 
vingtaine de tombes puniques. 

«•Comme on peut en juger et malgré les difficultés qui tiennent 
à la situation actuelle, nous avons réussi en 1910 à réaliser notre 
tache dans de bonnes conditions et à servir utilement la cause de 
l'archéologie dans ce pavs. •? 

M. Merlin fait connaître également quelques découvertes inté- 
ressantes récemment survenues en Tunisie : 

1. M. Louis Drappier, de la Direction des Antiquités, a visité 
dans le courant de novembre 1910 les ruines d'Henchir-en-Naani 
(Abbir Cella); il y a relevé les textes suivants que je donne d'après 
ses copies : 

a. Fragment de frise*, haut tle o m. 38, long de oni. 7b, 
épais de o m. 90 ; les lettres aux deux premières ligneg mesurent 
o m. og , à la troisième o m. 07 : 

.... MAX • PERS • MAX • TR.IB • POTEST 

...diE POLLICITATIONIS SS CC MIL 

ET SPORTVLAS CONDECVKloHibus 

<') Le linteau, brisé à droite, est complet à gauche. 



H est probable que l'empereur dont nous n'avons plus le nom 
et dont nous ne possédons qu'une partie des titres était Gallien, 
qui prit en 266 le surnom de Pvrsivus maximus, lequel figure ici. 
Si l'bypotlièse est fondée, comme je le crois , l'inscription date delà 
période 264-968. Avant Pers. inax., on peut restituer soit [Part.\ 
max., titre que Gallien revêtit aussi en 266, soit [6'erm.] max., 
titre qui précède immédiatement Persiais maximus sur certains 
documents (^). 

Le texte devait être assez long, el ce qui est conservé n'en con- 
stituait qu'une fort minime portion. 

b. A l'est des ruines, cippe en calcaire haut de 1 mètre, large 
et épais de m. 5i ; lettres m. o55-o m. o3 : 

[Deux bustes, l'un d'homme, 
Taulre de femme, tous deux drapés, 
entourés d'une couronne à long 
Icmnisque dont les deux bouts, qui 
viennent encadrer le D M S, se 
terminent chacun par une feuille 
cordiforme, symbole prophylactique.] 

D M S 

Toi-NONIVS PRIVATVS 

PI VS V IXIT ANNOS 

LXV '1a un D^VII'Ï' 

H S E ET DD 

Ligne 9, au début, il n'existe nettement qu'une haste verticale; 
il semble cependant qu'il vaille mieux lire T que L. 

L'inscription a déjà été publiée en 1898 t^^, d'après une copie 
du commandant Toussaint, que la lecture actuelle complète et 
rectifie utilement. 

On remarquera la formule finale ET DD qui ne se rencontre 
pas d'ordinaire sur les épitaphes. 

("> Papyrus cités au Corp. imcr. lai,, t. VIII, n" 93765. 

(*' Bull, archéol. du Comité, 1898, p. 2i5, n" 27 = Corp. imcr. lut., t. VIII, 
n" 98950. 



II. Une anse d'amphore rhodienne provenant de Carihage, 
aujourd'hui au Musée du Bardo, porte une estampille circulaire 
(diam., o m. o3 environ) qui a e'ié mal appliquée et dont il manque 
une partie : 

ZeENv/SA 

Lettres en relief entourant une rose. 

Cette marque ('^ paraît n'avoir pas encore été recueillie en 
Afrique. 

III. M. le capitaine Loubet, du isô* régiment territorial d'in- 
fanterie, a dernièrement découvert à Henchir-Beni-Nafa , à 5 kilo- 
mètres environ de Bizerte vei*8 l'Ouest, une nécropole punique 
datant vraisemblablement du m" siècle avant J.-C, dont il a pu 
fouiller une douzaine de tombeaux. Il a pris de minutieuses des- 
criptions des sépultures explorées et un inventaire détaillé du 
mobilier appartenant à chacune d'elles, qu'il a eu l'obligeance de 
me remettre. En même temps il a bien voulu me faire espérer un 
compte rendu d'ensemble des travaux qu'il a dirigés; je m'em- 
presserai de transmettre ces divers documents quand ils seront 
tous en ma possession. Je me contenterai aujourd'hui de signaler 
une pièce de céramique trouvée au cours de ces recherches, que 
M. Loubet m'a envoyée pour le Musée du Bardo et qui présente 
un intérêt hors de pair : c'est un vase anthrojMJïde qui mérite une 
étude détaillée. — Renvoi à M. Gsell. 

IV. Parmi les autres objets récemment entrés au Musée du 
Bardo, je citerai ici : 

a. Un des couvercles trouvés au Khanguet-EI-Hadjaj et signalés 
par M. Jules Renault dans le rapport qui a été présenté à la Com- 
mission de l'Afrique du Nord en décembre igiB^-'; ce couvercle, 
marqué sur le dessus d'un A, est accompagné d'un fragment de 
fembouchure de la jarre à laquelle il s'adaptait. — Don de M. Jules 
Renault. 



'" Cf. Martin P. Niisson, 6m//. de l'Avad, ivyale de Dafteinark^ igoy. p. /17*}- 
i79,n°373, surtoutle n" 4. 

<*' Cf. J. I{enaull, Retue Tmmeme, 191 G, p. 3o et suiv. 

ARf,Hiîm,o«iE. — N" 2. ' 



b. Les débris d'une lanterne en bronze recueillie il y a quelques 
années dans un tombeau romain de Teboursouk'^l — Don de 
M. Icard. 

c. Un fragment de la patèi*e de Bizerte; on se souvient qu'il 
manque à cette remarquable pièce d'argenterie la presque totalité 
de la frise en relief qui, partagée en huit scènes que séparaient 
huit masques bachiques, décorait le pourtour du plat proprement 
ditt^). De ces masques un seul était conservé jusqu'ici; un autre, 
dont la découverte est contemporaine de celle de la patère elle- 
même, m'a été remis à la fin de 191 5 et est venu reprendre sa 
place primitive, vers le bas de l'oreille droite du plateau. Le nou- 
veau masque représente une femme, une Ménade, de profil à 
gauche. — Don de M. Villatte. 

d. Enfin , grâce à l'obligeance des officiers du Service des Affaires 
indigènes, un bas-relief fort intéressant t-^', qui représente une scène 
de labourajje et qui provient d'un mausolée de Beni-Guedal, dans 
Textiême Sud tunisien, nous a été envoyé pour prendre place dans 
nos collections. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de la QmuMtaion, 

R. Gagnât, 

Membre du Comité. 

('' Icard, Bull, de la Soc. archéol. de Sousse, 1906, p. 93-<)4; Bouquellc, 
ibid., igo6, p. 99 et suiv. 

'') Gauckler, Monuments Piot, t. II, p. 90. 

'*^ Toutain, Bull, archéol. du Comité, 1918, p. ccxxiu; njià, p. 161. 



là MARS 1916. 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L AFRIQUE DU NORD. 



PRÉSIDENCE DE M. BABELON. 

La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbai de la dernière séance est lu et adopté. 

M. LE Secrétairb donne lecture de la correspondance. 

M. Mbrlik fait hommage à la Commission d'une brochure inti- 
tulée : 

Supplément au Catalogue des lampes du Musée Alaoui (2* série). 

Cette brochure sera déposée à la bibliothèque des Sociétés 
savantes; et des remerciements sont adressés à l'auteur. 

M. G. Mercier, vice-président de la Société archéologique de 
Constantine . envoie une note sur b toponymie antique de l'Afrique 
romaine. — Renvoi à M. Gsell. 

M. Mkrli?! fait parvenir deux estampages pris en 1913 par 
M. Louis Drappier, de la Direction des Antiquités, à Henchir- 
Tambra, l'ancienne Thabbora. — Renvoi à M. Monceaux. 

M. -Merlin fait aussi connaître le texte de deux inscriptions, qui 
ont été trouvées, réduites en petits morceaux, dans les ruines des 
thermae aestivales de Thuburbo Majtts. La plaque de marbre qui les 



CXLVIII 

portait est opislogiaphe , et les deux textes se répètent à peu près 
l'un l'autre. Grâce à la reconstitution opérée au Musée du Bardo 
des débris recueillis, M, Merlin a pu lire et compléter ainsi Tin- 
scriplion la mieux conservée : 

[ Beatissimo saeculo d d.] n n. C[onstanti Pu Fel]ici[s maœini]i [ et invic- 
tissimi Augusti] et Juli[ani tio]bil[issimi] C(ie[saris pro]co[ns]ulatH Clo[di 
H\ennogeniau[i v. c. p]roc. [p. A. et le]gatione [Crepe]rei Optatiani v. c. leg. 
Karthag. [t]hermas [aes]livales 2>o[s]t anii[os solidos] octo i[n]tra septimum 
mensein a[d]jectis omnilms perfectisq[ue] cuHct{[s qu]ibus lavacra ind[i^e- 
bant Ann\ï\us Namptoivius Jlam [p.]p. jurls consultus magister s^udiorum\ , 
ctir. reip., cmn Thtib[ur]bi[t]nnae [u]rbis ordine amplissim[o c]unc^a]que ejus 
plèbe [per]fecit ewcobtit dedicavit. 

Ces inscriptions et le commentaire qui les accompagne seront 
publiés au Bulletin'^^K 

Enfin il énumère un certain nombre de découvertes survenues 
récemment en Tunisie : 

ff 1° Dans les galeries inférieures de l'amphithéâtre d'El-Djem, 
on a découvert en 191 A l'angle supérieur gauche d'un grand bas- 
relief de marbre blanc, mesurant dans son état actuel o m. 62 
de haut, o m. 43 de large, om. 17 d'épaisseur, et par endroits 
m. 20. Le fragment, aujourd'hui déposé au Musée du Bardo, 
représente Hercule de profil à droite, brisé à mi-torse, le bas du 
corps manquant, le visage assez usé. La peau de lion ramenée sur 
la tête du dieu est nouée sur sa poitrine et lui pend dans le dos; 
le haut du bras est protégé par un vêtement très court; sur l'épaule 
gauche repose le hoyau avec lequel Hercule nettoie les écuries 
d'Augias. Il maintient le manche de l'instrument des deux mains; 
la droite est ramenée contre l'épaule et placée sur le bâton que 
serrent les doigts fermés, le pouce reslant détaché; la gauche, un 
peu plus avancée, embrasse et soutient l'extrémité inférieure du 
manche qui, à sa base, se recourbe décrivant à peu près lin quart 
de circonférence; à l'opposé, les fourchons de la houe sont forte- 
ment incurvés et leur bout vient toucher le dos du dieu (^l Au-des- 



''^ Voir pius loin, p. /ii, le texte in éxteuso de cette commutlicàtlori. 
^-' Amour tenant un hoyau très comparable à celui-ci (Daremberg et Saglio^ 
bict. des Antiquités, 1, p. 709, fig. 855). 



Bulletin Archéologique, 1916. 







HERCULE PISAEUS 

Bas-relief de marbre trouvé à El-Djem (Tunisie). 




sus de la main droite, à hauteur du visa^^e d'Hercule, subsistent 
les vestiges d'un attribut maintenant incomplet, assez volumineux, 
dont on ne voit pas très bien, dans IVtat actuel, la nature et la 
destination (pi. XXXIH). 

«rUn certain nombre de sarcophages qui offrent la série des Tra- 
vaux d'Hercule le montrent avec un hoyau sur Tépaule''', comme 
ici. Notre morceau de sculpture est d'un travail assez sec, qu'ac- 
centuent encore les sillons dont Tartiste a cerclé les contours et 
certains modelés de son relief. 

«f 9" Les travaux nécessites par la construction de la voie ferrée 
de Graïba à Gabès, dont la plate-forme est déjà achevée depuis 
un certain temps, n'ont amené pour ainsi dire aucune décou- 
verte archéologique. La seule trouvaille digne d'être mentionnée 
est celle d'une épitaphe, exhumée en juin 1918 à Henchir-Bou- 
Saïd, à 10 kilomètres à Touest-nord-ouest de la Skirra. L'in- 
scription mise au jour par M. Poupard, entrepreneur, a été estam- 
pée par M. Bonnet, chef de section du chemin de fer, et m'a été 
communiquée par M. Gresse, ingénieur des Ponts et chaussées. 
Lettres : o m. o5-5o m. 06 : 

D • M • S 

L ARRVNTIO * SVRl 

ACO * VXOR 

ET FILIVS PISSI 

MI * FECERVNT 

wUne inscription de Lambèse fait connaître un personn.ige qui a 
même gentilice et même cognomen que le nôtre, mais un prénom 
différent : C au lieu de L - . 

-3° M. Roger Gresse. constructeur des Ponts et chaussées, a 

^'' Par exemple, S. Reioach, Recueil de relief», 111, p. 3o, 5i, 168. — Cf. ci- 
dessous, p. CI.WXTII. 

(»; Cor/,, inscr. lat., t. VIII, n* 3/i.S3. — Le frère de C. Amintius Suriacus a 
pour prénom Huciut), comme noire Arruntius. 



découverte Bir-el-Adine (3q kilomètres à l'ouest de Kairouan)!^^ 
une stèle votive qui est aujourd'hui au Musée de Sousse '-'^^ et qui 
répond à la description suivante : Haut., o m. 5o; larg. , o m. 3o; 
lettres irrégulières : o m. 026-0 m. o3. 

Restes de deux person- 
nages dont toute la par- 
tie supérieure est t)ri8ée. 

VAIANE SAT< 

RNINS SACE (sic) 

RDOS SACRV 

M ECIT 

Bélier à gauche. 

^L'inscription est très mal gravée. Je ne suis pas arrivé à tirer 
quelque chose de satisfaisant du début de la première ligne, dont 
cependant la plupart des lettres semblent sures. Ensuite, Satur- 

mn[u]8. 

ff 4" Je signalerai encore quelques épitaphes de Kasserine et de 
ses environs, qui ont été relevées, lors de la construction de la 
voie ferrée d'Henchir-Souatir, par les soins de M. Bérard, de la 
Compagnie des Batignolles, lequel m'en a remis des estampages 
voilà déjà plusieurs années ; 

ff Kasserine (^). — a. Lettres : o m. 06 : 

D • M • S • 
Q_-CL • PEREGRINVS • 
VIXIT • A • LXX • Q_- CL • FILI 
VS • F E C IT 



('^ Feuille de Kairouan au 1/100,000'. — Merlin-Monceaux, Bull, (les Anti- 
quaires de France, igia, p. 357-3SS (au n° 9 de la page 807, il faut lire à la 
ligne 2 : PVER); Châtelain, Bull, archéol. du Comité, 1918, p. S.^i-S.^ia ; 
Merlin, Inventaire des niosaujuss de la Gaule et de l'Ajrique, II, Suppl., p. 33, 
n" 3i6 a. 

^'' Comme les inscriptions publiées dans le Bull, des Antiquaires, loc. cit. 

'■^' La provenance de Kasserine n'est pas absolument sûre pour le texte a. 



nb. Lettres : o m. oSa; derniJT» ligne, o m. oi f). — fnconi(>l(t 

en haut : 

nVS • IVLIVS • VICtor 

FAIANIA VITAL I« 

SECVNDA V Art 

XXXV • H • S • E 

«A la ligne i, à gauche, il manque une lettre; peut-être un N. 

ne. Lettres : o ni. o3-o m. 026 : 

Un homme debout. 
C • RVTILIVS 
FELIX • P • VI 
XIT • ANIS • LV 
QVRA • 
5 EGER • VXOR 
ET • FILI • EIVS 
OTBQ_- H 
S E 



wLa formuie ntram egit ou egenint est assez fréquente à Kasse- 
rine "' et clans la région ^^l 

W Corp. iMcr.lat., t. VlU, n"' it3o6, it3o8, ii3io à it3i3; Gagnât, 
BuU. archéol. du Comité, 1895, p. 3û!t. 

'*) Corp. itucr. lat., t.VHI, n'aoô: Merlin, EttU. ite la Soc.archM. deSouue, 
1908, p. 5o, n* 3; p. 5i, n* 6; p. 67, n' 19; p. laS, n" 4t: teïte d'Heûchir- 
Bnena publié ci-ap'rès. 



(rHenchir-Bnena, à une douzaine de kilomètres au nord-est de 
Kasserine ^'l — Lettres : o m. o55-o m. o4 : 

' D M S 
C AELI A SA 
T V K N I 
N A V I X I T 
5 ANNIS . 

feXXV CVA (sic) 
EG • FLAVI 
METHVS • CE 
SO FIL 

Ligne 6. Lire cu{r)a{m). 

ff5° Enfin M. Jules Renault, correspondant du Ministère à 
Tunis, a bien voulu me communiquer un estampage pris par 
M. Bouchez, conducteur des Ponts et chaussées, d'un fragment de 
base honorifique assez endommagée, recueilli à Aïn-Mzatat^). ^ — 
Lettres : o m. 076-0 m. 07 : 



I M P • C A E S w. aurelio se 
V E R O AN tonino pio 
F E L I CI aUg 



...A m 

I M p- . . 
«11 s'agit de Caracalla.» 



C' Feuilie de Kasserine au 1/100,000*. 

(^) Gagnât et Merlin, Alla» archéol. de la Tutâtie , fouilles au 1/100,000* 
ma, n" 228. 




CLIIl 

M. Babblon Ut le rapport suivant : 

wM. Renault, correspondant du Ministère, nous envoie la des- 
cription et le dessin d'un exagium provenant de 
Carthage. 

tfll a été trouvé dans cette localité, dit-il, par 
un arabe. 

ff C'est un poids de six solidi, et sa conser- 
vation parfaite lui permet de peser presque son 
poids normal : il accuse 26 grammes. Il est carré 
et son épaisseur est de o m. 0062. Les lettres et chiffres sont 
incrustés en argent et cernés d'un trait fait au burin. En tête et 
à gauche se trouve un trait horizontal, à droite un trait vertical. 
Au milieu, l'abréviation SOL en lettres d'inégale hauteur et dont 
la gravure n'a pas été très soignée. 

ff Enfin, en bas, existe le chiffre 6, placé au milieu. 

<f A la description de M. Renault on peut ajouter ce qui suit : 
ffll faut lire : 

— I (= tincia una) 

SOL 

cj (= solidi sex) 

«C'est là une double marque de valeur, une équation comme en 
portent la plupart des exagia byzantins. Elle se justifie pleinement 
par le poids effectif du monument qui est de 26 grammes. L'once 
romaine était d'un peu plus de 27 grammes; d'autre part, six solidi 
•A k gr. 5o nous donnent aussi 27 grammes.'' 

M. Rallu montre la photographie de deux statues trouvées à 
Madaure en 1910, un Mercure et un magistrat municipal dans 
l'attitude habituelle. La conservation de ces sculptures fait leur 
principal intérêt. Le Mercure est à peu près intact; il ne manque 
au magistrat que le poignet et la main gauches. 



Il fait aussi circuler la photographie d'une cuirasse ornementée, 



récemment découverte à Cliercliel. Des imoges à plus {jrande échelle 
ont été demandées en Algérie. 

M. GsELL rend compte de trois communications qui lui ont été 
soumises : 

1° Un envoi de MM. Parrès et Labadie-Lagrave , contenant copie 
d'un certain nombre d'inscriptions de Barika et des environs. Ces 
textes ont été publiés soit au Corpus iuscriplionum Latinarum, soit 
dans un mémoire de M. Grange paru dans le Becueil de Constantine; 

2° Une photographie d'une tête de l'Afrique trouvée récemment 
à Gherchel; 

3° Des photographies d'une cruche anthropoïde découverte à 
Henchir-Beni-Nafa (environs de Bizerte). 

Ces deux derniers objets seront reproduits dans le Bulletin avec 
les notes que M. Gsell leur a consacrées'^). 

M. J. TouTAiN présente quelques observations sur l'inscription 
d'Aïn-Melouk, récemment étudiée par M. J. Carcopino dans le Bul- 
letin archéologique du Comité, 1916, p. 566 et suivantes. Il montre 
qu'à propos d'un vicus il ne saurait être question de mesurés de 
longueur, mais de mesures de superficie; que par conséquent il 
convient d'interpréter la ligne 6 de l'inscription : 35o centuriae, et 
non 35o dupotulii, comme le propose M. Carcopino. Le vicm Phos- 
phori avait une étendue territoriale de 35o centuries, c'est-à-dire 
environ U,li2b hectares ou Uk kilomètres carrés. Cette superficie 
représenterait géométriquement un carré de 6 kilomètres et demi 
de côté; elle ne doit pas nous étonner en Afrique, où nous savons 
par les Gromatià veteres qu'il y avait des domaines privés dont on 
ne pouvait pas faire le tour à cheval en un jour. La région où l'in- 
scription a été découverte est précisément une de celles où les villes 
étaient fort éloignées les unes des autres. Tigisis à l'Ouest, Gadiau- 
fala à l'Est sont distantes d'Aïn-Melouk d'environ 1 5 kilomètres à 
vol d'oiseau. Thibilis au Nord-Est se trouve à une distance au moins 

^'5 Voir plus loin, p. 5i et 5/i, Je texte m extenso des notes de M. Gsell. 



double, et vers le Sud il faut parcourir un plus long espace encore 
pour atteindre \fasrula , Thamugadi ou Uinthaern. Sur ce chemin 
sans doute on hx)u\e plus près Macotimdes; mais remplacement 
présumé de cette ville antique est au moins à 3o kilomètres 
d'Aïn-Melouk. et Ton devait, avant d'y parvenir, traverser ou 
côtoyer le Saltus Smottensis. Ce sont précisément ces conditions 
qui expliquent la fondation de nund'mae par Phosphorus. On ne 
comprendrait guère qu'un vicus, orné de colonnes, de portiques, de 
quatre arcs et dans lequel des numUuae avaient lieu, n'eût qu'une 
superficie totale de U hectares i/4. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 



Le Secrétaire de la Commission , 

R. Caoat, 

Membre du Comité. 



12 AVRIL 1916. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 



PRKSIDENCE DE M, HERON DE V I I.LEFOSS E. 

La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière se'ance est lu et adopte'. 

M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. E. Vassel fait hommage d'une brochure inlitule'e : Études 
puniques. IV. Ex-voto. 

Cet ouvrage sera déposé à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés à l'auteur, 

La Direction des antiquités, beaux-arts et monuments histo- 
riques du Maroc a fait parvenir le texte d'un certain nombre 
d'inscriptions découvertes à Volubilis. Elles nous avaient déjà été 
communiquées par M. L. Châtelain. Ces nouvelles copies sont 
moins exactes que les premières. Il ne serait pas inutile d'avoir des 
estampages de tous ces documents. 

M. Merlin a envoyé quelques renseignements relatifs à des dé- 
couvertes archéologiques survenues en Tunisie au cours des der- 
nières années : 

I. Aux environs de Bir-Djezzara, à 3 kilomètres à l'est de la 
Mornaghia, non loin de l'endroit oiî Y Atlas archéologique (feuille 



de Tunis) place la sUlioo ail Mercurium, surl'accofemenl de la voie 
romaine, on a trouve en mars 1912 trois stèles qui ont été trans- 
portées au Musée du Barde par les soins de M. Gros : 

1. Haut., I m. 87; larg., cm. /17; lettres, o m. o35-om. o5. 

Au-dessous d'un fronton à acrotëres, un cartouche dans le haut 
duquel on voit au milieu un croissant montant, à droite une 
étoile à quatre branches, à gauche une étoile à sept rayons : 



c 


CORNELIVS 


^ 





SEC VNDV S 
VIXIT- 


T 


T 


AN I S 


T 


B 


LXX 


L 


Q_ 




S 



a. Haut., 1 m. 90 (brisée en trois morceaux qui se raccordent); 
larg.. o m. 69; lettres, o m. 028. 

Dans le tympan d'un fronton, un croissant montant flanqué de 
deux étoiles à six branches; au-dessous, une niche dans laquelle 
est dressé un autel; plus bas, dans un cartouche à queues d'aronde, 
Tépitaphe : 

CN-SEXTIVS-M-F- 
CIIIAIVS • V- PIVS 
A- LU- HIC- EST 
SITVsFEVXOR 
5 EImSPAPIRIA- 
tNPETR.ATA- 

Au-dessous de linscription, deux rosaces à six branches. 

Le surnom , à la ligne 2 , demeure obscur, la nature exacte de 



certaines lettres, représentées par des hastes droites, e'tant malaisée 
à préciser: peut-être Celatus, avec un Ecursif. A la ligne U : ¥E(cit). 

L'emplacement des deux rosaces a été déterminé avec soin; on 
distingue les deux traits perpendiculaires qui ont servi à les dis- 
poser Tune et l'autre à la même hauteur et chacune à la même 
distance du milieu de la stèle. 

3. Haut., 1 mètre; larg., o m. 32; lettres, om.o5-om.25. 

Slèle arrondie au sommet et dont la partie gauche, coupée inten- 
tionnellement sur toute la hauteur, manque : 

Croissant descendant. 

Petite croix 

à quatre branches égaies. 

Buste de femme 
très grossièrement équarri. 

O • V I C T O R I A 

«NICIA-PIA .VIX 

\NIS • XXV • HICS 

i T i\ Q_V A E • F V I T 

5 ^VRCILI -RVS-VXOR 

L'inscription, dont les lignes sont séparées par des traits, est 
contenue dans un cartouche en saillie. Il faut sans doute lire les 
noms de la femme «iasi ; Q{ttinta) Victoria \^A\nicia, ou peut-être 
mieux, étant donné qu'^mm est plutôt un gentilice qu'un surnom 
et Victoria inversement : Q{uinta) [A]nicia Victoria^^K Quant au sur- 
' nom du mari, qui a été abrégé faute de place, je le rétablirais : 
Rus{tia); la lettre qui manque à gauche appartenait au gentilice du 
personnage, ou plus vraisemblablement représentait son prénom. 

11. Les thermae aestioalen de Thuburbo Majus, dont nous avons fait 
connaîlre la dédicace le mois dernier, étaient contigus au Nord- 
Ouest à une place sensiblement rectangulaire, qui était entourée 



'*' Pour le jH^nom donné à une femme, cf. Cagnat, Cours d'épigraphie lalinc, 
k' éd., p. /j7-Î8. 



sur ses quatre faces d'une colonnade com[itant 9 inlervalies sur 
les grands côtés, et 7 sur les petits, soit au total il 9. Nous a^roos 
retrouvé de nombreux éléments architecturaux ayant appartenu 
à ce portique. Nous remettons à plus lard la description et l'élude 
des bases, fûls, chapiteaux, linteaux d'architrave, soffiles sculptés, 
corniches; nous ne parlerons aujourd'hui que de la frise qui 
portait l'inscription dédicatoire et dont nous avons conservé à peu 
près la moitié (haut., om. 4o-o m. hi ; épaiss. , o m. 87-0 m. 89). 
D'après la place de leur trouvaille, nous pouvons répartir avec une 
très grande probabilité les blocs de cette frise ^'^ entre les quatre 
galeries de la manière suivante : 

A. Sur la face sud-ouest longeant les thermes d'été, il n'en 
subsiste que 2 et demi sur 7 : 

1. Découvert vers l'angle sud du portique : 

Long., 2 m. 43 (peut-être pas complet). 
3. Exhumé près du portique sud-ouest : 

ii'iiJJi!!l!!i!!!!'!l!!i. 

Long., 1 m. ho\ incomplet à gauche. 

3. Remployé commci pilier dans une construction de basse 
époque établie à l'intérieur d'une petite salle des thermes. 

NT MAX TRIB POT IIII 



Long., 9 m. 02 (brisé en deux fragments se raccordant). A droite, 
le linleau est taillé en biseau par devant, ce qui indique qu'il était 
placé à l'angle ouest sur la petite face de la colonnade. A gauche, 
fin d'un N. 



<') On remarquera que la longueur des linteaux varie d'une façon assez mar- 
quée : de 9 m. 55 à -a m. 75. 



Marlelé. La lecture, en parliculier du chiffre IlII , est douteuse. 
Copie de M. Louis Poinssot, inspecteur des Antiquités de la Tunisie, 
qui a bien voulu me la communiquer. 

B. De la face nord-ouest, celle qui est la plus voisine du forum 
parmi les deux plus longues, nous possédons 6 linteaux sur 9, 
tous recueillis dans la région nord-ouest de la place : 

^- Il I JJIIJ.l 1.1.1.1 II IIJ.I.I.I III. T O T I V S Q 

Long., 2 m. 66 (brisé en deux fragments se rejoignant). 

5. DIVIN DOM EOR P PETROT 

Long., 9 m. 65. 

A droite, commencement d'un N. 

6. NIVS FELIX P P EX TRIBVNC 

Long., 2 m. 65 (brisé en deux morceaux se rajustant). 
A gauche, lin de TN qui commence sur le bloc n" 5; à droite, 
majeure partie d'un O qui se termine sur le bloc n" 7. 

7. J PRAETOR ET P PETRON 
Long., 2 m. 60. 

8. IVS FELIX FVSCVS FIL EIV 

Long., 2 m. 53. 

LV à droite n'est pas tout à fait complet; le haut de son second 
jambage est sur le bloc n" 9. 

9. ^S + EQ. R-ETIP + PETRONIVS + SE\ 

Long., 2 m. 56. 

A droite, premier jambage d'un V. 



CLXl 

C. La face noi-d-esl de ia irise esl la niuios bien conservée; nous 
n'avons qu un débris des sept linteaux : 

10. TE SVA F 

Long. , o m. 96 ; complet à gauche, brisé à droite. 

Ce fragment, que ses faibles dimensions rendaient assez facile- 
ment transportable, a élé trouvé dans le voisinage de la galerie 
sud-ouest; mais il semble, à cause de l'inscription, ne pouvoir être 
classé qu'à la galerie nord-est. 

D. La travée sud-est, dont nous avons découvert presque tous les 
éléments à pied d'œuvre, a été remontée en 191 5 dans à peu près 
loute sa longueur'') : 8 colonnes «ur 10, couronnées par 7 morceaux 
de la frise sur 9; il ne manque que deux linteaux de cette face, le 
premier à gauche et le dernier à droite, celui-ci anépigraphe : 

11. RVNT DD OB CVIVS OPERI 
Long., 2 m. 78. 

19. S DEDICATIONEM DEC 

Long., 'à m. 5;î. 

A droite, le C empiète sur le linteau n" i3. 

rVRIONIBVS DENARIO 

Long., •2 m. (J5 (brisé en deux morceaux se raccordant). 
A droite, VO déborde sur le bloc n" il\. 

xh. 3S SINGVLOS ET CVR 

Long., 2 m. 55 (brisé en trois morceaux se rejoignant). 



^'' Cf. Louis Poinssot, Comptes rendus de l'Acad. des Inscr., 1 g 1 5 , p. 83 5, n. a ; 
Merlin, Bull, archéol. du Comité, igtô.plus haut, p. cxli ( prooès-vcrl>aux de 
ta Commission de l'Afrique du Nord , février). 

Arciikouicif., — N° 2. l 



CLXll 

i5. IS SINGVLIS DENARIO 

Long., 2 ni. 75 (brisé en deux morceaux se raccordant). 
A droite, l'O se termine sur le bloc n° 16. 

16. :>S QyiNQVAGENOS 
Long., 2 m. 68. 

17. DEDER.VNT 

Long., 2 m.05. 

A droite, un blanc de m. 92 marquant la lin do l'inscrip- 
tion (»>. 

Étant donné le pluriel eor{iim) du linteau n" 5, Tédifice avait été 
dédié au moins pour le salut de deux personnages; à cause de 
l'étendue de cette partie du texte, ils n'étaient fort probablement 
que deiix : ce sont soit deux Augustes ou un Auguste et un César, 
soit un empereur ou une impératrice, sa mère ou sa femme. Les 
éléments d'appréciation manquent pour qu'on se décide en toute 
certitude; on peut cependant arriver à une approximation très 
plausible. 

Marc-Aurèle et Commode sont exclus, car les linteaux martelés 
auraient présenté le nom ou les titres de celui-ci, qui, sur les in- 
scriptions de Thuhurho^'^\ comme en général ailleurs en Afrique'"*), 
a été restitué après martelage, ce qui n'est pas le cas ici. 

Caracalla et Géta ne conviennent pas mieux, car, avec le long 
martelage du bloc n" h, Julia Domna est exclue, ce qui ne laisserait 
pas d'être singulier ici; et d'autre part, étant donné qu'il faut inter- 
caler au moins un linteau entre les n°' 3 et /j , celui qui fait angle 
avec le n° 3, on ne voit pas comment remplir avec des titres de 



('^ Des fragments d'inscriptions de Thuburbo Majus, ayant des lettres de même 
hauteur que ies nôtres, sont déjà connues; mais je ne pense pas que ces débris, 
que nous n'avons pas retrouvés, fassent partie de notre texte. (Gagnât, Bull, 
archéol. du Comité, 1 898 , p. 9 1 8 , n" 35 = Corp. imcr. latin. , t. VIll , n° i 3867, b ; 
Gagnât, ibid., p. 219, n° 36= Corp. inscr. latin., t. VIIl, n" 856.) 

W Merlin, Nouv. Arch. des Missions, t. XIV, p. 169-170; Bull, arcliéol. du 
Comité, igiS, p. clvu. 

'•''' Gagnât, Cours d'épijrrdiiliii' laiiiii-, 'i^éd., |). 17V, 11. 1. 



Géta riiitervalle d'uuo trentaine de lettres au miiiimuin qui sépare 
trib. pot. iiii de totiusq. 

Restent deux autres combinaisons vraisemblables : soit Séfère 
Alexandre et Julia Mamaea, soit Gallien et Salonine, si Ton admet 
que la belle gravure du texte et les sculptures très soign«îes du por- 
tique autorisent à descendre jusqu'au milieu du m* siècle, ce qui 
ne paraît guère admissible. Pour ma part, je préfère m'en tenir aux 
noms de Sévère Alexandre et de Julia Mamaea. 

Si l'on se rallie à celle solution et si la lecture trib. pot. nu est 
justifiée, la dédicace date dé qqB après J.-C. 

Après la salutation impériale, on a : 

totiusq. divin, (loin. eor. P. Petronius Félix, p. p. ex Iribuno 

praelor. et P. Petronius Félix Fusais jil. eius eq. r et P. Petr'oniwt 

Sever [/»6era/»/a]te '"' sua f[aciend»m curacerunt'^*^ et dedicave\runt 

d. d. ; ob cuius operis dedicntionem decurianibwt denarios singtihs et evris 
singulis denarios quinquagenos dedemiit. 

P. Petronius Félix est qualifié de jj(nmi)p\tlaris). ex tribuno 
praetor[ianorum). Ainsi qu'il est arrivé souvent^'', un ancien primi- 
pile légionnaire est devenu tribun d'une cohorte prétorienne. Celte 
partie de l'inscription est malheureusement assez peu explicite : on 
aimerait savoir dans quelle légion Petronius a d'abord servi et dans 
quelle cohorte prétorienne il est ensuite devenu tribun; il serait 
également intéressant de connaître s'il est parvenu d'emblée à la 
tète de ce dernier corps, comme il semble -^^ ou s'il a du passer 
avant d'y arriver, de même que beaucoup de ses pareils '^\ par un 
commandement de cohorte des vigiles et de cohorte urbaine dont 
l'inscription n'aurait pas conservé le souvenir. En qualité d'ancien 



^>^ Avant [lU>eralita]te , it faut sans doute songer à une formule ainsi conçue: 
ftrtieum cuin 

^-' Ia restitution y[«rerttft< et dedicave]runt , qui serait trop longue pour la lin 
du linteau n" i o, apparaît en revanclie trop courte potir la fin de ce linteau el 
pour un autre linteau complet; c'est pourquoi nous proposons -.Jlficiendum curare- 
runl et dedicave]runt. 

^») Gagnât, dans Darëmberg et Saglio, Dict. des Antiquitét, t. IV, p. 667, 
cf. p. 636. 

W Cf. Corp. ifucr. latin., t. V, n» 65 1 3. 

t** Gagnât, op. cit., p. 6^7, avec une série «le renvois à des inscriptions. 



primipile, Pelronius avait rang de chevalier romain <•), dignité dont 
son fils fut e'galeraent investi. 

Une autre mention des curies de Thuburbo figure peut-être déjà 
sur un texte de cette localité ^^>. Les curies ayant la personnalité 
juridique pouvaient recevoir des donations, comme celle dont il est 
question ici, qui venaient s'ajouter à leurs ressources (^*. 

III. M. Massigli a signalé dans le Catalogue du Musée de Sfax 
deux mosaïques tombales chrétiennes appartenant à cette collection 
et dont on n'avait pu lui indiquer la provenance exacte. Il y a inté- 
rêt à publier intégralement ces épitaphes; je les donne ici d'après 
d'excellentes photographies que je dois à M. Audibert, conservateur 
du Musée de Sfax : 

a. Tombe C^) brisée notamment en haut : i m. 90 sur o m. 53. 
Au sommet, restes d'un motif décoratif qui comprenait en parti- 
culier une couronue de laurier (^); au-dessous, dans un cadre à 
double filet, l'épitaphe en lettres noires de m. 09 sur fond blanc : 

C AEL I A 
ROGATA 
V I X I T 
I N P A CE 
A N N I S 

XXX 

PLM 

Les interlignes sont remplis par des cuhes jaune clair. 
A la ligne 1, de l'I il ne subsiste que le pied; TA final a presque 
entièrement disparu. 

'') Gagnât, op. cil., cf. t. II, p. 780. 

(*) Merlin, Bull, archéol. du Comité, igiS, p. clx. 

('' Roman, Ann. de la Faculté de droit d'Aix, t. IV (1910), p. 1 10 et suiv. 

'*) Massigli, Catal. du Musée de Sfax, p. 10, n" 29; Merlin, dans VInventatte 
dex mosaïques de la Gaule et de l'Afrique, t. Il, Suppl., p. 9, n" 60 d. 

t°' Cette couronne contenait soit un monogramme constantinien, soit une croix 
ansée , dont il ne subsiste plus rien. 



b. Tombe'') cassée en haut et en bas, très martelée à {jauche: 
om.84x o m. q8. Au sommet, monogramme conslanlinien incom- 
plet qui est entouré d'une couronne en majeure partie disparue; 
dans récoinçon inférieur à droite, le seul sauvegardé, une brancbe 
de rosier. Plus bas, l'épitaphe en lettres blanches, hautes de 
o m. 08-0 m. 06, sur fond noir; toutes les lignes sont endom- 
magées; je restitue le texte ainsi : 

// S I A E 
w F R O S I 
H A P V EL 
/a V E I X S 
itlN PAGE 
an ni s arVII 

. . .sia E[M\fros^n]a, puel[la] veixs[it] in pace [annis x]uii. 

Puella désigne la vierge consacrée au Seigneur; ce vocable figure 
déjà sur plusieurs inscriptions de Tunisie ('-^^ 

Je croirais volontiers que ces deux mosaïques tombales ont été 
découvertes à Thina en même temps que celles de Quiniilla Dona- 
lianilla et de \ eirius Peti'onitts Candidus '•^K auprès desquelles la relation 
des fouilles note qu'il en existait d'autres'^'. iNos épitaphes sont 
tout à fait pareilles comme rédaction à celles-ci ^^K 

D'un autre côte', le Catalogne du Musée de Sfax^^^ indique, avec 

'>') MassigU, op. cit., p. 11, n° 34; Merlin, op. cit., p. 9, n"* 60 /(d'après 
Massigli). 

'•*'> Sur cette question, cf. Merlin et L. Poinssot, Le$ inscription» ^Ueki Majv*, 
p. lOi, n. 3. 

'') Gauckler, dans VInventaire des tnosatques de la Gaule et de l'Afrique, t II, 
p. i3, n" 19; p. i4, n° 29; cf. Merlin, op. cit., p. 4-5. 

W Gauckler, Bull, archéologique du Comité, 1909, p. ccxl; Inventaire des 
motaïques, loc. cit., p. i4. n" ai. 

» C'est sans doute dans la même éfjlise qu'on a recueilli l'épitaphe d'Ade<jdata 
(Massigli, Musée de Sfajc, p. 10, n" 27; Merlin, Inventaire des mosaïques, p. 9, 
n" 60 e). 

'*) P. 1 o-J 1 , n" 3 1 ; pi. VII , n" a ; cf. Merlia , Inventaire des moseùque», p. 34 , 
n" 334 a. 




i'és(!ivo d'ailleurs, comme exhumée dans la région de Feiiana la 
mosaïque funéraire chrétienne que voici : 

B • M • Q_V I R I A C V S 

VIX- ANN -m -D- II- 

DOR • INP • DIE III • 

KL- f • I V L • 

branche enfant branche 

fie rosier en orant de rosier 

Pourtour, filet et denticules. 

Je suis très porté à considérer que celte mosaïque vient non pas de 
la région de Feriana, mais de Sfax même. 11 serait en effet facile 
de lui trouver des analogues, tant pour la teneur du texte que pour la 
décoration, parmi les tombes recueillies près de cette ville, dans 
le cimetière chrétien des bjiitles Meïghanni. Les formules B(onae) 
m[emotiae) et d()v(niil) mp[ace) sont très fréquentes dans l'ancienne 



IV. M. le docteur Eichmiiller a bien voulu me communiquer une 
pièce en os ([ui a été trouvée dans la région de Leinta, et qui est 
entrée dans sa collection. Il s'agit d'un débris de manche (haut., 
om. P75), dont l'intérieur était évidé circulairement (diam., envi- 
ron o m. 012), (|ui est biisé en haut et eu bas et dont il ne subsiste 
qu'une partie du pourtour. Dans la section conservée, fractionnée 
horizontalement en deux morceaux qui se rajustent, est sculptée 
une Bacchante, qui se présente par derrière de trois quarts, et 
dont la tête renversée, légèrement tournée, apparaît de profil à 
gauche. Elle est à peu près nue; une draperie lui traverse le dos 
en diagonale, de l'épaule droite à la hanche gauche; ses cheveux 
dénoués tombent en large nappe. H manque les bras et les jambes 
au-dessous des genoux. 

M. Parrès, correspondant du Ministère, envoie le texte de quatre 
inscriptions relevées par lui à Barika. — Renvoi à M. Gsell. 

M. Renault, correspondant du Ministère, a fait parvenir, par 

(') Cf. notamment Corp. inscr. latin., t. VIII, n° iio85; Gauckler, luventairn 
des mosaïques, p. 90, n° lii, et p. 99, n° 53 ; Hannezo et Femeliaux, Bull, archéul. 
du Comité, 1900, p. i5o. 



TenlnMiiiso de M. Afcrlin, lo dossin ot la doscriplion do doux objels 
de bronze. — HtMwoi à M. Babelon. 

M. ]^ABE(.oN lit une nulo qu'il <i rédigée sur cinq iotailies dont la 
pholographie et le moulage ont été envoyés par M. Renault. La note 
sera insérée au Bulletin'^ . 

M. Gagnât présente à la Commission la pholographie d'une 
mosaïque récemment découverte à Timgad, que ^\. Ballu lui a 
communiquée, et ajoute les réflexions suivantes : 

«■Cette mosaïque fof m ait le seuil d'un tepidailum dans des petits 




hains situés près du decumonus inaximus, à côté de la fontaine 
monumentale élevée par Julius Liberalis. On y voit, au milieu. 

' Voir plus loin, p. a 3, la nolo de M. Babelon. 



I 



quatre sandales tournées, deux dans un sens, deux dans l'autre. 
Au-dessus se lit le souhait : Bene lava! au-dessous, quelques carac- 
tères dont il reste seulement la partie supérieure et qui sont d'une 
lecture très incertaine. La ligne se termine par le groupe VS. 

ff Ce n'est pas la première fois que ce souhait se rencontre. Il figure 
sur une mosaïque de Lambèse que M. Gsell a signalée en deux mots 
dans son Atlas archéologique ^^'i et que M. de Pachtere a rappeléft 
d'après lui (^^ : elle n'a jamais été publiée en fac-similé et l'on n'a 
pas reconnu l'emplacement exact qu'elle occupait dans les bains 
auxquels elle appartenait. 

On le retrouve avec quelques additions sur une autre mosaïque 
des environs de Sétif, au sujet de laquelle on n'a pas non plus 
grand renseignement ^^l Deux cartouches non juxtaposés portent: 



BENE LAVES 


OZE A DES 


CRAS GRAT 


IS RESTVTA 



SALVV lAVISE 



B O N O QJ 



FIERI • IV SIT 



EX S 



ce qu'on explique : 

Bene laves! oze {=hodte) a{ssem) des; crus gratis. Bes tuta. Salvu{s) 
[r|flt)[e]« et bono (ejus) q{u)i fieri ju{s)sit ex s[ua 'pecunia?\ 

ff Autre exemple, celui-ci provenant de Timgad même. Le mosaïste 



(') Atlas archéol. de l'Algérie, XXVII, p. 19. 

(^) Inventaire des mosaïques de la Gaule et de l'Afi-ique, t. Itl, p. ^8, n" içjfi. 

W Hevue afric, 1875, p. 160; Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 86ai. 




chargé de déoorer les thermes des Philadelphes a insrril sur le 
st'uil de la porte de sorlie du deuxième caltUirium^^^ : 

SALVV LOTV 

ce qui est le souhait qu'on adressait à ceux qui venaient de se 
baigner. Nous en avons une preuve dans un passage de la Passion 
des saintes Félicité et Perpétue (^\ H y est dit que le martyr Satu- 
rus, à la fin de la représentation de l'amphithéâtre, fut livré aux 
attaques d'un léopard; il était tellement inondé de sang, que le 
peuple le voyant revenir (reverlenù illi), et rendant ainsi témoignage 
du second baptême qu'il venait de recevoir, s'écria : Salcum lotuin! 
saïvum lotum ! 

(f Entre cette formule et les précédentes il y a donc une différence 
qu'il faut signaler. Betie lava s'applique à qui va se baigner, salvuin 
lotum à qui s'est déjà baigné; la première vise le futur, la seconde 
le passé, comme le prouve l'emploi de l'impératif dans un cas, du 
participe passé dans l'autre. Aussi n'est-ce point à l'entrée d'un 
caldarium. mais à la sortie, que les lettres Salmt Iota étaient dispo- 
sées dans les bains des Philadelphes, tandis que Bene lava se lit à 
l'entrée du tepidarium des petits bains nouvellement déblayés, qu'il 
fallait traverser avant de pénétrer dans le caldarium. 

wMais un tepidarium ou toute autre pièce servant de vestibule à 
l'étuve pouvait aussi servir de sortie aux baigneurs. D'où la juxta- 
position des deux acclamations sur certaines mosaïques de seuil. 
C'est ce qui a été noté à Brescia ('' : 



BENE 
LAVA 



SALVV 
LOTV 



portaient deux cartouches voisins. 

rLa première était faite pour être lue par ceux qui pénétraient 
dans la salle, la seconde par ceux qui la quittaient. 

w C'est ce qu'a exprimé d'une façon différente le mosaïste de 




''' Ballu, Le$ ruine» de Timgad; tept années de décuuvertet (1911), p. 
pi. à la page 108; de Pachtere, op. cit., n" 77. 
^*' Cf. S ai, p. 101, de l'édition de Ruinart. 
'*) Corp. ÏMcr. ht., t. V, n" 45oo. 



io5 et 



Timgad en dessinant les sandales figurées sur le seuil, deux la 
pointe tournée vers l'intérieur, deux vers l'extérieur. On sait que 
sur les ex-voto consacrés à des divinités par des voyageurs pour 
obtenir bon voyage à l'aller et au retour, ils faisaient représenter 
des empreintes de pied disposées dans les deux sens. Je rappellerai 
seulement à ce propos une pierre de Philippeville, dont l'inscription 
seules a été' publiée (^' : dédicace à Bael. . . Aug., soi-disant Bellona, 
par un personnage nommé . . . Félix. Trois trous creusés dans le 
cbî(iftp de chaque empreinte servaient sans doute jadis à maintenir 
des plaques de marbre ou de métal en forme de semelle. 

ffQviand ces vœux de bon voyage étaient traduits non plus par 
une représentation graphique, mais par des mots, ils s'exprimaient 
en de^ fpv^ï^ulesq^i rappellent assez les acclamations qui font l'objet 
de cette i^ple. Telle est cette prière, qui provient de Pplenzo : 
Se^lvos ire, salpos venire date ex Aginnum^'^\ 

ttLa nouvelle mosaïque de Timgad présente encore ^n autre inté- 
rêt : elle nous offrp ime image de ces sandales que les baigneurs 
se fueitaient aux pieds pour circuler plus aisément dans les salles 
chaudes des thermes, au pavement mouillé et glissant. Elles pa- 
raissent très légère.s, faites de cuir souple ou plutôt de sparterie. 
Les doigts s'engageajent dans de courtes empeignes; des ri|bans 
fîxe's ^ \d^ semelle, à droite et à gauche, et formant cf|mme des 
oreilles, se f élevaient sans doute pour s'attacher sqr le cpu-de-pied.T? 

M. GsELL propose l'impression dans le Bulletin à' nwQ noie envoyée 
par M. Gustave Mercier, vice-président de la Société archéologique 
de Constantine. Dans ce court travail , intitulé : «Note sur la topo- 
nymie antique de l'Afrique Mineure w, M. Mercier insiste avec raison 
sur l'utilité de la connaissance des dialectes berbères pour l'expli- 
cation de beaucoup de noms de lieux mentionnés par les documents 
antiques. Il croit que les noms d'origine phénicienne sont moins 
nombreux que certains savants ne l'ont pensé. Peut-être cette thèse, 
qui d'une manière générale est fondée, l'a-t-elle entraîné un peu 
trop loin. Ainsi il émet l'opinion que, dans le nom Rusaddir (au- 
jourd'hui Melilla), le second élément est libyque. Il semble bien 

(') Bertrand, Catalogue du Musée de Philippeville, n° 260; Corp. imcr. lut., 
t. Vtll, n°7958. 

W Coip. imcr. lut., t. V, n°'70i5. 



pourtant que, commo rus, adàir soll un mot plic^nicien sijjnifiant 
grand, puissant : Husadilir = le grand Cap, c'esl-à-dire le cap des 
Ti-ois-Fourclies, au sud-est duquel se trouve Meiiila {Prontuntorio 
Busaddt, dans l'Itinéraire d'Antonin). Comparez, par exemple. 
Baliddir=--le niait re puissant (ce nom paraît, en effet, être enlirre- 
nient phénicien); Abaddir^^le père puissant; Addirbaal === Baal est 
puissant, nom de personne fréquent à Carthage (en latin, Adherhal). 



M. Paul Morceaux lit le rapport suivant : 

ffM. Merlin a envoyé, le mois dernier, à la Commission deux 
estampages qui ont été pris en 191 3 à Henchir-Tembra (ancienne 
Thahbora, dans la vallée de la Siliana, au sud-est de Dougga), par 
M. Drappier, secrétaire de la Direction des Antiquités de Tu- 
nisie. 

ffCe sont deux inscriptions chrétiennes inédites : une épitaphe, 
et un fragment de dédicace avec mention d'un martyr. 



ff 1. Pierre brisée tout autour, épaisse de o m. 10, dont la plus 
grande largeur est de o m. ^o, ol la hauteur de o m. 3a environ. 
Lettres irrégulières variant de o m.o3 à o m. o5. La moitié supé- 
rieure de Tinscription est presque complètement fruste, et l'on n'y 
distingue rien avec certitude. Dans la moitié inférieure (lignes 4-6) , 
nous avons lu, M. Cagnat et moi : 

STEFA NIMA 

PRIMI XuKLxN 

VEM 
Stefani nwfrtj/m] prin^i m K{a)l{endas) n[o]vem[bres]. 

wll s'agit ici du diacre saint Etienne, le prntomartyr, dont on 
apporta des reliques en Afrique vers Tannée Aao, et dont le culte 
devint aussitôt très populaire dans la contrée, comme l'attestent 
la littérature du temps et beaucoup d'inscriptions. La fête du saint 
se célébrait alors, comme aujourd'hui, le 26 décembre; témoin le 



calendrier de Carthage, où on lit Stephamis primiis martyr rii K(a- 
hndas) ian{uarias). La date indiquée dans la nouvelle inscription 
d'Henchir-Ternbra ne se rapporte donc pas à l'anniversaire du 
saint, mais à quelque déposition de reliques, à la dédicace de 
quelque monument, oratoire ou reliquaire, contenant des reliques 
de Paint Etienne. 

ff L'inscription ne peut être antérieure à Tannée 620; elle date 
du V* ou du VI* siècle. 



cf2. Fragment de pierre calcaire, provenant d'un monument 
plus ancien qui a été retaillé. La face supérieure, haute de o m. Aa , 
large de o m. 97, porte une inscription de six lignes, en lettres 
assez régulières, hautes de o m. o45 environ. 

E L 
XFEL I C 
N I F I L I 
VS I M PA 
V I XITAN 
Ixxx - 

... F]eï\i\x, Felic[ia]ni filins , im pa[ce] vix'it (m[nis\ ixxx. 

«fL'épitaphe doit dater du iv* ou du v* siècle, temps où la for- 
mule in pace vixit annis a été d'usage courant à Carthage et en 
Proconsulaire, fl 

M. J. ïouTAiN lit la note suivante sur deux inscriptions do la 
Tunisie : 

ffLes inscriptions, dont l'estampage nous a été adresse' par 
M. A. Merlin, sont gravées sur les deux faces opposées d'un 
cippe découvert en 1908 à Hadjeb-el-Aïoun, et déjà signalé par 
P. Gauckler dans son Rapport sur des inscriplious latines découimies 

Tunisie de lyoo h iyo5^^\ On avait lu l'inscription de l'une des 



en 



(') Nouvelles Archive» des Missions, l. XV, p. 



I 

I 



laces : Bybata Vtclortna; l'inscription de l'autre face n'avait élr ni 
déchiffrée, ni reproduile. M. A. Merlin a eu Toccasion de signaler 
ce cippe au mois de mai 191 4, h propos de symboles ou repré- 
sentations prophylactiques qui en occupent les faces latérales; il 
était alors placé à l'entrée du camp militaire d"Hadjel)-el-Aïoun. 

ffLa hauteur du cippe est de 1 m. 26; la largeur, de o m. Sa; 
l'épaisseur, de o m. 35. 

w L'inscription de la première face doit se lire, sans aucun doute 
possible : 

BVBALl 

VICTORIt^A 

«Les deux lignes sont gravées à l'intérieur d'une couronne ornée 
de lemnisques. Il est probable que BVBAL était le cognomen usuel 
du personnage dont Tépitaphe occupe la face opposée du cippe. 
Victorina était sa femme, son affranchie ou son esclave, et c'est 
elle qui, sans doute, a pris soin d'ériger à sa mémoire ce monu- 
ment funéraire. Comme l'a déjà noté Gauckler, on connaît à Caesarea 
un médecin qui porte le cognomen Bubbal : Fabbianus Bubbal ^^K 
Ce surnom latin représente très probablement un punique Bodbaal, 
analogue à Bodastart. De là , la forme Bubali de notre inscription , 
qui n'a sans doute rien de commun avec le latin Bubalus, tran- 
scription du grec Boy^aXos. 

ff Quant à l'inscription de la seconde face, incomplète et dans 
certaines parties presque effacée, elle ne fournit pas un sens 
satisfaisant. C'est certainement une épitaphe, comme l'indique la 
formule D[is) M{anibus) s{acrum), visible à la première ligne. Des 
autres lignes on distingue beaucoup de lettres, mais ces lettres 
ne forment pas un tout intelligible. Peut-être, à la deuxième ligne, 
faut-il lire le gentilice [Nu]mùsio. La sixième ligne est celle dont la 
lecture est le moins incertaine; le mot memona ou iueinoria[m] s'v 
reconnaît sans aucun doute. Ce qui rend Tinterprétatioa de ce 
texte difficile, c'est qu'on n'y rencontre, sauf le mol memoria et la 
formule initiale D M S, aucun des termes, aucune des données 
accoutumées dans les épilaphes. comme l'âge du défunt, la men- 
tion de ses qualités, ou des souhaits tels que Tetra tibi sit levis, 

^') Corp, iii»ei: lat., t. Vlll, n* 31099. 



ossa tibi bette quiescmit, etc. Je crois donc qu'il faut se borner à 
reproduire aussi exactement que possible les textes des deux faces 
de celle pierre : 

Face A. 

Dans une couronne avec lemnisques : 

BVBALI 
VICTORINA 

Face B. 

DM S 

iini^€bvstoqve0ra 
iorvterorapTari 

irLVlROAPPIVSII' 

VITMEMORIA^ 

IVSSVEIVS\ 

D{m) M{anibitë) s{acrum) . . . [Nu]misio ? Ca. . . bmtoque gra . . . utero 
rapta. . . vivo; Apptus vil mcmoria[m\ jussu cjus. . . 



la séance est levée à 5 heures. 



Le Secrétaire de la Commission , 

R. Cag'nat, 

Membre du Comité. 



9 MAI 1916. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L AFRIQUE DU NORD. 



PRÉSIDENCE DE M. HÉRON DE VILLKFOSSK. 



La séance est ouverte à U heures. 



Le procès-verbal de la dernière Séance est lu et adopte'. 



.M. LE Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. L. Châtelain a envoyé toute une série d'estampages reprodui- 
sant le texte des différentes inscriptions de Volubilis communiquées 
par lui précédemment. — Renvoi à M. Cagnat. 

M. Merlin a fait parvenir une note sur des sceaux et médailles 
de plomb provenant de Carthage. — Renvoi à M. Monceaux. 

Il a adressé en outre une communication sur diverses tombes 
puniques découvertes aussi à Carthage : 

«•En 1915, la Direction des Antiquités a exploré à Carthage un 
certain nombre de tombes puniques dont j'ai l'honneur de vous 
donner ci-après l'inventaire. Ces tombes ont e'té découvertes sur 
remplacement d'une villa romaine située dans la partie inférieure 



du terrain dénommé A rd-el-Morali ^^K Elles sont tout à (ait voi- 
sines, au Nord, du groupe de sépultures numérotées US6 à li(^8 
par Gauckler et dégagées en 1906 aux abords de cette villa ^^l 

ffLes caveaux s'ouvrent sur un puits d'accès plus ou moins pro- 
fond et sont fermés par une porte monolithe en tuf. 

(tNo 1. — Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, 
terre blanche, haut. om. 28 (forme i/i)^^); trois jarres ovoïdes à 
deux anses, col court et fond plat, terre blanche, haut, o m. 21, 
o m. 20 et o m. 16 (forme 5); deux petites œnochoés à embouchure 
trilobée, terre blanche, haut, o m. laS; une petite œnochoé à 
panse sphérique et goulot circulaire, terre blanche, haut. m. 1 15; 
trois lampes puniques de la première époque, avec patères. 

«•Un rasoir en bronze; des débris d'anneaux en bronze; des 
monnaies de bronze. 

cfDes perles; des pastilles circulaires en os, plates sur une face, 
bombées sur l'autre. 

ffNo 2. — Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, 
terre blanche, haut, o m. 226 (forme 18); deux jarres ovoïdes à 
deux anses, col court et fond plat (forme 5) : — l'une, haut, 
o m. 2o5, en terré blanche; l'autre, haut, o m. 266, en terre 
rouge, rehaussée de filets bruns sur la panse, au col et à l'embou- 
chure, dont les lèvres sont très écrasées; — cinq œnochoés dont 
une, haut, o m. 11, à goulot trilobé; une, haut. om. 09, à panse 
sphérique et à très petite anse; deux , haut. m. 1 1 et m. 12, à 
embouchure circulaire; et une dernière, haut, o m. 11, à panse 
fuselée et bouche allongée : terre blanche , sauf celle à panse sphé- 
rique qui est en terre rouge; un vase en forme de skyphos, haut, 
o m. i2 5,diam. intérieur o m. i45, mal cuit, présentant sur certains 
points une teinte tirant sur le noir, sur d'autres des tonalités d'un 
rouge vif ('^'; deux tmgttentaria brisés au ras du col, terre rouge, 

(') Il s'agit de la villa qui renferme une longue galerie voûtée et qui borde du 
côté opposé au théâtre la rue n" 10. 

(-> Gauckler, Nécropoles puniques de Carlhage, t. I, p. aai et suiv. 

'•'' Ces indications de forme se réfèrent aux numéros adoptés dans les planches 
qui accompagnent le travail de MM. Merlin et Drappier, intitulé : La nécropole 
punique d'Ard-el-Kheratb à Carthage, 

(*' Un vase de même forme a été trouvé dans ces dernières années à Thap-tim. 
(Cf. Anziani, Mél.de Rome, 1919, p. fi()fi-9f^^.) 



haut, o m. 08 (forme 35); une grande coupe à fond creux, lerre 
rouge avec des filets brunâtres au pourtour et autour du fond, 
diain. o m. 18; quatre lampes puniques, dont deux de la première 
époque (Tune est ornée de raies rouges), une de la deuxième et 
une de la troisième époque ; deux patères de lampes. 

trUn rasoir de bronze brisé en plusieurs morceaux; deux l>agucs 
en bronze, dont l'une avec chaton circulaire. 

K Nombreuses amulettes à types égyptiens; perles de verre ou de 
cornaline rouge clair. 

ffNo 3. — Quatre urnes à queue, terre blanche, haut, o m. 82 à 
o m. 33 (forme 8); une petite œnochoé à bouche trilobée, terre 
blanche, haut, o m. 1 1 ; une petite œno<'hoé à bouche ronde, terre 
blanche, haut, o m. 10; une lampe de la deuxième époque avec 
sa patère. 

ff Bronze : un miroir, diam. o m. i3; un rasoir dont le manche 
est brisé; quelques monnaies; trois goupilles. 

ffNo4. — Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, 
terre blanche, haut. om. 2^ (forme i4); deux jarres ovoïdes ana- 
logues, terre blanche, haut, o m. 20 et om. 21 (forme 18); une 
jarre ovoïde à doux anses, col court et fond plat, terre blanche, 
haut, o m. 200 (forme 5); quatre œnochoés en terre blanche, 
dont une, haut, o m. i i5. à bouche trilobée; une, haut, o m. 10, 
à bouche ronde; une, haut. om. 12, à bouche ronde (Tansc 
manque); une. haut, o m. io5, à goulot allongé; deux unguen- 
laria en terre rouge, rehaussés de filets de couleur rouge, haut. 
om.o85 et o m. i35 (forme 35); un bol vernissé noir, haut. m. 06, 
diam. o m. i5; trois lampes puniques avec leurs patères, dont 
deux grandes de la première époque et une petite, présentant des 
touches de couleur brunâtre, de la deuxième e'poque. 

ffUn rasoir en bronze; une grande aiguille en bronze, long, 
o m. i85. 

«Un morceau de fard carminé. 

rNo 5. — Lue jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, 
terre blanche, rehaussée de filets bruns sur la panse et à Tembou- 
chure, haut, o m. 26 (forme 18); uue jarre ovoïde à deux anSes, 
Archéolocie. — N" 2. l 



CLXXVllT — 



col court ai fond plat, terre blanche, rehaussée de deux filets bruns 
sur la panse, haut, o m. 29 (forme 5); cinqœnochoés dont deux, 
haut, o m. 096, à bouche ronde, terre blanche: une, haute de 
o m. i3B, à pansfe ovoïde, bec triboie', terre jaunâtre avec des filets 
noirs sur la panse el dès touches noires sur l'anse (forme Irèa élé- 
gante); «ne, haut. om. 096, à goulot trilobé et panse tronco- 
nique, terre grise; une, haut, o m. 10, à bec trilobé, panse fuselée, 
terre blanche; deux vases-biberons , dont l'un, haut de o m. io5, 
forme 29, est en terre jaunâtre rehaussée de traits brun clair, et 
l'autre, haut de o m. 1 7, a la forme d'une œnochoé à bouche ronde, 
dont la panse porte le bec du biberon, terre rougeâtre; un unguen- 
tarium, terre blanche, haut, o m. 08B (forme 35); une marmite à 
"deux anses, terre noirâtre, haut. m. oC, diam. du goulot m, 06 
(forme 54); une marmite à une anse, terre rougeâtre à filets 
rosés, haut, o m. 07, diam. du goulot, o m. o65 (forme 53); une 
marmite sans anses, terre grise à filets brun clair, haut, o m. o^5, 
diam. du goulot o m. 06 (forme 52); une coupe à pied, de terre 
rougeâtre, au fond un grand disque peint en noir, haut. m. o55, 
diam. m. 1 65; uneloute petite coupe, terre blanche, haut, o m. 02, 
diàm. m. o65; un couvercle à bouton saillant, terre rouge, diam. 
o m. 06; deux lampes puniques de la première époque avec leui*s 
patères, l'une en terre rouge, l'autre en terre blanche; celle^-cî 
avec la patère soutachée de filets rougeâtres. 

ffBronze : un miroir; un rasoir; deux anneaux, diam. o m. 016. 

ffUfl disque en os bombé sur une face, percé d'un trou au 
milieu, diam. o m. o36; quelques pefles de verre. 

ffNo 6. — Deux jarres ovoïdes à deux anses, sans col, à fond 
plat, terre blanche, haut, o m. 22 et m. 226 (forme 18); deux 
jarres ovoïdes à deux anses, col court et fond plat, terre blanche, 
haut, o m. 225, terre rouge, haut, o m. 2o5 (forme 5); trois œno- 
choés, dont deux à l»oucbe ronde, terre blanche, haut. m. io5, 
terre rose, haut, o m. 11, et une à goulot trilobé, terre blanche, 
haut. m. 11 ; deux lampes puniques, dont l'une, de la première 
époque, en terre blanche, a sa patère relevée de filets bruns, dont 
l'autre, de la seconde époque, est en terre rougeâtre. 

«Plusieui^s épinglrts en bron:ie, dont une entière, long, o m. 076, 
à tête légèrement bombée , jadis doi*ée; monnaies de bronze. 

«Débris d'une portion d'œuf d'autruche avec restes d'une face 



humaine peinte; amulettes à types éfjyptiens; quelques perles, 
disques en os bombés sur une face, plats sur lautre; deux chevalet» 
en os, ayant appartenu à un coffi-et ^'^ 

«NO 7. — Uije petite œjttoclioé à ibouche ronde, trois fiietâ bi'uns 
sur répaule, terre blanche, haut, o m. laB; un ungHentavium ^ 
panse sphérique ornée d'un large filet rouge entre deux groupes 
de deux lllets chacun plus petits, orifice peint en rouge, taches 
rouges sur la panse, tene rouge, haut, o m. lo (forme 35); une 
lampe punique de la première ëpoque, terre blanche; la patère de 
la lampe, en terre rouge, dont le disque offre une série de filets 
violacés, est monte'e sur un pied tronconique assez élevé, haut, 
o m. 07, diam. du disque m. i85 <*l 

cfDeux anneaux d'oreilles en argent, formés d'un simple fil un 
peu renflé au milieu. 

T Manche cylindrique en ivoire, strié de filets dans toute sa 
hauteur, o m. i/i, creux à l'intérieur et percé à son sommet de 
deux trous se faisant vis-à-vis; coquille Saint-Jacques; portion 
d'œuf daulruche brisée en plusieui*s morceaux se raccordant; sur 
sa face convexe, une face humaine dont les traits et les cheveux au- 
dessus du front sont indiqués en noir, dont la bouche est figurée 
en rouge et qui porte sur chaque joue une large tache ronde en 
vermillon'^'; amulettes dont un avant-hras en os à main fermée, 
\xo\s amulettes à qiuitre faces '^'^' et un oudja en terre vernissée ; 
grains de collier en terre vernissée et en cornaline. 

^No 8. — Débris d'un vase, sans doute une jarre ovoïde, dont 
il ne subsiste que le fond; un biberon en forme d'œnochoé à 
bouche ronde, dont la panse est flanquée d'un bec pointu et agré- 
mentée de filets brunâtres; sur l'épaule, trois groupes de trois 
feuilles lancéolées chacun, peintes en bru^; ^eriç^ jrouge , hauteur. 



*'*> Cf. de Ridder, Revue tri tique, 1910, 1. 1, p. 69. 

<*> On soupçonnait l'existence de patères à pied (Berger, CnUd. du Mufée Laii- 
gerie, t. I, p. ly.S: Gauclcler, Sécroyoles puniques fie Carlhage, {. 1, p. 8l, 
B* »g5), nwis on n'en avait jamais trouve de spécimen complet. Deu\ autres 
exemplaires, en parfait état cumme celui-là, sont sortis de notre tomlieau n" l'i. 

'*' Gf. Berger, Cnlal. iht Mnnée Lamge}ie, l. I, p. 87. 

(') Cf. ibid,, p. a'aa, n° aS; Merlin et Drappier. np. nt., p. 'iâ-aC. 



m. i35 (rappelant la forme 27); un brûle-parfums f*), filets 
bruns à l'extérieur, sur le rebord supérieur, touches brunes, terre 
rouge, haut. om. 08, diam. supérieur m. 1 1 (forme 36); une 
petite lampe de la deuxième époque avec sa patère. 

ff Monnaies de bronze. 

tf Débris d'une portion d'œuf d'autruche avec traces d'une face 
humaine peinte. 

ffNo 9. — Une urne à queue, terre blanche, haut, o m. 34 
(forme 8); une marmite à une anse, terre blanche, haut. m. o65 
(forme 53); une lampe punique de la deuxième époque, en partie 
brisée, sans patère. 

ffUn rasoir de bronze en assez mauvais état; des monnaies de 
bronze. 

ff Un anneau en fer, incomplet, à large chaton ovale. 

ff Débris d'un coffret : clous, fragments de charnière (?) en 
bronze. 

ffDeux moules en terre cuite; l'un représente un poisson'^', 
brisé du côté de la queue qui est incomplète, long. m. 08; l'autre, 
circulaire, diam. ra. io5, montre deux oiseaux affrontés séparés 
en bas par un fleuron, en haut par le croissant retombant sur le 
disque; dans le champ, deux autres fleurons; filet au pourtour'^'. 

ffNo 10. — Une jarre ovoïde à deux anses, col très court et fond 
plat, terre blanche, haut. m. 20 (forme 5) ; une petite œnochoé 
à bouche ronde, terre blanche, haut. om. 09; une patère do 
lampe punique (sans lampe), terre blanche avec filets bruns. 



'■' Les brûle-parfums, autrement dénommés tt vases porte-coupe», sont en 
grande faveur au vu" siècle (Anziani, dans Gauckler, op. cit., t. I, p. xviu) et 
cessent de l'être au vi' (p. xxiii), après Ipqucl ils ne se maintiennent qu'excep- 
tionnellement (p. xxvii; cf. Merlin et Drappier, op. cit., p. 10). 

(^) Deux moules représentant des poissons analogues, l'un tourné en sens in- 
verse du nôtre , l'autre un peu plus long et plus mince , proviennent des fouilles 
de la nécropole de Dermecli en 1899. (Hautecœur, dans le Catal. du Musée Alaoui, 
Stippl, p. 335, n° 932 ; Gauckler, op. cit., t. I, p. 26 et pi. CCXXVI.) 

'*) Ce moule est identique comme dessin et comme diamètre à un moule trouvé 
dans la nécropole de Dermech en 1899. (Hautecœur, op. cit., p. 335, n° 927; 
Gauckler, op. cit., t. I, pi. CCXXVI.) — Pour le croissant et les fleurons, cf. notre 
tombeau n" 10. 



f 






'fi^ 





CLXXXl 

frBronze : un petit rasoir; un miroir, diam. o ni. 1^45; une 
aiguille. 

rBracelet en verre ('- (il en nian<iue une petite paitie), qui ne 
devait pas être complètement fermé et qui allait en s'amincissaot 
légèrement vers ses deux extrémités libres. 

ff Amulettes à types égyptiens; grains de collier en terre ver- 
nissée; petits disques en os bombés en dessus, percés d'un trou en 
dessous. 

ffDeux moules en terre cuite; lun représente un crabe!-), long, 
o m. io5 ; l'autre, circulaire, diam. o m. 096 ^^K montre un Satvre 
barbu qui court, la main droite avancée et fermée, la gauche rap- 
prochée du phallus à demi dressé; derrière sa tête, croissant 
retombant sur le disque; fleuron devant et derrière lui^*); dans 
l'intervalle libre entre ses jambes, un poisson retourné le ventre en 
l'air; cercle cordelé au pourtour. (PI. XXXIV). 

/No 11. — L ne jarre ovoïde à deux anses, col court et fond plat, 
terre blanche, haut. m. 2^0 (forme 5); deux petites œnochoés 
l'une à bec effilé, en terre blanche, haut. m. 10 (forme 22), 
l'autre, haut, o m. 10, à bouche ronde, ventre bombé et lilet eu 
saillie sur le col, terre rouge; une petite coupe à filets brunâtres, 
terre rouge, haut, o m. o3, diam. m. ii5; une lampe punique 
de la première époque, avec patère présentant trois larges tilets 
brunâtres. 

ffUn très petit rasoir de bronze, en poussière; des monnaies de 
bronze. 

Débris d'un coffret : crochets, clou en bronze, 
jinq wuei en terre vernissée; la moitié d'une grosse perle en 

Gauckler, op. cil., t. I. p. 89: t. It, p. 4o6. 

iat au Iwrd. — --...^^^^ 

(*) Nous avons déjà rencontré le croissant retombant surt C - disque ei-des fleu- 
rons dans un moule du tombeau précédent. Des attributs semblables déccw-ent 
aussi le cbamp d'un disque du Musée Lavigerie, recueilli dans la nécro^ de 
Douimès. (Delattre, Mém. des Antiquaires de France, \. LVI. p. S/ia-S/iS, fm. 58; 
l^erjjer, Calai, du Musée Lavtgerie, t. I, p. i3o : pi. XX , n 5. ) Le croissant retom- 
bant sur le disque se retrouve sur d'autres objets sortis des nécropoles de Car- 
llia{;e (par eitmple : Gaucklor, op. cit., t. II, p. 55 1 : Drappier, dans le Caiul. du 
Musée Alaoui, Suppl., p. 1 1 a , n" i j ). 



riLXXXH — 

terre vornisséft bleu-noir, décorée à mi-liaut4^ur de trois filets 
blancs accolés et compris en Ire deux lignes de petits ovales blancs. 

wNo 12. — Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à Ibnd plat, 
terre blanche, haut, o m. ao (forme 18); une jarre ovoïde à deux 
anses, col court et fond plat, en terre blanche, haut, o m. 2o5 
(forme 5); une petite oenochoé à bouche tréflée, terre blanche, 
haut, o m. 19; un unguentarium à panse effilée, col brisé, terre 
rouge, haut, actuelle o m. o85; une marmite à une anse, d(mt le 
fond est tout noirci par la fumée, terre rouge, haut, o m. o^îT) 
(forme 53); une lampe punique de la deuxième époque avec sa 
patère, qui est rehaussée de fdels de couleur brunâtre. 

ffOEuf d'autruche de forme l^éniisphérique, avec traces d'une 
face humaine peinte, ,,...;,.. ;, 

•']///. .i'^^ - 

ffN» 13. — Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, 
terre blanche, haute de o m. 27 (forme 18); une petite œnochoé 
à goulot rond, terre blanche, haut. m. 10; deux nnguentaria à 
panse sphérique, rehausse's de filets brunâtres sur l'épaule et, 
le pelit, sur le col, terre blanche, haut, o m. o(î5 et o m. o85 
(foime 35); une coupe à rebord plat portant des sillons en creux 
et des filets bruiiàtres; filets semblables dans le fond; sur le rebord, 
deux trous assez rapprochés l'un de l'autre''^; terre blancfie, 
haut, o m. o3; diam. o m. 19; une lampe punique de la première 
époque, avec sa patèic ceinte d'un filet de couleur brunâtre. 

ff Deux pendeloques discoïdes en argent, diam. rti. 093; l'une 
est brisée. 

ffUn anneau en bronze. 

ff Petites appliques en os, assez endommagées, dont un sphinx 
assis; amulettes en terre vernissée : plaquette rectangulaire avec 
la vache Hatlior, bélier couché, chat assis, lion accroupi, person- 
nage à quatre faces C^^, deux Isis assises (ces deux dernières recou- 
vertes d'un bel émail bleu); perles émaillées bleu turquoise avec 
des points bleu saphir. 

No 14. — Un biberon avec des filets brunâtres sur la panse, 

^') Cf. n" li; ia même particularité se rencontre sur i'écuelle n" 536 du Musée 
Alaoui. (lîauteccEur, dans te Calai, du Musée Alaoui , SuppL, p. Q97.) 
(^) Cf. n" 7. 



terre rouge, 1i«ul. o m. iBô (forme 37); un urigtientarium h filets 
n>u}|eàtreti, col brigé, terre blanche, hauteur actuelle o m. o5 
(forme 35); deux petites coupes, dont Tune basse, haut, o m. o65, 
a un large rebord plat, diam. o m. ti, agrémenta de siiions en 
creux et percé de deux trous assez rapprochés l'un de l'autre ^^\ 
dout l'autre, profonde avec un pied élevé, haut. om. o65^ est en- 
tourée d'un bord très mince, diam. o m. ogS; terre blanche, filets 
en couleur sur les deux ; une py^is décwée à l'extérieur sur la 
panse et le couvercle de HIets horizontaux noirs et rouges avec une 
ligne de traits noirs perpendiculaii-es aux filets; paase sensible- 
ment sphérique, couvercle avec bouton; terre jaunâtre vernissée 
noir à l'intérieur, haut. om. oS'-^^; reste de fard rouge à l'inté- 
rieur; une lampe punique de la deuxième époque; deux patères 
de lampes, rehaussées de filets rougeàtres et montées chacune sur 
un pied tronconique. haut, o m. 06, diam. m. fjh ^^K 

r Bronze : un miroir, diam. m. 1^; une clochette, haute de 
m. 06 t^h des petits clous. 

rDisques en os, bombés sur une face, plats sur l'autre, percés 
d'un grand trou; nombreuses amulettes en terre vernissée, quel- 
ques-unes bien conservées : masque de Satyre'^', dieu Bès, per- 
sonnage à quatre faces •^^, Anubis, singe assis, lion accroupi, 
oudja ; une dent d'animal; quelques perles en terre vernissée. 

«Débris d'un unguentanum en verre. 

wDeux moules en terre cuite : l'un représentant un poisson <'*, 
long, o m. 096; l'autre, circulaire, diam. o m. 09, à double face, 
offrant d'un côté un scarabée aux ailes éployées (pi. XXXIV), tel 
qu'on en voit sur les monuments égyptiens, au revers une rosace 
à vingt-deux branches entourée d'une torsade entre deux filets (^'. 

(') Cf. n" i3. 

^*) Cf., par exem{Je, Hautecoeur, op. cit., p. 390, n" Û76. 

W Cf. n* 7. 

■*' Les dochettes, fréquentes dans les tombeaux du m' siècle (Anziani, op. 
cit., t. I, p. JSTi), disparaissent au ti' (p. ixiii); dans le groupe de sépultures 
d'Ard-d-Morali , on n'en connaissait jusqu'ici qu'un exemplaire (p. iïxu). 

^5) Cf. Berger, Cotai, du Mii^fée Latigerie, I, p. 289 ; pi. XXXIV, n» i5. 

<*> Cf. n' 7. 

^'1 Ce moule est identique à un moule trouvé dans la nécropole de Dermecti , 
en 1899 (Hautecoeur, dans le Catal. du Musée Alaom , Suppl., p, 335, n* 981; 
Gauckler, op. cit., t. I, p. 26 et pi. CCXXVl, en bas à droite). 

(*> Cf. 1?° 1 7. — Les torsades et les rosaces ne sont pas rares s«r 1^ moules 



CLXXXIV 

tfNo 15. — Un biberon en forme d'œnochoé à bouche ronde 
et à large rebord entourant Torifice, terre blanche, haut, o m. i3; 
un petit vase à panse allongée, flanquée d'une anse et surmontée 
d'un large orifice, terre brunâtre, haut. om. 09. 

ffUn anneau d'argent (''. 

«Un miroir de bronze, diam. o m. iZ». 

ff Portion d'un œuf d'autruche, avec traces d'une face humaine 
peinte; pastille en os, plate d'un côte', bombe'e de l'autre; anneau 
on os; nombreuses amulettes en terre vernissée : dieu Bès, per- 
sonnage à quatre faces (2), oudja, sphinx accroupi, etc.; une dent 
d'animal percée d'un trou; longue perle de verre; perles sphériques 
en terre vernissée, en verre, en cornaline (deux), 

wNo 16. — Une urne à queue, terre blanche, haut, o m. 3 A 
(forme 8); une lampe punique de la première époque, présentant 
des touches de couleur brunâtre; la patère a des filets brunâtres. 

ff Débris d'un rasoir en bronze. 

ff Applique en plomb, de forme allongée, avec un disque cen- 
tral, diam. o m. o38, flanqué de chaque côté d'un fleuron ^^l 

ffDeux couteaux en fer, l'un bien conservé et long de o m. 17, 
l'autre en miettes. 

ffRestes d'un coffret, notamment de longs clous en bronze à tête 
ronde, long, o m. 06, un petit clou en bronze, des pastilles en os 
percées d'un trou sur leur face inférieure. 

ff Débris d'une portion d'œuf d'autruche, avec traces d'une face 
humaine peinte; quelques perles en terre vernissée; une grosse 
perle en verre, à côtes, de tonalité vert clair. 

ff Petit cône en lerre vernissée, percé d'un trou horizontal vers 
son sommet, haut. m. 093, formant cachet à la base; l'empreinte 
de ce cachet est assez indistincte; elle donne, semble-t-il, un animal 
assis sur son train de derrière entre deux attributs. 



analogues au nôtre (Hautecœur, op. cit., p. 336, n"' 9^1 à 9/13; Gauckier, 
op. cit., t. I, pi. CCXXVII; cf. p. a6, n" 83; p. 33, n° 99, et p. 73, n° i84; 
Delatlre, Mém. des Antiquaires de France, t. LVI, p. 3^2 et fig. 67, p. 34 1). 

f') Le fil d'argent assez gros s'arrondit d'abord en anneau , puis ses extrémités 
amincies s'entre-croisent , forment un rectangle et viennent s'enrouler symétrique- 
ment autour de ia tige même de l'anneau. 

W Cf. n" 7. 

(') Applique semblable citée par MM. Merlin et Drappier, op. cit. , p. 70 , fig. 65. 



«N» 17. — Deux petites œnochoés à bouche ronde; Tune avec 
des filets rougeàtres sur la panse, terre rou^je, haut, o m. iiû; 
l'autre, terre rouge, haut, o m. iiô; une lampe punique de la 
seconde époque avec rebord vertical le long de la partie décou- 
verte du fond 1'; au polirtour, quatre fleurons à trois branches; 
la patère est sans décoration. 

«Bronze : débris de deux rasoirs, dont Tun très peu large, 
om. oi; deux boucles d'oreilles; débris d'une bague à chaton 
ovale; une monnaie. 

wUn anneau dargent (?). 

trDes fragments informes d'un objet en plomb, sans doute une 
applique analogue à celle du tombeau précédent. 

tf Vestiges d'un coffret, entre autres de longs clous en bronze à 
tête ronde, long, o m, o4. 

«Débris d'une portion d'œuf d'autruche avec traces d'une face 
humaine peinte; amulettes en terre vernissée, dont un scarabée 
avec hiéroglyphe en dessous, un dauphin, Horus, deux oudjas; un 
dragon en os; perles en terre vernissée. 

«Deux moules en terre cuite : l'un représente un crabe (^V^ong. 
o m, lo; l'autre, circulaire, diam. om. 096, à double face, offre 
d'un côté une rosace à vingt-deux branches, entourée d'une torsade 
entre deux filets '^^\ au revers un personnage rappelant les images 
des monarques assyriens : debout dans un char à deux loues que 
traîne un cheval au pas (*', il lient une rêne dans chaque main et 
porte en outre dans la gauche un fouet; au-dessus du char vole un 
aigle; le sol est figuré par une grecque; cercle cordelé au pour- 
tour; la surface du moule est sur l'une et l'autre tranche très gon- 
dolée par endroits. (PI. XXXIV). 

«Ces tombeaux, comme ceux qui ont été précédemment dé- 
blayés dans cette même région de Carthage, appartiennent au 
IV* siècle '^^ : absence de mobilier rituel, apparition des monnaies 



{') Cf. forme b'j. 

(') Cf n' 10; les deux crabes ne sont pas identiques. 

W Cf. n" lU. 

'*! Ce cheval semble avoir cinq pattes, la patte de devant levée étant double; 
c'est là probablement la conséquence d'une relouche qu'aurait subie le sujet; 
l'une des deux pattes de devant levées est, en eflet, d'un travail di fièrent des 
autres, 

^') Cf. Anziani, op. cit., t. I, p. xxx-ixxi. 



de bronze ^'), présence dos unfrttentariaA^^ et de lampes de fa deu- 
xième époque dites w bicornes w (^), pas d'incinération. A en juger 
d'après certains indices, ils seraient même plutôt du début que de 
k fin du IV* siècle : les lampes rhodiennes y font complètement 
défaut, tandis que les lampes puniques de forme ancienne, simples 
écueiles à bords relevés, y sont encore aussi répandues que les 
lampes puniques bicornes f*î; les jarres à queue y sont exception- 
nelles (^), les tinguentaria d'un usage restreint; les monnaies man- 
quent bien souvent et, là où on les rencontre, ne sont pas abon- 
dantes; les œnochoés en bronze sont inconnues; les rasoirs, en 
général petits et à manche effilé ^^> ; les moules C', dont les spéci- 
mens jusqu'ici signalés proviennent surtout des nécropoles de 
Douimès et de Dermechi**), fournissent aussi un argument pour la 
même conclusion. 

«Ces moules constituent la principale originalité de notre groupe 
de sépultures; ils se présentent assez fréquemment réunis deux 
par deux dans une même tombe, tantôt de type oriental, tantôt 
de type grec. Ce sont eux qui donnent h ce coin de la nécropole 
carthaginoise sa physionomie spéciale (^>.w 

M. Babelon lit le rapport suivant : 

wM. Renault nous envoie la notice descriptive, accompagnée de 
reproductions photographiques, de deux objets de toilette en bronze 
de l'époque romaine. 

wLe premier lui parait être un cure-oreillè [auriscalpium] en 

(') r* 1, 3, 6, 8, 17. 

(») f(" a, i, 5, 7, 19, i3, li. 

<^) N" 9, 8, 4, 6, 8, 9, la, lA, 17. — Une ïampe de la troisième époque 
an D° Q. 

W N" 1, 2, ti, 5,6, 7, 11, i3, 16. 

W N*" 3, 9, 16. 

W Cf. Gauckier, op. cit., t. I, p. 936. 

(') N"" 9, 10, i4, 17. 

W Cf. Berger, Catal. du Mmée Lavigei-ie, t. I, p. i3i ; Gauckier, Marche du 
gerviee en i8gg, p. 8. 

<»' On a déjà remarqué que les sépultures «qui sortent de la banalité cou- 
rante sont toujours réunies par groupes, quelle que soit d'ailleurs la particularité 
qui les distinguer (Gauckier, Marche du service en tgoS, p. 9-10, cité par 
Anziani, op. cit., t. I, p. xvi). 



CLXXXVII — 

bronzp doré dool la tige est orn^p, h m\-\oa\]»(*\\y. rrnn rpnllpnienl 
sur lequel on lit l'inscription : 

DIE OBIBA 

tfM. Renault n'a pas réussi, d'ailleurs, à l'expliquer. 

«fLe second monument est une petite cuillère dont la puisette 
ronde et très petite a pu servir à prendre une poudre ou un on- 
guent destiné à la toilette. 

tfCes monuments ont été trouvés à Bir-Hammidat, sur 1(« Imrds 
de rOued-Zeroud. au sud-ouest de Kairouan.ri 

îieVenant etisulle sur un bas-relief (pi. XXXIII) dont il a e'té 
quesiîdn a là séance dû mois de mars*", il ajoute : 

«Le petit bas-relief fraja^menté que nous a communiqué M. Merlin , 
et où notre savant confrère a reconnu un Hercule portant un pic 
sur son épaule et ayant à son côté un attribut indéterminé, repré- 
sente Hercule Pisaeus (HpaxX^? Uiaaios) allant détourner le cours 
de lAlpbée pour nettoyer les écuries d'Augias. La fable est bien 
connue par Ovide et était des plus populaires dans l'antiquité. La 
ville de Pisa. sur l'Alphée, à proximité d'Olympie, était la capi- 
tale du roi Augias. Hercule lient sur son épaule la pioche avec 
laquelle il va creuser le canal dans lequel il fera passer l'Alphée 
pour l'amener dans les écuries du roi des Pisates. L'objet incer- 
tain, d'ailleurs mutilé, qui se trouve à côté du héros, et que j'étais 
enclin à considérer comme un carquois, est en réalité la coulïe ou 
panier dans lequel Hercule va mettre la terre retirée du canal. 

tr Cette explication est rendue certaine, si je ne m'abuse pas, 
par les monnaies de Poslume qui ont, au droit, les bustes accolés 
de Postume et d'Hercule, avec la légende POSTVMVS PIVS 
FELIX AVG., et au revers la légende HERCVLI PISAEO 
accompagnant le type d'Hercule qui brandit une pioche avec la- 
quelle il creuse le sol. A côté d'un héros, on voit, comme sur 
notre bas-relief, une couffe destinée à recevoir les déblais de l'exca- 
vation. 

«•Ces monnaies sont rares. Le baron de Witte et Cohen n'ont 
connu que l'exemplaire du Musée de Trêves (Cohen, Postume, 
n" i3/i); M. Adrien Blanchet en a fait connaître un autre exem- 

'•''> Voir plus haut, p. cïlvjii. 



plaire mieux conservé!'-. Mais M. Blanchet paraît douter que l'objet 
qui est au pied d'Hercule soit un panier ou un vase,' parce que, 
dit-il, tfil n'est pas admissible que le béros donne des coups de 
ff pioche dans un paniers. Hercule ne frappe pas dans le panier, 
mais à côté. La nature de l'objet que J. de W'itte et Coben ont 
d'ailleurs déjà décrit comme étant rrun panier ou un vasew n'est 
pas douteuse : il faut s'y tenir, i? 

M. Ballu dépose le rapport qu'il a adressé à M. le Gouverneur 
général de l'Algérie sur les fouilles opérées en Algérie par le Ser- 
vice des monuments bisloriques en 1915. Ce rapport sera imprimé 
au Bulletin '^'^^ En même temps, il communique des pbotograpbies 
et des dessins de la cuirasse de Cbercbel, qu'il avait demandés à 
l'intention de la Commission. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. GsELL rend compte d'un envoi épigrapliique fait par M. Parrès 
sur les quatre inscriptions provenant de Tobna, dont celui-ci a pris 
copie; une seule est inédile. C'est une épitapbe haute de 1 m. 10; 
haut, des lettres, o m. 0/17-0 m. o5 : 

Personnage 
et lion mutilés. 

D M S 

ivNa SATV 

RNINA VIXI 

ANIS XXXI 

COM FE 

H S E 



La séance est levée à 4 heures et demie. 



Le Secrétaire de la Commission 

R. Cagnat, 
Membre du Comité. 



(1) Procès-verbaux de la Soc. franc, de numism., 1906, p. ii-iii 
(*) Voir plus loin, p. i65, le texte m extenso de ce rapport. 



20 JUIN 1916. 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 



PRÉSIDENCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à !i heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

MM. G. Mercier et A. Debruge font hommage à la Commission 
d'un opuscule intitulé : La station préhistorique de Mechta-Châteaudun. 

Il sera déposé à la Bibliothèque nationale et des remerciements 
sont adressés à l'auteur. 

M. Eusèbe Vassel, correspondant du Ministère à Tunis, envoie 
une note sur dix-neuf inscriptions puniques découvertes on 1 9 » o à 
Carlhage par la Direction des antiquités. Cette note sera insérée 
au Bulletin. 

Un autre envoi de M. Vassel a trait à quatre silex taillés du nord 
de la Tunisie. H sera pareillement inséré au Bidletin '^l 

M. Merlin communique quelques découvertes archéologiques 
récemment survenues en Tunisie : 

ff I. M. Dominique Novak, correspondant honoraire du Ministère 
à Sfax, a bien voulu m'adresser des notes, estampages et photo- 

'•'' Ces deux communications seront imprimées dans le volume du Bulletin 
archéologique de igi'j. 



graphies relatifs à des trouvailles faites par ses soins , au mois d'avril 
dernier, dans la nécropole de Thina ('' : 

ff fl. Caisson demi-cylindrique agrémenté de peintures (^l Un des 
longs côtés est divisé en neuf compartiments séparés par des rubans 
verticaux de couleur rouge et limités en haut par une bande hori- 
zontale bleu clair; chacun des panneaux ainsi obtenus est décoré soit 
d'un oiseau à gauche , soit d'un paniei- de fleure , eatre deux i?r«9cties 
de fleurs; en général, les sujets alternent; toutefois le quatrième et 
le cinquième tableau à compter de la gauche comprennent chacun 
un oiseau. L'autre long côté est partagé en cinq compartiments; les 
deux extrêmes renferment une corbeille de fleurs, les deux suivants 
un oiseau, corbeille et oiseau semblables à ceux de l'autre face et 
pareillement accostés de deux branches de fleurs; le motif central, 
malheureusement mal conservé, représentait probablement, d'après 
M. Novak à qui je dois cette description, le buste de la défunte 
encadré d'une guirlande; deux personnages, dont le haut du corps 
manque, se tiennent debout de chaque côté de la guirlande. 

«fLe caisson repose sur un massif parallélépipédique dont les 
quatre faces sont rehaussées d'une succession de guirlandes et de 
branches de feuillage, horizontales au milieu des guirlandes, verti- 
cales entre elles. 

cf Sur le petit côté ouest du caisson était fixée à l'aide de clous en 
fer une plaque de marbre pointue au sommet, brise'e en deux mor- 
ceaux se raccordant (haut., g m. Aa; Iftrg., o m. ao), qui portail 
l'épitaplie (lettres petites et soignées : o m. 018-0 m. oi5) : 

D M 

M E M O R 1 A ^ 

vesôlenaeFelici 

tATIS PIISSIMAE 
ET K ARIS S IMAE 
V I X I T A N N I S 
• N • X X X X V ~ 
L- CALPVRNIVS 
PAPA-MARITVS 
VXORl 



<" (if. Bull, urvlwd. (In C.ntiiilv , ti)l.^>, |). t;t;\iil. 

'') Ces peintures vont être transportées au Musée de Sfax. 



trb, Tombeau en forme de caisson, sans décoration, voisin du 
précédent. Sur la petite face ouest du caisson, plaque pointue au 
sommet (haut., om. 365; larg. o m. 21), avec Tépitaphe (lettres, 
o m. o33-o m. 028) : 

•D M S- 

AELIA DATI 

BA VIXIT AN 

N I S X LV II 

rLes lettres sont gravées avec soin entre des lignes horizontales 
pre'alablement tracées. 

ne. Le grand côté nord de ce même caisson oflrail une autre plaque 
de marbre à peu près carrée (côtés, o m. 18; lettres, o m. o•J- 
o m. 020) : 

D M S 

M C A L P V^ 
NI VS VICT 
oR FECIT DA 
TIBE CONIV 

(fLa plaque est complète. 

ff M. Calpurnius Victor est le mari d'Aelia Datiba , dont Tépitaphe 
figure en b. et un parent de L. Calpurnius Papa, mari de Vesolena 
Félicitas, de l'inscription a. Un autre M. Calpurnius était enterré 
claDs le tombeau d. 



tfd. Sur la petite face ouest d'un troisième tombeau en forme de 
caisson, au même endroit que les précédents ^ plaque de marbre 



pointue à son somniel, ayant o ni. 58 de hauteur, o m. 97 de lar- 
geur, G m. 03 -0 m. o3 d'épaisseur; lettres, o m. 087, bien gravées. 

* D M S * 
M CALPVR 
N I V S H IP 
NVS VIXIT 

AN NIS 

L X X X 

«Ces trois sépultures, qui concernent des membres d'une même 
famille, étaient groupées à l'angle nord-ouest et à une centaine de 
mètres en dehors des remparts de l'ancienne Thaenae ('l 

tre. Partie supérieure d'une plaque de marbre, assez étroite 
(larg., o m. i3), terminée en pointe à sou sommet, brisée au-des- 
sous de la deuxième ligne du texte, qui est complète à droite et à 
gauche, mais dont les lettres sont plus ou moins endommagées en 
bas (haut., m. 17; lettres, o m. o33) : 

D M S 

Sposa 



t(f. Contre la paroi latérale d'un tombeau violé anciennement , 
M. Novak a déterré une amphore surmontée d'une petite auge en 
grès; dans cette auge était encastrée une plaque de marbre pointue 

f') Cf. le plan publié par MM. Fortîer et Malahar dans le Bull, archéol. d<i 
Comité, 1910, pi. XVIII. 



CXCIII — 

au sommet (haut., o m. 46; lar[j., o m. ^5), portant une épitaphe 
(lettres, o m. o4-o m. o35) : 

D • M • S • 
C- AEMILIVS • 

INGENVS- 
VIX-AN-XLVII 

ffll. A Garlhage, deux tombeaux puniques ont été ouverts, au 
cours de ces derniers mois, sur la route, percée il y a quelques 
années, qui longe h l'Ouest la voie du tramway électrique Tunis- 
La Goulette-La Marsa; ils étaient sensiblement à hauteur de la villa 
sur l'emplacement de laquelle se trouvaient les dix-sept sépultures 
dont j'ai communiqué l'inventaire à la Commission en mai 1916. 
Ces deux tombeaux avoisinaient ceux numérotés liUG à h^o par 
Gauckler"'. 

(ta. Dans Taxe même de la route; exploré en 1910. Deux morts. 
La sépulture contenait les objets suivants: 

ffUne œnochoé à bouche ronde, haut, o m. 19, terre blanche, 
trois filets brunâtres au-dessous de lépaule, larges filets horizontaux 
sur l'anse; une petite œnochoé à bouche trilobée, haut, o m. io5, 
terre rouge; une petite coupe à deux anses légèrement montantes 
et dépassant l'orifice, terre rose vernissée noir à l'intérieur et pré- 
sentant à l'extérieur, au-dessus d'une large bande noire et d'un 
filet, une zone réservée sur laquelle se détachent, de part et d'autre 
entre les anses, deux palmeltes séparées par un motif ainsi lait : 



I 
I 



i» 



hauteur de la coupe, m. o3i; diamètre à l'orifice. 




-Bronze : une œnochoé à bouche trilobée et à anse du type cou- 
rant (tête de Satyre en bas, tête de femme en hautj, striée de filets 
longitudinaux, haut, o m. 16 - ; un anneau d'oreille. 

f Cf. Gauckler, }*ècropolei puniquet de Carihnge, t. I, p. a lo et suiv. 

'-> Sur la présence d'œnochoés en bronze dans la nécropole d'Ard-el-Morali , 
à Cartha{îe. à laquelle nos tombeaux se ratlaclient, cf. Anziani, dans Gatickler, 
0/*. ciV., t. I, p. \ïxii. On en a exhumé des caveaux n"' tiMi et 45 1 , voisins du 
nôtre (Gauckler, op. cit., t. I, p. 310 et -j ta, qui désigne ces vases sous Tappel- 
lation vicieuse dVamplioresB). 

AnciiénLObiE. — N" 2. >i 



fr Un fragment dœuf d'autruche avec traces d'une lace humaine 
peinte; quelques amulettes de type égyptien, en terre vernissée, 
mal conservées; quelques perles en terre vernissée. 

«•/». Dans le talus occidental de la route, tout près du premier; 
ouvert en 1916; profondeur, h mètres. Un mort. On a sorti de la 
chambre funéraire : 

ffUne œnochoé à bouche ronde, avec trois fdets bruns au bas 
de l'épaule, haut. m. i3, terre blanche; deux unguentdria à panse 
sphérique, l'un en terre rouge avec fdels rougeâtres, haut, o m. o85 , 
Taulre en terre blanche, dont le col brisé a disparu; une lampe 
punique en forme d'écuelle à bords légèremenlpince's, terre blanche, 
avec une patèfe en terre rouge ceinte de filets concentriques bru- 
nâtres (la lampe a été allumée) ; 

ffUn collier composé de quelques amulettes de type égyptien, 
en terre vernissée, mal conservées, — de perles allongées pêrcééé 
suivant leur grand axe, dont l'une (Mi verre, longue de o m. 06 
(incomplète à une de ses extrémités), est bleu turquoise vermiculé 
de blanc, — enfin de trois coquillst^es du genre ëauris, un gros 
et deux petits, percés d'un trou; 

ff Plusieurs petits galets plats ou bombés. 

ffllt. M. iihospital, garde des Domaines à Bou-Afada, a décou- 
vert à Bijga [Biska) et a fait transporter au bordj domanial de 
Bou-Arada, où je l'ai vue le 8 avril 1910, une grande stèle (haut., 
1 m. 65 , larg. o m. 55) assez luxueusement décorée cl d'une remar- 
quable conservation. 

«La stèle affecte au sommet la forme d'un édicule couronné it^tin 
fronton à acrotères, qui renferme uhe. rosace et que soutiennent 
deux pilastres sur le fût desquels se détache une tresse. Au-dessous 
de ce fronton : 

D-M-S 

«Dans l'édicule, une femme représentée en Cérès'*^ est debout; 
le bras droit enveloppé dans le manteau est replié et ramené devant 
la poitrine; la main qui a saisi des jdis de l'étoffe se trouvant vers 



(') Ces représenlations. de femmes en Gérés sont fréquentes dans la sculpture 
africaine (cf. de Pachtere, Calalogue du Musée Je Guelina, p. 5o-5i ). 



l'épaule gaucbe; Tautre main, abaissée cl reposant conlrc la cuisse, 
lient des pavois, des épis et embrasse égaieuienl des plis du luan» 
leau. 

(rPlus bas, un cartouche entouré d'une moulure est creuM « ia 
partie supérieure d'une niche qui abrite un buste de jeune enfant, 
drapé d'une toge avec ttmbo horikOntai^'l 

(r Au-dessous' de celte niobe, Tépitaphe: 

CEZZONIA-LVCANIANE-HAVETE- 
ZASGIAVicTORlACEZZONIA-BM- 

feminapv-ann-xxxv-mviii- 
bxvi-lTvrivs-Fabivs. LV 

5. C AN I ANVS • FlLlVS • E I VS • P • V- 
ANN • lui- M • lui • © • XVllII ■ H • S- 
SVNT-T-V-B-Q_- 

ffOn remarquera à la dernière ligne la formule T'V-B-Qj^ 
formée par la contamination des deux souhaits : T'V'L'S^ et 
O • V • B • Q_- 



I 



fflV. \i. A. Querci a offert au Musée du Bardo une lête en terre 
cuite, brisée au bas du cou et dont il manque la partie supérieure 
(haut., o m. i3), ayant appartenu à une statuette de Minerve el 
qui provient apparemment de Bir-bou-Rekba (ancienne proprie'te' 
Paul Bonnard). 

wLe visage est encadré de cheveux ondulés qui descendent 
jusque sur la nuque et cachent les oreilles? la tète était coiffée d'un 
casque dont on ne voit que la couronne inférieure, tout le haut 
ayant disparu; sur le bord du casque, qui est en contact avec les 
cheveux , sept trous sont percés à une dislance moyenne de o m. o 1 5 
les uns des autres (diam., o m. 006-0 m. 007). 



<fV. Je dois à M. Barué, contrôleur civil de Thala, la copie d'un 
certain nombre d'épitaphes récemment exhumées à Thala, au pied 
du viHage, au dernier tournant de la route qui y monte, à droite. 



'' Cf. Courby, dafts DaremlKTg el Saglio, Dict. dr» antiquitét, t. V, p. 35 1 



En ce point, on a découvert les socles de plusieurs cippes t'unéraiies 
qui étaient soigneusement alignés sur une plate-bande en grand 
appareil, mais dont les dés n'existent plus, et cinq stèles funéraires, 
arrondies en haut, dont une (a) était encore en place. 



D M S 
P- A E LI V S 
AVGENDVS 
V AN*LXXXI 

D M S 
C ON SIDIA 

PR.IMA 
V-AN LXXXI 

D M S 

S I LVA N A 

V A XXX 



d. 



D M S 
A G R I A 
MARC 
ELLA V A 
XL 



DMS 



D M S 
B E B I A 
VICTOR 
I A vVA 

k I 
H S I 



D M S 
Q_AGRI 
VSvMAR 
CkELVS 



«11 faut lire, sans doute : Q. Agrius Marchelus pour Marcellus.v 

M. Merlin a fait parvenir en outre un rapport de M. Louis 
Poinssot, inspecteur des Antiquités de Tunisie, intitulé : Quelques 



I 



CXCVII 

inscriptions de Thuburho Majus. Ce rapport sera imprimé dans le 
Bulletin '^K 

M. Ballu fait connaître à la Commission le résultat des fouilles 
opérées par le service des Monuments historiques dans le mausolée 
du Kroubs : 

(fLe dégagement de ce monument nous a fait découvrir, à la hau- 
teur de la première assise des fondations, une voilte en plein cintre 
de 9 m. 75 de long sur 3 m. 3o de largeur à i'exlrados. Dans 
l'intérieur, placées sous Tinlrados, deux urnes de o m. 85 de long, 
brisées et contenant des cendres. Ces urnes étaient noyées dans de 
la terre qui avait servi à cintrer la voûte. 

^Au-dessous, au niveau de la naissance, un dallage correspon- 
dant à la première assise de la fondation. 

«Sous le dallage, caveau de 2 mètres sur 1 mèlre et de o m. 90 
de hauteur, contenant sept urnes, dont deux intactes; une en partie 
brisée; les autres en morceaux sauf une brisée, contenant des osse- 
ments mal incinérés; les deux intactes ne contenaient que de l'eau 
provenant des infiltrations pluviales. 

ffDans l'intérieur, sur la seule partie dallée du caveau (o m. 99 
X o m. 67) des armes : une e'pée, fers de lances et de javelots, 
corne d'appel, un brùle-parfum , deux vases d'argent brisés, une 
tunique, dont le tissu paraît êlre compose' de plomb et d'argent. 
Cette tunique, roulée, forme un bloc de o m. 70 de long sur 
o m. 18 de large et o m. 08 d'épaisseur. Le dessin de la trame 
est perceptible sur le dépôt calcaire formé sur la dalle par les 
eaux. Enfin, un casque avec jugulaire et passe-montagne; le haut 
est pointu et sur les côtés les oreillères sont en relief. Le casque est 
en fer martelé et garni de cuir à l'intérieur. En outre , des armes 
complètement rongées par la rouille, des médaillons en frag- 
ments; trois sont seulement à peu près complets; ils représentent, 
l'un : une tète de lionne; le deuxième, une tète de cerf en relief; 
le troisième, le plus beau, a o m. 090 de diamètre et figure Nep- 
tune assis, avec trident à gauche et conque marine dans la main 
droite, avec peau de lion sur les genoux. 

rL'épée était dans un fourreau en cèdre qui est mieux conservé 
que le métal. 

(') Ce rapport sera imprimé dans lo volume du Bulletin archéologique de 1917. 



CXCVIII 

«•Des dessins, photographies et descriptions complémentaires 
seront prochainement adressés à la Commission. 

«Le tout a été déposé dans ie Musée de Constantine.r» 

M. Gagnât lit la note suivante : 

«On a découvert de[)uis quelques années, à Khamissa, dans les 
fouilles de la place appelée /othw novtun, qui date, comme on le 
sait maintenant, du iv* siècle de notre ère, un certain nombre 
d'inscriptions gravées sur des bases de statues; quelques-unes ont 
déjà été publiées dans le Bulletin ou ailleurs ''); d'autres sont iné- 
dites. Je les réunirai toutes dans cette note. 

«•En 1908, on avait trouvé un piédestal qui portait : 

1. Herculem inluktum pro | salute . . . . | ] ^"gg"- I ^^^^^ '*' 

popu\lus hoc loco j imiendum | censuit | curante j (.'. Umhiio Ter\luUo e. u. 
cur. j r. p. 

«Les noms des deux empereurs étant martelés, il faut attribuer 
le monument soit aux deux Philippe, soit à Dèce, père et fils, 
soit à Carin et Numérieu, soit à Dioclétien et Maximien. La dédi- 
cace à Hercule indiquerait plutôt les deux derniers f^), 

«Donc, à la fin du m' siècle, la base était en place dans quelque 
édifice de la cité ou peutr-étre sur le vieux forum. A la suite des 
troubles qui agitèrent le pays au iv" siècle, probablement des que- 
relles religieuses, la ville fut plus ou moins bouleversée et les 
ruines s'accumulèrent. 

«On prit alors le piédestal abandonné, on le transporta dans 
le nouveau forum et on le surmonta d'une statue de Trajan, re- 
cueillie, elle aussi, dans les ruines. C'est ce qu'apprend une autre 
inscription gravée sur la face opposée de la même pierre ^^^ : 

2. Pro henliludine lemporutn sign\um Traiani de ru\mis ahlatum p-o|cow- 
Hulatu Clodi I Ilermogeniani | avipUssimi et c. u. | Atilim Tlieod^tus | m. c. 
legatus eius j in forum nouu\m transferre | curauii. 

'') Bull, archéol. du Comité, I90S, p. 567: 191 4, p. -309; Bull, den Ant. de 
France, 1908, p. a'ig. 

(^' M, Gseli a bien voulu me dire que le nom de Dioclétien se lisait encore 
très dislinclement. 

C) Bull, archéol. dv Crnnilé, 1908, p. 560. 



f^ilVtait pnVisôinflnl le mninpnl où Ion .niM'ti-iifcjiil ce nouveau 
foriiii), ainsi ciuc le prouvent Ions les lextes recueillis sur plaoe et 
parlicuHèiemenl relui-ri, où l'on spécifie <ju'on reuibeilit en y 

disposant des statues 'i. il'» 

■ , 1 

3. Felicissimo saeculo \ d. n. luliant uic[to]ns ac iriuniphato[ri»\ \ ÀugHtti 
proconsulatu Henn[o] geniani c. u. Alilius \ Theodotug u. c. legatus | eim 
forum miium j qnod instituit perfBc[tt] j ne dedicauit add[iiu\ | eolumnU et 
statuts I exornauit. 

w Cette de'dicace apprend, de plus, que le fondateur de cette place 
est le légat Atilius Theodotus. 

«C'est ce que tous les documents épigraphiques proclament 
également. 

«rUne des statues du forum était celle de Constantin; mais, là 
encore, nous sommes en présence d'une restitution. La statue était 
au milieu de ruines, et on alla Ty chercher. C'est ce qui ressort de 
l'inscription suivante, dont M. Joly a envoyé à M. Ballu une copie 
et un estampage malheureusement partiel : 

h. BEATISSIMiS TEMPOUIBVS VAL 
ERIO CONSTANTINO MAC 
XIMO cVI CVM VENERATIO^E 
DE RVINIS SIGNO TITVLISQ 
TRANSLATIS PROCONSVLA 
TV CLODI HERMOGENIANI C V 
FLAVIVS ATILIVS THEODOTVS 
V-C-LEGATVS EIVS CONGRVAM 
STATIONEM FORI NOVI A SE CON 
DITI PROVIDERE CVRAVIT 



'" Bull, archéol. du Comité, 191^, p. 



«La copie de M. Joly porte, à la ligne 3, SVI; je suppose qu'il 
faut lire CVI. 

«Une autre statue, dont je n'ai pas pu fixer la nature, la pierre 
étant assez effacée, comme le prouvent la copie de M. Joly et 
l'estampage partiel qu'il en a fait, avait été apportée dans les 
mêmes conditions. 

5. PRO BAEATITVDINE TEMPO KY m 

SIGNVM C O II V i I '^ I ALTT"^^^ 

DAM CONLABSVM RESTITVTVM INPOSI 

TIS CIRCVMCIRCA DE RVINIS ERVTIS OR 

NAMENTIS PROCONSVLATV CLODI 

HERMOGENIANI AMPLISSIMI ETC V 

FLAVIVS ATILIVS THEODOTVS V C 

LEGATVS EIVS liVTIIS FORI NO 

«Ces divers monuments sont datés du proconsulat de Clodius Her- 
mogenianus. Or il y eut deux proconsuls de ce nom : l'un en 36 1- 
362, l'autre vers Syo, qui avait le second surnom de Caesarius <'). 

«La base de statue qui porte le n° 3 nous prouve que celui dont 
il est ici question exerçait ses fonctions sous Julien; c'est donc 
celui de 361-369 (2). 

«Il avait pour légat, à cette date, un homme nommé Flavius 
Atilius Theodotus; c'est lui, nous l'avons vu, qui établit et embellit 
\e forum novum. Il était tout naturel que, pour l'en remercier, on 
lui élevât une statue, au milieu de toutes celles qu'il avait fait 
apporter, à côté des images de Trajan, fondateur du municipe de 
Thubîirsicu, et de Constantin, le grand empereur du siècle. 

'■' Fallu de Lessert, Fastes de l'Afrique, p. 63 et i4i. 

(') C'est ce qu'avait déjà reconnu M. Garcopino (Bull, archéol. du Comité, 191/1 , 
p. Gcni). 




(rOn n'y manqua pas, et ia dédicace en a élé retrouvée celle 
année. 

ob iNSTITVTIONEM FORI NOVI 
yLAVIO ATILIO THEODOTOVC 
PRAEFECTO • AERARI • POPVLI • R 
LEGATO PROVINCIAE NVMIDiAE 
ORDO ET POPVLVS THVBVRSICEN 
SIVM INPOSITO SIGNO ADDENS 
OPERI DECVS • AVCTORI COMMODI 
LIBERALITATE FVRI REGINI-FLPP 
HOC CARISSIMO RETENTAT 
ADFECTV 

(Copiede M. Joly.) 

wCe dernier texte mérite d'arrêter l'attention à cause du titre de 
praefectus aerari populi romani donné à Theodotus. Ceux qui se sont 
occupés des institutions financières de Rome admettent que la 
distinction du fisc et de Vaerarium disparut avec Dioclétien. Ils font 
observer que les derniei's exemples que l'on possède d'un préfet du 
trésordu peuple romain remontentau tempsd'Aurélien'. L'exemple 
que fournit la nouvelle inscription de khamissa est de cent ans plus 
tardif. 

wll est bien probable que le nom de Theodotus figurait aussi sur 
l'arc à trois baies qui donnait entrée dans \e forum novum; on n'en 
a trouvé encore que trois fragments, hauts de o m. !î3, avec lettres 
de m. 09 , qui ne suffisent pas à uous indiquer le libellé du lout : 

issiml AC BAEATISSI 
CI CENSIBVS 

MI CAES FORWl 
HOC LOCO RESTI 

P I N T E V S • 
FLAMINIB V« 

suite des fouilles nous renseignera peut-être.^) 
Voir le résumé de ia question dans Hirschfeld, VerwaltungtbeanUen, p. 17. 



M. HéuoN DE ViLLEFossK lit uii mémoire rédige par lui sur le 
torse cuirassé, trouvé dernièrement à Cherche!. Ce mémoire paraîtra 
àans\e Bulletin ^^l 



Il communique également, de la part du R. P. Delattre, le texte 
d'une amulette découverte récemment à Carthage. La lettre de notre 
collègue, accompagnée d'observations complémentaires, figurera 
également dans le Bulletin '^l 

M. Saladin remet pour l'impression une note qu'il a rédigée 
d'après les renseignements de M. le capitaine Odinot sur les ruines 
de Bani-Teude, Mergo, Tansor et Angla*^'. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de la Commission , 

R. Gagnât, 
Membre du Comité. 



") Voir plus loin, p. 98, le texte in extenso de ce mémoire. 
(') Voir plus loin, p. i3f), la lettre du R. P. Delattre et les observations de 
M. Héron de Villefosse. 

(^) Voir plus loin , p. 1 1 8 , le texte in extenso de cette note. 



1/i NOVEMBRE 1916. 



SÉANCE DK L\ COMMISSIO^^ DE L'AFRIQUE DU NORD 



PRÉSIDENCE IDK M. HÉROX DE VILLEPOSSB. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Le procès-verbal de ia dernière séance est lu et adopté. 

Les ouvrages suivants sonl offerts en hommage à la C4ominis- 
sion : 

J. Careopino, Les mosaïques chrétiennes des Bent-Bached ; 
D' Carton , Les fabriques de lampes dans T ancienne Afrique ; 

E. Vassel, Études puniques : V. Sur la bilitigve (FAlthiburos ; 
VL Un passage de la dédicace de Bir-Tleka. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, e|.des 
n^merciements sont adressés aux auteurs. 

M. Bel, directeur de la Medersa de Tiemcen, a adresse' une note 
sur trois anciens vases de cuivre gravé, trouvés à Fès et servant 
à mesurer l'aumône légale de la rupture du jeûne. — Renvoi à 
M. Houdas. 

M. Louis Châtelain a fait parvenir la copie de quelques inscrip- 
tions nouvelles de Volubilis (Maroc). La communication sera in- 
sérée au Bulletin^'. 

M. A. Robert envoie une note sur un bénitier trouvé près des 
ruines de LemeUef (Algérie). — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Merlin communique un mémoire de M. ïcard intitulé : Sceaux 

^'^ Voir plus loin, p. 161, le tefxte in extenso de cette communication. 



de plomb trouvés à Carthage. Ce mëmoire fait suite à celui qui a été 
adresse' au Ministère le 18 avril dernier, soumis à la Commis- 
sion le 9 mai et renvoyé' à l'examen de M. Monceaux. — Renvoi 
au même. 

M. Merlin fait connaître e'galement un certain nombre de dé- 
couvertes archéologiques récemment survenues en Tunisie : 

ffl. La principale des îles Cani, situées à 28 kilomètres au 
nord-est de Bizerte, présente, notamment à sa périphérie, une 
grande quantité de grottes. En visitant, au mois de mai 1916, 
une de ces grottes dans la région sud-ouest de Tîle, des militaires 
remarquèrent à fleur du sol une cuiller en bronze, à long manche 
replié accidentellement sur lui-même (environ o m. i^5 de long) 
et à puisette très plate (long, o m. 066, larg. o m. o3). Encou- 
ragés par cette trouvaille, ils entamèrent quelques recherches sur 
ce point et découvrirent à une faible profondeur, au milieu d'un 
conglomérat de terre et de cailloux, des ossements, environ cent 
cinquante monnaies d'argent antiques, deux bracelets également 
d'argent, enfin deux lingots de même métal. 

«Dès qu'il fut informé, M. Michaux, directeur général des 
travaux publics, mobilisé comme lieutenant- colonel directeur du 
Génie en Tunisie, me fit remettre les objets recueillis pour le 
Musée du Bardo, et en outre envoya à Cani un officier du Génie, 
M. Dupertuys, pour procéder à une enquête sur place, diriger des 
investigations complémentaires et rassembler tous renseignements 
utiles sur la découverte. Je tiens à adresser ici à M. Michaux l'ex- 
pression de ma vive gratitude pour le précieux concours qu'il a 
bien voulu prêter une fois de plus, en cette circonstance, aux 
études archéologiques. 

ffLa grotte où la trouvaille a eu lieu est située à 5o mètres très 
légèrement au sud-ouest du phare, à 7 mètres du bord de la mer, à 
3 mètres environ au-dessus du n(veau moyen de l'eau ; elle est exposée 
à l'Ouest et protégée par uu petit îlot, qui toutefois ne la garantit 
pas contre les fortes tempêtes. L'accès par mer en est assez facile 
quand le temps est beau; par terre, il est fort malaisé et même 
dangereux. Cette grotte compte 7 mètres de profondeur, h m. 76 
dans sa plus grande largeur et 2 mètres dans sa plus grande hauteur; 
l'entrée mesure 1 m. 3o de haut sur 1 m. 00 de large. Le rocher 
formant sol disparaissait sous une couche de terre et de cailloux 



— ccv 

de o m. i5 d'épaisseur, qui avait |)rohal>lement été explorée pre'- 
cedeinment et qui a e'ié coniplètenieut reuiuée et tauiisee lors des 
fouilles réceutes; c'est au milieu de ce conglouiéral qu'ont été 
ramassés les ossements et les objets antiques ({ue voici ; 

ta. Dix-huit tétradrachmes de Carthage en argent, dentelés 
au pourtour, offrant au droit la tête de (^érès de profil à gauche, 
grènetis au pourtour; au revers, le cheval trottant à droite, filet 
au pourtour. Ces tétradrachmes appaitiennont au type décrit par 
Millier dans sa Numismatique de V ancienne Afrique, t. IT, p. 90-91, 
n°* 116 à 193. La tête de Cérès est de la série C de MiiUer, t. Il, 
p. 1 1 2-1 1 3 : les cheveux , retroussés par derrière et fortement bou- 
clés, sont ceints d'une couronne d'épis ayant leurs feuilles; un 
mince collier barre le cou ; une pendeloque très longue descend de 
l'oreille; le relief est plat. Au revers, le cheval, dont les muscles 
sont fortement accusés, est le plus souvent (i3 cas sur 18''') ac- 
costé d'un symbole variable suivant les exemplaires : 

1 . Caducée au-dessus du cheval ''' 9 exemplaires. 

9. Image dite de Tauit au-dessus du cheval, 

cf. Millier n" 1 28 1 — 

3. Disque entre les pattes de devaut du 

cheval , cf. Miiller n° 1 1 6 a — 

h. *^ sous le cheval , cf. Miiller, n" 1 19. . . . 3 — ''' 

5. o sous le cheval, cf. Mûiler, n' lao .. . . 2 — 

6. o ^ sous le cheval, cf. Miiller, n" lai, 
cf. p. ta6 9 — 

7. 'O' sous le cheval W 1 — 

^'' Dans les cinq autres cas, nous ne pouvons dire s'il y avait un type accessoire 
au revers, à cause des concrétions qui empâtent la monnaie ou des dommages 
qu'elle a suhis. 

'*' Ce symbole n'est' pas connu de Miiller pour les monnaies de notre type ; 
mais le Musée du Bardo possédait déjà deux tétradrachmes de notre série avec 
le caducée, l'un provenant de Carthage, le second recueilli en 1910 à l'Aouina 
(six kilomètres à l'O. S. 0. de Carthage, feuille de la Marsa au i/r)o,ooo') avec 
trrùs autres du même type ayant comme symbole au revers soit l'image dite 
de Tanit, soit le disque surmontant le cheval ; le revers du troisième exemplaire 
est complètement encroûté de concrétions. 

''' Un de ces trois exemplaires porte peut-être le croissant retombant sur le 
disque «^ (cf. Mùller, (jp. cit., n" ti8). 

'*' Ce symbole ne figure pas dans Mùller pour les monnaies de notre type ; je 
l'ai retrouvé sur un tétradrachme de notre série, provenant des environs de Thala, 
qui a été récemment offert au Musée du Bardo par M. le capitaine Moisy, du 
service des Affaires indigènes. 



«Les pièces de ce type sont rapportées par MûHer a ce qu il 
appelle''^ la seconde époque du monnayage carthaginoib, celle qui 
va de 9 /il à 90 1. Gomme on le verra, elles sont ainsi contempo- 
raines de certains des deniers romains trouvés en même temps et 
que nous allons examiner maintenant. 

t(b. iSa deniers d'argent, de la République romaine, portant à 
l'avers la tête de Rome casquée de profil à droite, au revers soit les 
Dioscures chevauchant à droite, soit la Victoire dans un char lancé 
au galop également à droite avec la légende ROMA, fréquemment 
accompagnée de noms de magistiats monétaires. Ces 189 deniers, 
sauf 11, sont dans un état de conservation suffisant pour être 
identifiés avec certitude ou très grande vraisemblance; quelques- 
uns, au moment de la découverte, étaient soudés ensemble par 
groupes de 3 (trois groupes) ou de 2 (quatre groupes), qui ont 
pu être facilement dissociés l-^; certains sont brisés, et nous avons 
dû négliger des fragments que leur petitesse ne permettait pas de 
décrire utilement. 

tfLes 121 deniers qui ont été identifiés f^) se répartissent ainsi 
sur une période d'une centaine d'années : 

«1. 968-95/1 avant J. C. : 99 deniers au type des Dioscures, 
sans marque monétaire (Rabelon, Monnaies de ki Hépubliqiie romaine, 
t.l, p. 39, n" 9). 

w2. 95^-217 avant .1. C. : 7 deniers au même type des Dioj 
scures, sans noms de magistrats, montrant des symboles dans le 
champ : un croissant (9 ex.), une étoile, une massue, une ancre, 
un gouvernail, une roue à six rayons (le pourtour est dentelé). 
(Babelon, t. I, p. 67-/18.) 

W94 deniers au type de la Victoire (Babelon, t. 1, p. ho, n" 6). 

C) Mùlier, op. cit., p. i il- lia , cf. p. 196. 

<*> DfiMt monnaies restées <-oHées l'uno à l'autre sont parmi te» onïe non 
i dentifiées. 

<•■'* Sur les onze qui n'ont pu être identifiés, deux portaient certainement au 
revers, avec les Dioscures, der. noms de magistrats aujourd'hui indéchiffrables; 
les autreH ont le revers tellement encroûté om rongé, qn'on n'y distingue plus 
rien actuellement. 



I 



COTII 

(r3. ^S/^imB^ avant J. (î. : 68 deniors avec noms de magistrali» 



PbAllIBB. HONBTAIRB TBIS : BtBKLOH. 

t Malicnus (?) i') n3/i II, p. ao8, n" i, o 

p. aog, n* a. 

3 C. Decittiius Flavds. . . ai 4 I, p. 453. 

8 L. Furius Purpuivo . . . ai4 1, p. 5aa, n" i3. 

a C. Terentius Lucaiius. . ai 4 H, p. 483, n" lo. 

3 C. Junius C. f. . . . . . ao4 II, p. loi , n' i. 

a C. Scribonius Curio. . . ao4 II, p. 4a4, n' i. 



Pinjirius Natta aoo 



( 7 eï. II, p. 3o3, a* i. 
/ 8 BU. Il» p. 3oâ, a* B. 



I 



7 L. Saufeiu» aoo II, p. 4ai , n" i. 

3 Spnrius Afranius aoo I, p. i35,n"i. 

3 P. Cornélius Sula aoo^*) I. p. 387,n°i. 

3 Alilius Saranus 194 I, p. naô, n° 1. 

a G. Maiai^ius igè 11, p. 166, n" 1. 

1 Sex. Quinctilius. 179 II, p. 898, u" 1. 

( 1 éx. T, p. 909, n" 8. 

, M. Atilius Saranus.... 174 ^ ^ ^^ ^ p. 3,9, a' 9. 

3 L. Sempronius Pitio». i 1^4 U* p. 43o» n" a. 

3 Q. Marciuê libo 174 II, p. 181 , n" i. 

'i C. Antestius Labîo . - . 174 1, p. i44, n° 1. 

1 L. Cupiennius i64 I. p. 444,n*i. 



ff L'enlouissemenl du trésor date donc du milieu du n'' siècle 
avant noire ère; il a dû èlre effectué peu de temps avant la chute 
de Carthage'-*'. 

«Cette constatation est intéressante, en particulier pour fixer 
iépoque des bracelets recueillis avec les monnaies. 



f' L'ei«ii}^taire est un peu abima; raltributiou n'est pas absolument sûre. 

'*' D'autres placent ces monnaies vers 194 (Cf. Miinzer, dans Pauly-Wissowa , 
Real-Encycîopâdie , t. IV, c«l. i5i8, n° 384). 

''' Parmi les trouvailles antérieures de deniers romains faites en Tunisie, nous 
citerons celles de : 

1° Monastir (Ganekk'p, dans lie RUfpofl «* PrésidetU de h RéfHbkque »ur iû 
situation de la Tunisie en i8g3, p. 5o ; pn tSgù, p. 5;); a° Fernana (Gauckler, 
BuU. archeol. du Comité, igoa, p. cxvii; Marche du Service en igot, p. 18); 
3" Hammam-Lif ou Radt>s (Gauckler, Marche da Service en igo3, p 36 : De Bray, 
Bulk de la Soc. archéol. de Souête, 1907, p. 98 et suiv.); 4" Henchir-Djebel-Diss 
(Meiiiii, Bull, archéol. du Comité, 191 4, p. cïlti-cxltu ; Revue numistnûtique , 
1914, p. u6j. 



wc. Ces bracelets sont au nombre de trois, plus ou moins en- 
tiers, tous du même type. Ils se composent de huit fils d'argent 
disposés en cercle et tordus en spirale ; le corps du bracelet va en 
s'effîlant du milieu (diam. o m. oi5) vers les extrémités qui che- 
vauchent Tune sur l'autre, et où les fils se réunissent en un faisceau 
unique que termine une tête de serpent. L'un des bracelets est 
incomplète ses deux extrémités; un autre, à une; du troisième, 
nous n'avons qu'environ la moitié. 

ffrf. A ces objets étaient joints deux lingots d'argent, aux con- 
tours irréguliers : le premier, mince et plat sur ses deux grandes 
faces, pèse 76 grammes; le second, qui a vaguement la forme d'un 
tronc de pyramide (haut, o m. 026), pèse i53 gr. 5 (^'. 

(fil. Je donne ci-après le texte de plusieurs e'pitaphes relevées 
par M. Carougeau entre Thelepte et Cillium, lors de la construction 
de la voie ferrée qui traverse la région. 

«Dans la ruine d'Henchir-EI-Alaïmia, située à U kilomètres à 
droite du chemin de fer en allant vers Henchir-Souatir (feuille de 
Kasserine au 1/100,000*, en bas) : 

«1. Stèle : haut., 1 mètre; larg., o m. ko; lettres, o m. o^. 

DUS MA 
CAELIVS 
VRBAN 
VS VA XIII 

ffDans une ruine située à 1 kilomètre à l'est d'Henchir-El- 
Alaïmia : 

rf2. Cippe: haut., 1 m. 66; larg., o m. 5i; épaiss., o m. 69; 
lettres, o m. o5-o m. 06. L'inscription est dans un cadre. 

(') Un lingot posant 1 1 grammes et deux bracelets d'argent ayant la forme d'un 
serpent qui s'enroulait autour du bras accompagnaient également des létra- 
draclimes de villes siciliennes découverts en igoS, près de Bizerte (Merlin, Bull, 
archéol. du Comité, 1907, p. ce et cgxl: cf. Drappier, dans le CatnL du Mu»ce 
Alaoui , Suppl. , p. lai, n*" ii3 et ni). 



CCIX 


D M s 


M EGNATI 


VSAGRIPPA 


AELIA NV S 


PIVS 


V- A- LXXXV 


H- S- E 


S EM PR N I 


VS- FIL 


FECir 


«^Au même endroit : 



^3. (lippe : hauL, i m. 86; larg., o m. /ig; ëpaiss., o m. Zi3; 
lettres, o m. o6-o m. o5. 

d M S 

lAN VICT 

«ARIA OR VIXIT 

M«X I T A N N I S 

5 an ni s LXXXV 

XXXX 

FILIA VICTORIA 

VIXIT ANNIS 

XXXX 

^Le nom Jan[u]aHa n'est pas sûr. L'instM-iplion. endomma-.v à 
gauche, est entourée, en haut et à droite, d'un cadre sur iëm.el 
déborde la fin des lignes 3 et 7. 



I 



AROHtOLOGIE. N° 2. 



«Au même endroit : 

rJx. Slèle:haut., i m.36;épaiss., om.21 ; lettres, oœ.o/i-om.o3. 
D- M' IVLIA 
SATVRNI 
NA VIXIT 
ANIS LXXXX 

ffDans une ruine situe'e à 1 kilomètre à l'est de celle qui contient 
les textes n"' 2 à Zi : 

tf5. Stèle: haut., 1 m. U'2\ long., o m. /12; lettres, o m. o5. 
L'inscription est dans un cadre. 

d M S 

LVCVSTIO 

VA- XXVIIII 

MEN llBVS 

SEIVPRONIVS 

F I L I O KyR 

FECIT 

« Au même endroit : 

tï6. Stèle : haut., 1 m. 62; larg. , m. 62; lettres, o m. o4. 
D M S 

MINVCI 

FLAVIANI 

VIXIT 

ANIS XXXV 



I 



(tA ces textes j'en ajouterai un autre qui n «Ué recueilli à ô kilo- 
mètres environ à Test des ruines de Kasserine, à 2 kilomètres environ 
à Test de la gare, et qui est aujourd'hui dépose devant une des 
maisons de la Compagnie Bône-(nielma auprès de la gare de Kas- 
serine. L'estampage m'en a été communiqué par M. Bérard, de la 
Compagnie des Batignolles : 

ff7. Stèle : haut., o m. 80; iarg., o m. 5o; épaiss., o m. 17; 
lettres, o m. o55. 

D • M • S 

Flavia-victoria 
antvlliana ■ pia 
va-xxxvii-m-xi- 

5 D ■ XXlll • ANTONIVS 
rAVSTINIANVS 
MAR.ITVS-ET-GE 
SSIVS • VICTOR 

Finvs • Fecervnt 

î)as des premières lettres de filins manque. 




fflll. Je dois à M. le D"^ Houdart, de Tunis, connaissance d'\ine 
lampe qui fait partie de sa collection et dont je ne puis pré- 
ciser la provenance, mais dont la signature est fort intéressante. 
Voici la description de celte lampe : 

rQueue épaisse forée dun petit trou; sur la crête, trois sillons 
parallèles; la queue se prolonge en arrière, descendant jusqu'au 
bas du récipient. Bec arrondi peu saillant, indiqué à sa naissance 
par deux lignes convexes qui lui donnent l'aspect d on cœur. Corps 
circulaire, diam. m. 08, haut, o m. 026. Pâte jaune pâle. 

ff Deux palmes. Pourtour, stries rayonnantes. Trou de remplissage 
.'nire les deux palmes, trou d'aération entre celui-ci et le bec. 



— ccxu 

ffïV. Au milieu de deux cercles concentriques en creux, l'inscrip- 
tion suivante tracée en graffite : 

EXISTATI 

ONE BARARI 

TANA FAVSTINI 

MARVS BOi^GI 

5 MAS NATV 

s BARARI 

wLa lampe a reçu un coup avant la cuisson, par-dessous, en 
arrière du bec; le milieu de la première ligne du texte est gravé 
dans cette partie en contre-bas que traversent les deux cercles. 

ffA la naissance du bec, ligne de globules en creux entre deux 
traits incise's. 

ffJe lis : Ex istatione^^^ Bararitana Faustini; Matius Bolgimas 
natu[s^ Barari. 

cfLes mots Matius et Bolgimas ne sont pas d'un déchiffrement 
tout à fait sûr. 

(fBararus est une ville de la Byzacène, qu'on a identifiée d'une 
façon très vraisemblable avec Henchir-Rougga, à une trentaine de 
kilomètres à l'ouest de la Chebba t^'. 

«■Il convient de rapprocher notre signature de celles déjà publiées 
qui porlenl : ex ojicina C. V. S. ah Aquas Begias ''\ 

(') Exemples analogues d'emploi de i devant les groupes st et se : cf. Corp. 
inscr. lalin., t. VIII, p. iiio. 

(^) Babeloii, Gagnât et S. Reinacli, Atlas archéol. de la Tunisie, feuille de la 
Chebba, n" 73-, cf. Merlin, Sludi romani, tgiS, p. 383 et suiv. : [cu]ratori re[ip. 
Thmdrii\ano[ru\m , Tha[e]nil[a]m[ru\m , Bara[ri]tano[ruin\, reproduit par Gagnât 
et Besnier, Année épigraphique , 191^, n° 207. 

'^) Merlin, Bull, archéol. du Comité, 191 1 , p. ccxii = Revue Tunisienne, 1915, 
p. 33/i, n° 64; Massigli, CataJ. du Musée de Sfax, p. 35, n° 90; Toutain- 
J. Renault, Bull, archéol. du Comité, 191 G, p. cxxxvii (procès-verbaux de la 
Gommission de l'Afrique du Nord, janvier, p. xxiii). Cf. Merlin, Itevue Tunisienne, 
1915, p. 328,n°9/i:C"V*S* et une lampe inédile, au même sujet que cette der- 
nière (buste de Sérapis à gauclie), avec la signature EX OFICI j| NA"C*V*S* 
(El-Aouja, aujourd'hui au Musée du Bardo). — Voir aussi, sur cette marque de 
fabrique, Carton, Bull. d'Oran, 1916, p. 86. 



CCXIII 

wFaustinus me paraît être le patron de l'atelier, Malius Bolgi- 
mas, le chef d'équipe ou l'ouvrier, originaire de Baranis cl travail- 
lant dans la fabrique de Faustinus établie en cet endroit. Statio est 
exceptionnel pour désigner une fabrique de |)Oteries; en général, 
c'est officina qu'on emploie. 

wIV. M. le colonel Foucher, commandant militaire des territoires 
du Sud, m'a fait parvenir, au mois d'août dernier, pour le Musée du 
Bardo, l'inscription bilingue de Gigthis communiquée à la séance 
du i5 mai 191 5 par M. L.-A. Constans et commentée par M. Dus- 
saud le i5 juin suivant^'). 

ffLa Direction des Antiquités a fait entrer au Musée du Bardo, 
au début de 1916, les objets découverts au Koudiat-Zateur, près 
de Carlhage, par M. l'abbé Ménier et signalés par le B. P. Delattre 
à l'Académie des Inscriptions et belles-lettres le th janvier 1916 
{Comptes rendus, p. id à 16; cf. p. 10 h, note 1). Les magnifiques 
bijoux que renfermait la sépullure chrétienne explorée viennent 
d'être exposés au public dans la salle VIII des collections antiques. 

«rM. Louis Poinssot, qui s'est tout spécialement occupé de cette 
trouvaille, se propose de consacrer, dès que possible, à ce superbe 
ensemble une étude détaillée. Je me contenterai de faire connaître 
aujourd'hui, en son nom, que, sur le devant de sarcophage dont la 
moitié droite seule a survécu, trois des figures masculines symbo- 
lisent des Saisons '■^' : la première est l'Hiver, chaudement emmi- 
touflé, tenant dans le bras gauche un hoyau à deux dents et lais- 
sant pendre de sa main droite un canard sauvage-^); la deuxième, 
l'Eté avec une faucille ot des épis; la troisième, l'Automne, l'époque 
des vendanges rappelée par la panthère bachique que le personnage 
tient en laisse ^^l Quant à l'homme qui est à gauche, de plus petite 
taille que les précédents, il élève en l'air à bout de bras une cor- 
beille de grain qu'il s'apprête à verser dans un moulin que fait 
tourner un cheval. 



'■' BiUl. aichéot. du Comité, 191 5, p. clix et suiv. , p. cxcï. 

**' Cf. Merlin, Bull, archéol. du Comité, 191^, p. cm. 

W Cf. par exemple l'image de l'Hiver sur le sarrophage d'Henchir-Romana 
(Espérandieu, Bull, archéol. du Ci.milé, 1891, pi. XXXiV), aujourd'hui au Bardo 
(Merlin, ibid., 1908, p. cclu). 

'*' Cf. Ilild, dans Daremt)erg et Saglio, Dict. de» antiquités , t. 111, p. 255. 



ff Les bagues recueillies dans le tombeau sont au nombre de trois : 
aux deux mentionnées par le R. P. Delattre il convient d'en ajouter 
une troisième, dont le corps est forme' de deux dauphins dirige's en 
sens inverse, qui se touchent par leurs queues et dont les têtes 
étaient séparées par une gemme aujourd'hui disparue, w 



M. Héron de Villefosse communique une note envoyée par 
M. Eusèbe Vassel, correspondant du Comité à Maxula-Radès 
(Tunisie) : 

wAu cours de ses belles fouilles de Dar-Saniat, à Carihage, mon 
confrère et ami M. Jules Renault a recueilli un morceau de grès 
rouge qui paraît provenii- d'une élégante table ronde d'assez grand 
diamètre (le segment, d'après un calque, aurait une corde de 
96 millimètres pour une flèche de 3'"/'" 5) et sur lequel il reste 
huit letlrcs d'une inscriplioa punique dont j'ai déjà parlé ailleurs. 



fij^p^^;^^.. 



«•De la lettre qui suivait le tav il reste une haste longue et renflée 
en massue, qui indique un akf ou un rrs. ou peut-être un vav. 
La lecture est certaine , les caractères étant parfaitement nets. 

ffM. Renault a fait paraître dans un de ses Cahiers^^^ la courte note 
que je lui avais remise au sujet de ce texte quelques jours après sa 
découverte. Je coupais : J'^l^^ ^^^ ^ ,et traduisais sous réserves : 
. . . de la pierre (ou qui est la p'tene) des charbons ardents, supposant 
que la table pouvait être un autel sur lequel on brûlait soit des 
aromates, soit les chairs des victimes. 

«Précédemment à cette publication, M. Merlin avait signalé la 
trouvaille de M. Renault dans une note insérée au Bulletin airhéo- 
logique du Comité ^'^K 

«Un fragment aussi court se prête en général à plus d'une inter- 
prétation; je ne ferai pas difficulté de convenir que la mienne était 



*'' Jules Renault, Cahiers d' archéoloijie tunisienne, nouvelle série, 1*' catiier, 
1913, p. 54-55 et fig. 37. 

(*' Année 1910, p. ccxii. — Une fausse lecture du typofîraphe y substituait, 
dans ma traduction, le moi peine au mot pien-e. 



bien audacieuse. Après louL peut-être y avail-il simplenienl sur la 
table quelque chose comme f'*f\^p ^9 >ç"^[ixl ou |» '*f}^p 9^- 
Certes, ww; ou f^^H^ »'a {juère Tapparence d'un nom propre 
carthaginois; mais il pourrait être libyque ou étranger (égyptien, 
par exemple?). 

ff Quoi qu il en soit, le mot est nouveau en punique ; on fera donc 
bien de le noter pour le cas où il se représenterait dans un texte 
moins incomplet. 

ff L'inscription, par ses bastes longues et renflées, appartient à ce 
que j'appellerai le punique Jleuri , ce qui ne permet pas, à mon avis, 
de lui assigner une date très ancienne, -^ 

M. Héron de Villefosse communique également , de la part du 
R. P. Delattre, les textes de 38 fragments d'inscriptions trouvés à 
Carthage et appartenant à diverses catégories. Notre zélé corres- 
pondant regrette vivement d'ignorer la provenance exacte de chacun 
de ces débris. Les Arabes qui les lui apportent ne veulent pas dire 
où ils les ont recueillis; si on leur fait des questions pressantes à ce 
sujet, ils n'hésitent pas à mentir et à fournir des indications fausses 
dont il serait très fâcheux de tenir compte. Il faut donc se résigner 
et se contenter de savoir que ces fragments viennent de Carthage, 
sans pouvoir fixer le point précis de la trouvaille. Plusieurs pré- 
sentent un intérêt particulier. 

Le fragment fi contient des indications relatives aux jours du 
mois et doit provenir d'une sorte de calendrier. 

Les fragments inscrits sous le n" i3 appartiennent à une impor- 
tante inscription de la première moitié du premier siècle, ainsi 
que l'indiquent les mots Dnisus et Germanicus reconnaissables aux 
deux premières lignes. 

Pour- le n" 82, on peut songer au com]Àémcnl [Apollini salut]ari 
sac{ruin) . 

Le n° 87 semble provenir'd'un ologimi. 

«fl. Disque d'argile, de m. lA à m. 1 5 de diamètre. On y 
voit représentées sous la forme d'enfants les Quatre Saisons. C'était 
un moule. Nous en donnons la description d après une épreuve en 
plâtre. L'objet n'est pas complet. 

«•De gauche à droite, les Saisons personnifiées se présentent 



ainsi : le Pnntemps, dont il ne subsiste que les jambes; VEté, qui 
(le la main droite tient un épi de froment; VAiitomne, tenant par 
les pattes de devant un lièvre ; ïHiver, portant une sorte de boyau 
pour travailler la terre. L'Hiver seul est vêtu. Le Pnntemps et TÉté 
marcbent à la rencontre de l'Automne et de l'Hiver. 




Carthage. — Disque d'argile représentant les Saisons. 

ffCe groupe, malheureusement brisé, ne manque pas d'art. Au- 
dessous, on lit : 

TEMPORA 



«Haut des lettres, o m. 009. 



tf2. Portion d'une plaque de 
marbre, revers lisse, épaisse de 
o m. o35, baute de o m. 26, 
large de o m. 3i. 



«Haut, des lettres, o m. 09. 
Avant Q^amorce pouvant conve- 
nir à un D. A la seconde ligne, 
I est peut-être le jambage d'une 
autre lettre. A la troisième ligne, 
les lettres ne se reconnaissent 
que par la partie supérieure. 

K 3. Fragment d'une plaque de 



marbre, revers lisse, épais de 
o m. o3 , haut de o m. i 9 , large 
de o m. 28. 

«MEC-C-IVL- 

«Haut, des lettres, o m. o65. 
A la seconde ligne, au lieu de M , 
il faut peut-être lire M A ; la der- 
nière lettre, brisée en bas, n'est 
pas certaine. Les deux C sont 
plus grands que les autres lettres. 
Il faut sans doute transcrire : Co- 
loni mhniae Juliae [^Karthaginis^aw 
C{ohnia) C{oncordm) Juï{ia). 

Kà. Petit fragment d'une dalle 
degrés, épais de o m. o5, haut 
de o m. o65, large de o m. 10. 
De la face il ne reste que ni. 07 
de largeur. Cette plaque portait 
une série de colonnes dans les- 
quelles on dislingue encore les 
indications suivantes : 






ffHaut. des lettres, moins de 
1 centimètre. A droite, amorce 
d'une autre colonne. 



tt 5. Fragment d'une tablette 
de marbre, revers lisse, épais de 
o m. 02 , haut de o m. 1 3 , large 
de o m. 06, 

ffLa plaque était percée d'un 
trou circulaire d'environ 5 ou 
6 centimètres, entouré d'une in- 
scription gravée entre deux cer- 
cles. Il n'en subsiste que les 
lettres suivantes : 

«NASECV» 

ffHaut. des lettres, o m. 01. 

ffOn pourrait penser an nom 
SECVNDINA, mais ce qui 
manque de la zone est trop con- 
sidérable pour n'avoir porté que 
les trois lettres NDI. Il ftiut plu- 
tôt voir dans cette inscription un 
mot au nominatif se terminant 
par N A , suivi d'un nom au géni- 
tif tel que : VRNA SECVndî..J 
Une amorce qui précède la let- 
tre N conviendrait bien à un R. 

K 6. Petite pierre noire , ovale , 
traversée par une veine blanche. 
Longueur, o m. o t ; largeur, 
o m. 007. Dans le sens de la 
longueur, un chien courant les 
deux pattes de devant levées. 
Au-dessous : 

AV C T I 

r?7. Disque de plâtre ayant 
servi à boucher une amphore. 
Diamètre, o m. 08. 



wOn y lit l'empreinte d'un 
sceau de forme ronde, à double 
registre. Dans le registre central, 
qui mesure o m. oU de diamètre, 
je vois les lettres suivantes : 

B A COL A 

ff La zone extérieure , presque à 
moitié incomplète, porte les let- 
tres suivantes : 

«PMVIADIO^ 

((Haut, des lettres, ii milli- 
mètres. *" 

ff8. Marbre, fragment supé- 
rieur d'une dalle, revers brut, 
épaisse de m. ok. Haut, om.i 5; 
largeur, o m. 18. 

«R- AVGi« 

wHaut. des lettres, o m. 096. 
La dernière n'est pas complète. 
Amorce d'une seconde ligne. 

(f9. Marbre, revers lisse, épais 
de o m. 06, haut de o m. 18, 
large de o m. 17. 

^LLO • M» 

»N I A N O» 

ftHaut. des lettres, o m. 06 5. 
Amorce d'une ligne supérieure. 



fflO. Fragment d'une dalle 
de marbre, revers lisse, épais de 
o m. 06, haut de o m. 1 4, long 
de o m. 29. 

mcKXQ'mm, 

ffHaut. des lettres, o m. o65. 
Celles de la première ligne ne 
se reconnaissent que par des 
amorces. 

«11. Portion de dalle de 
saouân, revers brut, épaisse de 
cm. o55, haute de m. 20, 
longue de o m. 35. 

I VALENT^» 
I VALERIAn« 

wHaut. des lettres, o m. 09. 

«12. Petit fragment de 
marbre, revers brut, épais de 
o m. 01 5, haut de m. 09, 



large de 



m. 07. 

IMP-COi 
COSXi 

»AN01 



«Haut, des lettres, m. 025. 
Avant A, boucle de B, P ou R. 

«13. Cinq fragments d'une 
belle dalle de marbre à revers 
brut, épais de o m. o3. 



îf«. Fragment liaiil d«»oni.'i9, 
large de o m. -2 "2. 



« D R. V S 
MAN I C^ 



(rHaut. des lettres, à la pre- 
mière ligne, o m. 06; à la se- 
conde , o nu^. Avant A , amorce 
d'un R ou d'un M. 

- h. Fragment haut de o m. 1 7, 
large de o m. 1 3 , appartenant 
également aux deux premières 
lignes : 



" c. Fragment hautdeom.07, 
large de o m. 070. appartenant 
à la première ligne : 



ffrf. Fragment portant la let- 
tre G de la seconde ligne. 

«e. Autre fragment, haut de 
o m. îiU, large de o m. 11, 
appartenant aux lignes infé- 
rieures : 

l^C-PRO^ 

«TR-MIL^ 

«POPVLI^ 

f Haut, des lettres, o m. 025. 



Dans la lettre Q^, la queue se 
prolonge jusque sous la lettre A. 



r\à. Marbre, revers lisse, 
e'pais de o m. o35, haut de 
o m. 18, large de o m. i5. 

^ELIORli^ 

tfHaut. des lettres, o m. 07. 

ff Avant D , amorce d'un M , à 
moins que ce ne soit celle d'un A. 
A la seconde ligne, les lettres 
sont incomplètes. 



«15. Angle supérieur d'une 
dalle de marbre, revers lisse, 
épais de o m. o5, haut de 
o m. 225, large de o m. 92. 



^ONDl 
DNVALENT 



ffHaut. des lettres, m. o85. 



wi6. Marbre opisthographe, 
épais de o m. 06, haut de o m. 2 7, 
large de o m. 17. 

Ant O N I N mm, 

» N V M I N '^ 

tfHaut. des lettres, o m. 075. 
Bas style. 




K Grandes lettres grêles, hautes 
de o m. 1 9. A la première et à la 
dernière ligne, amorces d'autres 
lettres. 



?tl7. Éclat de njarbre pro- 
venant d'une grande plaque dont 
nous avons déjà trouvé précé- 
demment plusieurs morceaux. 
Le présent fragment porte 
comme les autres une liste d'eth- 
niques. 11 mesure o m. oU dans 
sa plus grande épaisseur, o m. a i 
de hauteur et o m. iA de lar- 
geur. 

^SIANVS 

'^mVlTENSis 

ff Hauteur des lettres, o m. o3. 
A la première ligne, I n'est pas 
complet. Ce pourrait être un T. 

«18. Marbre , deux fragments 
réunis, revers lisse, épais de 
o m. o3, haut de o m. i55, 
large de o m. i55. 

^V M • I M A G I N I^ 

CEPTO 
^ECRFERIOMODE^ 




ff Hauteur des lettres : à la pre- 
mière ligne, o m. o55; à la se- 
conde, o m. o3; à la troisième, 
m. o/i. 

«A la première ligne, avant V, 
amorce pouvant convenir à un R. 
Après IMAGINI, il n'y a pas de 
signe de ponctuation, mais une 
amorce de lettre. 

ffl9. Marbre, revers lisse, 
épais de o m. 02, haut de 
o m. 17, large de o m. 09. 

iDIBVSii^J^ 
M V M • I N S I '^^ 
W^îNSTITVITARIH 

ffHaut. des lettres, r* ligne, 
o m. 06; 9* ligne, o m. o3; 
3* ligne, o m. 09; U" ligne, 
o m. oi5. 

ff A la deuxième ligne, D ne se 
reconnaît que par une amorce. 
Aux lignes suivantes la dernière 
lettre n'est pas complète. Au- 
dessous des dernières h'ttres, 
amorces d'une autre ligne. 

ff20. Marbre, épais de 
o m. 02 9, haut de m. 12, 
large de o m. 12. 

tfLe bas des lettres manque. 
Haut, approximative des lettres. 



o m. o4. Deux ou trois ne sont 
pas d'une lecture certaine. 

«f 2 1 . Beau marbre très blanc , 
revers lisse , épais de o m. o 3, haut 
de o m. i6, large de o m. i3. 
Partie supérieure de Tinscrip- 
tion. 

^PRESSA 3mm 

^•A SOLOC^ 
«rESTITVr^ 

«Haut, des lettres, o m. o33. 
Bien gravées. 

V A la première ligne, après A, 
amorce inférieure d'une lettre. A 
la seconde ligne, avant A, amorce 
d'un autre A ou d'un M, ce qui 
est moins probable. Après O, 
le C est incomplet et pourrait 
être un Q^ 

w2'2. Marbre, revers brut, 
épais de o m. 09 5, haut de 
o m. 1 3, large de o m. 1 2. Trouvé 
à l'amphithéâtre. 

Wm fl M P H xtheatr m 

ffHaul. des lettres, o m. o6. 
Après N, jambage droit appar- 
tenant sans doute à un T. 

ff23. Fragment d'une belle 
dalle de marbre, revers brut. 




épais de o m. o65, haut d 
o m. 17, large de cm. 16. 

«MARMORa 
D • D • P • /^ 

ffHaut. des lettres, o m. 00. 
Style du second siècle. Ce frag- 
ment appartient à une inscrip- 
tion honorifique qui se terminait 
par la formule : D(ecrelo) d[ecu- 
rioimm), p{ecunia) [p{ubUca)]. 

ff2^. Deux fragments d'un 
marbre à rêver? lisse, épais de 
o m. o3. 

ffo. Haut de o m. iG, large 
de o m. 2 9. 

«H-S-C-M» 
tfHaut. des lettres, o m. o65. 

(rb. Autre fragment appar- 
tenant aux deux dernières lignes 
de la même inscription; angle 
inférieur haut de o m. 22 , large 
de om. 22. 

ffHaut. des lettres, à l'avant- 
dernière ligne, o m. 06; à la 
dernière, o m. o5. 

tf25. Tablette de marbre rose 
(numidique), revers brut, épaisse 



OCXXII 

de o m. oi5, haute de o m. ta 
large de o m. lo. 

«g-ET-EX-D ■ D- 
'mm^ P E N s . I T E R 
^T OR. COLON 
^ET • D • D • S • P 



ffHaut. des lettres, o m. 02. 

tf26. Partie inférieure d'une 
dalle de marbre à revers brut, 
épaisse de om. o35, haute de 
o m. 1 6 5 , large de o m. 1 1 . 




wHaut. des lettres, o m. o35, 
sauf à la dernière ligne où elles 
ont à peine o m. 01. Il faut 
peut-être lire : NIVETERV. La 
lettre qui suit pourrait être un S. 
Cette ligne en caractères minus- 
cules et mal formés a dû être 
ajoutée par une autre main. 

ff27. Marbre, revers lisse, 
épais de o m. o3, haut de 
o m. 19, large de o m. i3. 

ff Lettres incomplètes. Hauteur 
approximative, de o m. 07 à 



o m. 08. Après V, amorce infé- 
rieure dune lettre, peut-être S. 



«28. Débris de stèle votive, 
saomn, épais de om. 08, haut 
de m. 11, large de o m. o5. 

votuMSOLvit 
(^fleur et épi). 

«Haut, des lettres, m. 026. 

«29. Fragment de marbre 
blanc, revers lisse, épais de 
o m. o3, haut de o m. 076, large 
de m. 10. 

MA 

«Belles lettres, hautes de 
o m. o35. La dernière n'est 
qu'une amorce appartenant sans 
doute à un N : pontifex ? 

«30. Partie inférieure d'une 
dalle de saouân, revers lisse, 
épaisse de o m. o3, haute de 
o m. 19, large de o m. 33. 

A-NI-MO 

«Haut, des lettres, o m. 026. 
C'est la dernière ligne et le der- 
nier mot d'une stèle votive. 

«31. Marbre, revers lisse, 
épais de m. 02, haut de 
o m. 10, large de o m. ik. 

'^AREMrEOR^ 



CCXXlll 



ffHaut. des lettres, o m. 06 5. 
Celles de la seconde ligne ne se re- 
ronnaissent que par des amorces. 

fr32. Marbre, haut de o m. 08, 
large de o m. 1 2, épais de o m. 1 à. 
Angle inférieur de droite d'un 
monument votif. Sur une base de 
o m. o3 d'épaisseur, on voit les 
griffes d'un pied, sans doute d'un 
pied d'autel, et cette inscrip- 
tion : 

E^i^ARIvSAC- 

pfHaut. des lettres, environ 
o m. 02. La partie supérieure 
manque. Les trois premières ne 
sont pas complètement certaines. 

w33. Petit fragment d'une 
tablette de marbre numidique, 
revers lisse, épais de o m. 01, 
hautdeom.o6,largedeom.o75. 

ff Hauteur approximative des 
lettres, o m. 07. Epoque d'Ha- 
drien et probablement nom de 
cet empereur. 

f34. Marbre opisthographe , 
fragment, épais de o m. 026, 
haut de o m. 07, large de o m. 1 8. 

tfD'un côté : 

^ICyCONS^ 

Haut, des lettres, o m. 07. 



ff De l'autre côté : 

MMAO-EIVS^ 

«Haut, approximative des let- 
tres, o m. 08 ou o m. 09. 

(^35. Petit fragment de 
marbre, revers lisse, épais de 
o m. 022, haut de o m. o3,iong 
de o m. 075. 

jfHaut. des lettres, o m. 018. 

ff36. Marbre, revers lisse, 
épais de o m. o3, haut de o m. 1 o, 
large de o m. 1 7. 

f^Haut. des lettres, o. m. o55. 
La première lettre n'est pas com- 
plète. 

tf37. Marbre jaune, angle 
supérieur, revers brut, épais de 
o m, o3, haut de cm. lû et 
large d'autant. 



«Haut, des lettres, à la pre- 
mière ligne, o m. oh\ à la se- 
conde, o m. o35. La lettre T est 
plus haute que les autres. 

ff 38. Pierre noire presque in- 



l'orme , à tranche haulc de o m. 06. 
Celte tranche portait une inscrip- 
tion de deux lignes dont il ne sub- 
siste que quelques lettres. 



•Haut, des lettres, o m. 028.» 



Enfin M. Héron de Villefosse fait part à la Commission d'une 
inte'ressanle lettre qui lui a été adressée par M. Edouard Cuq, 
membre de l'Institut, professeur à la Faculté de droit de l'Univer- 
sité de Paris : 

«En parcourant la 2" livraison du Bulletin archéologique du Comité 
des travaux historiques (année 1916), j'ai remarqué (p. clxix) une 
inscription dont la 4° ligne est d'un déchiffrement difficile et dont 
la signification paraît incertaine. Je prends la liberté de vous signa- 
ler quelques textes juridiques qui peuvent être rapprochés de cette 
inscription et permettent d'en préciser le sens. 

ffLes deux raisons qui ont décidé Vordo et le peuple de Saradi 
à dédier un monument a M. Valerius Caelianus se rapportent à 
Vinstantia et à la justitia de ce curator reipublicae. Ces mots, surtout 
le premier, sont étrangers aux formules usuelles des inscriptions 
honorifiques; ils sont tous deux caractéristiques pour les fonctions 
du curateur municipal au m'' siècle de notre ère. 

vinstantia, chez le jurisconsulte Marcien '*), désigne le fait 
d'un créancier qui réclame instamment à un débiteur en retard le 
payement de sa dette: repetendi debiti instantia. Cette réclamation, 
qui a lieu généralement sous forme de sommation, a pour effet de 
constituer le débiteur eu demeure et, par suite, de l'obliger à payer 
des intérêts moratoires. 

ffUlpien, qui fut préfet du prétoire sous Alexandre-Sévère, 
applique le mot instantia au gouverneur de province qui a la haute 
surveillance de la gestion du patrimoine des cités de son ressort et 
qui l'exerce par l'inlermédiaire des curatores reipublicae. Dans son 
livre sur l'office du curalor reipublicae, il trace les règles à suivre 
quant aux placements des deniers municipaux effectués par les 
magistrats de la cité '^^ : lorsque les deniers sont bien placés, les dé- 
biteurs ne doivent pas êlie inquiétés pour le remboursement du 



(*) Ibid. 



, 33 pr. 



I 



CCXXT 

oapilal, surtout si iargcnt est productif d'intérêts. Si au contraire 
le prêt est gratuit, le jfouverneur doit veiller à la sécurité des 
finances municipales, poursuivre le recouvrement des créances, 
mais sans âpreté, sans procéder d'une façon injurieuse pour le 
débiteur. Il doit agir avec modération, être atm rfficacia bciiiffniu, 
cum instanha humanus. Son zèle doit être tempéré par des considé- 
rations d'humanité. 

rrLo curator reipublicae âc notre inscription s'est conformé au pré- 
cepte d'Ulpien : il a fait preuve d'humanité en se fiant à la solva- 
bilité de la cité de Saradi. Il n'est pas douteux qu'il faut lire, comme 
vous l'avez proposé , FIDEM et non PEBEM. VinsignU fdes erga 
rempublicam a consisté à faire crédit à la cité. L'expression fdem 
sequi alicujus est technique pour désigner, par exemple, la vente à 
crédit par opposition à la vente ;!u comptant. 

ffLe sens du mot Inslanlia étant précisé, la fin de la ligne U 
de l'iuscriplion s'expliqu'" aisément : elle indique la nature de la 
créance que le curateur devait réclamer insiammenl îi la cité : 
c'était une créance du lise, sans doute pour le payement de Timpôt. 
Le texte portait vraisemblablement : //* ^sci nominis (ou nominum) 
itislanliam. 

«Le second titre de M. Valerius à la reconnaissance des habi- 
tants de Samdi est sa singularis justiha à l'égard de l'ensemble des 
citoyens. Le pouvoir de juridiction du curator reipiblicae pour les 
litiges relatifs aux finances municipales n'était connu jusqu'ici que 
par une constitution d'Alexandre-Sévère' '.li est maintenant confirmé 
par l'inscription d'Henchir-Seheli, qui en contient une application. 
Le rescrit de Sévère-Alexandre nous apprend que, par dérogation au 
droit commun, la sentence du curalor reipublicae est régulière, bien 
qu'elle ne porte pas condamnation à une somme d'argent déter- 
minée : il suffit qu'elle prescrive d'indemniser la cité. Cette déroga- 
tion se concilie très bien avec le devoir du curateur de se montrer 
cum ejicacia benignum: il doit sauvegarder avec efficacité les deniers 
municipaux, mais il a toute latitude pour apprécier l'indemnité due 
à la cité : il n'a pas besoin d'eu fixer le chiffre lors du jugement.:) 

BSobserNations de M. Éd. Cuq viennent éclaircir et préciser de 
Imanièrc la plus heureuse le sens de l'inscription de Saradi, en 

<») Cod.Jusi., VII, i 6, 3. 

ARcnRoi.or.iR. — N" 2. 



— rxxXVt — ' 

même k'inps fjircHcs en déïiiontrenl toute Finiportance. M. Héron 
DE ViLLEKOSSE luï adressc, au nom de la Commission, les [dus \ifs 
remerciements. 

M. Monceaux iit le rapport suivant: 

ffM. îcard, adjudant en retraite, a adressé à la Commission un 
intéressant mémoire sur une série de plombs et de médailles trouvés 
à Cartilage. Ce mémoire, qui contient le catalogue de. tous ces 
objets, mérite d'être publié dans le Bulletin archéologique du Comité. 
Il conviendrait d'y joindre deux ou Irois planches, où seraient 
reproduits les plus intéressants de ces objets. Pour l'exécution de 
ces planches, il serait bon de prier M. Icard d'envoyer au Ministère 
les moulages des principaux plombs, surtout de ceux qui portent 
des inscriptions assez complètes, w 

M. Monceaux fait ensuite la communication suivante : 

w J'ai reçu de M. le D"^ Carton : i" la copie et l'estampage d'une 
inscription chrétienne de Carthage, qui lui a été communiquée 
par M. le D"^ Saliège; 2° une note topograpliiquc sur l'emplace- 
ment probable du ce monastère de SolomouT» à Carthage. 

w 1 . Plaque de marbre blanc, lisse à la partie postérieure, brisée 
de tous côtés, sauf en haut, large de o m. 38, haute de o m. 17, 
épaisse de o m. 026. Inscription de deux lignes, incomplète à 
gauche, eu lettres de o m. 07. C'est un fragment d'une épitaphe 
chrétienne, d'un type courant à Carthage. 



AFIDEL1SI^PCE 
LXXDPIiiIDA^f 

.... « Jidelis in pace 
vixil aunis] LXX, d{e)2){osita) III id{us) uug{tiHliis). 

ffCe texte a été trouve dans une vaste nécropole chrétienne de 
Carthage, qui s'étend tout autour du Koudiat-eUHobsia jusqu'aux 
anciens ports. Le D' Saliège l'a recueilli lui-même sur le Koudiat, 
dans la villa de M. Cirier, avocat. 

w2. C'est sur cette éminence du Koudiat-el-Hobsia (appelée aussi 
El Heurmo : cf. le grand plan de Carthage, tout près et à l'ouest 



GCIULVU 

des ports) que M. le D' Carton place le ^ monastère de Solomon». 

Voici les raisons qu'il en donne : 

ffLe monastère de vSolomon était situé sur une hauteur dans le 
ir voisinage immédiat des ports de Carthage. Or le Koudiat-el-Hohsia 
west le seul monticule qui ait cette situation. 

ffCe monticule, qui an mètres de hauteur, est complètement 
«■artificiel. H est formé des débris d'un monument considérable, ou 
tf plutôt de monuments successifs. Le caractère artiûciel de l'émi- 
ffnence est démontré par ce fait : un puits, creusé au sommet, a 
ff constamment suivi un mur en descendant jusqu'à environ 1 1 me- 
urtres de profondeur. Or, d'après la carte^de l'Etat-major, l'altitude 
erde l'éminence est de 1 1 mètres. 

tfEn outre, le sommet du Koudiat-el-Hobsia est couvert par une 
cr couche superficielle de débris chrétiens, épaisse de plusieurs 
«f mètres. J'y ai trouvé en aboudance des fragments de lampes chré- 
ff tiennes et des fonds de plats chrëtieRs. Sur les pentes, j'ai décou- 
ffverl autrefois l'inscription Eiuarianis. J'ai rencontré aussi, sur le 
" Koudial-el-tiobsia , hs restes d'habitations arabes. Il est fort possible 
(rque le monastère ait servi de fort aux Arabes lors de leur arrivée 
f dans le pays. ^ 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de Ut Commùnon, 

R. €agnat, 
Membre du Comité. 



12 DÉCEMBRE 191G. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 



PRESIDENCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à 6 heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu el adopté. 

M. Bosco, correspondant du Ministère, lait hommage à la Com- 
mission des tirages à part suivants : 

1° Nouvelles stations de représentations rupestres de la région de 
Krouhs (en collaboration avec M. Solignac); 

2° Note sur de nouvelles inscriptions latines des environs de Constan- 
tine et sur une inscription arabe découverte à Constantine ; 

3° Notice sur un fragment d'inscription découvert à Constantine ; 

h" Vam public dans le Républicain de Constantine et tendant à 
encastrer dans la Somaa restaurée une plaque commémorative des hauts 
faits de l'armée française à Constantine en i836 et iSSj. 

M. E. Vassel, correspondant du Ministère, a envoyé une note 
imprimée intitulée : 

Études puniques : VII. Quatrième note sur la néo-punique de Bir- 
Tlelsa. 

Ces brochures seront déposées à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements sont adressés aux auteurs. 




CCXXIX 

M. LK Président prend la parole en ces termes : 

K Messieurs, 
«fj'ai reru de M. Jacques, gendre de notre regretté collègue. 
M. Houdas, le billet suivant : 

Paris, 8 décembre 1916. 
Monsieur i.e Président. 

J'ai le chagrin de vous faire part du décès de mon beau-père, Monsieur 
Hondas. En raison des circonstances, les obsèques ont eu lieu ce matin 
dans la plus siricte intimité. Jusqu'au dernier nionient, il s'est intéressé' 
vivement à tous vos travaux , bien que son état de santé depuis longtemps 
déjà s'oi)posàt à la fréquentation assidue de vos séances. 

Veuillez agréer, Monsieur le Pi-ésident, l'expression de ma haute consi- 
dération. 

rrLa Commission s'associe intimement au chagrin de la famille 
de M. Octave Houdas. Nous perdons en lui un excellent collègue 
qui nous donnait constamment des preuves de son zèle et de son 
attachement. Inspecteur général des Médersas, professeur à l'Ecole 
des langues orientales vivantes, professeur à TEcole des sciences 
politiques, il a fourni une carrière longue et laborieuse; il a\ait 
présidé avec une compétence remarquable à l'organisation d^^-^ 
écoles indigènes en Algérie; par son enseignement, par ses etlnri> 
incessants, par ses nombreux travaux, il a propagé et vulgarisé la 
connaissance de l'arabe, si nécessaire à nos oHiiiers et à nos admi- 
nistrateurs appelés à vivre au milieu des populations musulmanes 
et à les diiiger. Il représentait parmi nous cette spécialité. 

ffll était de ceux dont la honte attire et dont le caractère inspire 
Teslime et le respect. Ses disciples et ses amis sont nombreux ; sa 
mort les laisse inconsolables. Ai-je besoin de vous rappeler soq 
exactitude, le soin qu'il apportait dans r!ntpr[»rétiition des inscrip- 
tions arabes ou les commentaii»» inti i ■-- mi^ que renfermaient 
ses rapports'? Dans ces dornièros imu('r>. ses forces déclinaient; 
nous éprouvions un véritable sentiment de peine en constatant 
l'affaiblissement continu de sa santé. Presque jusqu'à la lin cepen- 
dant, il surmonta courageusement ses souffrances pour venir siéger 
au milieu de nous. C'est avec une profonde tristesse que nous 
voyons disparaître un ancien et fidèle collaborateur qui nous était 



— ccxxx 



si précieux et sur le dévniienifnl duqneî nous pouvions foujou 
compter. Le souvenir de sa courloisie, des services qu'il nous n 
rendus, de sa science éprouvée, des relations agréables et sûres 
que nous avions avec lui, ne sera pas oublié. r 



M. Merlin envoie deux notes manuscrites de M. Icard : Sceaux 
de phmh découverts à Carthage (3* série), et Essais monétaires sur 
disques de plomb trouvés à Carthage. — Renvoi à M. Monceaux. 

M. Mkrlin fait de plus savoir que, pendant Tannée 1916, la 
Direction des Antiquités a ouvert sur l'emplacement du tbéâtre de 
Carthage quatorze tombeaux puniques, qui présentent les mêmes 
caractéristiques et appartiennent à la même époque que les sépul- 
tures fouillées dans celte région en 1908 et publiées par M. Drap- 
pier dans la Revue Tunisienne en 1911 ^^l 

tfLes quatorze tombes nouvelles, dit-il, se trouvent à la partie 
supérieure de la crête qui domine le théâtre. Les chambres funé- 
raires donnent sur l'une des petites faces d'un puits d'accès rectan- 
gulaire qui s'enfonce plus ou moins dans le sol. 

w I. = 23 (^'. — La première sépulture, située un peu à l'ouest 
du petit axe du théâtre, a été coupée par la rigole demi-circulaire 
qui contourne la cavea à son sommet. 

w Puits profond de 2 mètres. Un mort. Pas de dalle de ferme- 
ture à l'entrée de la chambre. 

ffDeux amphores à base conique, terre blanche rosée : hauteurs, 
om.395 et om. 87 (forme g)''^*; une petite amphore à panse 
sphérique, surmontée d'un col évasé en entonnoir, fdets bruns sur 
le col, l'épaule et autour de l'embouchure, touches de même cou- 
leur sur les anses , dont l'une est incomplète , terre rouge : hau- 
teur, o m. io5; quatre unguentaria à panse sphérique, dont trois 



Cî P. abli et suiv. 

('^> Cette numérolation fait suite à celle que M. Drappier a assigaée aux pre- 
miers tomljeaux puniques découverts en 1908 dans celte même région. 

'^' Ces indications de forme se réfèrent aux numéros adoptés dans les planches 
qui accompagnent le travail de Mi\l. Merlin et Drappier, intituli' : Jai nkmpole 
punique d'Ard-el-Kheraîb à Carthage. 



Bulletin arcoéologioge, 1916. 



PI. XXW, p. ccxxxi 




CARTHAGE TUNISIE 



MASQUE DE SATYRE. 
TERRE CUITE. 




CC.IXX} 

ont pertlu leur col; une lampe rhotlienne, à récipient plat sur ic 
dessus et llanqué tlim aileron, terre brun noir. 

tfDeux anneaux d'oreille au\ extrémités enroulées, en argent 
recouvert d'une mince feuille d'or. 

«Débris d'anneaux en bronze. 

«Une petite boite circulaire à fard en plomb, avec son couvercle, 
diam. o m. o55 ■^•'. 

K Un coquillage du genre cyprée ; une amulette de forme tra- 
pézoïdale, en pierre verdâtre, percée en haut d'un anneau de 
suspension, haut, o m. 026 , larg. en bas o m. 02 , en haut om.007, 
épaiss, o m. 016. 

ffUn masque de Satyre (pi. XXXV), de type ionien ^"^, dont une 
oreille manque, haut. m. 20, larg. m. i4. Le Satyre a les yeux 
surmontés d'épais sourcils, le nez camus, la bouche enfr'ouverte et 
rieuse; des oreilles de cheval sont attachées au-dessus des tempes 
avec le pavillon tourné en avant; la chevelure descend très bas sur 
le front, et ses mèches inférieures forment une sorte de diadème 
côtelé, au-dessus duquel la surface du crâne est complètement 
unie; une barbe très drue, terminée en triangle et sur laquelle se 
détache une large mouche, encadre et agrandit le visage. Bouche, 
yeux et narines sont découpés à jour. Le masque était entièrement 
peint d'une couleur brun rouge qui subsiste en bonne partie; quatre 
trous de suspension au sommet, dont trois sur une ligne et un 
au-dessous du trou central; deux autres de chaque côté, l'un au- 
dessus et en arrière, le second au-dessous des oreilles '^). 

«ÏL = 2 A. — Près du tombeau précédent. 

«Profondeur, 6 mètres environ. Un mort. Chambre fermée en 
avant par une dalle. 

«Une jarre ovoïde à deux anses, col court, embouchure évasée, 
fond plat, terre blanche, haut. om. ai (forme 5); une jarre ovoïde 
à deux anses, sans col, à fond plat, terre blanche, haut, o m. 26 
(forme 18); une petite œuochoé à bouche tréflée, terre blanche, 

''> Cf. Delaltre, Compte» rendus de l'Acad. des Inscr., 1898, p. 6a4. 

'*' Cf. Nicole , dans Daremberg et Saglio, Dict. des Antiquitéa, t. IV, p. 1093, 
fig. 6137. 

W Oh peut rapprocher du nôtre, pour ta forme générale, bien que le type 
ne soit pas le même, un masque du Musée Lavigerie (Boulanger, Cat. du Musée 
Lavigerie, Suppi, fasc. i, pi. VII, n" la, p. 57 : masque de vieillard). 



haut. om. 12; un petit bol à panse renfle'e, terre blanche, haut, 
o m.o38, diani. o m. o58; une lampe punique dont les becs ont 
été allume's, terre rouge (forme 58); la patère de la lampe est 
réduite en miettes. 

ff Petit rasoir en bronze, à manche effilé. 

tf Coquillage ayant servi de godet à fard et présentant encore des 
traces de rouge. 

ffUn oudja en terre vernisse'e , très usé, ayant été employé comme 
amulette, ainsi qu'un petit disque en pierre, plat, percé d'un trou 
au centre ( diam. o m . o 2 ). 

fflll à Xin. = 25 à 35. — Les onze tombeaux suivants sont 
creusés à l'extrémité ouest de la cavea, dans le prolongement de la 
scène. Ils sont orientés sensiblement Nord-Sud et répartis sur plu- 
sieurs rangées se succédant du Nord au Sud. Trois autres, coupés 
par un mur romain, n'ont fourni aucun mobilier. 

«Nombreux imgtientaria dans la tranchée et dans les puits. 

«III. = 25. — Profondeur 5 mètres. Un mort. Chambre fermée 
en avant par une dalle. 

tflJne jarre ovoïde à fond plat, col brisé, terre rouge : hauteur 
(quand elle était complète), m. 28 environ (forme 5); deux petites 
œnochoés, l'une à bouche ronde, l'autre à bouche trilobée, (erre 
blanche, haut, o m. io5; deux ungueniaria à panse spliérique, l'un 
incomplet au sommet; un fort joli vase en forme de dauphin, 
long. om. 26, haut. om. 09, terre rouge : l'orifice du vase est 
ménagé sur le dos de l'animal, dont la bouche est indiquée par 
un trait incisé flanqué d'encoches perpendiculaires en dessus et en 
dessous; des lignes de couleur brune figurent les détails de la tête 
et des mouchetures de même teinte sont distribuées sur le corps: 
ces dessins ont disparu en partie, mais on voit encore la tiace qu'ils 
ont laissée sur l'argile. (PI. XXXVI.) 

fflV. = 26. — Profondeur, 5 mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

«Une jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, terre 
blanche, haut. m. 2 A (forme 18); une œnochoé à panse sphérique 
et à embouchure ronde, terre blanche, haut, o m. 1 1 ; une mar- 
mite à une anse, terre blanche, haut, o m. 076, diam. de l'em- 
bouchure, la. o5 (forme 53); une petite marmite sans anses, terre 




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noire, haut, o m. o/io (forme 62); deux vases-biberons; l'un en 
forme d'œnocboe' à panse ovoïde, terre blanche : le pied, le col et 
Tanse sont brisés; l'autre en forme d'askos, rehausse de touches 
lie de vin sur l'anse en élrler; au-dessous d'elle et autour de Tem- 
bouchure, porte sur la panse; de chaque côté du bec, deux yeux, et 
au-dessous du bec, des lignes sinueuses représentant une barbe: 
terre blanche, haut, o m. i3 (forme 29); un petit couvercle muni 
d'un bouton, terre blanche, diam. om. o45; une lampe punique 
de la première époque, dont les becs ont été allumés et dont la 
patère est ceinte de fllets de couleur brunâtre; une lampe rhodienne 
à dessus plat, terre rouge. 

-Trois grosses perles, assez endommagées, en pâte de verre bleu 
turquoise avec des points bleu saphir entourés d'un cercle blanc; 
deux coquillages du {jenre cyprée, de dimensions inégales, dont le 
plus petit est percé d'un trou sur le dessus. 

«V. = 27. — Profondeur, 3 mètres. Deux morts. Chambre 
fermée en avant par une dalle. 

wUne jarre ovoïde à deux anses, col court et fond plat, ornée 
de filets violacés à l'embouchure, sur l'épaule et sur la panse, terre 
blanche, haut, o m. 190 (forme 5); une petite œnochoé à panse 
ovoïde et bouche ronde, trois filets peints au bas de l'épaule, terre 
blanche, haut, o m. i3; une marmite à une anse, terre blanche, 
haut, o m. 06, diam. de l'embouchure, o m. o5 (forme 53); deu\ 
vases-biberons, l'un en forme d'œnochoé à panse ovoïde et à em- 
bouchure ronde entourée d'un large bord, filets peints au bas de 
l'épaule, sur la panse et autour de l'embouchure, terre blanche, 
haut, o m. i45; l'autre à panse sphérique et à embouchure en 
forme d'entonnoir largement évasé, l'anse manque, terre blanche, 
haut, o m. 1 1 ; un couvercle muni d'un bouton, terre rouge, diam. 
o m. 10; une lampe punique avec sa patère agrémentée de filets 
peints (forme 58). 

fBronze : débris d'un rasoir; un anneau; fragments d'un petit 
bracelet ; deux monnaies. 

^VI. = 28. — Profondeur. 2 mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

«Une jarre ovoïde à deux anses et fond plat, le col est brisé au 
ras de la panse, terre rouge, haut, actuelle, om. 20 (forme 5); une 



œn(»f}iO(' à |>nns(> ovoûhv Irois HIpIs peints au bas de l'épauïe. Je 
liant (lu ci>] cl laiisc iiiaïKfiuMil , terre blanche, liaut. o m. ii5;uBe 
marmite à une anse, Teuihouchure est partieliement cassée, îe 
fond noirci par la fumée, terre rouge, haut, o m. 07 5 (forme 53); 
un vase-biberon en forme d'askos, touches de couleur rougeâtre 
sur l'anse et autour de l'embouchure, terre blanche, haut, o m. 1 9 
(forme 99); un bol, terre vernissée noir, haut, om, 06, diam. 
G m. i45; une lampe punique dont les becs ont été allumés, avec 
sa patère (forme 58); une statuette en terre Cuite, représentant un 
homme debout, imberbe, coilFé d'un bonnet conique, vêtu d'une 
tunique courte s'arrêtanl aux genoux ; il porte sur ses épaules un 
bélier dont il tient les pattes antérieures de la main gauche et les 
pattes de derrière de la main droite; traces d'engobe blanc sur le 
devant seul ; brisée en deux morceaux se raccordant, trou d'évent 
rond par derrière, haut, o m. io5 : c'est Hermès criophore, traité 
suivant le type qu'avait créé Calamis^'^ 

ff Bronze : deux anneaux; restas d'un petit bracelet, diam. 
o m. o/i5; deux monnaies. 

(f Une perle en verre, deux perles en pâte de verre bleu turquoise 
avec des points bleu saphir entourés d'un cercle blanc. 

tf\/II. = 29. — Profondeur, 5 mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

ffPasde poteries; une statuette en terre cuite représentant sans 
doute Astarté, haut. m. 1 65 : la déesse debout, la jambe gauche 
un peu avancée, est vêtae d'une longue tunique descendant jus- 
qu'aux pieds, qui sont en majeure partie de'couverts, et d'un man- 
teau qui voile la tote par derrière et tombe jusqu'à terre; la léle 
semble bien diadémée; deux nattes de cheveux retombent de chaque 
côté du cou; la main gauche pendante relève légèrement le pan du 

Cl Deux statuettes identiques ont été déjà trouvées dans les tombes puniques 
de Cartilage : l'une par Gauckier, dans la nécropole de TOdéon, en 1900 
(Gauclcler, Revue archéol, 1902, It, p. 887 = Nécropoles puniques , II, p. 620- 
521, pi. CLXXIV, n° 1 ; L. Poinssot, dans Cat. du Musée Alaoui, SuppL, p. i4g, 
n" i63); l'autre par le R. P. Delatlre à Sainte-Monique en 1902 (Delattre, 
{BulL archéol. du Comité, 1908, p. 267, n° 9; pi. XXllI, n" ^ ; Gauclcler, Marche 
du Sennce en igo3, p. 9 = Nécrop. pun., II, p. 5^6). — Un tombeau voisin 
de rOdéon, encore inédit, nous a fourni une fort belle statuette d'Hermès 
reproduisant le type, imaginé par Onatas, dii dieu avec le bélier sous l'aisselle 
gartche. • 



mdTilPaii qu'elle lient par le bord; la main flroite enlronverJe. les 
doigts allonoés de bas en liant, est ramenée sur la poitrine au- 
dessous du sein droit quelle semble smilenir; le vêtement était 
rehaussé par devant dun engobe rouge appliqué sur un lait de 
chaux et encore bien conservé dans Tensemble ; la tête était peinte 
en couleur rouge un peu plus claire. 

«Deux grands anneaux (diam.. o m. o3) en bronze recouvert 
d'une feuille d or, dont les extrémités sont enroulées. 

rDeux bagues en argent; l'une à chaton très allongé et arrondi 
à ses extrémités; l'autre à chaton rectangnlai^e , i'anoeau est endom- 
magé. 

«r Bronze : un miroir, diam. om. tU; deux rasoirs à lame étroite 
et à manche effilé, l'un est brisé; anneaux; débris de clous. 

wAmulettes de type égyptien en terre verni^ée : crocodile, chat, 
épervier. bélier, sphinx. Horus, petit autel; perles faites d'une très 
mince feuille d'or; deux perles, l'une ronde, l'autre allongée en 
cornaline ; quatre perles en pâte de verre bien turquoise avec des 
points bleu saphir entourés d'un cercle blanc ; deux coquillages du 
genre cyprée, de dimensions inégales, dont le plus petit est percé 
d'un trou sur le dessus; débris d'œufs d'autruche avec traces de 
faces humaines peintes. 

"VIII. = 30. — Profondeur, ti mètres. Un mort. Chambre 
fermée en avant par une dalle. 

ffUne jarre ovoïde à deux anses, col court et fond plat, terre 
blanche, haut, o m. qi (forme 5); une petite œnochoé à bouche 
ronde, dont l'anse manqué, terre blanche, haut. om. to; une 
lampe punique dont les becs ont été allumés, avec sa patère cerclée 
de filets rouges (forme 58). 

ffNouïbreux éléments de collier, de toutes grosseurs et de toutes 
formes, en agate rouge ou blanche fumée, en pierre dure, en 
verre. 

«fIX. = 31. — Profondeur, U mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

wUne jarre ovoïde à deux anses, col court et fond plat, filets 
tiolac^s peints autour de Tembouchure, sur le col, l'épaule et la 
.panse, terre blanche, haut. om. 9 4 (forme 5); une jarre-obus, 
terre blanche, haut, o m. 95; deux œnocboés abouche ronde, l'une 



CCXXXVI 



à panse ovoïde, terre blanche, haut, o m. i3 ; l'autre à panse tron- 
conique, terre rouge, o m. 09 (l'anse manque); un plat à bords 
épais, en forme de tronc de cône renversé, terre rouge grossière, 
incomplet et écrasé par une pression horizontale quand l'argile était 
encore fraîche, haut, o m. 096 ; une coupe plate, terre noire, diam. 
om. i5; un couvercle surmonté d'un bouton, terre rouge, diam. 
o m. io3 ; une lampe punique dont les becs ont été allumés et qui 
est agrémentée de quelques touches de couleur brune (forme 58); 
pas de patère. 

ff Un petit anneau d'argent. 

w Bronze : un rasoir long et épais, à manche terminé par une 
tête de cygne et muni à sa naissance d'un anneau saillant; une 
aiguille, long, o m. o65. 

tf Quelques amulettes de type égyptien en terre vernissée, dont 
un épervier, mal conservées; deux perles en pâte de verre bleu 
turquoise avec des points bleu saphir cerclés de blanc; un coijuil- 
lage du genre cyprée percé d'un trou sur le dessus, une coquille 
bivalve. 



ffX. = 32. — Profondeur, h mètres. Un mort, (^bambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

tfUne jarre ovoïde à deux anses, sans col, à fond plat, fdels 
peints autour de l'orifice et sur la panse, terre blanche : hauteur, 
m. 9o5 (forme 18); deux petites œnochoés à bouche ronde, terre 
blanche : l'une à panse sphe'rique, haut, o m. o85, l'autre à panse 
ovoïde avec filets peints au bas de l'épaule, haut, o m. io5; cinq 
unguentaria dont deux grands, haut. m. 12, et trois plus petits, 
haut, o m. o85 — m. 096; une coupe plate, terre noire, diam. 
o m. i/i5; une petite coupe à anses horizontales, brisée en mor- 
ceaux, terre noire; une patère de lampe punique avec filets concen- 
triques brun-rouge (sans lampe). 

«Débris d'un objet de fer. 

tfXl. = 33. — Profondeur, 5 mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

«Une jarre ovoïde sans anses, à col vertical et fond plat, terre 
blanche: hauteur, o m. aA; une petite œnochoé à bouche Iréflée, 
terre blanche, haut. m. 10; cinq unguentaria, mesurant de 0,07 



CCXXXVII — 

à 0,10 de haut; une lampe punique dont les becs ont été aUuniés 
et dont la patère est cerclée de filets concentriques (forme 58). 

(r Nombreuses amulettes de type égyptien en terre vernissée : 
oudja, lion, sphinx, cynoce'phale. crocodile, trois umei, Touéris, 
deux Bès, un scarabée portant sur le plat des représentations assez 
effacées dont un oiseau, une tablette rectangulaire montrant d'un 
côté la vache Halhor, de l'autre un oudja, etc.^*'; une amulette en 
forme de pyramide percée d'un trou de suspension; deux perles 
en terre vernissée; un coquillage du genre cyprée percé d'un trou 
sur le dessus ; un morceau de corail ; des petits galets plats. 

ffXII. = 34i. — Pi-ofondeur, k mètres. Un mort. Chambre fer- 
mée en avant par une dalle. 

tfUne amphore à base conique, terre rosée : hauteur, o m. ùo 
(forme 9); une grande œnochoé à panse presque cylindrique et 
à embouchure trilobée, terre blanche, haut. oni. 21; deux mar- 
mites : Tune à uue anse, traces de noir de fumée en dessous, terre 
rouge, haut, o m. 070, diam. de l'embouchure, o m. o5 (forme 53), 
l'autre à deux anses et à couvercle, terre noire : hauteur, o m. 10 
(forme 5o); cinq unguentaria, dont quatre à panse sphérique et 
un à panse fuselée; une petite coupe plate, terre blanche vernissée 
noir, haut, o m. o3, diam. o m. 09. 

«fUne pelite bague en argent à chaton ovale. 

ff Nombreuses amulettes de type égyptien en terre vernissée : 
six oudjas, cinq Melkart à quatre faces (certains assez informes), 
un scarabée, etc.^''; nombreuses perles en verre, en pâte de verre, 
en pierre dure ou en terre vernissée, quelques-unes avec des points 
bleu saphir cerclés de blanc; une perle bleu turquoise côtelée; une 
pastille elliptique en verre blanc, plate sur une face, bombée sur 
Tautre. 



«fXIlL = 35. — Profondeur, 5 mètres. Un mort. Chambre 
fermée en avant par une dalle. 

trUne amphore à base conique, terre rosée : hauteur, o m. ^2 
(forme 9); deux œnochoés à bouche ronde, terre blanche : l'une 

('' Quelques autres de ces amulettes sont d'une identification incertaine à 
cause de la grossièreté de leur facture ou de leur mauvaise conservation. 



avec Irois filets violacés en haut de la panse, hauteur, o m. 18 
(forme ^î6), l'antre, dont l'anse est brisée, avec également trois 
filets en haut de la panse ovoïde; une marmite à une anse, terre 
rouge: hauteur, o m. o65,<iiam. à l'embouchure, m. o5 (forme 53); 
un bol à anse formée de quatre filets accolés, terre rouge : hauteur, 
o m. 09, diam. o m. 08; une lampe punique rehaussée de touches 
de couleur brunâtre, sans patère (forme 60). 

ff Bronze : six longs clous en partie brisés; un anneau d'oreille; 
deux monnaies. 

tfUne petite perle en verre bleu. 

ffXlV. = 36. — Le mobilier du dernier tombeau exploré pro- 
vient d'un caveau situé à l'est de ceux qui ont été déblayés en 1908 
sur le flanc oriental du théâtre. 

«Profondeur, 6 mètres. Un mort. Chambre fermée en avant par 
une dalle. 

«Une grande jarre obus, terre blanche, haut, o m. /i55 (se l'ap- 
prochant de la forme n" 7); une marmite à une anse, terre rouge, 
haut. om. o55, diam. à l'embouchure, o m. o65 (forme 53); un 
petit ungumtarium à panse sphérique, avec des filets à la peinture 
rouge sur Tépaule et autour de l'embouchure, terre rouge, haut, 
o m. 08. 

«Ces tombeaux, comme ceux qui ont été fouillés à une courte 
distance en 1908, doivent appartenir, dans l'ensemble, au 
iv*" siècle; leurs traits distinctifs les rattachent à cette époque qui, 
dans l'histoire de la sépulture punique, est «par excellence une 
époque de transition w ('). Les chambres conservent un caractère 
individuel et ne livrent aucun vestige d'incinération. Quelques pra- 
tiques anciennes subsistent, mais avec une faveur décroissante; 
des types traditionnels sont en évolution marquée : les rasoirs, qui 
restent pour le plus grand nombre petits et à manche effilé f^^, ies 
amulettes à sujets égyptiens'^), surtout les œufs d'autruche (*J se 



<*) Anîiani , dans Gauckler, Nécr. pun. , I , p. xxxn. 

(*) N" 8, 9, 11, 16, 19, 24, 99. — Gros et long, n" 3i. 

(») N" 3, 8, 10, 11, 16, 94, ag, 3i, 33, 34. 

W N"'8, aq. 



CCXXXIX 

l'ont plus clairseuiës ; presque toutes les lampes |>uiiiqucs ont leurs 
bords rortomenl et largement plisses, sans que pourtant ils arrivent 
déjà à se rejoindre ^''^; la staluette d'Astarté du caveau n" 9<) n'a 
plus le style archaïque des images antérieures de la déesse '^'. D'un 
autre côté apparaissent des types que n'ont pas connus les siècles 
précédents : urnes à queue '^', vases en forme d'askos^*^ unguen- 
fflrjfl (3) , lampes rhodiennes^^', anneaux aux extrémités enroulées f'', 
œnochoés en bronze '^' ; la monnaie est en usage (^l Toutefois ces 
éléments nouveaux du mobilier funéraire ne se montrent que plus 
ou moins timidement ; leur emploi est loin d'être aussi vulgarisé 
qu'il le sera, pour la majeure partie d'entre eux, plus tard. 

rrEn combinant toutes ces données, je suis porté à dater nos 
lombes de la seconde moitié du iv' siècle; certaines, comme notre 
n" 33, qui mérite une mention spéciale à cause de l'intérêt de son 
mobilier, pourraient même descendre légèrement plus bas. Ces sé- 
pultures semblent un peu plus récentes que celles dont j'ai publié 
l'inventaire au mois de mai dernier et qui ont été' dégagées à quel- 
que deux cents mètres au Sud-Est(^*l7> 

M. Gagnât communique le texte de plusieurs inscriptions latines 
découvertes, cet été, à Lambèse, aux abords du Capitole, du côté 
nord. Les estampages, pris par M. Decori, conservateur du Musée 
et directeur des fouilles, lui ont été remis par M. Alb. Ballu. 



(" N°' 1,3,3,4,6,7, 8, 9, lo, 12, 17, aA, 27, 38, 3o, 3i, 33. — 
Simple écuelle à bord pinces, n" 96 : bords se rejoignant, n" 35. 

<»> Cf. par exemple à Douimè^ (Deiatlrt- , Méni. des Atitiquaireg de France, t. LVl , 
p. 3a6, fig. 46; p. 334, fig. 53 ; p. 345, fig. 60). 

^') î^"' 1, 3, 4, 6. 
. WN"a6,a8. 

(*) N" 13, i3, i4, 18, 32 , 33, 35, 3i, 32, 33, 34, 35, 36. 

(«) N»' 30, a3, 36. — L'assertion de M. Anziani {loc. cit., p. xjni), que 
«partout où l'on trouve des lampes rbodiennes, elles sont accompagnées d'«n- 
guentariav, est trop absolue : cf. n ' ao et a6 ; voir aussi par exemple à Ard-el- 
Kberaib : n" 1, 5 (a* tombeau), 6, la, 17, 36, 4o, 46, 54, 56, 6a, 63 65 
66,70,88. ' ' 

P) N»' 18, a3, 39. 

(») N" 5, 6. 

W N" 3, 7, 8, 13, i3, 16, 17, 19, 30, 37, a8, 35. 

('•) A a5o mètres du groupe n" a5 à 35; à i5o mètres du groupe n"M à 23 , 
auquel se rattacbe le n" 36. 



rCiis insiTiplions sont au nombre de quatre : 

«1. Sur une base de slalue, en lettres de o m. o^ : 

M AEM I LIO 

MACRO 
S A T V R. NN O 
M- A E M I L I 

M AC R I 
LEG AVG PR 
P R F I L I O 
STRAT ORES 

ffJ'ai déjà publié (^) une inscription, trouvée dans les fouilles 
de 1916, relative à un fils d'Aemilius Macer, légat de Numidie en 
179-174. Elle émane e'galement des siratores du gouverneur. Le 
})ersonnage honoré est le frère de celui-ci. Aemilius Macer avait 
donc deux fils, Pun nommé M. Aemilius Salurninus, mentionné 
dans ce texte, l'autre M. Aemilius Macer Dinachus, qui figure sur 
la base déjà connue. Leurs dénominations ne did'èrent que par un 
second surnom propre à chacun d'eux. Prénom, gentilice et pre- 
mier surnom leur sont communs et communs aussi avec leur père. 
Ce n'est point là une nouveauté onomastique. 

w'i. Sur une base de statue; lettres de o m. 07 : 

T I I V L I O PO 
L I E N O A V S 
PI CI LEG AVG 

pr-pr- c v cos 
c • pvblilivs 
sepTiminvs 



> JLEG IHj AVG 
A N TO N I N I A 
N A E CANDI 
DATVS EIVS 



f'' Bull, archéol. du Comité, 



«F.e léf^al Ti. Julius Polioiuis Auspex s'est déjà rencontré sur des 
inscriptions de Lambèso. J'ai montré (') que le titre de co«sM/rtm, 
(|ui lui est attribué par Tune d'elles, ne permet pas de le placer, 
comme on avait voulu le faire, à la fin du m* ou au iv'' siècle. J'avais 
i)roposé la fin du n* siècle ou le m". Le texte ci-dessus tranche la 
diflScullé et impose une solution. La légion IIP Auguste, dont le 
nom a été martelé puis regravé, — ce qui nous indique déjà une 
époque anlérieure à Gordien, — y porte le surnom à'Aiitonimana. 
Nous sommes donc sous le règne de Caracalla; Ti. Julius Polienus 
Auspex a été légat dans la période de 212-217. 

ff On notera l'orlhographe Polienus, non Pollienus, que porte un 
texte du Corpus '^'^\ On a adopté sans doute la même graphie pour 
l'inscription à laquelle j'ai fait allusion plus haut, et c'est à tort 
qu'à la première ligne j'y ai restitué PO/jLIENO. Le premier L 
est à supprimer. 

ffS. Un troisième légat est mentionné sur une autre base de 
statue; lettres de o m. o5 : 

Tl IVLIO APRONIO MAe 
NIO PIO SALAMALLI 
ANO TELIB LaTICL LEG X- 
GEM ADLECT- iNTER 
Q_Q_- PRAEPOS- ACTIS 
SENATVVS AEDILl CV 
RVLI LEG AVG. VICE- 
Q V I N Q^V E F A S C I V M 
PROV- BELGICAE- LEG 
LEG I ADiVT eT LEG 
AVG PR- PR- PROV- GA 
LATIAE LEG | I I I | 
AVG SEVER ET- PROV- 



(•) Bull, archéol. du Comité, 1 9 1 5 , p. eux. 
«^ Corp. insc. lat., t. Vlll, n" ay/tS. 

Archéologie. — N° 2. 



CCXLII 

NVMID. M- AVRE 
LIVS CRESCENs P P 
LEG EIVS D- PRAESI 
DI RARISSIMO^ 

«A la ligne i a, le chiffre I II est récrit dans un martelage ; de plus . 
on aurait dû graver : LEG III; le lapicide a omis LEG, trompé par 
la présence des mêmes lettres, abréviation de îegato. 

ffLa carrière de Ti. Julius Apronius Maenius Plus Salamallianus 
était déjà relatée en entier sur une pierre de Lambèse^^'. La rédac- 
tion du nouveau texte ne présente rien de nouveau ; elle ne donne 
lieu qu'à des remarques de détail. 

K Ligne 5 : QSl^ — L'autre texte porte en toutes lettres quaes- 
tores, qui d'ailleurs semble avoir été' écrit pour quaestorios, par 
suite d'un développement fautif de l'abréviation inscrite ici. 

«Ligne 6 : SENATVVS. — Forme archaïque, conforme à la 
grammaire et à l'usage de la fin de l'e'poque républicaine. 

«Ligne j : omission de praelori, après la mention de l'édilité 
curule. 

«Ligne i3 :\a légion porte le surnom de Severiana. Cette con- 
statation est importante, puisqu'elle permet de placer le gouverne- 
ment du personnage sous Sévère-Alexandre, c'est-à-dire de 222 
à 235. La date de 2/12, proposée par M. Fallu de Lessert^^^ est 
donc à rejeter. 

ff Peut-on préciser davantage? 

ffNous connaissons quelques légats de Numidie pour la même 
période : M. Ulpius Maximus, G. Fabius Fabianus Vetilius Luci- 
lianus, P. Julius Junius Martialianus; les deux premiers figurent 
dans des inscriptions oij la légion est dite Severiana, tandis qu'elle 
est appelée Severiana Alexandriana dans le cursus honorum du troi- 
sième, détail qui indiquerait, pense-t-on, une date postérieure. 
Celui-ci appartiendrait donc à la fin du règne de Sévère-Alexandre, 
les autres à la première partie. C'est dans la même période qu'il 
conviendrait de placer le gouvernement du personnage auquel le 
présent texte est dédié. 

(» Corp. insc. lat., t. Vlîl, n" 18970. 

(') Fastes des provinces africaines, I, p. /163. 



CCXLIII 

«r D'autre part, le nom du primipile M. Aurelius Crescens se lit 
également au bas delà dédicace relative à M. Ulpius Maximus^»; 
mais il y est dit seulement centurion. H est donc probable que le 
gouvernement de ce dernier légat est antérieur à celui de Julius 
Salamallianus. 

tA. C'est à l'époque de Gallien qu'il faut rapporter l'inscription 
suivante, gravée en lettres de o m. 07 - o m. 08, de hauteur : 

V E R G I L I A E 
F L O R E N T 1 
N A E • C • F ^ 
C O N I V G I 
I V L î F O R T V 
N A T I A N I C V 
CONSVLAR 
AEMILIVS FLORVS 
B F DOMI CVR 
P A T R O N I 5 

tfNous pos.sédions déjà une dédicace faite par le bénéficiaire 
Aemilius FlorusP); en même temps que la statue de Vergilia Flo- 
rentina, il avait élevé une autre statue à un personnage qu'il quali- 
fiait de patronus praestaniissimus. La pierre étant actuellement brisée 
à sa partie supérieure, il était impossible de dire qui était ce pa- 
tron; on savait seulement qu'il avait été : [ïeg. Atig. pr. pr. pro~ 
vinciae Numidia]e et leg. III Aug. GalUenae, — les restitutions sont 
certaines. C'était évidemment le Julius Fortunalus vir cîarissimus et 
consularis de la nouvelle inscription, dont la femme se nommait 
Vergilia Florentina. 

wLa comparaison des deux bases, dont l'une était restée sur le 
forum tandis que l'autre avait été utilisée pour la construction du 

(*> Corp. insc. ht., t. Vlll, n" 3763 : Aurel(if) Cresce{ns) et Gain(ai) centu- 
riones leg III Severi(anae). 

(*' Coiy. insc. lat., t. VIII, n" 2797. 



fort byzantin, nous permet d'ajouter un nom à la liste des légats 
de Numidie, celui de Julius Fortunatianus, contemporain de l'em- 
pereur Gallien. 

«Dans les deux textes, — détail caractéristique, — Aemilius 
Florus porte le titre très rare de domicurius, c'est-à-dire attaché à 
la maison du gouverneur; il s'agit donc bien d'un seul et même 
personnage, v 



M. Héron de Villefosse dépose pour l'impression une note sur 
un bassin de bronze trouvé à Kerbet-Zembia (Algérie) ('), dont la 
photographie nous a été communiquée par M. A. Robert, admi- 
nistrateur principal honoraire de commune mixte, correspondant 
du Ministère à Bordj-bou-Arréridj. 

La séance est levée à 5 heures un quart. 

Le Secrétaire de la Commitsion, 

R. Gagnât, 

Membre du Comité. 



(') Cette note sera imprimée dans le volume du Bulletin archéologique de 1 917. 



RAPPORTS 



COMMUINICATIONS 



LA 
PROVENANCE D'UNE MINIATURE 

REPRÉSENTANT SAINTE CATHERINE, 



PAR LE COMTE DURRIEU, 

Membre du Comilé. 



Notre Bulletin archéologique du Comité des tracaux historiques et 
scientifiques pour l'année 191^ renferme (p. 01 8-5 20) un travail 
de M. Félix Pasquier, membre non résidant du Comité, qui est 
accompagné d'une planche hors texte (pi. XLVllI) et qui est con- 
sacré à tfune miniature du xvi" siècle w représentant cf sainte Cathe- 
rine 75. 

Dans ce travail, M. Pasquier ne s'est avancé qu'avec beaucoup 
de prudence et de circonspection ; et Ton ne saurait jamais trop ap- 
prouver les précautions en pareilles circonstances. Ce qui est cer- 
tain, eu tout cas, c'est que la miniature — que j'ai le regret de ne 
connaître que par sa reproduction dans le Bulletin, ayant été mal- 
heureusement retenu au loin lorsque M. Pasquier a apporté l'ori- 
ginal à Paris — est très intéressante et tout à tait digne d'avoir été 
mise en lumière comme elle l'a été par la publication de notre 
savant collègue. 

A son propos, le travail de M. Pasquier débute par ces points 
d'interrogation : «fDe quel manuscrit faisait partie cette miniature? 
Quelle en est l'origine? Autant de questions auxquelles le manque 
de renseignements ne nous permet pas de répondre. Tout ce que 
nous savons, c'est que nous l'avons trouvée dans une petite ville 
du Poitou, à Mirebeau.w L'auteur ajoute, un peu plus loin : ttLe 
feuillet devait appartenir à un manuscrit de luxe, véritable œuvre 
d'art. y> 



— 4 — 

La page publiée par M. Pasquier montre, au milieu d'une riche 
bordure, une image de sainte debout. M. Pasquier a parfaitement 
établi que cette sainte est wsainte Catherine, vierge et martyre, 
patronne des philosophes^. 

Quant à Tépoque et à la provenance locale de l'œuvre, M. Pas- 
quier a continué à être très prudent, tout en proposant cependant 
ses solutions : ^Devant un fragment, il est peut-être téméraire de 
vouloir faire une attribution d'école; néanmoins nous serions porté 
à croire que l'on est en présence d'une œuvre de l'école française n, 
a-l-il imprimé, après avoir fait d'abord celte déclaration : kA noire 
avis, la figure, portant tous les caractères du style ancien et abritée 
sous une construction d'ordre classique, appartient à la fin du 
XV* siècle ou au commencement du xvf. Si c'est une œuvre fran- 
çaise, nous pourrions supposer qu'elle remonte au règne de Louis XII 
ou à la première partie de celui de François Kw 

Je dirai immédiatement qu'en ce qui concerne la date approxi- 
mative de la peinture, M. Pasquier me paraît être tout à fait dans 
le vrai, et que l'on ne peut que se rallier à son opinion. 

Sur d'autres points, les études spéciales que j'ai consacrées de- 
puis un tiers de siècle aux manuscrits à peintures me permettent, 
je crois, d'aller dans la voie de la précision plus loin que uion col- 
lègue et ami M. Pasquier. 

Tout d'abord je reviendrai sur cette question laissée sans réponse : 
tfDe quel manuscrit faisait partie cette miniature?» 

La page publiée sur la planche XLVIII du Bulletin archéologique 
de 191^ a e'ié barbarement découpée dans son entourage — M. Pas- 
quier le déplore lui-même — par un ancien possesseur qui a voulu 
à toute force ramener à la forme d'un cadre ovale, pour l'y placer, 
une image d'abord rectangulaire rren prenant soin d'en réduire à 
coups de ciseaux la partie débordante». Mais, malgré cette muti- 
lation partielle, il est aisé de reconnaître sur la reproduction, 
d'après le format, d'après l'ensemble de la disposition matérielle, 
et même, comme je vais avoir occasion de le montrer, d'après le 
sujet représenté et le choix de quelques mots de texte inscrits 
au-dessous de l'image, que la miniature, avec son entourage déco- 
l'atif, présente tout le caractère d'une page détachée d'un de ces 
livres d'Heures enluminés et illustrés que les ateliers de la librairie 
française, au xv'' siècle et au début du xvi" siècle, ont mis au jour et 
répandus dans le public en quantité si considérable. 



lki.i.rri\ Arciii'-ologiqlf., 1916. 



PI. I, p. .1. 




SAINTE CATHERINE 
Miniature de la fin du xve siècle. 



Imp. Catala frères, Paris. 



— 5 — 

Dans ces livres d'Heures d'origine française, la composition habi- 
tuelle du texte entraînait, à la suite du calendrier et de certaines 
«heures canoniques'?, la présence d'une série de prières adressées 
à divers saints et saintes, série que l'on désigne généralement sous 
l'expression de Sujfroges des saints. Parmi les bienheureux invoqués 
apparaissent presque toujours, sauf de rares exceptions, deux saintes 
dont la dévotion était particulièrement populaire chez les Français, 
les deux saintes des visions de Jeanne d'Arc : sainte Catherine et 
sainte Marguerite, ,0r, comme l'a si justement reconnu M. Pasquier, 
c'est sainte .Catherine dont le fragment porte l'image. Quelquefois 
on ne se contentait pas, en France, lorsqu'on disposait l'ensemble 
d'un livre d'Heures, de rappeler la dévotion à sainte Catherine au 
seul endroit des Suffrages des saints. Dans un des plus précieux 
manuscrits de ce genre exécuté pour le fameux duc Jean de Berry, 
les ff Belles Heures n du duc, — volume connu aussi d'après le nom 
de famille d'un de ses anciens propriétaires sous la désignation 
d'Heures d'Ailly, et qui appartient aujourd'hui à M. le baron Edmond 
de Rothschild, membre de l'Institut, — on voit, vers le début du 
volume, une suite de onze peintures, chacune accompagnée d'une 
légende explicative, qui déroulent aux yeux du lecteur tous les 
épisodes de la vie et de la passion de la sainte t^J. D'autres livres 
d'Heures, toujours d'origine française, ne renferment pas seule- 
ment, en ce qui concerne la dévotion à certains saints, les prières 
dites des Suffrages; ils contiennent, à l'adresse de quelques-uns 
d'entre eux, des exercices de piété plus développés, arrangés en 
manière d'Heures canoniques. C'est ainsi , pour n'en citer qu'un 
exemple, que les rTrès belles grandes Heures w du roi Charles V, 
qui ont été anéanties dans le fatal incendie de la Bibliothèque na- 
tionale de Turin, mais dont j'avais pris auparavant une description 
minutieuse, comprenaient dans leur contenu des ;? Heures de saint 
Jehan Baptiste, — de saint Jehan l'Euvangeliste, — de saint Loys 
de France, — de saint Loys de Marseille,. — de la Magdelaine'^'*?. 
Suivant qu'il s'agissait de suffrages ou d'heures, le texte, qui était 

f'' Cf. Coiple Paul Durrieu, Les v.Belles Heurei-n de Jean de France, duc de 
Beii-y. Paris, 1906, grand in-8° (eïtrait de ia Gazelle des Beaux-Arts, 1906, 
t. I, p. 265-992). 

'•■-' Cf. Comte Paul Durrieu, Notice d'un des plus importants livres de prières dit 
roi Charles V: les Heures de Savoie on «Très belles grandes Heuresn du roi. Paris, 
1911, in-S" (extrait de la Bibliothèque de l'École des Charles, t. LXXII). 



— 6 — 

généralement illustré au moins d'une miniature à son début, s'ou- 
vrait par des formules difï'éientes. Pour un simple suffrage, c'est au 
bienheureux ou à la bienheureuse invoqués que l'on s'adressait 
directement de prime abord. Par exemple, pour sainte Catherine, 
\e suffrage commençait par une formule telle que : wO beata virgo 
Catherina, etc.w Au contraire, si la combinaison adoptée était 
celle plus développée d'heures, à la manière canonique, on com- 
mençait par un ou deux versets tirés d'un psaume et contenant 
un appel non plus au bienheureux, mais à Dieu lui-même : rDo- 
mine, labia mea aperies et os meum annuntiabit laudem tuam^i, 
ou encore : wDeus, in adjutorium meum intende.» 

Par bonheur, le fragment de feuillet miniature publié par 
M. Pasquier porte justement, au-dessous de la peinture représen- 
tant sainte Catherine, les premiers mots du texte qui succédait im- 
médiatement à l'image, en faisant en quelque soite corps avec elle; 
et ces mots appartiennent à un verset de psaume : Kf Domine îahia 
mea aperies el os meum a. . . v De cette particularité on peut con- 
clure avec certitude que le fragment en queslion nous montre la 
première page d'un exercice de dévotion envers sainte Catherine 
disposé en forme d'heures. A la rigueur, ces tf Heures de sainte (-a- 
therine», dont on a ici le commencement, pouvaient se trouver iso- 
lées, formant par elles-mêmes un tout indépendant. Cependant il 
est infiniment plus probable que, comme dans l'immense majorité 
des exemples analogues, elles devaient faire partie d'un manuscrit 
plus considérable qui groupait avec elles d'autres exercioes et orai- 
sons, je veux dire d'un manuscrit constituant ce produit de la 
librairie française qui fut multiplié à tant de répliques plus ou 
moins variées, mais toujours relevant des mêmes principes fon- 
damentaux, et que l'on appelle d'un terme générique : un livre 
d'Heures. 

A l'appui de cette assertion, je mets sous les yeux du Comité, 
et l'on trouvera reproduit dans le présent Bulletin (PI. I), l'ori- 
ginal d'une page à miniature dont l'image s'applique également à 
sainte Catherine, en représentant le supplice de cette sainte, et 
au bas de laquelle, d'autre part, on lit, comme sous la minia- 
ture de M. Pasquier, l'invocation : ^Domine labia mea aperies et 
os meum^'^ ..n Or cette page se trouve dans un livre d'Heures 

'"' Les mots trannuntiabit laudem tuam)5, complétant le verset, ss lisent au 
liaut du revers du feuillet. 



— 7 — 

[livre d'Heures à l'usage de Bourges, exécuté vers i48o]^*^ et elle 
y constitue le début d'une partie renfermant, sous une rédaction 
abrégée, les Heures de sainte Catherine. 

Voilà donc une première question résolue : celle de la nature du 
volume dont faisait partie la miniature de M. Pasquier. 

Dans quelle région avait pu être exécuté le livre d'Heures ou, 
tout au moins, le morceau de Livre d'Heures dont sort cette minia- 
ture, page initiale des w heures de sainte Catherine 15? M. Pasquier 
ayant présenté l'original à la séance du 16 avril igt/i de la réu- 
nion des Sociétés savantes à la Sorbonne, notre collègue M. Henri 
Stein, qui présidait la séance, fit immédiatement remarquer que 
ff cette miniature doit appartenir à l'école de Tours 1» ^-'. L'opinion 
d'un érudit tel que M. Stein peut être tenue pour décisive. Mais je 



(" Ce livre d'Heures a été acquis par moi d'un libraire ayant son principal 
établissement à Londres. En voici la description sommaire : 

Petit format (feuillets mesurant lag millimètres de hauteur sur 80 millimètres 
de largeur; justification du texte, qui est écrit par 16 lignes à la page : o m. 060 
X o m. 087). Elégante reliure française du xtiii' siècle en maroquin rouge 
avec ornements frappés en or. — Le volume compte aujourd'hui 269 feuillets, 
y compris 1 o feuillets qui avaient été réglés pour recevoir du texte , mais qui sont 
restés blancs. Il est illustré de i3 miniatures à pleines pages, analogues comme 
dimensions à celle qui est reproduite sur notre planche. Dans l'état primitif, le 
volume comprenait encore trois autres miniatures qui ont disparu avec les feuillets 
qui les portaient (deux au cours des Heures de la Vierge, et une en tète des 
Psaumes de la Pénitence). — Le texte est ainsi disposé : Calendrier en latin, 
avec des saints du diocèse de Bourges. Extraits des quatre Evangiles. Prière à la 
Vierge (Obsecro te, Domina). Heures de la Vierge. Heures de la Croix. Heures du 
Saint-Esprit. Psaumes de la Pénitence, suivis des litanies des Saints, celles-ci 
particularisées par la présence des noms de deux évêques de Bourges, saint Ursin 
et saint Outrille {AustregesiUus). Vêpres des morts. Heures de sainte Catherine. 
Prières diverses, accompagnées de rubriques presque toujours en langue fran- 
çaise, parmi lesquelles : Let pseaulmef que saint Hylayre escript hors des aultrc» 
pour priei- à Aous/re Seigneur des besongnes especiaulx , et une oraison en quelque 
sorte talismanique , attribuée à saint Léon, pape de Romme. Suffrages de sainte 
Catherine, saint Christophe, saint Sébastien, sainte Marie-Madeleine. 

Les miniatures, par leur slvle et leur coloris, et par certaines particularités de 
détail, s'apparentent étroitement avec des peintures du manuscrit de l'ylpoca- 
lypse figurée de TEscurial, qu'un texte d'archives atteste être sorties de l'atelier 
de Jean Colombe, peintre enluminem- de Bourges, qui a compté parmi ses protec- 
teurs la reine de France Charlotte de Savoie, femme de Louis XL (Sur cet 
artiste, consulter : Paul Durrieu, Chantilly, ses très riches Heures de Jean de 
France, duc de Ben-y. Paris, 190Z1, in-folio, p. io3-ii3.) 

W Bulletin archéologique de 191^, p. ci. 



suis heureux de pouvoir ajouter qu'elle se trouve confirmée par des 
rapprochements avec d'autres morceaux de peinture. 

Un des coryphées les plus brillants de cette école de Tours dont 
parlait M. Stein, durant les vingt premières années du xvi' siècle, 
fut, on le sait, le célèbre Jean Bourdichon, successivement peintre 
et enlumineur en titre des rois Louis XII et François P^ Dans son 
œuvre capitale et la plus sûrement authentique, les Grandes Heures 
de la reine Anne de Bretagne, Bourdichon a eu foccasion de peindre, 
aux «Suffrages des saints w, une figure de sainte Catherine repré- 
sente'e seule et debout, comme sur le fragment de M. Pasquier. Dans 
cette miniature de Bourdichon, la sainte, qui tient une palme de 
sa main gauche un peu portée en avant, utilise sa main droite à 
soulever un pli de sa longue robe. Dans la miniature de M. Pas- 
quier, la sainte ramène vers le milieu de son corps la main gauche 
tenant toujours la palme, et de sa main droite elle saisit la poignée 
d'une épée rappelant son supplice. Mais, sauf ces très légères dif- 
férences de pose pour les bras, il apparaît évident que la minia- 
ture de M. Pasquier est une imitation flagrante du type iconogra- 
phique utilisé par Bourdichon. De part et d'autre, même attitude 
générale; même direction de la tête et du corps; même emploi, 
pour la coiffure, d'une couronne d'or à fleurons, sous le nimbe, 
posée sur la chevelure dorée qui, après avoir encadré le visage, 
retombe sur les épaules f^'; même forme de corsage, échancré sur 
les flancs et largement bordé d'hermine. 

M. Emile Mâle a retrouvé une réplique de la même figure de 
sainte Catherine dans un des plus splendides manuscrits de la 
Bibliothèque nationale, les Heures d'Aragon (ms, latin io532); et 
au cours d'une étude très fine et très concluante publiée en 1902 
dans la Gazette des Beaux-Arts , il a démontré que les peintures de 
ces Heures d'Aragon, qui ont longtemps passé pour une création 
italienne, devaient être restituées au peintre des Grandes Heures de 
la reine Amie de Bretagne , c'est-à-dire à Jean Bourdichon ^^'. 

Ainsi donc la miniature de M. Pasquier nous montre un modèle 
qui fut familier à l'atelier éminemment tourangeau dont Bourdi- 

(') Je reproduis ici les expressions mêmes dont s'est servi M. Pasquier pour sa 
description. 

'^) Emile Mâle, Trois œuvres nouvelles de Jean Bourdichon, dans la Gazette des 
Beaux-Arts, 1909, t. I, p. i85-2o3 (pour les deux répliques de l'image de sainte 
Catlierine, isolée et debout, voir, dans ce travail, les pages 190 et 191 ). 



Bulletin Archéologique, 1916. 



PI. II, p. 9. 




INSCRIPTION RO.\L\INÉ 
trouvée à Narbonne. 



— 9 — 

chon a été le chef. Faudrait-ii aUer plus loin et croire que nous 
avons là une production de cet atelier même? Sur ce point, il con- 
vient d'être excessivement prudent, d'autant que, comme je l'ai 
dit, je n'ai pas vu l'original, et que j'ignore par conséquent un 
des éléments essentiels pour oser proposer une attribution, je veux 
dire la nature de la gamme du coloris. 

Ce que je me contenterai de retenir, c'est l'appui que la compa- 
raison de la miniature en question avec des peintures de Bourdi- 
chon apporte à l'opinion de M. Stein sur l'apparence tourangelle du 
morceau, opinion déjà si forte en elle-même par la compétence de 
son auteur. 

En résumé, nous arrivons aux conclusions suivantes en ce qui 
concerne les divers problèmes posés par le travail de M. Félix Pas- 
quier. Le fragment de feuillet publié par lui sur la planche XLVllI 
du Bulletin archéologique de 191 4, et qui peut dater de la fin du 
XY* siècle ou des quinze ou vingt premières années du xvi", a été 
exécuté en Touraine, ou dans un pays très voisin de la Touraine. 
Il constitue le début d'un exercice de dévotion, sous forme d'heures, 
envers sainte Catherine. Enfin la place d'un pareil texte se trouve- 
rait être le plus naturellement dans un livre d'Heures tel que ceux 
qu'on a exécutés par quantités en France, non seulement pour les 
princes, les prélats, les grands seigneurs, mais aussi pour des des- 
tinataires de situation plus modeste, pour des fonctionnaires muni- 
cipaux, pour des agents royaux de rang inférieur, pour des mar- 
chands ou des industriels,- voire pour de simples bourgeois, lorsque 
ceux-ci se trouvaient être en état et en humeur d'en payer le prix 
d'achat. 

Paul DORRIEU, 

Membre du Comité. 



FRAGMENT D'INSCRIPTION 

TROUVÉ 

À NARBONNE. 



RAPPORT 

SUR 
UNE COMMUNICATION DE M. H. ROUZAUI), 

Correspondaut du Ministère, 

PAR M. HÉRON DE VILLEFOSSE, 

Membre du Comité. 



M. H. Rouzaud, ancien député, percepteur à Norbonne et 
correspondant du Comité d'archéologie, qui a poursuivi avec un 
inlassable dévouement les fouilles importantes de Montlaurès, n'a 
cessé depuis plusieurs années de me tenir au courant de ce qui 
se découvre dans la vieille cité romaine où il exerce actuellement 
ses fonctions. Je saisis celte occasion pour le remercier encore 
une fois de son empressement et des services qu'il rend à nos tra- 
vaux t^'. 

Il y a deux ans, M. Rouzaud me signalait le fragment d'une 
inscription grecque, gravée par les soins de deux médecins de 

(') Voir Bulletin archéologique du Comité, 1907, p. cxli; 1908, p. lxxi; 
1912, p. LV. 



— M — 

NarboDne sur la base d'un buste de rempereur Anionin-''. Dans 
son intégrité, rinscription se composait évidemment de cinq lignes 
dont il ne reste plus aujourd'hui que la partie centrale, le commen- 
cement et la lin de chaque ligne étant brisés C'est dans cet étal que 
ce fragment de base, très anciennement utilisé dans une construc- 
tion, fut recueilli, au mois d'avril 191 A, sur le territoire de la 
commune de Narbonne. 

Le buste impérial ne fut pas retrouvé. Il est difficile de dire s'il 
était placé dans un édifice public ou s'il ornait la demeure d'un 
particulier -', mais on ne saurait être surpris que deux médecins 
narbonnais aient honoré par un témoignage public un prince ori- 
ginaire de Nîmes, qui montra toujours une grande bienveillance à 
sa province natale. On sait que sous son règne un violent incendie 
ayant réduit en cendres une grande partie du chef-lieu de la Nar- 
bonnaise, Antonin fit rétablir à ses frais plusieurs édifices, notam- 
ment les thermes et les différentes constructions qui en dépen- 
daient : c'est ce que nous apprend une inscription de Narbonne, 
restituée par L. Renier '^*. 

En communiquant à l'Académie, le 2/1 avril 191^, le fragment 
dont je viens de parler, je faisais remarquer que jusqu'à ce jour on 
n'avait encore recueilli dans celte ville aucune inscription grecque 
lemontant à la brillante période du haut empire; tituhis graece 
scriptus nuUus reperhis est. écrivait Hirschfeld en 1888, dans le 
commentaire qui précède le chapitre du Corpus consacré aux 
inscriptions de Narbonne (*^ On peut être assuré maintenant qu'on 
en rencontrera. 

A cette première remarque on peut enjoindre une seconde, c'est 
que tous les médecins narbonnais dont lépigraphie nous a conservé 
les noms sont des affranchis, que trois d'entre eux portent des noms 

t'^ Comptes rendus de l'Académie des Inscr., 191^, p. aao-aaG: cf.ibid., 1908, 
p. 359 et 809, donation de la famille Fadia; p. ^98, monument funéraire du 
meunier M. Careius Asisabisio. 

'•-'> On est cependant porté à rapprocher cette inscription d'une autre plus 
anciennement connue, se composant aussi de quatre ou cinq lignes mutilées qui 
paraissent appartenir à une dédicace , gravée au-dessous d'un buste de Faustine , 
femme d'Antonin, Corp. inscr. lat., t. XII, n° 43^3. Naturellement on peut supposer 
que les deux bustes proviennent d'un sanctuaire consacré à la domus divina. 

<'' Corp. inscr. lat., t. XII, if li'dli-i; voir aussi AUmer, Revue éptgr. du midi de 
la Gaule, t. I, p. 108. 

W Corp. inscr. lat., t. XII, p. 52i. 




— 12 — 

grecs transcrits en caractères latins, et que deux autres figurent 
dans une inscription rédigée en langue grecque. 

Ces médecins sont au nombre de sept : 

1 iius Auctus (^', 

2. Sex. Fadius Sex. [I[ibertus) ] (^J, 

3. Hei^aclides Xsanth(e)rmi l{iberiusY^\ 
h. P. Lucceius Philîni l(ibertns) Menés ^'^^, 

5. L. Pomponius L. l{ibertus) Diodes ^^"i, 

6. [U]oiX7rs7os E C^), 

7. [ïloix]7Fe7os ^op[rovvixTOs]'^''K 

Ces médecins sont vraisemblablement, pour la plupart, origi- 
naires de pays grecs. 

Le nouvel envoi que vient de me faire M. H. Rouzaud se rapporte 
également à une inscription incomplète dont la restitution présente 
quelques difficultés. Le 9 janvier 1916,1! m'en annonçait la décou- 
verte en ces termes : 

Vous trouverez sous ce pli la reproduction photographique d'une 
inscription nouvelle de Narbonne que mon ami M. Armand Bories , ancien 
notaire, a fait exécuter pour vous sur mes indications. 

La pierre, en mollasse coquillière du pays, a beaucoup souffert avant 
d'être mise au jour sur le tracé de notre voie domitienne, à l'arrivée de 
Béziers h Narbonne, au nord-est de la ville. 

C'est dans un jardin potager, à 5o mètres de l'octroi actuel, situé à la 
rencontre des routes de Cuxac et Coursan, qu'elle a été tirée du sol il y a 
environ quatre mois ; mais il est visible qu'elle a été auparavant longtemps 
usée à fleur de terre par les charrois do l'ancienne tuilerie Noyer à laquelle 
appartenait ledit jardin. 

Quel que soit son état actuel et malgré les mutilations que montre très 
bien l'épreuve photographique , je crois voir sur le plat une inscription 
funéraire, dédiée peut-être par nos décurions (1. 6) à un personnage local 
et marquant dont le genlilice était précisément Valerius. 

(•) Corp. inscr. lat., t. XII, n" 4485. 

W Ibid., n» UliSe. 

W Ibid., n" 4487. 

W Ibid.,n'' 4488. 

(5) lbid.,n° 4489. 

("' Comptes rendus de l'Académie des Inscr., 1914, p. 2 9 5. 

'') Ibid., p. 325. Une inscription grecque de Vienne, aujourd'lmi perdue, 
concernait un médecin nommé lovXriavos, cf. Allmer, Inscr. antiques de Vie7me, 
t. m, p. 66. 



— 13 — 

Il subsiste quelques caractères profondément gravés. La photographie, 
pi'ise à boa éclairage et avec la précaution d'un très petit diaphragme, per- 
met de voir ces derniers mieux peut-être que sur la pierre elle-même, etc. 

Ainsi rinscription a été trouvée près de la voie domitienne, à 
l'endroit où cette voie entrait à Narbonne en venant de Béziers. 

Il est évident, en examinant la photographie (pi. II), que la 
pierre ne nous donne qu'une partie de rinscription et que les pre- 
mières lettres de chaque ligne à gauche ont disparu, par suite du 
passage des voitures de transport et du frottement de leurs roues 
sur la pierre ; des lettres sont littéralement e'crasées : il en reste 
toutefois de faibles traces aux lignes 2 et 9. En mouillant cette partie 
usée et en l'étudiant avec attention un jour de belle lumière, peut- 
être arriverait-on à retrouver d'autres indices. C'est aux archéologues 
narbonnais qu'il appartient de faire ces tentatives. Le texte paraît 
appartenir à la lin du nf siècle ou au commencement du Iv^ 

Dans son état actuel, la pierre mesure 1 m. 10 de hauteur; sa 
largeur est de o m. 70. 

M. F. P. Thiers, conservateur du Musée arche'ologique de 
Narbonne, qui avait eu l'occasion d'examiner cette pierre Télé 
dernier chez M. Bories, a su par ce dernier que j'en avais reçu la 
photographie. Très aimablement, il m'a fait part de quelques obser- 
vations dont j'ai profité, notamment pour la lecture de la seconde 
assez embarrassante, si Ton s'en tient à ce qu'on peut voir 
sur la photographie. Au lieu d'un C que j'avais cru lire, M. Thiers 
affirme qu'il faut y voir un X de forme décadente dont il ne reste 
que les crochets de droite. 

..ml ERIC 
max C I M O 
aed. COLON 
narb • M A R T 
5 ... C E R 
... lONESES 
... RES-VTR 
... -A Q_V E 
... T V • E T 
10 ... N T A T E 



— \à — 

Les lettres de la première ligne sont plus hautes que celles des 
lignes suivantes; elles mesurent om. lo. La gentilice du de'funt s'y 
reconnaît clairement. La gens Valeria est déjà représentée à Nar- 
bonne par une se'rie d'autres épitaphes^^^. 

A la ligne 2 se lit le cognomen [Max]mo. 

Aux lignes 3 et /j , la hauteur des lettres n'est plus que de m. 06. 
Les mots de ces deux lignes s'accordent bien entre eux; ils appar- 
tiennent aux noms de la colonie de Narbonne et appellent néces- 
sairement devant eux un qualificatif indiquant la fonction exercée 
dans la colonie par le défunt. 

Les lignes suivantes me paraissent beaucoup moins faciles à com- 
pléter. A la ligne 8, M. Thiers lit AQVAE et propose de transcrire 
aquae[duc]tu. H se peut qu'il ait raison et qu'il y ail là une mention 
d'un aqueduc. 

J'avais pensé tout d'abord que les lettres TV de la ligne 9 étaient 
un reste du mot arbitratu qui appartient à une formule finale, cou- 
rante dans les inscriptions funéraires de Béziers et de Narbonne. 
Mais le mot arbitratu, dans les exemples parvenus jlisqu'à nous, est 
toujours immédiatement suivi d'un ou de deux noms d'homme ou 
de femme, les noms des personnes qui ont ordonné de graver le 
texte. Ainsi on relève dans les inscriptions de Béziers : 

arbitratu . . . Erotis et L. Murranii '^^ . . . , 
arbitratu Attiae . . . '^' , 
arbitratu. ..(*),. 
arbitratu C. Gresii^^\ 

A Narbonne, les exemples sont encore plus nombreux : 

arbitratu L. Tre. . . cor7iicularii^^^ , 
[arbitratu] Zenonis liberti C') , 
arbitratu. . . ^^^ 

'') Corp. inscr. lat., t. XII, n" 5i8i à 52o5-, cf. addit, 

W Ibid., n" Û273. 

W Ibid., n" 4a83. 

W /6,d.,n° 43 10. 

'') Audollent, Bull, de la Soc. des Antiq. de France, 1912, p. 2/3. 

(*) Corp. inscr. ht., t. Xll, n" 4369. 

C) Ibid.,n' 4371. 

W Ibid., n" 4373. 



I 



- 15 — 

arbitratu Communis (') , 

arbitratu Insequentis (?) (^' , 

arbitratu C. ^umïtorii. . . ^^^ 

arbitratu S. . J'^\ 

arbitratu . . . ^^), 

arbitratu Eubuli contubemalis '^) , 

arbitratu L. V.. . . ^'^ , 

arbitratu [Victo]nni liberti^^\ 

arbitratu . . . is libertae '^^ , 

arbitratu. . . (»"), 

arbitratu Venustae uxoris ineae'^^^K 

Ici la conjonction et, placée à la 6n de la ligne 9, indique que 
le mot terminé par tu était lié à un autre. Il faut donc renoncer 
à celte hypothèse, car on ne relève aucun exemple de cette for- 
mule avec la conjonction et reliant le mot arbitratu à une autre 
expression de même nature. 

Les difficultés qu'on éprouve h compléter cette inscription font 
regretter sa mutilation. Elle est d'ailleurs assez mal gravée, sur une 
pierre ingrate et de mauvaise qualité. Le texte paraît mutilé dans 
le bas : peut-être comportait-il encore une ou plusieurs lignes au- 
jourd'hui disparues? 

M. Armand Bories, dont la verte vieillesse ne reste pas inactive, 
recueille avec un soin jaloux les documents épigraphiques inté- 
ressant l'histoire de Narbonne. C'est aussi dans sa collection que se 
trouve aujourd'hui conservé un fragment d'inscription particulière- 
ment précieux. On sait qu'il ue reste à Narbonne aucune trace du 
théâtre romain : soit dans la ville, soit dans les environs, on n'a 



4496. 



l>) Corp. inscr. lat. 


t. XII, Add. ad u' 


W Ibid., n° 4593. 




P) 7W.,n»4648. 




W Ibid., n" 465 1. 




W lbid.,n° 4989. 




W Ibid.,!!" 5oi8. 




<7) Ibid., a" 5177. 




W lbid.,n'' 53 1 5. 




W lbid.,n'' 53 16. 




C") Ibid., n- 5317. 




(") Ibid-^n" 5979. 





- 16 — 

jamais pu relever le rooindre indice permettant de fixer l'empla- 
cement de cet édifice qui devait, à coup sûr, être un des plus beaux 
théâtres de la Gaule. Sidoine Apollinaire, énumérant tout ce qui, 
de son temps, entre U6o et h66, contribuait encore au charme et 
à Tagrément de la ville de Narbonne, ne manque pas de le citer 
dans ces vers bien connus : 

Salve, Narbojmtens, salubritate , 
urbe et rtire shnul bonus videri, 
mûris, civibus, ambitu, tabernis, 
portis , forticibus , foro , theatro , 
delubris, capitoliis, monetis, 
ihermis, arcubus, horreis, macellis, 
pratis , fontibus , insulis, salinis, 
stagnis , Jlumine , merce , ponte , ponio'^K 

Or M. Bories possède un débris d'inscription qui, tout incomplet 
qu'il soit, constitue cependant le seul titre authentique connu jus- 
qu'à ce jour oii l'on ait retrouvé une mention de ce théâtre. Ce 
débris appartient à la partie inférieure droite d'une tablette de 
marbre, entourée d'un encadrement. On y lit encore : 

[ ... et (i\mplms . . . [signum] argent[eum\ . . . [et]aeneos . . . [ad t]heatri 
or[natîonem] . . . sestertium un millia dédit ^^\ 

On peut, il est vrai, aussi bien restituer [amphitlheatri^^K Mais 

(1) 6«me«,XXni, V. 87. 

'•^'> Corp. inscr. lat., t. XII, n° Zii45; cf. Allmer, Revue épigraphique du midi de 
la France, 1. 1, p. 82 5, cf. 358. — La grande inscription du podium de l'amphi- 
théâtre d'Arles nous apprend que Junius Priscus avait donné, entre autres choses, 
pour rehausser la splendeur de ce monument, une statue d'argent de Neptune et 
des statues de hronzç,... et signum Nept[uni a]rgenteum. . , iv ae]nea s[igiia], 
cf. Coi-p. inscr. lat., t. XII, n° 697. Comme on le voit, U y a là un rapprochement 
à faire avec le fragment de Narbonne conservé dans la collection Bories , qui men- 
tionne également une statue d'argent, évidemment la statue d'une divinité dont 
le nom manque , et aussi des ornements de bronze dont nous ignorons la nature. 

(^) Dans les Mémoires de la Société archéologique du midi de la France , t. IV, p. ko 1 
et suiv. , a été insérée une lettre du chevalier Alexandre du Mège au marquis de 
Castellane, ayant pour titre : Sur l'amphithéâtre de Narbonne, avec un plan. Il s'agit 
sans aucun doute du monument mentionné dans les anciens procès-verbaux de la 
Commission archéologique de Narbonne (1 833-1 889) qui viennent d'être publiés 
( Bull, de la Comm. archéol. de Narbonne, 1916,1. XIII , p. 553 et suiv. ). Ces procès- 
verbaux mentionnent en octobre i838 «la découverte, récemment faite dans une 



- 17 — 

qu'il s'agisse du ihéâtre ou de l'amphithéâtre, ce fragment méritait 
d'être tiré de l'oubli. On en doit la conservation à M. Bories. Nous 
devons l'en remercier et souhaiter qu'il donne encore pendant de 
longues années l'exemple contagieux d'un zèle archéologique admi- 
rable et d'une ardeur toujours nouvelle, en continuant à recueillir, 
afin de les sauver de la destruction, les vestiges du glorieux passé 
de Narbonne. 

Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 



luzeniière, d'un ancien monument qui figure un amphitliéàtren. Un plan levé par 
M. Castanier et un rapport rédigé par M. Cabanel furent envoyés en juillet iS-Sg 
au Ministre de l'Intérieur. Notre collègue ^I. Henri Stein a bien voulu, sur ma 
demande, rechercher aux Archives nationales ce plan et ce rapport; ses recherches 
ont été vaines. On regrette le laconisme dos procès-verbaux, qui n'indiquent pas 
même i' endroit exact de ta découverte. Heureusement Du Mège est plus explicite. 
«Les ruines, dit-il, dont je joins le plan à celte lettre ont été découvertes au 
levant et en dehors des remparts actuels; elles touchent en quelque sorte au che- 
min de Narbonne à Gruissan. Elles forment une ellipse dont le grand axe aurait 
70 mètres de long, et le petit 46 mètres 60 ceuliuiètres.n II ajoute, un peu plus 
loin, que ces mesures ont été prises à l'aplomb du parement du podium. La lon- 
gueur du grand axe , prise au dehors du parement extérieur du monument , était de 
131 m. 60; celle du petit axe, prise dans les mêmes conditions, de 98 m. 60. Le 
de l'édifice, qui accompagne sa lettre, lui avait é!é remis par M. Jules Boilly, 
le le sol formait une prairie artificielle, on n'avait pu reconnaître les diverses 
de maçonnerie que par des sondages. 



.illCHÉOLOGIli. — S" 1, 



UN GROUPE 

DE 

DEUX DIVINITÉS ASSISES 

TROUVÉ À NEVERS. 



RAPPORT 

SUR 
UNE COMMUNICATION DE M. CORNUDET, 

PAR M. IIKRON DE VILLEFOSSE, 
Membre du Comité. 



M. Coruudet, demeurant à Paris, rue du Prd-aux-Clercs, n" 16, 
m'a fait parvenir la photographie d'un groupe en pierre de l'époque 
romaine et m'a prié d'appeler raltenlion du Comité d'archéologie 
sur ce monument qui lui appartient. La photographie est très nette: 
elle permet d'étudier utilement celte curieuse sculpture dont elle 
rend les détails aussi exactement que possible. 

Trouvé à Nevcrs lors de la démolition de l'hôtel de la marquise 
de Remigny, ce groupe encore inédit a été transporté à Juily (Saône- 
et-Loire) dans une propriété de M. Cornudot, Ses dimensions ne 
me sont pas connues, mais elles ne doivent pas s'éloigner sensible- 
ment de celles d'autres groupes analogues dont on a déjà cherché 
à établir la série en se basant sur certaines particularités qui leur 
sont propres (pi. lll). 



Bulletin archéologique, igifi. 



PI. III, p. 18. 




DIVINITÉS ASSISES. 

GROUPE DE PIERRE 

TROUVÉ À NEVERS. 



— 19 — 

Deux de nos collègues, MM. le commandant Espérandieut'' et 
J, Toutainf'-', les ont étudiés d'une manière très profitable. Ces 
groujïes se composent tous d'un dieu et d'une déesse, plus ou moins 
drapes, assis côle à côte sur le même siège, portant chacun des 
attributs caractéristiques. Ils oot été recueillis surtout dans la région 
éduenne et , par extension , sur les territoires voisins des Lingons , des 
Sénons et des Bituriges. De dimensions médiocres, ils se rencontrent 
toujours à l'étal isolé, comme Ta démontré M. Toutain, et dans des 
constructions romaines qui n'appartiennent pas à des sanctuaires 
publics, mais à des habitations privées. Aucun de ces groupes ne 
porte d'inscription. 

On en compte environ une quarantaine. Plus de vingt pro- 
viennent de localités importantes comme Autun, Entrains, Alise- 
Sainte-Reine et Auxerre. La ville de Néris et les ruines de \ertauit 
en ont fourni chacun deux spécimens ; les autres exemplaires ont 
été recueillis à Jouey, Meloisey, Chalon, Bazarnes, Dijon, Malain et 
Mirebeau. Je ne peux pas tenir compte du groupe de Vitteaux^^^, 
donné au Musée de Saint-Germain par M. Beaune, parce que je 
le considère comme un monument faux. Sa technique suffirait à le 
faire condamner; le faussaire s'est d'ailleurs trahi lui-même eu 
plaçant la déesse à la gauche du dieu, au lieu de la mettre à sa 
droite, position quelle occupe constamment sur tous les autres 
groupes de la série. Aucun exemplaire provenant de Nevers n'avait 
été signalé jusqu'à ce jour. 

La plupart de ces groupes ont beaucoup souffert et subi de 
notables outrages. Sur dix-huit d'entre eux, les deux personnages 
divins sont décapités; sur deux, la tête du dieu a disparu; sur deux 
autres, c'est celle de la déesse qui manque. Souvent les attributs 
sont fort abîmés ou devenus méconnaissables; quelquefois ils ont 
été brisés ainsi que les bras, les jambes ou les pieds. Il est inulile 
d'entrer dans le détail des accidents survenus à chacun d'eux : 

'*' Le commandant Espérandieu les a tous reproduits et décrits, en y joignant 
une biWlograpbie abondante, dans son Recueil général de» bas-reliefs, statues et 
bustes de la Gaule romaine, li en a donné un tableau instructif dans une note 
intitulée : Groupe eduen du dieu et de la déesse assis , note publiée dans le Bulletin 
des fouilles d'Alise, t. I, fasc. 2 , p. 87-^3. 

^*J M. J. Toutain a traité la question dans son mémoire intitulé : Les divinités 
domestiques du pays des Eduens , publtc; dans le Bulletin archéologique du Comité, 
1914, p. 4o8-4ai. 

'^i Espérandieu, Recueil. . . , n 2334. 



— 20 — 

ce que je viens de dire suffit à montrer que nous possédons peu 
d'exemplaires en bon état, de sorte que l'étude de ces monuments 
est parfois assez délicate à cause de la défectuosité des matériaux 
parvenus jusqu'à nous. 

La conservation exceptionnelle du groupe de Nevers lai donne 
donc un intérêt particulier. Le dieu est assis sur le même siège que la 
déesse, placée comme toujours à sa droite. Une abondante cheve- 
lure entoure son front, cache ses oreilles et retombe en arrière sur 
le cou; une barbe épaisse couvre le bas de son visage, laissant 
pourtant la bouche dégagée et les lèvres très visibles. Il est vêtu 
d'une blouse qui s'arrête aux genoux; le manteau, jeté sur le dos, 
recouvre en partie la poitrine et semble fixé sur l'épaule droite; 
un de ses pans passe sur l'avant-bras gauche et vient retomber sur 
le siège. Dans sa main droite ouverte et légèrement avancée à la 
hauteur des pectoraux est placé, bien en évidence, un petit vase 
sans anses, à panse arrondie, une oUa; sa main gauche abaissée 
soutient une patère inclinée sur sa cuisse et paraissant contenir des 
fruits ou des gâteaux (?). Les jambes sont nues ; il ne reste aucune 
trace des pieds, qui ont été brisés. Ce dieu calme, tranquille, dont 
le visage est empreint d'une certaine majesté, respire à la fois la 
force et la bienveillance; sa tête domine celle de sa compagne, du 
côté de laquelle il est tourné presque de trois quarts ; ses formes 
viriles forment un contraste frappant avec les formes frêles el déli- 
cates de la déesse. 

Celle-ci est représentée de face, la tête légèrement inclinée du 
côté du dieu. Sa chevelure ondulée, divisée en deux bandeaux au 
milieu du front, est surmontée d'une sorte de polos; ce n'est cer- 
tainement pas une tour, ni un modius. Vêtue d'une robe longue, 
serrée au-dessous des seins et descendant jusqu'aux pieds, elle porle 
un manteau qui couvre ses bras et ses épaules, puis vient retomber 
en avant sur la partie inférieure du corps et sur les jambes. Ses 
attributs ne sont pas très nets : dans la main droite, c'est vraisem- 
blablement une patère; dans la main gauche, un objet arrondi 
qu'on peut considérer comme une bourse. Le menton est endom- 
magé par une éraflure ; les pieds sont brisés comme ceux du dieu. 

On voit que le groupe de Nevers nous est arrivé presque intact. 
Son exécution est vraiment supérieure à celle de tous les autres 
groupes que nous cotinaissons. A chacun des^ personnages divins le 
sculpteur a donné une physionomie naturelle et en même temps 



— 21 — 

1res porsonnelle; ils ont uno allilude aisée, simple el bienveillante. 
Rien n'est forcé dans leurs poses ; leurs gestes sont calmes comme 
leurs pensées. On les contemple avec le sentiment que ce sout des 
dieux indulgents et bons, prêts à secourir ceux qui se mettent sous 
leur protection, à accueillir les prières et à exaucer les vœux de 
ceux qui les invoquent. Leurs attributs ont trait à la fécondité du 
sol, à la prospérité de la maison, à l'abondance, à la richesse, 
comme ceux qui ont été observés entre les mains des autres couples 
divins de la région éduenne. 

Dans la série dont j'ai parlé plus haut, M. J. Toutain a distingué 
avec raison et mis à part deux groupes provenant, l'un d'Autun^^^ 
l'autre d'Alise (-1 Sur l'un et l'autre , le dieu est figuré imberbe et 
presque nu ; sur le premier, il porte les attributs de Mercure; sur 
le second , ceux de Mars. On peut joindre à ces deux groupes un 
troisième exemplaire conservé au musée de Châtillon et provenant 
des fouilles de Vertault^^^. Là encore, le dieu apparaît imberbe et 
tient un attribut bizarre, difficile à déterminer. 11 se différencie 
cependant des précédents par le costume : c'est une blouse courte 
serrée à la taille et un manteau flottant, agrafé sur l'épaule droite, 
costume analogue à celui des dieux du type barbu. Combien pou- 
vait-il y avoir d'autres dieux imberbes dans les vingt groupes déca- 
pite's? C'est ce que nous ignorons, mais on peut croire pourtant 
qu'il devait bien s'en trouver quelques-uns. 

Le hasard de la distribution des images dans le Recueil du com- 
mandant Espérandieu a fait placer l'un en regard de l'autre deux 
groupes découverts sur le Mont-Auxois, le premier en i8o3, le 
second en i83^; la comparaison en est instructive t*l Chacun des 
couples est assis sur une banquette; les déesses tiennent, l'une et 
l'autre, une corne d'abondance remplie de fruits: mais ce sont vrai- 
ment les seuls points de parenté. Pour le dieu aussi bien que pour la 
déesse, il n'y a aucun autre rapprochement utile à faire; les couples 
sont aussi dissemblables que possible. Le dieu imberbe — c'est 
celui que l'on a identifié avec Mars à cause de la lance qu'il tient de 
la main gauche — n'a ni l'aspect, ni le costume, ni les attributs 
du dieu barbu : il ne présente aucune ressemblance avec lui. Quant 

O Espérandieu, Recueil. . ., n° i836. 

'*) Idem, ibid., n" 2348. 

W Idem, ibid., n» 3384. 

(*' Idem, ibid., n"' aSiy et 9348. 



— 22 — 

à sa compagne à l'air dégagé, au corsage (ombant, à la chevelure 
flottante et répandue sur les épaules, son attitude ne s'accorde 
guère avec le maintien tranquille et réservé de la déesse coiffée du 
polos. 

Mais si le groupe découvert en i8o3 sur le Mont-Auxois ne res- 
semble pas à celui qui fut trouvé sur le même point en 1 83 4, il 
offre en revanche une parenté absolument frappante avec le groupe 
de Nevers. Leur attribution à la même série ne peut faire aucun 
doute; elle s'impose en les regardant. Tous deux dérivent d'un 
type commun bien caractérisé. Ils ne sont pas servilement copiés 
sur le même modèle, les praticiens ayant usé d'une certaine liberté 
dans l'exécution et dans l'interprétation des figures, mais ce sont 
bien les images des mêmes divinités qu'ils nous donnent. Et comme 
ce sont en même temps les mieux conservés de tous ces groupes, ils 
acquièrent ainsi une valeur spéciale pour constituer une tête de 
série. La physionomie du dieu barbu rappelle beaucoup celle du 
dieu au maillet, dont les images se retrouvent dans toute la Gaule 
et dont les attributs ordinaires sont le petit vase rond sans anses et 
le maillet. Or le dieu barbu d'Alise s'appuie sur un maillet, et le 
dieu de Nevers tient une oîla. 

La communication de M. Cornudet nous apporte donc un docu- 
ment nouveau et plein d'intérêt pour l'étude d'une importante 
question de mythologie gauloise. Le. Comité me permettra de lui 
exprimer ici des remerciements auxquels je crois pouvoir joindre des 
félicitations en raison du zèle qu'il a mis à recueillir le groupe de 
Nevers et de l'empressement avec lequel il a bien voulu nous le l\\ire 
connaître. 

Héron de Villepossb, 

Membre du Comité. 



Bulletin Archéologique, 1916. 



PI. IV. p 22. 








INTAILLES ANTIQUES 
trouvées en Tunisie. 



Imp. Calala frères - Paris 



CINQ 
INTAILLES ANTIQUES. 



RAPPORT 

SUB 

UNE COMMUNICATION DE M. JULES RENAULT, 

PAR M. BABELON, 

Membre du Comité. 



M. Renault nous a fait parvenir les empreintes de cinq pierres 
gravées qu'il a pu acquérir. Quelques-unes sont intéressantes, ôt 
l'une d'elles mériterail une élude très attentive (pi. IV). 

1. Sur la cornaline n° i, où M. Jules Renault voit une Ménade 
debout tenant une lyre et s appuyant sur un thyrse, je crois qu'il 
faut reconnaître une Muse debout, tenant la lyre delà main gauche 
et s'accoudant du bras gauche sur une colonnelte; la main gauche 
levée à la hauteur de la tète est censée tenir le plectre. On peut 
comparer, au sujet de cette intaille de basse époque et de style 
vulgaire, les types de plusieurs des deniers frappés par Q. Pompo- 
nius Musa, vers Tan 6^ avant J.-C; on verra que Calliope, Erato et 
Terpsichore ont une attitude assez voisine et ont aussi la lyre comme 
attribut principal. 



— n — 

2. Sur le n" 9, le jeune homme qui porte une corne d'abon- 
dance est dans l'attitude et avec l'attribut du Genius populi romani, 
si fréquent sur les monnaies des m'' et iv® siècles. La main droite 
du personnage ramene'e vers la bouche rappelle aussi les représen- 
tations ordinaires d'Harpocrate. 

3. Sur le n* 3, où M. Renault propose un rapprochemejit avec 
les représentations chrétiennes de la colombe eucharistique, je pense 
qu'il faut reconnaître simplement un sujet de fantaisie, du iif siècle 
de notre ère : une vasque côtelée et munie d'une anse, au-dessus de 
laquelle est posée une colombe ; au-dessous de la vasque un dau- 
phin entre un poisson et une espèce de squille ou d'anguille. 

4. Jupiter à demi nu, assis à gauche, les jambes drapées, s'ap- 
puyant de la main gauche sur son sceptre et tenant de la main 
droite une patère; le trône est sans dossier. Devant le dieu, l'aigle 
dressant la tête; à l'entour, les sept étoiles du Septentrion {septem 
triones). Bon style romain. 

5. La cinquième intaille offre un sujet beaucoup plus original et 
qui demanderait un examen spécial. Elle représente une divinité 
assise de face sur un trône, accostée de deux adorants. Cette divinité 
est-elle masculine ou féminine? Je n'ose me prononcer. Elle est 
entièrement drapée, et les seins, si c'est une femme, ne sont pas 
accentués; aucune ceinture ne retient la tunique autour des hanches. 
Je ne crois pas que le personnage soit barbu. Sa tête est entourée 
d'un long voile qui descend de chaque côté sur les épaules. Les 
deux bras sont disposés symétriquement de chaque côté et écartés 
du corps. Le dieu ou la déesse donne à baiser le dos de chacune 
de ses mains à deux éphèbes qui sont debout de chaque côté du 
trône. Ces deux petits personnages sont entièrement nus, les mains 
abaissées, saus attribut. 

, Telle est la description matérielle de cette très intéressante in- 
taille dont la gravure ne me paraît pas antérieure au ii® siècl^ de 
notre ère. 

On peut en rapprocher diverses représentations de divinités telles 
que Gybèle, Déméter, l'Artémis d'Ephèse ou de Perga, l'Astarté sy- 
rienne, qu'on trouve figurées sur des monnaies, notamment celles 
d'Hiéropolis de Syrie, ou sur des pierres gravées, généralement la 



— 25 — 

tète couverte d'un long voile, la poitrine ornée de somptueux col- 
liers. Le temps m'a manqué pour pousser plus avant ces compa- 
raisons et les préciser dans le détail. Mais je dois dire que, ni sur 
les monnaies grecques et orientales, ni sur aucune gemme gravée, je 
ne connais une divinité comme celle-ci , assise sur un trône et donnant 
ses mains à baiser à deux jeunes adorants. C'est évidemment dans les 
religions syriennes et les mythes orientaux qu'il faut chercher l'ori- 
gine et l'interprétation de celte scène d'un intérêt archéologique 
tout particulier. 

E. Babelon, 

Membre du Comité. 



OUTIL DE FER 

ÉNIGMATIQUE 

TROUVÉ PRÈS DE VERNON 

(EURE), 

PAR M. GEORGES POULAIN. 



Le hameau de Montigny, communes de Vernon et de Sainl- 
Marcei, Lâti sur la pente d'un coteau de la rive gauche de la Seine, 
est arrosé par un ruisseau dont la source abondante surgit à environ 
70 mètres d'altitude. L'eau de cette source, riche eu carbonate de 
chaux, a déposé lentement sur la pente une couche de sable qui 
atteint, à la base, une grande épaisseur. 

En 1908, j'ai trouvé dans ce sable des haches de silex de 
l'époque acheuléenne, preuve que ce dépôt s'est formé pendant le 
pléistocène. 

A environ 100 mètres de la source, en descendant la colline, un 
propriétaire, M. Dumesnil, ouvrant une fosse à l'effet d'en extraire 
du sable, a rencontré à o m. 80 de profondeur, sous une épaisse 
couche d'humus, mais engagé dans un sable mélangé de terre noi- 
râtre, l'objet reproduit ci -dessous (Gg. 1). Cinquante centimètres 
plus bas, il a ramassé des tessons de poterie faite à la main, accom- 
pagnés de charbons. Je suppose que cette poterie est néolithique, 
sans toutefois être affirmatif. 

Appelé immédiatement par ce propriétaire, qui m'a offert tous 



— 27 — 

ces objets, j'ai pu constater Tcxactitude de ses constatations strati- 
graphiques. 

L'instrument de fer pourrail être un soc de charrue de l'époque 
de La Tène III; il mesure o m. 97 de long sur om. 9o5, avec bords 
minces, coupants et léger renflement au milieu. On doit, en effet, 
le rapprocher d'un instrument de même forme trouvé à Stradonilz 




Oulil de fer trouvé près de Vemon 
(Eure). 



Fig. 3. — Outil de fer 
provenant de Stradonitz ( Bohême ) , 
d'après Décheiette. 



(Bohême) (fig. 2) et dans lequel J. Décheiette (^', de regrettée mé- 
moire, a reconnu un soc de charrue; l'un et l'autre instruments 



(') J. Décheiette, Archéologie celtique {gecond âge dujer), t. II, p. i38o. — 
Le regretté Décheiette appuie sa détermination sur ta ressemblance du soc de 
Stradonitz avec «ceiui d'une charrue grecque figurée à la base d'une statue 
de Cérès dans la presqu'île de Magnésien. D'autre part, un de mes collègues de 
la Société normande d'études préhistoriques, M. Olivier Costa de Beauregard, a, 
dans la séance de celte Société tenue à Rouen le 19 décembre 191 5, émis une 
hypothèse que je crois bon de rappeler : ce ne serait pas un soc, mais un fer 
de bêche du moyen âge. Au musée d'Abbeville sont exposés plusieurs objets 
similaires, trouvés dans une tourbière des environs de cette ville. A l'appui de sa 
thèse, ce savant rappelle la représentation, dans quelques églises, de saints per- 
sonnages (saint Fiacre, par exemple) appuyés sur une bêche de même forme. 
L'échancrure , alors, aurait servi à lenchàssement d'une palette de bois faisant 
corps avec le manche. J'insiste sur l'ancienneté du niveau où gisait l'instrument 
de Montigny et son voisinage d'une couche contenant de la poterie gi'ossière, à 
facie» néolithique. 



— 28 — 

présentent une échancrure avec feuillure pour remmancliement 
du sep. 

J. Déchelette ne signale, dans son savant ouvrage, aucune trou- 
vaille de ce genre en Gaule. Par contre, on a trouvé des socs 
de charrue de même époque à Idria près Baca, comté de Goritz 
(Autriche), à Korner en Thuringe, en Saxe et à Stradonitz. 

Georges Poulain. 



SÉPULTURES GAULOISES 



ET 



PUITS FUNÉRAIRE GALLO-ROMAIN 
DÉCOUVERTS À AMIENS 



PAR M. V. COMMOîiT, 
Correspondant du Ministère. 



Afin d'occuper les ouvriers sans travail, des travaux de terras- 
sement pour la création d'un nouveau boulevard ont été effectués, 
au cours de l'hiver et du printemps 1910, parla municipalité, sur 
l'initiative de M. Fiquet, sénateur, maire d'Amiens. 

En visitant ces terrassements, nous y avons découvert, sur le 
terrain entamé par la pioche des ouvriers et dans les champs avoi- 
sinauts, une nécropole gauloise et gallo-romaine qai a été fouillée 
partiellement de juin à août, avec le concours de la municipalité 
et de la Société des Antiquaires de Picardie. 

Les fouilles effectuées jusqu'à ce jour ont mis à découvert des 
sépultures par incinération gauloises, des tranchées ou couloirs 
funéraires et un énorme puits funéraire gallo-romain. 

Sépultures par incinération. — Dix petites fosses carrées de 1 mètre 
à 1 m. 25 de côté, dont les parois sont orientées Nord, Sud, Est, 
Ouest, ont été creusées dans la craie à des profondeurs variant 
de o m. 3o à G m. 5o; elles sont recouvertes d'une couche de terre 
végétale de o m. 5o à o m, 60 d'épaisseur, le fond se trouvant 
ainsi à 1 mètre ou 1 m. 1 du sol actuel. 

Leur remplissage identique a été fait avec de la terre noire 



— 30 .- 

mêlée de craie. Leur mobilier, très pauvre, se compose de tessons de 
polerie primitive à allinités néolithiques : pâte grossière mêlée 
de silex et de craie, peu cuile, noire ou rougeâtre, parfois lustrée 
et faite au tour. Les vases, de moyenne grandeur (o m. 20 à 

m. 3o de diamètre), ont, au-dessous du col, un décor très fruste 
composé d'incisures triangulaires ou rondes, faites au doigt ou avec 
un morceau de bois. Malgré son aspect très archaïque, je pense 
que cette poterie est de la fin de l'époque gauloise, La Tène II 
ou III. 

Avec ces tessons, j'ai trouvé invariablement des cendres, quel- 
ques charbons de bois, un ou deux morceaux de grès, un petit 
rognon de pyrite de fer, des débris osseux indéterminables et 
des ossements d'animaux domestiques : bœuf, cochon, mouton ou 
chèvre; des percuteurs, parfois un grattoir ou un couteau néoli- 
thique, deux couleaux ou serpettes de fer (extrémité' détruite). 

Je pense que neuf de ces sépultures par incinération sont de 
l'âge des poteries. La dixième, renfermant, outre des tessons gau- 
lois, des débris de grand vase paraissant gallo-romain, serait plus 
récente. 

Le fond de l'une de ces fosses, de plus grandes dimensions, 

1 m. 70 sur 1 m. Zto, était tapissé de fragments d'argile séchée, 
presque cuile, avec empreintes très bien conservées de dayonnage 
de bois. 

Etant donnée la petitesse de ce fond de cabane, j'estime que c'est 
un fond de cabane votive, élevé pour la sépulture d'un personnage 
important, analogue à celles qu'a signalées E. Chantre en Egypte C^. 

Couloirs funéraires. — Autour de ces sépultures, des tranchées, 
se coupant à angle droit, et orientées également Nord, Sud, Est, 
Ouest, avaient été creusées. 

Leur coupe est en V ; la plupart n'ont que 1 mètre à 1 m. 20 
de largeur et 1 mètre de profondeur; comme les petites fosses 
carrées, elles sont creusées dans la craie. Elles sont remplies de 
terre noire et de débris crayeux. Leur fouille a donné des débris 
gallo-romains divers : tessons de poterie, clous, quelques objets 
de fer, fragments de grès, rognons de pyrite, percuteurs et lames 



('' E. Gtianlre, dans Compte rendu du Congrès de l'Association française poi 
^avancement des sciences, 1901. Ajaccio, 1" partie, p. 163. 



31 



néolithiques, charbon de 
bois, ossements d'animaux 
domestiques : une, cheval, 
bœuf, cochon, chien, quel- 
ques défenses de sanglier. 

Quatre squelettes humains 
y ont été mis au jour. 

L'un d'eux (squelette de 
femme) était e'tendu au fond 
d'une tranchée, la tète au 
Sud, les pieds au Nord. Aux 
pieds du squelette on avait 
déposé des fruits comme 
offrande (3/i noyaux de pru- 
nes, 6 de pêches, merises, 
noisettes, e'corces de mar- 
rons), une bille et un beau 
grattoir néolithique. 

Ces couloirs ne sont pas 
antérieurs au ii' siècle, puis- 
qu'ils renferment des tessons 
de poterie samienneet qu'une 
pièce d'argent à l'etligie d'Ha- 
drien (76 à i38) a été trou- 
vée près d'un squelette. 

Puits funéia ire gallo-romain . 
— Auprès de la plus grande 
de ces tranchées, une exca- 
vation circulaire, mesurant 
8 m. 5o de diamètre au ni- 
veau du sol, a été fouillée, 
et on a découvert successive- 
ment un vaste avant-puits ^ 
en forme de tronc de cône 
de 7 mètres de profondeur, 
et un puits carré de 1 m. 10 



de côté et de 36 m. 
profondeur. 



de 



-XX 





Puits funéraire découvert 
à x\iniens (Somme). 



— 32 — 

L'avant-puits était rempli d'une couche de terre noire de 
2 mètres d'e'paisseur , qu'il avait fallu aller chercher fort loin, 
puis de fragments de craie et de terre noire. 

A 2 mètres, sous la terre noire, on a trouvé deux urnes funé- 
raires gallo-romaines entières, mais qui furent brisées parla pioche 
des ouvriers (les vases ont pu être reconstitués), puis deux fibules : 
l'une de bronze, à charnière, de la première époque romaine, et 
l'autre de fer, très fruste; une hache polie brisée, une lampe en 
craie, des percuteurs et broyeurs en silex, des charbons de bois. 

A k mètres, lit à ossemenls : bœuf, chien; à U m. 8o, une urne 
renfermant, outre des centres, les squelettes de deux petits chiens; 
à 6 m. 8o, un quatrième vase entier, une épingle d'ivoire et le 
squelette d'un jeune cheval (7 ans). 

A divers niveaux, tessons gallo-romains et charbons de bois. 

Dans le fond de l'avant-puits, mesurant encore 20 mètres de 
superficie, une sorte d'autel de m. Zio de hauteur est resté en 
surplomb. 

Le puits carré dont les parois sont orientées également Nord, 
Sud, Est, Ouest, est creusé à l'extrémité d'un diamètre nord-sud, 
à la base d'une cheminée carrée, excavée dans la paroi jusqu'à mi- 
hauteur de l'avant-puits (3 m. 5o). 

Le puils a été rempli méthodiquement de couches alternatives 
de terre noire associée à des pierrailles renfermant des ossements 
d'animaux domestiques, des tessons de poterie, des charbons de bois, 
des percuteurs néolithiques, des clous et des ossements humains, 
séparées par des lils de gros moellons de craie absolument stériles. 

A 2 mètres, fibule de fer à ressort, de la fin de l'époque gau- 
loise, et un vase. 

A 18 m. 80, compartiment renfermant 6 squelettes de chevaux, 
un squelette humain et celui d'un petit chien. 

A 32 mètres, compartiment avec ossements, membres d'au 
moins 32 agneaux et agnelets de diverses tailles. 

A 34 mètres, compartiment renfermant deux moitiés intactes de 
vases gaulois ayant contenu du vin poissé^') (dépôt sur les parois) 
qui ont été certainement déposés et non jetés; diaphyse d'un fémur 
humain très robuste, dont les épiphyses ont été calcinées, débris 
osseux de bœuf et de porc calcinés (restes de repas), charbons de 

(') Analyse du D' Capitan. 



— 33 — 

bois, débris de deux seaux cylindriques de petite dimension dont les 
douves sont en chêne, avec anses de fer forgé , débris de poterie, etc. 

A 36 mètres, terre noire, bâtons de frêne entaillés en biseau, 
cales, pieux, planches de chêne, crânes de chien, de bélier; un 
disque de poterie; débris végétaux: bruyères, mousses, grami- 
nées, nombreuses graines, ombellifères , crucifères, polygonées; 
mollusques terrestres (hélix, cyclostomes, pupas, clausilies, buli- 
mus, à déterminer) ; crânes de passereau , ossements de grenouilles; 
une bague, un hameçon de fer. . . 

Le puits se rétrécit à 34 mètres (o m. 89), puis se rélargit à 
1 mètre du fond (1 mètre) où une cuvetle de o m. 60 de diamètre 
et de o m. 3o de profondeur a été creusée. 

Depuis l'ouverlure jusqu'à 34 mètres, les parois portent très 
distinctement les traces de coups de pic; mais, de 34 mètres à 
36 m. 70, les blocs de craie faisant saillie ont leur surface arron- 
die, lissée, usée par Teau, ce qui prouve indubitablement que le 
puits a d'abord été un puits à eau. Mais il n'y a aux alentours 
aucune trace d'exploitation agricole gallo-romaine; la faune et la 
flore récoltées dans les boues tamisées du fond, les terriers de 
blaireau de même époque, fouillés au voisinage, prouvent que le 
puits était situé dans une friche ou un bois. 

D'autre part, l'eau de ce puits ne pouvait être pratiquement 
tirée que du fond de l'avant-puits, à 7 mètres du niveau du sol. 
Sur le fond de cet avant-puits (20 mètres carrés), plus de vingt 
personnes peuvent se tenir debout. 

Tout semble indiquer un puits rituel et sacré au centre d'une 
nécropole gauloise. Mais ce puits a été utilisé ensuite comme puits 
funéraire, comme le prouvent les restes d'au moins quatre per- 
sonnes iucinérées ou inhumées. 

La présence d'une hache polie brisée, d'une lampe de terre 
noire, de charbons de bois, de broyeurs, de percuteurs, d'une 
meule brisée, d'amulettes divers, de vases à vin, d'offrandes, etc., 
sont des preuves indéniables des rites funéraires, constatées dans 
les sépultures gauloises ^^K 

V. CoMMONT, 
Correspondant du Ministère. 



k 



<•) La fouille du puits, commencée le a août 1916, a été tenninée le 27 août. 
Le 8 août, le D' Capilan, délégué de la Commission des Monuments historiques, 
Archéologie. — N" 1. o 



— U — 

est venu voir l'état des travaux qui ont été contrôlés incessamment par de nom- 
breuses personnalités politiques et savantes parmi lesquelles les généraux De La- 
mothe et Exelmans, les sénateurs Piquet, Gervais, des majors, ofliciers, archéo- 
logues amienois, etc. 

Un compte rendu détaillé et illustré paraîtra dans le Bulletin de la Société des 
Anliqtiaires de Picardie (1916). 



BCLLETIN ABCHéOLOGIODE , l()l6. 



PI. V, p. 3i 




Cliché Lucien Brognard. 



LILLEBONNE (sEINE-INFÉRIEURe). 

THÉÂTRE ROMAIN. 

MUR DÉCOUVERT EN 1914, ANGLE SUD-EST, 



Bllletin arciikologiqck, 1016. 



PI. VF, p. 35. 





Clidié Lucien Brugnard 



LILLEBONNE (SEINE-INFÉRIEURE ). 

THÉÂTRE ROMAIN. 

MUR DÉCOUVERT EN 1914 

VU DU CÔTÉ DE LA RUE VICTOR-HUGO. 



THÉÂTRE 
ROMAIN DE LILLEBONNE 

(SEINE-INFÉRIEURE). 



FOUILLES DE 19U ET 1915, 

PAR M. LÉON DE VESLY, 

Membre non résidant du Comité. 



Les fouilles entreprises en 191^ et 1910 dans le Théâtre romain 
de Lillebonne ont été opérées sur deux points principaux : 

1. Vers la barricade de l'Est et le prolongement du portique 
périplère , dans la partie comprise entre cette barricade et le talus 
de la rue Folix-Faure ; 

2. A l'Ouest, entre la grosse muraille du proscenium et celle qui 
est mitoyenne avec les immeubles du Cirque romain et de la Société 
générale (propriété AUeaume). 

1. Vers la barricade de l'entrée Est, 

a. Les travaux de 191 i ont eu particulièrement pour objet de 
dégager cette barricade. Les photographies (PI. V et VI), que je dois 
à M. Brognard(^), montrent que les pierres qui formaient celte 



(') Je tiens à remercier ici cet excellent collaborateur de l'illustration des 
fouilles de Lillebonne. 



forlification complémentaire provenaient en grande partie d'un mo- 
nument plus ancien détruit. On y reconnaît des pierres moulurées 
de soubassements et de corniches. Cependant il s'y rencontre éga- 
lement de longues pierres semblables à celle des fondations des 
murailles du castrum longeant la rue de Haut'^l 

La longueur de la barricade est de 4 m. 5o, la largeur à la base 
de 2 m. 1 5 et au sommet de i m. 8o (diminution obtenue par des 
retraites de o m. 20 d'un côté et de m. i5 de l'autre). La hauteur 
totale est de 2 m. hb. 

Cette barricade fermait et protégeait l'entre'e vers l'Est. Ce sont 
ses dimensions qui avaient fait croire à Estrup^^), lorsqu'il visita le 
théâtre en 1829 , que de ce côté se trouvait l'entrée principale du 
monument. Les fouilles exécutées par nous, de 1907 à 1918, ont 
démontré le contraire, et prouvé qu'il existait une porte monumen- 
tale pour l'entrée vers l'Ouest'^'. 

b. Les fouilles ont été poursuivies, en 1916, dans l'intérieur du 
périplère ou portique enveloppant l'édiGce, en allant du Sud au 
Nord, c'est-à-dire de la barricade au talus de la place Félix-Faure. 
(Voir le plan général, fig. 1 (")). 

Ici les terres recouvrant les cendres de l'incendie ne présen- 
taient que m. 60 d'épaisseur en moyenne. Les recherches ont été 
peu fructueuses en objets recueillis, mais, en ce qui concerne la 
construction du monument, elles ont présenté un réel intérêt : 
c'est ainsi que, dans le bas du talus de la place publique, j'ai dé- 
blayé une partie d'un dallage horizontal, formé de larges pierres, 
qui servira de rejjère pour fixer les différentes hauteurs des divi- 
sions du théâtre. 

Le revers d'eau des larges contreforts a montré la science et les 
heureuses prévisions des architectes romains pour éviter l'infillra- 



(^) Bull, de la Société d'émulation de la Seine-Infér. , année 191^, p. 373-370. 

f^) Journal d'un voyage en Normandie en 181g, publié par son petit-fils, 
M. J. Estrup, à Toccasion du Millénaire normand, p. 56. 

t-'') Voir Bull, de la Commission des antiquités de la Seine-Inférieure, t. XV, 
p. 4o; t. XVI, p. 269; et Bull, de la Société d'émulation, années 1909-1913. 

(^) Légende du plan général : G. Petit caveau dans le mur ; — d. Ouverture en 
hauteur dans le mur; — e. Brèche pratiquée antérieurement aux fouilles de 
1914; — E. Emplacement fouillé en 191 5; — /. Petit mur de soutènement; — 
g. Cave pratiquée par un propriétaire voisin. 



— 88 — 

tion des eaux dans les soubassements et les fondations des maçon- 
neries (fig. 2). 

Ces revers d'eau, que l'art gothique a remplacés par des torons 
et des gorges, ont disparu en partie, dans les dernières années du 




Fig. 2. — Lillcbonne (Seine-Inférieure). 

Théâtre romain. Contrefort. 

ABC, une seule pierre; CD, idem; DEF, idpm. 

xv" siècle, par suite de la brisure des alignements des murailles. 
La Renaissance les a à peine connus, et ils ont été complètement 
oubliés par nos constructeurs depuis le xvii' siècle. 



Monnaies. — Les monnaies trouvées ne peuvent être lues, leur 
long séjour dans les cendres les a oxydées et a effacé effigies et 
légendes. C'est ainsi que, sur 2 grands bronzes, 1 1 moyens bronzes, 
8 petits bronzes et h quinaires, je n'ai pu lire qu'un moyen bronze 
portant l'effigie de Claude le Gothique (91 ^-290 aprèsJ.-C), mais 
l'identification du revers est impossible à fixer. Cependant j'ai cru 
pouvoir y distinguer le type de IVNO REGINA(?). Dans le lot 
de rondelles métalliques plutôt que monétaires, je dois signaler un 
moyen bronze cisaillé. Celte médaille était peut-être d'Antonin le 
Pieux : les fouilles en ont déjà fourni plusieurs exemplaires. 

Dans les terrassements vers l'Est, il a été également recueilli 
deux jetons et plusieurs épingles en os, deux défenses de sanglier, 
des fragments de poterie rouge et incisée, une perle de verre, tra- 
versée par un fil d'or, ayant appartenu à un collier. . 



39 — 



2. Fouilles vers l'entrée de l'Ouest. 

Les recherches de 19 i 5 ont porté sur le déblaiement de la 
salle E (voir le plan général, fig. 1), ou plutôt entre les deux murs 
de 1 m. 5o d'épaisseur, l'un limitant les dépendances de la scène, 
l'autre sur lequel ont été élevés Thotel du Cirque romain et la 
maison Alleaume (Société générale). 

Cet emplacement, dont on ne saurait définir la destination, 
avait été vu par Rêver en 1812, et considéré par cet archéologue 
comme devant renfermer un escalier. Cependant ce n'était là 
qu'une hypothèse émise par le savant, puisqu'il ne connut cet 
emplacement que masqué par des baraques'''. En effet, ces mai- 
sons ne furent démolies que vers 1860. Jusqu'à cette date, elles 
étaient habitées par divers locataires, et notamment par un ma- 
réchal-ferrant qui y avait allumé sa forge et abandonné les débris 
de sa petite industrie, d'où la découverte de scories de forge et d'un 
petit caveau formant cachette. Mais de traces d'escalier, il n'en fut 
pas reconnu, et comment cet escalier aurait-il été éclairé puisque 
les grosses murailles ne comportent aucune ouverture de baies pour 
portes ou fenêtres ? 

Les fouilles ont été pratiquées suivant une section rectangulaire 
moyenne de 3 m. 60 sur 10 m. 70 et une profondeur de 3 m. 5o, 
soit un cube de iSA m. 82 remué. 

En partant du sol actuel, elles ont mis au jour : 

1° Une première couche de o m, 3o de hauteur formée des 
débris et scories de la forge moderne ; 

2° Une couche de o m. 10 d'épaisseur, composée d'humus pro- 
venant des herbes poussées sur les remblais ; 

3° Un remblai de o m. 90 de hauteur, pouvant être daté par 
les monnaies de la première République et de Napoléon I" qui y 
furent rencontre'es , ainsi que par les poteries de la même époque et 
provenant des fours de Martincamp (commune de Bully, Seine 
Inférieure); 

4° Une épaisseur de limon de m. 3o, indiquant la présence à 
ce niveau de la mare ou vivier qui y avait existé et devait être 
entretenu par les eaux s'écoulant des plateaux environnants ; 

('> Mémoire sur les antiquités de LxUebonne , p. 19. 



— 40 — 

5" Un premier remblai opéré, de la fin du moyen âge jusqu'au 
xvii'' siècle, et renfermant, outre un e'peron et une clochette de fer, 
des débris de poteries vernissées de Savigny ou ateliers voisins, 
des pavés émaillés de la même région, et un crâne de porc, résidu 
de l'alimentation des populations qui ont habité les ruines du 
Théâtre romain. 

A 3 mètres de profondeur, on rencontra des débris très ténus de 
poteries gallo-romaines et des malériaux éboule's des murailles sur 
o m. 5o d'épaisseur environ. 

Si elle n'était pas mutilée au point de ne pouvoir lui donner 
une attribution, une têle de statue eût été la découverte la plus 
curieuse. Cette tête a été recueillie dans le second remblai dit 
ff moderne w; elle provenait, sans doute, de démolitions faites à une 
époque ancienne sur le territoire de Lillebonne. 

L. DE Vesly, 
Membre non résident du Comité. 



LES INSCRIPTIONS 

DES THERMES D'ÉTÉ 

DE THUBURBO MAJUS, 

PAR M. ALFRED MERLIN, 
Membre de la Commission de l'Afrique du Nord. 



Au cours de communications précédentes relatives aux fouilles 
de Thuburbo Majus, j'ai fait allusion plusieurs fois à une inscription, 
brisée en nombreux morceaux , qui permet de fixer d'une manière 
précise la destination d'un grand monument dont l'exhumation, 
commencée en 1 9 1 4 , a été achevée en 1 9 1 5 et qui doit être désigiié 
sous le nom de thermae aestivales. 

La plaque de marbre, haute de 1 mètre, longue de 2 m. 26, 
épaisse de o m. o35, est opisthographe et porte sur chaque face 
un texte concernant la dédicace de l'édifice. 11 en manque aujour- 
d'hui une bonne partie; mais, malgré les lacunes que laissent en 
maints endroits les fragments non retrouvés, on arrive à suivre le 
sens en ce qu'il y a d'essentiel, grâce à la reconstitution qui a été 
opérée au Musée du Bardo des débris conservés ^^\ 

Face A. 

Lettres, m. 076. 

Je lis ainsi, en indiquant par des capitales comme entières les 

''J Quelques débris très minimes n'ont pas retrouvé leur place exacte dans 
cette reconstitution ; nous n'en tenons pas compte ici. 







1 'I 



— /i3 — 

lettres qui me semblent indiscutables ou très plausibles et dont il 
subsiste une partie, si minime soit-elle; par des chiffres surmon- 
tant des points le nombre approximatif des lettres mutilées ou 
absentes que je ne me suis pas jugé à même de transcrire en capi- 
tales ou de reconstituer en italique : 



§ . 






> o 

^ 2 
O H 



- 2 



> OO 

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t H 



a ^ 



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3 

o 


tu 

CL, 


2 
> 


ai 
O 



Au-dessus de «ESTIVALEs, ou voit les restes d'une ligne qui a 



_ 44 — 

été martelée et dont le haut n'existe plus. Nous reviendrons un peu 
plus bas sur ce point. 

Ligne 3 , après POP, sans doute le bas d'un V : je songerais au 
mot POPV/tts, à un cas que je ne puis préciser; avant et après 
DOLOR, la cassure épouse en totalité ou en partie le tracé d'un 
jambage droit, à droite E ou I. 

Ligne 4, après NON, haut d'une haste verticale; après OPE, 
la cassure suit en partie un jambage droit, probablement OPER: 

on aurait alors : «é-zERIS OPERis ou ERIS 0?EKibus (?)('); 

puis quelques lettres disparues et EDIBE ou EDIPE (la lettre après 
DI ne peut pas être un R). 

Ligne 5, HV appelle le complément more, qui est un peu court; 
pour combler la lacune, je propose de suppléer ensuite iam : 
HVmore iam supeKYLVO. Plus loin, sans doute PROiaBANT, 
mais le sens demeure énigmatique. J'avais, lors de mon premier 
déchiffrement, transcrit FLEBANT, qui s'opposait assez bien à 
PROtflBANT, mais, vérification faite, la seconde lettre n'a pas en 
bas la forme d'un L, c'est une simple barre droite; il faut donc 
admettre FIEBANT, à moins qu'on ne veuille supposer que le 
lapicide a négligé de graver les boucles qui étaient nécessaires au 
pied de l'L. 



Face B. 

Pour un motif que nous ignorons, la plaque fut retournée plus 
tard et reçut un nouveau texte, analogue au premier, dont il est 
même en certains passages la reproduction textuelle. Au cours de 
cette opération, un morceau de la plaque fut coupé en haut; on 
peut penser qu'alors aussi les mots de la face A situés au-dessus de 
aeslivales, et qui avaient été décapités, furent martelés; mais il est 
peut-être préférable de présumer qu'à cet endroit se trouvait une 
mention qu'on avait grattée avant le remploi de la plaque, et que 
même cette mutilation disgracieuse fut une des causes qui ame- 
nèrent à retourner la plaque. 

Lettres : o m. 076, moins bien gravées que celles de la face A; 
les lignes sont plus ou moins de travers. 

(') L'E de ERIS n'est pas sûr; ce pourrait être un I. 



I 




s .2 

è5 "i- 



— Zi6 — 

Je restitue de la façon suivante, en adoptant pour les lettres 
cassées la même convention que précédemment : 

b eatis simo saeculo ddNNr Constanti pii fellCls maximl 

et inuictissimi augu s ti ET IVLIam nohlLissimi CAEsam 

pro COnsVLATV CLOdi /tERMOGENIANi u c pKOCpaet /eGATlONE crepeKEl 
OPTaTIANIvVCyLEG KARTHAG «HERMAS a^sTlVALESvPO.sTANNos«o/ido«OCTO 
InTRA SEPTIMVM MENSEMvArflECTlS OMNIBVS PERFECTlSQwe CVNCTis 
qulBVS LAVACRA INDîGEBANTv ANNiVS NAMPTOIVIVSvFLM jj P v 

IVRIS CONSVLTVSyMAGISTER STudm-um yCVRvREIPyCVM THVBmj-BKANAE 

mRBIS y ORDINE AMPLISSIMo cVNCTaQVE EIVS PLEBE 

perFEClT EXCOLViT DEDICAVITy 

Les lambeaux qui ont survécu de la dédicace impériale ne per- 
mettent pas de rétablir la formule initiale et les titres de Constance 
en toute certitude; les compléments ne sont donnés qu'à titre 
d'exemple; il se pourrait notamment que les noms des princes 
fussent au datif, à peu près ainsi : 

aeternis maximisque dd NNy Constantio pio fellCl ac uictorï C' 
semper aujjuslo ETlVLIa/io noBILtssùno C A Esari 

Semper Augusto, au début de la ligne a, est un peu court, mais 
au blanc de droite pouvait correspondre un blanc à gaucbe, et 
la ligne pouvait commencer comme elle finissait, légèrement en 
retrait. 

Au bout de la ligne h, après aesTiVALES, on distingue un 
pied de lettres: E, F ou P suivi d'une amorce de lettre ronde, 
après laquelle un caractère a disparu totalement; puis venaient 
unT dominant la ligne, comme il est d'usage dans l'inscription, et 
dont il n'a survécu que l'extrémité droite de la barre horizontale, 
et le groupe ANN séparé d'OCTO (la partie droite du premier O 



(1) Cf. une inscription de Ras-el-Aïn-Tialet , dans le Sud Tunisien : Merlin, 
Bull, des Antiquaires de France, 191 1, p. agi : pitfelicis ac triumphatoris s[emper 
Augiisti] , appliqué à Constance II. — Ici [triumphator]i semble un peu trop long. 



I 



\ 



— M — 

suit la cassure) par un intervalle aujourd'hui vide qui contenait 
9 à lo lettres, sans doute une épithète se rapportant à ÀNN05; 
la formule proposée : ?Os\ ANNos solidos OCTO s'inspire de ces 
diverses constatations. 

La restitution intégrale des premières lignes de la face A, ia 
plus ancienne d'après la forme des lettres, ne semble guère pos- 
sible dans l'état de mutilation du texte, d'autant plus que l'autre 
face ne nous est ici d'aucun secours, les développements, assez pro- 
lixes dans cette partie de la rédaction primitive, ayant été suppri- 
més de la version plus récente qui est sensiblement plus courte. 
Seuls les quelques compléments que nous avons suggére's ne nous 
ont pas paru trop risqués. 

Sur la face B, nous sommes plus heureux. Elle commence par 
une dédicace impériale où se succèdent les noms de Constance II 
et de Julien, suivis de ceux du proconsul d'Afrique et du légat du 
diocèse de Carthage en fonctions lors de l'inauguration de l'édi- 
fice (''. Q. Clodius Hermogenianus Olybrius étant devenu proconsul 
d'Afrique en 36 1, vers le mois d'août'^', et l'empereur Constance 11 
étant mort le 3 novembre de celte même année, l'inscription se 
place dans la période d'à peu près trois mois qui s'étend entre ces 
deux dates. 

Le nom de Clodius Hermogenianus Olvbrius apparaît sur un 
certain nombre de textes africains : à Calama, à Thubursicu Nutrù- 
darum^^\ à Theveste^^\ à Biilla Regia^^K Gomme ces villes étaient 
rattachées à cette époque au diocèse de Numidie, dépendant de 
la Zeugitane, le légat de Clodius, lorsqu'il est cité^'^ est toujours 
celui de Numidie, Alilius Theodotus (*); notre inscription est la 

(') Cette façon de commencer les inscriptions est assez usuelle à Thuburbo 
(Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1 91 4 , p. clxxxiy ; cf. p. clxxxi) et dans la région 
(Gauckler, ibid., 1908, p. ce vu, et p. aSy). 

(») Fallu de Lessert, Fa»Us des provinces africaines, t. II, p. 64-65; cf. p. 189. 

(•) Corp. intcr. îaL, t. Vlll, n° 5334. 

'*) 1° Gagnât, Bull, des Antiquaires de France, 1901, p. 209; Fallu de Lessert, 
op. cit., II, p. 392 ; — 2° Gagnât, Bull, des Antiquaires de France, 1908 , p. aig- 
a5o; — 3° Carcopino, Bull, archéol. du Comité , 1914, p. ccu-cciu. 

W Corp. inscr. IaL, l. VIII, n" 1860, cf. n" i65o5. 

««^ï Merlin, Bull, archéol. du Comité, i9o6,p.ccLX?i-€CLxni; cf. Merlin, Le temple 
d'Apollon à Bulla Regia , p. ai. 

'^' A Thubursicu Numidarum et à Bulla Regia. 

<*' Gf. Lantier, Rec. de Constantiae, XLV, p. i3-i4. 




— A8 — 

première qui mentionne Clodius Hermogenianus dans l'autre dio- 
cèse de la Zeugitane, celui de Carthage, et nous apprenons par elle 
le nom du légat de ce district; le gcntilice est endommagé, mais 
doit bien probablement être rétabli : Crepereius. Crepereius Opta- 
tianus, du reste, semble totalement inconnu jusqu'ici. 

L'expression de thennac aestivales (ou oestivae), qui s'est déjà 
rencontrée quelquefois en Afrique (^' et ailleurs'^), s'oppose, vers la 
fin de l'empire, à celle de thermae hiemaJes; l'existence à Thuburbo 
Majus de thermes d'hiver situés non loin des thermes d'été f^), et 
construits un peu plus tard, est attestée par une base honorifique 
précédemment publiée (^\ 

Avec les mots inlra septimiun mensem (face A, ligne 6; face B, 
ligne 5) commence la partie commune aux deux rédactions du texte, 
sauf une variante sans importance : Jlorentissimo senatu de la face A, 
remplacé sur la face B par online ampUssimo. 

Le personnage à qui était dû principalement le rapide achève- 
ment des bains, des lavacra^^\ s'appelle Annius Namptoius; sur la 
face B, le cognomen, dont je ne saurais citer d'autre exemple, 
est écrit Namptoivius avec un redoublement, qui a toutes chances 
d'être erroné, des lettres iu. Cet homme est Jl{a)m{en) p{er)p{etuus) , 
juris consultus , magister studiorum , cur{ator) reip{ubUcae). Le titre de 
juris consultus se retrouve sur d'autres inscriptions africaines ^^); par 
contre, magister studiorum ne paraît pas s'y être encore présenté : 



(') ATebornok {Corp. in$a: îat. , t. VIII, n" giS); à Kenchela (Cagnat et 
Besnier, Année épigraphique , 1911, n° 917); à Choud-el-Batel {Comptes rendut 
del'Acad. d'Hippone, .1899, p. xlix; Fallu de Lessert, op. cit., II, p. 85). Ces 
inscriptions qui datent de la période comprise entre 364 et 876 sont contempo- 
raines de la nôtre. 

(«) Par exemple Corp. in$cr. Iat., t. X. n° 5348 (= Dessau, Inscr. Iat. sélect., 
n" 0698); n" 5349. 

W Cf. Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1916, procès-verbaux de la Commission 
de l'Afrique du Nord, février. 

(') Merlin, ibid., 1914, p. clxxxi. 

('1 Pour ce mot, cf. Corp. inscr. Iat., t. VIII, n" i59o4 et 91497-, P^^" ^^ 
Lessert, Bull, des Antiquaires de France, 1907, p. 296 : les thermes de Mdaou- 
rouch , auxquels appartient ce dernier texte , ont certaines analogies de plus avec 
ceux de Thuburbo (cf. Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1916, toc. cî<.); ils furent 
réparés en même temps que les nôtres étaient achevés; dans notre cas, il s'agit 
sans doute aussi d'une restauration. 

''î Corp. inscr. Iat., t. VIII, n°' 7059 à 7061 ; 1 io45. 




— ^9 — 

cette formule doit désigner un professeur'^', et sans doute, rappro- 
chc'e àe juris consultus, un professeur de droit (^'. 

Le proconsulat de Clodius Hermogenianus Olybrius a été' marqué 
par une grande activité dans le domaine des constructions. A Thn- 
biirsicu Numidartim, le légat de Nuniidie fonde, termine et dédie le 
forum novum, le décore de colonnes et de statues '3), y transfère une 
effigie de Trajan'^' et fait élever une citadelle (^) ou peut-être plutôt 
un arc de triomphe f"'. A Bulla Regia, il restaure dans tout son 
éclat le tabularium tombé en ruine ''l A Tébessa, le proconsul 
veille à la réfection de deux façades d'un édifice '^' : l'inscription 
commémorative est exactement contemporaine de celle des thennac 
aestivales de Thuburbo Majus, dont les travaux se rattaclfent à la 
même renaissance monumentale. 

Nombreux sont en Afrique (pour ne parler que de cette contrée), 
à la fin du iv* siècle et au début du v*, les bains auxquels particu- 
liers et pouvoirs publics s'inte'ressent pour les embellir, les réparer, 
leur rendre leur splendeur primitive, au besoin les bâtir ex ima 
ftmdammtoriim origine usque adfastigia, ainsi qu'il est dit des thermes 
d'hiver de Thurbubo qui furent édifiés sous le règne simultané d'Ar- 
cadius et d'Honorius (Sqô à /io8) ^^l 

(') Cf. Code Théodosien, XIII, 3, 6 (année 36a), et Hirsrlifeld, Die kaiserlichrn 
Verwaltungsbeamten, p. 33i^, n° 5; Cliapot, clans Darombcro; et 'Saglio, Dict. des 
Antiquités , IV', p. 1546. 

(') Cf. Corp. ima: lat., t. Vlil, n" laiiS: majrister juris (l'inscription est de 
la réjjion de Thuburbo Majus). 

(^1 Carcopino, liuU. archéoL du Comité, igi'i, p. cf.ii-cciii. 

W Cajrnat, Bull, des Antiquaires de France, 1908, p. a'ig-aSo; Gsell et Joly, 
Khamissa. . ., p. 28, n. 3. 

(*' Cagnat, ibid., 1901, p. 209. 

C) Gscli et Joly, Khamissa. . ., p. 28, n, 3. 

(") Merlin, Bull, archéol. du Comité, 1906, p. cclxvi-cclxvii. 

(») Coi-p. inscr. lut., t. VIII, n" 1860, cf. n" i65o5; Gsell, Monuments antiques 
de l'Algérie, t. I, p. i84-i85. 

W Sous Valentinien et Valens(364 à 867) : à Tebornok et à Kenchela (voir 
plus haut, p. /i8, note 1); à Guelma (Corp. inscr. lat., t. VIll, n° 5335); entre 
371 et 375, à Hcnchir Bou-Aouya {Ibid., n" 16/ioo); en 876, à Choud-el-Batel 
(voir plus haut, p. /18, note 1); sous Gralien, Valentinien el Théodose (879 à 
383), à Satajis {Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 20266 et 20267); «« 398, à Aïn- 
Tounga {Ibid., n° 1 020/1); sous Honorius et Théodose , de /i 1 2 à /i 1 /i , à Medjez-cl- 
Bab (Gauckier, Bull, archéol. du Comité, 189/1 , P- 272 , n° 1 ; Bull, des Antiquaires 
de France, 1 89/i , p. 208) et à Testour (Merlin, Nouv. arch. des Missions, t. XIV, 
p. iÇf3;Coi-p. inscr. lat., t. VIII, n» 2586/i ; voir aussi n° 1 358 , p. 988); peut-être 
Archéologie. — N" t. .A 



— 50 — 

Les thermes ne lurent du reste pas seuls à bénéficier à Thuburbo 
— comme ailleurs aussi — de ce regain de prospérité qui échut, 
à la fin du iv* siècle, aux provinces africaines. En 876, on restaure 
les portiques du forum; un peu plus tôt, un autre monumenl ou 
un autre ensemble avait été' l'objet de Iravaux analogues ('l Avec ses 
édifices remis à neuf, avec les bains dont la munificence privée la 
dotait, Thuburbo, a la fin du iv* siècle, se sentait appelée à une vie 
nouvelle; tout semblait lui sourire : satisfaite du présent, confiante 
dans l'avenir, la ville proclamait le bonheur de sa destinée : res- 
publica felix Thuburbo Majus'^^^ 

Al. Merlin. 

à Cherche! {Ibid., n" 20990). A Mdaourouch, les thermes furent maintes fois 
réparés pendant la seconde moitié du iv" siècle (De I*achtere, Musée de Guelma, 
p. 16 et suiv.). 

(*' Meriln, Bull, archéol. du Comité, 1914, p. cLxxxir. 

(') Inscription de Saivianus, fondateur des thermae hiemales {Ibid., p. clxxxi). 



BcLLEflN ABCHKOLOGIQCE, jgH 



Pi. VII, p. 5 1. 




HENCHIR-BENI-NAFA (tUNISIe). 

VASE ANTHROPOÏDE DE TERRE. 
FACE. 






BUIXKTIN ARCHÉOLOGIQUE , 1 Q 1 6. 



PI. VIII, p. 5l 




HENCHIR-BENI-NAFA (tUNISIe). 

VASE ANTHROPOÏDE DE TERRE. 
PROFIL. 



VASE 
ANTHROPOÏDE PUMQUE. 



NOTES DE MM. MERLIN ET GSELL , 

Membres de la Commission de l'Afrique du Nord. 



M. Merlin a envoyé à la Commission de l'Afrique du Nord une 
noie sur un vase anthropoïde récemment trouvé en Tunisie : 

«M. le capitaine Loubet, dit-il, du 126'' régiment territorial 
d'infanterie, a dernièrement découvert à Henchir-Beni-Nafa, à 
5 kilomètres environ de Bizerte vers l'Ouest, une nécropole punique 
datant vraisemblablement du m* siècle avant J.-C, dont il a pu 
fouiller une douzaine de tombeaux. Il a pris de minutieuses des- 
criptions des sépultures explorées et un inventaire détaillé du mo- 
bilier appartenant à chacune d'elles, qu'il a eu l'obligeance de me 
remettre. Je me contenterai aujourd'hui de signaler une pièce de 
céramique trouvée au cours de ces recherches, que M. Loubet m'a 
envoyée pour le Musée du Bardo et qui présente un intérêt hors 
de pair. 

trll s'agit d'une œnochoé en terre jaune clair, haute de o m. 3 1 5 , 
à panse ovoïde, à col décoré d'une figure humaine et à embouchure 
trilobée. (PI. Vil et VIII.) 

(fLe pied, peu élevé', est presque plat en dessous, oiî il n'offre 
qu'une faible dépression ayant la forme d'une large couronoe; à 
l'extérieur, il monte d'abord verticalement, piiis s'incline en pente 
douce pour atteindre le bas de la panse. Celle-ci s'évase de bas 
en haut (diamètre max. , o m. 19); elle est recouverte d'un engobe 



— 52 — 

blanc sur leejuel se détachent des lignes plus ou moins larges, 
peintes en brun-rouge : à peu près à nii-Jiauteur, une grosse bande 
(larg. , o m. 02) entre deux séries de Irois simples filets rapprochés 
les uns des autres; à une dislance de o m. o3 en haut et de o m. ok 
en bas, un mince filet isolé. 

ffDu bord postérieur de l'embouchure trilobée part une anse 
incurvée qui vient aboutir sur l'épaule. Celte anse est à arête me'- 
diane saillante, flanque'e de deux grands sillons, celui de droite 
plus large que celui de gauche ; des espèces de chevrons en couleur 
l'agrémentent. 

ffLa parlie la plus curieuse du vase est le col, qui, à l'opposé de 
l'anse, offre immédiatement au-dessous du bec antérieur de l'ori- 
fice une tête de femme modelée comme une figurine mi terre cuite. 
La physionomie est revèche, le front haut, les yeux effilés et durs, 
la bouche fortement lippue et mauvaise; le nez, très gros, se pré- 
sente de travers. Le visage est encadré de cheveux ondulés, qui 
cachent les oreilles, et de deux étages d'e'normes frisons en spirales 
qui tombent jusqu'aux épaules; ces boucles, appliquées en paslil- 
lage au nombre de quinze sur chaque ligne, sont toutes conservées 
à la rangée inférieure; à la rangée supérieure, deux se sont déta- 
chées et perdues à droite, cinq à gauche ainsi que celle du milieu. 
Le bas du cou'^' est entouré d'un colher dont les perles sont indi- 
quées sommairement par des touches de peinture et d'oiî descend 
une volumineuse pendeloque. La figuration humaine s'étend sur 
le sommet de la panse où pointent deux seins et où s'arrondissent 
deux bras démesurés, plies au coude; les mains fermées sont rame- 
nées l'une vers l'autre, mais laissent entre elles un certain inter- 
valle. A l'avant-bras droit est passé un bracelet, représenté en 
peinture, et trois pareils à chacun des deux bras. Dans la zone 
comprise entre l'un des bras et le pied de i'îinse, des lignes en 
couleur brun-rouge qui s'entrecroisent produisent un quadrillé 
ayant la forme ge'nérale d'un triangle dont la base repose sur le 
filet isolé qui règne en haut de la panse f^' ; ce quadrillage, qui 
simule le vêtement, est assez incomplet derrière le bras droit, 
mais entier à gauche. 

^'^ Le cou , formé par le col même de rœnoclioé , est à la fois trop long et 
trop gros pour la lête. Vers sa base, il est barré d'un sillon transversal assez 
irrégulier qui fait le tour du vase. 

W Cf. Perroi et Chipiez, Histoire dp l'arl, t. Itl, p. 696, et pi. IV. 



— 53 — 

«Le peu de temps dont je dispose actuellement m'empêche 
d'e'tudier ce beau vase comme je l'aurais souhaité, mais j'ose espé- 
rer qu'un de mes collègues de la Commission de l'Afrique du Nord 
voudra bien me suppléer; à cet effet, je vous en fais parvenir ci- 
inclus trois photographies. » 

M. Gsell, à qui les photographies avaient été remises, a ajouté 
à leur sujet les remarques suivantes : 

rL'aiguière signalée par M. Merlin appartient à la même série 
que celles qui ont été découvertes dans la nécropole de Collo, sur 
la côte algérienne : même tête de femme sur le col du vase, avec 
des bras et des seins sur le haut de la panse; même décoration 
peinte, mêmes séries de petits disques, collés autour de la tête. Les 
caveaux qui contiennent ces aiguières paraissent dater en général 
du second siècle avant J.-C. Voir des reproductions de plusieurs 
d'entre elles : Bulletin archéologique du Comité', 1896, pi. XII-XIII; 
Doublet et Gauckler, Musée de Constant ine , pi. XII, fig. i-3 ; 
Besnier et Blanchet, Collection Farges, pi. IV, fig. 6 et 8 ; Gsell, 
Fouilles de Gouray a {Paris, 1908), fig. 26 et 27, à la page Uo, avec 
les indications données aux pages [i^-lik,v 



TETE DE FEMME 

COIFFÉE 

D'UNE DÉPOUILLE D'ÉLÉPHANT, 
DÉCOUVERTE À GHERCHEL. 



NOTE DE M. STEPHANE GSELL, 

Membre de la Commission de l'Afrique du Nord- 



Pline TAncien prétend qu'en Afrique personne ne prend une 
it'solulion sans avoir invoqué auparavant l'Afrique '^^ : «In Africa 
nemo destinât aliquid nisi praejatus AJricamr). Africa était donc une 
véritable divinité. C'est ce qu'attestent aussi de petits bustes en 
bronze, qui devaient être placés dans des sanctuaires domestiques, 
et dont on a trouvé deux exemplaires en Algérie, l'un à Announa^^', 
l'autre à Berrouaghia (^'. Ils représentent une femme dont la tête 



(») Histoire naturelle, XXVIII, ai. 

(^' Doublet et Gauckler, Musée de Constantine, p. 4i-49, loo-ioi, pi. IX. 

(') Waille, Revue archéologique, 1891, t. I, p. 38o-38i. Voir aussi Catalogue 



— 55 — 

est couverte d'une dépouille d'éie'phant, attribut de TAfrique 
comme l'indiquent des textes anciens''^ et des monnaies impériales, 
sur lesquelles une image semblable est accompagnée de son nom : 
Africa'^^K L'Afrique est figurée de cette manière dès le premier 
siècle avant J.-C. sur des monnaies romaines''^', numides et mau- 
rétaniennes '^). Il faut même remonter plus haut, si une tète ju- 
vénile, coiftee d'une dépouille déléphant, qui se voit sur une 
monnaie en or d'Agathocle '^^ , est bien la Libye : mais celte hypo- 
thèse, présentée par Eckhel^^^ et par d'autres, pourrait n'être pas 
fondée. 

On sait que le terme Africa avait deux sens pour les Romains : 
il désignait soit la province romaine qui correspondait à la Tunigie 
et à l'Est de l'Algérie, soit le continent africain. C'était au continent 
que se rapportait la figure parée des exuviae elephantis. puisqu'on 
la rencontre hors de la province d'Afrique, en Numidie et en Mau- 
rétanie. 

Des images semblables apparaissent sur un assez grand nombre 
de monuments antiques : lampes i^\ pierres gravées ^^\ tessères , 

illustré du Musée national des antiquités algériennes (Alger, 1899), p. A4 , n° Sgi , 
pi. I. 

t'> Claudien, De consulatu SliUchonis, t. II, aSô-aôy : 

Tqm spicis et dente comas inlustris eburno 
...,....,. Afrioa. . . 

Le même. De bello Gildonicn , 137-188. 

<*> Cohen, Monnaies frappées som l'Empire romain, a'édit., t. II, p. 107-108, 
n" 8-i6j p. U6-117, n" i36-i5i; p. 209-aio, n°' iaai-ia3a ; p. 373-273 , 
n"' aa-ap ; \, IV, p. 6 , n" ao-St. 

W Babelon, Monnaies de la République romaine, t. I, p. 379, n" 5o (cf. 
p. 677, n° 1); p. 3/io, n" 1 (cf. t. II, p. a6o, n" 3); p. 435, n" 4; t. II, 
p. 34fl, n° 6. 

^♦) L. Mùller, Numismatique de l'ancienne AJriqtie, t. III, p. 4a, u' 5'i; p. 43, 
n° 58 (monnaies de Juba I"); p. 90, n" 5 (monnaie de Bogud). — Autres mon- 
naies africaines, plus récentes : ibid., p. 73, n" 86; p. 100, 11" i5; p. 101, 
n" 17; p. io3, n° 18; p. 107, n- 715 p. i3o, n» 196; p. i38, n"' 309 et 
aïo. 

(') Hoira, Geschichte Siciliens im AUerthum, t. III, p. 680, pi. VI, C^, 11. 

^*) Doctrina numovum velerum, t. I, p. 360. 

î') Par exemple : Musée Lavigerie de Saint-Louie de Carthage, t. II, pi. XV, 
fig. 4: Catalogue du Musée Ataoui, pi. XXXVI, n" 8a. 

W Par exemple : Gauckler, Nouvelles Archives des missivn$, t. XV. ùon 
p. 565-566, pi. XXXV, fig. 3. 



— 5G — 

peintures, mosaïques ('), sculptures t^), .petits bronzes, objets d'or- 
l'èvrerie, etc. '^l Mais il n'est pas certain qu'il s'agisse toujours de 
l'Afrique, car l'attribut de la dépouille d'éléphant, donne' tout 
d'abord à Alexandre sur des monnaies de Sélcucus et du premier 
Ptolémée, fut donné aussi à Alexandrie f'I 

D'autre part, ces images n'ont sans doute, en général, aucune 
signification religieuse. Ce sont simplement des personnifications 
soit d'une contre'e, soit d'une ville. La chose est évidente pour 
l'Afrique couchée, assise, agenouillée, dans une attitude de deuil 
ou d'hommage, que l'on voit sur quelques monnaies d'empereurs 
romains. Le culte d'Africa était-il aussi répandu en Afrique que 
Pline l'affirme? En tout cas, il n'en reste aucun témoignage épi- 
graphique. 

Le morceau de sculpture en marbre blanc reproduit planche LX 
représente une tête féminine, couverte de la dépouille d'éléphant; 
les défenses et la trompe, qui formaient des pièces rapportées, ont 
disparu. D'après la photographie que M. Ballu a communiquée 
à la Commission archéologique de l'Afrique du Nord, cette tête 
semble d'un bon travail : il est permis de la dater du premier siècle 
de notre ère; le modèle lointain dont elle dérive pourrait être une 
œuvre de l'atelier de Polyclète. 

Elle a été trouvée en 191 5 dans les fouilles du théâtre romain 
de Cherchel. 11 est donc fort probable que ce n'était qu'une œuvre 
décorative. Représente-t-elle l'Afrique, dont l'image eût été bien à 
sa place dans un édifice public de la capitale d'une des provinces 
africaines? On peut le supposer. Notons pourtant que l'oreille de 
l'animal ressemble à celle de l'éléphant indien, plutôt qu'à celle 
de l'éléphant d'Afrique t^^, plus large et développée en éventail, et 

(') Mosaïque découverte récemment à Ostie : Galza, Bulleltino délia Commis- 
sione aixheologica comunale di Roma, t. XL, 1912, p. 106, fig. à la page io5 
et pi. 7. 

(^) Les sculptures en ronde-bosse sont fort rares. Parmi les bas-reliefs , citons 
un fragment trouvé à Sour Djouab, en Algérie : Ballu, Bulletin archéologique du 
Comité, 1918, p. 1^8. 

W Voir, entre autres, Hôfer, dans le Lexikon der Mythologie de Roscher, s. v" 
Libye, p. aoSg-aoia. 

W Perdrizet, Bronzes grecs d'Egypte de la collection Fouquet, p. 89-^0. 

W Cela n'a peut-être pas une grande importance. Sur des monnaies frappées 
en Afrique et qui représentent certainement l'Afrique, le dessin de l'oreille est 
très inexact. 





U 2 

q w 
-^ a: 






— 57 — 

que la coiffure de la femme n'a rien d'africain : sur le petit buste 
d'Announa et sur certaines monnaies, la chevelure ô^Ajrica est, 
au contraire, disposée en une série de boucles tombant verticale- 
ment et formant des spirales, selon une mode fre'quente dans le 
pays. 

Stéphane Gsell, 
Membre de la Gommissiou de l'Afrique du Nord. 



QUELQUES 
DÉCOUVERTES RÉCENTES 

AU 

KHANGUET EL-HADJAJ (TUNISIE), 

PAR M. JULES RENAULT, 
Correspondanl du Ministère. 



A proximité de l'endroit, situé derrière la chapelle du Khanguet, 
où avait été retrouvée Tinscriplion sur pierre Covtddus maceUu(în) 
de suo propie fabricabit, on avait aussi découvert une inscription 
chrétienne sur jarre, commençant par les mots In ispe Dei, qui a fait 
lobjet d'une communication de M. Paul Monceaux à l'Académie 
des Inscriptions et Belles-lettres dans la séance du 16 janvier 1916. 

Une nouvelle trouvaille s'est produite en ce lieu. 

C'est une jarre absolument intacte, et d'une forme un peu parti- 
culière. Elle sort, comme lignes, de ce que l'on est habitué à ren- 
contrer. 

La hauteur totale est de o m. 67, et le plus grand diamètre 
atteint o m. 3o (fig. 1, A). 

Le col est court, et le goulot n'a que cinq centimètres et demi 
de diamètre intérieur; deux anses relient le col au-dessus de la 
panse, qui a un aspect tronconique. 

La partie inférieure a la forme d'un entonnoir évasé ; elle est 
terminée par une partie plate de m. 096 de diamètre. 

La terre est jaune. 



59 — 



II 

Plus à TEst, vers le col par lequei la vallée du Khanguet s'ouvre 
dans la plaine de Grombalia, M. Riant a défriché un mamelon 
situé à proximité' de TOued-Defla. 

Ce mamelon était rempli de pierres de taille bousculées; il 
paraît certain qu'à une époque précédente, ce mamelon a servi 
de carrière de pierre pour les voisins. 

M. Riant a été assez heureux pour y retrouver un four de bou- 
langer enfoui à plusieurs mètres sous terre et un four de potier ; 




Fig. 1. — Klianguet-el-Hadjaj (Tunisie). 
Jarres de terre cuites. 

dans le voisinage de ce dernier existaient un certain nombre de 
bases de piliers, comme s'il y avait eu là un portique. 

Le plus intéressant a été la découverte de nombreuses poteries, 
plus ou moins intactes, mais de formes intéressantes, et presque 
toutes marquées. 

On a retrouvé ainsi lA grandes jarres; 9 3 petites — ces deux 
catégories affectant la forme générale ordinaire — et une jarre 
ventrue, à couvercle, ainsi que de nombreux débris de jarres sem- 
blables à celle-ci. 

Ces trois genres de jarres portent toutes des marques (fig. i, 
o, b, c, (i, e). 

Le plus grand fragment des lU grandes jarres mesure i m. 22 



60 



de hauteur; il y manque le haut du col et les anses. Le diamètre 
extérieur est de o m. A5 environ, le has de la jarre se termine en 
une pointe au-dessus de laquelle a été faite, avant cuisson, Tune 
des marques reproduites. 

Les petites jarres ont le col droit, avec large bourrelet; les anses 
prennent direclement au-dessous de ce bourrelet et s'accrochent à 

la partie du raccordement entre le 
goulot et la panse. 

Celle-ci mesure o m, 34 de dia- 
mètre, et est cylindrique. La hau- 
teur de la poterie est de o m. 88. 
Elle se termine en bas par une par- 
lie beaucoup moins effilée que dans 
les grandes jarres, et dont la parti- 
cularité est de posséder un culot 
de forme spéciale (fig. i, B). C'est 
au-dessus de ce culot qu'ont été 
faites les marques du potier avant 
cuisson. 

La diversité des marques est 
digne d'attention. 




. — Khanguet-el-Hadjaj 
(Tuaisie). 
Jarre et couvercle de terre cuite. 



La découverte la plus intéres- 
sante est sans contredit celle d'urnes 
ventrues, à couvercle hermétique. 
Il est certain que ces urnes étaient 
destinées à contenir des matières 
chères ou délicates, puisqu'on fermait le vase d'une façon si par- 
faite. 

La partie principale du vase (fig. 2) se compose d'une jarre de 
forme très trapue, portant sur un léger socle, munie de deux anses 
un peu au-dessus de la demi-hauteur, garnie d'une ou plusieurs 
rangées de bandes de zig-zags entre les anses et le col. 

C'est le col qui est la partie de l'urne à étudier plus spéciale- 
ment (fig. 2 et 3). 

La jarre possédée par M. Riant mesure o m. 52 de hauteur et 
o m. Ii6 de diamètre maximum. Le haut du col a o m. '■2k de 
diamètre pour une hauteur de o m. o45. Les anses saillissent de 
m. o5 en dehors de la panse et ont m. 09 de hauteur. 



— 61 — 

J'ai par devers moi quelques couvercles, un col, et différents 
fragments qui ont permis de coter les différentes parties soit du 
col, soit du couvercle. 

Le couvercle est fait d'une façon très ingénieuse : un disque 
soutenu par une poignée. Dans l'un des prolongements de l'anse 
existe un tenon horizontal, destiné à entrer dans une mortaise 
ménagée dans le col (fig. 2 et 3), et, du côté diamétralement 
opposé, une partie verticale, percée d'un trou et correspondant à 
deux espèces de mâchoires qui tiennent au col, et sont elles-mêmes 




Fig. 3. — Khanguet-el-Hadjaj (Tunisie). 
Couvercle de jarre. 

percées chacune d'un trou devant servir au passage d'une goupille 
ou d'une cordelette. Le passage de la goupille ou de la cordelette 
empêchait de lever le couvercle, et le vase était clos. 

Si l'on voulait un bouchage hermétique, on n'avait qu'à luter le 
couvercle avec un peu de terre glaise appliquée tout autour du 
disque (fig. 3). 

J'ai constaté que le tesson portant l'inscription In ispe Del, etc., 
est de la même fabrication que ces jarres ventrues; il n'y a pas de 
doute qu il ait appartenu à une urne similaire. Or toutes ces urnes 
sont marquées, ainsi que les couvercles, d'un A ou d'un N. Le mot 
Puscas ou Pascas, qui suit./» ispe Dei, n'est donc pas un nom de 
potier, mais il peut être celui du propriétaire du vase. 

Jules Re.vallt, 
Correspondant du Ministère. 



OBSERVATIONS 

SUR 

^INSCRIPTION D'AÏN-MELOUK 
(ALGÉRIE), 

PAR M. JULES TOUTAIN, 

Membre du Comité. 



Dans le volume XLVI du Recueil des notices et mémoires de la 
Société archéologique du département de Constantine, M. Piquet, archi- 
tecte à Aïn-Beïda, a donné un excellent fac-similé, en planche 
hors texte, d'une importante inscription découverte au douar d'Aïu- 
Melouk, sur le territoire de la commune mixte d'Oum-ei-Bouaghi 
(Canrobert)(i); l'emplacement où la pierre a été découverte se 
trouve au sud-est de Constantine, au sud-ouest de Thibilis, à l'est 
de Tigisis et de Sigus, au nord de Màcomades. La valeur et l'in- 
térêt du document que M. Piquet a porté à la connaissance des 
érudits ont été immédiatement reconnus, et M. J. Carcopino est 
allé l'étudier sur place. La lecture qu'il en a donnée dans le Bul- 
letin archéologique du Comité ^^) correspond au fac-similé publié par 
M. Piquet et en confirme l'exactitude. Voici le texte, tel qu'il a été 
lu par M. Carcopino : 

Caelesti Aetefnae Aug[ustae) aedem a solo cum pronao et columnis et 
sedîbus Phosphoi-us eœstrucxit idem{qué) dedic[avit), item vicum qui subjaccl 



W P. 283-28i. 

(*) Année 1914, p. 566 et suiv. 



— 6S — 

huic lemplo longttm > ceci cum aedijicm otimibm et coimnnis et porlicibus et 
arcus Uii idem fecit et nundtnas inslitutt, qui vicus nomin^ ipsius appellatur. 

L'interprétation générale du document ne saurait donner lieu à 
contestation. Un personnage, nommé Phosphorus, dédie à la déesse 
Caelestis un sanctuaire; en même temps il fonde un vicus orné 
de portiques et de quatre arcs, il crée dans ce victis des nundinae et 
il donne sou nom au ficus. Un seul détail, comme Ta fort bien vu 
M. Carcopino, présente quelque difBculté : que signifient les mots 
et signes qui suivent immédiatement vicum qui subjacet huic templo? 
M. Piquet les reproduit ainsi : 

ION CVM > CCCL 



M. Carcopino les lit : 

longum y ceci. 

et leur attribue le sens suivant : rL'adjeclif longum exclut déjà la 
surface en centuriae qu'elle (la lecture de cette ligne) pourrait indi- 
quer, mais que démentent en outre et le chiffre porté sur la pierre 
et les dimensions de la ruine dont le bombement, comme on pou- 
vait s'y attendre avec un vicw, ne couvre guère que fx hectares, soit 
à peine le tiers de la plus petite centurie. Mesures prises du côté du 
Sud, où il s'abaisse suivant une ligne moins accidentée, il s'étend, 
d'Est en Ouest, sur une longueur qu'au pas j'ai évaluée à 90D mètres 
environ (293 pas de o m. 70). Du Nord au Sud. et en passant par 
le milieu de la ruine, j'ai compté 807 pas (216 m, 90 environ ». 
Ces chiffres éliminent aussi bien h passus trop long que le pes trop 
court (35o passus = 017 m. 65 ; -Sôo pedes = 102 m. aô). J'in- 
clinerais plutôt à penser qu'il s'agit du double pied ou dupondius. 
La sigle du dupondius, double as, présente avec la nôtre une réelle 
analogie; d'autre part, 3oo dupondii correspondent à peu près à 
H^ nos 9o5— 2i/i mètres; un dupondius = o m. 091; 35o dupondii 

^m font 906 m. 85.W Et plus loin, M. Carcopino ajoute: crL'inscrip- 
^K tion nous donne du mcm une description sommaire, mais précise. 
^K Elle ne marque que la longueur du vicus : par conséquent, ou bien 
^B le bourg ne consistait qu'en une rue unique, ou c'est un indice, 

^m confirmé par l'aspect et les mesures du terrain, qu'il s'éleVait 

L 



— 6A — 

sur un plan carré dont la surface procédait exaclement de celle 
longueur. 7) 

Nous rendons hommage à l'ingéniosité que M. Carcopino a 
déploye'e pour concilier les observations qu'il a faites sur le terrain 
avec le texte même de l'inscription, et nous sommes prêt à recon- 
naître que la solution proposée par lui ne laisse pas d'être sédui- 
sante. Nous doutons pourtant qu'elle puisse être acceptée sans 
réserve. Elle se heurte en effet à de graves objections. 

D'abord il ne saurait y avoir aucun doute sur la valeur de la 
sigle épigraphique qui précède le chiffre CCCL. Cette sigle,dans 
laquelle il faut sans doute voir un C retourné et déformé, représente 
couramment des mots qui évoquent l'idée de centaine, tel que 
centurio ou cenluria; quahd il s'agit d'un bourg qui occupe une cer- 
taine superficie, elle doit se lire cpn/um, comme sur quelques-unes 
des bornes cadastrales que M. le colonel Donau a retrouvées dans 
le Sud Tunisien f^l La sigle du dupondius a une forme nettement 
différente : H. Or l'inscription que nous étudions est très bien 
gravée, et il est impossible d'admettre une confusion ou une négli- 
gence du lapicide. 

De plus, s'il est vrai que le mot dupondius ait été' parfois em- 
ployé pour désigner le double pied, ce n'est pas là son sens habituel. 
Dupondius désigne le plus souvent une monnaie , le double as. El 
il n'est pas certain que H signifie autre chose. Du moins, on n'en 
connaît pas d'exemple. 

Il y a donc, en matière purement épigraphique, de très sérieuses 
objections à ce que la sigle de l'inscription d'Aïn-Melouk puisse 
être considérée comme représentant des dupondii. 

Ces objections ne sont pas les seules. Une mesure de longueur 
est-elle ici la mesure attendue, celle qui s'accorde vraiment avec 
le sens général du texte? Le chiffre CCCL s'applique à un viens. 
Qu'est-ce qu'un vicus, non point un viens urbain, mais un viens 
rural? Ce n'est point seulement, comme on le pense parfois, un 
bourg, c'est-à-dire un groupe d'habitations qui se joignent d'un 
seul tenant; c'est aussi le territoire qui environne le bourg, qui 
appartient aux habitants du bourg. Ce caractère a été mis en 
lumière dans l'article Vicus que M. Grenier vient d'écrire pour le 

(') Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des Inscriptions, l. XII 
(i" partie), p. 3/j4 et suiv. , n" 4 , 5 , 6. 



— 65 — 

Dictionnaire des Anliquitt-s fp-erques et romaines^^\ Sans refaire cette 
de'nionslration , nous choisirons seulement certains faits qui nous 
paraissent spécialement probants. En Afrique même, à. Test de 
Lambèse, se trouve le centre habile de Vereatndu qui fut un vicus 
avant d'être élevé au rang de municipium. Lne inscription de Tan 
1/17/1^8 après J.-C. nomme les possessores vici Verecundensis '-'. Il ne 
peut guère y avoir de possessores là où il n'y a pas de territoire 
rural, partagé entre ces possessores. Quelques années plus tard, 
entre 160 et i64, sous le légat D. Fonteius Frontinianus, Vere- 
cunda, toujours vicus, formait une respubUca'^\ et ce titre, donné 
au bourg par deux inscriptions, implique aussi une certaine éten- 
due territoriale. 

Dans ritalie septentrionale, les célèbres Tables de Veleia four- 
nissent à notre opinion des arguments de grande portée. Les praedia 
rustica, les fiindi qui s'y trouvent énumérés sont indiqués quelque- 
fois non seulement par rapport à la cité, Veleia, Placentia, etc., 
et au pagus dans lesquels ils sont situés, mais aussi par rapport à un 
wVms^*^ nous apprenons ainsi que plusieurs /«rw/i sont situés dans 
un seul et même vicxis (^^; nous apprenons même qu'un vicus pouvait 
renfermer un domaine appelé fundus sive saltus ^'. Rien ne saurait 
mieux prouver que le mot vicus désigne non pas exclusivement un 
centre habité, un bourg, mais tout un territoire rural. 

frLes vici germaniques, écrit M. Grenier, ont leur circonscription, 
leurs frontières ijines), leur domaine qu'ils administrent eux-mêmes 
par leur actor praediorum t'). -n 

Il en est du terme vicus comme des termes colonia, municipium, 
civitas. Chacun de ces mots désigne tantôt le centre bâti, plus ou 
moins considérable, qui constitue le noyau, pour ainsi dire, de 
toute colonie, de tout municipe, de toute cité pérégrine, de toute 

(») S. y' Vicut, p. 854 et suiv. 

(*) Coiy. intcr. lot., t. VIII, n" /i 199. 

W Ibid., n"' k-200, 4ao6; cf. n" iaio. 

W Corp. intcr. lat., t. XI, 1147, p. I, I. Zia, 66-67, 75; p. II, I. 56, I. q3 : 
p. VI, 1. 5o, etc. 

'*) Ibid., p. I, I. 66 et suiv,, I. 75 et suiv. : toute une série de fundi sont 
situés, les uns in Veleiate, pago Albense, vico Seceniae; les autres {in Veleiate), 
pago t{upra) s{cripto), vico Blondelia. 

(*) Ibtd., p. II, I. ^3 : fundum sive saltum Betutianum pag{o) Domitio vico 
Catumiaco. 

'") Loc. cit., p. 859. 

Archbologie. — N° t. c 



— 60) — 

bourgade; tantôt l'ensemble du lerritoire, plus ou moins vaste, qui 
s'e'tend autour de ce centre bâti et qui forme corps avec lui. 

Par conséquent, la fondation par Phosphorus d'un vicus nou- 
veau, au pied du coteau couronné par le sanctuaire de Caelestis, 
ne consistait pas uniquement dans la construction d'une bourgade, 
mais aussi dans l'institution d'un organisme rural, composé d'un 
bourg et d'un territoire. Comprendrait-on de nos jours en Algérie 
et en Tunisie la création en pleine campagne d'un village qui se 
composerait exclusivement de quelques immeubles, et auquel ne 
serait pas attribuée une certaine étendue de terrain ? 

Si tel est bien le sens du mot vicus et si telle était la portée 
de l'œuvre accomplie par Phosphorus, la sigle épigraphique et les 
chiffres qui la suivent doivent exprimer non une mesure de lon- 
gueur, mais une mesure de superficie. La sigle désignant, comme 
nous l'avons indiqué plus haut, des cenluriae et le chiffre étant 
sans aucun doute 35o, il en résulte que la superficie mentionnée 
est de 35o cenluriae. Il reste toutefois une difficulté. Le mot centuna 
n'a pas toujours et partout le même sens chez les auteurs latins. 
Tantôt il est appliqué aux lots de ïagcr romamis primitif, et chacun 
de ces lots représente une superficie de 200 arpents do terre labou- 
rable, soit un peu plus de 5o hectares. Tantôt, et c'est le cas le plus 
fréquent chez les agrimensores , la centuna est une mesure de super- 
ficie, un carré de 100 actus quadrati, ce qui correspond à 1 9 hectares 
6^9 centiares (^'. C'est, suivant toute apparence, ce dernier sens 
qu'il faut attribuer à la formule de l'inscription d'Aïn-Melouk; 
35o centuries équivalent alors, en chiffres ronds, à 6,626 hectares 
ou Uk kilomètres carrés; si le terrain avait la forme d'un carré 
parfait, ce carré avait 6,65o mètres de côté, soit un peu plus de 
6 kilomètres et demi. Qu'une telle étendue de terrain ait pu être 
concédée par Phosphorus au viens qu'il a fondé, il n'y a là rien 
d'étonnant; nous t-avons en effet, par les Gromalici veleres, qu'il y 
avait en Afrique des domaines privés beaucoup plus vastes que des 
territoires de cités *2'. La région où l'inscription a été découverte 
est précisément une des régions de l'Afrique romaine où les villes 
étaient le plus éloignées les unes des autres. Tigisis à i'Ouest, 

(1' G. Humbert, s. v" Ceniiln'rt, dans Daremberg el Sajjlio, Dictionnaire des 
antiquités grecques et romaines, t. I, p. 1017. 
W Gromatici veteres , éd. Lachmann, I, p. 53. 



— 67 — 

Gadiaufala kVEsi. sont distantes dWin-Melouk d'environ i5 kilo- 
mètres à vol d'oiseau; au Nord-Est. Thibilis est à plus do 3o kilo- 
mètres, et vers le Sud 20 kilomètres au moins séparent Aïn-Melouk 
de l'emplacement probable de Macomades; c'est prëcisément entre 
Aïn-Melouk et Macomades que s'étendait le Sahm Sorothensis dont 
une inscription découverte en 189G nous a révélé l'existence ('l 
Nous sommes donc ici dans un pays de vastes domaines ruraux, et 
l'étendue du territoire attribué au vicus fondé par Phosphorus n'a 
rien que de très naturel. La topographie même du pays explique 
et justifle cette fondation. Le territoire des Aïn-Melouk, que par- 
court du Sud-Ouest au Nord-Est TOued-Melloul , affluent de l'Oued- 
Cberf. et qu'arrosent de nombreux cours d'eau, est une plaine fer- 
tile, abritée des vents du Nord-Ouest par une ligne de hauteurs 
dont plusieurs sommets dépassent 1.200 mètres, tandis que le fond 
de la plaine se trouve à des altitudes qui varient de 7333765 mè- 
tres. De toutes parts autour de Aïn-Melouk, le terrain se relève, 
au Nord dans la direction de l'Oued-Zenati, à l'Est vers la région 
montagneuse que traverse la vallée encaissée de l'Oued-Cherf, au 
Sud-Est vers la Chebka des Sellaoua oii plusieurs sommets cul- 
minent à plus de 1,500 mètres au-dessus du niveau de la mer. 
L'exploitation de cette plaine, éloignée de toute ville importante, 
exigeait la création d'un bourg oij les nombreux travailleurs agri- 
coles pussent venir à la fois vendre les produits de leur labeur 
et se procurer les denrées et objets nécessaires à leur existence. 
Mais ce bourg ne pouvait vivre, se développer, prospérer que s'il 
possédait un vaste territoire. On ne comprendrait guère d'ailleui-s 
qu'un vicxis assez important pour être orné de colonnes et de por- 
tiques, et pour posséder quatre portes ou arcs, n'eût occupé qu'une 
surface de Zi hectares. Aussi bien, il n'y a pas tout à fait accord sur 
l'importance et l'étendue des ruines entre M. Piquet et M. Carco- 
pino. M. Carcopino estime que le bombement de la ruine ne couvre 
guère que U hectares. M. Piquet, au contraire, pense que «le vicus 
dont il est question dans l'inscription n'était certainement pas un 
viculus. . .,• il devait être habité par une nombreuse population de 
colons, éleveurs et laboureurs. Son emplacement nest guère révélé 
que par une succession de iumuli, ou plutôt de gros boursoufle- 
ments. . . 7j Sans doute, M. Carcopino n'a porté son attention que 

(') Gsell, Atlas archéologique de l'Algérie, feuHïë n' t8 , n* 454. 

5. 



— 68 — 

sur un seul de ces boursouflemenls. Dans son Allas archéologique, 
M. Gsell signale plusieurs gisements de ruines autour du Bordj- 
el-Hadj-Tahar(i). 

Nous concluons donc qu'il y avait en ce point une grosse bour- 
gade rurale, pourvue d'un territoire pour lequel la mention de 
35o centuries n'est à aucun degré excessive. 

Il est vrai que notre inlerprélation se heurte à la lecture du 
mot LONGVM, adopte'e par M. Carcopino. Cette lecture ne nous 
paraît pas absolument certaine. Le fac-similé publié par M. Piquet 
donne ION CVM. D'une part, la première lettre du groupe est 
I et non un L, et sauf dans le mot a solo du début, les L de l'in- 
scription, assez nombreux, ont tous la barre inférieure horizontale 
très accentuée. D'autre part, le C n'est pas moins net et diffère très 
notablement du G par lequel se termine le mot AVG à \a pre- 
mière ligne. Le groupe CVM ressemble tout à fait au mot CVM 
qui suit immédiatement le chiffre CCCL. Assurément la lecture 
longum est la seule qui paraisse donner un sens au groupe formé 
par les six lettres, et nous ne voyons pas comment on pourrait 
interpréter les lettres ION, si l'on faisait des trois autres la pré- 
position CVM. 

Même en admettant la lecture longum, nous ne pensons pas que 
la présence de ce mot doive exclure l'idée de superficie. Longus 
a parfois été employé pour désigner l'étendue; sans doute, les 
exemples cités sont surtout empruntés à des poètes, Virgile, Ovide, 
Properce, Perse, peut-être Silius Italicus ^'-^ Mais la langue latine 
n'en connaissait pas moins ce sens du mot. Longum > ceci pourrait 
donc s'interpréter : s'élendanl sur 35o centimes. 

Telles sont les observations que nous a suggérées l'examen du 
texte découvert par M. Piquet, publié et étudié par M. Carcopino. 
Quelle que soit la solution que l'on veuille adopter, ce texte est 
certainement l'un des plus intéressants qui aient été trouvés depuis 
quelques années dans la province de Constantine. Il témoigne de 
l'extension de la vie sédentaire et agricole sur les hauts plateaux 
au sud-est de Constantine; il justifie et confirme l'opinion exprimée 
par M. Grenier dans son article si complet sur le vicus : «Les vici 

(') Feuille n" 18, n" 161 et suîv. 
(2) Forcellini, Lexicon, s. \° Lonfrus, 



f 



— G9 — 

(atVicains) paraissent do création récente; ils fixent au sol une partie 
de la population iiuli'uiic. m majorité nomade, ou réunissent en 
groupes locaux les colons émigrés ^'l?? 

J. ToUTAIJf, 

Membre du Comité. 
'•) Grenier, loc. cit., p. 858. 




LES 
FOUILLES DE VOLUBILIS 

(KSAR-FARAOUN, MAROC), 

PAR M. LOUIS CHATELAIN, 
Ancien membre de l'Ecole française de Rome. 



Les fouilles commencées à Ksar-Faraoun, aux ruines de VoluhilisW^ 
par ordre de M. le général Lyautey, commissaire-résident général de 
la République française au Maroc, ont été poursuivies aux abords 
des deux grands édifices étudiés par Charles Tissot en 187^. Elles 
ont complètement dégagé ces monuments, ont mis au jour le forum 
et les constructions voisines, découvert une maison particulière et 
un tronçon de voie romaine. La direction des travaux a été confiée , 
du mois de mai au mois de décembre igiB, au lieutenant-colonel 
Bouin, commandant le régiment de marche du U^ Tirailleurs indi- 
gènes, auquel j'ai été adjoint pour la partie technique. 

Grâce à l'autorisation spéciale qu'a bien voulu me donner 
M. le Commissaire-résident général, je puis envoyer aujourd'hui, 
pour compléter cette communication, un compte rendu sommaire 
des principaux résultats obtenus ^^l 



('^ Carie du Service géographique de TArmée au 1/100.000°, Meknès (quart 
Sud-Est) et Fès (quart Sud-Ouest), Ksar Fraoun, au nord de Meknès, au nord- 
ouest de Mouley-Ydriss. 

'"^^ Cf. Comptes rendus de l'Académie des Inscript., téance du 5 novembre 191 y , 
p. 89^ et suiv.; — Bulletin de la Société des Antiquaires, séance du 10 novembre; 
— Journal des Savants, 1916, p. 36 et suiv. 






— 71 



L'Arc de triomphe. 

De l'extrémité du col qui sépare le Zerhoun de Djebel-Mlali, on 
aperçoit deux édifices en ruine sur le plateau de Ksar-Faraoun. 
Celui qui se trouve à gauche est un arc de triomphe dont la voûte 
s'est effondrée : monument d'un style médiocre où la chute des bas- 
reliefs accentue encore la lourdeur. 

La voûte existait encore au commencement du xviii* siècle. En 
1721, l'Anglais John Windus, venu à Meknès avec le commandant 
Stewart, visita la région du Zerhoun, décrivit rapidement Volubilis, 
dont il ignorait même le nom, et prit un croquis des deux édi- 
fices : le dessin prouve qu'à cette époque l'arc n'avait point perdu 
sa voûte '*). 

Quand Charles Tissot, ministre plénipotentiaire de France aii 
Maroc, identifia Ksar-Faraoun avec Volubilis, il examina tous les 
vestiges, copia plusieurs inscriptions, et surtout donna de la cité la 
première description exacte ^^'. Il ne semble pas que, depuis, l'arc 
ait perdu une seule de ses pierres. . 

L'arc de Caracalla — c'est à Tissot que revient l'honneur de 
l'attribution — mesure 19 m. 2 5 de longueur, et l'intervalle entre 
les deux piliers est de 5 m. 35. Chacun des piliers présente, à l'Est 
et à l'Ouest, deux stylobates que surmontait une colonne : la lar- 
geur de l'édifice est de U m. 72, et de 7 m. 36 avec les stylobates. 
La hauteur maxima du monument est de 9 mètres ^^K 

Il est regrettable que l'amoncellement des matériaux n'ait point 
permis d'attribuer à telle ou telle partie de la construction les 
nombreux bas-reliefs qu'il a fallu déplacer pour dégager l'ensemble. 
Ces reliefs sont d'ailleurs dune ornementation assez pauvre, inspi- 
rée le plus souvent du style géométrique. 

Les quarante-huit fragments de l'inscription établissent que 
celle-ci figurait en deux exemplaires : l'un à la façade occidentale, 

(') A Jouriwy to Mequinez ( London , i . Tonson ,1725, in-8°) , p. 8 7-89 et planche 
de la page 88. 

(*) Recherches $ur la géographie comparée de la Maurétanie Tingitane (Paris, 1 887, 
in-i"), p. ilxS et suiv.; extrait des Mémoireg prégeittés. . . à l'Académie des Inscrip- 
tions, 1" série, t. IX, 1" partie, p. 988 et suiv. 

^'J Eiactement 8 m. 98, 4 m.oa au-dessus de ia corniche du milieu, /i m. 96 
au-dessous. Ces mesures ont été prises à i'angle sud-ouest, au point le plus élevé 
de l'arc. 



— 72 — 

et l'autre à la façade opposée. L'édifice a été dédié par le procura- 
teur M. Aurellius Sebastenus entre le lo décembre 9 16, premier 
jour de la 20* puissance tribunice de Caracalla, et le 8 avril 217, 
date de la mort de cet empereur. 11 était, ainsi que l'arc de Septime- 
Sévère à Rome, surmonté d'un attelajje à six chevaux. 

Les fouilles ont révélé les traces d'un portique et de plusieurs 
pièces, probablement des boutiques, au Sud-Ouest : cet ensemble, 
découvert depuis quelques jours, sera déblayé d'ici peu. 



La Basilique. 

Le second édifice qu'on aperçoit de la plaine, à droite de l'arc 
de triomphe, ressemble à une basilique, et les deux absides qui se 
faisaient face semblent donner raison à Tissot. D'autre part, une 
inscription découverte par M. de La Marlinière nous apprend que, 
pendant la 21" puissance tribunice d'Antonin le Pieux, c'est-à-dire- 
l'année i58 de notre ère, les fidèles de la maison impériale ache- 
tèrent un terrain et y construisirent un temple orné de portiques, 
tempîum cum porticibus '^^\ L'identification à première vue ne paraît 
susciter aucun doute, et M. de La Martinière, le premier, l'a pro- 
posée (2). Toutefois il est plus prudent d'attendre, pour se prononcer, 
que les fouilles aient déblayé la partie du terrain située à l'Est, — 
travail qui se poursuit en ce moment. On verra alors lequel des 
deux mots convient, temple ou basilique, pour définir l'édifice. 

C'est une construction rectangulaire qui mesure environ ^2 mè- 
tres sur 28 (^). Elle était, au début des travaux, à peu près dans le 
même état que du vivant de Tissot. Deux des arcades extrêmes du 
portique de l'Ouest sont assez bien conservées; on compte, au- 
dessus de l'arcade nord-ouest, neuf assises de pierres de grand appa- 
reil, et six: assises au-dessus de l'arcade sud-ouest. 

On remarque, au nord et au sud de l'édifice, des murs en 
moellons de petit appareil, l'un disposé en demi-cercle, soutien 
d'une abside, l'autre terminant la basilique. Au Sud, ces murs sont 

(') Corp. inscr. îaL, t. VIII, n" 2i8a5. 

(5) Journal des Savants, 1919, p. 35. — C'est évidemment par erreur que le 
distingué explorateur de la Tingitane a confondu Hadrien ( Traianus Hadrianus 
avec Antonio ( Hadrianus Antoninus ). 

C* Exactement 1*2 m. iy sur 98 m. 69. 



— 73 — 

arasés, mais au Nord ils ont une hauteur de o m. ko et de i mètre 
par endroits. Il n'y a donc pas lieu de supposer, comme je l'avais 
pensé tout d'abord, que les murs du Sud, en blocage, n'étaient que 
les fondations d'un mur de grand appareil. 

On distingue très nettement, contre l'extrémité orientale, des 
pilastres au nombre de sept. Il reste de chacun plusieurs assises. 
Entre le premier et le second, le sixième et le septième, un seuil 
étroit. 

Aucune colonne n'était en place. Il est à peu près indiscutable 
que les différents tronçons de colonnes trouvés au milieu de la 
basilique étaient le tiers du fût; on peut donc supposer que les 
nombreux chapiteaux corinthiens, hauts de o m. 76, étaient sou- 
tenus par des colonnes de 5 m. 62. Ces dimensions concordent avec 
les restes des demi-colonnes engagées dans les arcades. 

On a partout relevé les fûts de colonnes , et replacé les bases de 
cinq pilastres à l'extrémité occidentale. Le plan permet de recon- 
naître d'emblée les parties reconstruites; il faut ajouter l'arcade 
nord-est, que l'on a pu constituer à nouveau à l'aide des matériaux 
effondrés (^). 

Les dalles trouvées en place appartiennent presque toutes à 
l'abside méridionale ou à la partie nord du portique oriental. 

Le Forum. 

La partie occidentale du monument que nous venons d'étudier 
est bordée, sur presque toute sa longueur, par un escalier de 
quatre marches. Au bas on a mis au jour une place dallée, longue 
de 38 mètres, qui ne peut être autre chose que le forum. Déjà M. de 
La Martinière, dans son article d'ensemble sur Volubilis '^'-K pensait 
avoir retrouvé le forum, mais il le situait entre l'arc et la basilique. 

L'extrémité' septentrionale du forum, vu l'amas des mate'riaux 
qui l'encombrent, n'apparaît nettement qu'à l'angle nord -est. A 
l'Ouest, un seuil bien conservé ne laisse subsister aucun doute. La 
partie sud comprend un certain nombre d'édifices que nous exami- 
nerons en détail. 

Il n'est pas hoi-s de propos de rapprocher de ce forum , pour les 

t'î Deux pierres seulement ont dû être taillées pour reformer le cintre. 
<»^ Jow-nat des SavanU, 1912 , p. 36, et plan de la page 87. 



— 74 — 

dimensions, certains forums comme celui de Chemtou {Simitthus), 
qui mesure Uo mètres sur 28, ou celui de Medeina [AUfiiburos), 
28 mètres sur 3o t^l 

On accédait au forum de Volubilis par un escalier de six marches. 
La première partie, large de 6 mètres, comprend trois degrés 
d'une profondeur moyenne de o m. 85. La seconde partie présente 
un palier qui donne à la quatrième marche une profondeur de 
3 mètres, et, tout au bord de celle-ci, un seuil de h mètres : les 
deux encoches destinées à recevoir les gonds sont très nettes; un 
dégorgeoir, en forme de rosace ajourée de six pétales, recouvre 
une canalisation. Deux marches terminent Tescalier, placé de biais 
sur le forum. 

Par un autre escalier, de trois degrés, on sortait du forum à l'angle 
nord-est pour se diriger vers Tare de triomphe. La profondeur des 
deux premières marches est la même qu'au précédent escalier; sur 
la troisième, moins profonde de o m. 10, on remarque un large 
seuil, qui mesure U m. Gk; plus à l'Est encore et tout à fait contre 
la basilique, on distingue un autre seuil, beaucoup plus étroit 
(1 m. 3/1 de largeur). 

Quant aux édifices qui s'élevaient autour de la place, on ne 
peut, en ce moment du moins, en fixer la destination qu'au Sud : 
les murs en blocage qu'on aperçoit sur la partie occidentale du 
forum sont d'ailleurs construits avec des matériaux de remploi. 

Le monument qui apparaît au visiteur arrivé en haut de l'esca- 
lier semble bien être la tribune aux harangues; à défaut de texte, 
c'est l'hypothèse la moins fragile. Sa hauteur mesure 1 m. 10, et 
la base seule , o m. 36 ; sa largeur, 7 m. 63 ; sa profondeur, h m. 89. 
Une inscription gravée en beaux caractères, mais très fruste , s'étend 
sur toute la largeur : Co. . . munic[ïpiu]m VoluMlitanum decreto de- 
curionum ded (^'. 

Ce monument a été prolongé à l'Ouest et empiète maintenant 
sur une partie de l'escalier. Celte addition est évidente à première 
vue ; parmi les matériaux employés figure une base de deux statues 
où les marques des quatre pieds sont caractéristiques. 

La grande inscription élevée en l'honneur de Septime-Sévère 



"' Cf. A. Merlin, Forum et églises de Sujelula (Paris, Leroux, 1912, in-8°), 
p. 17, n. h, et Forum et maisons d' Althiburos (ibid. , 1918), p. 6. 
(2) Inscription de Volubilis, 19. 



— 75 — 

(196 après J.-C.).^^) a été découverte sur le mur en ruine de celte 
seconde partie. 

Les différentes pièces qui s'étendent au sud des rostres ne sont 
pas encore déterminées. On distingue deux canalisations, passant 
l'une derrière la tribune, l'autre à 9 mètres plus loin. Mais une 
piscine, dans laquelle on descend par quatre marches, offre une 
parfaite conservation. Elle mesure environ 6 mètres de long sur 
3 m. 5o de large, et sa profondeur est de 1 mètre. Près de l'angle 
Dord-est, elle communique avec la canalisation la plus voisine. On 
remarque dans l'ensemble, outre des murs en blocage, quelques 
parements de murs en briques. 

Enfin, contre l'angle sud-ouest de la basilique, un seuil de 2 m. 5o 
de large correspond à celui que nous avons signalé plus haut. 

La plupart des bases des statues découvertes au cours de la pré- 
sente campagne ont été trouvées sur ce forum. On les a redressées 
à peu près à l'endroit 011 elles ont apparu : celle de M. Valerius 
Severus, la plus rapprochée des marches de la basilique; celle de 
Fabia Bira, femme de Severus; d'Aemilia Sextina, dXlpia Severina, 
des Caecilii, etc. Seule l'inscription en l'honneur d'Isis !^', placée à 
peu près au centre du forum, paraît égarée, si tant est que les 
manifestations des cultes orientaux doivent toujours être bannies 
du centre des villes. 



La m 



AISOX AU PRESSOIR. 



Ce compte rendu serait incomplet si l'on omettait deux décou- 
vertes dues à l'établissement de la voie d'accès qui relie le plateau 
de Ksar-Faraoun à la pist^ de Moulay-Idriss. C'est d'abord un 
tronçon de voie romaine, large de h mètres, actuellement déblayé 
sur une longueur de i5 mètres : rue grossièrement pavée, non 
dallée, mais intéressante parce qu'elle est la seule rue que l'on 
connaisse. Le déblaiement sera poursuivi sous peu. 

C'est ensuite une maison composée de plusieurs pièces d'habi- 
tation, et pourvue d'un torcuhriuin et de toutes les dépendances 
nécessaires à la fabrication de l'huile. Ce qu'il importe de signaler, 
c'est l'excellente conservation de cet ensemble ; pièce qui contenait 



'•1 Intcriptton de Volubilis, 1. 

<*J Corp. imcr. lat., t. VIII, n" 21832. 



— vê- 
le pressoir, cuves où ion recueillait Thuile, et jusqu'au tuyau de 
plomb qui permellait d'emplir une grande jarre trouvée en place. 

Je fais suivre cette courte note de la se'rie des inscriptions de'cou- 
vertes au cours des fouilles. 

DÉDICACES IMPÉRIALES. 

1. Sur une pierre rectangulaire mesurant dans ses plus grandes 
dimensions i m. 3o de hauleur sur i m. 69 de largeur et o m. 19 
d'épaisseur. Les lettres présentent 60 millimètres de hauteur. La 
gravure est soignée. 

IMPERATORI CAESARI DIVI MARCI ANTONINI 

GERMANICI SARMATICI FILIO DIVI COMMODI 

FRATRI DIVI ANTONINI Pli NEPOTI DIVI HADRI 

ANI PRONEPOTI DIVI TRAIIANI PARTHICI ABNE 

5P0TI DIVI NERVAE ADNEPOTI 

L'SEPTIMIO SEVERO PIO PERTINACI AVG PARTHICO 

ARABICO ET PARTHICO ADIABENICO P P PONT 

MAX-TRIB POT IIII IMP VIII COS II PROCONSVL 

ET M-AVRELIO ANTONINO CAESt» 

10 ET IVLIAE DOMNAE AVG M AT RI CASTRORVM 

RESPVBLICA VOLVBILITANORVM EX DEcreto 

ORDINIS FOsuit 



Imperatori Caesari, D'iui Marci Antonini Gcrmanici Sarmatici fdio , Diiii 
Commodi fratri, Diui Antonini PU nepoti, Diui Iladriani pronepoti, Diui 
Traiiani (sic) Parthici abnepoti, Diui Neruae adnepoii, L. Septimio Seuero 
Pio Pertinaci Aug{iisto) Parthico Arabica et Parthico Adiabenico, p{atri) 
p{atriae), pont(ifici) max{im6), tnb{unicia) pot{estaté) IV, imp{eratorî)VUI , 
co{n)s{uli) II, proconsuli , et M. Aiirelio Antonino Caes{ari), et Juliae Domnae 
Augiustae), matri castrorum, respublica Volubititanonim ex de[creto] ordinis 
po[suit]. 

L'énumération de toutes les descendances que s'attribue Septime- 
Sévère font de ce texte un modèle de rédaction épigraphiquc et la 
plus belle inscription qui nous soit parvenue de Volubilis. 

On s'attendait à trouver, pour désigner Marc-Aurèle, à la pre- 
mière ligne, Diui M. Aureli Antonini; pourtant une inscription de 



— 11 — 

Sétif^^), et d'autres aussi, ne porte que M, Àntonini; encore le pré- 
nom yfigure-t-il, selon la règle, en abrégé. 

La quatrième puissance tribunice de Septime-Sévère et son hui- 
tièuîc iinperium nous reportent à Tan 196. et le litre de César ne 
fut donné à Caracalla qu'à Tautomne de cette année. Cette inscrip- 
tion ne peut être ni antérieure à l'automne de 196, ni postérieure 
au 10 décembre 196. 

2. Base de statue. Pierre incomplète dont on ne possède que 
la partie supérieure. Au-dessus de l'inscription, un losange entre 
deux rosaces. Les plus grandes dimensions de la pierre sont : 
o m. 65 de hauteur, o m. 66 de largeur, o m. ok d'épaisseur. Le 
centre de la pierre mesure m. 5i sur o m. /i 6, et le cartouche 
de l'inscription, o m. 26 sur o m. 87. L'écriture dénote une cer- 
taine recherche. Hauteur des lettres, 5o millimètres à la première 
ligne, k'] millimètres à la deuxième. 

VLP -SEVERI 
NAE-AVG CO 

Ulp{iae) Seuerimie Aug{mtae), coH[iugi d. n. Imperatoris Caesaris 
L. C. Domilii Aureliani]. . ., etc. 

A la fin de la seconde ligne, un petit N est inscrit au centre 
de l'O. 

Ulpia Severina, femme de l'empereur Aurélien (270-275), est 
l'une des huit princesses impériales quijont porté le titre de mater 

castromm ^^l 

3. Fragment d'inscription impériale. Entre la rive droite de 
rOued-Faraoun et la piste de Moulay-Idriss. Pierre grossière, écri- 
ture médiocre. Hauteur, o m. 45 ; largeur, o m. 80 ; épaisseur, o m. 5o. 
Lettres de i3o millimètres. 

i'MPVIIPP 
DICATI 

. . .[i]mp{era(ori) VII, p{ati-t) p{atriae) . . . dicati. . . 

(') Corpus insa: lat., t. VIII, n" io363. 

(*> Gagnât, Cours d'épigraphie latine, 4^ édition, p. 16"-. 



— 78 — 

li. Base de slalue. Inscription de huit iignes, d'une écriture 
très efface'e, à peine lisible aux premières lignes, illisible aux 
autres. Martelage au début de la seconde ligne. Hauteur, i m. 26; 
largeur, cm. 71; profondeur, o m. /19. Lettres de 65 millimètres. 

im? CAES MAVR 

mmmm pio felici 

AVG P P PONTIFIC 
mAXIMOTRIBVNIC 
5 |)OT COS PR.OC0S 
O 



[7Mi]p(eraiorî) Caes((iri) M. Aur(clio) [Proho] Pio Felici Aug(iisto), p(atri) 
p{atriae), ponlific(i) [m]aximo, tribunic[ia) , [p]oi(estate) , co(n)s(tt/t) , pro- 
co{n)suU. . . 

Des quatorzes empereurs dont le nom commence par M. Aure- 
lius, six ont eu leur surnom martelé. Ce sont Elagabal, Sévère- 
Alexandre, Probus, Carus, Maximien et Maxence. D'autre part, il 
y a juste place, à la ligne 2, avant le mol pio, pour cinq ou six 
lettres : Probus (276-282) et Carus (282-283) semblent les seuls 
mots qu'il soit possible de rétablir. Le haut d'une R et d'un O 
apparaissent suffisamment pour qu'il soit permis de proposer le 
mot Proho. 

S'il s'agit, comme je serais actuellement porté à le croire, de 
Probus, la première puissance tribunice de cet empereur nous 
reporte à l'année 276. Si enfin l'espace compris, à la ligne 5, entre 
[p'\ot{estaie) et co{n)s(uli) présente bien la trace d'un chiffre, ce ne 
peut être que le chiffre 11, et ce texte aurait été gravé entre le 
10 décembre 276 et le 10 décembre 277. 

5. Base de statue. Lettres de 60 millimètres aux six premières 
iignes, de 5o millimètres aux autres. Les caraclères de cette inscrip- 
tion sont très effacés, et leur lecture n'est donnée ici que partielle- 



— 79 — 

ment. Hauteur, i m. 44; larjjeur, o m. 55; profondeur, o m. 56. 
Lettres de Ub millimètres. 

P-CORNELIO LICINIO 

VA L E R I c mmmm^ c a e s 




p. Conielio Liciniano Valerio . . . Ca€s{an) , Imp{eratori) 

lmp{eratori) Aufft^sto] 

resj){ublica) Vo[l{ubUitanorum) ex décréta ordinis] 

posuit. 

Cette inscription paraît bien se rapporter à l'un des Licinius , 
et les lettres CO à la 6' ligne doivent être les premières lettres 
du nom de Constantin : mais je me suis gardé de toute restitution 
arbitraire. A la fin de la 3" ligne, ni ne soulève aucun doute, et 
les deux avant-dernières lettres de la ligne 6 sont bien une N 
et un A : après vient une autre lettre qui pourrait être un B. 

Dédicaces à des personnages de Volvbilis. 

6. Base de statue. Inscription gravée sur un socle de pierre 
mouluré, dans un cartouche. Ecriture soignée. Hauteur de la 
pierre, i m. liû; largeur, o m. 7/1 ; épaisseur, o m. 69. Cartouche de 
o m. 87 sur o m. 69. Lettres : Uo millimètres aux trois premières 



— 80 — 

lignes; 35 raiilimètres à ia h" et à la 5°; i5 niHlimèlres aux sui- 
vantes, sauf à la dernière. 

M <i> VAL BOSTARIs 
F GAL SEVERO 
AED SVFETI FI VR. 
FLAMINI PRIMO 

5lN MVNICIPIO SVo 

PRAEF-AVXILIOR-ADVERSVS AEDEMO 
NEM OPPRESSVM BELLO 
HVIC ORDO MVNICIPlI VOLVB OB ME 
RITA ERGA REM PVB-ET LEGATIO 

10 NEM BENE GESTAM QJV A AB DIVO 
CLAVDIO CIVITATEM RO 

MANAM ET CONVBIVM CVM PERE 
GRINIS MVLIERIBVS IMMVNITA'EM 
ANNORQ^X^INCOLAS BONA CIVIVM BEL 

,i5 LO INTERFECTORVM Q_y O RV M HERE 
DES NON EXTABANT SVIS IMPETRA 

VIT 
FABIA BIRA IZELTAE F VXOR INDVLGE 
NTISSIMO VIRO HONORE VSA IMPENSAM 

20 REMISIT 

•ET-D-S-P-D-D- DIC 



M. Val{eno), Bostaris f{ilio), Gal{eria tribu), Seuero, aed{ilî), sufeti, 
diiuinuir{o) , Jlainvn primo in municipio suo, praef{ecto) auxiliorium) aduersus 
Aedemonem oppressum bello. Huic ordo municipii Volub(iIitanorum) , ob mérita 
erga rem pub{licam) et legationem bene gestam, qua ab diuo Claudio ciuitatem 
romanam et coniibium cum peregrinis muUeribus, immunitatem annoiiiim) X 



— 81 — 

inco[[i\s, bona ciuiuin bello interfectorum quorum heredes non extabant suis 
impetrauit. 

Fabia Bira, Izeltae f{ilia), uxor, indulgetUissimo u{ro honore usa impen- 
sain reinisit et d{e) s(tia) p{ecunia) d{edU), d{e)dic(aiit). 

A la 1"^^ ligne, le point entre VL et le B est imperceptible et dis- 
posé un peu au-dessus de la place normale. A la ligne 6, au-dessus 
du troisième E à\iedemonem, deux petites lettres et une légère 
barre, comme si le lapicide, ou quelqu'un d'autre, avait pensé 
corriger Ae[iu]denwnem , mais il s'agit des traits gravés par erreur, 
puisque le nom est connu. A la ligne 7, optressum, corrigé en 
oppressum. Nulle trace de martelage à la ligne 11. Le lapicide a 
seulement laissé un blanc pour éviter un endroit défectueux de la 
pierre. Le cartouche est entièrement réglé. 

On est ici en présence du texte le plus important que l'on con- 
naisse pour l'histoire de Volubilis. Marcus Valerius Severus fut mêlé 
à l'un des plus graves événements de la Maurétanie Tingitane. 
Lorsque Caligula profita d'un voyage que Pfolémée II fit à Rome 
pour faire assassiner ce prince, les indigènes se soulevèrent. 
A leur tète se trouvait un ancien affranchi de Ptolémée, cet Aede- 
mon dont Pline nous a conservé le nom : «Romana arnm prinuun, 
Claudio principe , in Mauretania bellauere, Plolemaeum regem, a C. Cae- 
sare inleremptuni , ulciscente liberté Aedemone-n ('). 

Severus est, sans doute possible, ie vainqueur d'Aedemon; la 
reconnaissance de Claude valut aux Yolubilitains le droit de cité; 
l'empereur accorda également aux concitoyens de Severus le droit 
de contracter avec des étrangères un mariage valable ("^^ et exempta 
d'impôts pendant dix ans les habitants; il parait absolument indis- 
pensable de corriger incolas en incolis. 

Le père de Severus était Carthaginois ou d'origine carthaginoise, 
ainsi qu'en témoigne ce nom de Bostar. Le titre de suffète que 
porte Severus indique également une fonction en usage dans les 
villes phéniciennes et carthaginoises. Il est donc à peu près certain 
que Severus, avant de s'être signalé à la reconnaissance de Claude, 
avant même d'avoir habité Volubilis, administrait une colonie phé- 
nicienne. Il serait beaucoup plus téméraire de supposer que Volu- 

f^^ V, 1, 11.-^ Cf. Cagnat, Arme romaine d'Afrique, a' édition, p. 3o. 
C' La présence de la conjonction et semble indiquer que ces deui avantages 
sont étroitement liés l'un à l'autre. 

AUCHÉOLOGIK. — N* 1. fi 



_ 82 — 

bilis, avant d'être la vilie principale de la République des Voiubi- 
iitains, aurait e'té une agglomération carthaginoise. Tout porte î^ 
croire que la ville fut, par les Romains, créée de toutes pièces, et 
les fouilles ulte'rieures viendront peut-être confirmer ce qui n'est 
encore qu'une impression personnelle. 

^abià Bifa, fiHe d'Izelta et femme de Severus, partageait avec 
son maï-i les honneurs du flaminat. Deux inscriptions, publiées aux 
ttùiiiélros 19 et 1 3 , lui sont consacrées. 

7. Base de statue. Hauteur, i m. i6; largeur, o m. 75. Cartouche 
de o m. 70 sur o m. 65. Lettres de 55 millimètres à la i"^^ ligne, 
lio millimètres à la 6% 5o millimètres à la 7", A5 millimètres aux 
autres lignes. Bonne gravure. 

/ CAECILiO L FILI O 

CAECniANO 
AEDILI TT VIR FLAM 

MVNICIPlI 
5 MANLIA R.OMANA 
NVKVS SOCERO PlISSiMO 
POSVIT 

L. Caecilio, L.fiiio, CacciUano , aedili , duumuir{o) , Jlam{ini) inunicipii, 
ManUa Roinann, nurus, socero inisslmo posuit. 

Le re'tablissement de l'L au début de la 1'" ligne ne présente 
aucune difficulté. 

Manlia Romana , belle-fille de Caecilius Caecilianus, semble avoir 
été la mère du décurionL. Caecilius Clemens dont il est question 
à l'inscription n° 21 838 du Co^yns. D'autre part, sur l'inscription 
n° 9 du présent mémoire, celle-ci est appelée Gaecilia Caeciliana. 

8. Base de statue. Hauteur, 1 ni. 27; largeur, o ni. 73; épais- 
seur, o m. 55. Cartouche de o m. 89 sur o in. 64. Lettres de 



- 83 — 

6o niiHimètres aux quatre premières lignes, de 5o niilliniMres 
à la 5% de 3o millimètres aux 6* el 7% de 35 millimètres à la 8*. 
Belle écriture. 

Q^ • C A E C I L 1 O 
Q_- F • GAL- PLATONI 
AED • riVk • FLM 
NI M V N I C I P I 
5 V O L V B 

CAECILIA CAECILIANA 

"FILIA PllSSIMA PATRI 

D D 

Q. CaeciUo, Q. f{iUo), Gal{ena tribu), Platoni , aed{ili) duumuir{o),JIamini 
municipi[t) Vohb{iUtamrum) , Caeàlia Caeciliana filia piissima patri 
d{e)diit). 

Les lettres NI sont gravées dans TO final de la seconde ligne. 

9. Base de statue. Hauteur, 1 m. o5; largeur, m. 96; épais^ 
seur, o m. h8. Lettres de 70 millimètres. Belle écriture. 

L- CAECILIO • LVCI • FIL • 
CLAVDCLEMENTI 
DEC IIVIRALI- 

ANNOR • XXXIII 
5 CAECILIA CAECILINA 
FILIO ■ KARISSIMO 
POSVÙ 

L. CaeciUo, Lueijil{io), Claud{ia tribu), Qlementi, dec{uriont), duunuirali, 
annorum XXXIII, Caecilia Caeciliana JUio kartssimo posu[it]. 

A remarquer linscription du prénom en toutes lettres. 
Cf. Imscription n° 7 et Corp. inscr. ht., t. VIII, n° îi8â8. 



— Sa — 

10. Base de statue. Hauteur, i m. 29; largeur, o m. 76; épais- 
seur, m. 53. Cartouche de m. 80 sur m. 62. Lettres de 
5o millimètres. 

LvCAECILIOvL FvCLAVDIAv 

Y S I LVA NO V EQ_v ALAE 

V A V G V 

CAECILIA Y MODESTA y MA'E« 

5 ET CAECILIVS > MoDEST\S . 

Y F R Y A T E R 

yDy ySy yPy' yPy 

L. Caecilio, L. f(ilio), Claudia {tribu) , SilUano, efj(uili) ulae Aug{iisiae) 
Caecilia Modcsta , mater, et Caecilius Modestus , Jrater, d(e) s{ua) p[ecunia) 
p{osuerunt). 

Inscription d'une gravure soignée. Le lapicide a même fait 
preuve d'une certaine afféterie; il a multiplié les points séparatif's 
et orné à l'excès la forme des lettres; les ligatures du dernier mot, 
à la ligne 4 et à la ligne 5, témoignent également de cette re- 
cherche. 

Ce personnage nous est connu par une autre inscription qui 
nous apprend l'âge de sa mort, 21 ans''). 

Les Caecilius paraissent avoir été l'une des pentes les plus im- 
portantes de Volubilis; cinq sur vingt des inscriptions trouvées au 
cours des fouilles de celte année concernent des personnages de 
cette famille. 

11. Base de statue. Hauteur, 1 m. 22; largeur, m. 65; pro- 
(1) Cotfus insci\ laU, t. YIIl, n" 21 865. 



— 85 — 

fondeur, o m. U^. Cartouche de o rn. 7^5 sur o m. 635. Lettres 
de 5o millimètres. 

L ^ SARIOLENo 
L • FIL • QVIR 
P R O C V L O 
FIL • VO LVB I 
5 L I T A N I P A. 
T R • D • D 

L. Sanoleno, L.fil{io), Quir[ina tribu), Proculo , fil{it) Volubilitani , 
patr(t) d(e)d{erunt). 

M. de La Martinière avait vu cette inscription, mais, n ayant pu 
sans doute la dégager en entier, il n'en avait donné que la pre- 
mière ligne et deux lettres de la troisième '■^K 

12. Base de statue. Hauteur, i m. 26; largeur, o m. 76; profon- 
deur, m. 5o. Cartouche de m. 72 sur m. 53. Lettres de 
ho millimètres aux deux premières lignes, 35 millimètres à la 3® 
et à la iû% 3o millimètres de la k^ à la 9*. Caractères excellem- 
ment gravés. 

FABIAE • BIRAE • 
I Z E L T A E • F 
FLAMINICAE 
PRIMAE IN M VN I 
5 CIPIO VOLVB 

ERG A SVOS Pis SI 
MAE ET BE^EMEk 
TAE • M • VAL • SEVE 
RI • LIB • ANTIOCHVS 
10 D • S • P • D • D D 

Fabiae Birae, Izeltae f[iliae) ,Jlaminicae priinae in municipio Volub{ilitano), 
erga suos piissimae et bene meritae, M. Val[erius), Severi lib{ertus), Anlio- 
chus, d{e) s{ua) p{ecunia) d{edit), d{e)d(icavit). 

(') Cf. Coiy. in$cr. lat., t. VIII, n" 9i83/i. 



— 86 — 

On a vu, par rinscription n" 6, que Fabia Bira, fille d'Izelta, 
était la femme de M. Valerius Severus et qu'elle lui surve'cut. 



13. Base de statue. Hauteur, i m. 28; largeur, m. 63. Car- 
touche de o m. 77 sur o m, 55. Les trois premières lignes mesurent 
A 5 millimètres, les autres lignes 35 millimètres. La pierre est 
brisée en haut et à gauche. Bonne gravure. 



A K 



f a b i a e B I R 
î Z E L T A E F 
F L A M I N I C ^ 
PRIME IN M\N 
5 CIPIO VOLVB 

B I L c R rs P V S 

ET CAECILIANVs 
ET ROGATVS CRh 
PI F AMITAE IN 
loDVLGENTISSI 
MAE D S P 
DEDER 

[Fabiae\ Birae, [I]zeUae J [iliae) , flaminîcae primae in municijno Volu- 
h<hyil{îtan6), Crisptis et CaecUianus , etRogatus, CmpiJ{ilius), amitae indul- 
geniissimae d{e) s{ua) p{ecunia) deder{unt). 

La restitution du premier nom est certaine, puisque le person- 
nage nous est connu. 

L'e'crilure est la même que celle de Tinscription précédente; 
la forme des E, notamment, est caractéristique. La barre médiane 
est aussi loilgue que les deux autres; parfois même la barre 
supérieure dépasse sensiblement à gauche : Fabiae, à la i"^" ligne 
de l'inscription n" 1 2 ; le dernier e à'indulgentissimae , le premier de 
deder{unt), aux lignes 11 et 12 de la présente inscription. 

Les trois inscriptions qui contiennent le nom de Fabia Bira 
nous permettent de reconstituer ainsi toute une famille de Volubilis 



— 87 — 

au i" siècle de notre ère. C'est d'abord Taneêtre, Bostar; c'est 
ensuite M, Valerius Severus, le grand personnage qui a obtenu de 
ses concitoyens le droit de cité; ce sont Crispus et Caecilianus, 
frères de Severus; c'est enfin la troisième génération, Rogatus, 
fils de Crispus. Nous connaissons en outre la femme de Severus, 
FabiaBira; son père, laelta; enfin, Antiochus, luu des afFranchis 
de M. Valerius ^evwis. 

\h. Base de statue. Hauteur, i m. 3o; largeur, o m. 71; 
épaisseur, m. 82. Lettres de 60 millimètres à la 1" ligne, de 
5o millimètres à la 2* et à la 3% de 3o à 35 millimètres aux 
autres lignes. Gravure soignée. Caractères semblables à ceux de 
l'époque d'Hadrien. 

A E M I b J^ 

D • Fi L • S E X tJ Ai 

VIENNENSI BIS FLAMINICAE 
OR DO VOLVBILITANOR.VM 
5 OB EXIMIAM eIVS PROBITaTEM ET MA 
RITI SVI NAMMl MATERNI PRAEF €H0R 
ASTVR ET CALLAECOR MERITA LOCW 
SEPVLCHRI • INPENSAM FVNERIS 
STATVAM DECREVIT NAMMiy^ 
10 MATERNVS CONTENTVS HONGRE 

Aemiliae, D. Jil{iaé), Sexùnae, Viennensi, his fiaminicae , ordo Volubi- 
litanorum, oh eximiam eius probitatem, et mariti sut, Nammi(t) Materni^^-^, 
praeJ{ecH) cohoiitis) Astur{um) et Callaecoii^um) , mérita, hcum sepikhri, 
inpensam Juneris, stqtuam decrevit. Nammius Maternus, contentus honore, 
inpens[a>n remisil, sua pecunia pos]uit. 

(•' On remarquera qu'Acmiiia Sextina était Viennoise , et qu'on a retrouvé à 
Genève , dans le pays des Aiiobroges , sur le territoire de la colonie de Vienae , 
l'épitaphe d'un certain L. yammius ^Sumàa {Corp. inscr. lai:, t. XII, n° 2629) 
dont le surnom indique Torigine africaine. 



— 88 — 

Un éclat de la pierre, à la ligne 8, paraît représenter un u con- 
sonne au début du dernier mot, mais un examen attentif permet 
de reconnaître sans aucun doute un/. 

Si intéressante que soit la mention d'une femme qui fut deux 
fojs flamine, elle Test moins que le nom et la fonction de Nammius 
Maternus. Ce dernier commandait une cohorte d'Astures et de Gal- 
léciens; or on connaît, par un texte trouvé tout près de Ksar-Fa- 
raoun, à Aïn-Chkour, un autre commandant de cohorte du même 
recrutement, [Ae]l(ius) ou [FJl(avius) Néon, placé à la tête de la 
i" cohorte. Cette cohorte était un des corps d'occupation de la pro- 
vince ^'l 

A remarquer, du point de vue de la syntaxe, mariti sui, au lieu 
de mariti eius. 

1 5. Base de statue, trouvée entre le temple et l'oued, auprès de 
la nouvelle voie qui conduit au temple. Hauteur, i m. 29; largeur, 
G m. 66; profondeur, m. kk. Lettres de 35 millimètres. 

SVTRONIAE • VALENTINE CONVGI 
CLEMENTIMI MRCELLINI • V P P ET 
PATRON! NOSTRI RESPVBLICA 
VOL-EX DECRETO-ORDINIS-POSVIT 

Sutroniae Vaîentin(a)e, coniugi Clementini{i) Marcellini, u{iri) ■pierfec- 
tissimt) , p{raesidis) et patroni nostri, res publica Vol{ubiKtanorum) ex decreto 
ordinis posuit. 

Mauvaise écriture. A la 2* ligne , la neuvième lettre paraît bien 
être une n intervertie. L'inscription est évidemment de basse 
époque. 

Cette inscription est à rapprocher, par son contexte, de deux 
autres publiées aux n°' 2i833 et 218^16 du Corpus. 

16. Pierre très dure. Hauteur, m. /ig; largeur, m. 65; pro- 
fondeur, m. 83. Cartouche entouré d'une ligne d'oves, o m. 52 

l'î Cf. Gagnât, Armée romaine d'Afrique (a' éd.), p. ^258, 269 et 3CA. 



— 89 — 

sur o m. ^2. Lettres de 32 à 3/i inillimèlrcs; dernière ligne, 
■20 millimètres. 

Bonne écriture. Excellente gravure. 

VALERIAE MYGGYNl 
PVDENTIS FIL M WL 
SASSIVS • PVDENS 
SOROk • PiSSIMAE 
5 DSP 

Valeriae Myggin[e], Pudentis fil(iae) , M. Vid{erius) Sassius Pudens 
sorori piissitnae d{e) s{uo) p{osuii). 

Sassius Pudens est vraisemblablement le mari de la flamine 
Ocraliana {Corp. inscr. ht., t. VIII, n° 2 18^2) '^l 

17. Fragment. Hauteur, m. ho; largeur, o m. 58; profondeur, 
o m. 35. Lettres de 70 millimètres. 

VALERIAE iv 

CANAE LVO 

F î L I A E 

Valeriae Lucanae Luca[nt\ filiae. 

18. Base de statue. L'e'criture de cette inscription est assez sem- 
blable à celle du n° 10. Lettres de 5o millimètres. 

CAECILIAE • CAECILI 
L CAECiLIVS CAEC 
NVS PATER ET VALERIA 
MANLIA MATER FILIAb 
5 PlISSVMAE • D • S • P • D • D 

CaecUiae CaecUi[anae] L. Caecilius Caec[ilia]uus pater et Valeria Manlia 
mater filiae piissumae d(e) s{ua) f{ecuma) d{e)d{erunt). 

^') Il faut donc rétablir au Corpuê [Sjassiut, et non [C]a$$im. 



— 90 — 

Inscription gravkk sur un édifice. 

19. A l'ouest du temple, près des marches, sur la paroi d'un 
édifice rectangulaire qui peut être un tribunal ou des rostres (^). 

Sur une seule ligne, lettres de i lo millimètres. 

QOmmWM MVNICIPIVM VOLVBILITANVM 
DECRETO DECVRIONVM DED 

municipiiim Volubililanum decreto decurionum ded(icauit). 

On attendrait plutôt aed{ificavit), mais le D semble ccilaiii. 

Inscriptions funéraires. 

20. Au bord de la piste de Moulay-Idriss, presque à Tendroit 
où aboutit le chemin d'accès de l'arc de triomphe. Cippe grossier. 
Hauteur, o m. 62; largeur, o m. 35; profondeur, o m. 38. Lettres 
de 4o millimètres. 

D M 

M CAECI 

LIO IBZ 

THAE CE 

D(is) M{anibus). M. Caecilio Ibzthae, Ce. . , 

A remarquer 'ce sUrnom indigène. 

(1) C'est rhypothèsede M. h Hcutenant-colonel Bouin. L'édifice mesure 1 m. 10 
de hauteur, dont m. 3G de base. Sa largeur esl de 7 m. 63 et sa profondeur 
de h m. 89. 



— 91 — 

21. Au bord de loued, à peu près à hauteur du sentier qui 
conduit eux ruines. Pierre tombale incomplète. TVès mauvaise gW- 
vure. 

D M S-SYRAPHOENIX 
DOMltA VlXIt ANl 
LVltVS SYHOPHOEl 
ALEM ETOPSEQ^'a HO^ii 
5 TA/XOk INCÔMÏ*AR^^ 
LACVM SEPVLCRI Fmm 

D{is) M(antbus) s{acrum). Syraphoenix Domilia uixit aiinÇis) . . . [Ca\lvi- 
tius Syrophoen[ix] . . . [fuuer]alem et opsequia ho[nes]ta uxori incomp«r(abilt) 
acum sepulcri /[ecit]. 

Lecture très incertaine. Il semble bien qu'il y ait les traces ci*un À 
au début de la ligne 3 , avant TL. 

FraoSeot. 

22. Ce fragment est en trop mauvais e'tat pour qu'on puisse le 
classer dans Tune des catégories pre'cédentes ; il s'agit vraisem- 
blablement d'une inscription honoriSque, peut-être aussi d'une 
inscription funéraire. Il a été trouvé à l'ouest du temple, au sud- 
ouest du forum dont le dégagement vient d'être terminé. Je le re- 
produis uniquement parce qu'il contient le mot yôro. 

Hauteur, i m. 3o; largeur, om. 70; profondeur, o m. 55. Lettres 
de ko millimètres. La partie de la pierre qui portait l'inscription 
est très endommagée; il ne reste que les lettres suivantes. Écri- 
ture semblable à celle de l'époque d'Hadrien. 

^^^L»ORVM 

. . .[g-ejnftuwi sa\^Ta?\ \ê\tJoro. 

Ce mot est le seul qui soit complet. 



_ 92 — 

Telle est actuellement la moisson épigraphique récoltée au cours 
des fouilles qui ont été conduites sur le plateau de Ksar-Faraoun. 
Ces fouilles ne font pas seulement honneur à rofficier supérieur 
qui les a dirigées et qui leur a communiqué une impulsion des 
plus fécondes. Elles honorent aussi M. le général Henrys, comman- 
dant général du Nord, dont l'active et constante sollicitude a été 
pour nous d'un pre'cieux encouragement, et le très distingué chef 
du Service des Beaux-Arts, M. Tranchant de Lunel, architecte- 
conseil du Protectorat. Mais surtout elles resteront un des exemples 
les plus remarqués de la merveilleuse conception politique du 
Commissaire- Résident général commandant en chef, le général 
Lyautey. Alors que le Maroc, naguère convoité par l'Allemagne, 
demeure en butte aux mensonges et aux intrigues de nos ennemis, 
il est d'un intérêt supérieur, du point de vue politique, de montrer 
aux indigènes que la France, pays fort, n'a point souci seulement 
des préoccupations militaires. 

En outre, du point de vue scientifique, la campagne de fouilles 
si fructueuses menée à Volubilis est un événement digne de retenir 
l'attention du monde savant; j'ai pensé faire œuvre utile à la science 
en adressant celte contribution épigraphique à la Commission de 
l'Afrique du Nord. 

Louis Châtelain, 

Ancien membre de l'Ecole française de Rome , 
chargé de mission du Gouvernement marocain. 



1^. 
STATUE CUIRASSÉE 

TROUVÉE 

À CHERCHEL (ALGÉRIE), 



RAPPORT DE M. A. HERON DE VILLEFOSSE, 
Membre de la Commission de l'Afrique du Nord. 



Les découvertes de Cherchel fournissent sans cesse à nos études 
des documents du plus vif intérêt. Chaque fois qu'on y remue le 
sol, on peut s'attendre aune surprise nouvelle; il est bien rare que 
les travaux ordonne's par la municipalité ne contribuent pas à aug- 
menter les richesses déjà réunies dans le musée de cette petite 
viile. C'est ce qui vient d'arriver encore une fois^*'. 

<'1 En 1 893 , te Musée de Ctierchel a fait l'objet d'une publiralion de P. Gauckler, 
Musée de Cherchel, in-li° de 178 pages et XXI planciies, dans la CoHecUon des 
Muséet (le P Algérie et de la Tunisie. Depuis celte époque le Bulletin archéologique du 
Comité a enregistre toutes les découvertes qui lui ont clé signalées par MM. Waille, 
Gsell, Maryc, Albert Ballu, etc., et dont voici l'indication : 1896, p. 219; 1898, 
p. cïLix-, 1899, p. cxxxT (statue d'Apollon conservée à Marengo), lui, clxxxit, 
ccii; 1901, p. eu (près de Cherchel); 190a, p. cxixvii, 867 à 36i; 1908, 
p. CLXvni, ccxxvi; igoi, p. clv; 1906, p. ci.xii, p. 76 à 76; 1906, p. 182-188; 
1908, p. ccLiv à ccLTi( statue égyptienne avec inscription); 1912 (fouilles du 
théâtre), p. 467 à /i68; 1918, p. ccxxxiv, p. 19 à 2o(fibule de l'époque barbare); 
1914, p. -364 à 969, pi. XVIll (statue de Gan\mède). — La sculpture la plus 
importante, entrée au Musée de Cherchel dans ces dernières années, est sans 
contredit la belle statue d'Apollon, que vient de publier M. Etienne Michon dans 
les Monuments Piol, t. XXII, 1916, p. 55 à 70, pi. VII à IX. C'est une réplique 
de l'Apollon du Tibre, conservé au Musée des Thermes à Rome, mais elle est de 
qualité supérieure et dans un meilleur étal. — Les fouilles du théâtre furent com- 
mencées en 190^ par Victor Waille. qui déblaya d'al>ord la scène. 

Arcbîologik. — N" 2. 7 



— 9Zi ~ 

La trouvaille dont j'ai à rendre compte à la Commission a eu 
lieu par hasard et d'une façon tout à fait inattendue. Les détails 
que je possède à ce sujet m'ont été' obligeamment communiqués 
par M. A. Ballu, inspecteur général des Monuments historiques de 
l'Algérie. Avec son empressement coutumier, notre collègue a bien 
voulu me transmettre fous les i-eneeignements qu'il avait reçus de 
M. Jean Gle'nat, chargé de la direction des fouilles, ainsi que des 
photographiée et des deesins, due au même correspondant. 

Vers le milieu du mois de janvier 1916, au cours des travaux 
de voirie qui s'exécutaient dans la rue de l'Hippodrome afin d'éta- 
blir une canalisation, on découvrit, à proximité de l'emplacement 
du théâtre antique, sur un point exactement situé au coin de la 
rue du Général-Cavaignac d'un côté, vis-à-vis la ru€ du Caire de 
l'autre, un magnifique torse d'homme en marbre blanc, revêtu 
d'une cuirasse richement ornementée. Ce torse mesurait 1 m. 35 
de hauteur, y compris le haut des jambes que les lambrequins de 
la cuirasse recouvrent en grande parlie^'^ Une jambe droite réunie 
à un tronc de palmier, un genou gauche ainsi que des débris de 
plinthe, appartenant sans conteste à la même statue, furent éga- 
lement recueillis. 

Aussitôt on fit des recherches suppléuientaii-es dans l'espoir 
de retrouver les autres morceaux. Le terrain de la rue qui n'avait 
pas été atteint par la tranchée de canalisation fut exploré mec 
le plus grand soin, mais toutes les tentalives demeurèrent sans 
résultat. Gomme l'indique le creux visible au sommet du torse, 
à l'endroit du eou, la tête était faite à part et en«astrée<^^ elle na 
pas été retrouvée : le mollet gauche manque; le bras droit étendu 
a disparu ainsi que l'avant- bras gauche autour duquel s'enrou- 
lait l'extrémité d'un manteau. Maigre ces pertes regrettables , la 
statue a été remontée et les fragments ont été remis à leur place. 
Dans ce nouvel état, elle mesure 9 m. 27 de hauteur sans la tête, 

('^ Un premier torso nu, mesurant i m. 20 de Iwuteur, avait été U'ouvé 
quelques jours auparavant, à aS mètres de distance, dans la saéirae tranchée de 
r^analisatioQ. 

(^) Sur un Wn nombre de ces stalues cuirassées , les téies étaient mobiles. Oa reœ- 
pilaçaitla lèle d'une mpereur par celle d'un autre empereur. Tacite {Atin.f I, 7^) 
riaiC(«ite qu'oo fan i5, Gra©ius Mareelius, préleur en Bitbynie, fit enlevei' la tête 
d'une statue d'Auguste }*wir y subsiifcuej' celle de Tibère. 



Bulletin Archéologiqle, 1916. 



PI. X, p. 9). 




CHERCHEL (Algérie). 
Statue cuirassée. 



Imp. diala frères - Paris 



^ 95 — 

c'esl-à-dii«' dt^piiis le Ikis dv la |)liulliL' jiJ:?(jir;iu-des6u^ d(î 1 opaule 
(lioitc ' \oir !;i plamlir \ ). Elljc djBvait (Jonc avoir, (jiuind elle possé- 
dait sa tèlc, environ -2 m. 56. Elle se préseiiLe à uous comiiie 
un morceau duiie exécution remarquable, d'un intérêt tout à lait 
exceptionnel, digue de retenir l'attention des archéologues. 

11 est tout d'abord û4pessaire 4je donner une description aussi 
exacti* que possible de ce beau marbre; le coijtrôle en sera facile 
sur la pbotiOgraptie (Je M. Jean Gléji^l oui montre la statue rei on- 
stituée (pi. X). Le personnage était représenté debout, dans une 
noble et lière attitude, (celle dun chef habitué à commander. 
Le poids du corps repose tx)ut entier sur la jambe droiti' dont le 
pie4 reste à plat, lijndis que le pied gauche, légèrement m.hIcvc. ^e 
trouve reporté en arrière : l'affaissement du genou gauche entraine 
rabaissem«nl 4n vêtement; le mouvement très prononcé du pied 
du niéme côté indique nettement cette position. Le bras droit 
étendu faisait le geste n^ajiestnjeux (Je Vadlomtio, le geste du général 
qui harangue ses troupes. Le bras gauche abaissé se relevait au 
coude, atîn de permettre à la main de s'appuyer sur une lance. 

Ltte tunique courte et légère, probablement en toile, apparaît 
au-dessus djes genoux et constitue le vêtement de dessous. Elle est 
presque entièrement dissimulée sous une cuirasse, décorée de plu- 
sieurs figures, qui reproduit sans aucun doute une cuirasse de 
métal dont l'orûementaLion consistait soit en rehefs exécutés au 
repoussé et repris à laide du burin, spit en figures travaillées à 
part et appliquées ensuite sur le métal comme des emblcmata. Je 
reviendrai sur ces reliefs, sur leur arran;;enient. sur la composition 
et Tcxplication des figures. 

Les épaulières sont ornées de foudres discrt'tement indiqués : le 
foudre figure sur les balles de fronde et sur les boucliers des léfrion- 
naires; il se voit également sur les cnémides du dieu Mars ' . C'est 
un symbole de guerre bien caractérisé. Les pattes de ces épaulietes 
paraissent être fixées par devant. Celle de droite, seule visible, se 
termine par une tête de lion dans la gueule duquel joue un petit 
anneau qui était traversé par une lanière correspondant à une 
autre lanière atladiée sur la cuirasse autour dune rosace en relief. 
Réunies par un nœud, ces deux lanières de cuir contribuaient à 

'•> L. Heuzey. ««/to.,/ </<■/« > i .. ^/e F/rtz/f/-, i 879 , p. 68 



— 96 — 

assujettir la partie antérieure de l'armure. Deux manches d'e'tofic , 
courtes et plissées, entourent chaque épaule. Etaient-elles recou- 
vertes de lamelles frangées? Les photographies que j'ai sous les 
yeux ne me permettent pas de le reconnaître avec certitude. 

Les lambrequins, attache's au bas de la cuirasse, descendent des 
hanches et forment comme une bordure complémentaire; ils se 
composent d'abord de deux rangs superposés de petites plaques à 
bords arrondis. Les plaques du rang infe'rieur sont tout à fait 
unies (^); celles du rang supérieur recouvrent chacun des interstices 
laissés entre les plaques du premier rang et s'étalent ainsi sur un 
fond plat (2). Les unes, décorées de masques de Satyres à longues 
cornes, alternent avec d'autres plaques ornées de masques barbus 
dont les doubles moustaches, d'une longueur démesurée, se ter- 
minent en crocs, tandis que la partie de la barbe qui couvre le 
bas du visage finit en pointe, entourée de godrons disposés en 
éventail. Au-dessous de cette double rangée de plaques descendent 
sur les jambes de nombreuses lamelles à bouts frange's^^l 

Un manteau militaire, jeté sur l'épaule gauche, cache l'épau- 
Hère : le sculpteur a eu soin de ne pas étendre la draperie; il l'a 
réduite sur ce point à sa plus simple expression, afin de ménager 
l'espace nécessaire à la composition qu'il devait développer sur le 
devant de la cuirasse. Le manteau retombe derrière l'épaule et 
vient s'enrouler sur l'avant-bras gauche. D'après les deux entailles 
parallèles, nettement reconnaissables sur le moignon de cet avant- 
bras, le morceau manquant était taillé à part, soit qu'il ait été 
exécuté en même temps que la statue, soit qu'il ait constitué une 
réparation postérieure. La même observation concerne le bras droit, 
où les trous des tenons sont également reconnaissables <'''. Les deux 
bras étaient nus. 

Un détail qu'il faut noter, car il n'est pas toujours exprimé sur 

(') La plupart sont endommagées et ont perdu leur extrémité arrondie. 

(2) Deux plaques du deuxième rang sont ébréchées sur le bord inférieur. 

(') Au-dessus de la jambe droite, une de ces lamelles est brisée avec sa frange. 
Les franges qui surmontent la jambe gauche appartiennent à un morceau de cette 
jambe qui a été retrouvé ; la juxtaposition est très nette et ne donne pas l'idée 
d'une cassure; on dirait plutôt que ces franges font partie d'un morceau travaillé 
à part et qui aurait été remis à sa phice primitive. 

('■> N'ayant pas vu la statue, je ne puis dire h le torse cuirassé avec les lambre- 
quins formait un morceau séparé dans lequel s'emboîtaient les jambes. Voir la 
note précédente et les deux photographies (pi. X et XI). 



— 97 — 

les cuirasses des statues en marbre, montre avec évidence que 
la statue de Gherchel offre la copie très exacte d'une cuirasse en 
métal; elle devient ainsi un document précieux pour l'élude de la 
ciselure antique. Les deux pièces principales, celle qui recouvre 
la poitrine et celle qui protège le dos, sont pourvues chacune, dans 
le sens de la hauteur, d'un bord saillant. Sous le bras droit, les 
deux bords sont maintenus par trois charnières, également es- 
pacées. Ce sont ces charnières qui, sur les exemplaires en métal, 
assuraient le jeu des deux pièces et, par conséquent, l'ouverture 
et la fermeture de la cuirasse. Il est possible que les pattes des 
épaulières soient devenues, à l'époque romaine, de simples motifs 
ornementaux, ou que, tout en soulageant les charnières, leur 
secours n'ait pas été' absolument indispensable. Modelée sur les 
formes du corps, la cuirasse paraît s'ajuster aise'tnent; les pecto- 
raux se développent d'une manière naturelle; les bouts des seins 
et le nombril sont indiqués. 

De la partie inférieure de la statue, la plupart des morceaux 
ont été retrouvés, à l'exception du mollet gauche. Les jambes sont 
nues comme les bras. Le personnage est chaussé de brodequins 
en cuir souple, ornés de palmettes, montant jusqu'au mollet et 
lace's par devant. Munie d'une semelle, cette chaussure enve- 
loppe l'extrémité du pied, mais reste ouverte sur le cou de pied 
et au-dessus. A l'endroit de l'échancrure le bas de la jambe est 
protégé par une languette de cuir que maintient un système de. 
lacets entre-croisés et noués en trois endroits; l'extrémité de cette 
languette dépasse le bourrelet supérieur du brodequin qu'un 
mufle d'animal, en partie brisé, ornait par devant. Plusieurs pc- 
tils trous, à l'intérieur desquels on remarque encore des traces de 
résine, se voient à droite et à gauche près des œillets. Il semble 
toutefois difficile d'affirmer que ces trous aient servi à des incrus- 
tations. 

Contre la jambe droite, et faisant corps avec elle pour soutenir 
le poids de la statue, se dresse un tronc de palmier exécuté avec 
un soin particulier. A la partie supérieure du tronc, une palme sort 
de Técorce; un régime de dattes pend à ses côtés. Il existe un cer- 
tain nombre de statues auprès desquelles ce tronc de palmier rem- 
place le tronc d'arbre, lourd et noueux, dont les sculpteurs de l'an- 
tiquité ont usé si fréquemment pour le renfort des jambes. Ce 
sont pour la plupart des statues d'athlètes , des statues iconiques 



— 98 — 

otf des fîtàlUès cuirassées (•>. Sans eXaminef l6 quesUon ûë seyriir si 
h choix du sdUtieH a toujours un rapport direct atec le sujet 
représenté, il est bon de se souvenir que certains artistes ont eu 
d'autres inventions ingénieuses et qu'ils ont donné à ce soutieii 
âé{*ëssaire les formes les plus diverses. Je me borne à rappeler 
qu'à la droite de la célèbre statue d'Auguste, dite de Prima Porta, 
\(i troticî d'arbre est dissimulé par un dauphiU que chevauche un 
Am0U^(^'; une àUtre statue cuirassée, découverte à Kisamos, en 
Cf(*le, a pour soutien une NaliOn vain(*ue que le sculpteur a repré- 
senléé èous l'aspect d'une fennUe agenouillée, les mains liées der- 
fièi-e le dost""*', Pat-fois un Irophée s'élève à la même place; on y Voit 
aussi un petit rocher supportant un bouclier ou d'autres attributs 
guerriers, 

La détioraiion propt-emenl dile de la cuirasse, qui donne à la 
statue une valeur particulière ('), comprend tr6is registi^es dé figures 
superposées. t)atiS U tùiie supét-ieure. Une divinité barbue domine 
l'ensemble i le hftUI du eorps de ce dieu lUtélaire seudde sortir 
du ciel et èc soulCflil- dalis l'espafe, montrant ainsi qu'il apporte 
son aide et sa protection aux persoUniiges placés au-dessous de lui. 
Au tjentre se déroule la scelle principale, composée de quatre tigu- 
rines etl pied, ajrant entre elles Un liefl commun et dont le grou- 
pement offre une signification certaine. Un Triton et Un (îentaure 
se font pendants daris la zone inférieure (pi. XI). 

Ainsi qu'on l'observe dans les ouvrages d'orfèvrerie que l'anti- 
quité nous a laissés, les figures en pied reposent chacune sur une 
petite base indiquant le terrain de l'fltlioti. Ici ces bases fie sont 
pas placées toutes à la même hauteur. Une des figures est plus 

''' Voir à ce sujet le travail d'Ada Maviglia , Gli (ittributi dei sostegni mlla 
slaliiaria antica, dans les Rdiii. Millhpiluii[f., XXVIII, iyi3,p. i à 9 1 -, jjoul* les 
troncs d<> palmier, p. 19 à l'i. 

'"^' W. Amelung, Die Skulptuven des vaticanischen Mmeutm, I, n. 16, p. 19- 
28, avec une bibliographie abondante. Une très belle reproduction a été donnée 
dans les Monumenls de l'Art antique d'O. ftayet, H (n. 71 , article de J, Martha). 

W MonûnieUti aiitichi, XI, lav. a 5, 1. 

('') Certains archéologues ont supposé qUe les corps de cos statues im[tériales 
cuirdssées étaient parfois travaillés à part en marbre grec. Expédiées de Grèce, 
elles auraient reçu en Italie ou dans les provinces des têtes de travail inférieur et 
d'un marbre différenl. Ces différences du marbre employé j)our la tête peuvent 
s^o«pliquer aussi pit- les substitutions qui s'opéraient après la mort dos empereurs. 



Bulletin Archéologique, 1916, 



l'I. XI. p. v.s. 




CHERCHEL (Algérie). 
Statue cuirassée. Torse. 



Irap. Catala frères - Paris 



— 99 — 

gfaftde que les autres : afin d'obvier au mautais effet que, par 
suite de celle disproportion, un alignement des bases eAt pro- 
duit, l'artiste a eu l'idée d'abaisser légèrement la base de celte 
figure. En la descendant, il évitait un contact fâcheux de la tête 
avec le saillant du pectoral gauche de la cuirasse sous lequel elle 
eut été complètement écrasée. Cet arrangement était une nécessité; 
le sculpteur gagnait ainsi l'espace nécessaire pour aérer sa compo- 
sition. A la gauche de cette première figure, il s'en trouve une autre, 
disposée à peu près sur le même plan et que son geste lie étroite- 
ment à la première. 

Mais, avant d'aller plus loin, une remarque générale s'impose : 
les quatre figures de celte partie centrale sont mutilées dans leurs 
parties essentielles; elles perdent, de ce fait, une grande partie 
de leur intérêt. Les visages n'existent plus, ils ont été entièrement 
bâchés, ils ont disparu : il est impossible de retrouver la moindre 
trace des traits ^^K INous sommes ainsi privés d'une source d'informa- 
tions qui nous aurait permis d'identifier avec une certaine sûreté 
deux des personnages, d'expliquer historiquement leur présence el 
leur réunion. Ce n'est pas une raison pour renoncer à toute expli- 
cation; nous tenterons d'en présenter une, dans la mesure des 
moyens dont nous disposons. 

Le personnage principal, plus grand que les autres, est repré- 
senté debout, en costume héroïque, la poitrine et les jambes nues; 
sou manteau, après avoir enveloppé le bas du corps, vient retomber 
sur le bras gauche (pi. Xll). Dans la main droite avancée, il tient 

'•') Eut des mutilations 9ul»ws par chaque figure en rommeuçant par ia droite 
du spectaleur. It est assez difficile d'en avoir une idée juste d'après la plioto- 
graphie d'ensemble reproduite sur ia planche X, et qui donne plutôt une idée 
favorable. Nous devons à l'obligeance de M. A. Ballu des photographies de détail 
et de grande dimension, montrant clairement les outrages que chaque figure a 
subis : r Figure féminini' , ailéf, tenant une couronne : visage enlevé, ainsi que 
la chevelure à l'eiception du chignon; dégradations à l'aile gauche, à l'extrémité 
du pied gauche, au milieu du bras droit. _ a° Figure virile en cotlume hè-oïque : 
visage enlevé; dégradations à la chevelure, à ia main gauche, à l'avant-bras droit. 
— y Figure féttximne drapée : visage enlevé, ainsi que la chevelure à l'exception 
du chignon, bouclier el bras droit en partie brisés; dégradations à la main 
gauche et au glaive. — k" F.gure mrile, ailée : visage enlevé; manquent ia jambe 
droite avec le pied, le bras du même côté; dégradations à l'aile droite et au 
pied gauche. Les mutilations des visages paraissent avoir été faites intentionnelle- 
ment. 



— 100 — 

une petite Victoire aux ailes dressées et frémissantes qui, dans 
un mouvement plein de vivacité, s'élance en avant; elle porte un 
trophée sur l'épaule gauche (^^ Le héros présente cette statuette à 
une femme placée à sa droite. Ce he'ros est un empereur ou un 
prince de la famille impériale, à coup sûr un général victorieux. Ad- 
mettons que ce soit un empereur, et désignons-le sous ce titre. 

Une figure voilée de grande taille, la Paix (2) ou la Victoire, les 
bras nus, le sein gauche découvert, apparaît derrière lui. La brise 
qui l'amène de l'Olympe soulève encore les plis de sa robe; elle 
avance, pour le glorifier, sa main droite chargée d'une couronne de 
chêne à lemnisques qu'elle se dispose à poser sur la tête du héros; 
de la main gauche elle lelève un pan de son manteau. Il ne reste 
absolument rien du visage de l'empereur, rien non plus de celui de 
la figure ailée qui l'accompagne : tous deux sont tournés de profil 
vers la dioite. Cependant un détail de la chevelure de l'empereur 
a été épargné, et ce détail a son importance : des cheveux courts 
et serrés couvrent la nuque, descendant assez bas sur le cou. C'est 
une particularité frappante des portraits de tous les membres de 
la dynastie julio-claudienne. Auguste, 'Tibère, Claude, Néron, ainsi 
que les princes de leur famille, ont tous la partie basse et posté- 
rieure du cou cachée par des cheveux. En tenant compte du sen- 
timent inspiré par la belle exécution des reliefs, on a le droit de 
conclure que la statue appartient à la première moitié du 1" siècle 
de notre ère. Cela me semble hors de doute. 

La date se trouve donc établie d'une manière approximative. 



(') Le mouvement de cette petite Victoire rappelle celui du gracieux bronze de 
Constantine (Doublet et Gauckler, Musée de Constantine , pi, VIII); elle est chargée 
d'un trophée comme la Vicloire d'Apollonie, donnée au Louvre par M. Grasset, 
consul de France à Corfou, reproduite par Duruy, Histoire des Romains, IIl, 
p. /109; cf. S.Reinach, Répertoire de la statuaire, II, p. 887, 5. — Dans une lettre 
adressée à M. A. Ballu, le a'i février 1916, M. Jean Glénat, qui a examiné le 
marbre, écrit : « Il tient dans sa main droite deux petites figures ailées symbo- 
lisant la Victoires. Mon explication me parait plus conforme à la réalité, affirmée 
par rimage assez nette que donae la photographie ; il n'y a qu'une seule figure , 
une seule Victoire. — Sur le fameux fourreau de glaive trouvé à Mayence en i848 , 
Tibère est représenté assis entre Mars et la Victoire, tenant dans la main droite 
étendue une petite statuette analogue; Corp. imcr. latin, t. XIII, n. 6796; Wal- 
iers , Catalogue of tlie bronzes in the Rritish Muséum, n. 867. 

(^^ La Paix est ainsi représentée sur les monnaies de Vespasien: Cohen, Descrip- 
tion des monnaies de l'Empire romain, 2° édit. , n. 276 à 289. 



Bulletin Archéologique, 1916. 



PI. XII, p. 100. 







CHERCHHL (Algérie). 

Statue cuirassée. 

Détails de la cui.issc. Auguste, 



Imp. Catala frères - Pjris 



Bulletin Archéologiquf, 1916. 



FI. XIII, p. loi. 




CHERCHEL (.\lgcric). 

Statue cuirassée. 

Détails de la cuirasse. Li\ ic. 



Imp. Caula frères - Paris 



— 101 — 

mais rinterprétation du sujet demeure incertaine. Poursuivons 
l'examen de la scène centrale. Elle comporte deux figures princi- 
pales, l'empereur faisant face à une figure féminine drapée, puis 
deux figures accessoires servant à déterminer la nature et le rôle 
des deux premières. L'empereur est désigné d'une manière incon- 
testable par la figure ailée qui s'apprête à le couronner. Vis-à-vis de 
lui, la femme drapée dont le regard se rencontrait avec le sien est 
caractérisée par un Amour, debout derrière elle (pi. XIII). Cet Amour 
a été représenté dans les mêmes proportions que la figure ailée à 
laquelle il fait pendant. Muni aussi de grandes ailes, vêtu d'un 
manteau que retient une fibule sur le haut de la poitrine '•) et qui 
retombe en arrière jusqu'aux talons en laissant le devant du corps 
entièrement découvert , il porte un arc dans la main gauche avancée : 
le bras droit étant brisé, on ne peut de ce côté compléter son atti- 
tude (^l Sa présence démontre la nature.du lien qui unit les deux 
figures principales : ce sont deux époux. 

Si la figure masculine est celle d'un empereur, la figure féminine 
est donc celle d'une impératrice. Pourquoi cette impératrice porte- 
t-elle un glaive au bras gauche et s'appuie-t-elle de la main droite 
sur un grand bouclier rond décoré d'une tête barbue? Par la rai- 
son très simple qu'elle est représentée sous une forme divine : 
d'une part, son costume chaste avec un sein légèrement découvert 
convient à une Venus Geiiltiix; d'autre part, les armes qu'elle tient 
lui donnent le caractère dune Venus Victrix. Non seulement il est 
regrettable que son visage ait été mutilé, mais nous devons déplorer 
aussi la perte de sa chevelure en grande partie disparue. Les arran- 
gements des coiffures féminines romaines sont curieux à étudier, 
en particulier celles des impératrices, qui donnaient toujours le 
ton et la mode : ils aident souvent à dater les bustes individuels. 
Par bonheur, deux détails intéressants de ia chevelure ont échappé 

") Dans sa lettre à M. Bailu du ah février, M. J. Giénat dit que le manteau 
est retenu par un lien traversant la poitrine. Je n'ai pas pu retrouver sur la photo- 
graphie la trace de ce lien, qui doit être la bandouhère d'un carquois. Le long 
de la cuisse gauche apparaît une déchirure du marbre qui semble indiquer la 
place occupée par ce carquois. 

("Sa pose rappelle, avec l'adjonction d'uu manteau, celle de l'Éios trouvé au 
Palatin en i86a et actuellement au Louvre, dont M. Froehner a donné dans 
V Illustration, 1867, p. ««a, une photographie prise avant la fâcheuse restauration 
de Steinhauser; cf. Baumeister, Denhwiler de,- Klatsisclwn-Ali.rhms, tip. i55i- 
Froehner, Notice de la sculpture antique du Louvre, n. Sai. 



— 102 — 

S h dëStrtidiait. Oè peut constater qu'elle était dttisée en trois 
masses dont la réunion formait un chignon sur la nuque; les deux 
principales se terminaient par des boucles ondulées tombant à 
droite et à gauche sur les épaules. Ce chignon et ces boucles sont 
encore reconnaissâbles. 

Au cours du i" siècle, une seule impératrice fut représentée 
dVec ttfte coiffure aussi simple, c'est Livio. Jusqu'au milieu du 
II* siècle, toutes les autres portent des coiffures d'une complication 
singulière. Un buste de bronze, conserté au Louvre cl dont là 
chevelure n'a été l'objet d'aiicuno restauration, peut cire utilement 
rapproché de notre tête niulilcc. Je veux parler du busie de Livie, 
trouvé en i8i5, avec celui d'Auguste, à Neuilly-ie-Réal en Bour- 





A. Buste d'une impératrice. 
(Statue de Cherchel.) 



B. Buste de Livie. 
(Bronze de Neuilly-le-Réai.) 



bôHttais. Ainsi que l'indique la formule votum sohit libens mmto, 
gravée sur sa base, le buste de Neuilly-le-Réal, comme la cuirasse 
de Cherchel, représente Livie sous une forme divine f*'. Le croquis 



(') De Bidder, Les bronzes antiques du Louvre, n. 98-29; J.-J. BernouUi, 
Rômtiche Ilwnographie , II, p. 89. — Il existe plusieurs représentations de Livie avec 
des attributs divins; on possède aussi des monnaies sur lesquelles son image est 
accompagnée de légendes significatives. Des pièces de bronze portant le nom de 
Tibèfe présentent une tête de femme qu'on regarde comme son portrait, entourée 
des mots SALVS AVGVSTA, PIETAS, IVSTITIA; une monnaie d'argent 
frappée à Byzance, vraisemblablement sous Claude, montre la même tête avec la 
légende SEA XÉBAZTH; cf. la pièce frappée à Oea, dans la Syrte. Comme le 
buste de Ncuilly-le-Réal , ces têtes ont une coiffure qui se distingue par un chignon 
et deux boucles descendant sur le cou au-dessous des oreilles. Cf. Bernoulli,/. c, 
p. 86, pi. XXXII, n°' 9, 10, 12. 



— 103 — 

de ce busle (B). reproduil à rôle do celui de la lète mutilée (A), 
me paraît avoir une valeur docutnenlaire (lon( il sciail difficile de 
nier riniportanco. La comparaison en est instructive : les deux 
têtes portent une ooiflure tout à fait semblable. Le buste du Louvre 
niïic sans aucun doute les traits de Livie que l'inscription désigne 
ronuollr;iiout par les mots LIVI AE AVGVST AE; l'impératrice 
(le la cuirasse de Chercliel, dont le visa<je a été mutilé mais dont 
on peut cucore reconnaître la coiffure absolument paioille à celle du 
buste de bronze, ne peut être que la même prinressc H résulte de 
celte observation (]ue l'empereur représenté doit être Auguste, et 
que la scène nous montre le pacificateur de l'univers associant Livie 
à son œuvre de (riompbe. 

A vrai dire, je pense que la statue de Cherchel n'a pas été 
sculptée sous le règne d'Auguste, mais seulement sous le règne de 
(-laude. On sait que ce dernier prince honora d'une manière par- 
ticulière la mémoire de son aïeule, qui reçut dans les province^ des 
honneurs divins; il fit placer son image dans le temple d'Auguste ' . 
Sur les reliefs de la cuirasse de Cherchel, Livie joue un rôle parti- 
culièrement remarquable en face de son époux : elle reçoit de lui 
des marques non équivoques d'une admiration passionnée. Daprès 
les détails relatés plus haut, la statue doit provenir du théâtre, à 
quekpies mètres duquel elle fut recueillie en même temps qu'une 
autre statue qui contribuait comme elle assurément à la décoration 
de cet édifice "^K J'imagine que le théâtre dont les ruines ont été 
retrouvées à Cherchel nest pas antérieur à l'année hû, époque 
de la pacification et de la formation des provinces Maurétaniennes . 
et qu'il fut coiistruit sous le règne de Claude. La statue aurait é(é 
exécutée vers le même temps. Ainsi s'expliquerait l'attitude d'Au- 
giiste qui, au lieu de recevoir des mains de Livie la statuette de la 
Victoire, s'avance pour la lui présenter, tandis que Livie, immobile 
dans sa pose de déesse, attend de pied ferme l'hommage de l'époux 
qu'elle vient de désarmer. 

Sur un relief représentant avec plus de développement une scène 
analogue, mais qui a ('té exécuté du vivant d'Auguste, les rôles 
des deux époux soûl absolument renversés. Je veux parler d"un des 
vases historiques de Boscoreale sur lequel nous voyous Livie. que 

■■> Suétone. Claud., i i : Dion, LX, 5: Sénèque, A[)»l;ulok:. i,. 
-1 L'ne tèle de l'Afrique en mal-bre blanc provient aii^-i du thefitre: St. r.^eil. 
Bull, archéol. du Comité , 1916, p. 55-57, P'- '^- 



— 10^ - 

VeHeius Paterculus appelait tfominentissima et per omnia deis 
quain hominibus similior feminaw (•', coiffée du diadème de Junon, 
escortée de Rome et du Ge'uie du peuple romain se présenlanl 
devant Auguste assis et lui offrant l'image de la Victoire (^). On 
sent la différence des intentions qui ont présidé à la composition 
des deux reliefs et, par suite, la différence des temps où ils ont été 
exécutés. Sur le vase de Boscoreale, antérieur à la mort d'Auguste, 
c'est Livie qui s'incline devant le fondateur de l'empire et le glori- 
fie; sur la cuirasse de Cherchel, postérieure à la mort du prince, 
c'est Auguste lui-même qui rend hommage à sa femme. Selon toute 
vraisemblance, la cuirasse a été exécutée sous le règne de Claude. 
Du vivant d'Auguste, pas plus que sous Tibère, l'empereur n'aurait 
été représenté dans cette posture devant Livie. 

La divinité qui paraît dans les airs au-dessus de cette scène, et 
dont par un hasard presque miraculeux les traits nous ont été con- 
servés, est le dieu Mars (pi. XIV). C'est Mars Ullor, caractérisé par 
l'écharpe que le vent soulève autour de sa tête et dont les extré- 
mités sont retenues sur les hras. Coiffé d'un casque sous lequel on 
distingue les mèches d'une abondante chevelure, il porte une longue 
barbe bouclée; sa poitrine est couverte d'une cuirasse que soutiennent 
deux opaulières ornées d'un dauphin; une bandoulière de cuir tra- 
verse la cuirasse en diagonale. Les bras sont nus; la main gauche, 
ramenée sur le sein droit, tient l'extrémité d'une épaulière; la 
main droite, levée à la hauteur du visage, est brisée (^l 

L'image de Mars Lltor, adoptée dans les sanctuaires militaires, 
avait aux yeux de l'armée une importance exceptionnelle (*'. C'était 
une croyance répandue chez les Romains que le dieu Mars inter- 
venait dans l'action quand son secours leur était nécessaire. Une 
anecdote rapportée par Valère Maxime t^) nous fournit sur ce point 

(» Hist. rom., II, i3o, 5. 

(^) Héron de Viliefosse, Le trésor de lioscoreale , p. i35, pi. XXXII. 

(*' Sur le bas-relief de Carthage , la main droite , qui était dans la même posi- 
tion, est également brisée. St. Gseil {Notes sur quelques sculptures antiques de 
l'Algérie, dans la Revue archéol. , 1901, 1, p. 79-81), dit que cette main tenait 
un glaive dont on voit encore la trace. 

(*) Dans rinvocalion qu'il adresse à la fm de son œuvre à Jupiter Capilolin, à 
Mars et à Vesla pour les supplier de protéger l'Empire, VeHeius Paterculus {Hisl. 
rom., II, i3i) appelle Mars « auctor ac stator Romani nominisn. 

'°' I, c. vin, de Miraculis, 6; cf. Ammien Marcellin, XXIV, c. iv, z/i. 







^>^ 




I 



J 



— 105 — 

un renseignement curieux. Les Brulticns et les Lucaniens voulaient 
détruire la ville de Thurium; le consul C. Fabricius Luscinus met- 
tait ses soins à la protéger. Les deux armées étaient en présence, et 
le succès paraissait douteux. Tout à coup un jeune homme d'une 
taille extraordinaire apparaît aux Romains : les voyant irrésolus, 
il les entraine en s'élançant le premier à l'assaut; son audace leur 
assure la victoire. Le lendemain, comme le consul distribuait des 
récompenses aux soldats qui s'étaient distingués dans la bataille, 
il annonça qu'une couronne était réservée au guerrier vaillant 
et audacieux qui avait forcé le retranchement. Personne ne se 
présenta pour la recevoir, et c'est en vain qu'on chercha celui qui 
avait mérité cette distinction. Bientôt on sut que le dieu Mars 
était venu lui-même en cette occasion au secours de son peuple : 
Cognitum pariter atfjtie creditum est Marlein patrem tune pojMiIo suo ad- 
fuisse. 

Inler cetera hujusce rei ttwnifesta indicia , ajoute l'historien latin, 
gaïea quoque duabus distincta pennis qua caeleste caput teclum fuerat, 
argumentum pi'oebuit. Cette phrase est curieuse à rapprocher de la 
représentation offerte par notre cuirasse, elle en souligne l'intérêt. 
Sur le côté droit du casque, on voit en effet un petit cimier : il 
supportait une aigrette de plumes qu'une cassure malencontreuse 
a fait disparaître. 

On remarquera que, dans le texte de Valère Maxime, le dieu 
est appelé le «Père Mars^. Le sculpteur de la cuirasse de Gherchel 
nous montre en effet un visage divin dans sa pleine maturité, res- 
pirant à la fois l'énergie et la bienveillance, et dont le regard a 
quelque chose de très paternel t'I 

Sur les reliefs de la célèbre cuirasse de Prima Porta, le dieu 
Mars apparaît en pied; il y est représenté imberbe, faisant face au 
Parthe qui incline une enseigne devant lui '^i. M. A. von Doma- 
szewski a expliqué pourquoi le dieu Mars n'était pas représente' 
barbu sur cette statue t-andis qu'il porte une barbe épaisse sur la 
plupart des statuettes de bronze retrouvées dans les provinces de 

î'i On peut rapproclier cette lêle de celle d'une belle statuette de Mars trouvée 
dans la Grande Grèce, et qui de la collection Gréau a passé au Musée du Louvre : 
DeRidder, Us bronzas antiques du Louvre, n. ttSti; Collection Gréau, pi. XXX 
n. 2o3. 

'•*) Voir le dessin donné par Domaszewski, Der Panzerschmuck des Auguslu- 
statue von Primaporta, dans la Strena Helbigiana , p. 5i. 



— !06 — 

reinpire^'^î la lype bAibu îi'avaiit pas epcore reçu, à l'époque où l^ 
stalue fut exécutée, l'approbation oflficieJJc; il ne fut adopté qu'un 
peu plus tard'^'. Les remarques de M. von Doniaszewski jiie four- 
nissent un argument pour appuyer l'opinion que je viejjs d'exposer 
au suj>t de la date de la cuirasse de Cherchel, sur laquelle Mars 
Ultor se prjBsente à nos yeux avec pne longue bar^e. 

L'orneRîentatiQD se CQmplètje daijs la zoïie inférieure par dcu:^ 
figures affrontées d'un caractère purement décoratif: à gauche, un 
Triton barbu portant sur son épaule uue proue depayire ; à droite, 
un Centaure dont le visage est trop usé pour reconnaître s'il est 
barbu ou non, soutenant devant lui, des deux mains, une corne 
d'abondance remplie de fleurs et de fruits. Le Triton, au-desspusdu 
torse, à l'endroit où prend naissance sa longue queue de poisson, est 
affublé de deux ailerous garnis de plujiies, de sorte que le corps d« 
monstre se compose d'éléments empruntés à la fois à la nature dje 
l'homme, à celle du pojsson et à celle de l'oiseau ^^l Cette dernière 
particularité le rapproche des Sirènes. L'arrière-train du Centauje 
est remplacé par des euroulemenis de feuillage : le sculpteur a iulé 
contraint de recourir à cet artifice qui lui laissait plus de liberté 
pour conduire à sa guise un développeruent de rinceaux; par suite 
de l'abaissement de la figure d'Auguste, il n'avait plus dje ce coté 



(1) A la liste de ces slalucltes trouvées en Gaule, que j'ai donnée dans le 
Bulletin de la Soc. des Antiq. de France, 1907, p. 191-192, il faut ajoijter une 
statuette trouvée près de Tlmperiial , sur la riyje gauche du Lot, k seul exemplaire 
qui fljt encore s» lance antique, te Mars imljorbie ^de Q^evaufaraps , conscr^'é 
au Musée de Bruxelles, et une statuette trouvée à M.çitjiay-Mandeurc, «;onse rvceau 
Musée de Monlbéliard {Hev. (irchéoL, 1908, ],p. 1^7, fig. 3). Le Musée de Sofia 
possède un excellent bronze de Mars Ultor, provenant de Boutovo, au N. 0. de 
NicopoHs ad Istrum {ibid. , 1897, ^' P*- ^^ ^' ^^1). 

<2) A. \on Domaszewski, op. pit., p. 5a; cf. ^t. Michon, Bydletin de h Sw. 
des \uliq. de France, 1900, p, 316-217. — Sur la question de Mars Ultor, yoir 
Furtwangler, Collection Somzée; monmnents d'art antique, n. 88, p. 61-66; 
St. Gseli, Len statues du temple de Mars Ultor (bas-relief de Carlhage), dans la 
Bev. archéoL, 1899, ï, p. 37-/18, pi. il. 

!') Cf. le petit bronze publié par E. Braiii^, Tritone portante in spalla un 
aplustre, dans les Aimali deW Imlituto , 18 54, p. 87, t»^. 17. — La frise de l'cnta- 
IJement diu inajasolée de Saint-Jîemy (tJouches-dii-Riiône) est ornée, sur une de 
ses quatre &<ces, de 4«iU¥ Tritons afl'foytés qui jion seulement sont munis a« 
bas du torse des mêmes nageoires emplumées, mais portent encore dans le dos 
deux grandes ailes 4'*ise*«x • Espép9fl4ieu , Ueci^U deji ias-rdief» (de Ifi Gauh 
romaine, I, p. 97, n. 1 li ; Anlike pmhH^er, \ (j888), taf. \^ . 



i 



— 107 — 

l'espace néccïisaire pour conipjiéter la figure du Centaure ^'l Ces rinr- 
ceaux, avec leur décor léger de tiges et|de rosares dout il était facile 
de varier la marche et les effets, ont été souvent utilisés par les 
décorateurs de cuirasses. L'emploi qui en est fait sur la cuirasse 
de Cherchel pour remplacer Tarrière-train du Centaure est pleine 
d'ingéniosité. L'harmonie géaérale de Toeuvre était ajnsi sauve- 
garde'e et ne subissait aucune atteinte. 

A lexception de l'admirable statue d'Auguste, de Prima Porta ^-', 
aucune autre appartenant à la série connue des statues cuirassées 
à décor, série qui a fait l'objet de plusieurs travaux d'ensemble, 
notamment de la part de MM. Warwick Wroth^^^ et Hermann von 
Rohden '■'*■, ne présente un plus vif intérêt. En dehors du Triton et 
du Centaure occupant la zone inférieure, elle uoffre aucune figui-e 
vulgaire, aucun motif banal et purement décoratif. La scène prin- 
cipale présente un caractère historique incjontestahljB. On pourra 
dififérer davis sur son interprétation et sur l'identification des 
figures qui s y ilfouvent représentées, mais il est impossible de nier 
l'importance de cette scène et d'en méconnaître la valeur. 

Les fouilles faites dans le nord de l'Afrique ont déjà fait sortir 
de terre plusieurs de ces statues cuirassées; aucune ne peut sou- 
tenir la comparaison av<?c celle de Cberchcl. A Carthage. le P. De- 
lattre a exhumé sur la colline de Saint-Louis une Victoire colos- 
sale soutenant un trophée dont la pièce principale est une cuirasse 
à reliefs "•'. Un torse cuirassé de fépwjue d'Auguste, découvert à 

' A ta partie supérieure d'un beau casque de gladiateur en l)ronze courl une 
frise de fîfitïon* et d'eufants iUés doiii tes jaiabes sont rMiiplacées pr des en- 
roole^aenis de feuillage ; Mmeo iméo/tHu, Ul, l»v. hX, n, 3. — Sujr l'em^ 4^ 
Centaure comme motif ornemental des cuirasses impériales, voir Etienne ]âiicii«p, 
Bulletin aixhéol. du Comité, 19a 3, p, ago.-siji, pj. X^X (Cuifiaa«es4'0#4n», de 
Tinos et du musée de Sé^-iile). 

m AmdbiMV, op. m^, 9. 1^; 0, B^y^, Uf MfMtimtfdt de l'tfrt •ntffue, II, 
n. 71. 

(^) Journal ofHellenic ttudiet, vot. VIJ (1886), p. jaô-i^a ; Impérial euiras»- 
omenientation , and a torso of Hadt-iau w lite iirili$h Muséum, avec m («ssai de 
classification. 

(» Di£ P/mz^nUUmn mit Mi^via-zierimg : Boumr Studim, AuJtàLa au* der 
Alleilumswixsenschaft Reinhard Kekulé zur Ennnerung an seine Lehrtdtiglkeit ifi 
Boun , gewidwpt voa s^iaen Schùlern, p. i-ao , p|. 1 , II, III. — Voir aussi le Répev 
toire de la statuaire grecque et roiuatuede Saloâaon Beiuach, aux renvois signalés 
par Et. MicJjon, HuUeliu ai-ckéol. du Comité, i,yj3, p. a88, note 4. 

'^' Musée Lavigerie, Il , pi. I. 



1 



— 108 — 

Cyrène et dont la décoration est semblable à celle de la statue 
d'Hadrien trouvée à Hierapytna (île de Crète), est conservé au 
musée Britannique (^). A Khanguet-el-Kedime, M. Saladin a signalé 
une statue impériale dont la cuirasse est ornée de deux griffons 
affrontés'^'. A Lemfa (Leptis minus), on en a trouvé deux : sur la 
première apparaissent aussi des griffons affrontés; sur la seconde , 
des Victoires (^'. Un fragment de torse, provenant d'Oudna et ré- 
cemment entre' au Musée du Louvre, laisse deviner une cuirasse 
d'un excellent travail : on y voit un Centaure se cabrant, entouré 
de tiges délicates et de rosaces élégantes <^'. Une statue d'Hadrien 
découverte à Philippeville ^^\ un torse recueilli à Timgad dans les 
ruines delacurieC'^ les fragments d'une statue cuirassée en bronze, 
trouvés à Tsiliit-Knilet, cercle d'El-Miliaf'^; enfin un dernier torse, 
envoyé de Zian par le consul Pélissier et exposé au Louvre dans 
la salle des Antiquités africaines (^), constituent, je crois, toute la 
contribution fournie par l'exploration de l'Afrique du Nord avant 
la découverte très importante qui vient d'enrichir le Musée de 
Cherchel (^'). 

A. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 

P.-S. — Je profite de ce rapport pour signaler un torse en 
marbre de la même série, inédit, je crois, dont on ignore malheu- 
reusement la provenance. 11 a été donné, il y a plusieurs années, 
au Musée des Arts décoratifs par M. Ch. Pillet, ancien commissaire 

(•' Sorlin-Dori{;ny, Gazette archéoL, XI, )886, p. 299; Smith el Porcher, 
Uistory oj ihe récent discoveries al Cyrene, p. 76; Hermann von Rohden, op. cit., 
taf. 3, a. 

(^) La Blanchère cl Gauckler, Musée Alaoui, pi. XII, n. 20-91. 

(') Ibid., pi. XII, n"' 18-19. 

(*) Et. Michon, Note sur un torse cuirassé trouvé à Oiidna (Tunisie), dans le 
Bulletin archéol. du Comité, igiS, p. 287-291 , pi. XX. 

t^) St. Gseli, Musée de Philippeville, pi. VIII. 

<*) Ballu et Gagnât, Musée de Timgad, pi. III, 3. 

C Doublet et Gauckler, Musée de Constantine , pi. X. 

'») Héron de Villefosse, Gazette archéologique, XII, 1887; Chronique, p. 23, 
n. 91. 

("' M. l'abbé Sautcl a public dans le Bulletin archéol. du Comité, 1918, p. 227- 
233, pl. XI, un beau torse cuirassé, orné d'une tète de Méduse et de Victoires 
couronnant le Palladium , (|ui provient des fouilles dirigées par lui dans le théâtre 
antique de Vaison. 



— 109 — 

priseur. La cuirasse est ornée à la partie supérieure d'une lète de 
Méduse; au centre, deux chevaux marins affronte's, d'un fort relief, 
sont montés par des Néréides qui, assises de côtp, se tiennent d'une 
main au cou des animaux, et de l'autre présentent au vent leurs 
draperies afin de les utilistM* comme des voiles; au-dessous, deux 
dauphins figurent la mer. 

Le torse cuirassé appartient au type VI du classement pro- 
posé par \N arwick \N roth f'I Son ornementation présente la plus 
grande ressemblance avec celle du torse cuirassé de la statue 
de Titus, découverte dans les fouilles d'Olympie. Il est exposé 
au pavillon de Marsan, sur un palier d'escalier, près des hureaux 
de la conservation. 



Op. cit., vol. VII (188G), p. l'Slt. 



Irciikologie. — N" 2. 



LES ARMOIRIES FAMJL14LES 
DANS LA DÉCOKATION 

i)ts iSClEAtJX DES ÉVÈQUES FRAINÇAIS 

AU Xni' SIÈCLE, 

TAH M. MAX FBINET, 
Membre du Comilé. 



Les {iiLiioiries étaient, à l'origine, des imuques militaires. I*]li»'s 
servaient îi désigner la personnalité des combatlanls, à la guerre et 
dans les tournois. Mais, de très bonne heure, devenues hérédi- 
taires, elles ont élé considérées comme les emblèmes des l'amilies. 
Les membres non combattants des maisons nobles — les clercs et 
les femmes — - ont fait représenter sur leurs sceaux et sur des objets 
de toutes sortes les blasons que les chevaliers de leur race por- 
taient sur le harnais. 

A quelle époque les évêques français ont-ils commencé à faire 
armorier leurs sceaux du blason de leur famille ('*? Je ne puis ré- 
pondre d'une façon précise à celte question, car je ne saurais pré- 
tendre avoir retrouvé le plus ancien sceau ainsi décoré qui ait été' 
gravé pour un évêque. Mais je voudrais signaler quelqiies exemples 
qui montrent comment, dès le xiif siècle, les évéques ont orné 
leurs sceaux d'armoiries familiales. 

Dans leur forme habituelle, les armoiries sont figurées sur un 
écu. Nous trouvons un écu au lion, en 1268, sur le petit sceau 
de l'évêque de Langres, Guy de Rochefort C^'. Ce prélat n'appar- 



^') Je ue traiterai pas ici des armoiries des sièges épiscopaux. 
W Sceaux de la Bourgogne, aux Archives nationales, n° pSS. 



I 



5 



_ 111 — 

'tenait pas à la maison franc-conrtoise de Kocheîorl ' dont on lui a, 
bien à tort, attribué le blason ^i. Il était de la famille des seigneurs 
du Puiset, vicomtes de Chartres -^ dont les armes consistaient 
en un lion, ainsi quon peut le reconnaître par des sceaux du 
xni* siècie*'^'. 

En 1978, un sceau de Jean de Courtenay, évèque d'Oiiéans, 
est orné d'un écu à trois tourteaux, cbai-gés chacun d'un crosson^^'. 
Les Courtenay portaient : d'm- à trois Umrteaux de gueules. Les cros- 
sons désignent la dignité épiscopale. La façon dont ils sont repré- 
sentés ici , chargeant chacune des figures du blason , constitue une 
particularité tout à fait exceptionnelle dans Thistoire des insignes 
héraldiques de l'épiscopat. Généralement, les évêques qui, au 
xiii'" siècle et au commencement du xrv% ont joint la crosse à leurs 
armoiries, l'ont fait représenter brochant sur l'ensemble de la déco- 
ration héraldiqu(! '^•. 

Gny d'Anvergne, archevêque devienne, a sur son contre-sceau, 
en 1975, un écu au gonfanon et au bâton brochant en bande ^''. 
Les armes sont bien celles de la maison d'Auvergne : d^or au gonfa- 
noii de gueules . frangé de simple. Le bâton est une brisure de puîné. 

Sur le contre-sceau de Thibaud de Pouancé, évèque deDol, en 
19^^95 (pi. X\ ), on voit un écu carré *i portant deux léopards et un 
bâton brochant en bande >^\ La famille de ce prélat, originaire de 

C Famille originaire de 'Rochefort-sur-le-Doubs ou Rochefoit-sur-Nenon (Jura, 
arr. de Dôle, clief-lieu de cant.), qui a donné naissance aux chanceliers de France 
Guillaume et Guy de Roehefort, et qui a subsisté jusqu'à nos jours. 

(-' D'azur seine de billetten d'or, au chef d'argent chargé d'un lion léopardé de 
giienles. Voir A. Daguin, Z>«» évéques de Langres, dans les Mémoire» de la Société 
hiitori^ie et nrchéMogique de immigres, t. III, p. 1 10-1 1 5. 

'' F>. de L'Épinois, Histoire de Chartres, t. 11, p. 613. G. Guissard, Les set- 
gnefirsdn Ptiisel, p. 84. 

"• Collection de sceaux des Archives nationales, n°' 976, 34 1 5. — Géliot et 
l*aUiot {La rraye et parfaite science des armoiries, p. 364) disent que ces armes 
étaient : d'argent au lion de gueules armé et lampassé d'or. 

<• Bibliotlièque de PAi-senal; ms. 6o34; cf. H. Stein; dans le Bulletin de la 
Société nationale des antiquaires de France, 1909, p. 887. 

'*> M. Prinel, Les insignes des dignités ecclésiastiques, dans la Revue de l'art 
chrétien, igti, p. 3 0-82. 

' Valbonnais, //jj/oiVe du Dauphiné, t. I, p. 876, pi. III, fig. -2. 

' Les écus carrés ont été fréquemment employés dans l'ouest de la France. 
On en trouve dès le xiii' siècle, sur les monnaies de Jean I", duc de Bretagne 
(1337-1386). Voir' Poe\ d'Avant, Momiaies féodales , 1. 1, pi. XI, n" 13, i3. 

'*' CoHect. des Arch. nal.. n° 6600. 



— 112 — 

l'Anjou, avait des armes de gueules à deux léopards d'or^^K Le bàlon 
est, ici encore, une brisure. 

En 1297, Ferry de Lorraine, évêque d'Orléans, est représenté, 
sur son grand sceau , accosté de deux écus. A dextre sont les armes 
de Lorraine : une bande chargée de trois ale'rions; à senestre est 
un blason au rai d'escarboucle (pi. XV) ^^^ Ce dernier écu a été 
considéré par Douët d'Arcq'^' comme repre'sentant les armes de 
Cièves. Ferry de Lorraine n'avait aucune raison de faire figurer 
sur son sceau les armoiries de Cièves. Il faut voir dans i'écu au rai 
d'escarboucle le blason de Navarre ^^'> : la mère du prélat était Mar- 
guerite, fille de Thibaud, comte de Champagne et roi de Navarre. 
C'est ici le premier exemple que j'aie relevé de cet usage que l'on 
retrouve au xiv"' siècle et qui consiste à réunir, sur la même lace 
d'un sceau épiscopal, les armes de la famille paternelle et celles 
de la famille maternelle du prélat (^l 

Il arrive assez fréquemment que des armoiries remplissent le 
champ même d'un sceau, sans être enfermées dans un écu. En ce 

t'' Alim à deux lions passants d'argent {Arttwrial de France, publié par Douët 
d'Arcq, n" 760; A. du Paz, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustrer 
de Bretagne, -j' partie, p. 45 et suiv, ; C. Port, Dictionnaire historique, géogra- 
phique et biographique de Maine-et-Loire, t. III, p. I68-173; J. Denais, Armoriai 
général de l'Anjou, t. II, p. i48). 

Î-' Coilect. des Arch. nat., n° 6769. 

'' Inventaire de la collection de sceaux des Archives de l'Empire, t. H, 
p. 539. 

('■' Le blason do Navarre était, au moyen âge : de gueules à l'escarboucle , ou 
rai d'escarboucle, d'ur.Le rai d'escarboucle s'est transCormé, à l'ép(jque moderne, 
sous l'influence de la légende de la bataille de Las Navas de Tolosa, en chaînes 
disposées en croix, en sautoir et en double ou triple orle. Voir Oibenart, Notifia 
utriutque Vasconiae, p. 354-359. 

'•') Sur le sceau de Guillaume Bertrand, évêque de Bayeux (i338-i347), fils 
de Robert Bertrand, sire de Briquebec, et d'Alix de Clermont-Nesle , figurent 
deux écus : celui des Bertrand et celui des Clermont-Nesle (P. de Karcy, Sigillo- 
graphie de la Normandie, Evêché de Bayeux, p. idi-i25). 

Plusieurs historiens assurent que la maison lorraine de Sierk portait : d'or à 
l'aigle de sable (P. Benoit, Histoire ecclésiastique et politique de la ville et du 
diocèse de Toul, p. 4G3; G. Robert, Sigillographie de Toul, p. 80; Abbé E. Mar- 
tin, Histoire des diocèses de Toul, de Nancy et de Saint-Dié, t. I, p. 339). S'il 
en était ainsi, on pourrait reconnaître un emblème héraldique de famille dans 
l'aigle qui décorait, en 1297, '^ contre-sceau de Jean de Sierk, évêque de Toul 
(Robert, ouvr. cité, pi. VIII, fig. 17). Mais, des recherches de M. J. Florange 
( Histoire des seigneurs et comtes de Siei-k, p. vu , 1 1, n. 3 , 1 8 , 35 , n. 1 ), il paraît 
résulter que la famille de ce prélat avait des armoiries différentes. 



— 113 — 

cas, il est souvent difficile de reconnaître si l'on a hien affaire à de 
véritables armoiries. En effet, la plupart des figures héraldiques 
ont été. à l'origine, identiques, quant à la forme, à certaines 
figures non héraldiques que l'on gravait sur les sceaux comme em- 
blèmes ou comme motifs de décoration. Pour pouvoir affirmer que 
le décor du champ d'un sceau reproduit les armes du propriétaire 
de ce sceau, il est nécessaire de connaître la famille du proprié- 
taire et le blason de celte famille. 

Faute de sètre rendu compte de la difficulté, les Be'nédictins, 
auteurs du \oui'eau traité de Diplomatique ' , ont considéré comme 
armoriés quatre contre-sceaux fort anciens dont avaient fait usage 
Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen, en ii54, Rotrou de 
Warwick, son successeur, entre ii64 et ii83, Henri, évèque 
deBayeux, entre 1 1 65 et i2o5 -, Guillaume du Perche, évéque de 
Chàlons-sur-Marne, en laai^. Aucune des figures gravées sur 
ces sceaux ne peut être donnée avec certitude comme la reproduc- 
tion des armoiries d'un de ces prélats. Rien ne prouve que le blason 
de Hugues d'Amiens ait renfermé le bœuf (*' qui se trouve sur son 

' T. IV. p. 385, 386. Les auteurs du .\oureau traité de Diplomatique aWd^- 
•juaienl ces exemples pour combattre Topinion de Mat)iHon qui avait dit {De re 
dutlonuitica , p. i33) que tes armoiries n'étaient appanies sur les sceaux des 
évèques qu'au milieu du xiu* siècle. Cf. N. de Wailly, Elément* de paléographie, 

* Sur ces prélats, voir : Histoire littéraire de la France, t. XII, p. 6^7-667; 
l. XIV, p. agB-Soo; Delisle, Recueil des actes de Henri H. roi d'Angleterre, l. I, 
p. 38i, 393, 454, 455. 

^ ^oi^ ^" de Romanet. Géographie du Perche et chronologie de ses comtes, 
dans les Documents sur la prorince du Perche, 9' série, n" 1, p. 5s, 58, Sg. 

* On a supposé que les Boves, comtes d'Amiens, avaient dans leur blason un 
ba'uf, et on a conclu de la présenc*» de ce bœuf sur le contre-sceau de Hugues 
<|ue ce prélat était de la famille de Boves {\ouveau traité de Diplomatique, t. IV, 
p. 385; Histoire littéraire de la France, t. XII, p. 647: P. Hébert, Ln arche- 
réque de Rouen au xii' siècle, Hugues lU d'Amiens, dans la Rerue des questions 
historiques, 1898, t. XX, p. 390). Bien ne prouve que les Boves aient porté des 
armes parlantes renfermant un bœuf. Los sceaux de plnsiours membres de cette 
famille, qui se sont conservés, offrent des armoiries où l'on ne voit pas de bœuf 
(Sceaux de la Picardie, aux Archives nationales, n" 1C9, 170, 172-176). Cf. 
A. du Cbfsne, Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand 
et lie (Joury, p. 9 '1 4 et suiv. , Pc. , p. 3 1 o et suiv. 

Le contre-sceau de rarchevè(|iie Hugues d'Amiens a été formé jwr l'empreinte 
d'une iiitaille, peut-être antique. Le seul exemplaire que j'en connaisse est peu 
net (Arcb. nat, S. 935 1 ; Douët d'Arcq, Inventaire de la oAlection de sceimr det 
Arrhires de l'Empire, n" 630 1\ 



— lU — 

contre-sceau, ni (jue lîemi, évetfue de Bayeux, ail eu paur annol- 
lies les six objels indislincts (fleurs d* lis, étoites ou rosettes) 
que les Bénédictins ont vus sur son contre-sceau'''. On ne sait 
pas de quelles familles ces deux évêques étaient issus. Le décor du 
contre-sceau de Tarchevéque Rotrou est formé de l'empreinte d'un 
ahraxast^l Le contre-sceau de Guillaume du Perche porte une fleur 
de lis '2), tandis que la famille de ce prélat avait pour armoiries 
des chevrons (^'. 

Le plus ancien monument sigillaire où j'ai reconnu avec certi- 
tude les armes familiales d'un évêque français est le contre-sceau 
de Guy de Vergy, évêque élu d'Autun (^J; il date de 1228 ou 1 22A, 
et porte trois quintefeuilles , sans écu. La maison bourguignonne 
de Vergy avait un blason de gueules à irais quinlefeuilles d'or. 

Au contre-sceau de Bouchard d'Avesnes, évêque de Metz, en 1 296 
(pi. XV), sont gravés un lion et une crosse brochant en bande'**'. 
On sait que le père de Boucliard, Jean d'Avesnes, comte de Hai- 
naul, avait adopté les armes de sa mère, Marguerite de Flandre : 
d'i>r au lion de sahle^'\ 

(') Je n'ai pas retrouvé Je conlre-sceau de i'évèque Henri , cité par les Bénédic- 
tins. Un autre contre-sceau du même prélat, connu par de nombreux exem- 
plaires, porte une tête humaine de pro61 (Sceaux de la Normandie, aux Archives 
nationales, n° 21 85; Bibliothèque nationale, ms. latin 17094, p. 3 , 5; P. de 
Farcy, Sipllographie dp la Normandie, Evêché dp Baypux, p. 68-73). 

c^) Coiiect. des Arch. nat.,n° 6363; Sceaux de la Normandie, n" %-il\']. — Les 
Bt'nédictins avaient cru y voir une sorlo de sauterelle. 

'^' Gollecl. des Arch. nat. , n° G ')(y, \" do Souancé, Sigillojrraphip dp» (inripim 
romleit du Pprchp, dans les Docunu-nts niir In prnt^ince du Pprcho, 9" série, n" 5, 
p. i/i, pi. 111, lijî. «/i, 95. 

'■'> Sceaux d'Etienne du Perche, de Geoffroy et de Thomas, comtes du PeFche 
(Coiiect. des Arch. nat., n""^ 999, 1000; Sceaux de la Normandie, n" 5i, 69; 
V" de Souancé, ouvr. cité, p. 6-1 3, pi. IlI-VI). — Le sceau équestre, armorié 
d'un écu à trois chevrons, que M. de Souancé (p. 5, 6 , pi. I, fig. 1) a donné 
comme celui de Rotrou III, comte du Perche, et qu'il a daté de iiaa, est en 
réalité celui d'un seigneur du pavs chartrain. Evrard de Levévilie, et a été apposé 
à une charte de laaa. Voir la copie de la charte et le dessin du sceau dans le 
ms, latin 544 1^ de la Bibliothèque nationale, fol. 63. 

(^î H. de Fontenay, Essai sur les sceaux et les armoiries des évêques d'Autun, 
p. 5. Du même, Armoriai do la ville d'Autun, p. 69. 

(^^ Coiiect. des Arch. nat., n" 6719. 

'') Sceaux et contre-sceaux de Jean d'Avesnes, comte de Hainaut, de 1375, 
ia88 et 1994 (Coiiect. des Arch. nat., n°' 65o, 65i; Sceaux de la Flandre, 
n" 199). Cf. P. Anselme, Histoire généalogique de la maison da France, t. II, 
p. 778. 



— It5 — 

Nous Iroinuii^-. dans ces deux cas. des armoirit'> iidcbrcs aisé- 
ment i:ecouuaisî>abk'S. Ce soiil peut-être aussi des armoiries que 
lou \oit daus le champ des contre-sceaux de Pierre de Montlaur, 
évèque de Marseille, en i3ii(un laurier soutenu dun mont)''^ 
et de Benoît d'AUgnan, son successeur, en i235 et 1237 (une 
aUtt)(2^. Mais, ne sitchant quels étaient les blasons des familles de 
ces prélats, je n'ose assurer que les emblèmes parlants que je viens 
de décrire soient héraldiques. 

Il convient de noter que l'usage de l'aire représenter les armes 
suj" le champ même du sceau, sans les inscrire dans un écu, 
n était pas spécial aux gens d église. Des chevaliers l'ont également 
pratiqué, comme nous pouvons ie consilater en, examinant les 
sceaux et contre-sceaux deGuillaunic Artaud, de 1012 et laSot^', 
d'Amaurv de Montfort. de 1 aSo ' , de Renaud de Bourgogne. comte 
iU' Moutbéiiard. de 12 S '4 "> . 

Enfin on peut relever, dans la sigillographi,ç épiçcopale , l'emploi 
d'un troisième mode de décoration héraldique. Parfois les figures 
du blason lamiliai ne sont ni inscrites dans un écu, ni enfermées 
dans uu champ particulier, mais se trouvent placées auprès de 
lelli^ii' du prélat, sur le même champ. 

Je crui> que Ion ne. peut guère hésiter à reconnaître l'emblème 
armoriai des Bochelort dans le lion qui accompagne l'image de 
ré\éque de Langres. duy de Rochefort, sur son grand si eau. en 
1205 et 1263 ". Jean de Sully, archevêque de Bourges, est repré- 
senté sur son sceau, en 1266 (pi. X\), accosté de deux lions et 
de quatre molettes '^>. Les Sully portaient : r/'^/cwr semé de molettes 
(for. au lion du même hvochunl .sur Ir tout. Tandis que le contre-sceau 
de Guy d'Auvergne, archevêque de \ienne, porte, en 1270, Técu 
aniioiial de la maison d'Auvergne brisé d'un bâton; le gonfanon 
et le bâton sont reproduits, sans écu, sur la face principale du 

'' Abbé Albanè*, Annorwl »/ sigillographie des évéques de Marseille, p. 53. 
'*' CoHect. (le> Arch. nat.. n' Gtigi. L. Blancard, Iconographie des sceaux et 
bulles... des archives dèparteiui'idales des B'niclies-du-Rhijue, p. iSf). pi. LXXll, 
lig. li. Albanès, ouvr. cilé, p. 56. 

■ J. Roman, Scetiux des famiUes seigHeurmlix ilu Ddiiphitie, n 27. 
' Colkcl. di'S Arcb. nat.. n" 711. 

■ Sceaux de la Bourgogm-, n' 107. 

■ Cnlleet. d.?- Arch. nat.. n tiOm ; .Sr.'oii\ d.' Ih P. y,"^'n,\ n .,r/i. 

Cuilerl. d- \lrli. \yji. . il iKiot;. 



— 116 — 

sceau, au-dessous de Timage du prélat''). Raoul de Thieuville, 
évéque d'Avranches, appartenait à une maison féodale dont les 
armes étaient : d'argent à deux handes de gueules accompagnées de sept 
coquilles du même ^"K Deux coquilles sont placées à droite et à gauche 
de l'effigie de cet évêque, sur son sceau de 1977(^1 Le lion de 
Flandre est gravé auprès de l'image de Bouchard d'Avesnes, sur la 
face principale du sceau de 1296, que j'ai déjà cité'^l 

Le même procédé de décoration armoriale se retrouve dans la 
sigillographie laïque. On en verra la preuve en se reportant aux 
sceaux dont faisaient usage Marguerite de Constantinople, com- 
tesse de Flandre, en 127/1 ^^\ Sibille de Bâgé, comtesse de Savoie, 
en 1989'*^', et Jean II, duc de Brabant, en 1996 (^l 

Des observations que je viens de présenter, il résulte que les 
armoiries familiales apparaissent sur les contre-sceaux des évêques 
dès la première moitié du xiii" siècle, et sur la face principale des 
grands sceaux épiscopaux, depuis le milieu de ce siècle. 

C'est à tort que l'on a dit'^), en parlant des évêques : trOn 
trouve des armoiries sur leurs contre-sceaux dès la deuxième moitié 
du xiii'' siècle, mais sur la face principale elles n'apparaissent qu'à 
la fin du \i\\v 

11 est vrai que les blasons de famille sont rares, au xiii" siècle, 
sur les sceaux des évêques français; mais à partir du début du xiv% 
ils s'y multiplient rapidement''^). 

Max Prinet. 

(•) Valbonnais, ouvr. cité. t. I, p. 876, pL III, fig. a. E. Piiot de Thorey, 
JÙudfi sur la sifrillographte du Dauphiné, dans le Bulletin de la Société dp statis- 
tique de l'hère, 3' série, (. IX (1879), p. 1 15, pi. XV, fig. 6. 

<"-) R. Bordeaux, Etudes héraldiques sur les anciens monuments religieux e\ 
civils de la ville de Caen, dans le Bulletin monumental, t. XII, p. 475. 

(') CoHect. des Arch. nat., n° 6/1 98. — Deux coquilles savaient aussi sur 
le sceau de Guillaume de Thieuville, évéque de Goutances, en 1837 (Sceaux de la 
Normandie, n" 2206). 

''''> Ibid., n" 6719. — Sur le même champ figure en outre une aigle, 

'■'^) Sceaux de l'Artois, aux Arch. nat., n° 54. 

'■'''■ Sceaux delà Bourgogne, n" 128. 

(') Sceaux de la Flandre, n° 2/12. 

'") J. Roman, Manuel de sigillographie française, p. 900. 

"' Je citerai, pour le démontrer, une série de grands sceaux épiscopaux, du 
premier quart du xiv' siècle, qui portent les armoiries familiales des prélats à 
Tiisagc desquels ils ont été gravés : sceaux de Pierre de Lévis-Mirepoix , évêque 



— 117 — 

de Maguelonne, i3o6; de Louis de Villars, archevêque de Lyon, i3o7; de 
Louis de Poitiers, évéque do Viviers, i3o8: ili' Mathieu dos Essarts, évéque 
d'Evreiix, i3o8; d'Enguorrand do Croqtiv , i''vi'(jiie do Tf-rouanne, 1809; ''•' 
Pierre de Savoie, archevêque de Lyon, i3ia : do Foulques de La Rochefoucauld, 
évê<|ue d'Angouléme, iSia; do Jean de Marigny, évéque de Beauvuis, i3iH; 
de Robert de Courtenay, archevêque do Reiras, i3i^; de Philippe de Marigny, 
archevêque de Sens, 1 it'i: d'Hélio Guy. évoque d'Autun, 1817; de Louis 
de Poitiers, évéque de Langres, i3i9; de Foucaud de Rochechouart . évéque de 
Noyon, 1319; de Guillaunno de Melun. archevêque de Sens, iSao; de Robert 
de Joigny, évéque de Chartres, ii-id (Collect. des Arch. nat., n"* 6890, 63ai, 
635o, 6898, 6899, 6/157, <>^7»' 65i6, 6578, 6611, 6606, 6(183, 6759, 
6890, 6987). 



NOTE 

SUR 

m ESSAI D'IDENTIFICATION DES RUINES 

DE BANI-TEUDE, MERGO, TANSOU Eï ANGLA, 

SITUEES DANS LA RÉGION DE L'OUERGHA 

(SUBDIVISION DE FEZ) [MAROC], 

ET RELEVÉES 

PAR LE CAPITAINE ODINOT, 

PAR M. H. SALADIN, 

Membre de la Commission de l'Afrique du Nord. 



M. le capitaine Odinot, en, parcourant la région de TOuergha, 
comprise entre 7" et 8" de longitude 0. et ."U" et 35" de latitude N. , 
;» cherché à identifier un certain nombre de ruines décrites par 
Léon l'Africain et par IVlarmol, et dont il a relevé les plans. 

I. Bani-Tegde (Fez-Bali). 

«Bani-Teude est, dit Léon l'Africain (^), une très ancienne cité, 
édifiée par les Africains en une plaine sur le fleuve Guarga, distante 
de Fez environ quarante-cinq milles, laquelle souloil faire jadis 
près de huit mille feux; mais elle lut détruite par les guerres des 

(') Léon rAfrîcain, t. If, p. 28. 



— U9 — 

Poutiles de Cairavan, fors les murailles du rimiil: cl v ai \(m plu- 
si«uis sépultures d»^ nobles {jens et tjueUjues fontaines murées de 
pierre vive qui y étaient admirables. Elle est prochaiae des mon- 
tagnes de Gumera, environ quatorze milles, ayant le terroir fertile 
et abondant.^ 

M. le capitaine Odinot ajoute : 

Celte ville de Bani-Teude se trouve au lieu appelé actuellement 
Fez-Bali dans la région de i'Ouergba. Mais les habitants l'appellent 
encore parfois la ville des Beni-Touda. Le caïd des Fichtalas m'a 
dit avoir vu un acte de })ropriété revêtu d'un cachet au nom des 
Beni-Touda. 

Les murailles qui entouraient la ville subsistent presque seules; 
pourtant, à l'intérieur, on trouve la trace d'une kasbah centrale, 
quelques fragments de tours rondes, un hammam (tig. i). 

Cette ville devait être très grande, comme l'indiquent les dimen- 
sions de l'enceinte, ainsi que la quantité de débris de briques 
et de tuiles qu'on trouve sur le sol. 

En creusant près de la Kasbah, j'ai trouvé les fondations d'une 
grande maison dont les assises étaient en maçonnerie très solide; 
des piliers en briques cuites et cimentées devaient supporter 
l'édifice. 

Près de là, j'ai remarqué une conduite d'eau faite de tuyaux en 
briques cuites et noyés dans le ciment ^^l 

Dans une citerne, où se faisait la distribution d'eau entre dif- 
férents conduits, j'ai recueilli un fragment de bronze qui semble 
provenir de la garde dune épée; des ornements réguliers repré- 
sentant des fleurs stylisées étaieut gravés sur la partie triangulaire. 
J'ai trouvé là également un bracelet de bronze, très simple, sem- 
blable à un rbal-rhal actuel. 

Toujours dans ce même endroit, j'ai noté différenLs fragments 
de poterie, dont l'un est verni et présente des reflets d'un bleu 
argenté avec une bordure dorée f^'. 

J'ai recueilli aussi un fragment de plat en terre ressemblant 
assez aux poteries de Fez, mais dont le vernis a des reflets métal- 
liques, quelques morceaux de verre très fin et irisé. 

' Ces tuyaux en forme de boissoaui mesurent o m. la de diamètre eitt-rieur 
»'t de o m. -^5 à o m. 3o de tong, 

- Ce sont probablement des irisations produites par l'ailération superlioielle 
de l'émail par suite du long séjour de ces objets dans la terre humide. 



— 120 — 

Près du mur (B), j'ai découvert de nombreux fragments de fer- 
rures, de clous, des fragments de lames de sabre, et enfin, sous 
une dalle de marbre non poli, un squelette presque en poussière. 

Au hammam, j'ai ramassé une monnaie romaine, probablement 
de Maximin'**. 

Cette ville des Beni-Touda est située sur un plateau dominant 
la vallée de l'Ouergha dans un site bien choisi, au milieu d'une 
plaine fertile arrosée par la rivière et par des sources nombreuses. 

Les recherches que j'ai faites ne me permettent pas de déter- 
miner exactement l'époque à laquelle la ville fut fondée. Cepen- 
dant la tradition donne à un certain point des ruines le nom de 
Merhad de Tachefyn, ce qui tendrait à prouver que la ville aurait 
existé comme place forte des Almoravides(xi'' siècle, entre 1069 et 
io84, époque où Youssef-ben-Tachefyn se rendit de Fez à Tanger). 

Léon l'Africain dit que cette ville fut détruite par les pontifes 
de Cairavan^^'. 

Ceci n'exclut pas l'hypothèse de l'existence de ruines romaines '■'' 
sous les ruines berbères. Mais rien n'est moins certain; la seule 
présomption qu'on pourrait en apporter, — et elle est bien faible, 
— c'est qu'on a trouvé à Fez-Bali une monnaie romaine. 

Marmol identifie les Beni-Touda avec Baba ou .lulia Campestre, 

Voici d'ailleurs ce qu'en dit Marmol : wDe Beni-Teudi, dans la 
même province queEzaggen (Ouezzan). Cette ville est sur les bords 
de la rivière que nous venons de nommer et donne son nom aux 
Berbères qui demeurent dans les campagnes d'alentour. Elle a été 
bastie par les anciens Africains et se nommait Baba ou Julia 
Campestre'*) selon le nouveau Ptolémée, qui la met à 8° 10' de 
longitude et 34° 20' de latitude. Elle est clans une belle plaine à 
dix-huit lieues de Fès, du côté du septentrion, et selon les appa- 
rences devait avoir autrefois 6,000 maisons. Mais le calife schis- 
malique Caïm la ruina en la guerre qu'il eut contre ceux d'idris, 
quand il conquit cette province, de sorte qu'il n'y a plus que les 



(') Tous ces objets ont été envoyés au Musée de Fez. 

(^) El-Gaïm , que Marmol appelle le khalife schismatique de Kairouan , est le 
fds de Mahdi Obéïd-Allah , qui lui succéda avec le titre de El-Qaïm-Biamriliali 
(Cl. Huart, Histoire des Arabes, I, p. 3/ii) [392-3.34 de Thégire =^ 93/t-9/ir) 
de J.-C). 

'^) Léon l'Africain dit y avoir vu des inscriptions romaines. 

(''' M. de La Martinière place au contraire Baba au Djebel-Monlay-Abdesselam. 



121 — 




— 122 — 

muraiUcs et des restes de quelques vieux et superbes édifices. 
H y a trois i'ontaines avec de grands bassins de marbre et d'al- 
bâtre, et quelques aTïciens tenmbeaux de même, qui témoignent 
que ce sont des sépulcres de personnes de condition. H y a cinq 
lieues depuis ses t-uines jusqu'aux premières montagnes de la Go- 
mère, et ce pays est fertile et possédé par les Berbères que nous 
avons dit; mais ils relèvent de quelques Arabes qui sont plus puis- 
sants qu'eux et riches en bleds et en troupeaux. 71 

M. Odinot ajoute : Quoi qu'il en soit, il semble bien que la ville 
des Beni-Touda existe au ix^ siècle, puisque ^Ali, fils d'idris 11, 
devenu émir de Fez, fait frapper des monnaies à ïagragra (Rii), 
Ourzigat-Ouargali (Bani-Taouda) '^'w. 

On lit, dans le kilab-d-htibçar-^-Ajaïb-el-Msar : trSi, en traver- 
sant le Sebou, on se dirige plus vers la droite, on arrive à la ville 
de Beni-Taoudi appelée aujourd'hui Fez-Bali et qui se trouve sur 
rOuergha. Cette ville et la forteresse qui se trouvent sur le Djebel- 
Amergou ont été construites par El-lMeltsimin pour tenir le massif 
des Ghomara. 

ffLes gouverneurs du Maroc habitaient cette ville avec des soldais; 
à cette époque se trouvaient sur son emplacement de belles con- 
structions et de splendides palais. Elle se trouvait sur i'Ouergha , 
ayant autour d'elle les tribus et jouissant d'un magnifique point 
de vue. Cette région est propre aux céréales et riche en pâtu- 
rages. 

ff Au-dessus de celte ville, au sommet du Djebel-Amergou , s'élève 
une citadelle 'construite par El-Mellsimin. Elle est construite à la 
pierre et à la chaux; on n'arrive à y faire 'des dégradations qu'à 
grand'peine, à cause de la solidité de la construction. 7) 

Actuellement plusieurs villqges se sont construits dans l'enceinte 
de la ville avec les matériaux tires des ruines. C'est ainsi que dans 
l'un d'eux, celui des Ouled-Ben-Talah, on voyait encore en 191^^ 
une porte ancienne que les pluies de l'hiver snivant firent écrouler. 

Carrières. — On rencontre dans le Djebel-Amergou la carrière 
d'où furent extraites les pierres qui servirent à bâtir Fez-Bali. 
Ce sont des pierres très dures, calcaires et d'un grain très fin. 
^fie'^nrafbre a été extrait probablement d'une carrière qu'on voit 

(') Massignon, Le Maroc. Tableau géographique, p. 169 et 166. 



— 1^3 — 

encore sur la rive droite de TOuergha, à deux kilomètres environ 
en amont de Fez-Bali. 

t'eau. — M n'y a plus trace de fontaine au niveau du plateau , 
et toutes les sources avoisinantes sont à un niveau inférieur à celui 
du sol de la ville. Il faut donc penser que Teau arrivait par un 
aqtieduc des montagnes du Sud, à Amergou et Echgou. 

Ces indications doivent être complétées par la description sui- 
vante, qui! est facile de faire d'après le plan (fig. i) levé par le 
capitaine Odinot. 

Fez-Bali s'élève sur une sorte de promontoire 'formé par l'Oued- 
(Juergha et un petit oued qui s'y jette en A. 

Le profil accidenté du périmètre de la ville est bordé de tous 
côtés par des murs épais de i m. 5o et mesurant encore de 9 à 
mètres de haut; ces murs sont construits en moellons irrégulîèrs. 
Le plan du capitaine Odinot ne présente pas d'indications de toui-s 
rondes ou carrées, il paraît donc probable que des fortifications 
sont d'une date très reculée. Leur étendue est tellement coïi^iflé- 
rable, que trois villages ont pu y tenir à l'aise (B, C, D). 

Trois portes E. F, G sont encore reconnaissables, fnais il est 
[)rol)able qu'il y en avait d'iiutres. notamment dans la partie H 
qui paraît avoir formé comme un isthme reliant la ville à une sorte 
de plateau. 

Comme on le voit, partout ailleurs les murailles de la ville cou- 
ronnent des escarpements inaccessibles. 

H seml)le que nous sommes en présence d'une de ces très vieilles 
villes que leur position naturelle a en quelque sorte prédestiiiees 
à être de tout temps très loi tcment occupées ji^r iiiie poiplilatibn 
nomoreuse. 

La présomption de l'occupation romaine est rend ué'prbbâBfe par 
la monnaie de Maximin citée plus "haut et des fragiiients de po- 
terie sigillée trouvés dans lés ruines, celle de l'occupation continue 
par les Arabes, par les nombreux fragments de poteries émaillées 
que mentionne le capitaine Odinot et dont les ffisàlibhs sont une 
preuve de la grande ancienneté. 



124 



II. Mergo ou Amergou. 

Après ces quelques mots sur la ville des Beni-Touda, M. Odinot 
étudie celle de Mergo (actuellement Amergou), et continue ainsi: 

Voici ce qu'en dit Léon l'Africain : 

ft Mergo est une cité posée sur le coupeau d'une montagne, pro- 
chaine de l'autre d'environ lo milles. 

«Et dit-on qu'elle l'ut édifiée par les Romains pour ce qu'il y a 
certaines masures antiques, là où se lisent quelques écritures latines. 
Elle est aujourd'hui déshabitée, mais il s'en trouve une autre petite 
en la côte de la montagne assez bien habite'e, là où il y a plusieurs 
tissiers de grosse toile. Autour de Mergo, il y a une campagne, qui 
est en bonne terre, et découvre l'on d'icelle deux gros fleuves des- 
quels elle est distante, d'un côté et d'autre, par l'espace de 5 milles. 

ffL'un d'iceux est Subu, du côté de midy, et l'autre Guarga, 
devers tramontane. Les habitants voudraient être estimés genlis- 
hommes; mais ils sont avares, ignorants et sans aucune vertu. ^^ 

On lit, d'autre part, dans Marmol : 

ffA trois lieues de Bani-Teude, sur la cime d'une haute mon- 
tagne, il y a une ville qu'on nommait autrefois Tocolosie, selon 
Ptolémée, qui la met à 7" lo' de longitude et à 33" 3o' de latitude. 

«■ Elle a été ruinée par le même calife qui ruina toutes celles des 
euviiims; mais les murs sont encore debout, où l'on voit quelques 
inscriptions latines, qui montrent qu'elle a été bâtie par les Bomains , 
il y a longtemps. Depuis sa destruction, on a fait une grande ha- 
bitation sur la pente de cette montagne, qui porte le nom de la 
ville, et est peuplée de tisserans, et la plaine qui est au-dessous 
est un fort bon pays. Cette montagne découvre de part et d'autre 
deux grandes rivières, à quatre lieues l'une de l'autre, qui sont le 
Gébu et l'Erguile, l'une au midy, et l'autre au septentrion. Elle est 
peuplée de ça et de là de Berbères, qui se piquent d'estre les plus 
nobles de toute l'Afrique, et font fort les braves; aussi sont-ils 
superbes et meschans. w 

Le Kitab-el-Istiqçar (i) dit : 

crAmargo est le lieu de sépulture du cheikh Mohamed-lbn-Mouça- 
ech-Chaoui, surnommé Abou-ech-Cheta , le père de la pluie, 

i» T. Il, p. 97. 



JCLLBTIN ARCHEOLOGIQUE, IQlt 



PI. XVI, > 12 5. 





AMERGOU (mAROc). 



1. PORTE DE LA VILLE (a DU PLAN), VUE DE L'INTÉRIEUR. 
2. LA MÊME PORTE VUE DE L'EXTÉRIEUR. 



— 125 — 

cause de celle qu'il fit loniber par ses prières pendant une séche- 
resse, ri 

Le cheikh Abou-Cheta mourut en 997 (1589). 

On lit enfin , dans Ibn-Kordabdah : 

f Amargo, fortin ruiné sur une colline à un jour de Fez, dernier 
refuge des chrétiens à l'intérieur du pays; leur mort fut amère, 
d'où ce nom d'Amarkou (amertume). -^ 

Actuellement, voici ce qui subsiste d'Amergo^' : 

Il existe encore une kasbah très bien conserve'e sur le sommet 
du Djebel-Amergou , mais sans aucune inscription, et n'ayant pas 
l'apparence d'une construction romaine (fig. 2 V 



Petite porte 



7, Q^^t; 

lour \ 




KcJ,JJ. 9 sp -^^.^ /yo 



Fig. a. — Amergou (MariM-). Plan de la ville. 

On retrouve, dans une anfractuosité occupée aujourd'hui par 
le village des chorlas de Ghoual, des tracés de mur et une citerne, 
qui reçoit l'eau d'une belle source (pi. XVII, fig. 3). 

Au pied du Djebel-Amergou se trouve le village de Moula v- 
bou-Cheta (tribu des Fichtalas), avec une zaouïa assez jolie (con- 
struite en 19 14), où est enterré Moulay-bou-Cheta. 

Il y a encore beaucoup de tisserands dans ces villages, comnie 
au temps de Le'on rAfric<iin. 

^'* Roule do Fez-Margo-Tansor, pays de Gomera Ceuta (78). Celte route fut 
utilisée pendant tout le moyen âge. Au temps d'El-Bekri, elle rejoignait plus à 
l'Ouest la roule de Tanger à Fez (Massignon, op. al., p. ia l 

Archéologie. — N* 2. ,, 



I 



— 126 — 

La descriptîoa d'Amergou doit se compléter par l'analyse du 
plan que le capitaine Odinot a joint à son étude (fig. 2). 

Ce plan se compose d'une façon plus savante que celui de Fez- 
Bali. Par conséquent, il semble que la ville d'Amergou ne remonte 
pas à une époque aussi reculée que cette dernière. Cette ville est 
entourée d'une enceinte continue, défendue par onze tours rondes, 
dont les planches XVI à XVIII donnent les différents aspects (') : 
en A se trouve la porte reproduite sur la planche XVII; en B, la 
poterne (pi. XVII, fig. 1); en C, une fortification avancée qui est 
placée en contre-bas; en D, une forteresse formant réduit, avec ses 
deux portes F. 

Comme on le voit, cette place forte est une forteresse complète 
et dont le système de construction semble plutôt se rattacher à 
l'architecture arabe. Rien, en effet, n'y rappelle la construction 
romaine. 

Djebcl-Echgou. — Sur une hauteur voisine du Djel)el-Amergou, 
le Djebel-Echgou , on voit des ruines assez importantes non îdenli- 
fices, avec des remparts en pierres sèches barrant la vallée par la- 
quelle on y accède. 

III. TANSoa. 

Voici ce qu'en dit Léon l'Africain : 

rTansor est une cilé bàlie sur une pelile montagne distante de 
Mergo environ 10 milles, en laquelle y a trois cents maisons, mais 
petit nombre d'artisans. 

tf . . .La cité est droitement assise sur la moilié du chemin qui 



('' Explication tlo8 figures : Pi. XVi, fig. 1 «t 2. Celie porte est construite 
en longues briques minces, avec des joints épais en mortier de chaux; elle est en 
fer à cheval et appareillée, comme les arcs arabes, à joints rayonnants du centre 
du diamètre pris à la naissance de l'arc, et non pas du centre des courbes de 
Tare. La figure 1, vue prise de l'intérieur, montre que la porte était double et 
qu'entre les deux portes était ménagé le logement des ventaux de la porte exté- 
rieure, comme c'est la règle dans les portes de ville au Maroc. — PI. XVIi, 
fig. i. Poterne en moellons appareillés. Fig. 9. Murs de la ville vus de l'intérieur. 
Fig. 3. Citerne avec un enduit intérieur. — PI. XVIII, fig. 1. Murs de la ville 
vus de l'extérieur, avec une des tours; l'appareil des murs en gros moellons est 
régulier Fig. 2. Murs.de la kasbah, moins bien construits et moins bien appa- 
reillés que ceux de la viJle. 



BCLLETIS ARCUÉOLOGI<}LE, 1 (( 1 G. 



PI. XVII, p. 126. 




Pn'^ 






AMERGOU (mAROC). 

i. POTERNE. — 2. MURS VUS DE L'INTÉRIEUR. 
3. CITERNE. 



Bulletin archéologiqib, 1916. 



PI. XVIII, p. 196. 





AMERGOU (MAROC 



1. MURS ET TOUR VUS DE L'EXTÉRIEUR. 
2. LOGEMENTS DE LA KASBAH. INTÉRIEUR. 



\ 



— 127 — 




— 128 — 

va de Fez au mont de Gomera, ce qui les rend avares jusques à 
l'extrémité et déplaisans au possible, n 

Cette citation se complète par ce qu en dit Manuel : 

«De Tenzert (Tenzirt en berbère signifie nez). — Cette ville que 
les historiens arabes nomment Tehart, et que Ptolémée met à 9° lo' 
de latitude, sous le nom de Trizide, a esté bastie par les Romains 
sur une colline, et a quelques sept cents habitants, qui n'ont soin 
que du labourage et de leurs troupeaux, à quoy le pays est fort 
propre. Aben-Gézar dit, en sa géographie, qu'elle doit sa fondation 
à des géans, et que de son temps on y a trouvé des sépulcres où il 
avoit des testes dont le crâne avait deux pieds en tous sens. Cette 
ville fut ruinée par le calife que nous avons dit, mais des Béré- 
bères en ont depuis repeuplé quelques quartiers; tout le reste est 
désolé (1).^ 

D'après ces renseignements, je crois que l'on peut placer Tansor 
au village d'Azour, crête rocheuse qui, vue de face, ressemble à 
un nez, qui est sise sur la route des Ghomaras et qui a toujours 
été un refuge de pillards coupant la route, jusqu'à notre instal- 
lation dans le pays. 

On ne trouve que peu de traces de constructions, mais on y voit 
à fleur de terre beaucoup de murs rasés qui témoignent de l'exis- 
tence d'une grande kasbah. 

Il existe là deux villages. 

IV. Aglà. 

Léon l'Africain en donne la description suivante : 
« Agla est une ancienne cité édifiée par les Africans sur le fleuve 
Ouargat^'; autour d'icelle, y a bon territoire cultivé par les Arabes, 
à cause que la cité fut ruinée aux guerres passées, mais les mu- 
railles sont encor sur pied, avec quelques puys qui sont demeurés 
au dedans d'icelles. -n 

Je complète cette citation par ce qu'en dit Marmol : 
tf Sur les bords de l'Erguile, paroissent les ruines d'une ville an- 
cienne bastie par ceux du pays, et ruinée par le calife schismatique 



W Voir la carte de l'atlas de Mercator (fig. 4). 
(^) Ouergha. 



— 129 — 

de Cairavan. Il n'y a plus que les murs debout. . . Il reste quelques 
puits au dedans des bastimens, dont ceux qui vont au marché 
boivent de l'eau, car il n'y en a point en tous ces quartiers. w 

Je crois qu'on peut identiOer Agla avec les ruines qui restent 
chez les Setta, non loin du Souk-Sebt d'Abdul-Kerim. 

Ce pays est encore inexploré, mais des raokhazenis de mon 
bureau y sont ailés. 




Fig. II. — Carie du Maroc d'après i'atlas de Me%eubn\ 

il est possible aussi que celte ville se soit élevée au Souk-Sebt 
d'Abul-Kerim lui-même, où le souk se tient toujours et où il y a 
des puils. 

Noter également qu'il y a une colline non loin de là, chez les 
Ouled-Aïssa, qui s'appelle Aghila. 

Les tribus. — Beni-Guazei'ol {Beni-Zeroual). — Léon lAfricain 
écrite*) : tr Cette montagne a d'étendue en longueur environ 3o milles 



'J T. II, p. 3ooet3oi. 



— 130 — 

et iB de iargeiir. Mais elle est divisée en troys moritagBes, eritr^ 
lesquelles el les deux précédentes prerinent leur cours (Juelr^uefî 
pelits fleuves. 

wEn cette montagne se trouve une petite cité, mais d'autant 
plus civile, bien garnie d'artisans. . . Outre ce, on y peut voir une 
combe, oiî il y a une entrée en guise de caverne, qui jeté conti- 
nuellement grandes flammes de feu, et ay veu plusieurs étrangers 
se transporter en ce lieu-là pour contempler une chose tant rare, 
puis jetent des fagots et tronses de boys qui sont soudainement 
par l'âpre et vive chaleur consommés, vous asseurant que ce feu 
me semble le plus admirable spectacle que j'aye veu entre les 
choses naturelles. 

wAu moyen de quoi , plusieurs se laissent tomber en cette opinion 
que ce soyt une des bouches de l'enfer. 77 

Le nom donné à cette montagne, dans le texte dé Léon l'Africain, 
est fautif : il faut lire Beni-Zeroual. 

Voici, d'autre part, ce qu'en dit Marmol : 

ff/)e Bénigua ou Bénizarval [Beni-Zeroual). — Ce sont trois mon- 
tagnes qui n'en font qu'une et qui sont frontières des deux pré- 
cédentes, dont elles sont séparées par de petites rivières qui en 
proviennent. 

ff Au plus haut de la montagne, il y a une ouverture d'où sortent 
quantités de flammes de soufre, comme de celle de Lipare ou de 
Sicile, et le peuj)le dit que c'est la gueule d'enfer. Ces trois mon- 
tagnes ont ensemble dix lieues de long sur trois de large et payent 
plus de vingi-cinq mille ducats par an au roy de Fez. w 

J'ai signalé, dans titie élude sur les Beni-Zéroual, (jùe les habi- 
tants du pays prétendent que tous les ans, pendant l'été, d'une 
fissure de la montagne sortent du feu et de la fumée. Il serait 
intéressant de pouvoir s'assurer de la réalité du fait. 

CONCLUSION. 

Il semble donc possible d'admettre les correspondances suivantes : 

Bani-Teude = Fez-El-Baii ; 

Mergo = Amergou-Moulay-bou-Cheta; 

Tensor = Azour; 

Agla = Soulc-Sebt d'Abdul-Kérim. 



— 131 — 

Le capitaine Odinol a joint à cette étude deux cartes (fig. 3 et 4) 
qui représenlonl la léjjion qu'il a étudiée, et où sont représentés 
non seulement les euiplacéirténls i]H villes qu'il a citées dans son 
étude, mais encore l'emplacement de cet Igneum specus, qui est 
mentionné par Marmol et par Léon l'Africain et dont il serait si 
inléressaut de retrouver l'emplacement exac'i. 

La première de ces caries est tirée de la Cosmographie de Livlo 
Sanulo (fig. 3), la seconde (fig. 4) de V Atlas de Mercator (Amster- 
dam, 1607). 

H. Saladin, 
Membre de la Commission de l'Afrique du Nord. 



L'OPPIDUM 
DE SAINT-GENCE 

(HAUTE -VIENNE), 

PAR M. AUGUSTE WINKLER. 



A Zioo mètres à Touest de Saint-Gence (Haute-Vienne), sur la 
rive gauche de la Glane et à droile de la route allant de Nieul à 
Veyrac, s'élèvent, sur les hauteurs qui dominent la vallée, les rem- 
parts épais de ï oppidum de Saint-Gence. 

Les reliefs de ce retranchement consistent en terre relevée et 
rapporle'e, ce qui permettait à la défense de résister facilement aux 
attaques de l'ennemi, et la surveillance du haut des remparts 
pouvait être exercée de tous les côtés, surtout au Nord-Est oij la 
vue s'étend jusqu'à Brigueil dans la Charente (99 kilomèlres à vol 
d'oiseau). 

Il n'y a pas de traces de fossés autour des remparts, mais ces 
tranchées de défense ont été comhlées peut-être par le ruisselle- 
ment ou par les éhoulis. C'est une question qu'il serait très, impor- 
tant de résoudre. 

La régularité des talus ne peut certainement être atlrihue'e qu'à 
l'effet des agents atmosphériques s'exerçant uniformément sur des 
remblais de même composition. Sous l'action des pluies, les terres, 
peut-être même privées de murs de soutènement, ont glissé, et leurs 
lalus se sont adoucis de plus en plus jusqu'à l'inclinaison à partir de 
laquelle — grâce aussi aux gazons, aux broussailles et aux arbres 
qui recouvrent la surface — elles n'ont plus été entraînées par le 
ruissellement. 

L'ouvrage avait une forme un peu irrégulière, mais se rappro- 
chant, dans l'intérieur, d'un grand rectangle ayant en moyenne 
3oo mètres de l'Est à l'Ouest et 200 mètres du Nord au Sud; les 
deux angles du Nord étaient légèrement arrondis, tandis que ceux 



^ 133 — 





— 13/i — 

de la face sud l'e'laient 1res forleinent, et cela peul-être à cause de 
la configuration particulière du terrain. 

En plusieurs endroits des laces est et sud, les remparts ont 
encore i3 m. 5o de hauteur et de 5 à 6 mètres de largeur au 
sommet; au point A du plan ci-joint (talus sud), la hauteur est de 
i/i m. 5o; c'est le point le plus élevé. 

L'ouvrage est assis sur un terrain en pente assez douce; tandis 
qu'à 60 mètres environ de la Glane, elle devient très forte et 
les épaulements n'ont plus que 1 m. 5o de hauteur avec 9 mètres 
d'épaisseur. 

Dans l'angle nord-est dO retrarifchëtlient, le rempart oriental se 
retourne vers l'Ouest eh dépassant de plusieurs mètres le talus de la 
face nord; on remarque à ce point les trdces d'une sorte de clavi- 
cula interdisant l'accès direct de l'ititérieur du camp retranché. 

Vers le milieu de la face occidentale , le rempart est moins élevé 
et moins large sur une longueur de 5 à 6 mètres; à ce point, la 
carte d'état-major marque le passage d'un sentier allant du hameau 
dit ff le Raheauw , au moulin de ce nom situé sur la Glane. 

Le sentier n'existe plus depuis 1906, époque à laquelle le pro- 
priétaire de Voppidum fit faire une tranchée dans le rempart sud 
à l'effet d'y élahlir un chemin pour donner aux voitures l'accès des 
champs cultivés dans l'intérieur de l'ouvrage. La superficie de ces 
champs est — d'après le plan cadastral de la commune de Saint- 
Gence ■ — de 5 hectares 98 ares et /i2 centiares. 

Qu'on nous permette d'ajouter à <îette description succincte les 
renseignements suivants : 

1° Au Rabeau, situé à 55o mètres au sild-ouest du camp, il exis- 
tait encore en 1860 des fossés indic(ué9 sUf nôtre carte; ils sont 
aujourd'hui complètement comblés par la main de l'homme; 

2° A côté du Rabeau se trôuVe La Châtre, dont le nom rappelle 
la proximité d'un ouvrage fortifié; on y remarque encore des 
murs de soutènement faits avec de gi'osses pierres mal équarries 
provenant sans doute d'iitte vigie parfaitement bien placée à cet 
endroit ; 

3° Entré Voppidum et la Gftguei-ie , la charrue rencontre depuis 
des siècles, dans les champs cultivés, d'innombrables fragments de 
vases brisés et même des amphores entières; plusieurs habitants 
des localités environnantes possèdent de ces objets depuis un temps 
immémorial; 



— 135 - 

h" Une voie romaine (datant sans doute du premier siècle de 
notre ère), non mentionnée parles itinéraires, et allant de Limoges 
vers Poitiers (par Cieux), laisse des traces entre la Gagnerie et la 
localité de Senon. Kn iSOii, lorsque le propriétaire fit enlever le 
pavage de la voie romaine, on découvrit à re.xtérieur du rempart 
oriental les londations maçonnées d'une petite construction dont la 
destination primitive est inconnue. 

Enfin, 5° Yoppidum de Saint-Gence, auquel la tradition locale 
donne à tort le nom de «camp romain», a été certainement occupé 
par des troupes romaines; on y a découvert des monnaies datant 
des premiers siècles de notre ère, des blocs de plomb, des boulets 
de pierre et d'argile aplatis sur un des côtés. 

Il serait intéressant de connaître, du moins approximativement, 
l'âge de cette enceinte. 

De savants archéologues donnent à ce sujet les indications sui- 
vantes : 

Les uns rapportent Voppidum à l'âge du fer celtique, et ajoutent 
cette mention : «de la Somme (Tirancourt, L'Étoile, etc.), ou pareil 
à celui de Catenoy dans l'Oise"»; les autres lui donnent le carac- 
tère préhistorique ou même néolithique. 

Enfin d'autres archéologues penchent pour une époque inter- 
médiaire et proposent la date de la lin du bronze (n° III ou IV). 

Comme on le voit, cette question chronologique n'est pas encore 
complètement résolue, et elle ne pourra l'être qu'à la suite de nou- 
velles fouilles conduites plus systématiquement. 

Nous croyons devoir ajouter ici que l'apparence topographique, 
au dehors des remparts, poite à supposer qu'il n'existait pas de 
fossés, surtout au front est, le long de ia voie antique. 



P 



Auguste WlXKLER. 



DEUX AMULETTES 
TROUVÉES À CARTHAGE, 

PAR LE R. P. DELATTRE 
ET M. A. He'rON de VILLEFOSSE, 

Membres de la Commission de l'Afrique du Nord. 



I. Lettre du R. P. Delattre \ M. Héron de Villefosse. 

Bien cher Monsieur, 

Vous avpz bien voulu, le lo mars igiA'^), communiquer à la 
Commission de l'Afrique du Nord ma noie sur une amulette, disque 
de bronze offrant sur une face un hibou accompagné de six étoiles 
et d'une inscription inspirée d'un verset de l'Apocalypse : 

BICt TE LEO DE TRIBVS IVDA G-VIC 




Fig. 1. — Disque de bronze trouvé à Cartbage en 191'!. 

Le revers portait, au milieu d'une couronne, huit lignes de 
caractères latins assez nets pour ne laisser aucun doute sur la 
^') Bull, archéol. du Comité, 191*^, p. clxxxvh. 



— 137 — 

valeur de chacun, mais dont il était impossible de former des 

mots : 

-f^INBlZ 

S A I N A R I O S 
AINBICTADAS 
ATVR A BISQ. 
ISNENONTV» 
MGELLVMFE 

CERITIOT 

O N F I AN 

Ce texte cabalistique était vraiment une énigme. 

Ces jours derniers, M"' Gerlach, institutrice à Carthage, me 
montrait un objet du même genre. Il avait été trouvé par un jeune 
écolier près des anciens cimetières des officinks. sur le chemin qui 
va du Consulat d'Angleterre à Tamphithéâtre. 

En voici la description : 

Disque de cuivre rouge, de o m. o43 de diamètre. Une bélière 
dont cet objet était muni a été brisée; on n'en reconnaît plus que 
l'amorce. Le poids est de 9 grammes. 

Sur la face, on voit un hibou les ailes éployées. L'oiseau est 
figuré de trois quarts. Au-dessus apparaissent cinq étoiles à peu 
près disposées sur une même ligne horizontale. Le tout est entouré 
d'un trait formant cercle. 

Dans la zone comprise entre ce cercle et le bord du disque, on 
lit, à partir de la bélière, l'inscription suivante : 

►!<BICIT LEO DE TRIBVS IVDA RADIS DAVID 
Copie de M"" Gerlach (1). 

(') [ La lace de ce second disque a été très abîmée. Le dessinateur n'a pas i-e- 
connu clairement les cinq étoiles au-dessus de l'oiseau et n'a pas osé les indiquer. 
En revanche, il a lu le premier mol VINCIT, au lieu de BICIT. avec le N 
retourné. 1 



— 138 — 

Le Ui%te est tiré de l'Apocalypse : Ecce vieil ho du tribu Juda, 
radix David (v, 5). 

La forme RADIS pour radix ne doit pas nous étonner à Car- 
thage, où nous trouvons SINPLES pour Simplex, FELIS pour 
Félix, AVRIFES pour atiri/ex, INNOS pour innox. 




Fig. 



Disque do bronze trouvé à Carthage en 1916. 



L'inscription du revers, formée de sept lignes, occupe tout le 
champ du disque, sans être entourée d'une couronne, ni même 
d'un simple trait. Elle commence par les mêmes lettres, peut-être 
par le même mot que celle du dis(|ue communiqué en 191 4 : 

IN B I DI AI N 
BIZIOSANICIL 
TIDIATANIMAP 
VRAET»VNDA«I 
CAEL RAFAËL VR 
lELGBRIEL -^m^ 
f VICTORIA f 



[Copies de M"' Gerlach et du P. Delaltre.] 

Hauteur des lettres, o m. 0026. 

Au centre du disque, une érosion du métal a fait disparaître deux 
lettres. Celles qui suivent cette lacune doivent peut-être être lues 
VNDARI ou VNDANT. 



— 139 — 

Le sens complet de ripscrjptjpn n'est pas facile à établir. Elle 
est moins énigmatique cependant que l'amulette analogue trouvée 
précédemment. On reconnaît aisément que cet objet, dans l'esprit 
superstitieux de ceux qui le portaient, élait desliné à préserver des 
effets de Yeiwie jalouse, autant dire du mauvais œil. 

NICIL paraît être pour nihil 

Les derniers mots ne laissent aucun doute de lecture. Ce sont 
les noms de RAFAËL, VRIEL, GaBRIEL souvent répétés sur 
ces sortes d'amulettes. Enfin le dernier mot, VICTORIA entre 
deux croix, est suivi de deux palmes qui terminent l'inscription. 

Veuillez agréer, etc. 

A.-L. Delattre, 
des Pères Blancs , correspondant de l'Institut. 

II. Note de M. HÉRO^ de Villefosse. 

L'abbé Martigny ayant à parler des abraxas à figure de lion ou 
à corps humain avec tête de lion, ou encore à tête de lion et corps 
de serpent, écrivait, il y a environ quarante ans : tf Sans trop d'in- 
vraisemblance on pourrait voir ici une allusion à ces mots de l'Apo- 
calypse (Vil, 25) : Vieil ho (h tribu Jiida. le lion de la tribu de Juda 
est resté vainqucurTî (i). 

Evidemment il se souvenait dune certaine amulette, publiée 
quelques années auparavant par J.-B. de Rossi dans son Bullettino 
di archeiÀogia cristiana. à l'époque où l'abbé Martigny donnait 
lui-même une traduction française de ce Bulletin. J.-B. de Rossi 
avait reçu en effet, vers i 869, d'un avocat de Rome, M. Lovatti, la 
copie de petites inscriptions gravées sur une lame de cuivre, vue 
à Rome par cet avocat chez un marchand d'antiquités et qui avait 
été percée pour être suspendue au cou. Ce monument présente 
une parenté si frappante avec les deux disques de Carlhage, signa- 
lés au Comité par le P. Delattre, qu'il me semble utile de repro- 
duire ici les détails donnés par J.-B. de Rossi à son sujet 2). 

('' Dictionnaire des antiquités chrétiennes, uouv. éd., 1877, p. 8, s. v" Abraxas. 

(*' Probablement c'était un disque comme ceux de Carlhage. Venait-il des 
fouilles de Rome? nous l'ignorons. 11 ne serait pas étonnant qu'il eût été apporté 
de Tunisie à Rome par un Italien , car il oflre une grande analogie avec les dis- 
ques de Carlhage. Dn monument d'une dmiension si minime se déplace d'ailleurs 
très facilement. 



— 140 ^ 

Au dro't, au milieu du champ, apparaît une chouette; tout 
autour de l'oiseau, on voit les lettres du mot DOMINYS") et 
sept étoiles; puis, en légende contre l'ourlet : 

BICIT TE LEO DE TRIBV IVDA RADIS DAVIT 

Les sept étoiles indiquent la nuit, le ciel étoile. Sur un disque 
d'argent provenant d'Herculanum elles entourent le char de la 
Lune(2). Sur nos disques, elles sont disposées aulour de la chouette 
qui ne sort que la nuit, qui est l'oiseau de nuit par excellence 

Au revers, on lit : 

lESVS 1 STVS 
LIGABITTEBRA 
TIVS DEI ET SIGIL 

LVS SALOMONIX 

ABIS NOTTVRNA 

NON BALEAS AD 

ANIMA PVRA ET 

SVPRA Q_VIS 

VIS SIS 

Le trou de suspension tombe exactement sur le monogramme 
dont, pour ce motif, il ne reste que les extrémités. 

Vieil te leo de tribu Juda radix David Dominus Jésus Christus ! 
Ligavit ''' te brachius Dei et sigillus Salomonis ! 

Avis nocturna, non valeas (accedere) ad animam purani et siiprâ (eam po- 
testatem habere), quisvis «is'*' ! 



''' On remarquera que ce mot est composé de sept lettres. 

'2) Museo borbonico, VII, tav. XLVIII. 

'') On sait que ces phylactères s'appelaient lijralure», parce que le sorcier les 
liait sur la personne ou les attachait à son cou. 

(^' Bull, d'archéol. chrétienne, par M. le chevalier J.-B. de Rossi, éd. française 
publiée par Fabbé Martigny, 1869, p. 62. — Le texte de cette amulette se trou>f 
dans le grand mémoire sur les Médailles de dévotion des premiers siècles de l'Eglise 
chrétienne, 8 IX, Des médailles superstitieuses et des phylactères interdits aux 
chréliens. Cf. Dom Gabrol, Dictionnaire d'archéologie chrétienne, s. v° Amuletlea 
(article de dom H. Leclercq), col. 1887. 



— ÎM — 

H serait intéressant de savoir dans quelle collection se trouve 
aujourd'hui ce curieux monument. 

Dans une lettre que m'adressait, le 96 janvier dernier, le direc- 
teur des antiquités et des arts de la Régence de Tunis, M. Merlin, 
après ma publication sans commentaire du premier- disque de 
Carthage dans le Bulletin, il appelait mon attention sur le phylac- 
tère de Rome et me signalait plusieurs rappi'ochements fort utiles. 
J'e'tais alors souffrant, absolument incapable de m'occuper de la 
question. La présente communication du P. Delattre me fournit 
l'occasion d'utiliser les remarques que je dois à l'amitié de mou 
confrère, et de l'en remercier très cordialement. 

Sur ce monument de Rome qui m'était connu depuis longtemps, 
on trouve la chouette avec les sept étoiles, le verset de l'Apocalypse, 
la menlion de l'oiseau nocturne, avis noclurna, dont l'amulette a pour 
effet de conjurer le pouvoir fatal; l'àme pure, anima pura. y est éga- 
lement mentionnée. Cest un talisman de même nature et de même 
fabrication que les deux disques de Carthage; comme eux, il était 
destiné à être porté au cou, afin de protéger plus constamment et 
plus elïicacemenl le possesseur. Du rapprochement des trois phy- 
lactères, il doit résulter quelque lumière : leur comparaison est 
instructive, elle est utile pour saisir le sens et la porte'e des légendes 
qui paraissent obscures ou qui sont incomplètes. 

Le second disque trouvé à Carthage par lé jeune écolier de M"* Ger- 
lacb ne présente maintenant aucune dillicullé de transcription. On 
peut lire ainsi l'inscription de sept lignes, tracée au revers : 

lin if lia! Iinidiom! 

Nihil Uiedcat animam ptiram et [injmidam I 

ou bien : 

A7/jj7 timeal^^^ anima pura el mundu ! 

[M\icnel. Rafaël. Uriel. Gabriel. 
Victoria ! 

l\ est clair que ce petit texte se rattache à la série des inscrip- 
tions contre le mauvais œil. contre les envieux. La chouette, com- 

i'^ La transcription timeat a été proposée par M. Gagnai. 

Archkclooie. — N" 2. ,f. 




— 1^2 — 

plice et associée de Voculus invidiosus, est désignée par les mois 
invidia, invidiosa : elle représente l'Envie. L'Envieux par excellence. 
Invidm, c'est le diable. Il prend la l'orme d'une chouette pour 
opérer ses fascinations ^^K L'âme pure et chaste ne doit pas se laisser 
décourager, elle n'a rien à redouter avec cette amulette. Les anges 
Michaël, Raphaël, Ouriel et Gabriel viendront à son secours au 
moment du pe'ril; elle est assure'e de la victoire. Certainement, à 
la fin de la quatrième ligne, il faut restituer un M (et non un N) 
afin de compléter le mot MICAEL. 

Les noms bibliques des anges Michaël, Raphaël et Gabriel se 
trouvent associés ici à celui d'Ouriel, qui ne se rencontre que dans 
les apocryphes. On sait que l'Eglise ne reconnaît que les trois pre- 
miers; les autres ne désignent pas des anges, mais des démons, ff non 
angelorum sed daemonum nominar) (2). Le nom d'Ouriel revient 
cependant assez fréquemment sur les amulettes, notamment sur 
celles dont les légendes sont en grec, et sur d'autres monuments. 
Ouriel était particulièrement honoré dans l'Eglise grecque et dans 
l'Eglise d'Abyssinie '^l 

Sur une autre série d'amulettes, également en forme de disques 
percés d'un trou de suspension et dont un exemplaire a été signalé 
à Carihage, il y a vingt ans, par le P. Delaltre, l'ange Arlaf ou 
Archaf apparaît, représenté à cheval, tenant une croix de la main 
droite et poursuivant le démon; au revers, on voit Salomon, éga- 
lement à cheval, transperçant de sa lance le démon étendu à 
terre^*). Un autre ange,'Mechlis, aidé comme Arlaf par Salomon, 
joue un rôle semblable vis-à-vis du démon (•'^). Quelquefois l'appel 
à une intervention des anges non reconnus par l'Eglise se mani- 
er Cf. la note de M. Monceaux sur le terme Invide, inscrit en tète d'un texte 
chrétien récemment découvert à Khamissa, Comptes rendus de l'Acad. des mscr., 
1916, p. 38-89. 

(-) Ed. Le Etant, .\ouveau recueil des inscr. chrél. de la Gaule, n. 2 54; Idem, 
'/5o inscriptions de ^nerres gravées inédites ou peu connues, n. 2^5. 

W Sur Ouriel, voir Dora Cabrol, op. cil., s. v" Anges (article de H. Leclercq), 
col. 2086; cf. Moïse Schwab, Dirllnnnairp de l'angéloloipe, p. 78, 119, i52, 
2o5, 953. 

W Delattre-Balielon, Bull, de la Soc. dos Antiquaires de France, 1897, p- 190- 
199; P. Monceaux, Uev. archéol, 1908, 9, p. 8S. — M. G. Schlumberger possède 
deux amulettes analogues acquises à Smyrne et à Constantinople : G.^Schlum- 
berger. Mélanges d'archéologie byzantine, 1" série, p. 1 20-121, n. 9 et o. 

i'") J.-B. de Bossi, Bull, d'arrhéol. chrétienne, 1869, p. 61-62. 



— U3 — 

feste d'une manière beaucoup plus prolixe. Sur Tinsigoe lamelle 
nt de Beyrouth, conservée au Louvre, le nombre des anges 
invoqués est très considérable. Ouriel. dans ce document (1. 19-20) 
est désigné comme rassis sur le deuxième ciel" ^''. 

L'énigme du premier disque de Carthage, pour employer l'ex- 
pression du P. Delatire. se trouve maintenant éclaircie, du^noins 
en partie'^'. La première moitié de l'inscription du revers peut se 
comprendre ainsi : 

-f- Invidia! Invidiosa ! 

Invicia adstat *\ ttr(get) avis ... 

La seconde moitié reste encore obscure pour moi. A la ligue 6 
cependant, dans le groupe MGELLVM. se cache peut-être le mol 
[an\gehim f Quoi qu'il en soit, on a le droit d"espérer que d'autres 
exemplaires permeltront de transcrire entièrement cette légende. 
Ainsi que l'avait bien vu le P. Delatire, les inscriptions du revers, 
sur les deux disques, commencent par les mêmes mots. 

Sur le premier disque, Tinscriplion du droit est terminée par un 
groupe de quatre lettres, G VIC, dont l'interprétation paraissait 
difficile; elle s'éclaircit également par suite de la découverte du 
second disque. Ces quatre lettres sont indépendantes du verset de 
l'Apocalypse : elles doivent correspondre aux deux derniers mots 
dp l'inscription tracée au revers du second disque; elles pourraient 
bien signifier : (iyahnel). Vic{toria) ! 

La chouette apparaît sur les trois disques dont il vient d'être 
(|uestion. Outre les mots invidia, invidiosa qui la désignent sur 
les deux disques de Carthage, les expressions «tn* nmturna sur le 
disque de Rome et avis invicta eur le premier disque s'appliquent 
également à elle. M. P. Perdriiet'** s'est occupé de cette bête mal- 
faisante et du rôle quelle joue sur les phylactères; il a rapproché 
l'amulette de Rome d'une représentation en mosaïque découverte 

'' Héron de Villefosse, Tablette magique de Beyrouth, dans Florilegium ou 
Recueil de travauje dédiés au marquis de Vogué, p. 987 à aqo. 

t*' La copie relevée par le P. Delattre a été publiée dans le Bull, avchéol. du 
Comité, igi'i, p. cLixxvM (séance du 10 mars 191 4). 

^"^ Le disque perle DASIAT pour ADSTAT, interversion de lettres fré- 
quente dans les légendes d'amulettes. Sur une amulette de la collection Schlum- 
t)€rger, acquise à Beyrouth, on lit POYPHA pour OYPIHA : G. Sclilumberger, 
f/p. cit., t. 1, p. ia8, n. 11. 

' Bull, de la Soc. des Antiquaires de France, u»o3, p. 16;'). 




_ làà — 

sur le Célius en 1889, à rcntrce d'une basilique. L'inscription, 
iniranlibus hic Deos propitios et hasïlicae hUarianae, placée dans le 
pavage, à la porte de l'édifice, avait pour but d'écarter toute mau- 
vaise influence de la salie où se réunissait la confrérie des dendro- 
phorest'l Le souhait adressé aux arrivants est appuyé par une 
scène 'curieuse, figurée en mosaïquet^'. On y voit une chouette, 
posée de face, debout sur un œil qu'un javelot a transpercé; dans 
une attitude tranquille, elle semble narguer les attaques furieuses 
de plusieurs animaux qui forment autour d'elle un groupe circu- 
laire fort agité. Ces animaux sont au nombre de neuf: un taureau, 
un scorpion, un lion, une panthère (?), un bouquetin, une chèvre, un 
serpent, un corbeau et une corneille; dans toute autre circon- 
stance, ils se dévoreraient entre eux, mais ils ont réalisé l'union 
sacrée contre la chouette. Tous s'élancent vers l'oiseau nocturne 
comme pour l'attaquer; celui-ci ne paraît pas ému par cet encer- 
clement d'ennemis : il demeure immobile et semble revendiquer 
par sa posture la qualification A'ams invicia que lui octroie un des 
disques de Carthage. On lira avec profit les ingénieuses remarques 
de M. Perdrizet : sa conclusion est que la chouette du phylactère 
romain représente, comme celle de la mosaïque du Célius, rà la 
fois Satan, les démons de la pompe de Satan, les sorciers et sor- 
cières dévoués à Satan, avis nocturna, quisvis sisv. 

Sur le premier disque de Carthage, le P. Delattre n'indique que 
six étoiles disposées dans le champ autour de la chouette; sur le 
second, il n'en a compté que cinq, disposées sur une même ligne. 
Ces chiffres sont surprenants. Sur le disque de Rome, on en si- 
gnale sept : or le nombre sept, celui des planètes, est un nombre 
mystique qui jouait un rôle pré[»ondérant dans les piatiques gno- 
sliques et ([ui se retrouve constamment sur les petits monuments 
de celte nature ^■^K 

Un clou magique acheté à Rome, dans le courant de l'année 
1868, par M. Wilshere, appartient au même groupe que les dis- 

(') Dans la basilica hilaviana, construite aux frais d'un négociant en perles, 
Manius PoWicius Hilarus. 

(»» Bulîetlino délia Comwissione archeologica comunale di Roma, 1890, tav. l-II. 

(3) De ces amulettes de Carthage on peut rapprocher certaines intaiUes gno- 
stiques signalées par M. Louis Poinssot, Mém. de la Soc. des antiq. de France, 
f. LXIX (1909), p. 319, note 9, p. 220 à 222. 



— U5 — 

ques de Carthuge et de Rome. Sur trois de ses faces, il présente 
la copie du ni^ine verset de l'Apocalypse, légèrement modifié''* : 

VINCIT LEO DE TRIBV 

-f RADIX DAVIT SOLOMONI f 

f DAVIT FILIVS lESSE | 

Ces quatre incantations superstitieuses de la l'orme judaïco- 
chrétienne débutent toutes par le même verset de l'Apocalypse; 
une seule, celle de la lame de cuivre de Rome, est renforcée d'une 
adjuration par le bras de Dieu, par le sceau de Salomon et par le 
nom de Jésus- Christ ; le clou de même provenance porte aussi 
le nom de Salomon, auquel les Juifs attribuaient une puissance 
magique parliculière. Quant aux deux disques de Carthage, sur le 
second sont inscrits les noms de quatre anges, Michaël, Raphaël, 
Ouriel et Gabriel; le premier, si ma conjecture est admise, ne por- 
terait que le nom de l'ange Gabriel. 

Ces quatre monuments ouvrent une série bien caractérisée par 
l'emploi du verset de l'Apocalypse. On peut être sûr que cette se'rie 
n'en restera pas là et qu'elle s'augmentera par la découverte d'au- 
tres amulettes de la même famille. 

\. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 

W J.-B. de Rossi, op. cit., p. Ga; Dom Cabrol, np. cit., s. y" Amulettes 
(artiHe de Dom H. Leclercq), roi. 18.37. 



UNE INSCRIPTION 

PEINTE SUR UN VASE ROMAIN 

DÉCOUVERT À REAUVAÏS, 



PAR M. A. HERON DE VILLEEOSSE 
Membre du OomiU*. 



T,e leniloiro «les Hellovarjucs ost pauviofn inscriptions romalûfis. 
L<; Corpus lalin en signale onze dont (jnatre seulement ont été décou- 
veiles à Beauvais, l'antique Caemminagus , capitale de ce peuple'') : 
sui' ces quatre inscriptions, trois sont perdues. La seule ((ui subsiste 
vient des fouilles exécutées au xvu" siècle, à l'entrée de la ville, 
sur le Mont Capron où furent retrouvés les restes d'un temple et 
d'un théâtre; diminuée de quelques lellres, elle est entrée en 1868 
au Musée de Beauvais C^). 

Un second texte, provenant également du Mont Capron, a été 
signalé par le Corfms^^'), qui le décrit ainsi : 

Urna pampinis ornala plenaqne nunimis (nsque ad Gommodnni). Rep. 
a. 1 ()36 in monte Capron : 

B-TF 

Canibry, Descr. de l'Oise, 11, p. 188. 
Num sincera sit nescio. 

Je crois pouvoir démontrer que l'urne en question est parfaite- 
ment authentique, mais le texte emprunté à Cambry parle Corpus 

0) Cm'p. inscr. lai., XIII, n"' 8/175 à 3/(86. 
'^) Ibid., n° 3/177. 
'■-*! Ibi(]., n° 3/i83. 



— U7 — 

est dëfecliipux. Lo vase du Mont Capion . dont on ignore le sort , 
porte une inscription peinte et d'une teneur différente, inscription 
tjui appartient à une série bien connue. J'ai été amené à faire ces 
remarques en lisant un mémoire inséré dans un des derniers fasci- 
cules de notre Bulletin. 

\f. le docteur V. Leblond, notre zélé correspondant, président de 
la Société académique de l'Oise, a publié dans le Bulletin de igiô 
une étude intéressante et documentée sur la topographie romaine 
de Beauvais. Avant eu la bonne fortune d'acquérir et faire entrer 
dans sa propre collection, en juillet 191 A, la partie des manuscrits 
du comte de Troussures relative au Beauvaisis, il y a puisé de 
précieuses indications sur les découvertes faites à Beauvais au 
XVII® siècle. Les notes du chanoine Foy de Saint-Hiiaire (i6'2^- 
1700). un des meilleurs érudits de ce temps, lui ont fourni plu- 
sieurs renseignements particulièrement utiles. Il y a trouvé notam- 
ment le brouillon d'une lettre relative aux fouilles du Mont Capron, 
qu'il reproduit, mais dont le destinataire n'est pas indiqué. On y 
remarque le passage suivant qui a trait à des vases décorés d'orne- 
ments et à un vase portant une inscription peinte : 

Ce lut en 1687. comme vous sçavez, qu'on trouva les belles urnes que 
j'ay, qui sont d'une terre si belle et si fine, chargée de si beaux ornemens 
de feuilles de cbesne, de laurier, de pampre et de peuplier, de petites 
lignes si bien dessignées où le nom de rouvrier est imprimé dans le fond, 
et sur tout celle où on lit autour, en caractères peints d'une matière que 
ny le temps ni l'eau n'ont pu oflTacer, BIBIT- F, c'est à dire, à mon sens, 
Titiflins ..., etc. ^'. 

Le docteur V. Leblond a publié ce renseignement sans com- 
mentaire. Il semble pourtant nécessaire d'y ajouter quelques mots. 
Il s'agit, comme le dit formellement l'auteur de la lettre, d'un vase 
entouré d'une inscription tracée au pinceau, évidemment un de ces 
vasapotoria cum titulis pictis dont le centre de fabrication paraît avoir 
été Cologne, et que le commerce répandait surtout dans la province 
de Germanie Inférieure et dans les deux provinces voisines de Ger- 
manie Supérieure et de Belgique. On les trouve aussi, mais en 
nombre plus restreint, dans la Lyonnaise et l'Aquitaine '-'. 

») D' V. Leblond, La topographie romaine de Beauvais et ton enceinte au 
n' nècle, dans le Bull, archéol. du Comité, 1916, p. 19. 

»*' Cf. Oscar Bolm, httrumentum domenticum triuiit GaUiarun, . dans le Corp. 
inier. lai., vol. Xltl, 10018, 1 à a/i6. 



— \àS — 

Ce brouillon de lettre mentionne donc l'urne ornée d'une in- 
scription, découverte au Mont Capron. La copie, sans être parfaite, 
est moins inexacte que celle de Cambry, mais il est clair que l'expli- 
cation proposée par le chanoine de Beauvais n'est pas admissible. 
Dans cette inscription peinte autour du vase, il faut sans aucun 
doute reconnaître racclamation 

BIBITE 

dont M. Oscar Bohn signale quatorze exemplaires : six provenant 
d'Évreux, Reims, Vermand, Amiens, Trêves, Andernach; six autres 
recueillis à Cologne, un trouvé à Xanten, enfin un dernier conservé 
au Musée de Saint-Germain et dont l'origine est restée inconnue '''. 
On sait que, sur les vases de cette espèce, de gros points tracés au 
pinceau accompagnent parfois chaque lettre et les séparent même 
l'une de l'autre. Le copiste a pu prendre pour un F la dernière lettre 
qui était un E, et ne retenir que le dernier point placé entre le T 
et le E, considérant ce point purement ornemental comme un 
point séparatif, ou bien, sans aucune raison, il a isolé la dernière 
lettre E de celles qui précèdent. 

Plus loin, en parlant du cimetière situé au Nord-Est dans le 
quartier Saint-André, M. le docteur Leblond a l'occasion de citer 
un autre manuscrit de l'ancien fond de Troussures dans lequel 
on lit : 

Vers le même temps [en 1690 ou 1691] un vigneron trouva dans les 
vignes de ce lieu des vases semblables de terre rouge, en forme de jattes 
fort belles avec leur couvercle et un pot de mesme terre et de mesme cou- 
leur, avec des médailles de Constantin et autour du col estoit escril en 
grands caractères noirs : TITVS BIBIT '■^\ 

Incontestablement, il s'agit du même vase. La dernière lettre de 
l'inscription ayant été cette fois considérée comme un T, on a lu 

(') Corp. inscr.lat., XIII, 10018, 5i. 

W Ibid., p. 9 5. — Cette mauvaise leçon a été reproduite par Graves, Notice 
archéol. du département de l'Oise, p. i'?i, qui fait remonter la découverte à 
l'année 1600; elle a été redonnée par Woiilez, Répertoire archéol. de l'Oise, 
p. 970, par M. Seymour de Ricci, Réperl. épigr. de l'Aiitue et de l'Oixe, dans la 
Revue archéol, 1899, 9 , p. io3 à 1 aS, n. 10, et par M. Oscar fiolm,op. cit., 
10017,99, qui classe le texte parmi les «tilnli scariplialin avec cette noie pru- 
dente : Vide ne fictus sit. 



— 149 — 

BIBIT'T. d'où est sortie la lecture Bibit T{itus) et, par une inver- 
sion assez naturelle, la prétendue copie TITVS BIBIT (•>. 

Le nom de Titus avait hypnotisé certains archéologues. 

Enfin le docteur Lehlond publie une troisième version de Tin- 
scription du vase du Mont Capron, tirée comme la première des 
nianuscrils du chanoine Foy de Saint- Hilaire. Ce n'est pas une 
copie à proprement parler, c'est une transcription dans laquelle il 
n'est plus questiou de Titus : 

On peut mesme conjecturer qu'il [le temple] étoit dédié à Bacchus, par 
les feuilles de vignes qui y étoient sculptées sur la sépulture dont j'ay l'épi- 
taphe, par le pampre qui tournait autour du noyau des escaliers et qui se 
voyoient encoi-e dans ma jeunesse, enfin par la belle urne qui y fut trouvée 
et que j'ay, autour de laquelle se lisait ces mots Bibit tibijilius; elle tient 
bien trois demi setiers de Paris *'. 



Le fait que l'auteur du manuscrit parle de wsa jeunesse* auto- 
rise à croire que la note a été écrite vers la fin de sa vie, et que 
nous avons sous les yeux la dernière transcription à laquelle il 
s'était arrêté. 

Celle transcription circulait encore en i8o3, à l'époque où 
Cambry eut à parler de la découverte du Mont Capron. 11 est cer- 
tain qu'il a voulu désigner le même vase, en écrivant ce qui suit : 

On trouve dans ses ruines des vases , des palères , ornés de bas-reliefs ; 
une urne qui porloit ces trois lettres B-T-F bibit tibi filius; elle étoil 
ornée de pampre et pleine de médailles dont la moins ancienne étoil im 
Commode ''^\ 



Cambry ne se contente donc pas de reproduire la transcription, 
il l'appuie d'une prétendue copie. 

Je ne sais où le vase recueilli au xvii" siècle par le chanoine de 
Beauvais se trouvait en i8o3, mais Cambry ne l'avait jamais vu, 
j'en suis convaincu; il n'en parlait que d'après de vagues indica- 

'•' Ces vases ornés d'inscriptions au pinceau n'ont aucun rapport avec ceux de 
l'atelier de Bannassac. Les acclamations des vases de Bannassac sont exprimées 
par de grande lettres en relief, faisant corps avec le vase et sorties du moule 
avec lui. 

(*) Bull, archéol. du Comité, 191 5, p. 17. 

''J Description du département de l'Oise, II, p. 188. 



— 150 — 

lions, cela ressort de son texte même. Les médailles de Constantin 
contenues dans le vase (d'après la seconde noie publiée par le 
docteur Leblond) deviennent sous sa plume des monnaies de Com- 
mode. 

L'urne était antique, cela n'est pas douteux; seul le texte de 
Cambry est condamnable. C'est un des avatars que le vrai texte avait 
subis en passant de bouche en bouche. Certainement l'urne portait 
l'acclamation BIBITE, tracée autour du col à l'aide d'un pinceau. 
De cette inscription sont sorties les leçons fautives BIBIT-F- — 
BIBIT-T— TITVS BIBIT — B. T. F. Les deux dernières, selon 
toute vraisemblance, proviennent de renseignements transmis ora- 
lement. 

La publication du docteur V. Leblond permet donc de rétablir 
le véritable texte d'une petite inscription, dénaturée par tous ceux 
qui en ont parlé depuis plus de deux siècles et dont le Corpus donne 
deux mauvaises leçons ^^^. C'est dans le brouillon de la lettre relative 
aux fouilles du Mont Capron qu'il faut le chercher. Le même 
document doit fournir la date exacte de la découverte qui eut lieu 
en 1687, et non en i636. 

Le vase paraît perdu. Qui sait si l'exemplaire conservé au Musée 
de Saint Germain, et dont on ignore la provenance, ne serait pas 
celui qui sortit des flancs du Mont Capron et qui appartint au 
chanoine Foy de Saint-Hilaire? Avant d'admettre cette hypothèse, 
il serait bon cependant de vérifier la capacité du vase que le cha- 
noine de Beauvais évaluait à trois demi-setiers de Paris. 

A. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 



CorjJ. mscr. laL, t. XIII, n"' 3483 et 10017,99. 




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7 J 



LE SÉPULCUE 



DE 



L'ÉGLISE SAINT-JEAN DE JOIGNY 

(YONNE). 



RECHERCHES SLR SON ORIGINE, 

PAR M. LE CHANOINE E. CHXRTRAIRE, 
Président de la SiK-iélé archéologique de Sen>. 



L'église Sainl-Jeîin de Joigny possède un groupe de marbre du 
style de la Renaissance italienne, représentant une (fMise au Tom- 
beau w, dont Torigine est restée mystérieuse. 
ï La dévotion à la Passion, répandue particulièrement depuis le 

\î'' siècle, multiplia surtout aux w^ et xvi* siècles les monuments 
connus sous le nom de f Sépulcres-^. Beaucoup, sans doute, ont dis- 
paru lors des destructions de l'époque révolutionnaire, mais il en 
reste encore un nombre considérable. Les églises de l'Yonne en ont 

I conservé cinq. Le plus précieux est celui de l'Hôtel-Dieu de Ton- 
nerre, œuvre fameuse de Jehan Micbiel et de Georges de la Son- 
necte, exécutée en i65i, le plus ancien des sépulcres connus et 
considère' comme ffl'un des 3lus beaux 'i'. Trois autres appartenant 
;uix églises de Villeneuve-rArchevèque et Villeneuve-sur-Yonne et 
au Carmel de Sens sont des œuvres du \vi' siècle. 
La composition du groupe de Joignv (pi. XIX) reproduit celle 



'" André Michel, Hittoirp de Cari, t. III, p. 4 16. 



— 152 — 

de tous les Sépulcres français. Sur un sarcophage repose le corps 
(lu Christ. Au fond, la Sainte Vierge soutenue par saint Jean con- 
temple son fils inanimé. A ses côtés, les trois Maries portent des 
vases de parfums ou des bandelettes destinés à rembaumemenl. 
Toutes ces figures sont seulement à mi-corps, la partie inférieure 
disparaissant derrière le sarcophage. Enfin, à la tête et aux pieds 
se tiennent Joseph d'Arimathie et Nicodème. Dans les monuments 
de l'Ecole française, on les voit toujours soutenant les extrémités 
du linceul et déposant le corps du Christ dans le tombeau. A Joigny, 
ils sont simples spectateurs. Ils portent, dans une attitude banale 
et un peu gauche, l'un l'éponge, l'autre la couronne et les clous. 

Ce qui distingue le Sépulcre de Joigny des monuments de même 
nature qui se rencontrent dans la région, c'est non seulement sa 
matière, mais le style de ses sculptures et particulièrement l'or- 
nementation du tombeau qui accuse, au premier coup d'oeil, une 
ressemblance frappante avec les œuvres italiennes de la fin du 
xv" siècle. 

Dans son étude sur r Michel Colombe et la sculpture de son 
lempsw(i>, ^ paj,i yj^py ^ signalé le caractère italien du Sépulcre 
de Joigny. Après avoir étudié les ateliers de Paris, Tours et Gaillon 
qui furent les centres les plus importants de la production ita- 
lienne, au début du xvi^ siècle, il énumère les ateliers de moindre 
importance. «L'un d'eux, écrit-il, travailla probablement pour la 
famille des Gondi, à Joigny, en Bourgogne, où nous trouvons, dans 
l'église Saint- Jean, ancienne chapelle du château, un curieux 
Sépulcre de marbre dont le sarcophage surtout est un morceau de 
sculpture italienne intéressant et assez proche du soubassement du 
tombeau de Folleville, mais très inférieur comme style. On affirme 
que l'ensemble a été rapporté d'Italie. Cela nous paraît bien invrai- 
semblable, étant donnés et les dimensions du monument et le peu 
de valeur de la sculpture. Les personnages du second plan surtout , 
disposés à la manière française , sont d'une exécution très affadie 
et amollie, n 

La tradition accréditée à Joigny attribue unanimement à ce 
groupe une provenance italienne, mais, aucun document connu 
ne permettant de la fixer, elle est très flottante sur la date et sur 
l'auteur de ce don. 

('> Paris, Librairie centrale des Beaux-Arts, in-4°, 1901 , p. 217. 



— 153 — 

Dans sa notice sur cfLes comtes de Joigny de la maison de 
Gondin, M. Jossier déclare : 

wPierre de Gondi ') était ami des arts. H avait rapporté d'Italie 
un Calvaire de marl)re blanc, d'une grande beauté, qui lait aujour- 
d'hui l'un des principaux ornements de l'église Saint-Jean. D'après 
Davier, ce serait Philippe-Emmanuel de Gondi (neveu et succes- 
seur de Pierre) qui aurait apporté ce monument d'Italie, et ce serait 
le duc de Villeroy qui en aurait fait don à l'église Saint-Jean ^5^^) 

Un seul des renseignements fournis par Davier parait à retenir, 
parce qu'il parle d'un fait contemporain : c'est que le monument 
aurait été placé dans l'église Saint-Jean par le duc de Villeroy. De 
tout le reste, on ne peut conclure qu'une chose : il a toujours été 
regardé comme une œuvre de style italien, sinon de facture ita- 
lienne, et il fut apporté à Joigny i)ar un des comtes de la maison 
de Gondi. 

Nous l'avons vu. M. Paul Vitry avait déjà noté l'air de parenté 
du sarcophage sur lequel repose le Christ du Sépulcre de Joigny 
avec le souhassement du tombeau de Raoul de Lannoy, seigneur de 
Folleville en Picardie, et de sa femme Jeanne de Poix, dans l'église 
de Folleville. 

Or Philippe-Emmanuel do Gondi, comte de Joigny. était devenu 
seigneur de Folleville par son mariage, en i6oi. avec Françoise- 



r 



oi!,'n\ , rom- 
ans la 



(>) Cardinal-.^è,,l|e d. l>.ris. avait ach-t. I. comt. do Joignv. le , 5 décembre 
6o3. de GabndiedeLavai. li mourut en ,61,. laissant le comté à son neveu, 
Fhilippe-bmmanuel, générai des ;;alères. 

' Des notes manuscrites modernes communiquées par M. rarclnp.V.|ro de 
Joigny allirment que Philippe-Emmanuel de Gondi aurait fait v,.nir dJtaiio le 
b niars i6q5. le sépulcre et deu. bénitiers de marbre blanc plac-s a IVnlrée 
de i eghse Samt-Jean. 

Edme-Louis Davier, dans >„n -Histoire de la Ville et (Jomt/' do J 
posée en 1703- (Joigny, lissier, in-S°. i.),3), écrit à ce sujet : -On voi?d 
me,n.. .gb.e un Sépulcre dont le. ligures, qui sont de marbre blanc, <ont de gran- 
deur naturelle et d une beauté singulier.. ,,t parlante. H pas^e pour un des plus 

beaux du royaume. Il est de fa,on de italien qui a fait le S. BarthéJemy 

don les Vemt.ens ont voulu donner le posant d'argent. C'est Pbilippe-Emmauuel 
de Gond. qu. a faU venu- autrefois dltalie ce morceau. M. le duc dV ViHerov en 
a au depms peu, présent à cette église qui est dans l'enceinte de son château, 
ou on .OU un grand pavdlon bastv sur le dess.n de Sebastien Serlio, italien.. 

A la mort de Paule-Françoise-Marguerite de GoncU, veuve du duc de Lesdi 
g.ueres et petUe-.ille de Philippe-Emmanuel, en .-,G le comté de Joit^t 
a son parent Louis-Nicolas de Villerov. " ' ^ 




— 15^ — 

Marguerite de Silly, anière-petite-fille et héritière, par sa mère, 
de Raoul de Lannoy et de Jeanne de Poix. Les souvenirs de Tapo- 
stolat de saint Vincent de Paul, qui fut précepteur des enfants 
de Philippe-Emmanuel et de Marguerite de Silly, et qui les suivit 
dans leurs séjours à Joigny et à Folleville, ont marqué dans i'his- 
toiie et lendu populaire le lien qui unit, au commencement du 
xvii" siècle, la cité bourguignonne et la bourgade picarde. 

Connue par ces souvenirs religieux , la modeste église de Folle- 
ville^*' Test plus encore par les monuments dus à la munificence 
de ses seigneurs. 

Le plus justement admiré de ces monuments est le tombeau do 
Raoul de Lannoy (pi. XX), cet ancien serviteur de Charles le Témé- 
raire que Louis XI sut habilement attacher à sa cause et qui fut un 
de ses meilleurs capitaines. Sa carrière fut des plus brillantes; che- 
valier, conseiller et chambellan du roi, bailli d'Amiens et du 
Palais royal à Paris, gouverneur de Gênes, ])lusieuis fois chargé 
de missions diplomatiques, il avait acquis par son mariage, parles 
hautes charges dont il fut honoré et par les marques de la grati- 
tude royale, une fortune considérable*^'. 

L'un des présents dont Louis XI avait voulu récompenser ses 
services était une énorme chaîne d!or. Comme par sa fougue et 
sa valeur il s'était parliculièremenl distingué au siège d'Avesnes, 
le roi l'avait fait appeler et lui aurait tenu ce langage : rrPasque 
Dieu! mon amy, vous estes trop Curieux en un combat; il vous faut 
enchaisner pour modérer vostre ardeur, car je ne vous veux point 
perdre, désirant me servir de vous plus que d'une foisw. Et il lui 
avait mis au cou une chaîne de cinq cents écus. 

Cette chaîne devait être colossale. Elle était toute une fortune. 
Lannoy la vendit en 1^81 , et des deniers en provenant acheta la 
seigneurie de Paillart voisine de ses terres de Folleville. Il en avait 
toutefois retiré un chaînon, dont il fit faire un autre collier beau- 
coup plus petit, pour pouvoir le porter au cou, car il se montra 
toujours aussi fier que reconnaissant de cette distinction'^'. 

Raoul de Lannoy avait pris part à toutes les expéditions en Italie 
de Charles VIIl et Louis XII. Il alla à Naples en 1/195 et i5oi. Il y 

(•) Folieviiie, Somme, arr. de Montdidier, cant. d"Aiily-sur-^oye. 
(-) Voir G. Durand, Les Lannoy, Folleville et l'art italien dans le iwrd de la 
France. Gaen, H. Detcsques, in-S", 1906. 
'■''' G. Durand, ibid., p- ^7. 



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— 155 — 

fit. la seconde l'ois, un séjour de deux ans, remplissant les fonctions 
(le grand chambellan à la cour du vice-roi Louis d'Armagnac. En 
1007, il accompagnait Louis Xll à Gènes dont il lui, durant dix- 
luiit mois, gouverneur. En lôoc). il était encore à Agnadel. 

Ces séjours prolongés avaient permis au rude soldat d'admirer les 
chefs-d'œuvre de fart italien, ^et comme c'était de bon ton, parmi 
les Français d'alors qui en avaient les moyens, de rapporter ou de 
laire venir d'Italie des objets d'art, des marbres sculptes surtout^-, 
il voulut doter son pays de quelque monument somptueux. Il était 
alors de mode de préparer son tombeau de son vivant. L'arche- 
vêque de Sens. Tristan de Salazar, contemporain de Raoul de Lan- 
noy, avait fait ériger lui-même son mausolée au fond du chœur 
de sa cathédrale. Raoul de Lannoy eut la même pensée. Peut-être 
avait-il contemplé et admiré les superbes statues funéraires que 
le duc de Milan, Ludovic le More et sa femme, Béatrix d'Esté, 
avaient fait exécuter par Christophe Solari pour le tombeau où ils 
voulaient reposer dans le sanctuaire de Notre-Dame des Grâces à 
Milan. On sait que ce tombeau, aujourd'hui reconstitué dans l'é- 
glise de la Chartreuse de Pavie, n'abrita jamais les princes qui se 
l'étaient préparé, Ludovic le More étant venu mourir misérable- 
ujent dans les geôles du château de Loches. 

Ouoi qu'il en soit, Raoul commanda, prol)ahlemeiit pendant la 
durée de son gouvernement à Gènes, 1 507-1608. à l'un des meil- 
leurs artistes de la Chartreuse de Pavie, Antoine Tamagnino, le 
tombeau qu'il destinait à FuUeville et dont les deux statues cou- 
chées rappellent étonnamment celles du duc et de la duchesse de 
Milan, auxquelles elles ne sont pas inférieures. Ce monument est 
trop connu pour qu'il soit utile den faire une fois de plus la des- 
criplion. H a été longuement étudié par M. Bazin de Gribeauval, 
dans un opuscule édité à Sens en i883 ''\ La délicatesse des cise- 
lures, la sereine beauté des statues surtout, justifient tous les éloges 
qu'on en a pu faire. Le marbre de Carrare, teinté de veines roses 
sous lesquelles semble palpiter la vie, donne un étonnant relief 
aux physionomies pleines de vérité et d'individualisme qui sont 
d'authentiques et de magnifiques portraits. Aussi M. Paul Vitry 
n'h.'site-t-il pas à proclamer que ffces deux gisants (pi. XXI) sont 

' Descnplion hitlorique de l'église et des ruines du château de FoUeville, par 
Cil. Bazin de Gril>eauval; in-B'.Sens, Ch. Ducliemin, i883. 



— 156 — 

assurément les deux plus belles figures funéraires qu'un ciseau 
italien ait jamais taillées pour la France» ^^). 

A la mort de Raoul de Lannoy en i5i3, le tombeau e'tait certai- 
nement achevé, mais ses projets restaient encore à réaliser. Par son 
testament, il ordonnait que son corps fût inhumé rren une chapelle 
qui se devoit construire et ajouster en l'esglise de Monsieur Saint- 
Jacques-de-Follc ville ». 

L'église de Folleville se compose d'une nef très simple, sans bas- 
côtés, et d'un chœur beaucoup plus élevé, d'une ornementation 
sculpturale très recherchée et dont les détails de construction accu- 
sent une époque quelque peu postérieure à celle de la nef. Ce chœur 
est précisément la chapelle que firent élever, aussitôt après la mort 
de Raoul et en exécution de ses dernières volontés, Jeanne de Poix, 
sa veuve, et François de Lannoy, son fils. 

Primitivement séparée par une clôture de la nef qui formait 
l'église paroissiale, cette chapelle, avant d'être réunie à l'église, 
resta longtemps à l'usage exclusif des seigneurs de Folleville qui en 
gardaient la pleine et entière propriété. 

Elle était achevée depuis plusieurs années lorsque mourut Jeanne 
de Poix, le 16 juillet i594. Son fils François fit à son tour placer 
son propre monument funèbre dans la travée proche du tombeau 
de ses parents. Il mourut le i3 juillet i5i8. Dès i5^5, en faisant 
son testament, il avait déclaré vouloir et entendre fcestre inhumé 
en le chapelle de Monsieur Saint-Jean-Baptiste-de-FoUeville, entre 
l'autel et les représentations de ma femme et de raoy, comme l'on 
va au Sépulcre ri. 

Il y avait donc un Sépular dans la chapelle seigneuriale de Folle- 
ville, non loin de la sépulture de François de Lannoy. Ce Sépulcre 
était de marbre et placé derrière l'aulel. comme l'attestera l'acte de 
vente de la terre de Folleville, en iG3/i. 

De fait, derrière l'autel, sous la verrière éclairant le chevet de 
l'église, il existe dans la muraille un enfoncement aujourd'hui 
vide (pi. XXII). Il est abrité d'une voûte à nervures retombant 
sur des culots, et encadré d'une large arcade redentée en anse de 
panier. Au-dessus de cette arcade, sur un front guilloché et fleur- 
delisé, se détachent en relief, aux côtés d'une accolade ornée de 
crochets, deux groupes de chacun trois anges portant les instru- 

(') Histoire de Farl, t. IV, p. 63i. 




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— 157 — 

meiits de la Passion, ot . dans le petit tympan dessiné par l'acco- 
lade, l'apparition de Jésus ressuscité à Madeleine. Enfin, de chaque 
côté, reliées par des lacs d'amour, les initiales R. J. à gauche, etF. J. 
à droilet^). 

Ces détails à eux seuls en fournissent la preuve : cet emplace- 
ment avait été aménagé pour abriter un Sépulcre. Les initiales 
attestent que le monument fut érigé par François, peut-être avec le 
concours de sa mère. 

Un tel monument avait bien sa place dans la chapelle que les 
Lannoy élevaient avec la pensée d'en faire la ne'cropole de leur 
famille. Comme les Vierges de Pitié, les Mises au tombeau avaient, 
au commencement du xvi* siècle, un caractère funéraire. On Ta 
dit avec raison : trSouvent le donateur demandait à èlre enseveli 
dans la chapelle du Sépulcre. . . 11 semblait rassurant de reposer 
auprès du tombeau de Jésus. On se couchait à ses pieds confiant en 
sa parole et sur de ressuciter avec Lui» f'^'. 

Mais le Sépulcre de Folleville, dont le testament de François de 
Lannoy et l'acte de vente de Pierre de Gondi attestent Texistence 
en i5i.5 et en i63Zi, a disparu. El. s'il n'est plus dans l'église de 
Folleville, nous croyons pouvoir alfirmer que c'est lui qu'abrite 
actuellement l'e'glise Saint-Jean-de-Joignv. 

Lorsque Pierre de Gondi, fils de Philippe-Emmanuel, vendit, 
le 19 août i636, à la famille de Séricourt d'Esclainvilliers la sei- 
gneurie de Folleville avec le château des Lannoy et la chapelle 
seigneuriale renfermant leurs sépultures, il stipulait formellement 
excepter de la vente rrle Sépulcre de marbre qui est derrière l'hos- 
lel (sic) de l'église dudit Folleville ^7 ainsi que f^quelques petit sper- 
sonnages de marbre qui sont à costé du tombeau de messire Kaoul 
de LannoyetauKlessusdecelluyde messiie François de Lan nov-^-^^. 

Cette réserve indiquait nettement l'intention d'enlever de Folle- 
ville les objets désignés. Dès lors, il était naturel que le comte de 

(') Les lettres R. J. désignent clairement Raoul et Jeanne sa femme. — F. J. 
sont les initiales de François et peut-être de sa mère Jeanne. Il semble extra- 
ordinaire que François n'ait pas joint à son initiale celle de sa fenmie Marie de 
Hangest. Peut-être a-t-il tenu à rappeler que le sépulcre était un don de sa mère 
qui avait voidu l'associer à son œuvre. La lettre J semble nmtilée à la partie 
mférieure. Peut-être faudrait-il lire F. L. et voir, dans cette seconde lettre, la 
désignation de Louise de Lannoy, dame de Créquy, sœur de François. 

(-' Em. Mâle. L'art religieux de la fn du moyen âge en France, p. 1/10. 

'^') G. Durand, op. cit., p. .5o (note 1 ) et .56. 

AROIlÉOLOr.lK. N° 2. , , 



— 158 — 

.loi^ny les (il appoiier eu sa résidence de Bourgogne et qu'il en fil 
don à 1 egiise élevée dans l'enceinle même de son château. 

Mais rid,eBtlifiçation diU Sépulcre de Joigny avec celui de Folle- 
ville peut invoquer mieux que celle simple el vague probabilité. 

Avant lout, il importe de noter la concordance des dimensions 
du Sépulcre de Joigny avec la niche, vide aujourd'hui, de l'église 
de Folleville qui a dû le conlenir. Celle-ci mesure 2 m. 76 de lar- 
geur, 1 m. 3o de profondeur, el sa hauteur minimum à la retombée 
de la voûte est de 2 njètres. Or le Sépulcre est de même largeur 
(le sarcophage mesurant 2 nj. 07 de longueur), et la hauteur maxi- 
mum d«s personnages est de 1 m. 7^. 

Celle constatation n'auniit, à la vérité, qu'une faible valeur si 
un rapprochement icono^aphique ne venait la corroborer heureu- 
sen^enl. 

La face du. sarcophî^^ de Joigny comtne celle du lombeau de 
Raoul de Lannoy est meublée de quatre figures d'anges. A Folle- 
ville, groupés deux par deux, ils soutienneni des couronnes de 
feuillage enrubannées qu'on appelait communément des w chapeaux 
de triomphe'^, entourant les écussous des deux défunts. A Joigny 
ils sont répartis de la même manière. Toutefois les deux anges 
occupant les extrémités du panneau portent chacun un «cha- 
peau': aux rubans flottants, encadrant les médaillons d'un homme 
et d'une femme, tandis que les deux autres servent de supports à un 
éçusson de forme itahenne, meublé des ioslruments de la Passion, 
plaiçé au centre du soubassement. 

Or, si Ton compare les médaillons de Jpigny aux profils des 
Kgisantsn de Folleville, leur ressemblance permet d'affirmer qu'Us 
sont bien des pprtraits de Raoul de Lannoy et de .leanne de Poix. 
Raoul porte la même coiffure; les cheveux, coupétv droit sur le front 
qu'ils recouvrent presque complètement, tombent en arrière jusque 
sur les épaules; enfin la fameuse chaîne d'or se retrouve dan8 le 
médaillon de Joigny (pi. XX!!!). La ressemblance est moins accusée 
dans le médaillon de la femme. Mais il faut observer que la statue 
de Folleville représente Jeanne de Poix dans tout l'épanouisse- 
ment de sa jeunesse, alors que nous la retrouvons à Joigny coiffée 
du chaperon des veuves (pi. XXIV), vers la lin de sa vie. Toutefois, 
dans celte figure où l'âge et le deuil ont marqué leur empreinte, qp 
reconnaît sans peine les traits dp la dame de Folleville. 

Un troisième témoignage vient pi^r surcroît ajouter aux précé- 





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\ 



_ 159 — 

dénies une preuve décnive. H y a vingt ans à peine, le groupe de 
^igny était relégué dans une niche obscure, pratiquée dans la 
chapeiie des Fonts, proche de l'enfrée de l'église. On i'a transporté 
depuis dans une chapelle afin de le soustraire à l'action de l'hu- 
midité' et aussi pour le mettre en lumière et en valeur. Mais, au- 
dessus de l'arcade q;ui l'abritait alors, sont reste's sur des culots 
troiâ angelot* de marbre (fu'on a négligé de replacer près du Sé- 
pulcre. Ce» Mgelots soot incontestablement du même style et de 
la même e'poque que le groupe; par suite, il est à peu près certain 
qu'il» dut la même origine. A genoux t«us trois, ils tiennent devant 
eux un écussoB a<morié dont l'un reproduit la forme italienne 
de l'écusson placé au soubassement du sarcophage du Sépulcre 
(pLXXV). 

Or les blasons ligures sur ces trois écussons sont ceux de trois 
familles picardes, aMiées à la famille de Lannoy. L'un porte un 
créquier, emblème caractéristique de la famille de Créquv (d'or 
au créquiei de gueules) : or la fdle de Raoul, Louise de Lannoy, 
av«it épousé Philippe de Gréquy, baron de BernieuUes. Lo autre 
est Jâscé de huit pièces, el la première et la seconde fascc sont 
chargées de trois annelets : ce sont les armes de la famille de Vief- 
ville ( fascé dor et d'azur, de huit pièces, à trois annelets de gueules 
eu chef, brochant sur la première et la deuxième fasce). Le troi- 
sième, qui pr<*sente trois molettes, est de Griboval (de sable à tit)i« 
molettes d'ai'gent ). Or Fiani^is de Lannoy. auquel est due la cha- 
pelle de FoUeville. avait épousé eu premières noces Anne de la Vief- 
ville, el celle-ci était la petite-fiHe de Jacqueline de Griboval. 

Dès lors, on n'en saurait douter, les anges porteurs d'armoiries 
ont été apportés de FoUeville. Ils faisaient partie d'une série des- 
tinée à loruemenl de la chapelle où devaient figurer les blasons des 
aUiances de la famille de Lannoy. 

C'en est assez pour conclure que le Sépulcre de hignif est bien le Sé- 
pulcre de marl)re enlevé de V église de FoUeville. après la vente de 1 63^. 

Par suite, on peut lui assigner comme date la période qui va 
de 1 520 , époque approximative de l'achèvement de l'église de Folle- 
ville, à 1 5^5, date à laquelle François de Lannoy affirme l'existence 
du monument. 

Enfin, ce qui précède étant admis, une question reste à résoudre : 
quel est l'auteur du Sépulcre ? 

Peu de temps après l^acUèvement de la chapeUe de FoUeville, 



— 160 — 

François de Lannoy s'y était fait ériger le monument destiné à 
marquer sa propre sépulture. Ce monument occupe la travée du 
sanctuaire restée libre entre le tombeau de Raoul et l'emplacement 
du Sépulcre. Il comprend un soubassement de marbre blanc repré- 
sentant, sous des arcatures, les quatre vertus cardinales. Au-dessus, 
encadrées de pilastres portant un entablement orné d'arabesques, 
sont disposées les statues agenouillées de François et de sa femme, 
statues assez médiocres, de pierre alors que tout le reste est de 
marbre, et d'une main très différente. 

On a depuis longtemps rapproché de ce tombeau le monument 
funèbre érigé en i5/i3, dans la cathédrale d'Amiens, au cardinal 
Hémard de Denonville. Ces deux monuments, presque absolument 
identiques, sont évidemment copies l'un sur l'autre, mais Ton ne 
sait auquel accorder la priorité. Et comme il est avéré que le tom- 
beau du cardinal Hémard est l'œuvre d'un sculpteur nommé Mathieu 
Laignel, qui habitait Amiens^'), on est autorisé à attribuer à ce 
même artiste le tombeau de François de Lannoy. 

Mathieu Laignel a donc été appelé à FoUeville, et il y a collaboré 
à la décoration de l'édifice élevé par François de Lannoy. Or on 
peut noter de nombreux points de ressemblance entre le Sépulcre de 
Joigny et les deux tombeaux du cardinal Hémard et de François 
de Lannoy : aspect un peu lourd des figures, défaut de rondeur 
dans le modelé, plissage des manches de plusieurs personnages 
(pi. XXVI) , altitude des angelots soutenant les écussons, retroussis 
de leurs manches laissant à nu les bras depuis l'épaule , nœuds des 
ceintures aux rubans flottants, — semblent bien accuser dans le 
Sépulcre de Joigny le faire de l'auteur des deux monuments picards. 
Ainsi s'expliquerait l'air de parenté des soubassements du Sépulcre 
et du tombeau de Raoul de Lannoy. Mathieu Laignel, travaillant à 
FoUeville, aurait eu sous les yeux l'œuvre du ïamagnino, qui était 
peut-être son maître. Il s'en serait inspiré pour composer le tom- 
beau du Christ que devaient entourer les personnages du Sépulcre, 
tout en restant bien inférieur à son modèle. 

Il n'est donc pas téméraire d'attribuer le Sépulcre de Saint-.Iean 
de Joigny à l'artiste picard Mathieu Laignel. 

E. Chartraire, 
Président de la Société archéologique de Sens. 

l') G. Durand. Miiiiograiilm' i\p la caliièdrdte d'Amiens, t. il, p. Sai-SaS. 



HriI-ETIS ARCHéoLOGIQCE, 1 9 1 0. 



PI. XXVI, p. i6o. 




ÉGLISE SAINT-JEAN DE JOIGNY. 
SÉPULCRE. LA VIERGE ET SAINT JEAN, 



INSCRIPTIONS 

ET 

FRAGMENTS INÉDITS DE VOLIBILIS 
ET DE BANASA (MAROC), 

PAR M. LOUIS CHATELAIN, 
Ancien membre de l'Ecole firancaise de Rome. 



Les fouilles poursuivies à Volubilis par ordre de M. ie Commis- 
saire Résident général avec les fonds du Service des Beaux-Arts, 
que dirige M. Tranchant de LuneL ont récemment mis au jour 
deux bases de statues. Ces monuments ont été trouvés au sud-ouest 
du foium. Ils portent chacun une inscription. 

1. L^CAECn.«>L«'FQi>CLA^ 

PLATONI 
CA^ECIL CELSINVs 
ET VALERlA GAETV 
ô LA- PARENTES PlISSl 
MO FILDSPD 
D E D I C A RVT 

L. CaecU{io), L.f{ilio), Clau{dia tribu), Platoni, Caecilius CeUinus el 
Valena Guelulu, parentes. ;«V.ssi/«o //(/o) d{e) «(iio) p{ecuuia) d{edei-UHt), 
dedicaruHt. 

La pierre mesure i m. 2.5 de hauteur sur o m. 53 de largeur. 
Les trois premières lignes et la septième ont o m. o4 et l»s autres 
o m. o35; les I et les T de la dernière ligoe atteignent om.ob. 



— 162 — 

La oraviiie est soijjnëe; l'écriture est assez bonne. Les E onl les 
li'ois banvs de la mê)iie longueur et les O sont pj-esque circulaires. 
L'inscription semble dater du i"' siècle de notre ère. 

Les Caecilii constituaient la principale famille de Volubilis. L'une 
des inscriptions découvertes Tannée dernière nous a déjà révélé le 
nom d'un Q. Gaecilius Plato, qui appartenait à la tribu Galeria. 
Le nom de femme Valeria est fréquent; celui de Gaetula est 
curieux. 

2. liVOL 

« H p i L I C I O A N N 
.rXXllII 

L ANT lANVAHIVS 

.^ P ATEH PII SSIMO 

FILIO POSVIT 

, \((]eililiri(), ainiioriim) \ \ \\ \l]\ L. Anhoiiins) JaniKnins, ptilfr, 

pii^nimo filin posiiil. 

La pierre est incomplète en baut et à «raiiche;sa bailleur est de 
1 m. 95 et sa largeur de o m. 69. Les lettres mesurent o m. oB5. 
Les caractères sont gravés avec moins ^e spin que ceux de l'in- 
scription précédente. 

L'épigraphie de Volubilis avait déjà fait connaître l'existence 
d'une Antonia .lanuaria^*) et d'un A.vpïfXios lavovciptos^'^K 

le joins à ces deux inscriptions quel(|ues fragments exbumés 
depuis le début de l'année. 

3. Dans les décombres de la basilique, au Nord-Est. 

Haut, max., om. 29; larg. max., o m. aS; épaiss., m. 19. 
Lettres de m. 075. 



î^) Corj»i» imcr. ht., t. VIU, n" 91878. Cf. j6iW., n" 630ç). 
^^^ lbùl.,n" 21900 et 91901. 



— 163 — 

IS PRA 

îRICA 

VRB 

...à, pf«(i^«»>)?] ... 
. . . irica 
... Urb... 

4. Fragment de marbre biaiK, trouvé à la partie sud-est du 
même édifice. Belle écriture. 

Haut. mai., o m. 09; lat^. ma\.. o m. 09; épaiss.. o m. 03. 
Lettres de o m. 0^2. 

NI-M 

V et S ne permettent aucun doute. Il se peut qu'avant VW il y 
ail un A de forme tronquée (forme très fréquente à VohMis) et 
après rS un T. 

.'). A l'est du même édifice. Frajrment de marbre blanc. 
Haut, max., o m. 1 i5; larg. niax., o m. 10; épaiss., o m. 01. 
Letli-es de o m. o55. 

lERM 
Devant TE un 1, ou pput-étre un H t [/*]«•»»[««]? 

0. Même provenaneo. Assez botine gravure. 
Fi-agmeot large de o m. 3o, liant de o m. 91, épais de o ni. o/i. 
Lettres de o m. o5 environ. 

VDI 

7. Fragment de pierre commune, trouvé au sud-ouest du 
forum, auprès de l'escalier d'accès. Gravure médiocre. Larg. max., 
o m. 2/15; haut, max., o m. 11; épaiss., o m. oà."). Hauteur sup- 
posée du dernier A. m. o5. 

iANVA 




— IG/i — 

11 n'est pas hors de propos de remarquer que les deux escaliers 
du forum, l'un au Nord-Est, l'autre au Sud-Ouest, portent encore 
les traces d'une porte ou d'une balustrade. 

8. Au nord du forum. Pierre dure; écriture soignée. 

Haut., o m. ii; larg. max., cm. la ; épaiss., o m. i3. Lettres 
de o m. o^. 

/iÉ 

XORi 

. . .ae, . . .\u]xori [piisshnae] . . . 
L'E a la même forme qu'au n" i . 

J'ajoute un fragment que j'ai recueilli, en mai dernier, à Banasa 
(Sidi-Ali-bou-Djenoun) et qui semble inédit. 

9. Belle gravure, sur un cartouche bordé d'un rinceau de 
feuillage. ^ 

Haut., m. 6(); larg., o m. Ï^Vi. Lettres de o m. où à Tavanl- 
dernière ligne, de o m. oh à la dernière. 

ÂEL 
ERTVSSETM 
OB HON-VÎDDD 

. . . [Hhlerius . . . ob hon{orem) [seuiratus] d{ono) d{edit), d(edicauil). 

Cf. l'erreur du lapicide, VI pour VI • VIR(rtïMs). 
A rapprocher d'une inscription de Volubilii qu'un alFranchi de 
Caecilius Félix a élevée à Isis'') en souvenir de son sévirai. 

Louis Chatklain. 
") Corpus iincr. lai., t. VIII, n" îsiSaa. 



RAPPORT 
SUR LES FOUILLES 

EXÉCUTÉES EN 1915 
PAR LE SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES 

DE L'ALGÉRIE, 

PAR M. ALB. BALLL, 
Membre de la Commission de l'Afrique du Nord. 



Si les travaux de fouilles des monuments historiques ont eu 
quelque peu à souffrir de l'état de guerre, principalement à cause 
du défaut de personnel, d'importants résultats, du moins, ont pu 
être obtenus pendant Tannée 1916, ainsi qu'on enjufjera par Ténu- 
méralion qui suit des produits de notre labeur. 



[. DEPARTEMENT D'ALGER. 



1° Rapidum. 

Un complément de recherches archéologiques a été effectué en 
1910, par M. Louis Charrier, sur l'emplacement de l'ancienne Ra- 
pidum el dans la région sud de ce municipe, traversée par une 
voie aboutissant à Sufasar (Amoura). Cette voie est jalonnée par 
deux groupes de ruines que cet archéologue a proposé d'identifier 
avec Tiranadi et Caput Cilani de l'Itinéraire d'Antonin. 

Aucune inscription n'est venue jusqu'ici apporter une certitude. 
Tout paraît indiquer cependant que les deux stations dont il s'agit 
doivent bien se retrouver sur la voie qui a été reconnue. La situa- 
tion el l'importance relative de ces ruines comportent des éléments 



— 166 — 

qui no sonl. pas négligeables, C'esl ainsi que Berbrugger, reclifiant 
l'Itinéraire (rAnlonin par iaj)poil aux dislances, avait, pour ainsi 
(lire, deviné que les ruines de Sour-Djouab étaient celles de Rapi- 
dum ('). 

Les fermes romaines de la ré^^ion soûl généralement protégées 
par des murs quelquefois munis de bastions. On voit des traces de 
remparts autour des agglomérations plus importantes de Chellala 
et de Benia. Peut-être fi' agissait-il moins de se garder des popula- 
tions environnantes que des indigènes de l'intérieur f^'. Barbares et 
Gétules, ceux-là mêmes qui, sous la conduite deTacfarinas, avaient 
antérieuromeni tenu tête aux généraux romains. Cela résulte de 
l'inscription de Maximieu et de Dioclétien commémorative de la re- 
construction du municipe, et retrouvée dans les déblais de la porte 
ouest de la ville. 

Les incursions des indigènes de l'extrême sud devaient se repro- 
duire assez fréquemment et sur des points différents. Nombreuses 
alors furent les cités détruites et dont le relèvement fut l'œuvre des 
empereurs Dioclétien et Maximien. 

Une recherche d'inscriptions dans le quartier sud a eu pour ré- 
sultat la découverte de trois stèles semblant être des ex-voto fanji- 
liers aux dieux lares. Ces petits monuments se trouvaient au centre 
de chauibres faisant partie d'habitations privées. La partie supé- 
l'ieure offre les images de divinités en buste ou debout. Au-dessous 
sont pratiquées de petites niches destinées sans doute à recevoir les 
lampes allumées en l'honneur des protecteurs du foyer. 

Le rempart de l'Est, écroulé sur une certaine étendue, possédait 
un bloc sculpté présentant le même caractère de monument votif 
que les précédents; deux bustes y sont figurés, mais l'usure de la 
pierre est si grande , qu'on ne peut distinguer nettement la repre'- 
senlation. Une pierre analogue, encastrée dans là paroi intérieure 
de la porte ouest, donne aussi deux figures et les qualres lettres 
suivantes : 

G-P-A-S 

Genio Augmto sacnim, c'est-à-dire : consacr'é au Génie 

auguste d 

L'une des deux figures est coiffée d'un modius. 



Revue africaine, octobre 1869, P- ^^' 

Mas([iieray, Bulletin de correspondance africaine, fasc. v, p. 959. 



167 — 



L»' }/«aiul «ulilii'o découvHH l'an (K'rniti «l;iii^ !;< pailii^ supi^ri*'iiio 
de la ville («|uai-lier noiti-ou«^sn nnjilt |-,i (h tl<'^ag« du tùté est 
et était rest»? paitielleuieni enfoui -mi- un \n\u^ de presawiis » 
Ituiie. Un déblai pratiqué à eet cudroit i iiii? au jour une partie du 
mur de la façade et la base de la porte d'entrée séparée du leni- 
part par une rue de i o uîètres de largeur. Cette disposition semble 
se rapporter à un temple (?) construit pendaui le lo^^up d"Hadrien ou 
celui d'Antonin , c'est-à-dire avant IVlévatiou du rempart en pierres 
de grand appareil qui est venu renferiripr le quartier nord-ouest à 
jieu de distante. 

Les dimensions delà poj-te donnent unr idt'<' dr riiii(M»i tiiiue du 
monument; elle mesure 2 m. A5 de laior. L» mnataiit.- tMi [grandes 
assises de pierre sont resd-s intact-: le -iMiil p.-t l'orme de laigr- 
dalles traversées en leur milieu par une profonde laiiKUt- ijui 
encastrait la nïenuiserie. La hauteur du mur de face, cote nord . a 
.) m. 5o de long sur 1 m. :\b du •> mètres de haut. Le mur -ud, 
à part le pilier de la [mu te a juv-qur complèteinent di>parii. 

A l'angle de Tunn (jr- chauiln'c- df loii^tructiuii [nistni irui'e 
s'élevant à un niveau supeiicur à cidui du UKUiumt'ut . ou \oit une 
sculpture phalliqui'. l uc iaioMe semhlahle av;tit déjà étt- sigiialt-e 
par M. Chahas.-ièii-. sur le jtarement extérieur de l'un des bastions 
défendant iVutn'f dv la porte intérieure" . 

Dans ta touille ci-dessus ont été trouvées quelque- monnaies 
romaines parmi lesquelles quatre apparti.Mm.uit aux legnes de Li- 
vinius et de Constantin I". Il y a lieu dr constater de nouveau 
(juaucune monnaie postérieure à Constantin h' n'a encore été 
rencontrée. 

La division de cette petite ville romaine en plusirui^ quartiers 
pourrait être considérée comme le résultat d'agramlissemeuls suc- 
cessifs au fur et a mesure des bes(uns. si nous n'avions trouvé aux 
deux extrémités de la cité une inscription identique, relative a la 
constructi.m du rempart .-ous Maic-Aurele et Lucius Verus. Le par- 
tage en trois quartier- „a doue pu avoir li,-,, .pm lors de la réoc- 
cupation vers l'an .97. .| alor. c'c.t l'invors. d'un agrandissement 
qui s'est produit: le- cause.-, principale,, en ont etcsaii.- doute, la 
diminution de la population et une plus grande tacilite j.our orga- 
niser la défense sur un périmètre restreint. 

^'' ^" ;, ■ . iS6q. p. libô. 



— 168 — . 

Ce qui contribue à justifier cette hypothèse, c'est que la porte in- 
térieure séparant le quartier du Sud-Est de celui du Sud-Ouest est 
à quelques mètres du beau soubassement de Tédifice que nous sup- 
posons avoir été le Capitole , coupé postérieurement en deux par le 
rempart, dans lequel on aperçoit des pierres sculptées provenant 
du temple et ayant servi à sa construction. 

2° Cherchel. 

On sait que les ruines de l'antique Caesarea, capitale de la Mau- 
rétanie au temps de Juba II, occupaient une vaste étendue de ter- 
rain mesurant 2 kilom. 1/2 de long sur 1 kilom. 1/2 de large. 

L'emplacement de la ville actuelle est à peine le sixième de celui 
de la cité ancienne, et ne contient que deux grands restes visibles 
des édifices qui faisaient sa gloire : ce sont les thermes de l'Ouest, 
si bien fouillés jadis par Waille, et le théâtre placé dans le quartier 
sud-est du périmètre actuel. 

C'est ce dernier monument que le Gouvernement général décida 
de déblayer. M. Glénat à été chargé de la direction des travaux. 

Nous avons pu dégager l'orchestre, la totalité du couloir d'accès 
latéral Est, une partie de celui do l'Ouest et les services de la scène 
sur une profondeur de 16 mètres environ; mais il est douteux 
que nous puissions aller beaucoup plus loin dans cette direction 
et mettre au jour le postscenium , à cause de la rue qui passe en cet 
endroit. 

Toutefois nous en savons déjà assez pour nous rendre un compte 
approximatif des dimensions du monument, qui doit avoir une lar- 
geur de 36 mètres et une longueur probable de 65 mètres. 

Ce qui est remarquable à première vue dans le théâtre de Cher- 
chel, c'est la richesse des matériaux, notamment dans la décoration 
du mur de la scène dont les colonnes sont en brèche du Chenouah 
et les corniches en marbre blanc, couvertes d'ornements nom- 
breux et variés. Nous avons observé notamment quatre diamètres 
différents de colonnes : 

1" De celles qui soutenaient le portique du postscenium, en 
brèche blanche et verte, — diamètre : o m. 76. On a trouvé un 
beau chapiteau corinthien de marbre blanc, qui devait surmonter 
ces colonnes; il mesure o m. 92 de haut et a un diamètre infé- 
rieur de 66 centimètres; 



— 169 — 

.j° De celles de I étage du bas de la scène qui. on le sait, étaient 
loujoui-s, dans un théâtre romain, décorées de plusieurs ordres su- 
perposés. Les colonnes, de marbre blanc, ornées de cannelures, 
avaient 59 centimètres de diamètre; 

.3' De celles de 1 étage intermédiaire, ou deuxième éUge. Dia- 
mètre, liU centimètres; 

/»" De celles de Tétage supérieur, cannelées. Diamètre, U^ centi- 
mètres. 

La corniche de l'étage inférieur, de k'6 centimètres de saillie et 
de 35 centimètres de haut, était la plus simplement traitée. Le 
dessous du larmier était décoré de consoles lisses, entre lesquelles 
pendaient des rosaces à cinq feuilles. 

La corniche du deuxième étage, haute de 20 centimètres sur 
'jS centimètres de saillie, avait une cimaise ornée de rais de cœur, 
des consoles avec feuilles et un quart de rond décoré d'oves. 

Enfin la plus riche était la corniche supérieure; saillante de 
3^ centimètres, elle avait 3i centimètres de haut : rais de cœur 
dans un talon, consoles avec feuillages alternant avec des rosaces à 
cinq compartiments; oves dans un quart de rond, denticules, etc. 

L'étage du bas a été masqué à une certaine époque par un mur 
rapporté qui nous dissimule la disposition de la décoration de la 
scène à cette hauteur. Mais nous avons pu dégager une travée de 
celle de l'étage intermédiaire, et nous y avons trouvé, à peu près 
au niveau du sol extérieur de la rue moderne voisine, les soubas- 
sements de deux des colonnes, distants entre eux de 7 m. 5o. 

Ces colonnes encadraient une ordonnance de deux plus petites, 
espacées d'axe en axe de 3 m. -3 5, qui précédaient probablement 
une niche ou une statue. 

Les soubassements sont encore revêtus de plaques de marbre 
qui devaient donner à la scène entière une grande richesse. 

Les galeries ou couloirs latéraux d'accès du théâtre avaient une 
largeur de 3 m. -20 et une longueur de 36 mètres de l'entrée de 
ces couloirs à l'orchestre; le dallage est eu pente assez sensible; à 
l'arrivée sur l'orchestre, il y avait, comme à Timgad, une grille de 
fermeture; la feuillure est du côté du couloir. 

Si 1 orchestre est entièrement fouillé, il n'eu est pas de même 



— 170 — 

des gradins ou plulol de la <:av«'(i. car nous craignons, fort que les 
gradins n'aient disparu; nous les rechercherons l'an prochain; mais 
il est fort probable que nous ne trouverons plus, à leur empla- 
cement, la disposition habiluolle des iJiéàtres antiques, car celui 
de Cherchel a été, à une basse époque, remanie' d'une façon très 
euri^use, et c'est en cela (jue nos fouilles de 1 9 1 & offrent un intérêt 
particulier. 

Au lieu des trois gradins bas, re'servés aux personnages mar- 
quants de la cité et surmonilés d'une balustratle d<>Btiflée à les isoler 
du public, nos travailleurs ont mis au jour un podhim d'aœphi'- 
théâtre élevé de 3 mètres et percé de 5 portes (larges de 96 centi- 
mètres) avec feuillures du côté de l'orchestre. 

(les portes sont murées à 5o centimètres du parement du podium, 
et, comme iJ ne saurait être question de ne voir là que de simples 
niches, nous nous efforcerons de pechejcefeer plus tard à quels ser- 
vices elles pouvaient aboutir. 

Du côté des serviç(!.s d<î la ^(•èlle. la courbe du podium contiaue 
de telle sorte que la combinaison de ces deux courbes est sensible- 
ment celle d'une ellipse, pour le tracé de laquelle il a fallu entamer 
fortement le jow/pVMfH et augmenter la surface de l'orchestre, qui 
devenait ainusi une arène. 

Inutile de dire que la maçonnerie de ce podium est faite de mar 
lériaux réemployés sans aucun soin et au hasard d'une construction 
hâtive et tardive. 

Ce théâtre, à une basse époque, a donc été U-ansformé en amphi- 
théâtre, et le motif de cette toinsformation ne semble pas pouvoir 
être déterminé bien exactement, si l'on remarque que la ville de 
Caesarea possédait, avec ce théâtre, un amphithéâtre de i3o mètres 
sur 70 mètres dont les restes sont encore très visibles, au delà du 
champ de manœuvres actuel dans ce qui était le quartier est de la 
ville antique, et un hippodrome ou cirque loiig de ùoo mètres, à 
l'extrémité occidentale, près de l'ancien rempart. 

Faut-il admettre, ])0ur expliquer le r<?manienient du théâtre?, 
que la ville fut obligée de restreindre son enceinte et que l'amphi- 
théâtre était ruiné ou hors de service? Nous ne saurions le dire; ce 
qui est certain louteiois, c'est que l'orchestre du théâtre fut changé 
en arène, événement qui intéresse l'his,toir« de Gherchei et qui 
n'est pas un fait unique dans les annales de& scènes roanwae». 
Ues dimensions d(; l'arène du tliéâtiv. transformé de Gue$area 



— f71 — 

étaient de :!'^ iii./lic- du NoVd an Sud .■( de 33 mclie^ de l'KsI h 
lOuest, largeur lie l'orchestre. Ces pntpxtions. donnant un ovale 
peu allongé, se rapprochaient plus de l'ellipse que l'arène de Tam- 
phithéàlre de Lanihèse, dont les dimensions étaient de 92 mèties 
sur 102 mètres. 

Dans la partie des services de la ?• rn^. (ùté de l'Est, qui n'a pas 
été' écornée par la courbe de la iiouvi-He arène, nous avons trouvé 
dois salies de surfaces différentes, ou plus exactement une grande 
pièce divisée en trois fractions. 

La première, ouverte sur le dehors à proximité de l'entre'e 
orientale du couloir-vestibule d'accès du théâtre, avait  niètiv-; 
de large sur 6 m. 3o de long; la seconde, décorée sur les (oté- .|r 
trois travées de demi-colounes. mesurait li mètres de h.n;; avec 
9 mètres de largeur, et communiquait par une baie large d(3 2 m, 1 .5 
avec le couloir; la dernière entin, de 3 m. ho sur 9 mètres, avait, 
comme la première, une ouverture de 'i m. 60 sur la partie cen- 
trale. 

Les autres chambres du iiostscninim ^eront déblayées ultérieure- 
ment. 

Au cours des fouilles. VL Glénat a trouvé une quantité de frag- 
ments moulurés et sculptés dont les phis intéressante ont été remis 
immédialenient au Musée de Cherche!. 

Citons surtout : 

_ Lue belle .tatuc b.eu drapée, ^aa. la tête, qcM «tait mobile, 
ainsi que 1 indique la mortaise prati,juée dans le cou. U' bras d.o.t 
et la. main gauche manquent également, ainsi que le bout, du yi^d 
droit. Ce devait être une muse ou une p, o^ iuce. La draperie, décou- 
vrant le bras droit, retombe sur l'épaule et >ui- l'aNant-bras ^-auche 
La statue mesure 1 m. 80 de hauteur ( ..ans la tête) et 6-3 ce,iti„,ef,v. 
de largeur. Hauteur du socle. 7 ceutimètr«&- 

Lne trè^ jolie tête symbolisant lAlrique et coiffée de la dépouille 
dun éléphant; .le e.t d'un bel art orec ^ Les cheveux ondulés . 
partagent au nnl.eu du froi.l et retombent en cachant le haut d 
ioredle, dont le lobe percé recevait des boucles. Trois fmu^ né 
nages dans la partie haute de la coitbne cecevaie„r : celui du mdieu 
une trompe d éléphant; les deux de. c... ,i., ,j,;|„,,.,^ ^'n-un. 

* Voir plus liaut. p. 5/1 elsiiiv. 



se 



— 172 — 

Les yeux soiil mobiles. Hauteur de la léle jusqu'au-dessous du nien- 
lon : 29 oentinièlres; hauteur du Iragnient entier : li'd centimètres. 
Trois fragments d'inscriptions ont été aussi recueillis : 

1" 

R. IVN 

Q_y I R 

AEDIL 
A V G 

9" Sur une dalle de pierre, épaisse de 3o centimètres, large de 
52 centimètres et longue de 1 m. o3, servant probablement de banc 
pour les spectateurs : 

CAE CAPITO 

NIS 

3" Sur une autre dalle, de mêmes dinu-nsions : 

LOCV BII 
ONI PARDALl 

Ces dalles avaient été réemploye'es pour masquer l'ouverture 
d'un puits dans une chambre. Le puits est à h m. Go de distance 
du podium. 

3-^ TlPASA. 

Les fouilles et travaux eiFectués à Tipasa en 1916, par M. G. 
Harry, inspecteur des fouilles de Timgad et de Lambèse, ont été 
exécutés en quatre points différents. 

1° En commençant par l'extrémité ouest des ruines, nous avons 
achevé le déblaiement de la grande basilique, partiellement déga- 
gée autrefois par M Gsell et mise presque entièrement au jour par 
nous en 191^. 

Dans notre dernier rapport, nous avons donné une description 



— 173 — 

sommaire de ce grand édifice religieux, installé le long des restes 
du rempart antique, sur la colline Ras-el-Knissia. 

Orientée à l'Est, l'abside, qui a presque entièremenl disparu 
dans la mer, était disposée en prolongement d'une grande nef 
centrale, large de i3 m. 5o, ultérieurement divisée en trois vais- 
seaux, ainsi que nous l'avons déjà expliqué. 

Cette nef médiane était flanque'e de trois collatéraux sur chacun 
de ses flancs, au Nord et au Midi. Les trois du vSud avaient été 
déblayés en 191^; nous avons fouillé, au début de 1910, ceux 
du Nord. De ces derniers, le collatéral extrême était séparé de sa 
galerie adjacente par 1 7 travées d'arcades surmontant des piliers 
carrés. Deux de ces arcs, le 3^ et le U' à partir du mur de face de 
l'église, sont encore debout. 

2" M. Barry a ensuite procédé au déblaiement d'un intéressant 
petit monument balnéaire, situé en contre- bas de la grande basilique 
précédente, tout près de la mer, et sur une forte déclivité faisant 
face à l'Orient. 

Cet édifice, public malgré ses petites dimensions (ta mètres de 
l'Est à l'Ouest et 10 mètres du Nord au Sud), est assez bien 
conservé, quoique la construction n'en soit pas de premier ordre, 
et contient tous les services nécessaires. 

C'est d'abord, dans la partie la plus élevée à l'Ouest, une citerne 
vaste et profonde; puis, dans l'angle sud-ouest, un escalier descen- 
dant vers la mer, ensuite se retournant à angle droit sur la gaucbe 
(au Nord) et aboutissant à un frigidanum allongé, à l'extrémité 
orientale duquel on voit une piscine dans laquelle on descendait 
par trois degrés. 

L'escalier menait aussi à un petit vestibule ou à un apodyterium 
rouvert en terrasse et ayant une sortie sui- le couloir de chauffe. 
A droite dn frigidanum , couloir de morne longueur (|ue ce dernier 
et communiquant avec les latrines dont il n'existe plus que l'égoul. 

Dans l'angle nord-est de la salle froide, une porte permettant 
d'accéder à un premier tepidarium, garni d'un akeus dans son 
angle sud-est ; puis à un second, d'où l'on passait dans un grand 
caldwiuin possédant sur son côté ouest un alveus semi-circulaire, 
de même largeur que lui. 

Le tlanc sud de celte chambre chaude était percé d'une porte 
la reliant à une petite étuve, munie aussi d'un bassin chauffé, 

Abgiikoi.ogie. — N° 2. 



— Mil — 

vmmm celui c(u grand addarium, par un fourneau donnant sur le 
couloir des chaufferieg. 

Ces deux piècp^ possèdent encore le long de leurs parois les con- 
duits vejticaux d'air chaud <|ui fournissaient, avec les smpemurae , 
le maximum d'élévation de température possible. 

Du côté An frigidarium , le mur de l'étuve était naturellement 
fermé. 

3" A moitié chemin à peu près entre la grande basilique et le 
forum découvert en 191 A, une ruine intéressante se faisait remar- 
quer par suite de i'éboulement d'une partie de ses voûtes. Ce sont 
encore des bains, moins bien conservés dans leur ensemble que les 
précédents, mais sensiblement plus importants. 

f^e déldaiement entier n'a pu être fait, et, par conséquent, la 
disposition complète ne nous est pas encore connue. 

^" Nous arrivons à la découverte capitale de l'exercice igiB à 
Tipasa : c'est celle des bâtiments groupés sur les côtés nord, est et 
ouest du forum déblayé Tan dernier. 

Coté mrd. — Sur cette face de la place publique, large 
de 29 m. Ao, s'élevait un grand édifice présentant une façade de 
96 m. 5q de largeur. 

Il n'était pas dans l'axe du forum, et sa j)artie antérieure, le 
perron, n était pas non plus dans le »ien. Cette partie antérieure, 
large de 22 m. ao, est distante de m. 5iq. seulement de l'angle 
nord-est de la place et de 6 m. 80 de l'angle nord-e-st. 

La largeur de 22 m. 20 se divise en trois fractions : au milieu, 
une marche large de 8 m. 5q vient se buter sur le soubassement 
de deux pylônes, dont celui de droite a 6 m. 90 de large et celui de 
gauche, 6 m. 80. 

Sans aucun doute possible, c'était un perron monumental, pro- 
fond de 7 mètres , qui était encadré par deux piédestaux ou slylo- 
bates dont la corniche venait se perdre au niveau de la marche 
supérieure dudit perron. 

Gela seul nous indique la présence d'uia^ temple. En continuant 
vei"S le Nord, nous voyons une galerie souterraine parallèle à la 
façade ^t offrant une longueur de 9 4 m. 3o, sur une largeur ou 
profondeur de h m. 90. C-clte galerie, recouverte d'une voûte on 



— 175 — 

berceau, coupée par trois arcs doubleaux de soutien, portail ie pro- 
naos qui coniportaif six colonnes de front de o m. 70 de diamètre, 
espacées d'environ 5 mètres d'axe en axe. 

Viennent ensuite les substructions très reconnaissables de la 
relia, divisées, suivant l'usage pour les temples de Jupiter, en trois 
parties : 

Celle du milieu mesurait 8 m. 80 et celles des côtés 6 m. 60, 
ces dimensions e'iant prises entre les murs dont l'épaisseur varie 
de 1 m. 10 à 1 m. i5 ; ce qui donnait au sanctuaire une largeur de 
2/I1 m. 3o, celle précisément de la longueur de la galerie basse du 
f/ronaos. Derrière ces trois divisions, on voit une deuxième galerie, 
de même longueur et de 3 m. 35 de large; la profondeur de la cellà 
était de 16 m. 00. 

Ces grandes dimensions, l'emplacement du temple sur le forum, 
la dis[>osition de se> fondations nous indiquent fort clairement que 
nous sommes en présence du Capitole de Tipasa , bien que nous 
n'ayons trouvé aucune inscription à cet endroit. 

Mais il est intéressant de comparer le plan de ce forum avec la 
phieu vêtus de Djemila : nous y voyons même orientation, mêmes 
distributions. Comme à Cuicul, le Capitole domine la place publique 
au Nord et en occupe presque entièrement la largeur; la curie de 
Tipasa et celle de Djemila sont toutes deux placées dans l'angle 
nord-ouest, et la basilique civile de chacune de ces deux cités est 
située sur le côté ouest. 

Par les six colonnes de son pronaos, le grand sanctuaire antique 
de Tipasa rentre dans la catégorie des édifices prostyles et hexa- 
styies. 

Ses piliers avaient environ 7 mètres de hauteur; son entable- 
ment, t m. 4o, ce qui donnait au monument une hauteur de 
8 m. 60 à 8 m. 5o au-dessus du soubassement, lequel avait à peu 
près 3 m. 60 de haut. Le perron se composait de 2 3 marches, et 
les piédestaux latéraux étaient construits en blocage avec parements 
de pierre de taille. Les murs des soubassements du temple sont 
appareillés sans mortier. 

Le Capitole, place' au centie de la colline des temples {celli» Tem- 
plemii), dominait la ville de tous côtés. De là, la vue s'étendait 
sur le» deux baies, parties intégrantes de la cité, entre lesfjuelles 
s'avançait le cap central. 

Si les substructions seule» du temple de Jupiter nous ont été 



— 176 — 

conservées, il no faut pas Irop s'en étonner, car, à partir au protims, 
la pente de ia colline vers la mer est d'environ 3o deg^rés, ce qui 
donnait au mur postérieur de la cella une grande hauteur au-dessus 
du sol dévalant vers la mer. 



Coté est. — Sur le côté est du forum on a trouvé un portique, 
large de It m. 20, précédant une série de salles, dont une partie 
est double en profondeur. 

C'est d'abord une pièce, dans l'ang^le nord -est, que précèdent 
trois marches ; puis une grande salle de 1 U mètres de longueur, 
avec porche empiétant sur le portique, et traces très visibles d'une 
estrade dans le mur du fond. C'e'tait la curie municipale, recon- 
naissable à sa disposition; son porche rappelle celui de la curie de 
Djemila, qui est placé dans des conditions analogues. Le mur sud 
a des parties encore debout à une hauteur de 2 m. 5o ; il est con- 
struit avec soin, en moellons et grandes pierres debout que reliaient 
des traverses comme à la bonne époque romaine. 

Le sol était élevé de cinq marches, soit de 80 centimètres envi- 
ron au-dessus de celui du portique. Il en était de même d'une 
chambre voisine de la curie (mitoyenne du côté sud), sur la paroi 
me'ridionale de laquelle nous avons trouvé des restes d'enduit peint 
représentant une rosace à huit feuilles oij dominent le rouge, le 
jaune et le vert. 

Cette chambre, de même que deux autres qui la suivent dans la 
direction du Sud , étaient doubles en profoqideur; seulement ces dei- 
nières ne dominaient le portique que de la hauteur d'une marche. 
Enfin, à l'angle sud-est de la place, nous renconlrons une salle 
plus profonde que les trois chambres précitées, mais ayant néan- 
moins derrière eWo (côté est) deux petites pièces annexes. 

Ladite salle s'ouvrait sur le portique pai' quatre entrecolonne- 
menls, et était de plain-pied avec celui-ci; le sol était recouvert de 
ciment, ainsi que dans les chambres voisines. 

Côté ouest. — La colline des temples n'offrant à son sommet 
qu'une surface plane très restreinte , dans le sens de l'Est à l'Ouest , 
et suffisante tout au plus pour l'établissement de la place publique 
ainsi que de ses annexes orientales, il fallut parer à l'inconvénient 
de la déclivité du sol du côté ouest; les seuls moyens qui s'ofïraient 



— 177 — 

aux constructeur romains étaient la superposition d'étages et l'amé- 
nagement d'escaliers. 

Ces deux moyens furent employés par eux. Nous avons déjà vu 
comment le forum de Tipasa communiquait avec la basilique judi- 
ciaire par un perron de dix-sept marches. Mais il restait un espace 
rempli de terre entre la place et ce monument; nous pûmes le 
déblayer, et l'on de'couvrit une longue galerie (46 mètres), large 
de 3 m. lo, encore surmontée, dans une petite partie, d'une voûte 
en plein cintre. 

C'était le dessous du portique ouest du forum, qui, sans cette 
galerie basse voûtée , se fut trouvé dans le vide. 

Inutile de dire que le portique a disparu avec ses colonnes, la 
voûte ayant été presque totalement démolie, et la galerie étant 
remplie de terre, de cendres et de débris de pierres ou de cailloux. 

Le côté sud de la place sera déblayé en 1916. 

Au cours de ces différentes fouilles, on a découvert nombre 
d'objets et de fragments. Ces fragments ont été remis à M. Bergon. 
régisseur des héritiers Trénaux. qui les a soigneusement renfermés 
.dans son musée. 



ir. DEPARTEMEiVT DE CONSTANTINE. 



1. Madaire. 

M. C.-A. Joly. maire de Guelma, qui veut bien se charger de la 
direction des chantiers de Madaure, Guelma et Khamissa. a exé- 
cuté en 1916 d'intéressantes fouilles dans les ruines. 

Il a exécuté des recherches en trois endroits différents : 



a. Continuation du déblai delà voie perpendiculaire au cardo maximus, 
à l ouest de ce dernier, sur une longueur de 1 aô mètres. 

Celte rue a son dallage en biais par rapport à son axe longitu- 
dinal. Mesurant 7 mètres de largeur à Test du cardo. e\ie se rétrécit 
d'un mètre de l'autre côté. A 20 mètres environ de son croisement 



— 178 — 

i{\ox' l(! (Ofdo ma.rmus, on voit, sur son flanc nord, les traces d'un 
|)ortiqiio qui empiétait de 3 mètres sur sa largeur. 

A une centaine de mètres à l'ouest dudit croisement, nouvelle 
voie, parallèle au cardn, et dégagée vers le Nord sur une longueur 
de Ao mètres; sa largeur est de 6 m. 8o et son dallage a des joints 
normaux à son axe. Elle se dirige vers la citadelle byzantine. 

h. FoiiUlr sur le rôlt' suil (lu decuiuanus. 

En face du croisement du deamanm avec la nouvelle voie (a' cardo) , 
on a ti'ouvé que cette dernière se continuait sans dallage, avec une 
largeur très réduite, 3 mètres seulement. Dans Tangle formé par 
le côté ouest de cette rue et le flanc méridional du decumanus, nos 
travailleurs ont mis au jour une grande habitation privée. 

On découvrit d'abord un portique dallé, élevé de trois marches se 
retournant le long de la ruelle, et soutenu jadis par un pilier carré 
dangloet quatre colonnes, don lies bases sont encore en place; puis, 
sur la droite, en ligne avec les colonnes, une suite de quatre piliers 
carrés (de o m. 70 de côté), reposant sur le sol, en contre-bas de 
marches. 

Cet aspect monumental avait d'abord fait croire à la présence 
des restes d'un temple; d'autant plus que, derrière la partie du 
portique établie sur les trois marches, on a trouvé une salle (large 
de 7 m. 3 et longue de 7 mètres) dallée, ayant un faux air de cella. 
C'est tout simplement le vestibule de la maison; deux portes, 
percées dans le mur sud et une dans le mur ouest du vestibule, 
conduisent à un bel atrium dont les galeries étaient soutenues par 
dix colonnes. Au fond deValrium, puits maçonné de 1 m. 1 5 de lar- 
geur et fouillé jusqu'à 7 m. 5o de profondeur sans qu'on ait pu 
encore trouver le fond. 

En face de {'atrium, vaste tahlinum de 7 mètres sur 8 mètres, non 
encore entièrement déblayé, ainsi que le reste de l'habitation. 

Dans la galerie attenante au côté occidental du vestibule, M. Joly 
a trouvé une statue de magistrat qui ost entièrement conservée, à 
l'exception du bout du bras gauche. Elle a 1 m. 70 de haut et est 
en marbre blanc. La tête, très frisée, a malheureusement le nez 
écras*é. l,e bras, qui est cassé, était coudé; le bras droit, presque 
étendu en avant, s'incline à terre et la main relient un pan de 



— !79 — 

ia loge du personnage, tandis que l'autre est rejeté sur i'ëpauie 
gauche. La jambe gauche est sensiblement portée en avant, et celle 
de droite se juxtapose h une sorte de socle, où des guirlandes sont 
sculptées, et au-dessus duijuel sont figurés des rouleaux de pa- 
pyrus. 

De l'autre côté de la petite rue non dallée de 3 mètres, on a mis 
au jour, dans un immeuble qui sera déblayé ultérieurement, une 
grande auge en calcaire, ayant à Tintérieur i m. 18 de large sur 
3 m. 2 5 de long, et taillée dans un seul bloc. 



c. Déblais le long des faces ouest et sud des grands thermes. 

Dans un rapport précédent, nous avons parlé déjà de la com- 
munication qui existait entre les grands thermes, dans leur partie 
sud-ouest, avec la grande voie montante de la cité (cardo ma.ri- 
miisy 

Le couloir, de 7 mètres de longueur, par lequel on accédait à 
l'établissement , conduisait à un vestibule et à des escaliers , et aussi 
était attenant, sur sa droite (côté sud), à une salle de même lon- 
gueur que lui et large de 3 m. 90. Là se bornaient les fouilles opé- 
rées entre la voie et les thermes. 

Pour combler cette lacune, M. Joly entreprit rachèvement du 
déblai de cet espace, et ne put mettre au jour que des constructions 
confuses qui paraissaient bien être de basse époque. Toutefois la 
pi-ésence même de ces murs mal bâtis, et sans ordonnance rai- 
sonnée, nous incline à penser que la distance de li mètres qui 
séparait les grands thermes de la voie était occupée dans le prin- 
cipe par une avant-cour et un portique ouvert sur la grande rue. 

L'effet devait être monumental. A gauche, c'est-à-dire dans 
l'angle nord-ouest de l'établissement, se dressait la grande citerne 
(17 mètres sur 7 m.5o); à droite, à l'angle sud-ouest, en pro- 
longement du mur méridional des thermes, on a trouvé une porte 
conduisant à une salle rectangulaire faisant saillie, vers le midi, 
sur le mur précité. 

Cette salle, ouverte également du côté de la rue. avait, au 
milieu de sa paroi orientale, une niche semi-circulaire faisant 
sailhe à l'extérieur; l'inscription MERCVRIO-AVG- trouvée 
dans la niche et la découverte près de là d'une belle statue de 




— 180 — 

Mercure en marbre permettent de déduire qu'il y avait peut-être 
en cet endroit un petit sanctuaire dédié à ce dieu. 

La statue, placée debout, est absolument complète. La tête, de 
facture soignée , est agréable d'expression et très régulière de traits. 
Les clieveux ondulés avec art forment une couronne double autour 
du front et au-dessus des oreilles. La coiffure est surmontée de deux 
ailes repliées. 

L'ensemble de la figure est nu; sur l'épaule gauche, toutefois, 
pend un commencement de draperie qui tombe seulement derrière 
le bras gauche. Le bras droit allongé verticalement porte une bourse 
attenante à un point d'appui de la statue, où se trouve un coq 
sculpté en demi-ronde bosse. Le bras gauche, replié et coudé en 
avant, tient un caducée dont un petit fragment manque dans le 
haut. La jambe droite, tendue, s'appuie sur le socle de soutien; 
la gauche est légèrement repliée en retraite. 

Cette statue, qui est haute de i m. 90, a conservé des traces 
de peinture très visibles. 

Une tête de Minerve casquée, en marbre blanc, a été également 
mise au jour dans cette fouille; ainsi que la figure du magistrat et 
le Mercure, elle a été déposée au Musée de Guelma. Sa hauteur, de 
la pointe du casque au bas du cou, est de o m. hS. 

A i5 mètres environ du mur sud des thermes, on a déblayé, sur 
une longueur de 25 mètres, une petite rue non dallée faisantangle 
droit avec le cardo. 

Sur chaque côté (nord et sud) de la rue, nous avons exhumé 
une colonnade de cinq travées, qui commence à 8 mètres de la voie 
principale. Derrière la colonnade du Sud, un portique de 3 mètres 
de largeur précédant trois chambres dont il n'a été dégagé que les 
parties antérieures. 

Il y avait là probablement des habitations assez luxueuses. 

Au cours de ces différents travaux de déblais, M. Joly a pu re- 
cueillir les fragments et inscriptions qui suivent : 

1° Cancel en pierre calcaire, ajouré et divisé dans la hauteur 
en deux compartiments : celui du bas représente, de chaque côté 
d'un petit médaillon ovale, un col de cygne se terminêjnt à ses 
deux extrémités par une tête de l'animal, l'une étant placée au- 
dessus de l'autre. 



— 181 — 

Dans le compartiment supérieur, de forme carrée exacte, se 
présente une bande circulaire renfermant une étoile à huit pointes 
formées par des palmes. Au centre, tête d'Océan aux cheveux on- 
dulés, entourée d'une double torsade. Les quatre triangles rache- 
tant la bande circulaire dans le carré contiennent une triple feuille 
sortant d'un culot dont les bouts s'enroulent en volutes. Hauteur 
du cancel, i mètre; largeur, o m. 80. Provenance : Maison du ma- 
gistrat. 

2" Autre cancel, de forme carrée et subdivisé en neuf comparti- 
ments, à savoir : 

Trois en bas, trois au milieu, trois en haut. Les trois du bas. 
comme ceux du haut, sont ajourés d'une claire-voie en croix de 
Saint-André; dans la ligne médiane, le carré central est orné d'une 
tète de femme aux cheveux frisés et à la chevelure relevée sur le 
crâne; à droite et à gauche de cette tête, chaque petit panneau 
comprend deux palmes présentant leurs pointes vers l'intérieur et 
dont la tête se continue en volutes, du côté du compartiment cen- 
tral. Même provenance que ci-dessus. 

3" Bas-relief, de facture médiocre, montrant un Mercure nu; le 
caducée, porté dans la saignée du bras gauche replié; la bourse dans 
la main droite; la coiffure surmontée de deux ailes. A gauche, en 
bas, bélier tourné vers le diçu. Hauteur de la pierre, o m. 65; lar- 
geur, o m. AS; épaisseur, o m. A9; hauteur de la figure du dieu, 
o m. A3. Maison du magistrat. 

li° Bas-relief en calcaire représentant un personnage à moitié 
nu : les parties sexuelles et l'épaule gauche sont couvertes ainsi 
que les cuisses. Le bras légèrement coudé porte une corne d'abon- 
dance. La main droite se pose au-dessus d'un autel sur la face du- 
quel on lit : 

G-V- 

A VG 

La tète est couverte d'une couronne; les pieds sont chaussés 
jusqu'au mollet. Hauteur de la pierre, o m. 60; largeur, o m. 60; 
épaisseur, o m. 60 ; hauteur du personnage, o m. 48. 

(Fouille des grands thermes.) 



— 182 



5" Une épitaphe 




(Même provenance.) 



6° Slèle à deux inscriptions, portant dans sa partie supérieure 
deux hommes drapés; Tun met la main droite sur Tépaule gauclie 
de l'autre : 



D • M- 
M • F L A V I 
VS -LONGI 
NVS • PIVS 
VIX-ANNIS 
XX 



S 
T • FLA VI 
V S • M A R 
C I A N V S 
P I V S • V X 
A N N I S 
XX I i 
SVNT 



(Même provenance.) 



7° Autre épitaphe : 

D • 

M 0'Wm,K p A V 

LINA • PIA- VI 

X I T A N N I S 

LUI 

H S 

(Même provenance.) 



p M O D I V S 
Q^V I R I N A 
P R I M V S PI 
VS • VIXIT AN 
NI S XXXVI I 
E 



— 188 — 



8° Idem: 



D 



VALERIA 
lANVARI 
A • P- V. A 



M 



L-.FABIVS 
Q_y IR 
L VCI^ 
LOLLl A 
NVS 
P-V-A- 
LXX 



(Même provenance.) 



lêriie 



D • M • S 

POMPONIA • CAS 

TA • PIA • V • A 

XXVIII 

H • S E 



provenance. 



D • M • S 

F I R M I A • Q^ • F 
NOMENTINA 
PIA ■ VIX • AN • XXI 
HEC • VIRGO ■ SP 
ONSATA • SINE 
LANGVORE SV 
BITO DECESSIT 
( Méine provenance.) 




— 18/i — 
11» D • M • S 

TI • CLAVDIVS 

MAXIMVS 

PIVS • VIXIT 

ANNIS • LI • H • S • E 

(Même provenance.) 

19° Pierre calcaire. Epaisseur, ora. 4ç); hauteur, om.96; lar- 
geur, o m. 59; hauteur des lettres, o m. o(\ : 

PRO SALVTE 

IMPER ATORVM CAES 
L • SEPTIMI • SEVERI PII 
PERTINACIS • AVG • P • P • 
ET • M • AVRELI • ANTONI 
NI • AVG • e< L • septimi 
g etae caes • ET • IVLIAE 
AVGVS/fte 7«ATRIS AVG 
MATRIS CASTRORVM 
Q_- MATTIVS ■ RVSTICVS 
FLAMt'rtNVS STATVAM 
Q^VAM prO HONORE AEDIL 
AMPLIVS AD LEGITIMAM 
proMISERAT INLATA ampli 
VS HONORARIA FECH et 
GYMNASIO DATO DEDICa 
VIT 

( A côlé des grands thermes. ) 



— 185 — 



i3° Plaque en marbre blanc. Épaisseur, om. 06; hauteur des 
lettres, om. o/i5; interlignes, o m. 002; hauteur de la placjue, 
o m. 33; largeur, o m. ^2 : 



TRESMVTV 
APPELLATI OB 
HONOREM 

COMMVN^ 




(Fouilles des grands thermes.) 

lU" Funéraire double. Kpaisseur de la pierre, o m. 5o; largeur, 
o m. 5i ; hauteur, 1 m. 5o (mais l'inscription ne prend que la moi- 
tié de cette hauteur) : 



D • M • S 
Q_ • VETI 



VS • VIX 
AN • LXI 
H • S • E • 




(Même provenance. 



kl 5" Pierre calcaire. Épaisseur, o m. 53; largeur, o m. 5i ; hau- 
teur, 1 m. 07; hauteur de l'inscription, m. 70 : 
I 

(Même provenance.) 



DIS MANIBVS 

QVIR. FELlXm 
CI. 

N 




'S SVA 
VIXIT ANNIS 
H • S • E 




— 186 — 

i6° Funéraire double. Epaisseur de la pierre, o m. 3o; hauteur, 
o rn. 70; largeur, om. 78; hauteur des lettres, om. 06 à om. 06: 



D M S 

M E M I A R O 
GATA VIXIT 
ANNIS LXXXV 
H • S • 

(Même provenance.) 



D A V E N I V S 

VICTOR VI 

X I T A N I S 

L X X X X 

H • S • 



17° Funéraire double dont la partie droite seule est restée. En 
haut, double guirlande; celle de gauche a presque entièrement dis- 
paru. Largeur, o m. 26 ; épaisseur, m. ào ; hauteur, o m. 90 ; hau- 
teur des lettres, o m. o5 : 



LICIVS 
UNVAR I 
«s P I V S 
Htx I T AN 



(Même provenance.) 

18° Hauteur de la pierre, o m. 76 ; largeur de ta pierre, o m. 38; 
hauteur des lettres, o m. o4 ; 

D • M • S • 

TI CLAVDIVS 

MA RTIALIS 

PIVS VIXIT A 

N N 1 S XV 

H • S • E • 



(Même provenance.) 



— Î87 — 

!()" Pierre caloaire recUngulaiiv entourée d'une bordure où des 
l'euiUes de lierre sonl gravées en manière de rinceaux. L'inscrip- 
tion esl contenue dans un cercle tracé à la pointe. Elle concerne 
deux personnages, dont les textes sonl superposés au lieu d'être 
juxtaposés. Kpaisseur de la pierre, o m. 20; hauteur des lettres, 
o m. o3 à o m. 06 : 

D • M • S ■ 

IVLIVS FAVSTVS 

VIXIT AN LXXIIII 

SED vixir 



1^ 

iV (M 



D M S IVL • D 
A T I V V S V 
I X S I T A N I 
S LXXIIII SED 
VIXSIT 



(Même provenance. 




20° Funéraire double, avec deux guirlandes. Épaisseur de la 
pierre, o m. 2.5; hauteur, oni. o3 à o m. oi; largeur de la pierre, 
om. 59; hauteur, 1 m. 60, mais finscription n'en occupe guère 
que le tiers : 



D • M • S 
C •. IVLIVS 
F O R T V N 
ATVS • V • 
A • LXXXX 
H • E • S • 



F A B I A 
SECVNDA 
FABI FILIA 
VIXIT ANN 
I S L X X V 
H • E • S • 



(Même provenance.) 



— 188 — 

2 1" Funéraire double, avec deux guirlandes. Hauteur de la 
pierre, i m. 5o; largeur, o m. 55; épaisseur, oni. 35; hauteur des 
lettres, o m. o5. 

L'inscription n'occupe que le quart de la hauteur de la pierre : 

D m s d m s 

MARIA Q_- F • CORNELIVS 

VETA P I A CONDVC ' P • 

V IX A V • A • LXVIII 
XX V I 1 I H • S • E 

H • S • E • 

(Même provenance.) 

22° Funéraire double à deux guirlandes. L'inscription de droite 
seule est restée. Hauteur de la pierre, i m. 3o; largeur, o m. 52; 
épaisseur, o m. 26 ; hauteur des lettres, o m. o5 ; l'inscription prend 
un peu plus du tiers de la hauteur de la pierre : 

D • M • S • 

C A L P V 

R N I V S 

I V C V N D 

VS P • V • A 

XL 

H • S ■ E • 

(Même provenance.) 

2 3" Inscription mutilée d'une l'enime : 

D ' m ' s ' 
C A S S i a 
D A T I wa 
PI A Wixit 

A N N I swm 



— 189 — 
9 4° InscriplioD conccrnauf un prèlre : 

AEMILIVS VICTORI 

ANVS SACERDOS Vi^ii--- 

(Même provenance.) 

13° Texte en Tbonneur de Septime-Sévèie, Garacalla et Gela 

PRO SALVTE 
IMPPP C/tSARVM SEPTI 
NACIS 

TIFEX 

TRO 



:m vsvKmANvs priscianv 

AEDILITATIS INLATA PR 



(Même provenance.) 



3G^ Funéraire. Guirlande au sommet de l'inscription. Hauteur 
de la pierre, i m. Do; largeur, om. .)o; épaisseur, o m. !iS. Kpi- 
taplie d'une prêtresse : 







D 




M 


• S • 




D 


A 


T 


I 


A FOR 




T 


V 


N 


A 


TA SA 




C 


E 




R 


DOS 




C 


E 


R 


E 


R V M 




P 


• V 




A 


• LXXXV 






H 




S 


• E • 


île provenance.) 










«OHliOLOGIK. 


— \^ 2 











— 190 — 

97" La dérmite esl ligurée en haut do l'inMiiption; au dessus 
de sa tête on voit le croissant, symbole de Tanil : 

DIS M A N I B 
SAC 
CALPVRNIA • FA 
VSTINA • VIX • A • XXX 

H«iuleur de Ih piewe, 2 mètres; largeur^ om. ôo; hauteur de 
l'inscription, om.Ba; largeur, o m. 66; hauteur des lettres, m. o5. 
(Même provenance.) 

98° Pierre de grès. Epaisseur, o m.28; hauteur, 1 m. 36; lar- 
geur, o m. 50; hauteur de l'inscription, o m. ^6; largeur, o m. ko. 
Un personnage, surmonté d'un croissant, est figuré au-dessus du 
texte. Sa hauteur est de o m. 67 : 

D I S w A N t 6 V S 
Q_- MAECIVS • MAD 
AVRITANVS 
P • VIX • ANNIS 
L • H • S • E 
(Même provenance.) 

29° Funéraire surmontée d'un croissant sans figuration de per- 
sonnage. Hauteur de la pierre, 1 m. 71 ; largeur, o m. 69; épais- 
seur, o m. a3. Hauleur de l'inscription, o m. Sa ; largeur, o m. 38 : 

D • MANIB 

L • IVLI • POLiTl 

VIX ANNlS 

LVIIII 

(Même provenance.) 



— 191 — 

do" Funéraire triple, d'une femme et de deux hommes. Hauteur 
de la pieri-e, cassée dans le haut, o m. û5; largeur, o m. 5i ; épais- 
seur, o m. & i . Hauteur des lettres, o m* o4 : 

mÊm A VIX FESTVS 
AN N I s PIVS VIX 
LH-S-E- ANNIS 

LXX H S E 
T I • CL • SATVRNI 
NVS • IN FLORE AE 
TATÎS DÊCEPTVS 
PIVS • VIX • AN • XVII 
PARENTIB • PIISSMIS 



(Même provenance.) 

3i° Pierre calcaire de i m. 60 de haut. Epaisseur, o m. /i3. 
Cette pierre portait, dans sa partie supérieure, deux inscriptions 
funéraires, dont une partie a été effacée par la taille opérée après 
coup d'un rectangle de o in. 60 de haut sur o m. 87 de largeur. 
Un autre renfoncement de mêmes dimensions a été aussi exécuté 
au-dessous de rinscription. Mais les textes qui devaient être inscrits 
dans ces deux reetatiglcs n'y fttil («is été gravés : 




REi 
N ViHI 
CiANi POMPO 
NIANI FILIVS 
PIVS V I XI T 
ANNIS XXII 

(Même provenance.) 




lANIV 

P O M P O N î A 

NVS • PIVS 

VIXIT ÀNNIS LI 

H • S • E • 



i3. 



— 192 — 

3'^" Grande pierre calcaire. Epaisseur, om. 3o; double inscrip- 
lion funéraire; celle de droite seule est restée et est incomplète; 
deux guirlandes figurées dans le haut et quatre dans te bas. Vase 
funéraire dessiné, avec lanterne et des pinces, au-dessous des deux 
guirlandes du haut. Hauteur des lettres, om. o4 à om.o6 : 

D M 

L MECIV S 




33" Double funéraire. Pierre de 2 m. o5 de hauteur, large de 
o m. 6o, divisée en trois compartiments. Celui du haut représente 
deux prêtres; celui du milieu contient les deux inscriptions, et celui 
du bas est vide. Epaissseurde la pierre, o m. Sa. Lettres de o m. oU 
à o m. o6 : 

D M 
L • A N T O 
NIVS M 

A X 1 M V S 
SACEUDOS 
MEUCVRI 
V • A • LV 

H SE 

(Même provenance.) 




— 193 — 

34" Funéraire sextuple, trois femmes et trois hommes. 

Pierre calcaire. Trois guirlandes dans le haut. Epaisseur de la 
pierre, o m. 20; hauteur, o m. 80; largeur, m. 62. Hauteur des 
lettres, o m. o4 : 

D M S 

CLODIA-IANVA GEMINIVSCAS 

RIA • P • V • A • XXV TVS • P • V • A • LXXXX 

GEMINIAPRI GEMINIVSROGA 
VATA-P-A-V-XVIl TIANVS-P-V-A-XXXV 

GEMINIA CASTV GEMlNIVS-PRIVa 
LA • P ■ V • A • XLVII TVS • P • V • A • XVF^^ 
(Même provenance.) 

-^5° C A E S O N I O 

HO N O R ATO 
C A E S O N 1 A 
No • PL • P • EV 

nie provenance.) 



36" Double funéraire d'un prêtre et d'une prêtresse sur une 
pierre haute de 1 m. «]o. large de o m. ."> 1 ; épaisseur, o m. 5 1 . Deuv 
rectangles, pratiqués en renfoncement dans la pierre et 1 estes 



-^ 19A — 

vides, onl d.^truit le haut e( le bas des deux textes, dont il reste 
seulement ce qui suit : 

L 
M 
M 

Nvs • oyk 

VETERAN 

SACERD 

D 

R 

(Même provenance.) 



N A • S A 
CERD OS 
LIBERI PA 



37" Fragment haut de o ni. ^5, large de o m. l\j. Hauteur des 
lellies, o m. o5 : 

MERCVRIO 
AVG • 
(Même provenance.) 

38° Pierre calcaire: hauteur, o 01.73; largeur, o m. 39; épais- 
seur, o m. 1 5. Hauteur des lettres, o m. ok : 

D • M • S • 
TI CLAVDIVS 
M A R Tl A L I S 
PIVS VIXIT A 
N N 1 S XV 

H • S - E • 



Même 



provenance. 



3tj" Pierre de 1 m, 75 de haut; largeur, 
o lu. yT». Hauleur des lettres, o m.o38. 



; épaisseur 



— 195 — 

L'inscription occupe à peino la uioilié tle la liauleur. Croiaaant 
figuré dauB le haut i 

D • M • S • 

MVNATIA • FOR 

TVN ATA P I A 

V I X • A N N I S 

LXX V 

H • S • E • 

(Même provenance.) 

Ao" Pierre calcaire de i m. 60 de haut; largeur, o m. 55. 
Croissant dans le haut. Inscription n ayant (jue o m. 53 de haut, 
sur om. ^9 de large : 

D • M • S • 

L • PESCENIVS 

VIX • AN • XVIII 

H • S • E • 

(Même provenance.) 

Ui" Grande pierre ornée dans le haut de trois guirlandes, dont 
les rubans pendent à chaque extrémité de droite et de gauche. 
On ne lil plus que les deux lettres DM- Le reste est effacé. 
Largeur de la pierre, o m. 66; hauteur, 1 m. -yB. 
(Même provenance.) 

liQ° Pierre calcaire cassée dans sa partie supérieure. Hauteur. 
1 m. to; largeur, o m.hj; hauteur de linâcription, o m. :î8; lar- 
geur, o m. 38 : 

D • M • S • 

L • I V L I V S 
SATVRNINVS 
MAXIMI • F IL I 
VS • P • V ■ ANIS 
LXXX • H ■ S • E • 

(Même proveaiûee.j 




— 196 — 

ItS" Pierre calcaire. Largeur, m. 5o; hauteur primitive, im.Bo; 
partie inférieure disparue; e'paisseur, o m. 95. Deux hommes et une 
femme : 

D M S 



C • MI 
N V C I V 
S OPTA 
TVS • PIV 
S • V I X • 
ANN 




C • M IN 
V C I V S 
D A TVS 
P • V • A^ 
MC 



(Fouille des grands thermes.) 



2. Khamissa. 

C'est le chantier de fouilles de Khamissa qui a donné le plus 
de peine à M. Joly, et aussi le plus de résultats intéressants. 

Les recherches ont eu lieu en deux points principaux : 

1° A Test du Nymphée, en vue de poursuivre les travaux inter- 
rompus par la guerre en 19 14, dans la partie septentrionale des 
ruines; 

9° Aux abords du Forum noinm, partie occidentale de la ville. 

Nymphée. — Voulant en terminer avec ce bel ensemble du Nym- 
phée, M. Joly s'occupa, dès le début de 1916, de dégager l'édifice 
situé en haut du perron de douze marches que nous avions déjà 
trouvé à l'extrémité est du grand bassin. C'est bien un temple, 
comme nous le pensions; la cella, placée légèrement de biais par 
rapport aux marches du perron , est à la distance de 5 m. r>o du 
degré supérieur, à Tangle nord, et de celle de 6 mètres à l'angle 
sud. 

Les dimensions du sanctuaire sont, à l'intérieur des murs. 
7 mètres de large sur 8 mètres de long. Sa paroi orientale est dis- 
posée près d'une rue, dont la direction du Nord-Ouest au Sud-Est 
lait, avec le temple, un angle assez prononcé. 

Dans cette cella, on a décojivert une bonne statue de Pluton en 
marbre, haute de 9 m. G6, y compris o m. 1 o de socle. 



— 197 — 



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£. ^ 






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H O 

O = 

Cl. < 

Z P 

■1. W 



— 198 — 

La figure est nue et laisse voir les parties sexuelles à peu près 
intactes. Un manteau, reposant sur l'épaule gauche du dieu, tombe 
en plis sinueux derrière cette e'paule. Le bras de ce côté a entière- 
ment disparu. H en est de même de l'extrémité de celui de droite. 
De ce côté, assis par terre, se voit un animal poilu qui doit être 
un Cerbère et dont les trois têtes ont été casaées. 

Celle de Pluton, largement chevelue et barbue, est très bien 
conservée ; c'est à peine si le nez a été quelque peu écrasé dans la 
chute de la statue. 

Le poids du corps repose presque entièrement sur la jambe 
droite, celle de gauche étant repliée en arrière. 

Le mur est de la cella s'élève à trois assises pu-dessus du sol ex- 
térieur, qui monte rejoindre le niveau de la rue; mais il y a huit 
assises au-dessus du gol intérieur du sanctuaire. 

Forum novum. — Après ta découverte du temple et de la statue, 
achevée en avril 1916, M- Joly se préoccupa de faire un grand 
effort du côté de la nouvelle place, en vue de la rejoindre au mo- 
.nument inconnu sitijé dans la partie sud-ouest de la ville, et dé- 
blayé en 1912-1913. 

En 191 4, à 196 ntiètres de l'arc de Septime-Sévère, nous avions 
exhumé les restes d'un deuxième arc, de ^ m. 10 d'ouverture. 
Chacun des deux piliers, construits en fort belle pierre de taille, 
a conservé quatre assises, à savoir deux dans le corps du pilier, 
une formée dans la moulure du soubassement, et une du soubas- 
sement même. 

Tout près de l'arc, nos travailleurs ont mis au jour quelques 
fragments d'une inscription dédiée à Septime-Sévère. Elle se com- 
pose de cinq lignes et n'a pu être restituée que partiellement. C'est 
la suivante (voir p. 197) : 

Epaisseur de la pierre, o ni. 38. Calcaire. Hauteur des deuxième 

et troisième lignes, m. 09; des quatrième et cinquième, o m. 07. 

Le nom du dédicant nous manque njalheureusement. Toutefois 

ce texte nous indique que l'arc déblayé en 191^ fut, lui aussi, 

érigé en l'honneur de Septime-Sévère. 

Poursuivant le dégagement de cette partie des ruines, M. Joly 
découvrit, à 1 mètre de la pile nord de l'arc, les substructions 
du perron d'un petit temple, dont le plan se dessina fort nette- 
ment. 



— 199 — 

Derrière ch perron, on distingue un pronaos à quatre colonne*, 
précédant une ceîla de 8 mètres de large sur lo de profondeur; 
les colonnes étaient à a mètres en axant de Tentrée du sanctuaire. 

Nous ignorons le nom de la divinité à laquelle il était consacré; 
sur le flanc sud de la cella. deux petites pièces annexes ont été 
ajoutées après coup, et la plus avancée de celles-ci se trouve en face 
de l'ouverlure de lare dont elle est distante de 7 mètres. 

A droite du temple et dans Talignement du pronaos, à 4 mètres 
de la colonne dangle nord-ouest de ce dernier, on a trouvé le sou- 
bassement d'un édicule en forme de croix grecque, précédé d'un 
petit bassin. C'est une fontaine, qui était couronnée par un enta- 
blement dont nous avons exhumé l'architrave, laquelle comprenait 
quatre divisions dans sa hauteur : une moulure supérieure et trois 
parties plates en saillie Tune sur l'autre. Celle du bas esl lisse, 
mais les deux qui la surmontent portent chacune le fragment 
d'inscription : 

O • PESCEN 



Nous pensons qu'un riche citoyen de la ville avait donpé cette 
fontaine à ses compatriotes; il s'appelait Q(uintu8) Pe6cen(nius), et 
il avait gravé son nom sur le monument dû à sa libéralité. 

Toujouj-s sur la même ligue, en allant du Sud au Nord, à 
4 mètres de la fontaine, on a dégagé les substructions d'un grand 
socle de statue (carré de 3 m. 80 de côté) adossé à une construc- 
tion dont la face ouest présente un hémicycle, alors que sa face 
opposée s'ouvre sur une place de forme très irrégulière, précédant, 
du côte est, à la fois l'arc, le petit temple et la fontaine de Pescen- 
nius, tout en se continuant derrière la construction à hémicycle et 
la fontaine pour sarréter, au Sud, contre la paroi nord du temple 
et, à rOuest, le long d'un mur de 38 mètres de long. 

Tout contre l'hémicycle, à l'ouest du socle de statue, on a mis 
au jour une sorte de cuve maçonnée en pierres de taille peu épaisses 
et placées de champ; il y a deux compartiments, une marche au 
pourtour, et dans un de ces compartiments on a trouvé trois jarres 
de terre cuite brisées. C'est peut-être un tombeau. 

La place, qui pourrait bien être celle qui est désignée sous le 
nom de r^plalea novaw dans une inscription, se limite à l'Est par 
une ligne brisée, à angle très obtus, de bâtiments non encore 



— 200 — 

fouillés, et au Nord par le côté postérieur du F(mm nomm , qu'on 
a enfin pu dégager cette année jusqu'au bout. 

Avant de quitter la piace, disons que, tout à fait dans l'angle 
nord-est, le dallage a disparu sur un espace rectangulaire de 
1 3 mètres sur i /i , et qu'il semble que se soit élevée là une construc- 
tion dont la face principale était tournée vers le bâtiment à hémi- 
cycle (c'est-à-dire côté ouest), et dont le fond regardait l'Orient, 
si l'on en juge par les traces d'une sorte d'estrade ou de tribune 
encore visibles dans l'intérieur dudit espace. 

Ajoutons aussi que, derrière le mur limitant la place à l'Ouest, 
et derrière le temple avec ses annexes, on a déblayé une surface 
de 1,200 mètres superficiels, nous donnant la distribution d'une 
partie de vaste maison qui possédait un atrium [i.^ mètres de large 
sur 90 mètres de long) à quatre entre-colonnements sur le petit 
côté et à cinq sur le grand. On y voit aussi une salle de i8 mètres 
sur i3. 

De plus, sur le flanc oriental d'une voie partant de l'arc décou- 
vert en 191^ et se dirigeant, au Sud, le long de l'enceinte est du 
monument inconnu, on a dégagé en partie une petite habitation 
dont l'entrée s'ouvrait, d'une façon apparente, sur la rue. 

Le Forum nomm, aujourd'hui mis au jour, a la figure d'un grand 
rectangle de 71 mètres sur 2 4. Son entrée, formée de trois arcades 
en plein-cintre, était au Nord, sur le petit côté du rectangle, lequel 
comprenait un espace découvert et dallé ayant toute la longueur 
du parallélogramme et une largeur de 12 mètres. Le reste de cette 
largeur était occupé par des boutiques de chaque côté de Varea, qui 
ressemblait plutôt à une avenue qu'à une place. Aussi peut-on se 
demander si l'appellation de ^Formnr, ne doit pas être considérée 
comme afférente à un marché plutôt qu'à une place publique. 

Les boutiques, sur le côté occidental, sont au nombre de six.; au 
milieu de ce côté, il existait une entrée latérale du Forum. 

Dans le fond de la place, nous n'avons jusqu'ici trouvé aucune 
issue, le mur est plein et renforcé à l'extérieur, dans l'axe du Forum, 
par un petit massif de maçonnerie demi-circulaire, comme on en 
trouves! souvent à Timgad; nous ne savons pas quelle était la des- 
tination de ces massifs. Quant au flanc gauche (est) de l'avenue, 
tout semble avoir été bouleversé, et jusqu'ici nous n'avons trouvé 
aucune division de magasins, comme de l'autre côté. 

Près de la grande entrée du Fwum nomm, M. .loly a dégagé trois 



— 201 — 

("raguieiils de liiî^es faisaol corps avec une corniche qui senibienl 
avoir couronné les Irois arcs de cette entrée. La frise, haute de 
OUI. 33, ne porle que deux lignes de l'inscription. Voici les trois 
Iragnienls : 

1" MI CAES FORW 

HOC LOCO RESTI 

2" lACBEATISSI 

CICENSIBVS 

3» PINITEVS • 

FLAMINIBV 

La hauteur de la corniche est de o m. 3o; celle des lettres, de 
o m. 09 ; en pierre de grès d'une épaisseur de o m. 5o. 



Deux autres textes ont été exhumés au Forum novum. L'un, 
relatif à Constantin le Grand, était gravé sur un piédestal portant 
la statue de cet empereur dans Taxe de la place, à 10 mètres de 
distance du mur d'enceinte sud : 

BEATISSIMIS • TEMPORIBVS • VAL 
ERIO • CONSTANTINO • MAC 
XIMO • SVI CVM • VENERATIONE 
DE • RVINIS • SIGNO • TITVLIS • Q 
TRANSLATIS • PROCONSVLA 
TV • CLODI • HERMOGENIANI • C • V • 
FLy^VIVS • ATILIVS ■ THEODOTVS 
V • C • LEGAT VS • EIVS • CONGRVAM 
STATIONEM • FORI • NOVi • A • SE ■ CON 
DITI • PROVIDERE • CVRAVIT • 



^ 202 — 

La pierre dv celte inscription a o m» 86 de haut, o m. 53 de 
large. Hauteur des lettres, o m.oBB, avec intorvailes de o m^ui. 
— Pierre de grès. 

L'autre texte, adossé au côté ouest de l'avenue, juste en face du 
pre'cédent, était scellé le long d'une boutique; il parie aussi d'Her- 
mogenianus et de Theddotus. 

Sur une première pierre, large de o m. 90; lettres de o m. 096 
de hauteur : 

HONORI ET VIRTVT 

Sur la seconde : hauteur, 1 m. 06; largeur, 1 m. i3; hauteur 
des lettres, om. 09 : 

PRO BEATITVDINE TEMPORVM 

DAM • CONLAPSVM • RESTITVTVM • INPOSI 
TIS • CIRCVMCIRCA • DE RVINIS • ERVTIS • OR 
NAMENTIS • PROCONSVLATV • CLODI 
HERMOGENIANI A M P L 1 S S I M I • ET • C • V • 
FLAVIVS • ATILIVS THEODOTVS • V • C • 
LEGATVS • EIVS • vmUMmN 111 • F O R 1 • NO 

Non loin de cette inscription, on a trouvé une statue de magis- 
trat adossée ^ c'est-à-dire avec le dos aon scnipté; ia figure est en 
togej il manque la lête, ie bras gauche, l'avant-bras droit et le 
pied gauche. Hauteur totale, 1 m. 85 ; facture ÏÏïécliocre. En marbre 
blanc. 



— 203 — 

Puis, sur uni' colonne, peut-être borne niilliaii-e, le texte sui- 
vant : 

N O B I L I S 

S I M I S • C A 

E S A R I B V S 
N N • F L • V A 
LEïlIO- CONS 

T A N T I O 




Probablement Gônstaltice Chlore et Galère. 

Piefi'e calcaire: hauteur, i m. 3o ; diamètre, o m. Ù5 ; hauteur 
des lettres, o m. i lo. 

Pour obtenir tous ces résultats et atteindre les sois tant du nou- 
veau forum que de la place y attenante au Sud, il a fallu démolir 
un mauvais mur de construction berbère, mrit de muraille de 
clôture peu élevée qui avait été établie sur la terre sans fondations, 
et à une certaine distance du sol dallé. 

Lors de cette démolition, un texte assez intéressant fut mis «u 
jour. 

En haut, le monogramme du Christ aver le X et le P. puis ufie 
croix en tête de la première ligne. Les lettres ont o m. 06 de hau- 
teur avftf intervalles de o m. o3. 

La pierre, en calcaire, est de fonne demi-circulaire. Lai-geuf. 
1 mèlre^j hauteur, o m. 77 : 

INBIDE 

QVID. LACERAS 

ILLOS*QyOS- CRESCE 

RE- SENTIS- TV- TIBI-TORTOR 

TV-TECVM-TVABVLNERA 

PORTAS. 



Inbide et hulnera sont là pour invide et culn 



— 204 — 

M. P. Monceaux a rendu compte à l'Académie des Inscriptions 
de ce texte, dont, selon lui, l'auteur s'est inspiré d'un passage de 
saint Cyprien. Ledit texte avait un caractère doublement prophy- 
lactique, et constituait un talisman contre le mauvais œil et contre 
le démon {invidiis) , l'envieux par excellence. 

Les fouilles ci-dessus décrites ont été complétées par la conti- 
nuation du dégagement partiel d'un fort joli établissement de 
bains, déjà découvert en partie par M. Bévia, il y a une dizaine 
d'années, et situé à l'est du Fortim nomni. 

Son extrémité occidentale est à 64 mètres des bâtiments de 
cette place, mais sa partie orientale devait s'en approcher de 20 mè- 
tres environ. Malheureusement un fortin a été, pendant l'occupation 
byzantine, établi sur cette fraction de ses constructions et ne nous 
permettra pas de déblayer entièrement les thermes en question. 

Dans ce qui est apparent à l'heure actuelle, on voit un beau 
mldarium disposé en forme de croix, avec entrée à l'Est et, sur les 
trois autres côtés, de vastes alvei dont l'un, celui de l'Ouest, est 
flanqué d'un puissant fourneau. 

Sur le côté nord du càldarium, une galerie de chaulfe, aux murs 
épais, et autrefois voûtée, desservait les foyers des deux alvei nord 
et ouest. Valveus sud donnait sur l'extérieur mais obtenait sa tem- 
pérature élevée par un fourneau spécial placé dans l'angle sud-ouest 
du càldarium. 

A l'extrémité de la galerie de service dans l'angle opposé au pré- 
cédent, on voit une étuve entièrement circulaire, de 4 m. 3o de 
diamètre. Enfin, dans l'angle sud-est du caldanum, se dessine un 
vaste tepidarium ayant son flanc sud découpé par deux demi-cercles 
dont la convexité est tournée de son côté, et la concavité vers 
l'extérieur; près du càldarium, un fourneau chauffait cette salle 
tiède. 

Le plan de ces bains, ou du moins de la fraction qui est déblayée, 
est loul à fait intéressant et nous fait regretter amèrement la pré- 
sence des lourdes constructions du fortin qui en occupent partiel- 
lement l'emplacement. 

Au cours de ces différents travaux de fouilles, on a découvert 
une série d'objets et de fragments divers : 

1° Dans la partie sud du Forum novum, morceau d'inscription 
en pierre de grès. 



— 205 — 

Lai-geur,oiii.78; hauleur, o m. oi». Hauteur des lettres, o m. 1 1 
Epaisseur de la pierre, o m. ^o. 

VINQVI 



2° Pierre degrés portant rinscriptioû : 

PAGES 

et au-dessous de ces lettres (hauteur o di. 12) un phallus sculpte 
placé horizonlaienient et tourné à droite : hauteur de la pierre 
o m. io ; largeur, o m. 5o. 
(Même provenance.) 



3° Texte trouvé sur la face est du forlio byzantin, voisin du 
Forum 



tiomim 



d M 

M- POS 

TVM- SENIC 

PII- FIL VAL 

POSTVMI 
VS- VICTORI 
NVS-MEREN 
TI- MEMORl 
A-EIVS- FEC 
H- S- E 



V" Pierre de o m. 22 dq.aisseur. trouvée dans le haut de la 
ville : hauteur; o m. U ; largeur, o m. 37. 




D- M- S 

cereLi VS 

SILICIANVS 

P- V- A- XVI 

-H • S • E 



— 206 — 

5" Double funéraire en gves. Largeur, o m. Go ; hauteur, o ni 60. 
Trouvée au Forum novuni. 

Inscriptions (out à fait inconiplèles. 

Au-dessus de chacune, représentalion du croissant : 

D M S D M S 

MINVS 

^BONIS 



6" Belle monnaie représentant à l'avers renipereiir Commode, 
tète lauréo regardant à droite. 

En légende : 

IMP-COMMODVS-AVG-PIVS- FELIX 

Au revers: grande nef, à la voile gonflée, placée à gauche et 
voguant vers la droite ; elle est conduite par un nautonier tenant 
une rame ou un gouvernail, et aborde au port que domine un 
phare à trois étages, avec feu dehors. Au rivage se tient l'empereur 
posant la main droite sur un trépied ; sous la nef, deux petits ba- 
teaux au milieu des Ilots : l'un à trois rameurs ; l'autre à un seul. 

Au-dessus du grand navire, l'inscription : 

VOTIS FELICIBVS 

Tout en haut de la médaille, une petite nef avec voile voguant 
à droite et une barque à un seul rameur. 

Le diamètre de la monnaie est de o m. oU ^^l 

Nous adressons à M. Joly nos bien vifs remerciements pour les 
éminents services qu'il a rendus à nos monuments historiques. 

'•> Cf. Colien, Monu. Impér., t. 111, p. ^ï^rj, a. çjgO. 



— 207 — 



3. Lambèse. 



A Lambèse, où M. Decori, directeur de la Maison centrale, a 
continué les fouilles, nous avons ou pour but de tàcber darriver 
à élucider la question restée encore controversée de remplacement 
du forum. 

On sait depuis longtemps déjà que le temple du Capitole, dédié 
à Jupiter, Junon et Minerve, est environné de trois côtés par une 
grande place, qu'on a quelquefois désignée sous le nom de grand 
forum, alors qu'à l'est de celle-ci s'étendait une seconde plus petite, 
connue comme second /on/m. 

Nous avons dégagé presque entièrement ces deux surfaces sans 
élre plus avancés qu'auparavant sur leur nature exacte. Toutefois 
nous sommes renseignés sur quelques détails que uous allons énu- 
mérer. 

Si nous commençons par la grande <irea, nous voyons quelle 
était entourée sur les deux côtés nord et sud d'une colonnade, alors 
que, du côté ouest, le portique était interrompu par la relia du 
temple. 

Les portiques nord et sod comptaient chacun dix-huit travées 
avec une longueur de 61 m. 5o. 

La largeur de ces portiques était de 4 m. 60; ils étaient sou- 
tenus par des colonnes d'ordre corinthien, et élevés dune marche 
au-dessus de Varea. 

Au côté occidental, le temple occupait uue largeur de 2 1 mètres, 
et la galerie qui' venait se buter sur ses flancs n'était, à droite et à 
gauche, que de quatre entre-colonnements. 

Il est à remarquer en passant que, par suite d'un défaut de 
tracé à l'époque de la construction, le temple ne s'est pas trouvé 
dans l'axe exact de la place; il est dévoyé de i m. 20 vers le Nord. 

Les deux dimensions de la place étaient : 

kU m. 60 du Nord au Sud; 07 mètres de l'Est à l'Ouest. 

A une dislance de 10 m. 20 du mur septentrional de l'enceinte, 
nos équipes ont trouvé des latrines assez démolies, mesurant 
5 m. 3o de long sur 5 m. 85 de large. Comme d'habitude, un canal 
d'écoulement en pierre était disposé au-dessous des sièges de même 
matière, (les latrines sont- elles attenantes à d'autres services an- 



— 208 — 

nexes d'un foitiiH romain? C'est ce que nos fouilles futures nous 
indiqueront. 

Nous rappellerons que le temple du Capilole avait deux cellae 
sé|)arées par trois grands arcs; au bout de la Irave'e ouest, une 
cage rectangulaire d'escalier permetlait d'acce'der aux parties supé- 
rieures du monument et des deux vastes niches qui contenaient les 
statues divines. 

Chacune de ces ceJloe avait sa porte sous le pronaos, lequel se 
composait de huit colonnes de front, avec une rangée double seule- 
ment au droit des deux piliers du milieu et des extrémités; soit, 
en tout, douze colonnes. 

Ces colonnes, de l'ordre corinthien et à cannelures avec ruden- 
tures, avaient o m. yB de diamètre et 7 m. Sa de haut; l'entable- 
ment, 2 mètres de hauteur. 

Le soubassement du temple, qui, encore en place, a 3 m. A 5 
de haut, comportait quatre assises, plus une de socle et celle de 
couronnement. Le perron avait dix-sept marches. 

La petite place, adossée sur son plus grand côte' au mur d'en- 
ceinte est de la préce'dente, dépassait ce dernier de 16 m. 2b vers 
le Sud. Plus basse que la grande de 1 m. 20, elle ne communi- 
quait pas avec elle. On pénétrait dans son enceinte, fermée à 
rOuest, au Sud et à l'Est, par une triple porte monumentale dont 
nous avons déjà parlé dans un rapport précédent. 

Si, comme nous l'avons dit, des constructions postérieures et de 
basse époque sont venues obstruer les abords de celte belle entrée , 
il ne s'ensuit pas moins que l'accès à la place devait avoir grande 
allure et que le monument situé en face de la porte était considéré 
comme de première importance. 

Or ce monument, de forme rectangulaire (8 m. 60 sur 8 m. 80), 
ne possède pas de traces de colonnes; il était précédé de chaque 
côté par un soubassement en prolongation du sien propre et s'avan- 
ça nt de 10 mètres. 

S'il était supposable que ce fût un temple, comme tout semble 
l'indiquer, avec les portiques et la clôture complète du pourtour 
habituels aux édifices religieux du paganisme romain, il se pour- 
rait aussi, comme l'a fort bien dit M. Cagnat, que nous fussions là 
on présence de la curie lambésitaine; l'absence de pronaos semble 
confirmer cette hypothèse, encore bien incertaine toutefois. 

Le soubassement, qui avait 3 m. ko de haut, encadrait un per- 



— 209 — 

ron de dix-sepl marches, comme au Capitule. La place, de 65 m. 80 
de long sur 2 5 mèlres de large, était entourée de galeries sur les 
trois faces ouest, sud et est. 

Il y avait sept entre-colonnements sur le petit côté, au Midi; et 
vingt travées sur les deux grands; au Nord, pas de portique. 

Le monument, isolé enlièremeut sur la place, était à U mèlres 
de la colonnade sud, et à près de 7 mètres des deux autres. 

Quelques colonnes sont encore en place dans la partie méridio- 
nale de l'enceinte, mais la plupart d'entre elles n'ont conservé que 
leurs bases et des fractions de leui-s fûts. 

La grande voie allant de l'Est à l'Ouest descendait \ers l'Est 
du côté de Verecunda (Marcouna). passait sous un arc à trois baies, 
construit avec plusieurs morce.iux de pierres réemployées (inscrip- 
tions, etc.) et, plus bas, toujours dans la direction de l'Est, sous 
un arc à une ouverture. Elle doit se rejoindre avec la voie Septi- 
mienne, passant sous l'arc de Septime-Sévère et conduisant jadis 
de la ville au camp; mais nos déblais n'ont pas encore mis au jour 
leur intersection. 

M. Decori, au cours des fouilles de 1916, a recueilli quelques 
fragments qu'il a fait transporter au Musée municipal. 

Nous citerons deux mains en marbre de grandes dimensions 
appartenant à une statue colossale; une tète d'homme, probable- 
ment d'Esculape ; et quelques textes, que nous donnons ci-après : 

1° Pierre de o m. 55 de haut, de o m. Uo de large. 
Hauteur des lettres : o m. o35 à o m. o^. Texte grec complété 
par MM. Cagnat et Monceaux (". 



9° Pierre de o m. 02 de hauteur; largeur, 1 mètre. 

EX-CORNICVLARIO-PRAEFF 
NVMINI- M AI EST AT- Q_- EOUVM 

■'> Voir Bulletin archéologiqvp du Comité. 191 5, p. 'cxï?. 



— 510 — 

(>lte inscription nf nons donne pas ifi nom dft cfi cnniiculdire, 
mais il nous est facile de complëler celte lacune par le rapproclie- 
nient du texte présent avec deux autres à peu près identiques 
comme libellé, où cet officier est désigné : Flavius Flavianus ('). 

3° Pierre de o m. 99 de hauteur; o ni. 72 de largeur; o m. 76 
d'épaisseur, 

M I C T r 1 A E 
A V G S A C R 

M • V I R. R I V S 

DIADVMENVS 
CVRIAE HADRIANAE 

FEUICI VETRAN lEG IIl A^G 
OB HoNoR FIAM PERPET 
QVOD IN SE ABSENIIM 
CONTVLERVNT S-P-1 
IDEMQ_ DEDIC 

(l'est la quatrième fois qu'il est question de cette curie dans un 
texte trouvé n Lambèse, aux environs du Gapitole C^^. 

U" Pierre de o m- 5o de large ; de o m. 82 de haut et de m. 5o 
d'épaisseur. 

D- M • S- 
L- APVLEIVS 

FELIX • VET • VI 
XIT • ANN • LXX 
A N T O N I A 
MARTIS • VXOR 
ETCOHERES-FILEIVS 
FECIT-EX-HS-m-N 



Ci L'un a été découvert à Kl-Mad|iep-, Tautra, q Pjemils, Voir IL Gagnai, 
dans les Comptes rendue <lrs s^ancfs de la Commission de l'Afrique du Nord, 
1916, janvier, p. \i\. 

(') Voir i7»iVi., p. x\i. 



— "211 — 
5" Pierre île i m. n3 He larjreiir: de n m. '«H de liauleur el de 
o m. 24 d'épaisseur. 

IMPCAESDIVI-TRAIANI- PARTHICl • F -^i 

DIVI- NERVAE- NEPOTI TRAIANO 

HADRIANO-AVG-PONT. MAX • TRI B- POT XXWm 

IMPH- COS- flT- PP- 



0" lascriplion à peine lisible : 



D • N • FL ■ CON 
S T A N T I 
NO C A E 

S A R ii:mmmm 




à. Djemila. 

Nos fouilles et travaux de 1916 à Djeinila, dirigés par M. de 
CrésoHes, inspecteur'*', el M. de Saillan, conservateur du musée, 
peuvent être groupés ainsi qu'il suit : 

I. Découverte de voies. 

II. Fouilles au forum du Nord. 

III. Découverte de thermes au nord du Capitole. 
ÏV. Fouilles d'une maison. 



^'' Nous sommes iieureux d'adresser tous nos remerrîemenls à M. de CrésoUes 
pour le dévouement qu'il ne cesse de nous prodiguer. L'année 191.^ a été parti- 
rulièremenl dure, le personne! ayant été enlevé une partie de l'année par suite 
de moltiiisalion, et les iièvres ayant sévi très fortement. 



— 212 — 

V. Décomerle d'un marché. 

VI. Découverte d'inscriptions diverses. 

VII. Découverte de fragments divers pour le musée. 

I. Découverte de voies. 

La grande voie, désignée jusqu'ici par nous sous le nom de voie 
ouest et partant de l'angle sud-ouest du forum sud, est bien déci- 
dément l'artère principale de l'antique Cuictil ; et comme elle se 
dirige du Nord au Sud, elle peut être appelée card.o maximus. Nous 
avons achevé son déblaiement vers son extrémité nord. Là nous 
est apparue une porte double, semblable à celle de l'angle nord- 
ouest du forum sud, et munie comme elle d'un corps de garde 
destiné à abriter les gardiens. Ces deux portes, avec leurs abris, 
semblent prouver que la ville primitive de Cuicul ne s'étendait pas 
au delà dans la direction du Nord au Sud. La porte méridionale, 
en effet, est garnie de bornes milliaires, fait qui vient appuyer 
cette opinion. 

Et alors \e forum sud, le temple de la famille Septimienne, l'arc 
de (laracalla, etc., sont de près d'un siècle postérieurs à la parti*' 
ancienne de la ville dont on retrouve d'ailleurs l'enceinte au Noid, 
à l'Est et à l'Ouest. 

Le dallage, bien conservé dans la plus grande partie du par- 
cours, a ses joints perpendiculaires à l'axe longitudinal : l'égout 
existe encore, et la pente, qui va du Sud au Nord en offrant assez 
de régularité jusqu'à la distance de 9o mètres de son extrémité 
septentrionale, s'accentue à partir de cet endroit assez fortement. 

En second lieu, nos déblais ont porté sur une voie de direction 
normale à la précédente, par conséquent à un decumanus. Il se 
trouve à la dislance de 22 m. 3o du mur nord du forum du Capi- 
lole et s'étend sur une longueur de 29 m. 98 (de l'Est à l'Ouest), 
avec une largeur de 3 m. ko. 

Il ne possédait pas d'égout; son dallage offre deux directions 
biaises symétriques, se coupant à angle droit et présentant cet 
angle saillant vers l'Est. La voie dépasse l'angle nord-ouest du 
temple de Jupiter de 2 m. ko, et se retourne à angle droit pour 
former une rue parallèle à la grande voie. 

Ce nouveau cardo. large de k m. 20, a été poussé vers le Nord, 



— -213 — 

sur une longueur de 96 mètres, jusqu'à un affaissement He terrain 
où les i'ouiiies ont dû être arrêtées. Le dallage en biais, dans les 
mêmes conditions que pour le decumanus, avec angle saiflaot vers 
le Sud, recouvre un égout qui utilisait la pente très sensible du sol 
dans cette partie de la ville. 

Une quatrième rue enfin a été dégagée; c'est un decumanus, par- 
tant du cordo est qui prend naissance au temple de la famille Sep- 
timienne, longe le côté oriental du forum sud, et parvient au forum 
du Capitule. Ledit decumanus a été fouillé dans une partie de son 
parcours longue de 82 mètres; il se dirige vers le rempart orien- 
tal où il descend par une pente extrêmement rapide à partir de 
4o mètres environ du cordo secondaire. Sa largeur est de k m. 60 
sur une distance de 56 mètres en quittant l'intersection des deux 
voies; elle augmente ensuite de o m. 90 jusqu'au bout, ou du 
moins jusqu'à l'extrémité du déblai. 

Le dallage, qui est en biais, a été remanié un peu dans tous les 
sens. Nous avons qonstaté la présence d'un égout. 

IL Fouilles au forum nord. 

Au forum du Capitole, il s'agissait d'achever les fouilles de l'angle 
nord-ouest, ainsi que de l'extrémité septentrionale de la basilique 
Julia. 

On se souvient que les bâtiments de cette basilique occupaient 
tout le côté ouest du forum nord de Culcul. La basilique propre- 
ment dite, c'est-à-dire la grande salle disposée en avant du pré- 
toire, a une longueur de 38 mètres, et sa paroi antérieure est à plus 
de 6 mètres du mur du fond du forum. 

Il était donc intéressant de se rendre compte de la nature des 
locaux occupés par cet espace non encore déblayé, dont une partie, 
'Celle qui donne sur le cardo maximus, est prise par l'escalier sous 
le palier supérieur duquel se trouve l'entrée des prisons découvertes 
en 1916, 

Or, juste au-dessus de la salle du sous-sol, dont la voûte d'arête 
est en pierre, nous avons dégagé une grande pièce de 6 m. 60 sur 
6 m. 60, qui servait de vestibule à la basilique lorsqu'on venait 
de la rue en prenant l'escalier. Sur le côté est de ce vestibule, 
une porte, large de 1 m. 00, conduisait à un deuxième vestibule 
ouvert très largement sur \e forum (3 m. 38) et ayant, sur son 



— 21ii — 

flanc moi'idional, uhp porto de i m. 80 de Inr^jeiiv sur la basilique, 
tout près dt' la porift d<^jA niPiitionnnH à Van^U' nord-est de ladite 
basilique. 

On pouvait donc pajvenir à calle deiuièro de tous les côtés : 
par les deux portes des angles sud-est et nord-ouest do la salle, par 
les quatre portes de son flanc oriental, et, par celles de son côté 
nord. 

Le second vestibule, pavé de belles dalles ayant leurs joints 
dans la direction Est-Ouest, mesure U m. 90 de large et 3 m. 60 
de profondeur. Deirière son mur nord, il existe une petite impasse 
(de 1 m, 08 de large sur h m. 85 de profondeur), ouverte sur un 
trottoir récemment dégagé au nord du forum et qui était établi 
au-dessus d'une marche limitant dans cette direction Varea de la 
place publique. Le trottoir, qui ne va que des bâtiments de la basi- 
lique au Capitoie, a 1 m. 80 de large et augmentait par consé- 
quent d'autant la partie nord-ouest de l'espace réservé auforum. 

Revenons à la salle basse voûtée en arêtes que nous supposons 
avoir servi de prison. Cette cave n'était pas la seule qui se trouvât 
en dessous de la basilique judiciaire. La porte qui communiquait 
de la chambre voûtée à un dessous encore inexploré de l'extrémité 
septentrionale de la salle de justice en est une preuve convaincante. 



m. Découverte de thermes au nord du Capitoie. 

Nous avons relaté plus haut la découverte de quatre voies nou- 
velles : deux cardo et deux decumanus. Le long du côté est un plus 
petit cardo; le troisième décrit, nous avons trouvé un établisse- 
ment de bains publics qui a été construit au nord du Capitoie, 
sans solution de continuité, contre le mur même postérieur du 
dessous de la cella. 

Ce mur est percé de trois arcades en plein-cintre qui permettaient 
de pénétrer dans les caveaux du temple. Elles ont été murées par 
des remplissages en grandes pierres de taille et, vu leur mauvais 
état, nous n'avons pas encore jugé à propos de les dégarnir, de 
peur d'occasionner des écroulements. 

Il est au moins bizarre qu'on ait adossé un bâtiment au sanc- 
tuaire le plus vénéré de CuicuL Aussi l'érection de ce bâtiment 
uVt-elle dû se faire qu'à une époque où le zèle religieux s'e'tait 



queUpiP ppii relàrhf^. Nous en avonfi m» aulre exemple à Djeniila. 
dans la maison aux riches mosaïques qui esl venue englober la ceUu 
et le derrière du temple donl la partie antérieure s'ouvre sur les 
propylées du Capitole. Peut-être aussi les Anciens trouvaient-ils 
cela tout naturel et ne partafreaient-ils pas nos idées sur la nécessité 
d'isoler les principaux édifices de leurs villes. 

Quoi qu'il en soit, nous avons trouvé installée dans Taxe même 
de la porte du caveau médian du temple de Jupiter une grande 
salle d'exercices ou des pas perdus, large de 9 m. lo sur 10 mètres 
de profondeur, à laquelle on accédait de la rue par une entrée 
détournée, aménagée dans une sorte de tambour de pierre disposé 
juste en face de la porte de gauche (côté ouest) du caveau du 
sanctuaire. 

Ce tambour (1 m. 90 de large sur U m. 3o de long) possédait, 
dans son angle nord-ouest, une petite porte s'ouvrant sur un por- 
tique à colonnes installé sur le flanc est de la rue. 

Abrité par ce portique, et garui d'une balustrade en pierre, un 
escalier de neuf marches permettait d'accéder à une galerie souter- 
raine longeant la paroi intérieure du mur bas nord de la salle des 
exercices. Ladite galerie était éclairée et ventilée par un triple 
sotjpirail, taillé dans un seul morceau de pierre et placé à l'extré- 
mité sud du trou de l'escalier. 

On parvenait, au bout du couloir, à une petite chambre chaude 
disposée à l'angle nord-est de la grande salle, mais naturellement 
fort en contre-bas de celle-ci. Un fourneau se voit à l'angle nord- 
est de la chambre qui était voûtée en arêtes. 

Toujours sur le côté oriental, et au sud de la petite chambre, il 
existe une pièce ayant conservé son dallage en mosaïque de marbre ; 
enfin, à l'angle sud-est de la salle des pas perdus, il y avait un cou- 
loir passant devant la troisième porte basse de la cella du Capitole 
et se dirigeant vers l'Est dans une partie de bâtiments non encore 
fouillée. 

Donc, sur le côté ouest de la grande salle, porte détournée sur 
la rue ; au Sud , porte médiane au-dessous de la cella ; à l'Est , deux 
petites chambres, dont l'une en contre-bas, et un couloir. 

Sur le côté nord, une porte de :? m. 60 de large donnait accès 
aufrigularium. 

La grande salle était richement pavée de mosaïques géomé- 
triques se composant de grands cercles entourés d'entrelacs et 



— 216 — 

fMcorés au ronlvo do carrés sVntre-croisant. Dans l'inlervallo des 
cercles, on voit des gioupes de six médaillons de deux dimensions 
s'alternent et renfermant aussi des carrés entre-croisés ; dans les 
axes de ces groupes, sortes d'égides avec tête se terminant en forme 
de cœur. Les couleurs principalement employées dans ce dallage 
sont le blanc, le rouge, le vert, le bleu et le noir. 

La salle froide, large de 16 m. ho (de l'Est à l'Ouest) sur 9 m. 60 
de profondeur, élait garnie sur chacun de ses côtés de trois entre- 
colonnements ; derrière celui du centre était creusée une piscine 
dans laquelle on descendait par deux degrés et un bahut. Du côté 
ouest dafrigidarium, la piscine était accompagnée par deux plaies- 
formes au sol de béton (l'une au nord, l'autre au sud de la piscine). 
Ces plates-formes prenaient place derrière les deux autres entre- 
colonnements, et le mur nord de l'une comme le mur sud de l'autre 
e'Iaient garnis d'une niche de plan semi-elliptique. 

Du côté est, la piscine était flanquée dans les mêmes conditions 
par deux plates-formes, mais celles-ci étaient recouvertes de mo- 
saïques de dallage encore en assez bon état, et si leur longueur 
était semblable à celle des précédentes, leur largeur était moindre. 
Elles ne possédaient pas de niches. 

Les colonnes de la piscine orientale venaient s'aligner avec le 
mur est des deux petites chambres flanquant la salle des pas per- 
dus, de telle sorle que la piscine de droite (côté est) du frigidarium 
et ses annexes débordaient de toute leur longueur la limite des- 
dites chambres. Au contraire, le mur du fond de la piscine de 
gauche (côté ouest) s'alignant avec le mur occidental de la grande 
salle, il en résultait que le fngidnrium se trouvait désaxé avec 
celle-ci. 

Le dallage de la pièce froide est aussi revêtu de mosaïques ; 
c'est une série de carrés renfermant des étoiles au centre desquelles 
se trouvent des rosaces. Le pavage est moins riche que celui de la 
salle des exercices. 

Dans l'angle nord-ouest, on voit les restes d'une porte qui per- 
mettait d'accéder à des locaux que nos travailleurs n'ont pas encore 
déblayés, non plus que le reste de cet établissement de bains, que 
nous désignerons sous le nom de w Thermes du Capitole^. 



— 217 — 



IV. Fouilles d'une maison. 



Dans noire rapport de 191 A, nous avons mentionné la décou- 
verte d'une mosaïque detablinum, trouvée dans une maison sise au 
nord du temple de Jupiter Capitolin et représentant des animaux 
enveloppés de rinceaux et quatre tètes d'Océan aux angles. 

IjC tablinum situé dans la partie septentrionale de l'immeuble s'ou- 
vrait par trois entre-colonnements sur un ahium paraissant avoir une 
certaine importance. Gomme les deux colonnes et les deux pilastres 
encadrant les baies de Vatrlum se trouvaient là renversés, nous les 
avons remontés. Tous quatre sont monolithes, mais nous avons pu 
remettre un chapiteau seulement, qui est de l'ordre corinthien, les 
autres faisant défaut pour le moment. 

Ce travail nous a entraînés à dégager Valrium. qui comprend 
dix colonnes isolées et deux pilastres s'appuyant sur un mur plein 
disposé au Sud. Derrière ce mur existe un petit passage permet- 
tant la communication entre les deux portiques latéraux de Vatrium, 
qui comprennent chacun quatre entre-colonnements, alors qu'il y 
en a trois du côté nord, en face le tablinum fouillé en 191^. 

Au milieu du compluvium ou, si l'on veut, de la partie décou- 
verte de la cour, on a dégagé deux bassins, l'un placé devant 
Tautre. 

En avant (côté nord), vasque demi-circulaire avec sept alvéoles 
de même forme rayonnantes et d'un joli effet ; derrière, bassin rec- 
tangulaire, sans particularité remarquable. 

Sur le flanc est de {'atrium, nos travailleurs ont mis au jour une 
seconde salle munie de trois entre-colonnements et dallée en mo- 
saïque à sujet. C'est peut-être la salle à manger ou triclinium. Elle 
s'appuie sur le côté ouest du petit cardo qui longe la partie occi- 
dentale des bains du Capitole. 

La mosaïque, mesurant environ U mètres sur 5 mètres, est très 
vive de tons, mais d'un dessin médiocre. Elle est en bon état de 
conservation et représente l'e'temel triomphe d'Amphitrite, si sou 
vent figuré en Afrique. La déesse marine, assise sur un taureau 
galopant de gauche à droite, a la poitrine nue; les cuisses sont 
couvertes d'une draperie rouge. Un médaillon est suspendu au cou 
d'Amphitrite qui, le bras coudé, offre de la main droite un plat au 
taureau qui mange. 



— 218 — 

Au-dessus de la lête flotte, en demi-cercle, une draperie rouge. 
Dans les coins du tableau, à droite et à gauche, on voit des herbes 
marines et de larges feuilles ornées de pointes. Derrière le taureau 
vole un génie ailé, tout nu, qui touche de la main gauche la croupe 
de la bête et porte, le bras droit étendu, une couronne rouge avec 
rubans verts. Devant le taureau, autre génie ailé, également nu, 
touchant la poitrine de Tanimai avec la main droite et portant de 
la gauche, avec le bras coudé, une corbeille chargée de grains pour 
le taureau. 

Aux pieds et au-dessous de la déesse , deux grands dauphins, de ton 
gris bleu comme le taureau, crachent de l'eau. A gauche un gros 
poisson, de ton rouge, en dévore un petit. Un autre poisson nage 
sous Amphitrite ; un poulpe cramoisi étend ses tentacules dans le 
coin du bas, à gauche. 

Le tableau est complété par des roquillages, un brochet de mer, 
une sèche, deux vieilles, un poisson à large gueule et un autre 
poulpe de ton rouge dans le coin de droite. 

Une bordure encadre le tout. Ce sont des carrés enfermant des 
rosaces et portant, sur chaque côt(', des courbes se brisant à Tinstai 
des ogives ; de chaque angle du carré partent des feuilles en dia- 
gonale. 

Entre ces motifs, qui se répètent dans toute la bordure, alternent 
de petits rectangles sur les milieux hauts et bas desquels d'autres 
ogives viennent poser leurs pointes. Les filets sont de ton rouge et 
noir sur fond blanc. 

V. Découverte d'un marché. 

L'adjonction de bâtiments le long du côté nord de la cella du 
Capitoie a également eu lieu sur le flanc ouest du dessous de ce 
sanctuaire. C'est ce que nos travailleurs ont pu constater en dé- 
blayant l'espace compris entre le temple de Jupiter et le cardo 
maximm, soit une surface de 98 mètres (de l'Est à l'Ouest) sur 
99 m. 3o (du Nord au Sud). 

Comme nous l'avons déjà dit, le côté est de la grande voie était 
flanqué, au sud de l'escalier surmontant l'entrée de la prison, d'un 
portique avec trottoir de li m. 5o de largeur moyenne. 

Ce portique, soutenu par six colonnes et un pilier placé à 
Tanglc du cardo et de la petite rue transversale signalés plus haut. 



— 219 — 

se terminait au sud par un escalier de neuf marches; il compor- 
tait sept travées ; dans la travée médiane on gravissait quatre 
marches pour compenser la différence de niveau entre ia rue et le 
sol du portique. 

En face de la travée du milieu, une porte, large de 3 m. 55. 
s'ouvrait sur un bel édifice comprenant une cour rectangulaire 
entourée de portiques à colonnes et, au pourtour de ceux-ci, une 




Djeinita. - Pian du raarclié. 



série de boutiques avec tables de pierre. C'est un marché, dont les 
détails étaient très soignés et dont réiégance et le confort étaient 
vraiment remarquables (fig. i). 

Au centre de la cour, dont le dallage de pierre est complet, on 
remarque les substructions d un édicule de plan hexagonal. 

Des inscriptions trouvées au cours de ces fouilles, sur deux bases 
honorifiques, et dautres recueillies dans les environs mêmes, ces 
dernières années, nous édifient à la fois sur le nom, les qualités 



— 220 — 

du donateur de cet établissement et sur certains détails du monu- 
ment^'). 

On se souvient qu'à Timgad, Sertius, le grand bienfaiteur de la 
ville, possesseur de la plus belle maison, octroya généreusement à 
ses concitoyens le beau marché qui porte son nom. A Djemila, 
nous trouvons un autre personnage important, aussi généreux et 
aussi appre'cie' de ses contemporains, avec cette différence que 
Cuîcul n'e'tait pas, comme Thamugadi pour Sertius, sa ville natale, 
mais seulement sa patrie d'adoption, ainsi que nous allons le voir. 

La première des bases honorifiques exhumée dans la cour du 
marché porte le texte suivant : 

C-COSINIO-L-F-ARN- 
MAXIMO • AED • Q^- PRAEF- 
IVR • D • Il • VIR • Q,- Q • PON 
TIFICI • IN ■ Q.VINQ_VE • DE 
CVRIAS-ADLECTOSTA 
T V A M • Q_V A M • E X • P O S 
TVLANTE • POPVLO 
SANCTISSIMVS • OR 
DO-CVICVLITANOR- 
El • PONENDAM-CEN 
SVERAT • TITVLO • CONTEN 
TVS -REMI SIT • ET • S VA • 
PECVNIA • POSVIT 
IDEMQ_- DEDICAVIT 



*'' Cf. R. Gagnai, dans ies Comptes rendus de l'Académie des ingcriplions, i()i 
p. 3iG cl suiv., el dans le Bull, archéol. du Comité, 1918, p r.r.h. 



— 221 — 
Une seconde base honorifique donne Tinscriplion ci-après : 

L-COSINIO- L-P ARN • PRIMO- 
AED Qj II • VIR-Q_Q_- PON-F • P-P- PRAEF • II • VIR • 
IMP-T-AELI -HADRIANI -ANTONI • AVG. [sic) 
PII-P • PDEC-COL- IVLIAE- CONCORDI- 
KARTHAGINIS • AED AVGVRl • IN • QJ/IN 
Q_VE • DECVR • AD_ECTO • CVI • CVM- 
POPVLVS • ET • ORDO • SANCTISSIMVS- 
CVICVL • OB • MVNIFICENTIAM ■ STA 
TVAM -DECREVISSET-C • COSINIVS- 
MAX MVS-FRATER-TI 

TVLL HONORE- CONTENTVS 
S\A PEC\NIA-POSVIT- 

IDEMQVE- DEDICAVIT; 
D • D • 



En conséquence, il y avait, sous Anlonin le Pieux, deux frères '', 
Caius Cosinius Maximus el Lucius Cosinius Primus. <|iii élaienl des 
gens illustres à Cuind. 

(juelle avait été la munificence dont parle l'insciijjlion ? (i'esl ce 
que nous expliquent un texte encore en |)lace dans le marché et 
deux autres trouvés en morceaux incomplets, mais reconstitués par 
M. R. Gagnai. 

Le premier, gravé sur une pierre placée dans Taxe du cùté sud 
du monument, est ainsi libellé : 



L'COSINIVS-L-F-ARN-PRIMVS 

FL • PP • S • P - FECIT 
Archéologie. — N" 2. 



— 2-22 — 

La sccoade inscripliou provient des gourbis arabes voisins du 
Capitule où elle avait été réemployée en deux morceaux, aujour- 
d'hui recueillis au musée : 



l ' c s i n l V S L F A r n p r i m H .s p o n I 
Jl- p- p-tawaT l S OB HONOREM FL P p. e.v 
hSxxxm'n' m A C E L L V m A F î< n D « m e n t i s 
mulliplic AT A P E C V N 1 A F E C I T idem 
q • dcdicauiT CVR.ANTEC-COSIN/0 
wi«XIMO FrATRE 



Le troisième texte, également incomplet, et comprenant vingt- 
cinq morceaux provenant certainem3nl de la Irise du portique qui 
entourait la cour du luarché, a été classé par M. H. Cagnat dans 
Tordre suivant : 



r QyiNQ_ 

3" TF 

II'' ELLVM 

5° CVM • COLV 

0° MNIS • ET 

T STATVI 

S"* S • ET • POND 

f ERARIO 

10" ET • THOL 





— 223 - 


kl° 


QVOD • PR 


19" 


• HON 


i3° 


ORE- FL-P- P- 


i4» 


HS XXX 


15° 


M • N' TAXA 


le*' 


VERA 


*r 


T- MVLTIPLIC 


18° 


ATA • P 


*9° 


NIA • A • FV 


20" 


NDAM 


21" 


ENTIS • F 


32° 


ECIT • 


23» 


IDEMCL 


24- 


DEDICA 


36" 


FRATRE 



En rassembiaot ces fragments, on obtient : 

£. [Commiu L.f. Am. Primas aei. q. II vir\ quinq. [poitjr J[L p. p. 
mac]eUHtn cmn colttintiis et statuts et ponderario et thol{o\ (ptod piv honore 
Jl(amonit) p{er)p{etut) e[x] tS XXX m. n. taxaierat inultiplicata p\ecu\tm 
a Juiidanietitis fecit idemq(ue) dedica[uil, curante C. Cosinio Maariino] 
fratre. 



Cest donc bien L. Cosinius Primus le donateur du marché 
que uous venons de découvrir en 1916, et son frère C. Cosinius 
Maximus fut son fondé de pouvoir, l'exécuteur de ses largesses. 

L. Cosinius ne manqua pas de rendre hommage, dans le mo- 
nument qu'il avait élevé, au dieu du commerce, à Mercure. Nous 

i5. 



— 22A — 

voyons, en e fiel, son nom gravé sur une base qui portait l'image 
de' ce dieu (lettres de o m. o^ de hauteur) : 

M ER. CV RIO 

AVG • S ACR 

L-COSINIVS 

L-F-ARN-PRI 

MVS • FL • P • 
POSVIT 

Nous avons dit plus haut que le dallage de la cour du marché 
nous était parvenu en entier. Dans les trois quarts de sa surface, 
les joints des pierres se dirigent de l'Est à l'Ouest; il sont au 
nombre de dix-sept. Dans le dernier quart, celui de l'angle nord- 
ouest, les joints sont dans l'autre sens, et Ton en compte sept. Il y 
a eu évidemment là un remaniement par suite d'usure. 

Tout autour de la cour, un caniveau, large de o m. 20 et distant 
du trottoir du portique de cm. 20, recueillait les eaux pluviales 
qui s'écoulaient par une décharge placée dans l'angle nord-est. 

Au centre de la cour, le petit e'difice à six pans, que nous avons 
mentionné, n'était autre que le iholus de l'inscription dont on a 
recueilli vingt-quatre morceaux. Tholus voulant dire tr coupoles ou 
«dôme 71, la partie en forme de voûte de l'édifice est prise ici pour 
le tout. Cela signifie qu'au-dessus des six colonnes ou piliers dont 
les socles sont restés en place, il y avait un dôme. Mais ce n'était 
pas un dôme en maçonnerie, vu le peu d'épaisseur des supports qui 
n'auraient pu résister à la poussée; c'était certainement une cou- 
pole hexagonale en charpente recouverte de feuilles de métal, de 
bronze par conséquent. 

Cet édicule abritait un bassin, comme il y en avait toujours dans 
les marchés antiques romains. L'eau de ces bassins était contenue 
par des dalles verticales de o m. lU d'épaisseur dont on voit encore 
l'encastrement dans les socles des piliers. Nous avons retrouvé des 
fragments de la frise de l'entablement ; elle était ornée de têtes 
sculptées, escortées de guirlandes en feuilles de laurier avec ban- 
delettes, tombant des rosaces dispose'es dans le haut de la frise à la 
hauteur du socle; le contour géométrique du monument prenait la 
forme d'un dodécagone, car les angles de l'hexagone étaient abattus. 
Les grands côtés du dodécagone sont de 1 m. 20 , et les petits (ceux 
des angles) ont m. 78. 

Les portiques des faces nord et sud de la cour comportaient 



— 225 — 

quatre travées; ceux des élévations est et ouest, trois seulement. 
Aux quatre angles, il y avait des piles de o m. 5o d'épaisseur, avec 
une saillie de même dimension en équerre dans les deux sens de la 
ligne des colonnes, qui étaient , par conséquent, au nombre de trois 
dans chaque face nord et sud et au nombre de deux sur les côtés 
est et ouest. 

Les distances, d'axe en axe, des enlre-colonnements variaient de 
9 m. 70 à 3 m. 7^. Les colonnes, dont nous avons retrouvé plusieurs 
fûts brisés, étaient monolithes et de marbre gris verdàtre. Leur 
ordre était corinthien, le chapiteau en calcaire blanc fin, ainsi que 
lés bases. La hauteur des fûts était de 3 mètres, et le diamètre, de 
o m. 36. Les bases, dont beaucoup sont en place, possèdent trois 
tores et deux scoties. Leur hauteur est de o m. 34, et la largeur du 
dé, de o m. 5o. 

La corniche était d'une très grande richesse, avec un rangd'oves 
dans le haut, une cimaise ornée de feuilles et de fleurs, des denti- 
cules et, au-dessous, des consoles alternant avec des rosaces situées 
horizontalement sous le larmier ou plutôt sous ce qui en tenait 
lieu. De dislance en distance, la cimaise était interrompue par des 
lanceurs ou gargouilles représentant des tètes de béliers, de (au- 
reaux, de chiens, loups, sangliers, lions. 

La hauteur de cette corniche, qui nous est parvenue dans son 
entier, et qui est dépourvue du larmier habituel, était de o m. 26. 
La face interne de la corniche était percée de trous ayant om. 17 
de hauteur, o m. i4 de large et o m. 16 de profondeur, destinés à 
recevoir Tabout des solives en bois du portique. 

Le lit supérieur de ladite coi niche était creusé, à o m. 20 de 
distance de la moulure la plus saillante, d'un caniveau de o m, 18 
de large et de o m. 1 3 de creux. C'est lui qui alimentait d'eau les 
gargouilles au moment de la pluie. La saillie de la corniche, en 
haut, était de o m. 65 ; en bas, de o m. 35. 

La frise, dont nous avons donné la hauteur (o m. 35) en même 
temps que l'inscription de vingt-cinq morceaux, avait o m. 33 d'é- 
paisseur, ce qui nous prouve très clairement que sa partie supé- 
rieure se plaçait immédiatement au-dessous des o m. 35 du bas de 
la corniche, laquelle avait, comme cela est logique, o m. 09 de 
saillie sur la frise. 

Celle-ci portait, à sa partie inférieure, une moulure se compo- 
sant d'une petite cimaise ornée de feuilles et de petits denticules ; 



I 



~ 2-26 — 

la hauteur de la moulure était do o m. iH. m qui donnait à ia 
pierre la hauteur totale de o m. h8. 

La frise '^^ se composait des morceaux dont les longueurs va- 
riaient entre o m. 85 et i m. 93. Ce n'était dx)nc pas une frise 
architravée, puisque les entre-colonnements avaient de q m. 70 à 
.3 III. 7^1. H fallait une architrave et, si celle-ci était en pierre, sa 
hauteur, pour qu'elle ne cassât pas, devait atteindre au moins 
m. 5o. Aussi ne serions-nous pas éloigné de croire qu'elle était 
en bois, avec un équarrissage de m. 33 X o m. 33. 

La largeur des portiques était de 2 m. 20 a a m. 25 ; leur lon- 
gueur, de l'Est à l'Ouest, mesurait 18 m. oU ; et, du Nord au Sud", 
16 m. o^. Ils ont conservé leur dallage de pierre, dont les joints 
sont normaux aux cotés de la cour, sauf à l'Est, où les deux tiers 
des dalles sont disposées dans l'autre sens (parallèlement à la 
cour). 

Los portiques de l'Est et de l'Ouest desservaient et abritaient cha- 
cun quatre boutiques avec tables; celui du Nord, cinq; et celui dn 
Sud, quatre ; plus une salle dont nous parlerons tout à l'heure. 

Aux quatre coins de la ligne des boutiques dont la profondeur 
était de 2 m. 1 5 , on voit quatre réduits ( 2 m. 1 5 -j- 2 m. 1 5 ) sans 
issue, que nous supposons avoir été utiliso's comme citernes. 

Le pavage des boutiques, conservé dans quelques-unes d'entre 
elles, était en petites briques de champ (longueur, o m. 1 2 ; lar- 
geur, o m. 02 ; épaisseur, o m. o5), disposées en chevrons. 

Les tables et leurs supports étaient très richement sculptés ou 
moulurés ; les tables, épaisses de o m. 20, avaient o m. 96 de hau- 
teur, quelquefois 1 mètre, et il restait encore cm. 75 à o m. 80 
pour passer en dessous et pénétrer dans les boutiques qui, comme 
celles des marchés de Tkamugadi, ne possédaient aucune porte ou 
entrée. 

La largeur des tables était de 1 m. o4 ; leur longueur variait de 
2 m. oi à 2 m. 25. Les supports, espacés de 1 m. 54 à 1 m. 72 , 
avaient o m. 2 5 d'épaisseur, o m. 80 ou o m. 75 de hauteur et une 
longueur égale à la largeur des tables. 

Pour donner la description de celles-ci , nous commencerons , en 
allant de gauche à droite, parle côté sud du marché. 

^ (" Dans tes morceaux de l'inscription , il y a une pierre d'angle de cette frise : 
c'est colle (|ni porte la lettre L. C'était la première de Tinscriptioi). 



— 227 — 

i" f:oté sud. — La première qui se présente dans l'angle sud-est 
du marché nous montre une face décorée au miiieu d'une petite 
arcade pleine, escortée de chaque côté par un renfoncement mou- 
luré. Aux extrémités, au-dessus même des supports, petits losanges 
en creux. 

Support de gauche : buste d'homme tenant un rouleau de ses 
deux mains. 

Support de droite : buste de femme à la coiffure abondante et gar- 
nie de feuillages ; son épaule droite est nue , et la gauche, couverte 
d'un manteau. Largeur de la boutique : s m. 5o. 

La seconde table porte comme ornement, dans Taxe, un losange; 
à l'extrémité de gauche , un rectangle en renfoncement , garni de 
chaque côté d'un triangle dont une pointe s'appuie sur le rectangle ; 
à l'extrémité de droite, un rectangle simple. 

Support de gauche : cariatide à pieds de griffon , partie supérieure 
ruinée ; 

Support de droite : idem. 

Largeur de la boutique : 2 m. 60. 

Nous arrivons dans Taxe du côté sud du marché. Là nous voyons 
une ouverture de 2 m. 96 placée devant une grande tliche i-ectan- 
gulaire, profonde comtne les boutiques (û m. 1 5) et large de A m. 89. 
Au fond de la niche, devant une épaisseur de om. 63 de blocage, 
une pierre en calcaire bleu dur de o m. 9 5 d'épaisseur et de 1 m. 19 
de haut, posée de champ, est placée sur un socle de om. 3o de 
haut et couronnée par une corniche haute de o m. 26, 

En haut de la pierre, à cheval sur son joint horizontal supérieur, 
on aperçoit une ligne de dix trous cylindriques pratiqués dans 
toute l'épaisseur de la pierre; ils ont o m. 09 de diamètre et sont 
espacés de o m. 3o. 

En examinant de près et avec soin tous ces trous, on remanjue 
que le corps de moulure inférieur de la corniche est coupé circu- 
lairement autour du trou, à une distance de m. o4 , ce qui indique 
qu'il y avait une rondelle de métal autour de la cavité. Ladite ron- 
delle devait servir d'arrêt à une tige qui s'enfonçait dans le trou, 
allait se fixer dans le blocage où elle était scellée^ et se trouvait 



<•' Le blocage existait certainement derrière la pierre , celle-ci n'ayant de ce 
côté qu'un parement non dégrossi. 



— 228 — 

ainsi aple à recevoir des crochets auxquels étaient suspendus des 
poids. 

Nous trouvons ainsi l'explication du pondemrmm de l'inscription 
(des vingt-cinq morceaux), c'est-à-dire de la salle des poids pu- 
blics, du lieu oh l'on conservait les élalons des poids et mesures. 

Nous rappelons aussi que c'est sur la face de cette sorte de petit 
monument qu'est grave'e la troisième inscription donnée ci-dessus 
et relatanl le nom de Cosinius. Cette face se compose de cinq mor- 
ceaux de pierre juxtaposés; celui du milieu, plus grand que les 
autres, a 1 m. 5o de largeur. 

En continuant notre exploration des boutiques, côté sud, nous 
arrivons à : 

La troisième table, dont la décoration a disparu, mais dont 
les supports repre'sentent des cariatides à tête et à pieds de tau- 
reau. Largeur de la boutique, 2 m. 5i. 

La quatrième table porte au milieu de sa face un losange mou- 
luré et renforcé, et rien sur les côtés. 

Les supports sont à représentation humaine, et en assez mauvais 
éta t , principalemen t celui de gauche. Largeur de la boutique , 9 m. 4 7 . 

9° Calé ouest. — La première table n'offre sur la face qu'une 
décoration des plus simples : un renfoncement rectangulaire. 

Les supports figurent des sacrificateurs nus, sauf aux épaules, el 
portant une hache. Largeur de la boutique, 2 m. 9^. 

Deuxième table, la plus richement ornée de toutes, et très bien 
conservée. On y voit trois guirlandes de feuillages surmontées 
chacune d'une rosace. Entre les guirlandes, tortues présentant leur 
tête en haut; aux deux extrémités, un scorpion, les têtes et les 
pinces tourne'es vers les angles de la table. 

Supports : cariatides massives de lêtes, et bustes de lions. Celle 
de gauche est assez détérioriée. Largeur de la boutique : 9 m. ^8. 

Dans la trave'e du milieu, large de 3 m. 56, est l'entre'e du 
marché, qui avait lieu primitivement par l'unique porte déjà men- 
tionnée. 

La troisième table fait défaut. Il n'y a plus que les supports : 
griffons à tête de lion, très détériore's. Largeur de la boutique: 
9 m. 39. 

La quatrième table manque également, et ses supports ont dis- 
paru. Largeur de la boutique : 9 m. 58. 



Bulletin archéologiouk, tgiG. 



PI. XXVII, p. 329. 





DJEMILA (ALGÉRIE). 



MARCHE. PREMIÈRE ET TROISIÈME TABLE, 

DU CÔTÉ EST. 



— 229 — 

3" Calé nord. — F^ première table , comme ia précédente, n'existe 
plus et, comme elle, elle n'a laissé que des traces de ses supports 
sur le dallage. Largeur de la boutique : 3 m. 48. 

La seconde table est absente, mais ses cariatides, bien con- 
servées, nous montrent des tètes de femmes surmontant des gaines 
rondes lisses sans mamelles ni ornements. Largeur de la bouti- 
que, 3 m. 17. 

La troisième table, celle du milieu, a disparu comme la précé- 
dente; ses supports représentent dos hommes nus, debout, les 
jambes écartées, ayant sur les épaules une grande léte de hibou 
dont le cou est couvert de plumes, et dont les ailes encadrent de 
chaque côté ia tête de l'homme. Ils sont d'une sculpture très fine. 
Largeur de la boutique : 3 m. 99. 

La quatrième table n'est plus en place ; le support de gauche 
seul nous est resté ; il est int-ict et représente une sirène, à la riche 
coiffure, au corps recouvert de grosses écailles, se tortillant et se 
terminant en volute qui s'enroule à droite. Largeur de la boutique : 
3 m. 27. 

Dans la cinquième travée, la table a laissé sur le dallage la 
trace de l'encastrement de ses supports, mais le tout a été enlexé à 
une basse époque, et, profilant de ce que cette boutique, large de 
3 m. 09, était en face du portique est du marché, on a ouvert une 
porte sur le petit derumanus déjà décrit, avec une marche donnant 
sur la rue à l'endroit de la porte et deux marches de l'ancienne 
boutique au portique. Ces deux marches ont recouvert les traces des 
supports, sauf à leur extrémité qui est encore visible. 

h" Côté est. — Première table, portant en son milieu une guir- 
lande sculptée : aucune décoration aux extrémités, c'est-à-dire au- 
dessus des supports. Entre ces extrémités et la guirlande, renfon- 
cement rectangulaire encadré d'une moulure (planche XXVII. 
fig.i). 

Le support de gauche figure une massue en ronde bosse dont le 
manche se termine par une tète ; le support de droite nous donne 
une tête d'Hercule dont le corps n'est plus visible par suite de dété- 
rioration. Largeur de la boutique : 2 m. 63. 

Seconde table. — Renfoncement mouluré s'arrêtant aux sup- 
ports. N uHe autre décoration. Les cariatides, bien conservées, sauf 
la partie inférieure de celle de gauche, sont à tête de lion, avec 



— 230 — 

nno pâtffi unique s'emmandiant au-dossous du poitrail. Largeur de 
la boutique : a m. 86. 

Travée du milieu : baie de 9 m. of\ donnant accès à une pièce 
de même largeur, au fond de laquelle on voit une porte, large de 
1 m. 54, qui a été' murée comme celles donnant sur les thermes du 
(lapilole. 

Cette porte dont, en guise de linteau, la partie supérieure est 
en arc surbaissé de cinq claveaux, soulagé par des corbeaux à mou- 
lure très saillante, donnait accès latéralement aux caveaux de la 
cella du temple de Jupiter dont le mur occidental est en même 
temps la limite orientale du marché. 

Troisième table. — Moulure simple encadrant un rectangle ren- 
foncé s'arrêtant aux supports (pi. XX VU, fig. 9). 

La cariatide de gauche, tout à fait intacte, nous présente en 
ronde bosse un faune coiffé de cornes aux pattes velues et aux pieds 
de chèvre, tenant des deux mains une flûte de Pan qu'il presse sur 
son ventre. Largeur de la boutique : 3 m. 1 o. 

La dernière travée, celle de Tangle sud-est, avait une tablg dont 
les supports figurent des cariatides à tête de chèvre. Le tout a été 
enlevé à une basse époque, pour être placé au hasard entre deuv 
colonnes du portique sud , dans la deuxième travée. 

Le but de ce déplacement fut de créer dans la boutique un bas- 
sin, dont les traces sont encore apparentes; il étail à peu près 
circulaire. 

r^es cariatides seront remises à leur place; la table a disparu. 

Tel est ce joli marché de Cosinius, digne de celui de Sertius à 
Thomugadi. Peut-être serons-nous assez heureux, un jour, pour 
trouver la deaieure des Cosinii. 



V. Découverte (V inscriptions diverses. 

Dans ces fouilles à Touest du Capitole, sous la porte du caveau 
ouest de la face nord de ce temple, on a trouvé une dédicace à 
Mars sur une base honorifique de o m. 85 de haut, de forme hexa- 
gonale, en un seul morceau compris socle et moulure de couron- 
nement. 

1" Calcaire blanc fin, Côté de l'hexagone : o m. 1 96. 



— 231 — 
Sur la face principale, on lit : 

MARTI • A V G • 

SACR • 
PRO ■ SALVTE • DDD 
N N N • A V G G • 
C • E G R I L I V S ■ 
FVSCIANVS- 
BF • SVB ATI AN 1 • 
PROCVLI • LEG • 
AVGGGPR-PR- 
C O S • D E S I G • 
ADIVTOR • PRIN 
CI PIS • PRAETOR 1 
SCRIBATVHORATI- 
VIATORIS • ET • DIDI 
APRILIS 

Sur la face latérale gauche, on voit : 

P O S I T A 

PR • NON • APR • 

FAVSTINO • ET • 

RVFINO • COS 
An 910. 



— 232 — 

îî" Second aiilel élevé à Mercure. 

Pierre de o m. 85 de haut, compris base et couronnement. Lar- 
geur : o m. ko. 

Hauteur des lel 1res, àla i"* ligne: o m. o4;àla 9*ligne:o m.o^5; 
à la 3" ligne : o m. o5. 

(Fouilles à l'ouest du Capitole.) 

MERCVRIO 

AVG • 

SACRVM 

3" Inscription funéraire, même provenance. Hauteur des lettres: 
o m. o35 : 

M • AELIVS • SATVR 
MINVS • IVLIA • FORTV 
N ATA • ET • FILI • EIVS 
MARITO • SVO • DI 
LECTO-POSVIT 

VIXIT 

ANNIS 
L XX 



'i" Inscription dédiée à Septime-Sévère, an 199; pierre brisée 
» droite, doii impossibilité de restituer le texte en entier. 

Hauteur des lettres: l'Migne, o m. 06 ; r et suivantes, o m. oiF); 
dernière ligne, om.o35. 



— 233 — 

IMPCAESL-SEPTlMIO-SEVERO-PIOflrrt 
BICO • ADIABENICO PART • MAX • FORTISSIt/w 
MAX-TRIB-POT-VII- IMP-XI-COS- II'PROCOS divi com 
MODI • FRAT- DIVI ■ PII'ANTONINI-NEP- DIVI 
TRAIANI • PART -ABNEP • DIVI • N ERVA E • AD NE piXi 
IMP • CAES-M • AVRELIO • ANToniNO-AVG 'TRIB^^ 
, P • SEPTIMIO • GETA • C AES- AVG • AVGVSTI • NOSTRli 



[ FRATRE 1 ET-IVLIA-DOMNA-AVG-MATRE • CASTKo ru mm 
VETVSTATE • CORRVPTAS • AMPLIATO • OPERE 
EXCOl.VIT-DEDICANTE-Q-ANICIO-FAVSTO-LEG-«Mg- 
PATRONO-COLONIAE- 



5" Pieire »mi Cfikaire blanc fin, réemployée dans le uiur d'en- 
ceinte à i5o mètres environ du nord du Capitole. 

Hauteur, i m. o6 ; largeur, o m. 6o; e'paisseur, o m. 5i ; l'ace 
postérieure et de droite frustes. Les faces principale et gauche 
ont une moulure de o m. lo de largeur. Hauteur des lettres : 
m. o5. 

A • I V L I O 

CELSO • C- P- 

A- IVLl • POM 

P I L I • P I SO 

NIS • LEVILLI 

LEGAVGPK 

PR-COS -DE- 

S I G N AT I • 

P A T R O N I • 

COL • FILIO • 

D • D • P • P • 



— nh — 

6° Wême |)i'ov«3B;mee. Haoïewr, o m. 91 ; largeur, o m. 576; 
épaisseur, om. 5o ; moulures de o m. 10 de largeur sur trois faces; 
face postérieure fruste. Hauteur des lettres : oui. o5 et o m. oUb. 



''émO N I N A E 
C • P-A- I VLI 
P O M P I L L r 
P I S O N I S 
L A E V I L L I 
LE G • AV G • 
PR • Pfl- COS 
D E S I G • P A 
TRONI • COL- 
F 1 L 1 A E 
D • D • P • P • 



"f Inscription incomplète. 

Pierre, calcaire foncée, même provenance. Hauteur: 1 m. 07; 
largeur: o m. 56. Moultire sm* tt-ois faces ; face postérieure fruste. 
Hauteur des lettres : m. o35. 

IMP • CAE 



otScos • 
DES vmmmmm^mm^,^ r o c o s 

RESP • CVICVLITANORVM 

rf E « O T rt » tt M « N I -MAIES 

TATrQ^VE • EIVS • 

D - D • P • p • 



235 — 



5. TiMGAD. 

Les travaux et fouilles ont été, cette année, peu importants à 
Tinigad, par suite du défaut de personnel, et aussi des fièvres qui 
ont sévi particulièrement dans le pays. Il y a tout lieu despérer 
(}u'en 1916, les circonstances seront de tous points plus fovo- 
rables. 

Nos travaux de 1915 se groupent ainsi qu'il suit : 

I. Découverte de voies. 

II. Découverte de maisons. 

III. Découverte de petits thermes. 

IV. Découverte d'inscriptions. 

V. Découvertes de fragments pour le musée. 

I. Découverte de voie.$. — Nos travaux de fouilles de 191 5 ont eu 
lieu dans le grand remblai de 5 à 7 mètres de hauteur, qui s'éten- 
dait du marché de Sertius au ravin qui avait déjà été déblayé en 
partie les années précédentes. 

Nous avons pu, cette fois, en enlever près de ûo,ooo mètres 
cubes; nos découvertes de voies sont limitées à deux. 

La première, dont le dallage a disparu, n'est que le prolonge- 
ment d'une rue dont une trentaine de mètres ont déjà été dégagés 
en 1909. 

Partant du petit cardo qui longe le liane occideutal des Thermes 
voisins du marché de Sertius. celte rue se dirige vers rOccident, 
parallèlement au decunuinus inaximus ouest, sur une longueur de 
43 mètres, puis se retourne à angle droit du Nord au Sud, pour 
atteindre, au bout de i3 mètres, une voie ti'ès bien dallée dont 
la direction est à peu près de 45 degrés sur la ligne de la pré- 
cédente. 

Celte seconde artère prend naissance sm- le deaimams morimm 
ouest, à 3'j mètres de distance du château d'eau de Liberalis. Elle 
est d'abord perpendiculaire à la grande voie sur un parcours de 
16 m. 5o, puis, se coudant suivant un angle obtus, elle conduit 
vers le temple de Jupiter en prenant l'inclinaison indiquée plus 
haut. 



— 236 — 

Sesdallos, presque normales à l'axe de la rue, recouvrent un 
égout bien conservé. Sa largeur, y compris deux bordures de 
o m. Ao à o m. /i5, varie de 5 m. 20 à 3 m. 5o. La longueur que 
nous avons mise au jour jusqu'ici est de 100 mèlres environ, mais 
n'est pas encore entièrement déblayée. 

Elle dessert une certaine quantité d'immeubles particuliers, dont * 
deux ouvrent sur la rue un porche à deux colonnes. En deux en- 
droits, nous avons trouvé, sur la bordure du trottoir, un tuyau en 
pierre de descente d'eau pluviale, encore en place. 

II. Découverte de maisons. — La méthode de déblais qui consiste 
à dégager d'abord les rues, puis les constructions délimitées par 
ces dernières, ayant pu être employée cette année dans la partie 
des ruines qui nous occupe, nous avons réussi à isoler enlièrc- 
ment un groupe de bâtiments sis en bordure du decumanus maxi- 
mus, et partiellement un second massif moins important. 

Le premier groupe peut se diviser en trois sections principales : 

La première correspond comme longueur à celle de la petite rue 
ci -dessus décrite, en ce qui concerne la partie parallèle au decuma- 
nus maximus ouest. Sa largeur est de 19 mètres. Elle a pour limites: 
au Nord, la voie triomphale ; à l'Est, la voie qui longe le côté ouest 
des bains du marché de Sertius ; au Sud, la petite rue déjà dési- 
gnée; et à l'Ouest, un mur plein, mitoyen. 

Cette section comprend, de l'Est à l'Ouest, en plus des deux 
murs de face, trois murs parallèles au decumanus, ce qui donne 
quatre divisions ou quatre lignes de chambres presque régulière- 
ment coupées par des murs de refend allant du INord au Sud. 

On compte ainsi une quarantaine de pièces dont une trentaine 
au centre sont de surfaces équivalentes, alors que, vers l'Est et 
surtout vers l'Ouest, les salles sont plus importantes. 

Celles qui donnent sur les trois voies paraissent avoir été des 
magasins; les autres, éloignées des rues, ont dii servir d'arrière- 
boutiques. 

Sur la petite rue, trois tuyaux de descente sont conservés. 

La seconde section est de forme presque triangulaire Elle est 
bornée, à l'Est, par le mur mitoyen dont nous venons de parler 
et par le prolongement de celui-ci, le long de la fraction coudée 
du Nord au Sud de la petite rue limitant au Midi les consiriiclions 
décrites plus haut. 



— 237 — 

Au Nord, c'est toujours le decumanus maxinms; à l'Ouest, la par- 
tie de la voie dallée qui est perpendiculaire à celui-ci; enfin, au 
Sud, une grande partie du parcours biais de ladite voie. 

Son côté est mesure 33 mètres : la face nord, 55 mètres; celle 
de l'Ouest, i6 mètres. Quant à la limite sud, c'est une ligne brisée 
d'environ 6U mètres. 

On peut diviser cette section en trois tranches Nord-Sud : celle 
qui se trouve vers l'Est comporte, en allant de l'Est à l'Ouest, un 
grand magasin sur la voie triomphale, avec deux arrière-boutiques 
et deux petites boutiques : l'une avec une pièce annexe, l'autre avec 
deux. 

Au sud de ces salles, grande cour de forme irrégulière ayant, 
dans sa partie septentrionale, un puits et en son milieu une grande 
construction circulaire de 7 mètres de diamètre divise'e par quatre 
murs intérieurs, convergeant au centre. C'était probablement un 
grand moulin. Dans l'angle sud-ouest de la cour, deux petites pièces 
installées sans régularité, à l'angle sud-est, au croisement de la 
petite rue et de la rue biaise dalle'e, salie aux parois dissem- 
blables. 

La tranche médiane comprend, sur le decumanus, à droite cl à 
gauche, deux magasins avec autant d'arrière-boutiques; au centre, 
un troisième avec deux pièces de service communiquant entre elles 
par trois entre-colonnements; dans l'angle sud-ouest et sur la rue 
biaise, une salle en partie dallée, avec puits; à l'angle sud-est. 
une chambre avec porche sur la même rue, et, plus au Nord, une 
pièce dont elle est séparée par un couloir ouvert sur la grande 
cour précitée; enfin, entre ces deux angles, une pièce de 5 m. 60 
de large sur k m. 60 en moyenne, éclairée toujours par la rue 
dallée. 

La tranche occidentale possède trois grandes divisions donnant 
sur le portique de la voie triomphale : celle de l'angle nord-est 
avait deux portes sur ledit portique, était partagée en deux parties 
inégales et communiquait par derrière à un autre magasin disposé 
sur la rue biaise; celle de l'angle nord-ouest, d'une grande super- 
ficie, était limitée au Sud par cette même voie qui se retournait, 
perpendiculairement au decumanus sur son côte' ouest ; entre ces 
deux divisions se trouve une salle presque aussi grande que les deux 
précédentes, sectionnée comme la première et ayant deux petites 
chambres annexes bordées par la voie dallée. 

AmCHÉOLOGIE. >'' 2. jQ 



— 238 — 

La troisième section est paiiagoo : i" En neuf pièces, dont qualre 
avec portes sur le portique du decumanus. Celle de l'angle nord-est 
est située sur le côté occidental de la partie de la voie dallée qui 
est normale à la grande voie; celle qui la suit (en allant de l'Est 
à l'Ouest) a derrière elle deux arrière-magasins. La troisième n'en 
a qu'un; puis la dernière, à l'Ouest, se présente sur la place de 
la fontaine de Liberalis, à la distance de lo mètres de ce monu- 
ment. Son arrière-boutique a sa paroi méridionale éclairée par une 
rue étroite (i m. 70 à 1 m. 35), qui part dé la place pour prendre 
une direction parallèle à la rue biaise. Il en est de même pour les 
pièces annexées aux autres magasins; 

9° En trois salles disposées de la manière suivante : deux d'entre 
elles sont limitées au Nord par la rue dallée, là où précisément 
elle se coude pour prendre sa direction biaise. La plus grande des 
deux a également jour sur la rue e'troite; quant à la troisième, 
elle est aussi sur cette rue et ne communique pas avec la voie 
biaise. 

Là, les fouilles sont arrêtées ; il nous faudra découvrir, l'an pro- 
chain , tous les magasins situés au sud de la rue dallée. 

Si nous passons maintenant à la description du second massif de 
constructions découvert en 1916, nous dirons que cet ensemble 
de bâtiments, dont la partie méridionale n'est pas encore déblayée, 
se limite : à l'Est, par le cardo parallèle au forum vestiarlum (marché 
aux vêlements) et bordant le côté ouest des bains du marché de 
Serlius; au Nord, par le petit decumanus de /i3 mètres de long 
dégagé cette année; à l'Ouest, par le retour de i3 mètres de cette 
rue; au Sud-Ouest, par la rue biaise. 

Ce qu'on distingue tout d'abord dans ce groupement, c'est une 
cour centrale, ou tout au moins un espace vide de constructions, 
autour duquel se rassemblent plusieurs immeubles particuliers. 

Nous en comptons : un dans l'angle nord-est; un grand dans la 
partie occidentale ; un troisième, enfin, au Sud-Est. 

1" An;i;l(' )tord~esl. — C'est une maison dont nous avons trouvé 
eu i()0() la partie la plus intéressante, de jolis bains particuliers 
que nous avons achevé de déblayer. 

Lq maison, qui maintenant nous apparaît plus clairement avec 
ses diftérenles dispositions, se limitait: au Nord, par la voie de 
U^ mètres; à l'Ouest, par un mur mitoyen; au Sud, par la cour 



— 239 — 

• 

centrale et par un passage dallé faisant communiquer cette cour 
avec le cardo; à l'Est, par celui-ci. 

Sur le côte' nord, dans Tangle nord-est, était le vestibule d'en- 
trée donnant accès sur la droite (vers l'Ouest) à une série de 
pièces, dont une à large ouverture sur la rue. On en compte cinq ; 
les murs sont en mauvais état. Du vestibule, qui était dallé, on 
arrivait, en face, à la porte de communication avec le frigidarium, 
garni d'une piscine avec deux gradins, et, dans le coin à droite, à 
une seconde antichambre également dallée par laquelle on accé- 
dait à une pièce de chaulfe desservant deux fourneaux qui élevaient 
la température d'un petit caldarium et d'une étuve. Près du frigi- 
darium, et chauffé seulement par l'intermédiaire de ces deux hypo- 
caustes, on voit le tepidarium donnant sur la rue. 

2° Partie occidentale. — Le vaste immeuble qu'elle contient, et 
qui est mitoyen avec le précédent, est divisé en deux sections dans 
le sens du Nord au Sud par un mur de 20 mètres de long. 

Dans la section la plus à lEst, on voit un vestibule ( 2 mètres sur 
10 mètres) accédant à un grand atnum dallé en pierre et contenant 
un bassin. Au sud de ïatrium se voit un tabUnum au sol recouvert 
de béton (mesurant 6 mètres sur 6 m. 3o). Deux chambres bordent 
la paroi orientale du tablinum; en allant toujours vers le Sud, deux 
grandes pièces (dont une avec porche à deux colonnes donnant 
sur la rue biaise) communiquant avec une troisième, également sur 
cette voie. 

Dans la section de l'Ouest, limitée par trois rues : au fond, trois 
pièces et un corridor coudé ouvert sur le petit decumanus; au centre, 
quatre chambres dont deux dallées en pierre; au Sud-Ouest, une 
pièce triangulaire et une autre de forme irrégulière revêtue de 
dalles de grès, toutes deux donnant sur la rue biaise. 

3° Partie sud-est. — Cette partie, qui n'est pas terminée comme 
déblaiement, nous fait voir, au sud du passage dallé allant du 
cardo à la cour centrale, un groupement de sept pièces dont cinq 
s'éclairent sur la rue, et, au nombre de celles-ci, une salle divi- 
sée par trois entre-colonnements et un couloir d'entrée dallé en 
pierre. 

m. Découverte de petits thermes. — Sur le flanc méridional de la 
voie biaise, de l'autre côté de la grande maison au vaste atrium 

16. 



— 240 — 

ci-dessus mentionnée, nos travailleurs ont mis au jour un fort 
joli établissement de bains publics ; c'est le quatorzième trouvé à 
Timgad. 

L'entrée avait lieu au Nord, sur la rue qui était en contre-haut 
de quatre marches. Sur le seuil de la porte, un palier large de 
1 mètre et long de 3 mètres permettait de descendre les quatre 
degrés et de parvenir au sol de la grande salle des exercices ou des 
pas perdus, au dallage en mosaïque de terre cuite. Dans l'angle 
sud-est de cette salle, large de 7 m. 20 sur iZi m. 65 de long, un 
réduit profond de 2 mètres et large de 2 m. /lo, entièrement ouvert, 
servait d'exèdre pour la conversation. 

Près de là, sur le côté oriental de la salle, une porte (large de 

1 m. /io) s'ouvrait sur le couloir de service pour le chauffage des 
fourneaux. 

En pendant avec l'exèdre, vers l'angle sud-ouest, une petite 
chambre fermée était utilisée comme apodyterium. Au milieu de la 
paroi sud de Yephebcum, une baie de 2 m. 10 de largeur donnait 
accès à une très belle salle octogonale qui n'était autre que \efrigi- 
darium. 

Son diamètre était de 7 m. 20, et chacun de ses pans avait 

2 m. 95 de long. Le sol était en mosaïque de marbre, malheureu- 
sement mal conservée aujourd'hui. 

A droite et à gauche, c'est-à-dire sur les côtés ouest et est, 
étaient placées les piscines d'eau froide, dans lesquelles on descen- 
dait par deux degrés. Celle de droite avait ses extrémités (nord et 
pud) en liémicyle ; celle de gauche était plus profonde et, seule, sa 
paroi du fond (est) était hémisphérique. Leur radier est en mo- 
saïque de terre cuite. 

Les quatre coins du frigidarium étaient de plan semi-circulaire 
(diamètre 2 mètres), ces niches occupant les pans d'angles de la 
pièce. La niche de l'angle sud-est était percée d'une petite porte 
(1 mètre de large) accédant à une chambre formant tambour, qui 
donnait sur le couloir de service. 

La disposition de ce plan est tout à fait charmante, et l'effet de 
la construction devait être d'un bel effet. 

T)\i fngidarium , garni sur le côté sud d'une porte sise en face 
celle d'entrée, on arrivait à un premier hypocauste, le tepidanum, 
pavé en mosoïque, et de là on parvenait : côté est, à un caldarium 
muni d'un alveus semi-circulaire dallé en marbre blanc; et côté 



— 241 — 

sud, à une étuve (3 m. 20 sur 3 m. 20) qui se trouvait ainsi dis- 
posée dans l'angle sud-ouest de rétablissement. 

Communiquant avec l'étuve. d'une part, et avec le caldarium pré- 
cité, un plus grand caldarium occupait l'angle sud -est des bains. 
Il posse'dait deux ahei : l'un demi -circulaire, au Sud; l'autre rec- 
tangulaire, sur sa paroi orientale. 

Chacun de ces bassins était chauffé par un puissant fourneau 
que desservait la galerie de service, laquelle entourait l'édifice sur 
ses flancs est et sud. 

Comme on le voit, les parties demi-circulaires abondent dans 
le plan de ces jolis thermes, dont la disposition est fort ingénieuse, 
surtout en ce qui concerne l'emmanchement da frlgidurium dans 
les constructions qui l'avoisinent ; comme du côte' de la salle des 
exercices il fait saillie de 2 mètres, et comme sa largeur est infe'- 
rieure à celle de cette salle, il en résulte deux surfaces rentrantes 
qui sont occupées, l'une p:\r Texèdre, l'autre par Yapodijleriuni. 

De l'autre côté de la piscine au fond semi-circulaire, le tambour 
de sortie sur la galerie de service est symétrique de l'exèdre, et 
un renfoncement utilisé dans une salle non encore fouillée remplit, 
au sud de la piscine aux deux parois hémisphériques, le même 
office par rapport au petit apodijterium. 

Les murs sont fort épais, comme d'habitude, dans la partie des 
bains qui était voûtée; leur épaisseur est de m. 80 à i mètre. 
Elle dépasse cette mesure, bien entendu, au droit des parties 
courbes du plan. Les murs de Yephebeum, qui était couvert par une 
charpente, ne mesurent que o m. 00. 

C'est là une découverte intéressante, car la distribution de ces 
bains ne ressemble pas à celle des treize autres établissements de 
Timgad. 

Nous terminerons cette description en mentionnant que, sur le 
seuil de la porte conduisant du frigidarium à la salle tiède, on a 
Irouvé une mosaïque avec l'inscription : 

BENE LAVA 

et, en dessous de ces lettres, la silhouette en mosaïque de quatre 
sandales garnies de rubans ('). 



'>') Cf. tes Comptes rendu* des séances de la Commission de l'Afrique du Nord , 
1916, avril, p. xTiii et suiv. 



— 2A2 — 

Nous avons aussi trouvé en place une fenêtre de grès : l'ouver- 
ture a les deux côte's verticaux en ligne droite, et le haut et le bas 
courbés, la courbe étant saillante vers le vide de la fenêtre. Lar- 
geur de la fenêtre, o m. lo; hauteur, o m. ai ; largeur de la 
pierre, o m. 38; hauteur, o m. 80 ; épaisseur, m. 53. 

AU). Ballu. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Abgball (Le chanoine). Motles féodales 
des pays de Cornouaiile et de Léon, 
p. XCiX. 

Abri socs roche, duPorondes Cuèches, 
à Nan-sous-Tliil , p. lt à lvh. 

Afriqce (Tête de femme représentant 1'), 
trouvée à Cherehel, p. cxxxviii, 
54 à 57, pi. IX. 

Agla, aujourd'hui Souk-Sebt d'Abul- 
Kerim (subdivision de Fez, Maroc). 
Ruines arabes, p. ccii, 198-129. 

Agnel D'AciGNé (Z. d'). Voies romaines 
de ia Provence orientale, p. cxii. 

Aïn-Meloci (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. CLIV-CLV, 69 à 69. 

Ai.N-MzATA (Tunisie). Inscriptioa ro- 
maine, p. CLII. 

Alise-Saime-Reine (Côte-d'Or). Entrave 
à cadenas romaine , trouvée au Mont 
Auxois, p. cxiii à c\v. 

Alves Pereiha (P.). Statues de guerriers 
trouvées en Portugal, p. cxxi-cxxii. 

Amergoc (Maroc). — Voir Mergo. 

Amiens (Somme). Sépultures gauloises 
et puits funéraire gallo-romain, 
p, XLi à XI.V, 99 à 33. 



Amulettes chrétibnxes, trouvées à Car- 
thage, p. ccii, i36 à i^5; — à 
Rome, p. iSg-iio. 

Angers (Maine-et-Loire). Tapisserie de 
la Passion, à la cathédrale, p. ixv, 

LXXVI. 

Angla (Maroc). — Voir Agla. 

Anmbal. Son itinéraire à travers les 

Alpes, p. cxxii. 
Aragon (Henry), offre des ouvrages au 

Comité, p. Lxxxvi, cv. 
Abbacmost (Jules d'). Son éloge funèbre, 

p. LlX-LX. 

Arc de triomphe romain, à Volublli$, 
p. 71-79. 

Archbologo poRTiGiÈs(O), revue portu- 
gaise. Compte rendu du volume XX, 

p. CXXI-CXXII. 

Armoiries familiales sur des sceaux d'é- 
véques français au xiii* siècle, p. 1 10 
à 117, pi. XV. 

Abtiss (Loir-et-Cher). — Voir Vieil- 
Abtiss. 

Actel romain, au château de Comme- 
treuil, p. LVIH. 

AzocR (Maroc). — Voir Tansor. 



Babelox (Ernest), adresse des félicita- 
tions à M. Maurice Prou, p. xnx; — 
chaîné de divers rapports, p. xlix, 
Lxvi, c?, cxxxix, CLxvii; — présente 



des observations, p. xlv, cxxxii; — 
présente divers rapports, p. cxtiii, 

CUVII. 

Rapports : sur un broc de terre 



24/1 ~ 



cuite de l'époque romane, trouvé à 
Rouen, p. lxxv-lxxvi; — sur un exa- 
gium trouvé à Carthage, p. cliii; — 
sur les fouilles de Lillebonne , p. liv ; 
sur une monnaie au nom d'Alexandre 
prétendue trouvée à Calais, p. liii- 
Liv; — sur une monnaie du xviii" 
siècle, de l'atelier de Civila-Vecchia , 
p. Lx ; — sur deux objets de toilette 
en bronze de l'époque romaine, 

p. CLXXXVI-CLXXXVII. 

Bas-relief romain représentant 

Hercule Pisaeus,^. clxxxvii-clxxxvui, 
pi. XXXIII. — Éloge funèbre de 
M. Robert Roger, p. lii-liii. — In- 
tailles antiques , trouvées en Tunisie , 
p. 23 à 25, pi. IV. 

Ballu (Albert), présente un rapport, 

p. CLXXXVIII. 

Rapports : sur les fouilles exécu- 
tées en 1915 par le Service des Mo- 
numents bistoriques de l'Algérie , 
p. i65 à 342; — sur les fouilles du 
Service des Monuments historiques 
dans le mausolée du Kroubs, p. cxcvii- 

CXCFUI. 

Mosaïque romaine avec inscrip- 
tion dans les thermes de Timgad, 
p. CLXvii. — Statue cuirassée trou- 
vée à Cherche!, p. clxxxviii, gi, 
pi. X à XIV. — Statue romaine trou- 
vée à Madaure et à Cherche!, p. cliii- 
cLiv. — Tête de l'Afrique découverte 
à Gherchel, p. cxxxviii. 

Banasa, ville antique du Maroc. In- 
scription romaine, p. i64. 

Bani-Teude, aujourd'hui Fez-Bali (sub- 
division de Fez, Maroc). Ruines 
berbères et arabes, p. ccn, 118 
à 123. 

Bab (Gaston de), adresse des félicita- 
tions à M. Maurice Prou, p. xlviii- 

XLIX. 

Barika (Algérie). Inscriptions romaines, 

p. CXXXIX, CLXVl. 

Barby (G.). Fouilles à Tipasa, p. 17a 

à 177. 
Rarué (M.). Don au Musée Alaoui, 



p. cxxx. — Inscriptions romaines a 
Thala, p. cxcv-cxcvi. 
Basilique romaine, à Volubilis, p. 72- 

Bas-relief antique, trouvé à El-Djem, 

p. CXLVIII-CXLIX. 

Bassin »e bronze, à Kerbet-Zembia , 

p. CCXLIV. 

Bazoches (Aisne). Fragments de mo- 
saïque romaine , p. xlvii. 

Beaumont (Charles de). Trésor de Sau- 
nay, p. cx-cxi. 

Beauvais (Oise). Vase romain avec in- 
scription peinte, p. i46 à i5o. 

Bègues (Allier). Oppidum à muraille 
calcino-vitrifiée , p. lxxi, lxxxviii à 

XCII. 

Bel (M.). Vases de cuivre gravés trou- 
vés à Fès, p. cciii. 
Belbelf (Seine-Inférieure). Silex taillé, 

p. LXVl, LXXIX-LXXX. 

Beni-Guedal (Tunisie). Bas-relief ro- 
main, p. CXLVI. 

Bénitier, trouvé près des ruines de 
Lemellef, p. cciii. 

Bérard (M.). Inscriptions romaines à 
Kasserine et à Henchir-Bnena , p. cl 
à CLII , ccxi. 

Berniolle (M.). Inscriptions romaines 
de Saint-Estève , p. c-ci. 

Berre (Bouches-du-Rhône). Inscriptions 
latines apportées de Capdeuil et de 
Saint-Maximin, p. lxi à lxiv. 

Béziers ( Société scientifique et littéraire 
de) [Hérault]. Compte rendu du 
Bulletin , p. cxix-cxx. 

Bijga (Tunisie). Stèle antique avec in- 
scription, p. cxciv-cxcv. 

Bijoux antiques , trouvés dans la prin- 
cipale des îles Cani , p. ccviii ; — de 
bronze, dans une sépulture préhisto- 
rique , p. LXXIV. 

Bir-Djezzaba (Tunisie). Inscriptions 
romaines , p. clvi à clviii. 

Bir-el-Adine (Tunisie). Inscription 
romaine, p. cxlix-cl. 

Bir-Hammidat (Tunisie). Antiquités 
romaines, p. clxxxvi-clxxxvm. 



245 — 



BiZERTE (Tunisie). Patère d'argent, an- 
tique, p. CXLVI. 

BosNKT (A.). Tableau représentant la 
Vierge du Rosaire, à Draguignan, 

p. XCIV à XCTI. 

Bonnet (M.)- Inscription romaine, à 
Henchir-bou-Said, p. cxlis. 

BoRiES (Armand). Inscription romaine 
à Narbonne, p. lxiv, 16-17. 

Bosco (Joseph) offre des ou^Tages au 
Comité, p. ccxxTiii. 

BoccHARD b'Avesnes, évèque de Metz au 
xiii' siècle. Son sceau avec les armoi- 
ries de sa famille , p. 11 /i , pi. XV. 

Bouchez (M.). Inscription romaine à 
Aïn-Mzata, p. clii. 

BoDiN (Le lieutenant-colonel). Fouilles 
de Volubilis, p. cxxitiii-cxxxix , 70 
à 99. 



Bourges (Cher). Sceau de l'évéque Jean 
de Sully, p. 110, pi. XV. 

BouRGEY (M.). Don au Musée Alaoui, 
p. cxxir. 

BoTABD (Ch.), demande une subven- 
tion , p. xLi ; — offre des ouvrages au 
Comité, p. XL. 

Clef de bronze romaine trouvée à 

Nan-sous-Thil, p. xcii. — Fouilles 
dans l'abri sous roche du Poron des 
Cuèches àXan-sous-Thil, p. lv àLVii. 

Bresci A (Italie). Mosaïque romaine avec 
inscription, dans les thermes, p. clxix. 

Broc de terre ccite, de l'époque ro- 
mane, trouvé à Rouen, p. lxïi. 

Broderies anglaises dc xiv* siècle, dans 
l'église de Skà, p. xcvii à xcix. 

Brocsset-en-VVoêtre (Meuse). Plaque 
de cheminée, p. cxvi. 



Cagsat (René), chargé d'un rapport, 
p. clxxv; — présente une observa- 
tion, p. lix. 

Rapports : sur des inscriptions 

romaines de Lambèse, p. cxxxn à 
cxixvii, ccxxxix à ccxLiv; — sur une 
mosaïque de tepidarium à Timgad, 
p. CLXVII à clxx. 

Inscriptions gravées sur des bases 

de statues à Kbamissa, p. cxctiii 
à CCI. 

Cani (lies) [Tunisie]. Antiquités diver- 
ses, p. cciv à ccviii. 

Capdelil (Bouches-du-Rhône). Inscrip- 
tions romaines, p. lxi à lxiv. 

Capitan (Le D'), chargé de divers rap- 
ports, p. XLI, XLIX, LXT, LXXl, cv; — 

présente des observations, p, xxxix- 

XL. 

Rapports : sur l'abri sous roche 

du Poron des Cuèches à Nan-sous- 
Thil , p. LT à Lf 11 ; — sur des anti- 
quités gallo-romaines découvertes à 
Amiens, p. xli à xlv; — sur un 
dolmen découvert à Épône et les 



fouilles de l'allée couverte de Cléry- 
en-Vexin, p. cxiii; — sur une grotte 
naturelle contenant des ossements 
humains à Saint- Pierre -d'Autils, 
p. LxxxTii-LXXXYiii; — sur un monu- 
ment mégalithique de Cléry-en-Vexin, 
p. Liv-Lv; — sur ïoppidum à mu- 
raille calcino-vitrifiée de Bègues, 
p. LXXXVIII à xcii. 

Clef de bronze romaine trouvée 

à Nan-sous-Thil , p. xcii. 

Garcopino (Jérôme), offre un ouvrage 
au Comité, p. cciii. — Inscription 
romaine d'Aïn-Melouk , p. cliv, 6 a 
à 6g. 

Carougead (M.). Inscriptions romaines 
à Henchir-el-Alaïmia et aux environs, 
p. ccïin à ccx. 

Carreaux chrétibhs de terre cuite, à 
El-Djem, p. cxxix-cxxx; — à Thelepte 
p. cxxx. 

Carthage ( Tunisie). Antiquités diverses, 
p. cxxxix, CLXXT. — Amulettes chré- 
tiennes, p. ccii, i36 à i45. — In- 
scriptions chrétiennes, p. ccxxvi. — 



2A6 — 



Inscriptions puniques, p. clxxxix, 
ccxiv-coxv. — Inscriptions romaines , 
p. ccw à ccxxiT. — Poids de bronze 
romains, p. cxxx à cxxxii, cliii. — 
Sceaux de plomb, p. coin-cciv, 
ccxxTi. — Sépultures puniques, 

p. CLXXV à CLXXXVI, CXCIII-CXCIV, ccxxx 

à ccxxxu, pi. XXXIV à XXXVI. — 
Tête de Minerve , terre cuite , p. cxcv. 

Carton (Le D'), offre un ouvrage au 
Comité , p. ccni. — Inscription chré- 
tienne de Garthage et emplacement 
probable du monastère de Solomon, 
p. ccxxvi-ccxxvii. 

Castel-Roussilion (Pyrénées- Orien- 
tales). Antiquités diverses, p. CXVII. 

Cathebinb (Sainte), miniature du 
XVI* siècle, p. xlvi, 3 à 9, pi. I. 

Cadroy-lès-Hermonville (Marne). Sé- 
pulture de l'âge du fer aux environs, 

p. LXXIl à LXXIV. 

Chaillan (L'abbé). Inscription romaine 
à La Bastide-des-Jourdans , p. cxvii- 

CXVllI. 

Charente (Société historique et archéo- 
logique de la). Compte rendu des 
Bulletins et Mémoires, p. ex. 

Charente-Inférieure (Commission des 
arts et monuments historiques de la). 
Compte rendu du Recueil, p. ex. 

Charrier (Louis). Fouilles à Rapidum, 
p. i65 à 168. 

Chartraire (Le chanoine). Lo Sépulcre 
de l'église Saint-Jean de Joigny, 
p. Lxvi. Lxxvii, i5i à 160, pi. XIX 

à xxvi. 

Chassenay (Aisne). Pierre taillée trou- 
vée aux environs, p. cxiii. 

Châtelain (Louis). Fouilles de Volubili», 
p. cxxxvin-cxxxix, 70 à 9a. — In- 
scriptions romaines de Volubilis et de 
Bnnata, p. OLXxv,ocni, 161 à i6i. 

Chadvet (Gustave) offre des ouvrages 
au Comité, p. xmx-l, lx. 

Cherchkl (Algérie). Antiquités romaines , 
p. 168 à 17 a. — Statue cuirassée, 
p. CLin-CLiv, cLxxxTni, ccii, 98 à 
109, pi. X ft XIV. — Tête de 



l'Afrique, p. oxxxviii, .^5 à 5^, 

pi. IX. 
Ghevru (Seine-et-Marne). Epitaphe du 

moyen ôge dans l'ancienne Com- 

mandorie, p. lxvii à lxx. 
Clef de bronze romaine, trouvée à Naa- 

sous-Thil , p. xcii. 
Clément (Paul). Fouilles au Vieil-Artins, 

p. XLV-XLVI. 

Clermont (Mayenne). Peintures murales 
au logis abbatial, p. xcvi-xevii. 

Glért-en-Vexin (Seine-et-Oise). Monu- 
ment mégalithique , p. xlix , liv-lv. 

Clod magique, trouvé à Rome, p. \Uk- 
i45. 

Colin (Le lieutenant-colonel J.), offre 
un ouvrage au Comité, p. lxxv. 

Comité des Travaux historiques. Liste 
des membres de la Section d'archéo- 
logie et des correspondants du Mi- 
nistère, p. 111 à XXXV. 

Ouvrages offerts, p. xl, xlix, l, 

LX, LXX,LXXIV, LXXV, LX\XVI , CV, CXII , 
CXIII. 

Séances : du 10 janvier 1916, 

p. XXXIX à xLvii; — du i/i février, 
p. XLviii à Li; — du i3 mars, p. lu 
à Lvin; — du 10 avril, p. lix à 
Lxiv; — du 8 mai, p. lxv à lxx; 

— du 19 juin, p. Lxxi à lxxxii; — 
du 10 juillet, p. Lxxxiii à ci; — du 
i3 novembre, p. eu à cxi; — du 
11 décembre, p. cxii à exxiii. 

Subventions, p. xli, cxii. 

Commetrruil (Château do), commune 
de Boiihy (Marne). Autel romain, 

p. LVIII. 

Commission de l'Afrique du Nord. Sé- 
ances : du 1 1 janvier 1916, p. cxxiv 
à cxxxvii; — du 10 février, p.cxxxviii 
à cxLïi; — du i4 mars, p. cxlvii à 
clv; — du 12 avril, p. clvi à clxxiv ; 

— du 9 mai, p. clxxv à clxxxviii; 

— du 90 juin, p. CLXXxix à ccii; — 
du 1/1 novembre, p. cciii à ccxxvii; 

— du 12 décembre, p. ccxxviii à 
ecxLiv. 

Ouvrages offerts, p. cxxiv, 



— 2A7 — 



CXXXTIII, CXLVII, CLVl, CLXIXIX , CCIII , 
CCXXVllI. 

Commission dis arts et ¥oyDiiF>TS his- 
toriques DE LA ChARENTE-IsFÉBIECRB. 

Compte rendu du Recueil, p. ex. 

Commission distobique et ARcnéoLoeincE 
DE LA Maybsni, Comptc rendu du 
Bulletin, p. xcvi-xoïii, cxfiii-cxix. 

CoMMOHT (Victor). Sépultures gauloises 
et puits funéraire gallo-romain dé- 
couverts à Amiens, p. xli à xi.t, 99 
à 33. 

CoNEî» DE Saint-Lic (M.). Edificcs de la 
paroisse de Mahalon , p. xcix. 

CoxsTAKS (L.-A.). Inscription bilingue, 
à Gigthit, p. CGXiii. 



CoRMif.T (Marne). Sépulture do l'âge 

du fer aux environs, p. lxxii à lxxiv. 
Corxocaille (Pays de). Mottes féodales, 

p. xcix. 
CoBSDDET (M.), envoie la phot<^aphIe 

de deux divinités assises trouvées à 

Nevers, p. xlvii, lxiv, 18 à 29, 

pi. III. 
Crésolibs (M. de). Fouilles à Djemila, 

p. ait à aSà. 
Cros (M.). Inscriptions romaines à Bir- 

Djetzara, p. clti. 
CncvL , ville antique de l'Algérie. — 

Voir Djbmila. 
CcQ ( Edouard ). Inscription romaine 

d'Henchir-Seheli , p. ccxxiv à ccxxvi. 



Debrcge (A.), offre un ouvrage au 
Comité , p. clxxxix. 

Decori (Ange). Fouilles à Lambèse et 
découverte d'inscriptions romaines, 
p. cxxxii à cxxxvi, ccxzxix à ccxliv, 
907 à 91 1. 

Delattre ( Le R. p. ) , offre des ouvrages 
au Comité, p. cxxir, cxxxviii. — 
Amulettes chrétiennes trouvées à 
Carthage, p. ccii, 1.S6 à 189. — 
Inscriptions romaines de Carthage, 
p. ccxv à ccxxiv. — Découvertes ar- 
chéologiques au Koudiat-Zateur près 
de Carthage , p. ccxiii-ccxiv. 

Db Ros8i(J.-B.), explique une amulette 
chrétienne, p. 189-1/10. 

Direction des astiocités dd Maroc (La). 
Inscriptions découvertes à Vohtbilis, 
p. dvi. 

Divinités assises, groupe de pierre 
trouvé à Nevers, p. xlvii, lxiv, 18 
à 39, pi. III. 

Djemila (Algérie). Antiquités romaines, 
p. 211 à 2.34. 

DoL (IHe-et- Vilaine). Sceau de l'évéque 
Thibaud de Pouancé, p. 111-119, 
pi. XV. 

Dolmen, près d'Épône, p. civ, cxiii. 



Draglignan (Var). Société d'études 
scientifiques et archéologiques de 
Draguignan. Compte rendu du Bul- 
letin, p. xcui-xciv. — Tableau repré- 
sentant la Vierge du Rosaire, dans 
la chapelle Notre-Dame-du-Peuple, 
p. xciv à xcvi. 

Drappier (Louis). Inscriptions chré- 
tiennes à Henchir-Tembra , p. cxlvii , 
CLXxi-CLXxii. — Inscriptions romaines 
à Hencbir-en-N'aam , p. cxliincxliv. 

Drôme (Société d'archéologie et de sta- 
tistique de la). Compte rendu du Bul- 
letin, p. cxxii-cxxni. 

Ddbrieg (Le comte Paul), fait une com- 
munication, p. lviii. 

Rapports : sur le Bulletin de ta 

Commi$$ion historique et archéologique 
de la Mayenne, p. xcvi-xcvii, cxviii- 
cxix ; — sur un tableau représentant 
la Vierge du Rosaire, à Draguignan, 
p. xciv à xcvi. 

Miniature française représentant 

sainte Catherine, p. xlvi, 3 à 9, 
pi. I. 

DussACD (René). Inscription bilingue à 
Giglhis, p. ccxiii. 



— us -^ 



Ë 



EiCHMfiLLER(Le D"^). Débris de manche 
antique en os, trouvé dans la région 
de Lemta, p. clxvi. 

El-Aouja (Tunisie). Vases de terre cuite 
à reliefs, de la nécropole romaine, 
p. cxxiv à cxxix, pi. XXVIII, XXIX 
et XXXI. 

£l-Dj£h (Tunisie). Carreaux de terre 
cuite chrétiens, p. cxxix-cxxx. — 
Hercule Pisaeus, bas-relief, p. cxLvm- 

CXLIX, CLXXXVII-CLXXXVIII , pi. XXXIII. 

— Vases de terre cuite, à reliefs, 
p. cxxiv à cxxvi, cxxxii, pi. XXX. 

Emperedr romain sur la cuirasse d'une 
statue, p. 99 à ici , pi. XII. 

Epône (Seine-et-Oise). Dolmen aux en- 
virons, p. CIV, CXIH. 

EspÉRANDiEu (Le commandant), offre 
un ouvrage au Comité, p. lxx; — 
présente un rapport, p. lvii. 

Rapports : sur le Bulletin de la 

Société historique et archéologique du 



Péi-igord, p. oxx-cxxi; — sur le Bul- 
letin de la Société scientifique et litté- 
raire de Béziers, p. cxix-cxx. 

Autel romain au château de 

Commetreuil, p. lviii. — Entrave à 
cadenas, trouvée au Mont Auxois, 
p. cxiii à cxv. 

Estampille de potier grec, au Musée 
Aiaoui , p. cxLv. 

Estampilles de potiers romains : à 
Bègues, p. xcii; — sur des jarres 
romaines trouvées au Khanguet-el- 
Hadjaj , p. 58 à 6 1 ; — sur une lampe, 
p. cxxxvii. 

Estienne (A.). Matrice de sceau de 
cuivre trouvée à Landreville, p. lxv, 

LXXIX. 

Ex AGI A. — Voir Poids de bronze ro- 
mains. 

Eyzies (Les), près deTayac (Dordogne). 
Grotte préhistorique, p. cv. 



Faure-Biguet (A.). L'itinéraire d'Anni- 
bal dans les Alpes, p. cxxii. 

Ferry de Lorraine, évéque d'Orléans 
au xiu' siècle. Son sceau avec les ar- 
moiries de sa famille , p. 1 1 a , pi. XV. 

Fès (Maroc). Vases de cuivre gravé, 

p. CCIII. 

Fez-Bali (Maroc). — Voir Bani-Teudk. 

Finistère (Société archéologique du). 

Compte rendu du Bulletin, p. xcix-c. 



FiQUET (M.). Fouilles à Amiens, p. 29 
à 33. 

FoLLEviLLE ( Sofflme ). Tombeau de Raoul 
de Lannoy et emplacement d'un sé- 
pulcre, p. i54 à i56, pi. XX à 
XXIL 

FoucHER (Le colonel) envoie au Musée 
du Bardo une inscription bilingue de 
Gigthis, p. ccxiii. 



Gadckler (Paul). Inscription romaine 
d'Hadjeb-el-Aïoun, p. cxxxix, clxxii 

à CLXXIV. 

Gautier (Le lieutenant Pierre). Sépul- 



ture de l'âge du fer, entre Cauroy- 

lès-Hermonville et Cormicy, p. lxxii 

à LXXIV. 

Géhin-Ricard (M. de). Note sur les 



— 249 — 



antiquités de Saint-Estève, p. eu. 

Gbrlach (M"'). Amulette trouvée à Car- 
thage, p. 187. 

Germain db Maidt (Léon) , offre des ou- 
vrages au Comité, p. cxii-cxiii. 

GiGTHis, ville antique de Tunisie, In- 
scription bilingue, p. ccsiii. 

Glksat (Jean). Fouilles à Cberchel, 
p. gi, 168 à 179. 

GnEsiEn-LAFOBET (M.). Don au Musée 
Alaoui, p. cxxiv. 

Gresse (Roger). Inscription romaine à 
Bir-el-Adine , p. cxlix-cl. 

Grottes préhistoriques : aux Eyzies, 
p. ct; — à Saint-Pierre-d'Autils, 

p. LXT, LXXyiI-LXXXXVIII. 

Gsbll (Stéphane), chargé de divers 
rapports, p. cxxxviii, cxxxix, cxlvii, 
CLWi; — présente divers rapports, 
p. CLIV. 



Rapports : sur des inscriptions 

romaines de Tobna, p. clxxxtiii; — 
sur une noie de M. Gustave Mercier 
relative à la toponymie antique de 
l'Afrique mineure, p. clxx-clxxi. 

Tète de l'Afrique trouvée à Cher- 

chel, p. 54 à 67, pi. IX. — Vase 
anthropoïde punique trouvé à Hen- 
chir-Beni-Nafa, p. 5i à 53, pi. VII 
et VlII. 

GciFFREï (Jules), chargé de divers rap- 
ports, p. LXT, LXTI. 

Rapports : sur le sépulcre de l'é- 
glise Saint-Jean-de Joigny, p. lxxvii- 
Lxxviii; — sur la tapisserie de la 
Passion d'Angers et la tenture bro- 
dée de Romans, p. lxivi-lxxvii. 

GniLLON (G.). Oppidum à muraille cal- 
cino- vitrifiée de Bègues, p. lxxi, 

LXXXVIII à XCII. 



Hadjeb-el-Aïol!< (Tunisie). Inscriptions 
romaines, p. cxxxix, clxxii à clxxiv. 

Hannezo (Le colonel). Plaque de che- 
minée, à Brousse\ -en-Woëvre, et 
sépulture antique sur le territoire de 
la commune de Sarry, p. civ, cxvi. 

Hbschir-Besi-Nafa (Tunisie). Nécro- 
pole punique, p. cxlv, 01 à 53, 
pi. VII et VIII. 

Henchir-Bnesa (Tunisie). Inscription 
romaine, p. glu. 

Heschir-bou-Saïd (Tunisie). Inscription 
romaine, p. cxlix. 

Heschir-el-Alaïmia (Tunisie). Inscrip- 
tions romaines, p. ccviii à ccx. 

He»cbir-e>-Naam (Tunisie). Inscriptions 
romaines , p. cxliii-cxhv. 

Henchir-Seheli (Tunisie). Inscription 
romaine, p. ccxxiv à ccxxvi. 

Hen'Chir-Tehbra (Tunisie). Inscriptions 
chrétiennes, p. cxlvii, clxii-clxxii. 

Herccle Pisabvs, figuré sur un bas- 
relief romain d'EI-Djem, p. cxlïiii- 

CXLIX, CLXXXVII-CLXXXVIII , pi. XXXllI. 



Hérom de ViLLEKossE (Antoiue), adresse 
des félicitations à M. Maurice Prou, 
p. xLviii; — chargé de dirers rap- 
ports, p. Lxxi, cciii; — fait diverses 
communications, p. lxvi-lxvii, ccxit 
à ccxivi; — fait une proposition, 
p. Lxvi; — présente des observa- 
tions, p. xciv; — prononce les éloges 
funèbres de : Jules d'Arbaumont, 
p. Lix-Lx; Boudas, p. ccxxix-ccxxx; 
Gaston Maspéro, p. lxxxiii à lxxxv; 
R. P. Thédenat, p. ciii-civ; Paul' 
Thiers, p. lxxxv-lxxxvi. 

Rapports : sur le Bulletin de la 

Société d'archéologie et de statistique 
de la Drame, p. cxtii-cxxiii; — sur 
les fouilles de Castel - Roussillon , 
p. cxvii; — sur des inscriptions ro- 
maines de Saint-Estève, p. c à en, 

— sur un ouvrage de M. Henri Ara- 
gon relatif à Castel-Roussillon , p. cv ; 

— sur une pierre romaine convertie 
en bénitier, à Sens, p. c; — sur des 
fragments de vases d'Arezzo, trouvés 



250 — 



à Narbonne et à Vertault, p. cvii, 
cxvi-cxvn. 

Amulettes trouvées à Carlhage, 

p. 189 à ilib. — ■ Bassin de bronze 
trouvé à Kerbet-Zembia , p. ccxliv. 

— Kpitaphe du moyen âge à la Com- 
manderie de Chcvru, p. lxvii à lxx. 

— Groupe de deui divinités assises 
trouvé à Nevers, p. xLvn, lxit, 18 à 
99, pi. 111. — Inscriptions romaines 
(Rectification d'origine de deux), 
p. Lxi à Lxiv. — Inscription romaine 
peinte sur un vase trouvé à Beauvais 
en 1687, p. Lxxx-Lxxxi, i46 à i5o. 

— Inscription romaine trouvée à 



Narbonne, p. txiv, 10 à 17, pi". II. 

— Le Mont d'Uzore, p. lxxxi-lxxxii. 

— Mosaïque romaine de Bazoches, 
p. xLvii. — Statue cuirassée trouvée 
à Cherchai, p. ccu, 98 à 109, pl. X 
à XIV. 

HocDAFiT (LeD'). Lampe antique avec 

inscription, p. ccxi à ccxiii. 
HouDAs (0.), chargé de rapport, p. cciii. 

— Son éloge funèbre, p. ccxxix- 

CGXXX. 

Hune (M"' Augusta). Sculpture préten- 
due romaine trouvée à Sens, p. lxxi, 
c. cvii à ex. 



loABD (M.). Don au Musée Alaoui , 
p. cxLVi. — Sceaux de plomb trou- 
vés à Carthage, p. cciu-cciv, ccxxvi, 
ccxxx. 

Inscription bilingue (romaine et pu- 
nique), à Gigthis, p. ccxni. 

Inscription do moyen âge à la Gomman- 
derie de Chevru, p. lxvii à lxx. 

Inscriptions chrétiennes : è Carthage, 
p. ccxxvi ; — à Henchir-Tembra , 
j». CXLVI! , CLxxi-CLXxn ; — à Kha- 
missa, p. 9o3-, ■ — à Sfax, p. clxiv 
à CLXTi. — Inscriptions d'amulettes, 
p. i36 à i45. 

Inscriptions puniques, à Carthage, 
p. CLXXXIX, ccxiv-ccxv. 

Inscriptions romaines : à Aïn-Melouk, 
p. CLiv-CLV, 62 à 69; — à Ain- 
Mïata, p. cLii; — hBanma, p. 16 A; 

— à Barika , p. cxxxix , clxvi ; — 
à Berre , p. lxi à lxiv ; — à Bijga , 
p. cxciv-cxcv; — à Bir-Djezzara , 
p. cLvi à cLviii; — à Bir-el-Adine , 
p. cxlix-cl; — à Bir-Hammidat, 
p. CLXXXTii; — à Capdeuil, p. lxi à 
^"^ *i — à Carthage , p. ccxv à ccxxiv ; 

— à Chercliel, p. 173 ; — à Cuicul, 
p. aao è aaS; — à Djemila, p. 220 



à 394, 2.3o à 28/1; — à Hadjeb-el- 
Aïoun, p. cxxxix, clxxu à clxxiv ; - 
à Hencliir-Bnena , p. clii: — à Hen- 
chir-bou-Said, p. cxlix; — à Hen- 
chir-el-Alaimia , p. ccviii à ccx; — à 
Henchir-en-Naam , p. cxliii-cxliv; — 
h Henchir-Seheli, p. ccxxiv à ccxxvi; 

— à Kasseriue, p. cl-cli, ccxi; — 
à Khamissa, p. cxcviii à cci, 197, 
199, 9o3, 3o5, ao6; — à Ksar- 
Kouline, p. cxxxii; — à La Bastide- 
des-Jourdans , p. cxvii-cxviii; — ^ à 
Lambèse, p. cxxxiii à cxxxvi, ccxxxix 
à CCXLIV, 909 à an; — à Ma- 
daure, p. cxxxvi-cxxxvii, 179, 181 
à 196; — au Muy, p. xciv, — à 
Narbonne, p. lxiv, 10 à 17, pl. 11; 

— à Rapidum, p. 166; — à Saint- 
Estève, p. c à cii; — à Saint- 
Maximin, p. lxiii; — à Thala, 
p. cxGv-cxcvi; — à Thina, p. cxc à 
cxciii ; - à Thuburbo Majiis , p. cxxiii, 
cxLvii-cxLviii , CLix à CLXIV, 4i à 5o; 

— à Timgad, p. 2^1 ; — à Tobna, 
p. CLXxxvni; — à Volubilù, p. clxxv, 
cciii, 76 à 91, 161 à i6â. — In- 
scriptions : sur une lampe, p. ccxi à 
ccxiii; — sur une mosaïque, à Sétif, 



— 251 — 



p. cixviii; sur des mosaïqur 
Timgad, p. clxvii à ctxix; — 
un vase romain, à Beauvais, p. 
à i5o. 



I»sTRi'«EST ARATOiRB prébisloriquc , 

trouvé à Belbeuf, p. nvi. 
IsTAiLLEs AyTiQCES dp la coHt'Ction de 

M. Renault, p. 99 à a 5, pi. IV. 



Jattes dk tkrre cuite, trouvées au Khan- 
giiet-el-Hadjaj , p. 58 à 61. 

Jean de Sully, évèque de Bourges au 
x!ii* siècle. Son sceau, p. ii5 et 
pi. XV. 

Jeanne dk Poix, femme de Raoul de 
Lannoy. Médaillon la représentant, 
sur le Sépulcre de Joigny, p, i58, 
pi. XXIV. 

JoiGNY (Yonne). Sépulcre du xvi' siècle, 
à l'église Saint-Jean, p. lxti, lxxvii- 
Lxxvm, i5i à 160, pi. XIX, XXIII 
à XXVI. 

JoLï (C.-A.). Foulile-s à Kliamissa, 
p. 1 96 à 906. — Fouilles à Madaure , 
p. 177 à 196. — Inscription ro- 



maine sur une base de statue , à Kha- 
raissa, p. cxcix-cc. — Inscription 
romaine à Mdaourouch, p. cxxxvi- 
cxxxvu. 

JuLLiAN (Camille), chargé de divers rap- 
ports, p. LXVI, LXXXVI, cv, cxii; — 
présente des observations, p. xlv; — 
présente divers rapports, p. cxt, cxxi. 

Rapports : sur les Bulletins de 

la Société archéologique de Provence 
et de la Société de Draguignan, 
p. xcii à xciv; — sur une inscription 
romaine de La Bastide-desJourdans , 
p. cxvii , cxTiii ; — sur Voppidum de 
Saint-Gence, p. nxix. 

Antiquités de Saint-Eslève , p. eu. 



Kasserine (Tunisie). Inscriptions ro- 
maines, p. CL-CLl, ccxi. 

Kerbet-Zbmbia (Algérie). Bassin de 
bronze, p. ccxlit. 

Khabissa (Algérie). Antiquités romaines, 
p. 196 à 906. — Inscriptions ro- 
maines, p. CXCTHI à CCI. 

Khangubt-el-Hadjaj (Tunisie). Jarres de 



terre cuite romaines avec couvercle, 
.p. cxxxvn, cxLv, 58 à 61. 

Kroubs (Mausolée du) [Algérie]. Fouil- 
les, p. cxcTii-cxcvni. 

KsAR-F.o«AoiN (Maroc). Antiquités ro- 
maines, p. 70 899. Cf. VOLVBILIS. 

KsAR-KouTiNE (Tunisie). Inscription 
romaine, p. cxxxii. 



Labadie-Lagrave (M.). Inscription aux 
environs de Barika, p. cxxxix. 

La Bastide-des-Jourdans (Vaucluse). In- 
scription romaine, p. cxvn-cxviii. 

Laigub (M. de), émet un vœu, p. lx; — 
envoie un mémoire sur Nantes à 
l'époque romaine, p. lvh. 



Lambèse (Algérie). Antiquités romaines , 
p. 907 à 9 11. -^ Inscriptions ro- 
maines, p. CXXXUI à CSXXTI, CGXXXIX à 
CCXLIV. 

Lampes romaines, de terre cuite : avec 
estampilles, p. cxxxtii; — avec in- 
scription, p. ccxi à ccxui. 



— 252 — 



Landrbtille (Aube). Matrice de sceau 

(le cuivre, p. lxv, lxxix. 
Lanterne des morts, à Sarlat, p. cv. 
Lanterne romaine de bronze, à Tébour- 

SOuk, p. CXLVI. 

Lauer (Philippe), signale des fragments 
de mosaïque romaine à Bazocbes, 

p. XLTII. 

Laval (Mayenne). — Voir Commission 

historique et arch^ologiqce de la 

Mayenne. 
Leblond (Le D' V.). Inscription peinte 

sur un vase romain, à Beauvais, 

p. 1/17. 
Lécoreux (Lucien). Peintures murales 

du logis abbatial de Glermont, p. xcvi- 

xcvii. 
Ledecil d'Enquin (M.). La prébistoire, 

à Semur-en-Auxois , p. lxxxvi, cvi- 

CVII, 

Lefèvrs (Edouard), trouve un silex 
taillé à Beibeuf, p. lxxix-lxxx. 

liEFÈvRE-PoNTALis (Eugènc), chargé de 
divers rapports, p. lxv, cv. 

Rapports : sur les Bvllelins et 

Mémoires de la Société historique et 
archéologique de la Charente, p. ex; 



— sur un chapiteau de l'église de 
Sarlat, p. cv-cvi ; — sur le Recueil de 
la Commission des arts et monuments 
historiques de la Charcnte-Injérieure , 
p. ex. 
LÉGATS, mentionnés sur des inscriptions 
romaines de Lambèse, p. ccxxxix à 

COXLIV. 

Le Guennec (Louis). Mottes féodales du 

pays de Morlaix, p. xcix. 
Lemellef (Algérie). Bénitier, p. eeiii. 
Lemta (Tunisie). Manche antique en 

os, p. CLXVI. 

Léon (Pays de). Mottes féodales, p. xcix. 

Lhospital (M.). Stèle antique avec in- 
scription, à Bijga, p. cxciv-cxcv. 

Lillebonne (Seine-Inférieure). Théâtre 
romain, p. xlix, liv, 35 à ko, pi. V 
et VI. 

LiNDBLOM (Andréas). Broderies anglaises 
du xiv° siècle , dans l'église de Skâ , 
en Uppland, p. xcvii à xcix. 

LiviE, impératrice romaine, sur la cui- 
rasse d'une statue, p. 102 à 10 4. 

Loubet (Le capitaine). Fouilles de la 
nécropole punique de Henchir-Beni- 
Nafa, p. cxLv, 5i. 



M 



Madaure ( Algérie). Antiquités romaines, 
p. 177 à 196. — Inscription ro- 
maine, p. cxxxvi-cxxxvii. — Statues 
antiques, p. cliii. 

Mahalon (Finistère). Edifices de cette 
paroisse, p. xeix-c. 

Manche antique en os, trouvé aux en- 
virons de Lemta , p. clxvi. 

Mantes ( Seine-ct-Oise). Polissoir, p. lxvi. 

Marché antique, à Djemila, p. 218 à 
a3o. 

Mans Ultor , sur la cuirasse d'une sta- 
tue, p. lo-'i à 106. 

Marseille (Bouchcs-du-Rhône). — Voir 
Société archéologique de Provence. 

Maspëro (Gaston). Son éloge funèbre, 
p. Lxxxni à Lxxxv. 



Masque de satyre, terre cuite trouvée 
à Cartilage, p. ccxxxi, pi. XXXV. 

Massigli (M.). Mosaïques tombales 
chrétiennes, à Sfax, p. clxiv à 

CLXVI. 

Matrice de sceau , trouvée à Landrc- 
ville, p. Lxxix. 

Mathuchot (Louis), offre un ouvrage au 
Comité , p. Lxxv. 

Mausolée du Kroubs (Algérie), p. cxevii- 
excïiii. 

Mayenne (Commission historique et ar- 
chéologique de la). Compte rendu du 
Bulletin, p. xcvi-xcvii, cxvin-exix. 

Mdaourouch (Algérie). — Voir Ma- 
daure. 

Ménier (M. l'abbé). Découvertes archéo 



— 253 — 



logiques au Koudial-Zateur, près de 
Carthage, p. ccxiii-ccsit. 
Mebcibr (Gustave), offre un ouvrage au 
Comité, p. CLXxxix. — Toponymie 
antique de l'Afrique romaine, p. cxLTii, 

CLXX-CLXil. 

Mekoo, oujourd'hoi Amergou (subdivi- 
sion de Fez, Maroc). Ruines arabes, 
p. ccii, laA à ia6. 

Merlix (Alfred), offre des ouvrages au 
Comité, p. cïxiv, cxxxtui, cxltii. 

Rapports : sur les découvertes 

archéologiques récentes en Tunisie, 

p. CXIIV à CXXtlI, GXUII à CXLVI, 
CXLVIII à GLU, CLVI à CLXTI, CLXXXIX à 

cxcf I , cciv à ccxiv ; — sur les fouilles 
de Thuburbo Majus, p. cîl à cxliii; 

— sur des tombeaux puniques dé- 
couverts en 1916 à Carthage, 
p. CLIXV à CLXXXVI, ccxxx à ccxxxix, 

pi. XXXIV à XXXVI. 

Bas-relief romain représentant 

Hercule Pisaeus , p. clxixvii-clxïiviu. 

— Cippe funéraire à Hadjeb-el-Aîoun , 
p. cxxxix. — Découvertes archéolo- 
giques à Carthage, p. clxxv. — In- 
scriptions romaines : à Hadjeb-el- 
Aïoun, p. CLXXii à clxxiv; — à 77im- 
burbo Majus, p. cxltii-cxlviii, hi à 
5o. — Vase anthropoïde punique, 
trouvé à Henchir-Beni-Nafa, p. 5i à 
53, pi. VII et VIII. 

Metz (Alsace-Lorraine). Sceau de fé- 
vêque Bouchard d'Avesnes, p. ii4, 
pi. XV. 

Michaux (M.). Fouilles dans l'ile Cani, 

p. CCIT-CCV. 

Mi!«iatlre du xTi' siècle représentant 
sainte Catherine, p. xlvi, 3 à 9, 
pi. 1. 

MoNGBAix (Paul), chargé de divers rap- 
ports, p. cxivii, CLXXT, cciv, ccxxx; 



— présente un rapport, p. cxxxvii. 

Rapports : sur une inscription 

chrétienne de Carthage et sur l'em- 
placement du monastère de Solomon , 
p. ccxxvi-ccxxvii; — sur des inscrip- 
tions chrétiennes à Henchir-Tembra , 
p. cLxxi-cLixii ; — sur des plombs 
trouvés à Carthage , p. ccxxvi. 

Inscription chrétienne trouvée à 

Khamissa, p. ao3-3o4. 

Monnaie de bboszk au nom d'Alexandre 
prétendue trouvée à Calais, p. uii- 

LIV. 

MossAiES PusiQBES dans la principale 

des îles Cani , p. cgv-ccvi. 
Monnaies romaines découvertes: dans la 

principale des îles Cani , p. ccvi-ccvii ; 

— à Saunay, p. cx-cxi. 

Mont d'Uzobe (Le) [Loire], menacé de 

destruction , p. lxxu-lxxxii. 
Monument mégalithique à Cléry-en-Vexin, 

p. XLIX, LIV-LV. 

MoBLAix (Pays de). Mottes féodales, 
p. xcix. 

Mosaïques romaines : à Bazoches, 
p. XLVii; — à Djemlla, p. 91 5-2 16, 
917-318; — à Sétif, atec inscrip- 
tion, p. CLXviii; — à Timgad, avec 
inscription, p. clxvii à clxx, 94i. — 
Mosaïques avec épitaphes chrétiennes , 
à Sfax, p. clxiv à clxvi. 

Mottes féodales des pays de Cor- 
nouaille, de Léon et de MoHaix, 
p. xcix. 

Moules de terre cuite, trouvés dans 
les sépultures puniques à Carthage, 
p. CLxxxi, cLxxxin, pi. XXXIV. 

Musée ethnologique portugais (Le), offre 
un ouvrage au Comité, p. cv. 

Mur (Le) [Var]. Inscription romaine 
de la collection de M. Melchior 
d'Agay, p. xciv. 



N 



Nan-sous-Thil (Côte-d'Or). Abri sous 
roche au lieu dit le Poron des Cuè- 
Abchéologie. — N" 2. 



chcs, p. Lv à Lïii. — Clef de bronze 
romaine, p. xcii. 



254 — 



NiNTKS (Loire-Inférieure), à l'époque 
(jalio-romaino, p. Lvn. — Knceinle 
romaine, p. u. 

Nabbonni (Aude). Inscription romaine, 
p. Lxiv, 10 à 17, pi. II. — Vase d"A- 
rezzo, p. cvu, cxvn. 

NÉCBoroi.KS PUNiQUKS : à Henchir-Beni- 
Nafa, p. CXLV, 5i à 53, pi. VII et 
VUI ; — à Thina , p. ctuxu à cxciii. 



Nkvebs (Nièvre). Groupe de deux divi- 
nités gallo-romaines assises, p. xvm , 
Lxiv, iS à aa, pi. m. 

NoiiHRï(Le D'), signale un autel romain 
au château de Gonamelreuil , p. tviii. 

NovAK (Dominique). Fouilles dans la 
nécropole de Tbiûa, p. cixxxix « 



Odinot (Le capitaine). Relevé des plans 
et essai d'identification des ruines de 
Bani-Teude , Mergo , Tansor et Angla , 
situées dans la région de TOuergha 
(subdivision de Fex, Maroc), p. ccii , 

118 à i3i, pL XVI à xvin. 

Oppidvm : à Bègues, p. lxxxvhi à xcii; 
— à Saint-Gcncc , p. lxvi , lxxix , 
182 à i35. 



Orléans (Loiret). Sceau de Tévêque 

Ferry de Lorraine, p. 112, pi. XV. 
OcEHGHA, région de fa subdivision de 

Fez (Maroc). Ruines berbères , p. 1 18 

à i3i. 
Outil de fer suf^sé préhistorique , 

près de Vernon, p. 26 à 38. 



Parrks (M.), inscriptions romaines : à 
Barika et aux environs, p. cxxxix, 
CLxvj; — à Toima, p. clxxxviu. 

Patère d'argent antique, à Btiierte, 

p. CXLVI. 

Peintures murales à Clermout (Mayen- 
ne), p. xcvi-xcvii. 

Périgoud (Société historique et archéor- 
logique du). Compte rendu du Bul- 
letin, p. cxx-cxxi. 

Piquet (M,)' Inscription romaine, à 
Aïn-Melouk, p. 6» à 69. 

Plancouard, (Léon), offre des ouvrages 
au Comité, p. l» wxy. — Dolmen 
près d'Epône, p. ciy, cxui. — Hache 
préhistorique trouvée dans le Sois- 
sonnais, p. cv, cxiii. — Monnaie 
au nom d'Alexandre, p. xlix, liii- 
Liv. — Monnaie de (Jivita-Veccliia, 
p. Lx. — Monument mégalithique, 
près de Cléry-en-Vexin, p. xlix, 



UT-Lv. — Polissoir à Mantes, 

p. lxvi, 
PuQUK DE CHEMINÉE, à Broussey-en- 

Woëvre, p. civ, cxvi. 
Poids de rronze romains, trouvés à Car- 

thi^e, p. Gxxi à t*xxu, ctiii. 
PoiNSsoT (Louis), Inscriptions romaines 

à Thuburbo Majus, p. clix-clx, cxcvi- 

cxcvu. — Sarcophage antique au 

Koudiat-Zateur, près de Garthage, 

p. CCXIII-CCXIV. 

Poussoir, à Mantes, p. lxvi. 

PoRON DES CnÈCHEs (Le). Abri sous 
roche, près de Nan-sous-Thil (Côte- 
d'Or). Antiquités préhistoriques, p. lv 

à LVII. 

Portique des Pethowii, à Thuburbo Ma- 
jus, p. CXLI, pi. XXXIl. 

Portugal. Statues de guerriers trouvées 
en Portugal, p. cxxi-cxxii. 

Poulain (Georges). Grotte naturelle 



— 255 — 



avec oaeemenU humains, à Sainl- 
Pierre-d'Autib, p. wv, mx?ii- 
uuriii. — Outil de fer trouvé près 
de Vernon, p. 36 à a 8. 

PooPARD (M.). Inscription romamo, à 
Henchir-bou-Saïd , p. cxi-ix. 

Prinbt (Max), chargé de divers rap- 
ports, p. LXV, civ. 

Rapports : sur une matrice de 

sceau trouvée à Landreville, p. lxxix; 
— sur une plaque de clieminée, 
trouvée à Broussey - en - Woëvre , 

p. CXVi. 

. Armoiries familiales dans la dé- 



curalion des sceaux des évéqucs fran- 
çais an xiii' siècic, p. lxxv, 110 à 
,17, pi. XV. 

Proc (Maurice) adresse des remercie- 
ments à ses collègues , p. xlix, 

Rapport sur un fragment de 

sculpture converti en bénitier, pro- 
venant de Téglise Saint-Didier, à 
Sens, p. CTii à ex. 

Provence (Société archéologique de). 
Compte rendu du Bulletin, p. xcii- 

XCIII. 

PoiT» FD!tÉ«AiR« GALLO-ROMAIN , à Amiens , 
p. xu à XLT, 39 à 33. 



QcKici (A.). Don au Musée Alaoni, i Quimpeb (Finistère). — Voir Société 

p. CkCV. AlCHiOLOOIQLE DD FiHISTÈRE. 



R 



Baocl db Laîikoï. Médaillon le repr(>- 
sentant sur lo Sépulcre de Joigiiy, 
p. i58, pi. XXIII. — Son tomlteau 
à F(JleviUe, p. i54 à »56, pi. XX 
et XXI. 

liAfiDVH , ville antique de lAlgérie. 
Antiquités romaines, p. i65 à 
168. 

Reixach (Salomon), chargé de divers 
rapports, p. lxti, lxxxti, ciy, et; — 
présente un rapport, p. cxvi. 

Rapports : sur YArcheologo Portu- 

fptès, p. cxxi-cxxii; — sur le Bulletin 
de l» SociéU arckéologi^ue du Fimi$- 
tère, p. xcix-c; — sur des découvertes 
préhistoriques à Semur, p. cri-cvii; 

— sur les FornwtÏHHen meddelamleit 
fren K. ViUerkeiê kiUorie oek aiili- 

kuitels Akadeiiiien, p. xcvii à xcix: 

— sur on silex taillé, troové à Be!- 

hcuf , p. UXiX LXtX. 

Rmailt (Jules). Don au Musée Aliwui, 
p. cxlv. — Découvertes archéologi- 
ques à Carthage, p. cxxxix. — Es- 



tampille de potier sur une lampe, 
p. cxxxTii. — Exagium trouvé à Car- 
thage, p. cliii. — • Inscription pu- 
nique à Carthage, p. ccxiv-ccxv. — 
— Inscription romaine , à Aïn-Mzata , 
p. CLii. — In tailles antiques, p. 28 
à 90, pi. IV. — Jarres de terre cuite 
trouvées au Khanguet-el-Hadjaj, 
p. cixxvii, 58 à 61. — Objets de 
toilette, en bronze, trouvés à Bir- 
Hammidat , p. clxti , cuxxvii. 

Robert (A.). Ba»in de bronze, à Ker- 
bet-Zeml)ia, p. ccxlit. — Bénitier 
trouvé près des ruines de Lemfllef, 
p. CCIU. 

Roger (Robert). Son éloge funèbre, 

p. LII-LIII. 

RoMK (Italie). Amulette chrétienne en 
provenant, p. 189-160. 

RoMAJis (Drome). Tenture brodée re- 
présentant des scènes de la Passion, 
dans l'église Saint-Bamard , p. lxt, 

LXXVI-LXXVII. 

Roi M (Seine-Infmeore). Broc de terre 
17- 



— 256 — 



cuite, de l'époque romane, trouvé à 
Rouen, p. lxvi, lxxv-lxxvi. 
RouzAUD (H.), envoie une photographie 
d'inscription romaine, p. lxiv. — 
Fragment de vase d'Arezzo trouvé à 
Narbonne, p. cvii. 



Ruines berbkres et arabes dans la région 
de rOuergha , p. 1 1 8 à 1 3 1 . 

RvsciNO, ville antique de la Gaule. — 
Voir Castel-Rodssillon. 



Saillan (M. de). Fouilles à Djemila, 
p. 211 à aSà. 

Saint-Estève, près de Rognac (Bouches- 
du-Rhône). Antiquités et inscriptions 
romaines, p. c à cii. 

Saint-Gence (Haute-Vienne). Oppidum, 
p. Lxvi, Lxxix, i3a à i35. 

Saint-Maximin (Var). Inscription la- 
tine , p. LXlII. 

Saint-Ours (Luc db). Antiquités ro- 
maines (Note sur des), p. lxxxvi. — 
Chapiteau de l'église Sainte-Marie de 
Sarlat, p. lxv, cv-cvi. — Grotte des 
Eyzies, p. cv. — Lanterne des morts, 
à Sarlat, p. cv. 

Saint-Pierre-d'Autils (Eure). Grotte 
naturelle avec ossements humains, 

p. LXV, LXXXVII-LXXXVni. 

Saladin (H.). Note sur un essai d'identi- 
fication des ruines de Bani-Teude, 
Mergo, Tansor et Angla, situées 
dans la région de TOuergha (sub- 
division de Fez,Maroc), p. ccii, ii8 
à i3i, pLXVlàXVm. 

Saliège (Le D"^). Inscriplion chrétienne, 
à Carthage, p. ccxxyi. 

Sàradi, ville antique de la Tunisie. — 
Voir Henchir-Seheli. 

Sarcophage antique au Koudiat-Zateur, 
près de Carthage, p. ccxiii-ccxiv. 

Sarlat (Dordogne). Chapiteau dans 
i'éghse Sainte-Marie, p. lxv, cv-cvi. 
— Lanterne des morts , p. cv. 

Sarrï (Marne). Sépulture préhistorique, 
p. civ, cxvi. 

Saunaï (Indre-et-Loire). Trésor de 
monnaies romaines, p. cxcxi. 

Sceaux. Sceaux de plomb byzantins pro- 



venant de Carthage, p. cciii-cciv, 
coxxvi. — Sceaux d'évêques français 
décorés d'armoiries familiales, p. i lo 
à 1 1 7, pi. XV. - — Matrice de sceau 
trouvée à Landrcville, p. lxv. 

Semur (Côte-d'Or). Découvertes d'anti- 
quités préhistoriques, p. lxxxvi, cvi- 
cvii. 

Sens (Yonne). Fragment de sculpture 
converti en bénitier, provenant de 
l'église Saint- Didier, p. lxxi, c, 
cvii à ex. 

SÉPULCRE DE la RENAISSANCE, à l' église 

Saint-Jean de Joigny; son origine, 

p. LXVI, LXXVII-LXXVIII , i5i à i6o, 

pL XIX à XXVI. 

Sépultures : chrétiennes au Koudiat- 
Zateur, près de Carthage, p. ccxiu- 
ccxiv; — gallo-romaines, à Amiens, 
p. xli à XLv, 29 à 33; — préhisto- 
riques, entre Cauroy-lès-Hermonville 
et Cormicy, p. lxxii à lxxiv; — pré- 
historiques, à Sarry, p. civ, cxvi; — 
puniques, à Carthage, p. clxxv à 

CLXXXVI, pi. XXXIV, p. CXCIII-CXCIV, 

ccxxx à ccxxxix, pi. XXXV et 

XXXVL 
Sétif (Algérie). Mosaïque romaine avec 

inscriplion, p. clxviii. 
Sfax (Tunisie). Inscriptions chrétiennes , 

p. cLxiv à cLxvi. — Mosaïques avec 

épitaphes chrétiennes, p. clxiv à 

CLXVI. 

SiBiLLOT (Ch.). Note sur le nom de 
Vercingétorix, p. cv, cxviii. 

Sidi-Ali-boc-Djenoun (Maroc). — Voir 
Banasa. 
I SkÂ, province d'Upplaud (Suède). Bro- 



— 257 — 



deries anfjlaises du xiv* siècle , p. xcvii 

à xcix. 
Soc DE CHABBCE, prétendu préhistorique, 

trouvé près de Verne n, p. 96 à 98. 
Société abchéologique do Finistère. 

Compte rendu du Bulletin, p. xcix-c. 
Société abchéologiqce de Pbovesce. 

Compte rendu du Bulletin , p. xcii- 

XCIII. 

Société abchéologique de Todbaike. 
Compte rendu du Bulletin, p. cx- 

ClI. 

Société d'abchéologie et de statistique 
DE la Dbôhe. Compte rendu du Bul- 
letin, p. CXXII-CXXIU. 

Société d'études sciESTiriQCES et abchéo- 
LooiQCESDE Draguignan (La) demande 
une subvention, p. cxii. — Compte 
rendu du Bulletin, p. sciii-xciv. 

Société historique et abchéologique de 
LA Charente. Compte rendu des Bul- 
letins et Mémoires, p. ex. 



Société historique et archéologique du 
Pébigobd. Compte rendu du Bul- 
letin, p. CXX-CIXI. 

Société scientifique et littéraibe de 
Béziebs. Compte rendu du Bulletin , 
p. cxix-cxx. 

Solignac (M.), offre un ouvrage au 
Comité, p. ccxxTiii. 

SoLOMON (Monastère de), à Carthage. 
Son emplacement, p. ccxxti-ccxxvii. 

Souk-Sebt d'Abcl-Kerim (Maroc). — 
Voir AsLA. 

Statues. Statue antique cuirassée , trou- 
vée à Cherchel, p. ccii, 98 à 109, 
pi. X à XIV. — Statues de guerriers 
trouvées en Portugal, p. cxxi-cxxii. 
— Statues de Baoul de Lannoy et 
de Jeanne de Poix sur leur tombeau , 
à Folleville , p. i55, pi. XXF. 

Stockholm (Suède). Compte rendu des 
Mémoires de l'Académie de Stock- 
holm, p. xcïii à xcix. 



Tassor, aujourd'hui Azour (subdivision 

de Fez, Maroc). Ruines berbères, 

p. ccii, 137-128. 
Tapisserie db la Passion, à Angers, 

p. lxï. 
Tébodbsook (Tunisie). Lanterne de 

bronze romaine, p. cxlvi. 
Tentube brodée, dans l'église Saint- 

Bamard de Romans , p. lxy. 
Thabbora, ville antique de Tunisie. — 

Voir Henchib-Tambra. 
Thala (Tunisie). Inscriptions romaines, 

p. CXCT-CXCVI. 

Théâtbe romain, à Lillebonne, p. xlix, 
Liv, 35 à 4o,pL V et VL 

Thédbsat (Le R. P.). Son éloge funèbre, 
p. cni-civ. 

Thslbptb , ville antique de Tunisie. An- 
tiquités romaines, p. cxxx. 

Thibaud de Pouamcé, évéque de Dol au 
xin' siècle. Son sceau avec les armoi- 



ries de sa famille, p. 111-119 et 

pi. XV. 
Thibbs (Paul). Son éloge funèbi-e, 

p. Lxxxv-Lxxxvi. — Ses fouilles à 

Castel-Roussillon , p. cxtii. 
Thina (Tunisie). Nécropole punique, 

p. CLXXXIX à CXCIII. 

Thoborbo Majvs, ville antique de Tu- 
nisie. Antiquités romaines et chré- 
tiennes, thermes d'été, portique des 
Petronii, p. cxl à cxliii. — Inscrip- 
tions romaines , p. cxixii , cxLii , cxltii- 
cxLviii, clix à CLXiv, 4i à 5o. 

Timgad (Algérie). Antiquités romaines, 
p. 235 à a42. — Mosaïque avec 
inscription romaine, p. clxvii à 

CLXIX. 

TiPASA (Algérie). Antiquités romaines, 

p. 17a à 177. 
Tobna (Algérie). Inscriptions romaines, 

p. CLXIXVIII. 



— 258 — 



ToORAiRE (Société archéoiogique de). 
Compte rendu du Bulletin, p. cx-cxi. 

TocTAiN (Jules), chargé d'un rapport, 
p. cxxxix; — offre des ouvrages au 
Comité, p. L, cv; — présente des 
observations, p. xxxix. 

Rapports : sur le Bulletin trimes- 
triel de la Société archéologique de 
Touraine, p. cx-cxi; — sur une es- 
tampille de potier, p. cxxxvii; — sur 
les fouilles d'Artins, p. xlv-xlvi; — 
sur des inscriptions romaines de la 
Tunisie , p. clxxii à clxxiv. 



Observations sur une Inscription 

romaine d'Aïn-Melouk , p. cr,iv-civ, 
69 à 69. 

Traverse (Le sous -lieutenant de), dé- 
couvre une sépulture préhistorique 
entre Cauroy-lès-Hermonville et Cor- 
micy , p. Lxxn. 

TnKsoH DB MOKHAiBs noMAi»Es, à Saunay, 
p. cx-cxi, 

Tunis (Tunisie). Nouvelles acquisitions 
du Musée Alaoui, p. cxxiv à cxxix, 

CXUV, CXLVI, CCXIII. 



Urseau (Le chanoine). La tapisserie de 
la Passion à Angers et la tenture 



brodée de réjjlise Saint-Barnard de 
Romans, p. i.xv, i.xxvi-ixxvii. 



Valence (Drôme). Plan de la ville an- 
tique, p. CXXIII. 

Vases de cuivre avec inscriptions arabes, 
provenant de Fès, p. cciii. 

Vases de terre préhistoriques, dans 
une sépulture entre Cauroy-lès- 
Hermonville et Gormicy, p. ixxii- 
Lxxin. 

Vases de terre romains : trouvés au 
Khanguet-el-Hadjaj , p. 58 à 61; — 
trouvés à El-Djem, p. cxxxii. — 
Vases d'Arezxo, trouvés à Narbonne 
cl à Vertault, p. cvii, cxvi-cxvii. — 
Vase en forme de dauphin, p. ccxxxii , 
pi. XXXVL — Vase avec inscription 
peinte, trouvé à Beauvais, p. 1/16 à 
i5o. 

Vassel (Eugène), offre des ouvrages au 
Comité, p. CLvi, cciii, ccxxviii. — 
Inscriptions puniques de Carthage, 
p. cLxxxix, ccxiv-ccxv. — Silex 
taillés du nord de la Tunisie, 

p. CLXXXIX. 



Vendres (Étang de) [Hérault]. Ruines 
d'un édifice romain, p. cxix cxx. 

Vsaas Gbnitrix, représentée sur la cui- 
rasse d'une statue, p. 101. 

Vernon (Eure). Outil de fer supposé 
préhistorique, trouvé aux environs, 
p. 26 à a8. 

Vertault (Côte-d'Or). Vase d'Areizo, 
p. cxvi-cxvii. 

Vrslt (Léon de). Broc de terre coite, 
de l'époque romane, trouvé à Rouen, 
p. Lxvi , Lxiv. — T'ouilles du théâtre 
romain de Lillebonne, p. xlix, liv, 
35 à Ao, pi. Y et VL — Silex taillé 
trouvé à Belbeuf, p. txvi, ixxxix- 

LXXX. 

Vieil-Artins (Loir-et-Cher). Décou- 
vertes archéologiques, p. xlv-xlvi. 

Vierge du Rosaire (La). Peinture sur 
bois du XTi' siède, â Draguignan, 
p. xciv à xcvi. 

ViLLAUD (Marins). Valence antique, 

p. CXXII-CXXIII. 



— 259 



ViLLATTE (M.). Don au Musée Alaoui, 

p. CXLTI. 

Volubilis , ville antique du Maroc. An- 
tiquités romaines, p. ckxxvhi-cxixis. 



— Inscriptions romaines, p. clyi, 

CLXxv,cciu, 161 à l6/|. Cf. KSAR- 

Faraoln. 



w 



WiLSHERE (M.). Clou magique avec 1 Wiskler (Auguste). Oppidum de Saint- 
inscriptions chrétiennes , p. \Mi-iliô. I Gence, p. lxvi, lxxix, iSa à i35. 



— 261 — 



LISTE DES PLANCHES. 



Planche I. Sainte Catherine, miniature de la fin du x?' siècle, p. fi. 

Planche IL Inscription romaine trouvée à Narbonne, p. 9. 

Planche III. Divinités assises. Groupe de pierre trouvé à Nevers, p. 18. 

Planche IV. Intaiiles anticpies trouvées en Tunisie, p. 92. 

Planche V. Lillebonne (Seine-Inférieure). Théâtre romain. Mur découvert 

en igii, angle sud-est, p. 35. 
Planche VI. Lillebonne (Seine-Inférieure). Même théâtre, même mur vu du 

côté de la rue Victor-Hugo, p. 35. 
Planche VII. Henchir-Beni-Nafa (Tunisie). Vase anthropoïde de terre. Face, 

p. 5i. 
Planche VIFI. Henchir-Beni-Nafa (Tunisie). Le même vase vu de profil, p. 5i. 
Planche IX. Gherchel (Algérie). Tête de marbre représentant l'Afrique, 

p. 56. 
Planche X. Gherchel (Algérie). Statue cuirassée, p. gS. 

Planche XL Même statue. Torse, p. 98. 

Planche XII. Même statue. Détails de la cuirasse. Auguste, p. 100, 
Planche XIU. Même statue. Détails de la cuirasse. Line, p. 101. 
Planche XIV. Même statue. Détails de la cuirasse. Mars Ultor, p. io4. 
Planche XV. Sceaux armoriés d'évêques français, p. 111. 
Planche XVI. Amergou (Maroc). 1. Porte de la ville rue de l'intérieur. — 

2. La même porte rue de l'extérieur, p. lafi. 

Planche XVII. Amergou (Maroc). 1. Poterne. — 2. Murs vus de l'intérieur. — 

3. Citerne, p. la'i. 

Planche XVIll. Amergou (Maroc). 1. Murs et tour vus de Textérieur. — 

2. Logements de la Kasbah. Intérieur, p. 12/i. 
Planche XIX. Joigny (Yonne). Sépulcre de l'église Saint-Jean, p. i5i. 
Planche XX. EgUse de Folleville (Somme). Tombeau de Raoul do Laonoy et 

de Jeanne de Poix, p. i54. 
Planche XXI. Même église. Gisanls du tombeau, p. i55. 
Hanche XXII. Même église. Arcade abritant autrefois le Sépulcre, p. i56. 
Planche XXIIL Raoul de Lannoy. Sépulcre de Joigny et tombeau de Folleville, 

p. i58. 
Planche XXIV. Jeanne de Poix. Sépulcre de Joigny et tombeau de Folleville , 

^ p. i58. 
Planche XXV. Eghse Saint-Jean de Joigny (Yonne). Anges portant les écussoas 

^ de Gréqui, de Viefville et de Griboval, p. 169. 
Planche XXVI. Eglise Saint-Jean de Joigny (Yonne). Sépulcre. La Vierge et 

saint Jean, p. 160. 
Planche XXVII. Djemila (Algérie). Marché. Première et troisième table du côté 

est, p. 239. 
Planche XXVIII. El-Aouja (Tunisie). Vase de terre rouge. Satvre et panthère, 

p. cxxv. 



— 262 — 

Planche XXIX. El-Aouja (Tunisie). Vase de terre rouge. Pugiliste, p. cxxvi. 
Planche XXX. El-Djcra (Tunisie). Vase de terre rouge. Amour sur une anophore 

et tenant une voile , p. cxxvii. 
Planche XXXI. El-Aouja { Tunisie). Vase de terre rouge. Gladiateur, p. cxxviii. 
Planche XXXII. Thuhurho Majus (Tunisie). Portique des Petronii, p. cxli. 
Planche XXXIII. El-Djem (Tunisie). Hercule Pisaeus. Bas-relief de marbre, 

p. GILIX. 

Planche XXXIV. Carlhage (Tunisie). Moules de terre cuite, p. clxxxi. 
Planche XXXV. Gartiiage (Tunisie). Masque de satyre. Terre cuite, p. ccnii. 
Planche XXXVl. Carthage (Tunisie). Dauphin. Vase de terre cuite, p. ccxxxii. 



263 



LISTE DES VIGNETTES. 



Vase de terre trouvé dans une sépulture de l'âge du fer entre Cauroy-lès-Her- 

monville et Cormicy (Marne), p. lïxiii. 
Autre vase de terre trouvé dans la même sépulture, p. lxxiii. 
Torque* de bronze trouvé dans la même sépulture, p. lxsiv. 
Clef de bronze romaine trouvée à Nan-sous-Thil (Côte-d'Or), p. xciii. 
Entrave de fer trouvée au Mont Ausois, p. cxv. 

Statues de pierre trouvées en Portugal, d'après Y Archeologo Pùrtuguès, p. cxxi. 
Œnochoé de terre rouge trouvée à El-Aouja (Tunisie), p. cxxtii. 
Poids de bronze antique trouvé à Carthage , p. cxxxi. 
Autre poids de bronze antique trouvé à Carthage, p. cliii. 
Mosaïque au seuil d'un tepidarium à Timgad (Algérie), p. clxth. 
Disque d'argile représentant les Saisons trouvé à Carthage, p. ccxvi. 
Outil de fer trouvé près de Vernon (Eure), p. 27. 

Outil de fer provenant de Stradonitz (Bohème). D'après Déchelette, p. 97. 
Puits funéraire découvert à Amiens , p. 3 1 . 

Lillebonne (Seine-Inférieure). Théâtre romain. Plan des fouilles, p. 87. 
Contrefort du même théâtre, p. 38. 

Inscription sur marbre des thermes d'été de Tkuburbo Majus. Face A, p. A 2. 
Même inscription. Face B, p. 45. 

Jarres de terre cuite trouvées à Khanguet-el-Hadjaj (Tunisie), p. 69. 
Jarre et couvercle de terre cuite', de même provenance, p. 60. 
Couvercle de jarre , de même prov«^nance , p. 6 1 . 
Statue cuirassée de Cherchel (Algérie). Buste d'une impératrice sur la cuirasse, 

p. 102. 
Buste de l'impératrice Livie. Bronze de Neuilly-le-Béal (Allier), p. 10a. 
Bani-Teude (Maroc). Plan de la ville, p. lai. 
Amergou (Maroc). Pian de la \ille, p. i35. 

Carte du Maroc, d'après la Cotmographie de Livio Sanuto, p. 197. 
Carte du Maroc, d'après YAtUu de Mercator, p. 139. 
Saint-Gence (Haute- Vienne). Plan de Yoppidum, p. i33. 
Disque de bronze trouvé à Carthage en 191 4 , p. i36. 
Disque de bronze trouvé à Carthage en 1916, p. i38. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Liste des membres de la Section d'archéologie, des membres lioiiorairos, des 
membres non résidants, des correspondants et des correspondants Jionoraires 
du Comité des Travaux historiques , p. m à xxxt. 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 
DE L\ SECTION D'ARCHEOLOGIE. 

Séance du lo janvier 1916, p. xxxix à xltii. 

Rapport de M. le D' Capita3i sur les fouilles de M. Commom à Amiens, p. xli 

à XLV. 

Rapport de M. J. Toot\i?c sur les fouilles de M. P. Clémext à Arlins (Loir-et-Cher), 

p. 5LV-XLTI. 

Note de M. Héro^i de Villefosse sur des fragments de la mosaïque romaine de 
Bazoches (Aisne), p. xlth. 

Séance du 16 février 1916, p. xltiii à li. 

Séance du i3 mars 1916, p. lu à lviii. 

Éloge funèbre de M. Robert Roges , p. ui-uii. 

Rapport de M. Babelox sur une pièce à Teffigie d'Alexandre communiquée par 

M. PlANCODVRD, p. LHI-LIV. 

Rapport de M. Babelos sur les fouilles de M. de Veslï dans le théâtre romain de 

Lillebonne, p. liv. 
Rapport de M. le D' Capitan sur un monument mégalithique de Cléry-en-Veiin , 

signalé par M. Pla>cocard, p. liv-lv. 
Rapport de M. le D' Capital sur les fouilles de M. Botabd dans Tabri sous roche du 

Poron des Cuèches, à Nan-sous-Thil (Côte-d'Or), p. lv à lvii. 

Séance du 10 avril 1916, p. lix à lxiv. 

Eloge funèbre de M. d'ARSACHONT, p. lix-lx. 

Communication de M. Héron de Villefosse sur deux inscriptions romaines de Capdeuil, 
près de Berre, et de Saint-Maximin (Var), p. lxi à lxiv. 

Séance du 8 mai igi6, p. lxv à lxx. 

Note de M. Hkrox de Villefosse sur une épitaphe du moyen âge provenant de la 
Commanderie de Chevru (Seine-et-Marne), p. Lxvn à lxx. 



— 266 — 

SiANCB du 19 juin 1916, p. lxxi à lxxxii. 

Communication de M. le lieutenant Pierre Gaotieu sur une sépulture de Yàp,e du fer 
trouvée entre Cauroy-lès-Hermonville et Cormicj (Marne), p. lxxii à lxxiv. 

Rapport de M. Babelon sur un broc de terre cuite du moyen âge trouvé à Rouen et 
communiqué par M. Léon de Veslt, p. lxxv-lxxvi. 

Rapport de M. Jules GaiFFBEr sur un mémoire de M. le chanoine UnsEAO concernant 
la tapisserie de la Passion, d'Angers, et la tenture brodée de l'église Saint-Barnard 
de Romans (Drôme), p. ixxti-lxxvii. 

Rapport de M. Jules Gdiffbey sur un mémoire de M. le chanoine CiiAUTRAmE consacré 
à l'étude comparative du Sépulcre de l'église Saint-Jean de Joigny (Yonne) et du 
tombeau de Raoul de Lannoy dans l'église de Folleville (Somme), p. lxxvii-lxxvui. 

Rapport de M. Jcllian sur les fouilles de M. Auguste Wimkler dans Yoppidum de 
Saint-Gence ( Haute-Vienne ) , p. Lxxviii-txxix. 

Rapport de M. Max Pbiivet sur une empreinte de sceau communiquée par M. A. 
EsTiimrrE, p. lxîix. 

Rapport de M. Salomon Reinach sur on silex taillé trouvé près de Bcibeuf (Seine- 
Inférieure), communiqué par M. Léon de Vesly, p. lxxix-lxxx. 

Communication de M. Hëbon deVillefosse sur le Mont-d'Uzore, en Forez, p. lxxxi- 

LXXXII. 

Séance du 10 juillet 1916, p. lxxxiii à ci. 

Eloge funèbre de M. Gaston Maspéko, par M. Héron de Villefosse, p. lxxxui à lxxxv. 
£jk>ge fuaèbre de M. Paul Thieis, par M. H^aon db Villefosse, p. lxxxy-lxixhi. 
Rapport de M. le D' Capitan sur la découverte d'ossements humains dans une grotte 

à Sainb-Pierre-d'Autilg (Eure) signalée par M. Georges Pociain, p. lxxxvu-lxxxtui. 
Rapport de M. le D' Capitan sur les fouilles de M. Goillon dans Yoppidum à muraille 

caicino-vitrifiée de Bègues (Allier), p. lxxxviii à xgii. 
Communication, par le D' Capitan, d'une clef de brome romaine trouvée à Nan-sous- 

Thil (Côte-d'Or), p. xcii. 
Rapport de M. Jdllian sur le Bulletin de la Société archéologique de Provence et sur k 

Bulletin de la Société d'éludet scientifiques et archéologiques de Draguignan, p. xcii 

à xciv. 
Rapport de M. Dcrrieo sur une peinture du xvi" siècle publiée dans le Bulletin de la 

Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan, p. xciv à xcTi. 
R.Tppcrt de M. DuRiirEU sur le Bulletin de la Commission historique et archéologique de 

la Mayenne, p. xcvi-xcvii. 
Rapport de M. Salomon Rewacit sur les Fomwànnen de l'Académie de Stockholm , 

p. xcvii à xcix. 
Rapport de M. Salomon Rh^tach sur le Bidletin de la Société archéologique du Finistère, 

p. xcix-c. 
Communication, par M. Héron de Villefosse, d'une lettre de M. Berniolle sur les 

inscriptions romaines de Saint-Estève , p. c-ci. 

Séance du i3 novembre 1916, p. cii à cxi. 

Not« de M. 68 GÉMS-RicAM sur les antiqaités de Ssint-Estèr», comiBitBiqnée par 

M. Jollian, p. cii. 
Lettre de M. de Gérin-Ricard à M. Héron de Villefosse sur une inscription romaine 

de Saint-Estève, p. eu. 
Éloge funèbre du R. P. Thédenat, par M. Héron de Villefosse, p. cm-civ. 
R8iT»OTt de M. Salomon Reinach sur des découvertes faites"en i838 et i843 à Senmr- 

cn-Auxois signalées par M. Ledecil d'Enqdin,^. cvi-cvit. 



— 267 — 

llapport (le M. Paot sur an ti-aguM>nt de sculpture provenant de i'égtise S«tnl-Didier 

à Sens (Yonne) et signalé par M"" Augusta Hure, p. cvri à ex. 
Rapports de M. Eugène LEf tTU-Po.TiAus sur le Recueil de la CommmtQH de* artt el 

monumenls historiques de la Charenle-In/érieure et sur les Bulletin* et Mémoért* di; la 

Société historique et turchéologique de la Charente, p. ex. 
Rapport de M. Jules Toctain sur le Bulletin trimestriel de la Société archéologique de 

Touraine, p. cx-cxi. 

SsAscK du 1 1 décembre 1916, p. cxn à cxxiii. 

Rapport de M. le D' CAPiTi> sur un dolmen aux environs d'Epône (Seioe-et-Oise) et 

sur nne pierre taillée trouvée près de Chassenay (Aisae), signalés par M. Pli>- 

COCAKD, p. cxui. 
Note de M. le commandant Espéraxdud sur une entrave à cadenas trouvée au Mont 

Auxois, p. cxiu à cxv. 
Rapport de M. Max Pbi^et sur une plaque de cheoÙDée communiquée par M. le 

lieutenant-colonel HA»Ezo,p. cxvi. 
Lettre de M. labbé Cbaillah à M. Jou.u.> sur une inscription romaine de La Bastide- 

des-Jourdans (Vaucluse), p. cxvn-cxvm. 
Rapport de M. DvaRiur sur le BuUetim àt U Cnummitm kistaÊriqm et mrchdBkgi^ de 

la Mayenne, p. cxvui-cxix. 
Rapport de M. le commandant ËspéiJLiBiic sur le BtiUetim et k Stciité scittU^^ et 

littéraire de Béziers, p. cxix-cxx. 
Rapport de M. SalouH» Rsixaci sur la revue arcktoUg» Portmgm», p. cxxi-cxxn. 
Rapport de M. Hého de Villefosse sur le Bidletin de la Société d'arcknhgit et de 

ttatittiqu» de U Drvme, p. cxxihcxxiu. 



PROCES-VERBAUX DBS SEANCES 
DC LA COMMiâSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

Séa>-gb da 13 janvier 1916, p. mut à cxxxvii. 

Rapport de M. Merli» sur les récentes découvertes archéologiques en Tunisie, 

p. cxxiv à cxxxii {Hanches XYYIII à XXXI). 
Rapport de M. Cagxat sur des inscriptions romaines trouvées à Lambèse (Algérie) et 

communiquées par M. Decobi, p. cxxxu à cxxxvii. 
No«e de M. Jules Tostabi sor une marque de potier eommnniqtiêe par M. J. RnrAtfLT, 

p. CXXXTH. 

Séance du i5 février 1916, p. cxxxvm à cxlvi. 

Communication, par M. Muwi, de Testampago d'un cippe funéraire trouvé à Uadjeb- 

el-Aïoua (Tunisie), p. cxxxix. 
Rapport de M. Mkrlli sur les fooUies de Tkulmrl» Mmtu, p. au à ciui IPtanche 

.UlU). 
Rapport de M. Merli.-ï sur les récentes découvertes arcbéoiogiqoe» tn Tuaisie, p. cxliii 

à CXLVI. 

Séance du 1 4 mars 1 9 1 6 , p. cxltii à clt. 

Communication , par M. Msau-i , de deux inscriptions romaine* des Tbermes d'été de 

Thubiirbo ilajus, p. cxxvii-cxLvm . 
Rapport de M. .Mbbli.-i sur les récentes découvertes archéologiiiues en Tunisie, p. cxtviii 

à cui (Planche XX.UIl). 



— 'i68 — 

Rapport de M. .Babelon sur un poids romain trouvé à Carthage, communiqué par 

M. Jules Renaolt, p. cliii. 
Communication, par M. Balld, des photographies de statues découvertes à Madiuire 

et à Cherchel , p. cliii-cuv. 
Observations de M. J. ToniAiw sur une inscription romaine d'Aïn-Melouk , p. cliv-clv. 

Séance du 12 avril 1916, p. clvi à clxxiv. 

Rapport de M. Merlin sur des découvertes archéologiques faites en Tunisie au cours 
des dernières années, p. clvi à clxvii. 

Rapport de M. Gagnât sur une mosaïque de tqMarium découverte à Timgad et com- 
muniquée par M. Ballh, p. clxvii à clxx. 

Rapport de M. Paul Mongeaox sur deux inscriptions chrétiennes trouvées à Henchlr- 
Tembra (Tunisie) et relevées par M. Drappier, p. clxxi-clxxh. 

Rapport de M. J. Toiitain sur deux inscriptions romaines provenant d'Hadjeb-el-Aïoun 
(Tunisie) et communiquées par M. Merun, p. clxxii à clxxiv. 

Séance du 9 mai 1916, p. clxxv à clxxxviii. 

Communication de M. Merlin sur des tombes puniques de Carthage, p. clxxv à 

CLxxxvi {Planche XXXIV). 
Rapport de M. Babelon sur deux objets de toilette romains communiqués par M. Jules 

Renault, p. clxxxvi-clxxxvii. 
Observations de M. Babelon sur un bas-relief représentant Hercule Pi«a«M« , p. cLxxxvii- 

CLXXXVIII. 

Rapport de M. Gsell sur quatre inscriptions romaines provenant de Tobna , envoyées 
par M. Parrès, p. clxxxviii. 

Séance du 20 juin 1916, p. clxxxix à ccii. 

Rapport de M. Merlin sur les récentes découvertes archéologiques on Tunisie, 

p. CLXXXIX à cxcvi. 
Rapport de M. Ballo sur les fouilles du mausolée du Kroubs , p. cxcvii-cxcviii. 
Note de M. Gagnât sur des inscriptions romaines découvertes à Khamissa, p. cxcvui 

à CCI. 

Séance du i4 novembre 1916, p. ccni à ccxxvii. 

Rapport de M. Merlin sur les récentes découvertes archéologiques en Tunisie, p. cciv 
à ccxiv. 

Note de M. Eusèbe VASSELSur une inscription punique trouvée à Dar-Saniat ( Carthage) , 
p. ccxiv-ccxv. 

Communication par M. Héron de Villefosse, de la part du R. P. Delattre, de trente- 
huit inscriptions trouvées à Carthage, p. ccxv à ccxxiv. 

Communication , par M. Héron de Villefosse , d'une lettre de M, Edouard Cuq sur une 
inscription romaine d'Henchir-Seheli , p. ccxxiv à ccxxvi. 

Rapport de M. Monceaux sur une inscription chrétienne de Carthage, communiquée 
par M. le D' Carton, p. ccxxvi-ccxxvn. 

Séance du 12 décembre 1916, p. ccxxviii à ccxliv. 

Eloge funèbre de M. Houdas, p. ccxxix-ccxxx. 

Rapport de M. Merlin sur des tombeaux puniques de Carthage ouverts en 1916, 

p. ccxxx à ccxxxix {Planches XXXV et XXXVI). 
Rapport de M. Cagnat sur les inscriptions romaines de Laïubèse relevées par M. Decobi, 

p. CCXXXIX à CCXLIV. 



269 — 



RAPPORTS ET COMMUNICATIONS. 

La provenance d'une miniature représentant sainte Catherine, par le comte 
DuRRiKC, membre du Comité, p. 3 à 9. {Manche I.) 

Fragment d'inscription trouvé à Narbonne. Rapport sur une communication 
de M. H. RoDZAiD, correspondant du Ministère, par M. Hbron db Viixefosse, 
membre du Comité, p. 10 à 17. {Planche IL) 

Un groupe de deux divinités assises trouvé à Nevers. Rapport sur une comnm- 
nication de M. Corncdet, par M. Héron de Villefosse, membre du Comité, p. 18 
à 93. {Planche III.) 

Cinq intailles antiques. Rapport sur une communication de M. Jules Resauit, 
par M. Rabelon, membre du Comité, p. 28 à a5. {Planche IV.) 

Outil de fer énigmatique trouvé près de Vemon (Eure), par M. Georges Pou- 
lain, p. 26 à 28. 

Sépultures gaidoises et puits funéraire gallo-romain découverts à Amiens, par 
M. V. CoïiMONT, correspondant du Ministère, p. 39 à 3i. 

Théâtre romain de Lillebonne (Seine-Inférieure). Fouilles de 191 4 et igiS, 
par M. Léon de Vbsly, membre non résidant du Comité, p. 35 à 4o. {Planches V 
et VI) 

Les inscriptions des thermes d'été de Thuburbo Majus, par M. Alfred Merlin, 
membre de la Commission de l'Afrique du Nord, p. /il à 5o. 

Vase anthropoïde punique. Notes de MM. Mhrlin et Gsell, membres de ia 
Commission de l'Afrique du Nord, p. 5i à 53. {Planches VII et VIII.) 

Tête de femme coiffée d'une dépouille d'éléphant , découverte à Cherchel. Noie 
de M. Stéphane Gsell, membre de la Commission de l'Afrique du Nord, p. 5'^ 
à b^]. {Planche IX.) 

Quelques découvertes récentes au Khanguet-el-Hadjaj (Tunisie), par M. Jules 
Renault, correspondant du Ministère, p. 58 à 61. 

Observations sur l'inscription d'Aïn-Melouk (Algérie), par M. Jules Toutais, 
membre du Comité, p. 6a à 69. 

Les fouilles de Volubilis ( Ksar-Faraoun , Maroc), par M. Louis Châtelain, 
ancien membre de l'Ecole française de Rome, p. 70 à 92. 

Statue cuirassée trouvée à Cherchel (Algérie.) Rapport de M. A. Héros de Ville- 
fosse, membre de la Commission de l'Afrique du Nord, p. 98 à 109. {Planches X 
à XIV.) 

Les armoiries familiales dans la décoration des sceaux des évêques français au 
XIII* siècle, par M. Max Prinet, membre du Comité, p. 1 10 à 1 17. {Planche XV.) 
Note sur un essai d'identification des ruines de Rani-Teude, Mergo, Tansor 
et Angla, situées dans la région de l'Ouergha (subdivision de Fez, Maroc), et 
relevées par le capitaine Odinot, par M. H. Saladin , membre de la Commission de 
l'Afrique du Nord, p. 118 à 1 3 1 . ( P/anc/ic» XVI à XVIII.) 

Voppidumde Saint-Gence (Haute- Vienne), par M. Auguste Wiotcler, p. iSa 
à i35. 

Deux amulettes trouvées à Carlhage, par le R. P. Delattrb et M. A. Héron de 
Villefosse, membres de la Commission de l'Afrique du Nord, p. i36 à i/î5. 
Archéologie. — N° 2. i8 



— 270 — 

Une inscription peinte sur un vase romain découvert à Beauvais, par M. A. 
HiînoNDE ViLLEFossE, membre du Comité, p. i/j6 à i5o. 

Le Sépulcre de l'é/îlise Saiat-Jean de Joigny ( Yonne). Recherches sur son origine , 
par M. le chanoine E. Chartraire, président de la Société archéologique de Sens, 
p. i5i à 160. {Planches XLï à XXVI.) 

Inscriptions et fragments inédits de Volubilis et de Banasa (Maroc), par 
M.Louis Châtelain, ancien membre de TEcoie française de Rome, p. 161 à 16/i. 

Rapport sur les fouilles exécutées en 1915 par le Service des Monuments histo- 
riques de l'Algérie, par M. Alb. Ballu, membre de la Commission de l'Afrique du 
Nord, p. i65 à 2/12. {Plaiiche XXVII.) 

Table alphabétique, p. 2^3 à 259. 

Liste des planches, p. 261. 

LlSTK DES VIGNETTES, p. 2(33. 

Table des matières, p. 265 à 270. 



DC 
2 

F82 
1916 



France. Comité des travaux 
historiques et scientifiques 
Bulletin archéologique 



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